Renseignement : les « sources ouvertes », nouvelles perspectives

Internet et réseaux sociaux rendent le monde transparent en temps quasi réel. Combinés à l’intelligence artificielle, ces « OSINT », renseignements gratuits en source ouverte, apportent un appui indispensable à la presse, à la recherche académique et aux enquêtes criminelles.

Ce thème a été débattu lors d’une table ronde organisée, le 5 juin 2023 à Paris, par l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Y sont notamment intervenus : le général de corps d’armée Benoît Durieux, directeur de l’IHEDN et de l’enseignement militaire supérieur ; Alexandra Jousset, journaliste et productrice de l’émission « Sources » sur la chaîne de télévision Arte ; Kevin Limonier, maître de conférences en géographie et études slaves à l’Université Paris 8 ; Frédéric Lenfant, expert judiciaire.

L’OSINT. Le renseignement en source ouverte, « open source intelligence » (OSINT) en anglais, existe depuis longtemps, mais les nouvelles technologies de l’information l’ont transformé, souligne le général Durieux. Dans le monde du renseignement, il s’agit de savoir ce qui est accessible en source ouverte mais aussi de savoir ce qui ne l’est pas ou ce qui ne l’est pas encore. Tout le monde peut suivre de façon assez précise le conflit en Ukraine, sans avoir accès aux chroniques des services de renseignement, à condition de bien choisir les sources de vérification et de les mettre en concurrence. Inversement, les militaires et les personnes intéressées par la défense et la sécurité nationale cherchent d’abord à connaître ce qui reste masqué dans ce conflit. Ensuite, dans ce contexte de transparence apparente, il s’agit d’élaborer les futures opérations possibles de « déception » au sens militaire du terme, à savoir principes, manœuvres et moyens techniques pour inciter l’adversaire à réagir de façon préjudiciable à ses intérêts. Mais pouvoir tout savoir soulève la question éthique des dérives possibles d’une transparence totale.

L’investigation de presse. Le documentaire intitulé « Les mercenaires russes Wagner » sur Arte a été réalisé avec l’aide de journalistes spécialisés dans l’OSINT, indique Alexandra Jousset. Ils ont récupéré des données sur les échanges de Wagner avec des entreprises en Centrafrique et à Madagascar, complétant l’enquête sur le terrain (témoignages de mercenaires). Chaque semaine, la découverte de nouveaux outils permet de vérifier si une photo a été truquée ou de récupérer des données sur le suivi de bateaux. Il faut vérifier les informations au moyen de bases de données publiques, de listes de sanctions ou de déclarations fiscales. Grâce à des images satellites, le quotidien américain New York Times a établi la véracité du massacre de Boutcha en Ukraine (27 février-31 mars 2022) par l’armée russe, qui l’avait accusé de désinformation. Les images d’un drone, transmises aux médias français, ont permis de démontrer la mise en scène par Wagner d’un faux charnier au Mali pour discréditer l’armée française. Les « fuites » de données que reçoivent les journalistes ne sont publiées, en toute indépendance, qu’après consultations d’avocats ou de juristes, précise Alexandra Jousset.

La recherche académique. Étude des phénomènes de pouvoir sur un territoire, la géopolitique inclut la maîtrise des réseaux qui maillent le cyber, explique Kevin Limonier. Les traces numériques de l’OSINT rendent visibles de nouvelles formes de réseaux encore totalement invisibles il y a quelques années et permettent de cartographier des pans entiers de logiques de pouvoir. Le protocole BGP, qui structure internet, fait apparaître la configuration des routeurs de données. Depuis l’invasion de la Crimée en 2014, la Russie a rerouté les données locales vers des points d’échange à Moscou sans passer par l’Ukraine. Pendant la guerre civile dans le Donbass, la détection des manipulations de routeurs communiquait des informations sur l’espace occupé par les belligérants. Leur recoupement à des niveaux géopolitiques fournissait une information stratégique sur l’évolution de la ligne du front. Aujourd’hui, dans les territoires occupés par la Russie, les populations n’ont accès à internet que via les pares-feux et les sources des autorités russes. Lors de la libération de villages par les chars et véhicules blindés ukrainiens, une camionnette de télécommunications suit pour rebrancher les réseaux. Par ailleurs, la guerre en Ukraine marque une véritable rupture dans le comportement des autorités politiques américaines, qui ont révélé l’imminence de l’invasion russe mais sans démontrer comment elles le savaient pour ne pas compromettre des sources et des procédés, notamment de renseignement électronique. Plutôt que de garder secrètes ces informations, elles ont préféré exposer l’intention de la Russie avant qu’elle agisse. La recherche académique cherche à comprendre comment la Russie délègue son influence et son activité géopolitique dans certaines régions du monde à des entreprises, comme la société militaire privée russe Wagner en Afrique, et d’en analyser le modèle économique. Par ailleurs, l’OSINT permet d’utiliser des outils numériques à des fins ethnographiques. Toutefois, le « terrain numérique » ne remplacera pas l’enquête sur le terrain réel, qui deviendra de plus en plus difficile en Russie, indique Kevin Limonier.

L’enquête criminelle. Frédéric Lenfant, qui a effectué des enquêtes judiciaires de gendarmerie, rappelle que l’expression du besoin constitue la première étape du renseignement. L’OSINT d’origine cyber permet de récupérer de l’information à analyser pour compléter ce qui est déjà connu en interne ou par d’autres canaux, en vue de décider et réaliser une opération qui répond au besoin initial. Par exemple dans une enquête sur la fraude, il s’agit de confronter des faits pour trouver des points communs, en vue d’un élément d’identification (donnée très technique) du fraudeur, qui veut rester le plus anonyme possible. Certains outils d’OSINT permettent de remonter jusqu’à une personne morale, puis physique pour identifier des lieux, des numéros de téléphone et des adresses de courriels à recouper pour matérialiser une organisation criminelle et ses modes opératoires, utilisables par d’autres. Les nombreux outils et sources accessibles sur internet comme « societe.com » proposent de multiples éléments à agréger pour obtenir une synthèse globale, notamment sur la corruption ou le blanchiment du financement du terrorisme. Ils permettent aussi la réversibilité de l’investigation par la traçabilité, en sens inverse, de son cheminement du point de départ jusqu’à celui d’arrivée. Toutefois, il convient, pour les services régaliens, de ne pas diffuser l’analyse d’informations recueillies en source ouverte, en raison des conséquences publiques éventuelles pour le suivi de l’enquête et l’intérêt des acteurs. En outre, une enquête repose sur la légalité de la preuve. Cela exclut l’usage de données recueillies sur internet par piratage avec le risque d’accusation de recel. En revanche, une « fuite » de donnés publiée sur un site de lanceurs d’alerte peut contribuer à l’enquête sur une personne morale étrangère et…à l’interrogatoire de personnes physiques ! Par ailleurs, la technologie permet d’usurper la voix d’une personne en lui faisant dire ce qu’elle n’a pas dit et, au moyen de l’intelligence artificielle, lui ajouter un masque lui ressemblant. Toute la difficulté réside dans la discrimination du vrai du faux. Dans la guerre en Ukraine, chaque citoyen devient acteur en filmant beaucoup d’événements avec son téléphone portable et en les diffusant ensuite sur les réseaux sociaux. Le risque existe d’une manipulation volontaire de l’information…en vue d’une interprétation servant l’intérêt de l’auteur de sa diffusion ! Son amplification par les réseaux sociaux lui donne une certaine « crédibilité », qui va influencer l’opinion publique. Enfin, tout passage sur internet laissant des traces, les progrès de chiffrement compliquent la collecte discrète d’informations récupérables en sources ouvertes.

Loïc Salmon

Renseignement : innover sur les plans technique et conceptuel

DRM : des moyens de haute technologie pour le recueil de renseignements

Cyberdéfense : soutien pour le renseignement, la protection, la prévention et l’action

 




L’Antiquité en six batailles

Jusqu’à la chute de Rome en 476, les combats entre États se composent du choc et du mouvement, en combinant les capacités physiques de l’homme et du cheval. L’issue d’une bataille résulte surtout de l’organisation supérieure d’une armée et du génie militaire de son chef.

Introduit en Égypte au XVIIIème siècle avant J.-C., le char, qui emporte jusqu’à quatre combattants, constitue un redoutable engin de guerre pour le choc. A partir du VIIème siècle avant J.-C., les cités grecques remplacent la lourde cuirasse de bronze du soldat, héritée des héros de la guerre de Troie, par le linothorax, tunique faite de couches de lin superposées et renforcée d’écailles de bronze. Le gain en ergonomie et en manœuvrabilité leur permet de vaincre les armées perses, pourtant plus nombreuses, au cours des guerres médiques (- 490 puis – 480/479). En outre, leur efficacité repose sur la phalange, organisation tactique des fantassins armés de lances de 5,5 m de long et de petits boucliers ronds, une discipline rigoureuse et une forte cohésion sociale entre citoyens d’une même cité. Puis la légion romaine l’emporte sur la phalange, grâce une organisation plus souple, un armement permettant de se battre dans toutes les configurations et un bouclier offrant une protection individuelle complète. Par la suite, les légions, composées surtout de fantassins, ne parviennent plus à protéger les 10.000 km de frontière de l’Empire des incursions des cavaleries des peuples barbares. Par ailleurs, jusqu’au Vème siècle avant J.-C., la défense d’une ville dépend de la qualité de ses fortifications, de la durée du siège, du nombre et de la patience des assiégeants. Au siècle suivant, les moyens techniques, hérités des Assyriens (IIème millénaire – 609 avant J.-C.), réapparaissent chez les Grecs, qui en inventent de nouveaux : tour, catapulte, arbalète géante à grande cadence de tir, bélier protégé d’une structure et foreuse contre les murailles. Enfin, les Romains montent la catapulte sur des roues pour la rendre plus mobile. A Leuctres (- 371), l’armée thébaine, quoique inférieure en nombre à celle de Sparte considérée comme invincible, transforme une défaite annoncée en une brillante victoire. Son chef, Épaminondas, a créé la surprise par une attaque frontale au centre du long dispositif spartiate, dont elle ébranle la cohérence. A Gaugamèles (- 331), l’armée macédonienne (40.000 fantassins et 7.000 cavaliers) l’emporte sur les troupes perses (250.000 fantassins 20.000 cavaliers et 200 chars), grâce à l’audace tactique d’Alexandre qui compte sur l’effet de choc de ses phalanges et le manque de réactivité des troupes perses. Cette victoire permet la conquête de l’Empire perse. A Cannes (- 216), l’armée carthaginoise (50.000 hommes) fait face aux légions romaines (82.000 hommes). Par une manœuvre enveloppante de sa cavalerie, Hannibal parvient à disloquer les formations d’infanterie romaines. A Carrhes (- 53), l’armée romaine (34.000 fantassins et 4.000 cavaliers), épuisée par des marches forcées dans le désert sous une chaleur accablante, est massacrée par la cavalerie parthe (10.000 cavaliers), qui a choisi le lieu de la bataille. Le triumvir Crassus comptait égaler César et Pompée sur le plan militaire par une expédition facile. Mais il a sous-estimé son adversaire, très mobile, bien renseigné et supérieur par la portée de ses armes. A Teutoburg (9 après J.-C.), des tribus germaniques anéantissent trois légions romaines dans une embuscade en forêt. Leur chef, Hermann, avait auparavant servi dans l’armée romaine et en connaissait les faiblesses. Le Rhin marque ensuite la limite de l’Empire. A Massada (79), l’armée romaine construit des machines de siège et une rampe artificielle pour accéder à une forteresse juive, surplombant la mer Morte de 450 m. Après sept mois d’un siège éprouvant, elle donne l’assaut…pour ne trouver que des cadavres.

Loïc Salmon

« L’Antiquité en six batailles », Gilles Haberey & Hughes Pérot. Éditions Pierre de Taillac, 84 pages, nombreuses illustrations, 29,90 €. 

Le Moyen-Age en sept batailles

Conduite de la bataille, planification et initiative

Défaites militaires, ce qu’il faut éviter

 




Inde : actualisation du partenariat stratégique avec la France

La stabilité de la zone Indo-Pacifique et sa sécurité maritime constituent les principaux objectifs du partenariat stratégique franco-indien, en vigueur depuis 1998 et dont le développement va du fond des mers au domaine spatial en passant par le cyberespace.

Olivia Penichou, déléguée à l’information et à la communication de la défense, et le général de division Patrik Steiger, chef du service des affaires de sécurité internationales de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS), ont présenté la coopération de défense entre la France et l’Inde, lors d’un point de presse le 6 juillet 2023 à Paris.

Enjeux et souvenirs communs. Puissance nucléaire, l’Inde est devenue un acteur majeur dans la zone Indo-Pacifique et la France le seul pays européen à y disposer d’une présence militaire permanente, rappelle Olivia Penichou. La stratégie française dans la région définit cinq objectifs principaux : la protection des intérêts français ; la promotion d’une coopération au profit de la sécurité de la région ; la préservation de l’accès aux espaces communs ; la promotion du multilatéralisme pour le maintien de la paix et de la stabilité ; la lutte contre le changement climatique. En raison de l’importance du partenariat stratégique entre les deux pays, le Premier ministre indien Narendra Modi a été invité à assister au défilé militaire du 14 juillet à Paris. Les participations de 240 soldats des forces armées indiennes et de 3 avions Rafale indiens ont permis d’honorer la mémoire des 74.000 soldats indiens morts pendant la première guerre mondiale.

Dialogues de hauts niveaux. Le partenariat stratégique entre la France et l’Inde se caractérise par une relation de confiance et une cinquantaine d’actions de coopération, dont la moitié porte sur le domaine maritime, souligne le général Steiger. Le dialogue initial, mené par le président de République, se décline chaque année au niveau du ministre des Armées avec l’aide du haut comité de défense, dont font partie la directrice générale de la DGRIS et le ministère indien de la Défense. En parallèle ou en même temps, un sous-comité militaire du niveau de l’État-major des armées travaille avec un sous-comité armement pour préparer les décisions du dialogue annuel de défense. Tout ceci est accompagné ou précédé par des réunions d’états-majors de chaque armée. Ce dispositif décline les orientations et les décisions prises au niveau politique. Dans l’autre sens, il a vocation à nourrir et à contribuer au dialogue des autorités. Cette relation bilatérale, renforcée par des visites ministérielles réciproques, est portée sur le terrain par les missions de défense de l’ambassade de France en Inde, deuxième en importance du réseau diplomatique français après celle aux États-Unis. Au niveau régional, les autorités militaires commandant de zones, à savoir l’émiral « Alindien » pour l’océan Indien et l’amiral « Alpaci » pour le Pacifique, animent ce dialogue à leur niveau dans un cadre bilatéral ou multilatéral comme l’Indian Ocean Naval Symposium (IONS, Symposium naval de l’océan Indien). Ce dernier permet de coopérer avec les pays de la zone pour le secours aux populations et la lutte contre les catastrophes naturelles. Soutenue par l’Inde, la France a obtenu la présidence de l’IONS de 2021 à 2023 et a organisé, en 2022, l’exercice « Imex » qui a réuni 16 nations sur des scénarios de réponse à des catastrophes naturelles. L’IONS permet de réunir, autour d’une même table, les Marines de l’Iran, de la Grande-Bretagne, de l’Australie, des Émirats arabes unis, de la France et de l’Inde et, ainsi, de maintenir un contact entre ces pays. Par ailleurs, dans le domaine spatial, la France accompagne le programme indien depuis 1964. En juin 2023, toutes deux ont lancé un dialogue sur la sécurité spatiale. Dans le cyber, la feuille de route franco-indienne de 2019 sur la sécurité numérique a donné lieu à cinq réunions bilatérales et interministérielles avec les ministères de l’Europe et des Affaires étrangères, des Armées et de l’Intérieur et l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information.

Déclinaisons militaires

Selon le général Steiger, le partenariat stratégique franco-indien se traduit par la réalisation d’exercices militaires conjoints, de nombreuses visites d’autorités militaires et des échanges dans le domaine de la formation et de l’enseignement militaire supérieur. Comme lors de la présidence française de l‘Union européenne au premier semestre 2022, celle de l’IONF a mis en avant le partenariat avec l’Inde, notamment par la co-organisation d’un forum sur la sécurité et la coopération dans l’Indo-Pacifique au niveau politique. En océan Indien, la dimension maritime se décline selon trois axes. Le premier concerne les séquences d’entraînement bilatéral lors des escales de la mission « Jeanne d’Arc » (École d’application des élèves officiers de marine) et du groupe aéronaval avec des exercices, échanges d’experts et actions de soutien. Le deuxième axe porte sur les activités bilatérales dans la zone Sud de l’océan Indien, à partir de La Réunion, avec des patrouilles coordonnées entre les unités indiennes et françaises. Le troisième consiste en l’organisation d’échanges quotidiens d’informations maritimes à la suite de l’accord de mars 2018, renforcé par l’affectation d’un officier de liaison français au Centre de fusion des informations maritimes de la Marine indienne à New Delhi depuis 2019. A titre indicatif, sept escales françaises ont eu lieu en Inde depuis septembre 2022 : frégate Aconit en novembre 2022 ; porte-avions Charles-de-Gaulle et deux frégates en janvier 2023 ; porte-hélicoptères amphibie Dixmude(mission « Jeanne d’Arc) en mars ; frégate La-Fayette en mars ; bâtiment hydrographique Beautemps-Beaupré en juin ; frégate Surcouf en juin ; frégate multi-missions Lorraine en juillet. L’accord de soutien logistique mutuel, conclu en mars 2018, facilite l’accès aux ports militaires indiens et français. Par ailleurs, plusieurs exercices navals majeurs se sont déroulés au cours du premier semestre 2023. En janvier, l’exercice bilatéral « Varuna », dont la première édition remonte à 2001, a mis en œuvre le groupe aéronaval, des bâtiments de la Marine indienne et des aéronefs indiens. En mars, outre la mission « Jeanne d’Arc » avec des bâtiments indiens, le grand exercice international « La Pérouse » a inclu les participations de l’Inde, de la France, des États-Unis, du Japon et de l’Australie dans le golfe du Bengale. Dans le domaine terrestre, la coopération devrait se développer. Actuellement, elle s’articule autour de missions d’expertise, comme le combat en montagne et la lutte contre les engins explosifs improvisés, et l’exercice biannuel « Shakti » au niveau section, dont la huitième édition est prévue en octobre 2023. En outre, l’exercice « Frinjex » s’est tenu en marge de l’escale de la mission « Jeanne d’Arc », en raison de la présence d’un groupement tactique embarqué à bord du porte-hélicoptères amphibie Dixmude. La coopération aérienne militaire est organisée autour de l’exercice bilatéral franco-indien « Garuda » et la mission « Pégase » de projection de puissance en Indo-Pacifique par des avions de l’armée de l’Air et de l’Espace partis de France et d‘autres pays de la zone. Elle se renforce à la faveur de la montée en puissance des avions Rafale de l’armée de l’Air indienne. Dans cette perspective, quatre Rafale indiens ont participé à l’exercice bilatéral « Volfa », qui a été intégré à l’exercice interarmées de haute intensité « Orion ». Les missions ont porté sur la défense aérienne et l’attaque au sol. L’intégration des Rafale indiens a permis d’optimiser les procédures de coopération. Les 36 avions Rafale, commandés en France en 2016 pour 8 Mds€, ont tous été livrés, malgré la pandémie de Covid-19 (2020-2021). Enfin, dans le domaine de l’enseignement militaire supérieur, un officier indien suit la scolarité de l’École de guerre à Paris, laquelle devrait en accueillir deux en 2025. Du côté français, le futur attaché de défense suit celle du « National Defence College » (son équivalent) à New Delhi.

Loïc Salmon

Indo-Pacifique : éviter l’escalade nucléaire malgré la compétition stratégique accrue

Océan Indien : espace de coopération internationale

Union européenne : penser les opérations maritimes futures




Défense : le SCA, assurer l’approvisionnement au plus près

Dans le cadre de l’économie de guerre, le Service du commissariat des armées (SCA) constitue des stocks de sécurité, conformément aux contrats opérationnels, et prépare des réponses aux scénarios élaborés par l’État-major des armées.

La commissaire générale de 1ère classe Isabelle Ehrhart-Duffo, officier général directeur des métiers au sein du SCA, l’a expliqué à la presse le 25 mai 2023 à Paris.

Le SCA est très impliqué dans le maillage de la base industrielle et technologique de défense avec 23.000 personnels, moitié civils, moitié militaires, répartis dans 89 organismes sur le territoire national et en opérations. Ils ont pour missions de soutenir les forces en tout temps, en tous lieux et en toutes circonstances.

Achats, finances et logistique. L’économie de guerre figure dans la feuille de route du SCA jusqu’à 2030. Le tissu industriel, qu’il accompagne, doit pouvoir soutenir un effort de guerre dans la durée en cas de nécessité pour les forces armées françaises ou au profit d’un pays partenaire. Ce tissu industriel, constitué à 95 % d’entreprises françaises (80 % de tailles moyennes et petites), compte 22.500 fournisseurs, dont certains qualifiés de stratégiques. Il réalise un chiffre annuel moyen de 3,3 Mds€. Le SCA décerne 100 labels « utilisés par les armées françaises ». L’économie de guerre nécessite de produire plus, plus vite et avec un coût maîtrisé, en calculant le besoins des armées, déclinés selon les scénarios de l’État-major des armées. Le SCA doit pouvoir répondre à ces besoins de façon la plus adéquate en interne ou en externe. Cela implique une mise en cohérence avec les crédits budgétaires, des directives pour les achats et une chaîne logistique pour le ravitaillement à proximité des troupes. Le SCA assure onze fonctions pour livrer des produits finis ou délivrer des prestations clés en main : habillement et équipements relevant du commissariat ; alimentation et restauration ; hébergement et hôtellerie ; gestion de site et soutien multiservices ; soutien aux conditions de vie du personnel et aux loisirs ; transport routier, individuel et collectif ; administration du personnel et de la solde ; soutien à la mobilité professionnelle ; acquisitions de biens et services courants des forces armées ; paiements nécessaires aux forces armées ; conseil juridique et contentieux.

Actions à mener. La Délégation générale de l’armement (DGA) accompagne le SCA conformément à une convention cadre. Toutefois, la DGA élabore des programmes à 15 ans, alors que le SCA, qui traite des biens et des services courants, établit des programmes sur 3 à 5 ans. La montée en puissance, qui élargit le cercle des marchés actuels à de nouvelles entreprises, s’organise selon cinq axes. Le premier consiste à identifier et cartographier les industriels stratégiques fabriquant des équipements de première nécessité et à localiser leurs centres de décision et de production. Le deuxième axe porte sur l’identification des sources d’approvisionnement, notamment les matières premières des produits nécessaires, et l’identification des capacités d’accélération de leur production. L’approvisionnement de ce qui est produit sur le territoire national ou dans l’espace européen est considéré comme sécurisé. La troisième action vise à réduire le niveau d’exigence pour optimiser la production en conservant la qualité du produit final, grâce aux innovations dans le domaine technique et dans les processus de production, notamment pour les composants électroniques. Quatrièmement, la politique de stocks de sécurité porte sur plusieurs années (équipements, matières premières et composants sensibles) et sur le dimensionnement des entrepôts, en vue d’une réactivité plus importante. Enfin, la programmation militaire donne une visibilité à sept ans aux industriels pour investir dans la relocalisation de filières de production et de recyclage, sur le territoire national ou européen, et dans la mise en œuvre de formations dans les métiers actuellement en tension.

Loïc Salmon

Armement : produire plus et plus vite en temps de guerre

Armement : gestion des stocks dans un conflit de haute intensité

Stratégie : les métaux « critiques », enjeux de sécurité pour les États-Unis et de puissance pour la Chine




Centre d’observation par satellites « Bourgogne »

Le Centre militaire d’observation par satellites est l’héritier de l’escadron de bombardement 1/92 « Bourgogne », titulaire de la croix de Guerre 1939-1945. Ses deux escadrilles BR-7 et BR-35 sont titulaires de la croix de Guerre 1914-1918. 

Lire la suite de l’article en PDF 




05ème Régiment de dragons

Le 5ème Régiment de dragons est titulaire de la croix de Guerre 1914-1918 avec 3 palmes et 2 étoiles d’argent et de La Croix de Guerre 1939-1945 avec 1 palme.

Lire la suite de l’article en PDF 




02ème Régiment de chasseurs d’Afrique

Le 2ème Régiment de chasseurs d’Afrique est titulaire de la croix de Guerre 1939-1945.

Lire la suite de l’article en PDF 




Institution Jeanne d’Arc

Lire la suite de l’article en PDF 




École des fusiliers marins

 

Télécharger le PDF   




04ème Brigade d’aérocombat

La 4ème Brigade d’aérocombat, récemment créée, n’était pas encore été décorée lors la parution de ‘article.

Lire la suite de l’article en PDF