Eurosatory : salon d’armement terrestre dans le contexte de la guerre Russie-Ukraine

Conflit interétatique à l’Est de l’Europe, importance du numérique et du cyber, fortes dépendances en composants électroniques, dues à la mondialisation, et réchauffement climatique modifient les modèles de défense des nations.

Ces tendances lourdes sont prises en compte lors de la 27ème édition d’Eurostatory (Paris, 13-17 juin 2022), présentée à la presse le 25 mai par Marc Darmon, président du GICAT (Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres) et le général (2S) Charles Beaudoin (photo), directeur général de COGES Events, filiale du GICAT et organisatrice d’Eurosatory.

Sécurité et souveraineté. La charte de l’ONU précise que chaque Etat a le devoir de protéger ses citoyens, son territoire et ses ressources contre la criminalité, le terrorisme et un ennemi extérieur. Selon le général Beaudoin, un conflit d’intensité moyenne comme celui en Ukraine cause 600 à 1.000 blessés par jour et nécessite une logistique efficace, qui fait défaut aux unités de chars russes. Dans ce contexte, de nombreux budgets de défense ont été revus à la hausse, mais aussi ceux de la sécurité pour protéger les grands événements, type Jeux Olympiques de 2024 à Paris, ou répondre aux catastrophes humanitaires et environnementales. Les dépenses militaires mondiales ont dépassé 2.000 Mds$ en 2021. Les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, la Grande-Bretagne et la Russie ont représenté 62 % du total. Entre 2016 et 2020, les Etats-Unis sont restés le premier pays exportateur d’armements dans le monde avec 37 % du marché, suivis de la Russie (20 %), la France (8,2 %), l’Allemagne (5,5 %) et la Chine (5,2 %). Sur la même période, l’Arabie Saoudite arrive en tête des pays importateurs avec 11 % du marché, devant l’Inde (9,5 %), l’Egypte (5,8 %), l’Australie (5,1 %) et la Chine (4,7 %).

Domaines militaire et civil. Au 24 mai, plus de 1.700 exposants de 62 pays sont inscrits à Eurosatory, avec 39 pavillons dont celui de l’Ukraine. Andorre, la Côte d’ivoire et la Macédoine du Nord exposent pour la première fois. Par zone géographique, l’Europe domine avec 73 % des exposants, devant les Amériques (12 %), l’Afrique et le Moyen-Orient (7 %), l’Asie (5 %) et l’Australie (3 %). Les pôles technologiques concernent : le cyber, 100 sociétés ; les drones, 61 sociétés ; les robots, 50 familles d’engins destinés notamment aux chars de combat et à la reconnaissance en terrain hostile ; l’électronique embarquée ; l’entraînement et la simulation ; l’ingénierie et la fabrication ; la lutte contre les menaces nucléaire, radiologique biologique, chimique et explosive ; la recherche, les tests et les mesures ; le renseignement ; la sécurité civile et la lutte contre l’incendie ; la sécurité des infrastructures. Près de 160 entreprises présentent des solutions de télécommunication, de brouillage et de guerre électronique. Environ 320 sociétés touchent à l’aéronautique et à l’espace, dont les systèmes, la sous-traitance et les services, les hélicoptères, les aéronefs habités et les satellites. De plus, 80 entreprises proposent des systèmes anti-aériens, de l’anti-drones à l’interception à haute altitude en passant par le C-RAM (système de défense contre les roquettes, l’artillerie et les mortiers) et la détection radar multi-spectres. Environ 90 % des exposants ne vendent pas d’armes létales, souligne Marc Darmon. Le GICAT regroupe plus de 380 entreprises, qui ont réalisé un chiffre d’affaires de 7,7 Mds€ en 2021, grâce à 47.500 emplois de haute technicité partout en France et surtout non délocalisables ailleurs.

Loïc Salmon

Eurosatory 2018 : l’accent sur l’innovation technologique

Armée de Terre : la remontée en puissance par l’innovation

Armée de Terre : « Scorpion », le combat collaboratif infovalorisé




Ukraine : stabilisation du front, défense sol/air française en Roumanie, vers une adhésion à l’OTAN des Suède et Finlande

Les forces armées russes contrôlent l’Est et le Sud de l’Ukraine. La France fournit un système sol/air Mamba à la Roumanie. Suède et Finlande décident d’adhérer à l’OTAN. La Belgique va acheter 9 canons Caesar à longue portée.

L’Etat-major des armées (EMA) a présenté la situation au 25 mai 2022 (voir carte). Le 19 mai à Paris, il a annoncé le renforcement de la mission « Aigle », déployée en Roumanie. Le 15 mai, la Suède a déposé une demande d’adhésion à l’OTAN et la Finlande le 16 mai. Elles renoncent ainsi à leur neutralité traditionnelle, la première depuis 1814 et la seconde depuis 1948.

Le conflit sur le terrain. La carte de l’EMA présente : en rouge, la zone sous contrôle militaire russe ; en stries rouges, les gains territoriaux russes. Sur le front Est, les forces armées russes tiennent fermement leurs positions au Nord et à l’Est de Kharkiv. En outre, les forces armées ukrainiennes auraient transféré une partie de leurs troupes dans l’Est du Donbass, afin de s’opposer à l’avancée des unités russes (1). Par ailleurs la ville de Lyman subit toujours d’importants tirs d’artillerie, prélude probable à l’assaut russe (2).

La mission « Aigle » renforcée. En 2007, la France a conclu un partenariat stratégique avec la Roumanie, notamment dans la défense sol/air. Le 16 mai 2022, elle y a installé le système Mamba et un centre de management de la défense dans la 3ème dimension. Mis en œuvre par une centaine de militaires de l’armée de l’Air et de l’Espace, le Mamba assure une bulle de protection au profit des forces opérant dans la zone de couverture. Via une liaison de données tactiques, il est connecté et intégré au système de défense aérienne roumain et à celui de l’OTAN. Le Mamba est équipé de 8 missiles Aster 30 montés sur camions. L’Aster 30 compte deux étages et présente les caractéristiques suivantes : vitesse mach 4,5 (5.556 km/h) en 3,5 secondes ; portée supérieure à 100 km ; longueur, 4,90 m ; poids 465 kg. Dans le cadre de la mission « Aigle », des unités françaises ont été déployées en Roumanie le 26 février 202,2 soit deux jours après le déclenchement de l’attaque de la Russie contre l’Ukraine. La France assure le commandement du bataillon d’alerte de la force de réaction rapide de l’OTAN, déployé en urgence à cette occasion. Depuis le 1er mai, ce bataillon multinational, qui inclut une compagnie d’infanterie belge, constitue le « Battle Group forward presence » (BG FP), dont la France est nation-cadre. Basé à terme à Cincu, (centre de la Roumanie), le BG FP intégrera une compagnie belge ou néerlandaise en alternance. En outre, l’OTAN a déployé trois autres bataillons en Slovaquie, Hongrie et Bulgarie pour la défense du flanc oriental de l’Europe.

Des canons Caesar pour la Belgique. Le partenariat stratégique « CaMo » entre la France et la Belgique est entré en vigueur en 2019. Selon le ministère des Armées, la Belgique va acquérir 9 systèmes d’artillerie sol/sol Caesar de 155 mm, montés sur camions et d’une portée de 4,5 km à plus de 50 km. Ces systèmes info-valorisés, livrables en 2027, compléteront la chaîne d’artillerie belge, à savoir les Griffon véhicules d’observations d’artillerie et les Griffon engins poste de commandement, déjà commandés. Le contrat d’acquisition, qui sera notifié dans les prochaines semaines, sera piloté par la Direction générale de l’armement française et la Direction générale des ressources matérielles belge. Le CaMo prévoit des entraînements communs et une formation intégrée entre unités de combat françaises et belges.

Loïc Salmon

Ukraine : risques nucléaire, biologique et chimique

Ukraine : conflit reconfiguré et vu d’Asie et du Moyen-Orient

Baltique : Suède et Finlande, de la neutralité à l’engagement




Défense : la MCIC, promouvoir les armées dans le respect de la liberté de création

Outre l’entretien du lien Armées-Nation, la Mission cinéma et industries créatives (MCIC) du ministère des Armées contribue au maintien des vocations et du sentiment d’appartenance de ses personnels ainsi qu’au rayonnement extérieur de la France.

Lors d’un point de presse, le 12 mai 2022 à Paris, sa directrice, Eve-Lise Blanc-Deleuze, l’a présentée et le producteur de la série télévisée « Sentinelles », Antoine Szymalka, a apporté son témoignage.

Accompagnement et expertise. Le ministère des Armées dispose d’un catalogue de 15 millions de photos et de 94.000 heures de films depuis 1842. Etablie en mai 2016, la MCIC étudie plus de 200 projets audiovisuels par an, dont 52 sollicitations sur des fictions de séries télévisées, 49 sur des fictions cinéma, 50 sur des documentaires et 25 tournages dans l’environnement militaire. La fiction permet au grand public de mieux connaître et comprendre le milieu des armées, indique Eve-Lise Blanc-Deleuze. Il ne s’agit pas de faire leur propagande mais d’en montrer la réalité et de lutter contre les représentations caricaturales. La MCIC reste présente tout au long du projet : avant le tournage, par le conseil en écriture, la documentation et l’expertise ; pendant, par la mise à disposition, payante, de matériels non accessibles dans le secteur privé ; après, par un accompagnement en matière de communication. La MCIC invite les professionnels concernés à visiter les établissements d’enseignement militaire, embarquer sur un porte-hélicoptères amphibie ou assister aux présentations des capacités de l’armée de Terre ou de l’armée de l’Air et de l’Espace. Certains films ainsi soutenus ont connu un succès réel, notamment « Le chant du Loup » (2019) et « Notre-Dame brûle » (2022). La série « Le Bureau des légendes » (50 épisodes de 2015 à 2020), vendue dans 15 pays et qui montre le rôle de la Direction générale de la sécurité extérieure de façon plausible, a suscité une vague de candidatures. Une série sur les forces spéciales doit suivre en 2023. D’autres sont à l’étude pour la Marine nationale et l’armée de l’Air et de l’Espace.

Fiction « vraisemblable ». La série « Sentinelles » (7 épisodes diffusés à partir d’avril 2022), soutenue par la MCIC, porte sur l’opération « Barkhane » au Mali. Elle présente une intervention terrestre dans sa véracité, explique Antoine Szymalka. Les différentes rencontres, organisées par la MCIC, ont permis de cibler l’univers militaire. Une formation accélérée de quatre jours dans un régiment a facilité le croisement des regards et des avis pour accroître le réalisme. Les entretiens avec des soldats de retour de « Barkhane » ont aidé à présenter les émotions des militaires sur le terrain. Alors qu’aux Etats-Unis un événement militaire donne rapidement lieu à une série télévisée, il a fallu quatre ans pour réaliser « Sentinelles », après une longue préparation documentaire et des tournages en France mais aussi au Maroc avec ses paysages de désert et ses véhicules de l’avant blindé…âgés.

Bandes dessinées à l’honneur. La MCIC a reçu plus de 90 ouvrages (25 éditeurs) pour la 2ème édition des « Galons de la BD ». Le 10 mai à l’Ecole militaire et en présence de la ministre des Armées Florence Parly, le jury a attribué : le Grand Prix à Madeleine Résistante, (vie de Madeleine Riffaud) ; le Prix Histoire à #J’accuse (l’affaire Dreyfus, traitée par les médias d’aujourd’hui) ; le prix Jeunesse à L’insurgée de Varsovie (Pologne, 1944) ; une mention spéciale à Bob Denard, le dernier mercenaire.

Loïc Salmon

Défense : le cinéma, de la communication à la réalité

Renseignement et cinéma : des logiques difficilement compatibles

Etats-Unis : stratégie d’influence et politique étrangère




Marine : MCO, de la conception du navire à sa déconstruction

Le maintien en condition opérationnelle (MCO) des navires permet de garantir la composante maritime de la dissuasion nucléaire, la liberté d’action sur et sous la mer, la lutte contre les trafics illicites, la préservation de la zone économique exclusive et la police des pêches.

L’ingénieur général de l’armement Guillaume de Garidel-Thoron, directeur central du Service de soutien de la flotte (SSF) l’a expliqué lors d’un point de presse le 5 mai 2022 à Paris.

Les missions. La disponibilité technique d’un navire, à savoir le nombre de jours où il est capable de naviguer, se monte à 75 %-80 % pour les frégates, plus de 80 % pour les porte-hélicoptères amphibies (PHA) et environ 50 % pour les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA). Pour toute la flotte, l’obsolescence des matériels s’ajoute à la fatigue des structures et à la corrosion. Outre les périodes programmées d’indisponibilité de longue durée du porte-avions et des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, le SSF accueille les nouveaux bâtiments et entretient les plus anciens (remotorisation des usines électriques des frégates de surveillance basées outre-mer). Il assure des réparations exceptionnelles comme l’échange du radôme de la frégate Forbin, frappé par la foudre, ou la soudure, entre décembre 2020 et juin 2021, de l’avant du SNA Saphir (désarmé en 2019) à l’arrière du SNA Perle, endommagé par un incendie. Enfin, il déconstruit les unités retirées du service actif, notamment les sous-marins à propulsion diesel électrique de type Agosta (photo). Les frais d’entretien d’un navire représentent 60 % de son coût de possession (achat et maintenance). Le SSF dispose d’un budget annuel de 1,4 Md€, en moyenne, et d’infrastructures à Brest, Toulon, Cherbourg, en Polynésie française et Nouvelle-Calédonie et à la Martinique, La Réunion et Mayotte. Il gère 12 millions d’articles de rechange embarqués à bord des bâtiments et à terre. Créé en 2000, le SSF compte 250 experts, issus de la Marine nationale ou de la Direction générale de l’armement (DGA) et dont le passage par le SSF valorise la carrière. En contact direct avec les équipages et les chantiers lors des indisponibilités de longue durée, ses ingénieurs bénéficient de l’expertise technique de la DGA et du Commissariat à l’énergie atomique. Le SSF conclut des contrats (paiements à 30 jours) avec des petites et moyennes entreprises portant sur des familles de navires (frégates de tous types, patrouilleurs, chasseurs de mines, bâtiments de commandement et de ravitaillement et PAH), des équipements embarqués ou des capacités spécifiques (chaufferie nucléaire). Le contrat de MCO conclu pour le SNA Suffren, entré en service en 2021, court jusqu’en 2025.

L’innovation. Dès la conception d’un nouveau navire, l’Etat-major de la marine et la DGA prennent le MCO en compte en ce qui concerne la logistique, la documentation technique et la liste des articles de rechange. Outil de gestion des stocks des pièces, le système numérique en service fait déjà l’objet d’une réflexion sur son remplacement dans quatre ou cinq ans. L’installation de capteurs de données sur les moteurs diesel des nouveaux bâtiments permettra d’optimiser la maintenance et de l’assurer à titre préventif. Le MCO initial nécessite un travail de la DGA en amont, pendant les essais à la mer du navire avant son entrée en service. Avec l’aide des ateliers à terre et de drones aériens ou sous-marins, les projets innovants portent sur l’expérimentation, les expertises, les cartographies, la transformation numérique et la télémaintenance avec l’équipage en mer pour démultiplier les capacités.

Loïc Salmon

Marine nationale : SNA Suffren, campagne d’essais à la mer

DGA : l’hydrodynamique, de la faisabilité au suivi du navire

Marines : l’industrie navale, concurrence et innovations




Ukraine : risques nucléaire, biologique et chimique

Menace d’emploi de l’arme nucléaire et risques d’ordres chimique et biologique en Ukraine, quoique réels, font partie de la rhétorique guerrière de la Russie.

En conséquence, le bataillon franco-belge déployé en Roumanie dans le cadre de la mission « Aigle » se prépare à ces scénarios, comme l’a indiqué l’Etat-major des armées (EMA) le 28 avril 2022 à Paris. De son côté, la Fondation pour la recherche stratégique a organisé une conférence-débat sur ces sujets, le 20 avril à Paris, avec Emmanuelle Maitre, chargée de recherche, et Elisande Nexon, maître de recherche.

La mission « Aigle ». Le bataillon d’alerte de la force de réaction rapide de l’OTAN, composé de 500 Français et 200 Belges, participe au renforcement de la posture dissuasive, défensive et non agressive sur le front oriental de l’Europe. La mission « Aigle » a été lancée le 28 février 2022, rappelle le colonel Pascal Ianni, porte-parole de l’EMA. Le bataillon s’entraîne aux gestes et au savoir-faire en cas d’attaques NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) avec des instructeurs du 2ème Régiment de dragons. La formation au combat en atmosphère viciée inclut l’étude des instruments de détection des risques, des protocoles de protection individuelle et des techniques d’attaques ennemies pour les contrer.

L’ombre du nucléaire. La mise en alerte des forces nucléaires russes par le président Vladimir Poutine dès le 27 février, soit trois jours après le déclenchement de l’attaque contre l’Ukraine, a été précédée d’avertissements réguliers de la part des dirigeants russes. Selon Emmanuelle Maitre, la Russie rappelle son statut de puissance nucléaire pour mener des opérations conventionnelles. Elle utilise la peur d’une escalade du conflit vers une confrontation nucléaire, afin de se protéger d’un niveau trop élevé d’intervention de l’Occident. Dans les années 1990 après son indépendance vis-à-vis de l’URSS, l’Ukraine a rétrocédé à la Russie 2.500 armes nucléaires tactiques et 1.000 ogives nucléaires de missiles intercontinentaux. Ses dirigeants avaient renoncé à la possession de l’arme nucléaire en raison de son coût prohibitif, du manque d’infrastructures pour la maintenir en condition opérationnelle et de l’absence de doctrine pour la justifier. En contrepartie, l’Ukraine a bénéficié d’une aide financière et du mémorandum de Budapest (1994), selon lequel les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie s’engagent à respecter sa neutralité et son indépendance. Cet accord, mis à mal par l’annexion de la Crimée en 2014, est remis en cause par le conflit. Selon sa doctrine, la Russie n’utilisera ses armes nucléaires que pour défendre son existence. Les récentes déclarations du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov devraient donc écarter la menace de leur emploi rapide en Ukraine.

Le biologique et le chimique. Depuis 2015, la Russie présente comme « américains » les laboratoires de recherches biologiques et chimiques situés en Ukraine. Depuis les années 2000, les Etats-Unis leur apportent un soutien financier pour éviter leurs contributions à des programmes à vocation offensive et pour renforcer les capacités mondiales de lutte contre les épidémies. Toutefois, les bombardements pourraient endommager leurs infrastructures et libérer accidentellement des produits chimiques dans l’atmosphère. L’interruption de l’alimentation électrique des congélateurs de cellules souches pourrait provoquer une contamination des personnels puis la propagation de maladies infectieuses.

Loïc Salmon

Ukraine : le volet français de la défense du flanc Est de l’Europe

Russie : perception et premier bilan de la guerre en Ukraine

Ukraine : sous-estimations stratégiques de la Russie




Russie : perception et premier bilan de la guerre en Ukraine

« L’opération militaire spéciale » en Ukraine, dont le soutien populaire diminue, souligne le retard de la modernisation de l’armée de Terre par rapport à l’armée de l’Air et la Marine.

Elle a fait l’objet d’une table ronde organisée, le 20 avril 2022 à Paris, par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Y sont intervenus Isabelle Facon, directrice adjointe de la FRS et Vincent Tourret, chargé de recherche à la FRS.

L’opinion publique. La Russie n’a jamais accepté les « révolutions de couleurs » (soulèvements populaires pacifiques « rose » en Géorgie en 2003 et « orange » en Ukraine en 2004), rappelle Isabelle Facon. Moscou considère l’Ukraine comme un Etat artificiel et admet difficilement son indépendance depuis 1990. Dans la cadre du retour de la Russie au centre des relations internationales, sa population a commencé par soutenir son intervention en Ukraine à 81 % et son dirigeant Vladimir Poutine à 83 %. Mais après les manifestations d’opposants à la guerre, qualifiés par ce dernier de «5ème colonne » et de « traîtres », les pressions au nom de l’intérêt national se sont accrues sur les médias, qui pratiquent l’autocensure sur les violences sur le terrain. Après environ deux mois de guerre, les sociologues russes estiment que 25 % des personnes interrogées veulent la poursuivre jusqu’à la capitulation de l’Ukraine et 29 % souhaitent l’arrêter sous conditions, à savoir la reconnaissance par l’Ukraine de l’annexion de la Crimée et de l’indépendance des Républiques du Donbass (Donets et Lougansk) et sa renonciation à adhérer à l’OTAN. Depuis 2014, la Russie se considère en guerre contre une Ukraine manipulée par l’Occident et où ses soldats meurent pour une cause juste. Le Kremlin estime que l’économie russe va s’adapter aux sanctions internationales et instrumentalise les boycotts sportifs, scientifiques et culturels comme une coalition. Quant à la mise à l’écart de Vladimir Poutine, les experts russes soulignent l’absence de tradition putschiste en Russie. En 1991, les forces armées avaient soutenu le président russe Boris Eltsine contre la tentative de coup d’Etat des ultra-conservateurs.

Les carences militaires. Moscou a commis une erreur sur la réalité de la situation en Ukraine, souligne Vincent Tourret. Les troupes engagées, peu préparées, comptent beaucoup de conscrits et subissent des pertes importantes. L’armée de Terre, qui dispose de peu de sous-officiers, a connu une réduction drastique du nombre d’officiers. L’Etat-major général se trouve débordé, car la mise en service de systèmes d’information et d’aides au commandement performants a pris du retard. Les officiers supérieurs doivent gérer des unités sans coordination. Le dispositif de 160.000 hommes s’avère sous-dimensionné pour faciliter la transition vers un pouvoir prorusse à Kiev. La Russie a dejà déployé 80 % de ses forces terrestres disponibles, insuffisantes pour occuper le territoire ukrainien mais capables d’exercer une pression maximale sur le Donbass. Par ailleurs, la modernisation de l’artillerie terrestre n’a pas été prise en compte lors de la réforme des armées russes de 2010, qui a privilégié l’armée de l’Air, la Marine et les troupes aéroportées, en vue de frappes de précision et d’actions en profondeur. Celles-ci, dirigées contre les aéroports et les structures de commandement, visent à réduire les dommages collatéraux et les capacités de contre-offensive. L’évaluation de la situation en Ukraine a conduit à déclencher une « guerre locale » par une « opération militaire spéciale », comme l’intervention en Syrie (depuis 2015).

Loïc Salmon

Ukraine : conflit reconfiguré et vu d’Asie et du Moyen-Orient

Ukraine : sous-estimations stratégiques de la Russie

Proche-Orient : retour en force de la Russie dans la région

 




Marine nationale : agir face au dérèglement climatique

La connaissance des risques météo-climatiques permet d’anticiper les catastrophes naturelles et d’agir en adaptant la réflexion à l’action, notamment de la Marine nationale.

Nicolas Regaud, chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire, et un capitaine de frégate du bureau stratégie et politique de l’Etat-major de la marine l’ont expliqué au cours d’une conférence-débat organisée, le 13 avril 2022 à Paris, par le Centre d’études stratégiques de la marine.

Dégradation accélérée. Le nombre de catastrophes naturelles a été multiplié par 5 au cours des 50 dernières années avec une intensité croissante des cyclones et ouragans, indique Nicolas Regaud. La température de la planète a augmenté de 1° C entre 1850 et 1900 et pourrait croître encore de 1,5° C d’ici à 2030, de 2° C vers 2050 et même de 3° C en 2100. A cette date, le risque de fragmentation de la banquise en Arctique et en Antarctique pourrait provoquer une hausse de 2 m du niveau de la mer. Toutefois, le réchauffement climatique et la montée des eaux déjà constatés varient selon les régions. Dans l’Arctique, cela a entraîné des perspectives pour le transport maritime, l’exploitation des ressources naturelles, dont les hydrocarbures, et l’accroissement de l’activité militaire russe depuis dix ans. Le changement climatique augmente la salinité et la désoxygénation des eaux, modifie le tracé des côtes et rend vulnérables des zones fertiles comme le delta du Nil et le Bengladesh. Il provoque des déplacements de ressources halieutiques et donc de la pêche illicite dans les zones économiques exclusives. Il induit des migrations internes et internationales de populations et amplifie les tensions et les violences politiques, dont pourraient profiter les groupes terroristes. En conséquence, l’OTAN prépare, pour 2024, un plan d’action sur les enjeux stratégiques de l’environnement et des mesures pour réduire les émissions des gaz à effet de serre. Etat archipel, la France maintient une présence militaire dans les zones subtropicales à risques climatiques. En métropole, le port de Brest, plus menacé que celui de Toulon, devra renforcer ses infrastructures concernant le transport maritime, la production d’électricité et les télécommunications.

Prévention et réactivité. Il faut observer et voir pour intervenir et conserver la supériorité opérationnelle, souligne le capitaine de frégate. Le navire logistique polaire Astrolabe (photo) du Service hydrographique et océanique de la marine ravitaille les Terres australes et antarctiques françaises et y effectue la police des pêches. Outre les 300 météorologues embarqués sur les autres bâtiments de la Marine, les timoniers sont formés à effectuer des relevés météorologiques. En 2018, le bâtiment de soutien et d’assistance métropolitaine Rhône a franchi pour la première fois le passage du Nord-Est (Arctique). Toutes les données climatiques ainsi récoltées sont envoyées à Météo-France. Les connaissances sur le dérèglement climatique s’améliorent, grâce à la coopération avec les pays riverains dans le golfe de Guinée et avec les Marines britannique, américaine, indienne, australienne, néo-zélandaise et chinoise dans la zone indopacifique. Par ailleurs, la composante navale de la dissuasion nucléaire nécessite des déplacements maritimes très lointains pour la protection des intérêts vitaux de la France. En effet, la convention de 1976 sur l’interdiction de techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ne constitue pas une garantie absolue.

Loïc Salmon

Environnement : conséquences du changement climatique sur la sécurité internationale

Océan Indien : espace de coopération internationale

Marine nationale : le CEPPOL, outil contre la pollution en mer




Espace : dangerosité du milieu et défense en coopération

Enjeu de rivalités de puissances, l’espace constitue un théâtre de conflictualité où se défendre est légitime. Au-delà de la surveillance, la coopération entre Etats s’inscrit dans une logique de poursuite.

Le général de brigade aérienne Thierry Blanc, adjoint au commandant de l’Espace, l’a expliqué lors d’une conférence organisée, le 5 avril 2022 à Paris, par l’Association des auditeurs IHEDN région Paris Ile-de-France.

Prolifération. Défini comme au-delà de 100 km de la surface de la terre, l‘espace est un milieu hostile où la température varie de + 250° C le jour à – 350° C la nuit. Quelque 35.000 débris de plus de 10 cm s’y déplacent à 7 km/seconde, effectuant le tour de la terre en 90 minutes. S’y ajoutent 600 t d’objets en orbite, dont 500 satellites présentant des risques de fragmentation. Tout objet dans l’espace peut devenir une arme, estime le général Blanc. Chaque jour, le Commandement de l’espace reçoit 70.000 informations sur les risques de collision. Il n’existe pas encore de texte juridiquement contraignant dans ce domaine. Le traité de 1967 sur l’espace interdit la mise en orbite d’armes de destruction massive capables de faire le tour de la terre et ne s’applique donc pas aux missiles balistiques nucléaires. Au cours des 15 dernières années, les dépenses consacrées à l’espace ont doublé. En 2020, 1.300 satellites opérationnels de 80 pays se trouvent en orbite, soit dix fois plus qu’en 2010. De nouveaux acteurs, privés, en disposent. Ainsi, le 5 avril 2022, le groupe américain Amazon a conclu un contrat avec trois sociétés spatiales portant sur 83 lancements, en 5 ans, de la majeure partie de son futur réseau « Kuiper » de 3.236 satellites en orbite basse (600 km) pour la diffusion d’internet. Il s’agit de : Arianespace avec la fusée Ariane 6, à partir du Centre spatial de Kourou (Guyane) ; Blue Origin avec le lanceur New Glenn et United Launch Alliance avec la fusée Vulcan Centaur, à partir de Cap Canaveral (Floride). Afin de dépasser les Etats-Unis en 2049, la Chine développe ses capacités spatiales, dont le budget devrait passer de 400 Mds$ en 2019 à 4.000 Mds$ en 2040. Par ailleurs, la guerre en Ukraine démontre l’importance militaire de l’espace. La Russie dispose de « satellites mères » capables de larguer des petits satellites avec une trajectoire particulière et une appartenance difficile à déterminer. Ces satellites pourraient disperser des débris ou percuter un autre satellite. Enfin, les cyberattaques présentent un risque majeur pour les futurs systèmes spatiaux.

Opérations. Une constellation de satellites contribue à la surveillance de l’espace par l’envoi de données traitées au sol pour déterminer les trajectoires en orbite, indique le général Blanc. Les Etats-Unis vont déployer 20.000-30.000 constellations de microsatellites, en complément de leur réseau de radars. Outre les missiles antisatellites et le brouillage de satellites de communications, la Russie développe des satellites saboteurs pour empêcher d’autres satellites d’accomplir leurs missions. Depuis 2012, la Chine a regroupé ses forces spatiales et cyber avec celles de la guerre électronique. En 2021, la Grande-Bretagne a créé un Commandement interarmées de l’espace rattaché à l’armée de l’Air, comme la France. La même année, celle-ci a rejoint le Centre d’opérations spatiales combinées, partenariat stratégique entre les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Afin de protéger ses satellites militaires, la France va lancer le patrouilleur spatial « Yoda » en 2023, en vue de la mise en orbite d’engins opérationnels d’ici à 2030.

Loïc Salmon

Armée de l’Air et de l’Espace : imaginer et mettre en œuvre une défense spatiale

Espace : système GEOTracker®, surveillance optique renforcée

Chine : l’espace au cœur du complexe militaro-industriel




Marine nationale : le CEPPOL, outil contre la pollution en mer

Le Centre d’expertises pratiques de lutte antipollution (CEPPOL) propose, expérimente et détermine les spécificités de contrats d’assistance impliquant armateurs, sociétés de classification et assureurs.

Son commandant, un capitaine de frégate, a présenté cette lutte au cours d’une conférence organisée, le 30 mars 2022 à Paris, par le Centre d’études stratégiques de la marine.

Veille et actions. Les quantités de produits polluants, en majorité des hydrocarbures, déversés dans la mer augmentent. La pollution dure de quelques jours, par évaporation ou dispersion par émulsion/eau huile, à plusieurs mois par la biodégradation des goudrons et jusqu’à des années en cas de sédimentation au fond de la mer. Les nappes de pétrole de 20 à 30 m de diamètre contiennent 90 % d’eau, qu’il faudra rejeter à la mer. Le reliquat (photo) sert de combustible aux centrales électriques thermiques. Quand un pétrolier ou un chimiquier se signale en détresse, des drones permettent de détecter les fuites éventuelles d’hydrocarbures ou de produits dangereux. La lutte contre la pollution maritime présente des parallèles avec une opération militaire, indique le capitaine de frégate. Un comité d’experts anticipe, pendant deux à cinq jours, les actions à mener grâce à la surveillance de ces navires, par des moyens navals, aériens et satellitaires, leur dérive prévisible, l’analyse de leur comportement et leur vieillissement. En cas d’alerte, un aéronef arrive sur zone dans les deux heures et un navire antipollution dans les 24 heures. La logistique opérationnelle évalue ce qu’il est possible de faire dans les quatre jours : recherche des moyens ; mouvements des matériels ; soutien technique en cas d’avarie. Les techniques de lutte varient selon le degré de pollution. S’il est très faible, l’évaporation, la dispersion et la dissolution naturelle suffiront. L’observation constante permet d’agir dans de bonnes conditions techniques et météorologiques pour préserver la population et les usagers de la mer. L’action à la source de la pollution consiste à alléger le navire en difficulté, par un transbordement de sa cargaison sur un autre, le ceinturer par un barrage flottant et pomper les produits polluants à partir de la brèche détectée, qui sera colmatée. L’action sur le produit polluant consiste en : une dispersion, variable selon ses caractéristiques et les zones ; un confinement, pour le récupérer ou le « chaluter » (photo) ; un brassage, s’il s’agit de gazole ou d’un produit chimique volatile non dangereux. Enfin, la protection des cibles de la pollution nécessite le déclenchement du plan ORSEC, au niveau départemental et de la zone de défense (plan Polmar terre).

Organisation nationale. Les sociétés de classification certifient la tenue des navires à la mer. En cas d’accident, l’armateur doit réagir en premier auprès de son assureur. La Marine intervient gratuitement pour sauver des vies humaines, mais facture son assistance au navire pollueur. L’action de l’Etat en mer relève du Premier ministre, qui dispose du Comité interministériel de la mer (12 ministres) et du Secrétariat général de la mer. L’amiral préfet maritime de zone dirige les opérations de secours et les interrompt lorsqu’il n’y a plus d’espoir. Le plan ORSEC maritime place la lutte contre la pollution après les recherche et sauvetage et l’assistance aux navires en difficulté. La Marine forme 150-200 personnels à cette lutte et organise un entraînement majeur chaque année en métropole et tous les deux ans en outre-mer.

Loïc Salmon

Marine nationale : le « MICA Center », compétence mondiale

Manche et mer du Nord : l’urgence et la gouvernance

Afrique : exercice majeur sur la sécurité maritime régionale




Armée de l’Air et de l’Espace : imaginer et mettre en œuvre une défense spatiale

Indispensables à l’économie, la sécurité, l’autonomie stratégique et aux opérations militaires, les capacités spatiales sont confrontées à des risques croissants et à de nouvelles menaces.

Le 3 mars 2022 à Paris, Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, et le général de division aérienne Michel Friedling, qui dirige le Commandement de l’espace (CDE), ont présenté à la presse la situation et les perspectives d’avenir dans ce domaine.

Les enjeux. Actuellement, 5.000 satellites militaires se trouvent en orbite et la Russie a réussi la destruction d’un de ses anciens satellites par un missile, rappelle Hervé Grandjean. La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit 4,3 Mds€ pour le renouvellement des capacités militaires spatiales. En outre, 700M€ supplémentaires permettront d’en financer trois de plus, à savoir la surveillance, la défense active et le C2 (commandement et conduite) qui permet le dialogue entre les capteurs et les systèmes d’arme d’interception. Chaque système comprend un missile, un radar de conduite de tir et l’autodirecteur du missile pour son guidage terminal sur la cible.

Les capacités militaires. Outre les services commerciaux, indique le général Friedling, le CDE dispose des programmes de satellites de communication militaires : Syracuse 4A et 4B, remplacés par Syr4C en 2029 ; Sicral 2, franco-italien ; Athéna-Fidus, franco-italien à usage également civil. Pour l’imagerie spatiale, il utilise : les services commerciaux d’Airbus Defence & Space ; les satellites du programme CSO, remplacé en 2028 par le programme Iris ; le système allemand de reconnaissance radar Sar Lupe (résolution, 1 m), bientôt remplacé par le système Sarah (résolution 35-40 cm) ; le système radar italien Cosmo SkyMed, à usages militaire et civil pour la surveillance du bassin méditerranéen. Le renseignement d’origine électromagnétique est assuré par le système CERES, remplacé par le système CELESTE en 2029. De plus, le CDE peut utiliser les systèmes de navigation Galileo (Union européenne) et Oméga (Etats-Unis, Norvège, Liberia, France, Argentine, Australie et Japon). Pour l’appui aux opérations, le programme ARES (Action et résilience spatiale) inclut des moyens de surveillance : optiques, avec les réseaux de télescopes automatiques Tarot et de capteurs GEOTracker® ; radar, avec les systèmes Satam (trajectographie des avions et des munitions), GRAVES (détection de satellites en orbite basse), qui aura un successeur en 2025, et Leolabs (Etat-Unis), capable de suivre 250.000 objets de moins de 10 cm ; de radiofréquences, avec le réseau de capteurs We Track de Safran Data Systems. En lien avec l’Agence d’innovation de défense, le LISA (Laboratoire d’innovation spatiale des armées) réunit les compétences du CNES, de l’ONERA, de la Direction générale de l’armement et d’une trentaine d’entreprises. Par ailleurs, le 28 janvier 2021, l’OTAN a décidé d’implanter, à Toulouse à proximité du CDE, un centre d’excellence dédié à l’espace auquel 14 pays ont annoncé leur participation. Du 24 février au 4 mars 2021, le CDE a organisé l’exercice spatial militaire « AsterX 2022 », mené aux niveaux opérationnel et tactique avec la Direction du renseignement militaire, la Direction interarmées des réseaux d’infrastructures et des systèmes d’information de la défense ainsi que des partenaires étrangers. En 2025, le CDE devrait compter 470 personnels civils et militaires contre 226 à sa création en 2019.

Loïc Salmon

Guerre future : menaces balistiques et spatiales accrues

Stratégie : espace et BITD, nécessité d’anticiper

Espace : lancement réussi des 3 satellites militaires CERES