DGA : bilan 2025, commandes publiques records

Afin de moderniser les capacités de défense, la Direction générale de l’armement (DGA) a engagé des commandes d’un montant de 38 Mds€ dans les milieux terrestre, naval, aérien, spatial et cyber. Des solutions rapides ont été adaptées, face à l’accélération des menaces et des technologies.

Le 16 avril 2026 à Paris, la DGA a rendu public son bilan pour l‘année 2025.

Moyens et missions. La DGA emploie 10.600 personnes, dont 65 % de cadres et 17 % de militaires. Le taux de féminisation atteint environ 30 %. La commande publique alimente la base industrielle et technologique de défense (BITD) constituée du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, des grands groupes Airbus Defence & Space, Thales, Safran, MBDA, Naval Group, Dassault Aviation, Ariane Group, Nexter et Arquus ainsi que des 4.500 entreprises petites, moyennes et de taille intermédiaire et des startups, soit 240.000 emplois directs et indirects répartis sur tout le territoire français. Chaque euro investi dans le développement de produits de défense génère de 1,27 € à 1,68 € de richesse nationale supplémentaire. La DGA remplit cinq missions : équiper les forces armées ; maintenir le fondement de la dissuasion nucléaire ; promouvoir la coopération internationale et soutenir les exportations ; orienter et soutenir la BITD ; préparer l’avenir et investir les nouveaux espaces de conflictualité. Face aux demandes française et européenne, la DGA a notamment accéléré la commande des systèmes suédois de détection et de commandement aéroportés « GlobalEye », destinés à remplacer les quatre avions AWACS (systèmes aéroportés de détection et de contrôle). En outre, en 2025, elle a commandé des armements d’une valeur de 2Mds€ à d’autres pays européens.

Commandes pour les armées. Pour la dissuasion nucléaire, les commandes concernent le lancement en réalisation du missile balistique M51.4 et un sous-marin nucléaire lanceur d’engins de 3ème génération. Pour l’armée de l’Air et de l’Espace, la réalisation du radar Aurore, successeur de Graves, est lancée. Voici les autres commandes : 2 avions GlabalEye ; 1 accord-cadre Paladin (satellite de surveillance de l’espace pour une mise en service en 2027) ; 1 infrastructure pour l’entretien du Rafale ; 2 radars tactiques pour le système de commandement et de conduite des opérations aériennes ; lots de missiles air-air à longue portée Meteor ; lots de munitions armement air-sol modulaire ; 1 démonstrateur laser forte puissance Syderal ; 9 systèmes de lutte anti-drones Parade ; lots de missiles Mistral M3 ; 94 stations sol pour les communications satellitaires Syracuse IV ; 7 nœuds de réseaux tactiques Astride ; solutions cyber pour la lutte informatique défensive et chiffreurs IP. Pour la Marine nationale, voici les commandes : lancement de la construction des chaufferies du porte-avions France-Libre ; 1 frégate de défense et d’intervention ; 5 avions de surveillance et d’intervention maritimes Albatros ; 6 drones tactiques aériens embarqués VSR700 et lots de drones légers S-100F ; lots de bouées acoustiques actives SonoFlash ; lots de torpilles lourdes F21 Artemis ; lots de missiles antinavires Exocet MM40 Block 3c. Pour l’armée de Terre, voici les commandes : 1.000 drones d’entraînement Delco ; 1.110 poids-lourds 6T ; 152 camions-citernes protégés de nouvelle génération ; 12 véhicules légers ; 120 véhicules blindés légers régénérés ; 200 viseurs Leclerc rénovés ; 1 infrastructure pour la mise en œuvre, la formation et l’entraînement aux matériels Scorpion ; 8 systèmes de franchissement lourd-léger Skyfall ; 8.000 fusils d’assaut HK416F ; lots de missiles moyenne portée ; lots de munitions de 40 mm ; lots de munitions téléopérées à courte portée ; lots de munitions téléopérées à longue portée avec leurs chaînes de production ; 1 accord cadre « Droide », robot doté d’intelligence artificielle pour prendre des décisions complexes et interagir avec un humain.

Loïc Salmon

DGA : bilan de deux ans d’économie de guerre

DGA : crédibilité et modernité de la dissuasion nucléaire

DGA et AAE : défense aérienne et anti-missile non intercontinental




14 juillet 2026 : affirmation du soutien à l’Ukraine, première ligne de la défense de l’Europe

Le défilé du 14 juillet 2026 constitue une démonstration stratégique et opérationnelle, une vitrine de la puissance militaire et le continuum défense-sécurité.

Le général de corps d’armée Loïc Mizon, gouverneur militaire de Paris, l’a présenté à la presse le 8 juin aux Invalides. Le défilé compte plus de 8.500 participants, dont 6.500 à pied, 95 avions, 35 hélicoptères et 193 chevaux de la Garde républicaine.

Solidarité et cohésion. Afin de souligner la notion de coalition, des invitations ont été envoyées à 35 pays volontaires pour offrir des garanties de sécurité à l’Ukraine, après la guerre, à l’initiative lancée en 2025 par la France et de la Grande-Bretagne, ainsi qu’à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et au général de corps aérien américain Alexus Grykewich, commandant suprême de l’OTAN et des forces alliées en Europe. Le défilé met à l’honneur les troupes de la mission de réassurance dans les airs et au sol sur le flanc Est de l’Europe. Ensuite, les armées françaises montrent leur capacité à entrer en premier sur un théâtre en coordonnant les opérations entre les armées de Terre, de l’Air et de l’Espace et de la Marine nationale qui fête ses 400 ans d’existence. De plus, comme le démontre la défense aérienne de Kiev, capitale de l’Ukraine, la séparation entre le front et l’arrière n’existe plus et la continuité dans l’espace et le temps entre défense et sécurité devient essentielle. Enfin, le défilé inclut les jeunes qui croient aux valeurs de l’engagement militaire.

Défilé aérien. La Patrouille de France arrive en tête avec 9 Alphajet et 2 Mirage 2000 ukrainiens. L’intervention aérienne pour entrer en premier est représentée par 16 chasseurs Rafale et 12 Mirage 2000 français, 4 Rafale européens et 3 Airbus A330 MRTT (transport et ravitaillement en vol). La posture permanente de sûreté présente 1 avion de détection et de commandement aéroporté E-3 F, 2 Rafale et 2 Mirage 2000. Les Forces aériennes stratégiques sont représentées par 1 A330 MRTT et 7 Rafale. La Marine nationale déploie 1 avion de guet aérien E2C Hawkeye et 13 Rafale Marine. La Surveillance et le Renseignement sont représentés par 1 Rafale 30 de reconnaissance nouvelle génération, 2 Mirage 2000 équipés d’une nacelle ASTAC (analyse de signaux tactiques), 1 Falcon 50 de surveillance maritime et de secours en mer, 2 avions légers de surveillance et de reconnaissance et 2 avions de lutte anti-sous-marine ATL2. L’appui aux opérationscomprend : 6 A400M Altas français et 2 A400M européens, 2 avions de transport tactique C-130J Super Hercules français, 2 C-130J européens et 4 avions tactiques CN-235 Casa. Le défilé d’hélicoptères présente des appareils de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE), de la Marine nationale, de l’armée de Terre, de la Gendarmerie, de la Police nationale et de la Douane.

Troupes à pied. Les 20 écoles militaires défilent en tête, suivies d’unités de la Gendarmerie nationale, de l’armée de Terre, de la Marine nationale, de l’AAE, des directions et services interarmées et des réservistes opérationnels. Puis arrivent des unités des ministères civils (Intérieur et Outre-mer, Justice et Économie). La Légion étrangère ferme la marche de son pas lent.

Troupes motorisées. Les unités motorisées se répartissent ainsi : Commandement des actions spéciales Terre ; Centre interarmées des actions sur l’environnement ; 1er Corps d’armée ; Commandement des actions dans la profondeur et du renseignement ; 9ème Brigade d’infanterie de marine ; Commandement de l’appui terrestre numérique et cyber ; Commandement de l’appui et de la logistique du théâtre ; Flottille 36 F (hélicoptères de lutte anti-sous-marine, lutte antinavires et mise en œuvre de commandos Marine) ; Force maritime des fusiliers marins ; Défense sol-air ; Gendarmerie nationale ; Police nationale ; Douane ; Brigade des sapeurs-pompiers de Paris ; Bataillon des marins-pompiers de Marseille.

Loïc Salmon

14 juillet 2025 : montrer la crédibilité opérationnelle

14 juillet 2024, un défilé avenue Foch et sans véhicules modernes

14 juillet 2023, un défilé sur l’engagement international




Marine nationale : le futur porte-avions France-Libre, projection de puissance française et européenne

Le porte-avions France-Libre, opérationnel en 2038, prendra en compte les cycles rapides d’innovations technologiques, dont l’intelligence artificielle et les drones.

Pierre-Éric Pommellet, président-directeur général de Naval Group, qui participe à sa construction, l’a expliqué lors d’un colloque organisé, le 1er avril 2026 à Paris, par le magazine hebdomadaire Le Point.

Bâtiment agrégateur de forces. Actuellement, le groupe aéronaval français, centré sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, dispose d’une escorte de frégates françaises, où s’intègre une frégate néerlandaise, allemande ou grecque pour les luttes anti-aérienne et anti-sous-marine. Outre cette protection, sa résilience repose sur sa mobilité car il peut parcourir 1.000 km par jour (11,57 m par seconde), de quoi rendre très difficile le guidage terminal d’un missile balistique (volant à 4 ou 5 km/s) ou hypervéloce (au moins 3 km/s) adverse. Les États-Unis n’ont pas suspendu la construction de porte-avions et commencent par envoyer un groupe aéronaval dans la zone où ils souhaitent intervenir. Le groupe aéronaval futur comptera des avions et des drones. La Chine, l’Inde, l’Italie et la Grande-Bretagne en développent et l’Espagne se pose la question. Demain, une flotte de surface hybride disposera de capacités de défense aérienne et anti-drones et élargira la bulle de protection du groupe aéronaval. Voici les caractéristiques du porte-avions France-Libre : longueur, 330 m ; largeur, 90 m ; vitesse maximale, 27 nœuds (50 km/h) ; poids total, 78.000 t ; surface du pont d’envol, environ 17.000 m2 ; équipage, 2.000 personnes ; durée du service, environ 45 ans. Outre Naval Group, Technic Atome et les Chantiers de l’Atlantique, 800 entreprises de tailles petite, moyenne et intermédiaire participent à sa réalisation et 90 % des achats seront effectués en France. La propulsion nucléaire donne au porte-avions son allonge et sa capacité de déploiement, comme l’a démontré le Charles-de-Gaulle, passé du Grand Nord à la Méditerranée en une huitaine de jours. Ce dernier aura connu trois arrêts techniques majeurs, un tous les dix ans, autour de la chaufferie (réacteur) nucléaire pour lui redonner de l’autonomie. Pour le France-Libre, tout a commencé en 2020 par des avant-projets détaillés, des études et de la préparation. L’étape actuelle a lieu au site de Cherbourg de Naval Group, où une nouvelle « nef d’intégration » de deux chaufferies nucléaires a été construite pour les installer sur le porte-avions et le sous-marin qui arrive en même temps. La phase d’après se déroulera à Saint-Nazaire sur le site des Chantiers de l’Atlantique, qui construisent les coques des grands navires civils et des unités militaires, dont les porte-hélicoptères et les bâtiments ravitailleurs de forces. Enfin, sera réalisé le système de combat des bâtiments de surface (porte-avions et frégates), l’une des spécialités de Naval Group. A cet effet, il compte sur ses partenariats : le groupe Thalès pour les senseurs, les radars et les contre-mesures ; le missilier MBDA pour les armements ; le groupe Safran pour un certain nombre d’équipements.

Carnet de commandes rempli. Naval Group dispose de sites à Cherbourg et Lorient pour la construction navale, à Toulon pour l’entretien de la flotte de surface et à Brest pour la Force océanique stratégique (FOST). Il réalise un tiers de son chiffre d’affaires à l’international, où il a récemment obtenu des contrats de sous-marins aux Pays-Bas et en Indonésie et de frégates en Grèce. Les deux autres tiers, en France, dépendent des lois de programmation militaire qui prévoient le renouvellement de toutes les composantes navales. Le 4ème sous-marin nucléaire d’attaque de la série de 6 de la classe Barracuda effectue ses essais à la mer et les deux suivants seront livrés d’ici à 2030. Les 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la FOST seront renouvelés d’ici à 2050 et le premier, dénommé L’invincible, doit entrer en service vers 2035.

Loïc Salmon

Marine nationale : le PA-Ng, programmer sa construction et la formation de l’équipage

Marine nationale : l’IA dans la guerre navale future

Marine nationale : la mission « Clemenceau 2025 » du GAN dans l’océan Pacifique

 




Défense : devoir de mémoire et regard sur un monde en conflit

La paix n’est que relative et l’expérience de la guerre reste toujours présente, peut-être pas pour l’ensemble de la société française, mais certainement chez les militaires déployés en opérations extérieures.

Le général de corps d’armée Loïc Mizon, gouverneur militaire de Paris, l’a expliqué lors d’une conférence organisée, le 30 mars 2026 à Paris, par l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Se souvenir. Le devoir de mémoire éclaire le présent, nourrit la conscience collective et participe à la formation de citoyens lucides et engagés. Les commémorations constituent des hommages rendus aux générations passées et une reconnaissance des sacrifices consentis dans des périodes de guerre et de rupture. La « quatrième génération du feu », après celles de la première guerre mondiale (1914-1918), de la seconde (1939-1945) et des conflits en Indochine et en Algérie (1946-1962), a perdu plusieurs centaines de morts et entre 15.000 et 20.000 blessés au cours des opérations extérieures. La défaite de la France en 1940 face à l’Allemagne nazie résulte moins de l’incapacité de penser la guerre du moment et plus de son épuisement collectif, lorsqu’elle a demandé à de gens de 40 ans de repartir au front qu’ils avaient connu à 20 ans quand le traitement des maladies post-traumatiques n’existait pas encore. Parmi les 1.038 Compagnons de la Libération, figure André Zirnheld, professeur de français au lycée de Tunis et syndiqué à la CGT, donc peu enclin au militarisme. Pourtant, il a rejoint le Special Air Service britannique en 1940 et a été tué au combat en Libye en 1942. A l’issue de la Guerre froide (1947-1991) et pendant une trentaine d’années, la France a construit une armée qui avait pour vocation de porter sa parole à travers son expérience militaire. Dans ce contexte, le service national obligatoire a perdu de son utilité et a été suspendu effectivement en 2002. Le gouverneur militaire de Paris commande le 24ème Régiment d’infanterie composé de réservistes et dont les anciens avaient participé à la victoire de Yorktown en 1781. Affecté à Washington en 2014, il avait remarqué l’absence de la France parmi les souvenirs de l’histoire des États-Unis dans les couloirs du Pentagone. En novembre 2025, il a dévoilé une statue du maréchal Foch serrant la main du général Pershing avec l’inscription de la fameuse phrase : « La Fayette, nous voilà ! »

Préparer la guerre de demain. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, le monde connaît actuellement entre 50 et 60 conflits ouverts. En 2026, les forces armées françaises se composent de personnels d’active, de réservistes dont le nombre augmente considérablement et de jeunes du Service national volontaire. La France doit se préparer à la résilience totale. En 2022, l’armée ukrainienne a subi le premier choc contre les forces russes mais c’est le peuple ukrainien dans son ensemble qui résiste. La Russie a commencé par attaquer l’Ukraine à partir de la Biélorussie, pour faire tomber le gouvernement ukrainien en quelques jours…sans succès ! La réalité de la guerre apparaît dans les pertes humaines. Actuellement, la Russie perd plus d’un millier d’hommes par jour. Les stratèges ukrainiens cherchent donc à tuer plus de soldats que son armée puisse former et engager sur le terrain. La cohésion nationale constitue le centre de gravité de la France, dont les adversaires tentent de fracturer la société en permanence. Récemment, le chef d’État-major des armées a déclaré qu’il faut se préparer à un choc. Cela ne veut pas dire qu’il va se produire, mais qu’il faut disposer d’un outil suffisamment puissant et dissuasif pour qu’il n’arrive pas, comme pendant la Guerre froide qui a été gagnée face au bloc soviétique. En France, démocratie solide, les prises de décision de haut niveau sont organisées au sein du Conseil de défense. Le président de la République réunit un petit groupe de personnes, qui vont lui proposer des décisions sur le choix d’une action militaire ou d’une entrée en guerre.

Loïc Salmon

Quatre Hauts lieux de la mémoire nationale en Île-de-France pour le civisme et la citoyenneté

Défense : création d’un Service national volontaire en 2026

Défense : les forces morales, patriotisme et mémoire




Défense : nécessité de préserver la souveraineté spatiale

La puissance spatiale d’un État se trouve limitée par les menaces d’un État compétiteur, mais aussi par l’importance prise par des entreprises spatiales privées.

Ce thème a été abordé lors d’un colloque organisé, le 1er avril 2026 à Paris, par le magazine hebdomadaire Le Point. Caroline Laurent, directrice des Systèmes orbitaux et des Applications au Centre national des études spatiales et experte de l’armement et des systèmes, y est intervenue.

Menaces en tous genres. Sur le plan militaire, les détecteurs des satellites d’observation peuvent être brouillés et les caméras aveuglées par des armes laser. Déjà, des satellites russes se sont rapprochés volontairement de ceux de la France. Par ailleurs, il n’y avait que 13.000 objets en orbite en 2019, quand le milliardaire américain Elon Musk décidé d’investir dans l’espace. Depuis, sa société SpaceX a mis 10.000 satellites en orbite. Blue Origin du groupe américain Amazon veut en rajouter 15.000. La Chine envisage de constituer deux constellations de 15.000 satellites chacune, l’une pour les concurrencer et l’autre pour les besoins nationaux. Cette multiplication des satellites en orbite, qui devrait se poursuivre, devient une menace pour le fonctionnement et la durabilité des opérations dans l’espace. S’y ajoute une menace économique, lorsqu’une entreprise privée, capable de fabriquer des satellites peu chers, pourra rendre viable un modèle de lanceur réutilisable, possibilité considérée comme inutile il y a dix ans. Début 2026, SpaceX, disposant de suffisamment de stellites, a décidé d’abaisser leurs orbites, ce qui les rapprochera de celles des satellites d’observation d’autres nations. Celles-ci devront donner leurs coordonnées pour éviter des collisions, impliquant une perte de souveraineté importante. SpaceX se constitue ainsi progressivement un catalogue, alors que les États-Unis savent déjà tout ce qui se passe dans l’espace en temps réel. Toutefois, aux niveau français et européen, des industriels et des startups travaillent dans ce domaine pour atteindre une certaine autonomie. Par ailleurs, des satellites descendant à 1.000 km d’altitude risquent de se désintégrer dans l’atmosphère et de multiplier le nombre, déjà considérable, de débris en orbite. Vu qu’une collision volontaire entre satellites au-delà de 400-500 km constituerait une menace réelle pour tous les pays en disposant, les essais d’armes antisatellites (par la Russie et la Chine) ont été effectués en dessous de ces altitudes.

Moyens de prévention. Le rapprochement volontaire de satellites à la limite de la collision s’apparente à de la dissuasion. Il démontre la capacité de destruction de l’assaillant, mais dont la mise en œuvre perturberait ses propres satellites sur la même orbite. Les technologies de l’intelligence artificielle permettent le traitement au sol de grandes masses de données en temps réel, malgré la rapidité des mouvements. Les algorithmes parviennent à positionner tout ce qui bouge dans l’espace, y compris les débris. Une trajectoire évoluant de façon bizarre correspond à un satellite manœuvrant. L’attribution de cette manœuvre reste difficile et nécessite une interprétation reposant sur une solide expérience du traitement de données par l’intelligence artificielle. Au cours des derniers mois, des objets considérés comme des débris se sont mis à manœuvrer. En fait, un gros satellite, déjà placé en orbite géostationnaire (36.000 km d’altitude au-dessus de l’Équateur) par une fusée, a libéré des petits satellites, comme une poupée gigogne. Par ailleurs, les États-Unis peuvent empêcher des opérateurs de satellites non-américains d’émettre sur leur territoire. En Europe, des réflexions sont en cours sur une réglementation limitant l’allocation d’opérations spatiales de Starlink, service de connexion internet à très gros débit de SpaceX. Or dans certains endroits, seul Starlink est accessible et quelques pays européens ne sont guère favorables à une limitation de Starlink.

Loïc Salmon

Armée de l’Air et de l’Espace : capacité spatiale opérationnelle

Armée de l’Air et de l’Espace : les enjeux du spatial militaire

Espace : composante clé dans un conflit de haute intensité




Défense : « Orion 26 », exercice interarmées et multinational

Inspiré des standards OTAN et basé sur un scénario crédible, l’exercice « Orion 26 » s’est déroulé du 7 avril au 1er mai 2026 dans 20 départements pour recréer les formes du combat actuel, de la menace hybride à la haute intensité.

La première phase (7-17 avril) a porté sur les combats assistés par ordinateurs et focalisés sur le poste de commandement. La seconde (18 avril-1er mai) a consisté en combats réels de troupes sur terrain libre en présence, le 30 avril dans l’Est de la France, du président de la République, Emmanuel Macron, et de la ministre des Armées, Catherine Vautrin (photo).

Au sein de l’OTAN. Mises en œuvre par le 1er Corps d’armée basé à Lille en tant que « Warfighting Corps » (corps d’armée de combat), les deux phases intègrent tous les milieux et champs d’action incluant les domaines cyber, informationnel et exo-atmosphérique, les forces spéciales, le renseignement et le soutien logistique. En tout, « « Orion 26 » a engagé 12.500 militaires, 1 état-major de niveau corps d’armée, 4 divisions (dont 3 multinationales) et 3 brigades interarmes pendant trois semaines d’opérations, dont 10 jours en terrain libre, ainsi que 90 directions, services et organismes interarmées du ministère des Armées et des Anciens Combattants. En outre, douze pays membres de l’OTAN ont envoyé des unités : Allemagne ; Belgique ; Espagne ; États-Unis ; Grèce ; Grande-Bretagne ; Italie ; Luxembourg ; Pays-Bas ; Pologne ; République tchèque ; Roumanie. L’armée de Terre, chargée de la reconquête de zone et de la réassurance de la population locale, a engagé un système de combat divisionnaire (voir plus loin) sous le commandement du 1er Corps d’armée et a déployé 1.800 véhicules tactiques, 30 hélicoptères et 800 drones de combat et de spécialité. Elle peut conduire des missions de renseignement dans la profondeur, s’engager dans la zone de contact et défendre des emprises sensibles. A partir des bases aériennes d’Orange et de Nancy, Saint-Dizier et Luxeuil, l’armée de l’Air et de l’Espace a assuré la sécurisation de l’espace aérien et le maintien de la supériorité aérienne, la coordination des frappes dans la profondeur et la maîtrise du ciel avec un contrôle aérien avancé. Chargée de la continuité de la coordination interarmées et de l’interopérabilité avec les unités alliées, elle a contribué à la combinaison des effets partout, y compris dans les champs cyber et spatial. Sous la direction du Commandement en chef pour l’Atlantique à Brest, la Marine nationale a assuré la supériorité aéro-maritime et a contribué aux frappes dans la profondeur par la mise en œuvre des Rafale Marine du porte-avions Charles-de-Gaulle et de la capacité de tirs de missiles de croisière navals par une frégate multi-missions et un nouveau sous-marin nucléaire d’attaque de type Suffren, même en plongée.

Système de combat divisionnaire. Afin de dominer le champ de bataille de haute intensité, la division le structure en trois : « Deep », zone des combats de 40 km dans la profondeur ; « Close », zone des combats rapprochés de 60 km ; « Rear », zone arrière de 50-100 km. Elle intègre et synchronise les effets pour faire fondre la masse adverse, soutenir l’effort et permettre aux brigades au contact de porter le coup décisif. Dans « Rear », le Groupement de soutien interarmées de théâtre assure la sûreté, garantit la protection du commandement et des moyens logistiques (flux massifs et élongations) et coordonne les feux dans la profondeur pour mettre l’ennemi à la portée des brigades de combat. Dans « Close », trois brigades, équipées de canons Caesar, de chars Leclerc et de véhicules blindés, manœuvrent pour emporter la décision par des engagements directs. Dans « Deep », les moyens interarmées coordonnent les effets dans la profondeur : destruction des systèmes de défense aérienne et de moyens de guerre électronique ; destruction des capacités de feu longue portée ; désorganisation du commandement et des soutiens logistiques.

Loïc Salmon

Ukraine : soutien de la France après quatre ans de guerre

Armée de Terre : l’action aéroterrestre en 204

OTAN : la France a repris toute sa place sur le plan opérationnel




Défense : pouvoir augmenter la production d’équipements

Les industriels de défense doivent rendre soutenable sur le temps long l’action des opérationnels, tout en conservant leur souveraineté et leur compétitivité.

Ce thème a été abordé lors d’un colloque organisé, le 1er avril 2026 à Paris, par le magazine hebdomadaire Le Point. Y sont notamment intervenus : Vincent Quintana, directeur des affaires publiques du Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres ; Pauline Martre, responsable des Affaires publiques et Partenariats chez Alta Ares, startup spécialisée dans la détection et l’interception de drones au moyen de l’intelligence artificielle.

Connexions politico-industrielles. Les commandes publiques impliquent une capacité de production technologiquement à jour pour, par exemple, multiplier par deux ou trois la production de munitions, indique Vincent Quintana. Les armées ne souhaitent pas disposer d’un stock de drones devenus obsolètes en six mois, comme pendant la guerre en Ukraine où les Russes ont trouvé la parade au retour du drone filaire. L’outil industriel se structure sur une commande et non sur une injonction politique. Il ne peut être poussé à 100 %, car l’offre ne crée pas la demande. Dans cette guerre, la masse devient un facteur dimensionnant susceptible d’emporter une décision sur le terrain. Elle s’accompagne d’une attrition remettant en cause la conception d’équipements, comme les missiles onéreux contre les drones bon marché, leur mode de production et leur utilisation. L’État achète un système d’arme et sa capacité de production. Une chaîne de production de missiles nécessitant des investissements lourds, l’industriel ne l’ouvrira pas sur une visibilité de 18 mois à 2 ans, temps d’action du personnel politique. Dans leur guerre contre l’Iran depuis le 28 février 2026, les États-Unis ont délivré en 30 jours une puissance de feu technologiquement très performante. Mais la question se pose du maintien de l’effort des chaînes de production dans la durée. Lors de la création par la France d’une base industrielle de défense (BITD) dans les années 1990, l’avionneur Dassault produisait un ou deux Rafale par mois pour le maintien des compétences et des bureaux d’études. Aujourd’hui, il faut produire plus au moment voulu, en équilibrant les commandes françaises (50 %) et celles à l’export (50 %).

Accélération des cycles technologiques. Il ne s’agit plus seulement de produire plus mais aussi de produire vite, souligne Pauline Martre. Cela implique de mettre en œuvre de nouvelles capacités tout en restant connecté au terrain, parce que l’innovation et son intégration sont très rapides. La recherche et le développement doivent se poursuivre pour pouvoir adapter la production. S’y ajoutent les besoins en financement pour passer de la production pour de la démonstration à celle à grande échelle, afin d’assurer les commandes et les livraisons dans des délais très contraints. Le champ de bataille a été complètement transformé par l’arrivée de drones, relativement peu chers, pour saturer l’espace aérien et obliger à repenser la défense sol-air. A la consolidation de la BITD pendant les années des dividendes de la paix succède une forme d’agilité, portée par les startups qui travaillent dans l’urgence. En outre, pour assurer les commandes, il faut constituer des stocks. Les retours d’expérience des forces armées induisent des adaptations, quasiment en temps réel, des modèles des productions avec des financements pour garantir celles-ci, tout en s’adaptant à l’évolution technologique. Par ailleurs, les industriels tentent de limiter les dépendances en matières premières et en composants électroniques, souvent fabriqués en Asie. Enfin, pour trouver des solutions très courtes à des technologies en évolution rapide et parfois permanente, ils doivent recruter des ingénieurs en systèmes embarqués, en intelligence artificielle et en robotique, compétences rares et très recherchées.

Loïc Salmon

Défense : renforcement industriel en armement et munitions

DGA : bilan de deux ans d’économie de guerre

Intelligence artificielle : l’enjeu de souveraineté sur le calcul




Défense : la lutte contre la manipulation de l’information

La guerre informationnelle se décompose en opérations stratégiques, pour faire douter et convaincre l’adversaire, et en opérations tactiques, pour modifier ses comportements. L’analyse de chaque incident se transforme en renseignement.

Anaïs Meunier, spécialiste de la cyberdéfense et de la manipulation de l’information, et le colonel Bertrand Boyer, chef du Centre interarmées des actions sur l’environnement, l’ont expliqué lors d’une conférence tenue à Paris le 27 janvier 2026 et relative à leur Livre blanc sur ce sujet.

Les menaces. Selon l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), la cybermenace vise la compromission de la sécurité d’un système en altérant sa disponibilité, son intégrité ou sa confidentialité ou de l’information qu’il contient. Elle repose sur un socle technique et juridique solide. Selon Viginum (Service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères), la menace informationnelle étrangère en ligne tente de porter atteinte aux intérêts de l’entité ciblée et/ou promouvoir des revendications. Les manœuvres consistent à diffuser de fausses informations ou à amplifier des contenus malveillants déjà présents dans le débat public.

Les opérations stratégiques d’influence. Le « minage informationnel » vise à persuader une population ciblée et transformer durablement ses convictions et croyances. Il s’inscrit dans le remps long, dont les effets se mesurent avec des indicateurs indirects sur plusieurs années. Ainsi le récit du « déclin de l’Occident », porté par la Russie à partir de 2014 lors de l’invasion de la Crimée, résulte de sa perception de déclassement après la chute de l’Union soviétique (1991). Les médias de propagande Russia Today et Sputnik présentent systématiquement les démocraties occidentales comme corrompues, décadentes et vouées à l’effondrement. Ils ne visent pas à convaincre les audiences de rejeter la démocratie, mais à rendre normale l’idée que d’autres modèles politiques, c’est-à-dire autoritaires, pourraient se montrer plus efficaces. Afin d’en minimiser l’impact, la défense se conçoit sur le long terme par l’éducation et des politiques publiques proposant une offre alternative positive. Une autre opération consiste à marteler pendant des mois, voire des années, un récit souvent simpliste pour fragiliser et disloquer le tissu social du pays ciblé. Ainsi dès 2021, les réseaux d’influence russes ont élaboré un récit pour le Sahel, selon lequel « la France arme les terroristes ». Ce récit a été systématiquement martelé de façon coordonnée sur les pages Facebook au Mali et présentant la Russie comme « un partenaire viable et une alternative à l’Occident », en vue de préparer l’acceptation de ses conseillers militaires.

Les opérations tactiques actives. Lors de conflits armés, les « Psyops » (opérations psychologiques) visent à modifier le comportement d’un adversaire précis dans un lieu circonscrit et un temps limité. Lors de la première guerre du Golfe (1991), la campagne de « déception » (tromperie) de la coalition internationale a alimenté la crainte d’un débarquement en Irak, alors que l’offensive terrestre se préparait depuis l’Arabie saoudite. Les nombreux déserteurs et les 85.000 prisonniers irakiens n’ont pas abandonné leur socle de croyances ni soutenu la cause de la coalition. Lors des Jeux Olympique de Paris 2024, Viginum a identifié, dès 2023, les manœuvres informationnelles (vidéos) de l’Azerbaïdjan appelant à leur boycott mais sans obtenir une visibilité suffisante dans le débat public numérique francophone pour obtenir des effets réels. Lors du conflit de mai 2025 entre l’Inde et le Pakistan, la perte d’un Rafale indien a donné lieu à des récits sur les réseaux sociaux visant à discréditer l’avion et la qualité de la coopération militaire de la France. Des comptes ont amplifié les pertes indiennes, diffusé des images détournées de leur contexte et promu des équipements chinois au détriment des matériels français sur le marché d’Asie-Pacifique.

Loïc Salmon

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Ukraine : soutien de la France après quatre ans de guerre

Depuis le déclenchement de son attaque contre l’Ukraine en 2022, la Russie ne parvient pas à atteindre ses objectifs, en raison de la résistance ukrainienne et de l’aide occidentale, à laquelle la France participe sur les plans politique, diplomatique et capacitaire.

Le général de brigade Amel Dirou, chef de la « Task Force Ukraine », l’a souligné devant la presse le 26 février 2026 à Paris.

Rebâtir une architecture de sécurité. Des multiples rebondissements géopolitiques depuis quatre ans, il ressort que la stabilité de l’Europe et la sauvegarde de ses intérêts se jouent en Ukraine. Vu ses pertes mensuelles actuelles, la Russie devrait accepter de perdre encore 800.000 hommes sur deux ans pour conquérir l’intégralité du Donbass. Les Ukrainiens s’étaient sentis soviétiques, mais ne se sentent pas du tout Russes. La Task Force Ukraine, cellule mise en place dès le début de la guerre, a pour mission de coordonner le soutien aux forces armées uraniennes. Dans l’immédiat, il s’agit de cessions et d’acquisitions de matériels miliaires et de formations pour leurs utilisateurs. Dans le temps long, à savoir la préparation de l’avenir, le dialogue se poursuit pour définir les objectifs à atteindre, dans un horizon à dix ans, pour la remontée en puissance des forces armées ukrainiennes. Le soutien de la France se poursuivra jusqu’à un cessez-le-feu complet et l’installation d’une paix solide et durable. La France mobilise la communauté internationale pour le respect de la souveraineté de l’Ukraine et du droit international dans les négociations pour favoriser l’aide à l’Ukraine au sein de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN. Deuxième contributeur pour la « Facilité européenne de paix », elle a appuyé toutes les initiatives de soutien à l’Ukraine dans ces instances, notamment au sein de l’ « Ukraine Defense Contact Group » (57 pays et l’UE) pour la fourniture d’équipements. Elle a soutenu les 19 premiers paquets de sanctions de l’UE pour entraver l’effort de guerre de la Russie et s’est engagée au sein de la « Coalition des volontaires » (15 pays), dont elle est le moteur avec la Grande-Bretagne. Cela s’est traduit par la mise sur pied d’un état-major multinational rassemblant plusieurs pays européens pour planifier un éventuel déploiement en cas de cessez-le-feu.

Volet capacitaire français. La France a focalisé son soutien militaire sur la défense aérienne. Des Mirage 2000-5 ont été cédés à l’Ukraine avec des formations pour les pilotes et les mécaniciens. Sont inclus des systèmes sol-air SAMP/T Mamba, des missiles antiaériens Mica, des missiles de frappe dans la profondeur Scalp-EG et des armements air sol modulaires de très haute précision multicibles Hammer. Dans le domaine terrestre, les cessions portent sur des canons Caesar, des engins blindés de reconnaissance AMX-10RC, des véhicules de l’avant blindés et des missiles antichars Milan. Dans la cadre de la « Comprhensive Ukraine Requirement List », liste de l’OTAN destinée à répondre aux besoins prioritaires ukrainiens, la France en facilite l’acquisition par des financements européens et de mécènes. L’un des mécanismes consiste en prêts de réparations d’un montant de 90 Mds€. Un autre concerne de nouvelles tranches d’intérêts des avoirs russes gelés. Les missions européennes d’assistance militaire EUMAM en France et en Pologne ont permis la montée en compétence de 20.000 soldats ukrainiens dans le cadre de formations initiales, de spécialités, de commandement et de formations collectives. S’y ajoutent celles de la NSATU, Assistance et formation à la sécurité de l’OTAN pour l’Ukraine. Par l’accord de coopération, de sécurité et de défense de février 2024, la France s’est engagée à soutenir le développement de l’industrie d’armement de l’Ukraine sur dix ans. En complément, la lettre d’intention de février 2026 porte sur l’alliance des savoir-faire respectifs pour un bénéfice partagé entre la France et l’Ukraine sur les plans technique et doctrinal, en vue des conflits futurs.

Loïc Salmon

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Marine nationale : depuis quatre siècles et sur tous les océans

Au cours de son histoire, les missions de la Marine ont évolué pour, aujourd’hui, porter sur la dissuasion nucléaire, la protection du territoire (métropole et outremers), la connaissance et l’anticipation, l’intervention, la prévention et l’influence dans le champ informationnel.

En 1626, le cardinal de Richelieu décide de faire de la mer un pilier de la puissance de la France, de sa prospérité et de son indépendance. Trois événement majeurs marquent ce 400ème anniversaire : 8 mai, démonstration d’une force navale aux abords de Marseille ; 14 juillet, la Marine nationale à l’honneur dans les défilés ; 5 septembre, cérémonies commémoratives, à Paris et en régions, de la bataille décisive de la Chesapeake (1781) dans la guerre d’indépendance américaine.

Les déploiements. La Marine mobilise en permanence environ 35 bâtiments, dont au moins un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) et 5 aéronefs en vol, soit 5.000 marins en mer, dans les airs et à terre. Chaque jour, elle sauve au moins une vie en mer. Elle doit surveiller 18.500 km de frontières maritimes et 10,9 Mkm2 de zones économiques exclusives ainsi réparties avec des points d’appui : métropole (base navale de Brest) ; Manche et mer du Nord ; océan Atlantique (bases navales à Saint-Pierre-et-Miquelon, Dakar au Sénégal et Abidjan en Côte d’Ivoire) ; Antilles avec la Guadeloupe, la Martinique (base navale) et la Guyane (base navale) ; Méditerranée (base navale de Toulon) ; océan Indien avec Djibouti (base navale), Abou Dhabi (base navale) aux Émirats arabes unis, Mayotte (base navale), La Réunion (base navale), les Îles Éparses et les Terres australes et antarctiques françaises ; océan Pacifique avec la Nouvelle-Calédonie (base navale), Wallis et Futuna, la Polynésie française (base navale) et l’îlot de Clipperton. Voici les zones de crises récurrentes : Antilles ; golfe de Guinée et Sud de la Côte occidentale d’Afrique ; mer d’Arabie, golfe d’Aden et Sud de la Côte orientale d’Afrique ; Asie du Sud-Est, mer de Chine méridionale, péninsule coréenne et côte de l’Extrême-Orient russe.

Les moyens. Les forces opérationnelles sont réparties en quatre domaines d’actions commandés par des amiraux : Alfan, pour la Force d’action navale ; Alfost pour les Forces sous-marines et la Force océanique stratégique ; Alavia pour la Force de l’aéronautique navale ; Alfusco pour la Force maritime des fusiliers marins et commandos. Chargée de préparer et soutenir un réservoir de forces et de compétences, la Force d’action navale (10.500 marins) dispose de près de 100 bâtiments de surface, 3 Groupes de plongeurs-démineurs, 4 centres d’expertise, la flottille amphibie et la force aéronavale nucléaire. Chargée de la maîtrise de l’espace aérien au-dessus de la mer et au-delà de l’horizon et de concourir à la dissuasion nucléaire, la Force de l’aéronautique navale (4.160 marins) déploie, depuis la terre ou la mer, des avions de chasse, de reconnaissance, de patrouille, de surveillance et d’intervention maritime, des hélicoptères de combat et de service public et des drones. La Force océanique stratégique dispose de quatre SNLE, qui assurent la permanence à la mer de la dissuasion. Les Forces sous-marines comptent six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) pour la sûreté et le soutien des SNLE, la protection d’une force aéronavale, la connaissance et l’anticipation et enfin l’intervention. Les trois SNA les plus récents peuvent également effectuer des frappes de précision au sol dans la profondeur. La Force maritime des fusiliers marins et commandos (2.900 marins implantés sur 10 sites) compte 3 bataillons et 6 compagnies de fusiliers pour la défense et l’interdiction maritime. Les commandos Marine se répartissent en 5 commandos d’assaut et 2 commandos d’appui pour des missions complexes dans des environnements hostiles. En tout, la Marine nationale compte 42.000 personnels militaires et civils et 5.700 réservistes.

Loïc Salmon

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