Armée de l’Air : 9 morts, mais la vie de soldat continue après la « malchance technologique »

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« Notre vie opérationnelle continue et n’est en rien affectée par ce dramatique accident, exceptionnel dans sa violence », a déclaré à la presse, le 29 janvier 2015 à Paris, le général d’armée aérienne Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’Air. Deux jours auparavant, il avait accompagné le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian et deux parlementaires de Nancy sur la base aérienne de l’OTAN à Albacete (Espagne), où s’est produit un grave accident faisant plusieurs morts et blessés de différentes nationalités. Le 26 janvier, un avion de combat F-16 grec connaît une panne peu après son décollage, dévie de sa trajectoire et percute des avions de chasse français (Rafale et Mirage 2000 et 2005) et italiens (F-16) alignés sur un parking. Son équipage a tenté, sans succès, de s’éjecter. L’armée de l’Air française déplore 9 morts (photo) : 2 capitaines (pilotes) ;  2 lieutenants (navigatrice et mécanicien) ;  2 adjudants (chargé de maintenance et mécanicien) ; 1 sergent-chef (mécanicien) ; 2 sergents (armurier et électronicien). Leurs corps ont été rapatriés le 29 janvier à la base aérienne 133 de Nancy-Ochey pour y recevoir les honneurs militaires, avant un hommage national aux Invalides à Paris (3 février). Tous participaient au stage multinational « Tactical Leadership Program » de l’OTAN. Il s’agit d’exercices de perfectionnement pour évaluer la capacité opérationnelle et comparer des équipages expérimentés, en vue d’opérer en coalition avec de nombreux appareils. La base d’Albacete est adaptée à la conduite de ces exercices opérationnels grâce à son infrastructure et ses conditions de sécurité, souligne le général Mercier. Une enquête technique et juridique, menée par les Bureaux espagnol, français, italien et grec d’enquêtes et d’analyses pour l’aviation, est en cours pour déterminer, en toute transparence, les raisons de la panne du F-16. Ses boîtes d’enregistrement ayant été retrouvées, les paramètres permettront de comprendre ce qui s’est passé. Parmi les 9 blessés français, 3 sont gravement brûlés : 2 ont déjà été rapatriés en France et le 3ème suivra, quand l’amélioration de son état le permettra. Lors de l’accident, ce n’était pas chacun pour soi mais chacun pour les autres, explique le général Mercier. Ainsi, un mécanicien, les vêtements en feu, a été gravement brûlé en voulant sauver un camarade, couché sous un avion. Le Service de santé des armées a envoyé sur place deux femmes psychologues, qui connaissent bien le monde de l’aviation militaire, pour porter assistance aux témoins de l’accident. Enfin, l’armée de l’Air poursuit ses activités. « Plus de 20 missions d’appareils français ont déjà eu lieu au-dessus de l’Irak et du Sahel », a indiqué son chef d’état-major.

Loïc Salmon

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