Service de santé des armées : la transfusion sanguine, un enjeu vital et stratégique

Principale cause de mortalité des blessés au combat, l’hémorragie peut être traitée sur place grâce à un acheminent rapide de produits sanguins sûrs, la présence d’une équipe médicale spécifique et l’innovation, dont le « plasma lyophilisé ».

Le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) fête son 8Oème anniversaire cette année. Son directeur, le médecin chef des services hors classe Jean-Jacques Lataillade, a présenté son évolution à la presse le 22 mai 2025 à Paris.

Expérience du terrain. Le CSTA accompagne les forces sur le territoire national et tous les théâtres d’opérations en soutenant les hôpitaux militaires. Son expertise unique permet de garantir la disponibilité du sang en tout lieu, en tout temps et au plus près des blessés. A partir du sang collecté dans les établissements militaires, le CSTA prépare des produits selon les mêmes règles de sécurité que le Centre national de transfusion sanguine. Il les qualifie sur le plan de la sécurité biologique et les stocke pour les distribuer aux patients. Il en prépare certains plus spécifiques aux besoins opérationnels. Ainsi, le plasma universel lyophilisé (déshydraté en flacon) se conserve à température ambiante pendant deux ans et peut se transporter indépendamment de la chaîne du froid. En outre, le sang total chaud, prélevé auprès des donneurs connus présélectionnés, que sont les militaires en opérations, peut être transfusé sans délai de conservation, grâce à des kits spécifiques. Pour utiliser les produits sanguins de manière optimale, le CSTA forme des médecins, des infirmiers et des techniciens de laboratoire. Il prend en compte les difficultés rencontrées pendant le conflit russo-ukrainien en cours, en termes de ravitaillement et d’utilisation des produits, pour faire évoluer sa doctrine. Il s’oriente vers la transfusion de sang total et de plasma lyophilisé, produits facilement disponibles à l’avant, plutôt que vers l’utilisation de concentrés de globules rouges, issus de la séparation du sang total et qui demandent du temps et de la technique et sont donc plus difficiles à fournir rapidement. La technologie du plasma lyophilisé a été mise au point par les forces armées américaine pendant les campagnes d’Afrique du Nord en 1942-1943, qui en ont ensuite perdu le savoir-faire. Elles s’approvisionnent aujourd’hui auprès du CSTA, qui l’a adopté puis développé depuis les années 1950, malgré les exigences sécuritaires consécutives à « l’affaire du sang contaminé » par le sida et l’hépatite C dans les années1980 et 1990. Le plasma lyophilisé du CSTA reste un produit sanguin, précise le médecin chef Lataillade, plus opérationnel que ce que diverses sociétés pharmaceutiques fabriquent sous forme de médicament.

Nouvelles thérapies. Le CSTA dispose d’une plateforme de production de thérapies cellulaire et tissulaire et de médicaments dits de « thérapie innovante ». Il propose de nouvelles thérapies réparatrices aux blessés polytraumatisés, brûlés ou irradiés à partir de ces cellules souches. Dans un contexte d’engagement possible de haute intensité, ses capacités de production et d’adaptation montent en puissance. Il travaille sur une nouvelle technique de lyophilisation plus rapide et d’une durée de péremption de trois ans, contre deux aujourd’hui. Après une démonstration clinique d’ici à 2030, il espère d’obtenir des plaquettes de sang, à partir de cellules souches immortalisées, qui pourraient être conservées à 4 ° C et même lyophilisées. Les plaquettes jouent un rôle crucial dans la coagulation en évitant notamment les risques d’hémorragie. A l’issue d’une dizaine d’années de collaboration avec le groupe industriel de cosmétiques L’Oréal, le CSTA envisage de produire un épiderme de culture à greffer sur un patient, dont la surface corporelle aurait été brûlée à 80 %.

Don du sang. Afin de reconstituer les réserves, le CSTA organise une collecte de sang auprès de donneurs civils et militaires chaque 14 juillet aux Invalides à Paris.

Loïc Salmon

Service de santé : garantir au mieux la survie des blessés

Plan d’accompagnement des blessés 2023-2027

Service de santé : culture du retour d’expérience en opération extérieure

 




Défense : le CNSD, pôle d’excellence militaire et sportive

Outre ses missions de cohésion, de préparation opérationnelle et de réinsertion des blessés, le Centre national des sports de la défense (CNSD) relance la performance française à travers la compétence et la disponibilité des armées.

Son commandant, le général Paul Sanzey, commissaire aux sports militaires, l’a présenté à la presse, le 5 octobre 2023 à Fontainebleau, dans le cadre de la préparation des sportifs de haut niveau de de la Défense aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024.

Les missions. Pendant la première guerre mondiale, les pratiques sportives dans les armées ont permis l’essor du sport en France. Hériter des bataillons d‘Antibes (formation des spécialistes militaires de sport) et du bataillon de Joinville (entraînement des sportifs de haut niveau) fondés en 1967, le CNSD regroupe l’École interarmées des sports (EIS) et l’École militaire d’équitation en 2006. En effet, le pentathlon militaire moderne compte cinq disciplines : la course à pied, la natation, l’escrime, le tir au pistolet et…l’équitation (saut d’obstacles). Outil de cohésion au sein des forces, les CNSD organise 20 championnats de France militaires et des actions entre les armées, les fédérations sportives et les collectivités territoriales, dont plusieurs au profit de 1.380 jeunes. Socle de la préparation opérationnelle individuelle et collective des armées, il organise chaque année 102 stages qui accueillent plus de 1.000 personnels. Le durcissement de opérations entraînant une augmentation du nombre des militaires blessés physiques et psychiques, le CNSD contribue à leur réinsertion sociale et professionnelle par l’offre de 1.168 places dans le cadre de 82 actions en 2022.

Le sport de haut niveau. Composées de militaires des armées de Terre et de l’Air et de l’Espace, de la Marine nationale et de la Gendarmerie ainsi que des personnels civils du Secrétariat général pour l’administration, les 39 équipes de France militaires en sport individuel, collectif et handisport ont remporté 82 médailles, dont 26 en or, aux jeux mondiaux militaires d’été à Wuhan (Chine) en 2019 et 104 médailles (49 en or) aux championnats du monde. Après sa mise en sommeil en 2002 lors de la suspension de la conscription, le bataillon de Joinville, réactivé en 2014 au sein de l’EIS, a déjà accueilli plus de 21.000 athlètes en 43 ans d’existence. Aujourd’hui, sélectionnés en raison de leur palmarès au sein des fédérations sportives locales, les jeunes athlètes civils se voient offrir un engagement dans les armées avec la possibilité de se perfectionner au bataillon de Joinville, dont ils portent l’écusson (photo) sur leur survêtement. Devenus membres de « l’Armée de champions », ils participent ensuite aux compétitions internationales et aux Jeux Olympiques et Paralympiques et renforcent les équipes de France militaires lors des compétitions internationales militaires. Depuis l’accord-cadre de 2003 entre le ministère de la Défense (dénomination à l‘époque) et celui des Sports portant sur le développement du sport de haut niveau et du sport de masse dans les armées, l’Armée de champions a déjà obtenu 117 médailles olympiques et paralympiques. Aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2021, la France a envoyé 378 participants qui ont remporté 33 médailles. Parmi eux, les 54 personnels du ministère de la Défense (14, 3 % de la délégation) en ont obtenu 13 (39,4 % du palmarès français), dont 5 d’or (50 %), 4 d’argent (33,3 %) et 4 de bronze (36,4 %). Aux Jeux Paralympiques, les 146 Français ont gagné 54 médailles. Les 20 participants du ministère de la Défense (13,7 % de la délégation) en ont rapporté 19 (35,2 % du palmarès français), dont 6 d’or (54,5 %), 4 d’argent (26,7%) et 9 de bronze (32,1 %). En 2021, l’Armée de champions comptait 138 athlètes. Pour les Jeux Olympiques de 2024 (26 juillet-11 août), elle en prépare 218, soit une augmentation de 60 %, souligne le général Sanzey. Parmi ces 218 sportifs de haut niveau dans 32 disciplines, 35 sont en situation de handicap dans 12 disciplines paralympiques.

Loïc Salmo

Défense : le sport, du haut niveau à la reconstruction

Plan d’accompagnement des blessés 2023-2027

Blessures et sports adaptés : reconstruction physique et psychique




Plan d’accompagnement des blessés 2023-2027

Dans le cadre d’un conflit de haute intensité, le Plan d’accompagnement des blessés pour la période 2023-2027 vise à s’inscrire dans la culture des forces morales, indispensable aux armées.

Il a été présenté le 10 mai 2023 à Paris par Patricia Miralles, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées chargée des anciens combattants et de la mémoire.

« La capacité de notre ministère à ne laisser personne sur le borde de la route, dit-elle, à accompagner ses combattants d’hier et d’aujourd’hui, quelle que soit leur situation, est un gage pour leur engagement à long terme dans nos forces. Une armée qui ne prendrait pas soin de ses blessés ne saurait être une armée prête à répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain. » Ce Plan d’accompagnement des blessés 2023-2027 est mis en œuvre conjointement par l’État-major des armées, le Secrétariat général pour l’administration, les états-majors d’armée, les directions et services interarmées et les établissements publics concernés du ministère des Armées.

Droits et simplification administrative. La loi Brugnot, dite « jurisprudence Brugnot », permet aux militaires d’obtenir réparation pour les préjudices subis pendant l’exercice de leurs fonctions. Elle prend en charge les blessures et maladies que leur pension militaire d’invalidité (PMI) ne va pas couvrir. Grâce à elle, même les militaires qui ne bénéficient pas d’une PMI peuvent demander une indemnisation pour les préjudices subis. Le Plan d’accompagnement des blessés 2023-2027 prévoit six mesures spécifiques pour faciliter l’accès aux droits. La première concerne la demande unique pour une PMI-Brugnot avec possibilité de faire la démarche sur papier ou en ligne pour simplifier l’expertise, afin de la rapprocher d’une expertise unique à terme. La deuxième met en œuvre un « coffre-fort numérique » pour pouvoir déposer, stocker et retrouver les pièces justificatives. La troisième mesure consiste à instruire systématiquement le renouvellement d’une PMI arrivée à échéance, sans solliciter une démarche formelle. La quatrième met en œuvre un dispositif de réparation intégrale pour les militaires blessés du fait d’un évènement de guerre ou lors d’une mission opérationnelle. La cinquième mesure porte sur la mise en place du site internet « Maison numérique des blessés et de leur famille » pour centraliser l’information sur tout le parcours administratif et de reconstruction et de donner la possibilité, à terme, de réaliser l’ensemble des démarches en ligne. La sixième qualifie de « maladie professionnelle » certaines pathologies déclenchées à partir d’un volume ou d’une durée d’activités particulières comme les sauts en parachute ou les plongées sous-marines.

Reconstruction et accompagnement. Le Plan d’accompagnement des blessés 2023-2027 prévoit six autres mesures pour les militaires concernés et leur famille. La première met en œuvre le « village des blessés », pôle de réhabilitation de l’Institution nationale des Invalides, et ouvre dix « maisons Athos » pour les blessés psychiques, dont au moins une en Outre-mer, pour offrir un maillage territorial complet. La deuxième mesure vise à faciliter l’attribution de la « majoration tierce personne », dès que les infirmités pensionnées sont la cause déterminante du besoin d’assistance. La troisième renforce la sensibilisation de tous, surtout les commandants d’unités et les familles, sur le syndrome de stress post-traumatique. La quatrième mesure a pour ambition d’augmenter la part des blessés dans les emplois réservés des forces armées et de renforcer l’action de l’agence de reconversion professionnelle « Défense mobilité ». La cinquième enclenche le financement des prothèses de sport à but exclusivement sportif et autres équipements sportifs en faveur des titulaires de PMI. La sixième mesure vise à développer les dispositifs d’accueil des familles éprouvées, comme les « maisons des familles » au sein des hôpitaux d’instruction des armées.

Loïc Salmon

Service de santé : garantir au mieux la survie des blessés

Blessés psychiques : « ATHOS », la proximité contre la solitude

Service de santé : « Maison des blessés et des familles » à Percy




Service de santé : garantir au mieux la survie des blessés

Les expériences acquises dans les opérations extérieures permettront les meilleures prises en charge, médicale et chirurgicale, possibles des blessés dans un engagement de grande intensité, sans entraver la manœuvre tactique.

Le 22 juin 2022 à Paris, le médecin chef des services Didier Lanteri du Service de santé des Armées (SSA) a présenté à la presse ce parcours de moins de 24 heures, échelonné du lieu de combat à un hôpital militaire métropolitain. De son côté, le général de division Yann Gravêthe, directeur par intérim de la Délégation à l’information et à la communication de la défense, en a exposé le contexte militaire.

Précocité et capacité. La planification médicale suit la règle du « ten one two », à savoir 10 minutes, 1 heure, 2 heures, indique le médecin chef. L’hémorragie constitue la première cause de mortalité des blessés de guerre et l’obstruction des voies respiratoires la deuxième. Ces deux gestes élémentaires de survie doivent être réalisés dans les 10 premières minutes. Tous les militaires étant formés au sauvetage de combat premier niveau, le binôme du blessé peut lui poser un garrot en cas de plaie hémorragique d’un membre. Un autre militaire, qualifié deuxième niveau, initie la maîtrise des voies respiratoires, si le cas se présente. Dans la première heure qui suit la blessure, un médecin et un infirmier ont le temps de prendre le relais, notamment en cas d’attaque de convoi par un engin explosif improvisé. Tout blessé hémorragique subit la « triade létale », qui associe hypothermie (le corps se refroidit très vite), troubles de la coagulation et désordre métabolique majeur. L’équipe médicale lui injecte du plasma lyophilisé, mis au point par le SSA. Entretemps, un hélicoptère médicalisé, transportant des poches de sang pour la transfusion, évacue le blessé vers l’un des deux blocs opératoires de l’Antenne de réanimation et de chirurgie de sauvetage (ARCS) dans les deux heures. Puis, la « chirurgie écourtée » limite les risques fonctionnels jusqu’à l’évacuation en métropole, par avion Falcon médicalisé, jusqu’à un hôpital militaire, où le blessé sera repris au bloc dans les 48 heures. La télémédecine permet d’obtenir, sur le terrain, l’avis d’un médecin spécialiste. En cas d’afflux massif de blessés, un avion MRTT Phénix, équipé du dispositif « Morphée », achemine une ARCS (13 personnes, dont 3 chirurgiens et 1 médecin anesthésiste-réanimateur) en moins de trois heures.

Risques et solidarité. Outre le risque inhérent à l’engagement militaire et qui va jusqu’à l’acceptation de la mort, la blessure et l’accident grave font partie du métier des armes, souligne le général Gravêthe. Ces aléas se produisent lors des opérations en France ou à l’étranger ou au cours d’une préparation exigeante. En amont des opérations, l’aptitude, la formation, l’entraînement et la prévention contribuent à réduire ces risques pour les personnels, une fois engagés dans l’action. Cette réduction est accrue par les missions, les équipements, les dispositifs de protection individuels ou collectifs et la manœuvre elle-même. En outre, la chaîne de santé, déployable partout dans le monde, est mise en œuvre sur le lieu et dès l’instant où survient la blessure. Après la réhabilitation sanitaire, les dispositifs de soutien et de réinsertion des blessés, via un congé de reconversion, ont été renforcés. Une politique de prévention, de dépistage de suivi et d’accompagnement des syndromes post-traumatiques a été mise en place. Outre une assistance financière, le Plan famille aide les conjoints des militaires blessés ou décédés à trouver un emploi.

Loïc Salmon

Service de santé : culture du retour d’expérience en opération extérieure

Service de santé : médecine de guerre, efficacité maximale

Défense : le Plan Famille, soutien du moral des troupes




Corps et âme

Confronté à la violence, le soldat qui peut porter la mort au risque d’y laisser sa vie au nom de la sécurité et des intérêts de son pays, connaît l’angoisse. L’écoute et un regard extérieur deviennent alors sources d’inspiration.

Un médecin militaire témoigne. Aux côtés des forces spéciales en opérations en Guyane, au Sahel, en Afghanistan et en Irak, il a vécu des périodes de stress, où tous les repères semblent s’effondrer dans la complexité de certaines situations. Après une mission périlleuse, un moment convivial peut se partager autour d’un verre ou d’un repas à la « popote » (armée de Terre), au « carré » (Marine nationale) ou au « bar » (armée de l’Air et de l’Espace). Ces endroits constituent un thermomètre assez précis de la cohésion d’un groupe, facteur-clé du succès en opération et au combat. La force morale du soldat résulte d’un entraînement difficile, d’une bonne compréhension de la situation dans toutes ses dimensions, d’une solide culture générale, d’une réflexion personnelle et d’un soutien indéfectible de ses chefs et…de la société dont il défend les valeurs ! La haute technologie préserve des pertes, jugées aujourd’hui inacceptables, pour son armée et donne une image d’invulnérabilité aux yeux de l’adversaire. Mais elle n’a pas atténué l’horreur de la guerre. Quels que soient son apport et la violence de la première frappe, souvent aérienne, les combats se terminent au sol. En 1807, l’hécatombe de la bataille d’Eylau avait conduit Napoléon à organiser des bases de soutien médical avec les barons Larrey et Percy. A Clamart (banlieue parisienne) dans l’hôpital d’instruction des armées qui porte son nom, une plaque rappelle l’instruction de 1811 du chirurgien en chef Percy : « Allez où la patrie et l’humanité vous appellent, soyez-y toujours prêts à servir l’une et l’autre et, s’il le faut, sachez imiter ceux de vos généreux compagnons qui, au même poste, sont morts martyrs de leur dévouement intrépide et magnanime qui est le véritable acte de foi des hommes de notre état. » La grandeur de la cause qu’elle défend soude la grande famille des médecins militaires, par l’humilité dont ils doivent faire preuve et par le service des armées. Pour les malades et les blessés, le temps, l’écoute et les mots justes complètent les médicaments indispensables. Par ailleurs, les retours de missions constituent des périodes difficiles, en raison de la fatigue opérationnelle, de la persistance d’une forme de stress ou même de l’apparition de troubles psychiques. Entre juin 1942 et juin 1945, l’armée américaine a démobilisé 457.000 soldats pour raison psychiatrique. L’armée israélienne a reconnu 60 % de « pertes psychiques » pendante la guerre du Kippour (1973), chiffre exceptionnel par rapport aux 30 % constatés pendant la guerre du Viêt Nam (1955-1975) et celles d’Afghanistan de l’armée soviétique (1979-1989) et de la coalition internationale (2001-2021). Toutefois, le stress opérationnel ne se réduit pas au « syndrome post-traumatique » et inclut manifestations dépressives, conduites agressives et dérapages moraux. Aujourd’hui, la blessure et la mort, pourtant intégrées dans l’univers guerrier, apparaissent comme anormales, voire scandaleuses. Le chef, confronté à la même violence que le soldat, lui donne l’ordre de tuer. Les douleurs que peut ressentir ce dernier se trouvent liées à cette violence, vécue directement ou par procuration, à savoir la blessure ou la mort d’un camarade à laquelle il n’a pas assisté. Alors, il va d’abord confier ses états d’âme à l’aumônier ou…au médecin militaire.

Loïc Salmon

« Corps et âme », Nicolas Zeller. Editions Tallandier, 250 pages, 19,50 €.

Défense : la mort, au cœur de la singularité militaire

Défense : la laïcité, facteur de cohésion dans les armées

Armée de l’Air : 9 morts, mais la vie de soldat continue après la « malchance technologique »




Défense : le Plan Famille, soutien du moral des troupes

Le « Plan Famille 2018-2022 » d’accompagnement du quotidien des militaires, annoncé en 2017, les aide à supporter les sujétions inhérentes à leur statut exigeant une disponibilité en tout temps et tous lieux.

Un premier bilan a été présenté à la presse, le 21 octobre 2021 à Paris, par Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, et Jean-Charles Cottez, directeur du projet Plan Famille.

Objectifs. Une des priorités de la loi de programmation militaire 2019-2025, le Plan famille comporte 61 mesures, contre 46 prévues à l’origine, explique Hervé Grandjean. Il s’articule autour de six axes : mieux prendre en compte les absences opérationnelles ; faciliter l’intégration des familles dans la communauté de défense du lieu d’affectation ; mieux vivre la mobilité professionnelle ; améliorer les conditions de logement de la famille et favoriser l’accès à la propriété ; faire bénéficier les familles de l’accompagnement social du ministère des Armées ; améliorer les conditions d’hébergement et de vie des célibataires et des « célibataires géographiques ». Ce plan coûte 302 M€ sur la période 2018-2022, dont 80 M€ en 2022.

Priorité au logement. Désormais, 85 % des militaires reçoivent leur préavis de mutation au minimum cinq mois à l’avance, souligne Jean-Charles Cottez, Ceux affectés en Ile-de-France rencontrant des difficultés pour se loger, 37,4 M€ ont été dépensés entre 2018 et 2020 à cet effet. Il s’agit de deux « bâtiments cadres célibataires » (BCC) de 150 lits chacun ouverts, l’un à l’été 2020 sur le plateau de Satory (Versailles) et l’autre début 2021 à la caserne Joffre-Drouot au Camp des Loges (Saint-Germain-en-Laye). Deux autres BCC (300 places) suivront en 2022. Un « wifi », sécurisé et gratuit pour l’accès à internet, a été déjà installé dans 2.400 bâtiments en métropole et le sera à bord des navires à quai à partir de 2022. En outre, 718 logements neufs ont été commandés (400 déjà livrés), en majorité en Ile-de-France (283) et dans la région du port de Toulon (223). En 2020, 44 M€, dont 29 M€ en métropole, ont été investis dans l’entretien du parc domanial. De plus, le ministère des Armées a acquis 20 logements neufs à Mayotte. Pour les forces françaises pré-positionnées à l’étranger, 16 logements sont prévus à Djibouti en 2022 et, après 2024, 6 au Gabon et 12 au Sénégal. Le Plan Famille prévoit 40 M€ pour le logement en 2022.

Soutien aux parents. Pour pallier l’absence des parents pour raisons opérationnelles de l’un ou professionnelles de l’autre, le Plan Famille organise des accueils collectifs et des gardes d’enfants à domicile ou chez une assistante maternelle ou en « maisons d’assistants maternels » qui ont accueilli 5.200 enfants en 2020. En matière de crèches, le nombre de berceaux a augmenté de 20 % depuis 2017 et environ 8 M€ y ont été consacrés entre 2018 et 2020. Les conjoints se voient proposer des « boîtes multi-activités pour enfants de deux à huit ans. Plus de 66.000 de ces boîtes ont été distribuées. Les conjoints, qui perdent leur emploi lors de la mobilité de militaires, bénéficient de l’assistance de « Défense mobilité ». Cet organisme, qui en a reclassé 6.800 depuis octobre 2017, propose bilans de compétences, formations d’adaptation à l’emploi, cycles d’enseignement, validation des acquis de l’expérience et aide à la création d’entreprise. Le ministère met en place des plateformes numériques pour demander des prestations sociales ou une information personnalisée pour les blessés et ouvre des espaces multiservices (206 à la fin de 2022).

Loïc Salmon

Défense : le « plan famille » de fidélisation des militaires

Service de santé : « Maison des blessés et des familles » à Percy

Défense : relance de la politique immobilière des armées




Défense : le sport, du haut niveau à la reconstruction

Préparation à l’engagement opérationnel, réinsertion des blessés, cohésion interarmées et partage des valeurs militaires constituent les objectifs du plan « Sports 2025 », qui va du sport d’élite à celui pour tous.

Le sport dans les armées a été présenté à la presse, le 8 juillet 2021 à Paris, par Hervé Grandjean, porte-parole du ministère, et le commissaire en chef de 1ère classe Hervé Piccirillo, commandant le Centre national des sports de la défense (CNSD).

Une organisation cohérente. Premier contributeur au soutien des sportifs français de haut niveau, le ministère des Armées partage avec eux les mêmes valeurs, à savoir performance, rigueur, courage, don de soi et respect des autres, souligne Hervé Grandjean. Créé en 2006, le CNSD assure ce soutien sous l’autorité du chef d’Etat-major des armées. Implanté à Fontainebleau, il comprend l’Ecole interarmées des sports et l’Ecole militaire d’équitation. Disposant d’un budget annuel de 4,5 M€, le CNSD assure d’abord la préparation physique et mentale des militaires, en raison d’un contexte d’engagement opérationnel toujours plus difficile. En outre, grâce à la pratique du sport, les blessés peuvent lutter contre le stress et l’isolement et se dépasser, malgré leur handicap. De plus, lors des compétitions internationales, les athlètes de haut niveau contribuent au rayonnement des armées françaises. Enfin, pour renforcer le lien entre la nation et ses armées, celles-ci organisent, au niveau local, des actions sportives avec les collectivités territoriales et les fédérations sportives.

Une montée en puissance. Après la seconde guerre mondiale, la France prend la tête du Conseil international du sport militaire, destiné à prôner l’amitié et la paix entre les peuples par le sport de compétition, indique le commissaire Piccirillo. Le « Bataillon de Joinville » est alors constitué en 1956 pour optimiser l’entraînement des sportifs de haut niveau en âge d’effectuer leur service militaire. A partir de 1967, il accueille 450 à 550 jeunes athlètes, issus de 54 fédérations sportives, au sein de l’Ecole interarmées des sports. A la suspension de la conscription et la mise en sommeil du bataillon en 2002, son palmarès s’établit à : 20.500 athlètes du contingent et de carrière ; 45 médailles olympiques ; 312 titres mondiaux ou militaires ; 952 titres nationaux ou internationaux. En 2003 et 2014, des accords-cadres interministériels visent à développer le sport de masse et celui de haut niveau au sein des armées. Réactivé, le Bataillon de Joinville devient « l’Armée de Champions » sous la direction du commissaire aux sports militaires, commandant du CNSD. Ce dernier recrute sous contrat des athlètes comme militaires du rang avec un emploi du temps adapté aux compétitions. Comme 20 % d’entre eux restent dans les armées, certains deviennent sous-officiers et même officiers. En 2021, cette armée de 148 sportifs de haut niveau, (26 en situation de handicap) se répartit entre 77 pour l’armée de Terre, 13 pour l’armée de l’Air et de l’Espace, 11 pour la Marine nationale, 21 pour la Gendarmerie nationale et 26 pour le Secrétariat général pour l’administration et le ministère de l’Intérieur. Aux Jeux olympiques (JO) de Rio de Janeiro en 2016, les femmes représentaient 46 % de l’Armée de Champions. Aux Jeux paralympiques (JP), elles ont remporté 67 % des médailles. La sélection des athlètes pour les compétitions relève uniquement des fédérations sportives. En 2021, celles-ci ont envoyé 54 athlètes militaires (15 disciplines) aux JO de Tokyo (23 juillet-8 août) et 20 (11) aux JP (24 août-5 septembre).

Loïc Salmon

Blessures et sports adaptés : reconstruction physique et psychique

Défense : les blessés et les jeunes du SNU à l’honneur

Défense : la féminisation des armées, un enjeu opérationnel

 




Blessés psychiques : « ATHOS », la proximité contre la solitude

Le dispositif « ATHOS » de réhabilitation sociale, expérimental et gratuit, s’adresse aux blessés psychiques en opération, qu’ils soient encore en activité, en congé maladie ou qu’ils aient quitté les armées, ainsi qu’à leur famille.

ATHOS a été présenté à la presse le 15 janvier 2021 à Paris par : le commissaire général de 2ème classe Christophe Daurel (photo), chef du groupe de travail ministériel ; Renaud Ferrand, directeur général de l’Institution de gestion sociale des armées (IGESA) ; le médecin chef Xavier Desruelles, conseiller santé du chef d’état-major de l’armée de Terre. En 2019, les armées ont déploré 42 blessés psychiques en opérations extérieures et 231 troubles psychiques.

« Boîte à outils ». ATHOS a été ouvert le 4 janvier 2021, indique le commissaire général Daurel. Il constitue une offre complémentaire pour permettre aux militaires blessés psychiques de se relever dans un environnement non médicalisé, combinant accompagnement psychosocial, projet de vie et reprise d’activités. Chaque cas est particulier. Il s’agit de placer le blessé au centre de son parcours et de sa reconstruction. ATHOS, destiné à couvrir tout le territoire métropolitain dans un premier temps, comporte déjà deux maisons : l’une à Cambes (Gironde) et l’autre à Toulon (Var). Chacune peut accueillir 90 blessés, pris en charge par 3 accompagnateurs. Le parcours de reconstruction nécessite le volontariat du blessé, sa participation à la gestion de la maison, la progressivité et la personnalisation du programme. Ce dernier compte cinq domaines : vie relationnelle affective et familiale ; bien-être ; place de la personne dans la société ; administration et gestion de la vie quotidienne et courante ; emploi et activités. Devoir de la nation envers ses combattants blessés psychiquement, ATHOS est expérimenté pendant au moins un an avec des équipes civiles et militaires. Il comprend un dispositif d’évaluation interne et un comité mixte (membres civils et militaires) de suivi et de surveillance externe. ATHOS a noué des partenariats avec l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre et bénéficie d’une convention opérationnelle avec l’IGESA.

Soutien de l’IGESA. Cette convention, signée le 27 octobre 2020, porte sur la gestion et le soutien juridique, administratif et financier des maisons ATHOS, assurés par l’IGESA, indique Renaud Ferrand. Celle-ci leur fournit des équipes de « permanents » et des intervenants extérieurs mobilisables à tout moment. Organisme de droit privé, elle emploie 1.246 salariés et dispose de 130 établissements, 50 crèches et 100 colonies de vacances. En 2020, elle a traité 44 demandes de séjours de blessés en opérations extérieures, soit 154 personnes avec les familles et accompagnateurs.

Parcours global de santé. Le Service de santé des armées (SSA) prend en charge les blessés psychiques en opération après leur passage dans un hôpital militaire, souligne le médecin chef Desruelles. Après identification des volontaires potentiels par les comités multidisciplinaires des blessés en service, il valide leur projet. Un militaire malade psychiquement doit accepter de rentrer dans un processus non médicalisé, complémentaire de l’offre de soins existants et d’une durée aléatoire. Le SSA participe au contrôle, au retour d’expérience et à la recherche dans ce domaine. Il intervient dans le recrutement et la formation des équipes d’assistance sociale. ATHOS complète les actions de réhabilitation du Centre national de sports de la défense et de l’Institution nationale des Invalides (maison médicalisée des blessés).

Loïc Salmon

Blessés psychiques : agir vite, au plus près et de façon continue

Blessures et sports adaptés : reconstruction physique et psychique

Blessés psychiques : l’opération « Omega » de réinsertion professionnelle civile




Défense : les blessés et les jeunes du SNU à l’honneur

Des militaires blessés en opération et des jeunes du Service national universel (SNU) ont été inclus dans le tableau final du défilé du 14 juillet 2019 à Paris.

Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, l’avait annoncé à la presse, le 9 juillet à Paris, à l’occasion d’un point de situation sur ces deux sujets : l’un en commémoration du centenaire de la participation des « gueules cassées » de la première guerre mondiale au défilé du 14 juillet 1919 ; l’autre sur la première expérimentation du SNU.

Soutien aux blessés. « Les grands blessés font et feront toujours partie de la famille », souligne la secrétaire d’Etat. Le dispositif d’accompagnement, pour eux et leur famille, inclut parcours de soins, prise en charge psychologique, reconversion, soutien financier du conjoint en cas d’hospitalisation, et, pour tous les blessés en service, maintien de la carte de circulation. Il implique notamment le Service de santé des armées (SSA), l’institution nationale des Invalides, l’action sociale du ministère des Armées, les cellules d’aide aux blessés de la Marine nationale et des armées de Terre et de l’Air ainsi que l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), présent dans tous les départements. Lors des opérations extérieures (Opex), 644 militaires ont été blessés par armes à feu ou engins explosifs en dix ans, à savoir 94 en 2008, 55 en 2009, 91 en 2010, 168 en 2011, 40 en 2012, 24 en 2013, 51 en 2014, 41 en 2015, 51 en 2016 et 29 en 2017. Le ministère des Armées prend en charge le traitement des soldats en état de stress post traumatique (ESPT). En vue d’en diminuer le nombre, un plan d’action complet porte sur l’information, la sensibilisation des militaires et de leur famille avant le départ en Opex et celle des cadres pour qu’ils alertent rapidement le SSA. Ce dernier compte 41 psychologues et 38 psychiatres, dont certains sont projetés en Opex. Le nombre de militaires en ESPT (Terre, Air, Marine, Gendarmerie et Services communs) en Opex est passé de 55 en 2009 à 133 en 2010, 297 en 2011, 283 en 2012, 384 en 2013, 311 en 2014, 391 en 2015, 370 en 2016, 196 en 2017 et 199 en 2018. Il reste au maximum dans l’armée de Terre et au minimum dans la Marine nationale. La baisse résulte des mesures de prévention, de formation et de suivi, notamment avec l’ouverture permanente du numéro de téléphone « Ecoute Défense » (08 08 800 321). Ce dernier a comptabilisé, pour souffrance psychique, 235 appels en 2013, 283 en 2014, 342 en 2015, 393 en 2016, 612 en 2017 et 647 en 2018. Par ailleurs, l’agence de reconversion « Défense mobilité », qui dispose d’un réseau d’organismes publics et de 7.000 entreprises privées, a pris en charge 128 blessés en 2017, dont 44 ont été reclassés, et 279 en 2018 (92 reclassés).

Expérimentation du SNU. La secrétaire d’Etat a visité plusieurs centres du SNU pendant sa phase expérimentale (16-28 juin) dans 13 départements pilotes avec 200 volontaires (filles et garçons âgés de 15-16 ans), encadrés notamment par 104 anciens militaires et réservistes. « Ils en sont sortis heureux et fatigués », dit-elle, heureux par la création d’une cohésion entre jeunes qui ne se connaissaient pas et fatigués par la densité des activités. Ainsi, le module « Défense » leur a donné l’occasion de s’entretenir avec des militaires, au sujet de leur métier, et d’apprendre les « réflexes défense », à savoir s’orienter, se protéger et rendre compte. Le module « Mémoire », assuré par 30 personnels de l’ONACVG, leur a permis de comprendre une cérémonie, pour y participer en connaissance de cause, et de parler de l’engagement des jeunes.

Loïc Salmon

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Monde combattant : écoute, concertation, protection et modernisation

Aide et accompagnement des soldats et anciens combattants, honneur à la mémoire de ceux morts au feu ou à l’entraînement et renfort du lien Armées-Nation constituent des missions à remplir dans la durée.

Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, l’a expliqué, le 23 janvier 2019 à Paris, lors de ses vœux au monde combattant.

Actions en 2019. La carte du combattant est désormais attribuée aux soldats français engagés en Algérie entre juillet 1962 et juillet 1964. Cette mesure, qui coûtera 30 M€ par an, portera sur 50.000 cartes, dont plus de 8.000 dossiers ont déjà été instruits. A la suite des accords d’Evian mettant fin à la guerre d’Algérie (18 mars 1962), quelque 75.000 soldats français, dont une majorité d’appelés, sont restés mobilisés pendant cette période. Malgré les demandes récurrentes d’associations d’anciens combattants, ils n’avaient jamais pu bénéficier de la carte de combattant, de la reconnaissance, de l’action sociale et des avantages y afférant. En revanche, cette carte est attribuée à tous les militaires déployés en opérations extérieures, dans le cadre des obligations internationales de la France. En outre, la reconnaissance de la nation envers les combattants de la première guerre mondiale s’exprimera aussi par l’entrée au Panthéon de l’écrivain Maurice Genevoix, auteur de Ceux de 14. Les combattants de la seconde seront honorés lors du 75ème anniversaire de la Libération. De plus, après dix ans de péripéties, le monument aux morts pour la France en opérations extérieures sera édifié dans le parc André Citroën à Paris. Par ailleurs, l’Institution nationale des Invalides recevra 35 M€ pour le renouvellement de ses infrastructures et la mise aux normes de ses installations pour les reconstructions physique et psychique des blessés. Un contrat d’objectifs 2019-2023 pour l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) sera signé au premier semestre. Pour les jeunes générations, une préfiguration du « service national universel », non militaire, va concerner 3.000 volontaires dans 13 départements en juin. Plus de 100 M€ seront investis dans les six lycées militaires entre 2019 et 2025.

Bilan 2018. Les noms des 1.400.000 morts pour la France inscrits sur les monuments de pierre sont désormais accessibles sur internet, grâce à l’indexation des fiches matricules. La Mission du centenaire 1914-1918 a labellisé plus de 6.000 projets et organisé des dizaines de cérémonies nationales et internationales. Par ailleurs, l’allocation de reconnaissance des anciens harkis et la rente viagère des veuves a été revalorisée de 400 € en septembre. En outre, un dispositif de solidarité en faveur de leurs enfants a été créé par décret en décembre. D’autre part, le processus d’attribution des pensions militaires d’invalidité (PMI) a été amélioré par la « présomption d’imputabilité » en cas d’accident en service. Le tarif des expertises médicales a été augmenté de 43 % pour les rendre plus attractives pour les médecins et accélérer les délais d’examen. De plus, le contentieux des PMI a été transféré vers les juridictions administratives et un recours administratif préalable devant une commission spécifique a été créé. En 2018, environ 770.000 jeunes ont effectué leur « Journée Défense et Citoyenneté ». Depuis son expérimentation en 2015, le « Service militaire volontaire » a totalisé plus de 2.500 contrats, dont 72 % ont débouché sur une insertion positive, à savoir un emploi ou une formation qualifiante.

Loïc Salmon

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