Europe : l’autonomie stratégique, réflexion et construction d’une capacité

L’efficacité d’une politique de sécurité commune entre les Etats membres de l’Union européenne (UE) s’appuie sur des capacités militaires appropriées.

Benjamin Hautecouverture, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, l’a expliqué dans un « podcast » audio diffusé le 12 novembre 2020 à Paris.

Communauté de destins. La crise sanitaire du Covid-19 provoque une crise économique durable, qui détourne l’attention politique sur l’autonomie stratégique de l’UE. Outre la fracture interne du « Brexit », cette dernière constate : la résurgence de la Russie comme acteur stratégique agressif ; des inquiétudes diverses quant à la garantie de la sécurité américaine ; une appréhension vis-à-vis de la Chine ; la perception de menaces diverses à ses frontières du Sud-Est et du Sud. Benjamin Hautecouverture souligne le manque de capacité militaire en matière de partage de l’information et d’inégalité dans les investissements de défense entre les Etats membres. Le manque collectif d’investissements, de l’ordre de 300 Mds$, pourrait être comblé en vingt ans. En ce qui concerne sa sécurité, l’UE se scinde en trois groupes : les tenants de la garantie américaine en cas de conflit en Europe ; ceux favorables à une autonomie stratégique plus poussée, prenant en compte les armes nucléaires stratégiques britanniques et françaises (France, Allemagne, Italie et Espagne) ; ceux partisans d’un désarmement nucléaire radical (Autriche notamment). L’idée d’une politique européenne de sécurité a préparé la voie au traité franco-britannique de Lancaster House (2010), à l’Initiative européenne d’intervention (2018) et à certaines dispositions du traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle (2019). Elle se concrétise dans les programmes de coopération : projet de drone MALE (moyenne altitude longue endurance) ; missions et opérations militaires européennes ; mise en concurrence des Etats générateurs de forces pour des missions civiles ou militaires. Parmi elles, figurent les opérations « Atalante » de lutte contre la piraterie le long de la côte somalienne et « Sofia » contre les passeurs de migrants en Méditerranée.

Ambition française. L’approche de la France en matière d’autonomie stratégique européenne porte sur les moyens de l’action militaire. A l’appui, Benjamin Hautecouverture cite le président de la République Emmanuel Macron dans son discours à l’Ecole de guerre en février 2020, dans la ligne de ses prédécesseurs Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande : « La France vit dans un tissu d’intérêts qui s’étend au-delà de ses frontières. Elle n’est pas isolée. L’Europe occidentale, dans son ensemble, ne peut pas ne pas bénéficier indirectement de la dissuasion française, qui est un facteur stable et déterminant de la sécurité européenne. » La France souhaite façonner une « culture stratégique européenne partagée ». Selon cette logique exprimée par le président, le désarmement n’est pas une fin en soi, mais doit permettre d’accroître la sécurité de tous. Son discours vise à reconstruire une politique européenne du désarmement sous des considérations de stricte sécurité et non sur des considérations idéologiques ou humanitaires. Il s’agit de comprendre la dynamique de l’escalade d’un conflit et de chercher à la prévenir ou à l’éviter par des normes claires et vérifiables. La prise en compte de l’évolution des armements contemporains doit permettre de défendre les intérêts européens et ce qui apparaît favorable à la préservation de la stabilité stratégique du continent.

Loïc Salmon

Europe : défense future, la dimension militaire

Europe : une défense commune par des réalisations progressives et protéiformes

Défense : montée en puissance de l’Initiative européenne d’intervention

 




Bande sahélo-saharienne : opérations aériennes, permanence et réactivité

L’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) assure des missions de renseignement, protection et soutien logistique au profit des forces terrestres et africaines de l’opération « Barkhane » au Sahel.

Le général Stéphane Virem, commandant la brigade des opérations aériennes, les a présentées au cours d’une visioconférence organisée le 17 décembre 2020 entre Paris et la base aérienne projetée de Niamey (Niger).

Les missions. A la suite du sommet de Pau, qui a réuni en janvier 2020 les chefs d’Etat de France et du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), l’AAE contribue au renforcement des capacités militaires des Etats de la région et de ceux du golfe de Guinée, du Sénégal à l’Angola. Elle participe au combat contre les groupes armés terroristes « Etat islamique dans le Grand Sahara » et « Rassemblement pour la victoire de l’Islam et des musulmans ». Les opérations sont conduites et commandées depuis la France. Le Poste de commandement interarmées de théâtre, installé à N’Djamena (Tchad), détermine les objectifs et les effets à produire. Ses demandes sont traduites en missions précises par le Centre de conduite des opérations aériennes (base de Lyon-Mont Verdun) qui définit les modes d’actions et les moyens aériens adéquats à envoyer sur les bases aériennes projetées de Niamey et N’Djamena. Les missions portent sur : le renseignement et la surveillance ; les frappes aériennes de neutralisation et de réassurance ; le ravitaillement en vol, le transport et l’aérolargage (28 opérations de largage et 240 t de fret en 2020) ; les évacuations sanitaires médicales sur un hôpital de théâtre et éventuellement des rapatriements en métropole. A titre indicatif, 103 sorties ont été organisées entre le 9 et le15 décembre 2020 : 26 pour le renseignement et la surveillance ; 32 pour la chasse (appui au sol) ; 45 pour le ravitaillement et le transport. Par ailleurs, le partenariat opérationnel « Air » assure la montée en puissance des forces africaines partenaires par des formations sur les deux bases aériennes projetées. Ainsi 100 soldats maliens et nigériens ont reçu une formation de guetteurs aériens tactiques avancés en 2019 et 70 en 2020. A terme et en liaison avec le Centre de formation au Sénégal, un centre d’expertise Air sera constitué pour le G5 Sahel, intégrant l’appui de troupes au sol, le transport, le renseignement, la maintenance et la planification des opérations aériennes.

Les moyens. L’opération « Barkhane » mobilise notamment 5.100 militaires, 280 blindés lourds, 220 blindés légers, 400 véhicules logistiques et 20 hélicoptères. La base aérienne projetée de Niamey abrite : 1 avion de transport polyvalent A 400M ; 1 avion ravitailleur C-130J ; 2 avions ravitailleurs C-135 ; 7 avions de chasse Mirage 2000D ; 1 système de drones Reaper (2 shelters et 3 drones) renforcé par 1 système Reaper Block 5 au premier semestre 2021 ; 1 avion de transport tactique allemand C-160 Transall ; 1 avion de patrouille maritime ATL2 mais de façon temporaire. En outre, des avions cargos Casa sont déployés au Sahel : 2 français à N’Djamena ; 1 français à Gao (Mali) ; 2 espagnols à Dakar (Sénégal). Par ailleurs, des renforts ponctuels sont envoyés de France : A 400 M, C-130, C-160 ou A330 MRTT (transport ou ravitaillement). En cas de besoin, des avions ravitailleurs américains peuvent intervenir : 2 KC-135 de la base de Moron (Espagne) ; 1 C-130J de la base de Ramstein (Allemagne). Un officier américain est impliqué dans les opérations ariennes.

Loïc Salmon

Afrique : une base aérienne projetée pour « Barkhane »

Afrique : soutiens intégrés à l’opération « Barkhane »

Armée de Terre : un état-major de forces immédiatement projetable




Défense et sécurité : la réserve, résilience et cohésion nationale

L’engagement dans la réserve constitue une référence pour la résilience en cas de crise, affectant la sécurité du pays, et une contribution à la cohésion nationale.

Cette question a fait l’objet d’une visioconférence organisée, le 24 novembre 2020 à Paris, par l’Institut de relations internationales et stratégiques. Y sont notamment intervenus : la générale Véronique Batut, secrétaire générale de la Garde nationale (Gn) ; Jean-Marie Bockel, ancien ministre et sénateur ; le professeur Sébastien Jakubowski, directeur de l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation de Lille.

Témoin et ambassadeur. La réserve de masse, constituée par les appelés du contingent a été remplacée, lors de la professionnalisation des armées au début des années 2000, par la réserve d’emploi, rappelle la générale Batut. Cette nouvelle réserve a servi à renforcer les effectifs des armées, protéger les sites de défense et maintenir le lien Armée-Nation. Créée le 16 octobre 2016, la Gn y a intégré les réserves de la Police et de la Gendarmerie. Elle développe le partenariat avec les employeurs civils (800 accords conclus) et renforce son action sur les territoires avec ses 150 correspondants. Elle dispose de moyens budgétaires maintenus par la loi de programmation militaire 2019-2025 et le ministère de l’Intérieur. Face aux besoins futurs de personnels pour la cyberdéfense, le renseignement et la police, elle vise à un engagement plus fort des réservistes, en leur garantissant une employabilité dans le secteur civil par la valorisation de leurs missions auprès du grand public. La formation reçue en matière de résilience leur permettra de réagir en période de crise dans leur activité professionnelle. La Gn doit se préparer aux changements de société et de comportement, avertit sa secrétaire générale, car les jeunes d’aujourd’hui n’hésitent pas à changer de métier au cours de leur parcours.

Proximité et gouvernance. Auteur d’un rapport sénatorial pour redynamiser les réserves après les attentats terroristes de 2015-2016, Jean-Marie Bockel souligne que les armées ne peuvent plus fonctionner sans la réserve opérationnelle. La Police et la Gendarmerie, qui assurent la sécurité de proximité, ne disposent pas encore des ressources de réservistes au niveau souhaité en cas de crises grave (climat, troubles sociaux ou terrorisme organisé). Outre la constitution d’unités de réservistes dans les départements à proximité des bases de défense, le sénateur préconise la restauration de l’Inspection générale des réserves au sein de l’institution militaire.

Risques et leviers. La professionnalisation des armées a produit une « indifférence positive » à l’égard de l’institution, souligne Sébastien Jakubowski. Les armées ont perdu leur circuit d’alimentation naturelle. Mais on ne devient pas réserviste sans un lien avec elles. L’engagement dans la réserve, soutenu dans les administrations publiques et les grands groupes, s’avère plus difficile dans les entreprises petites, moyennes et de taille intermédiaire. Sa valorisation passe par le Service national universel (en cours d’élaboration), le sens du collectif consécutif à la crise du Covid-19 et la montée en puissance de la Gn. Toutefois, la réserve militaire risque de se trouver reléguée à des missions de second ordre, à la suite de formations déconnectées de celles des personnels d’active. La légitimation de la Réserve, perçue comme réservoir de ressources via la chaîne formation, entraînement et fidélisation, tirerait profit du nom « Force militaire non permanente ».

Loïc Salmon

Défense : la réserve opérationnelle, outil indispensable aux armées

Garde nationale : objectif, fidéliser les réservistes

SNU : succès du module « Défense et mémoire »




Covid-19 : désinformation et…contrôle supra-étatique ?

La désinformation sur la crise sanitaire du Covid-19, via internet, a pris une ampleur telle que seuls les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft), et non les Etats eux-mêmes, semblent en mesure de contrer.

Cette question a fait l’objet d’une visioconférence organisée, le 16 novembre 2020 à Paris, par l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Y sont intervenus : François-Bernard Huyghes, directeur de recherche à l’IRIS ; Gérard Grizbec, journaliste et chercheur associé à l’IRIS ; Cécile Guérin, chercheuse à l’Institute for Strategic Dialogue (ISD), « think tank » basé à Londres.

« Fake News ». L’ISD analyse les réseaux sociaux au moyen d’algorithmes spécifiques pour détecter les tendances en ligne, qui se manifestent selon un clivage « politique » gauche-droite, explique Cécile Guérin. La désinformation a augmenté récemment de 15 % en Grande-Bretagne via des discours contre le confinement ou sur la théorie du « complot » venue des Etats-Unis, selon laquelle un groupe puissant agit dans l’ombre pour détruire la démocratie. En Allemagne, la désinformation a conduit à des manifestations contre les restrictions sociales, le gouvernement et le milieu scientifique. A l’origine, ce terme désignait la propagande et les moyens techniques soviétiques contre les médias occidentaux, rappelle François-Bernard Huyghes. Après la chute de l’URSS et la guerre du Golfe (1990-1991), la désinformation (armes de destruction massive) a été utilisée par un Etat (les Etats-Unis) contre un autre (l’Irak). Depuis, les « Fake News » racontent sur les réseaux sociaux un événement, qui n’a pas eu lieu (photos truquées), en vue d’une manipulation. Depuis 2016, elles engendrent la crainte que ces réseaux constituent une voie de désinformation et distillent le soupçon à l’égard des médias, gouvernements et experts scientifiques. S’y superpose l’affrontement géopolitique entre la Chine et les Etats-Unis sur le Covid-19.

Efficacité. La Chine tire parti du succès de sa lutte contre la pandémie grâce à sa « diplomatie sanitaire », indique François-Bernard Huyghes. Celle-ci contribue à l’affirmation de sa puissance, via les « Nouvelles Routes de la Soie », et à l’accroissement de son influence en vantant l’excellence de son régime politique. Par ailleurs, indique Cécile Guérin, la désinformation utilise la parole de l’expertise en profitant des tensions au sein de la communauté médicale, faute de connaissance suffisante du Covid-19. Sur internet, des vidéos opposent l’expérience des médecins de terrain à l’expertise des ministères et des grandes institutions de la Santé pour discréditer la gestion de la pandémie par les gouvernements.

Réactions. La presse passe plus de temps à vérifier la véracité d’une vidéo, qui suscite l’émotion, qu’à rechercher de l’information, souligne Gérard Grizbec. Cette vérification devrait s’accompagner d’une régulation des plates-formes numériques et d’un cadre législatif dans le contexte de prolifération de l’information, de désinformation et de « mésinformation » (partage d’une information tronquée sans en être l’auteur et sans intention de nuire), estime Cécile Guérin. Les GAFAM utilisent déjà de nombreux algorithmes et « modérateurs » humains pour lutter, au départ, contre la pornographie et l’incitation à la haine, souligne François-Bernard Huyghes. Par la suite, ils ont fermé des milliers de comptes et censuré beaucoup de contenus, selon leurs propres critères de décision et sans en référer à des autorités démocratiquement élues.

Loïc Salmon

Défense : information falsifiée, internet et réseaux sociaux

Géopolitique : la souveraineté démocratique face aux GAFA

Chine : diplomatie « sanitaire » via les « Routes de la Soie »




Défense : doute sur le respect de la LPM par suite du Covid-19

La hausse budgétaire annuelle de 3 Mds€ pendant trois ans de suite, prévue dans la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, semble menacée par les mesures socio-économiques consécutives à la pandémie du Covid-19.

Telle est l’opinion du député François Cornut-Gentille, membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale et rapporteur spécial sur la défense. Il l’a expliqué au cours d’une rencontre en visioconférence organisée, le 4 novembre 2020 à Paris, par l’Association des journalistes de défense.

Nécessité d’un débat public. Le Parlement pose des questions au gouvernement, sans complaisance ni agressivité délibérée, en vue d’un débat, rappelle François Cornut-Gentille. Selon lui, les trois étapes de 3 Mds€ résultent d’abord de la démission du chef d’Etat-major des armées, le général Pierre de Villiers, en 2017, puis du souci de l’Exécutif de tenir parole pour rester crédible. Elles entrent dans la cadre de la demande de l’OTAN de porter le budget de défense de chaque Etat membre à 2 % de son produit intérieur brut. Cet objectif, que pourraient rappeler les industriels de défense et leurs sous-traitants, semble désormais difficile à atteindre. Le débat parlementaire sur la défense devrait porter aussi sur le modèle d’armée, conçu pour une durée de 30-40 ans en cohérence avec le contexte géostratégique des années 1990, devenu de plus en plus complexe. Ainsi, le budget des opérations extérieures est passé de 400 M€/an à environ 1,2-1,6 Md€/an aujourd’hui. A l’époque, explique le député, le dépassement, inéluctable, était comblé par le « collectif budgétaire » interministériel (loi de finances rectificative) voté en fin d’année. Mais les armées ne disposent plus de ce dispositif pour payer également les dépenses imprévues comme : les réparations du sous-marin nucléaire d’attaque Perle, endommagé par un incendie le 12 juin 2020 ; l’achat, annoncé en septembre, par la Grèce de 18 avions Rafale d’occasion prélevés sur le parc de l’armée de l’Air, qui devra les remplacer par des appareils neufs. Cela sera gérable si la LPM est respectée, sinon une période d’incertitude s’ouvrira sur les choix à déterminer, avertit François Cornut-Gentille.

Diplomatie de défense et dissuasion. Dans son rapport intitulé « Défense : préparation de l’avenir », le député explique notamment l’influence et l’action de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère des Armées. Moteur de la montée en puissance du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) et de la participation de l’Allemagne, de l’Estonie et de la Grande-Bretagne à la stabilisation du Sahel, la DGRIS organise le rendez-vous annuel de Dakar sur la sécurité et la paix en Afrique. Elle a resserré les liens avec l’Australie, l’Inde, le Japon, la Malaisie, Singapour, l’Indonésie, le Brésil et les Emirats arabes unis. Elle soutient l’engagement des moyens militaires français pour la défense de la libre circulation navale et aérienne en mer de Chine méridionale. Par ailleurs, indique le rapport, la dissuasion nucléaire repose sur la crédibilité des outils de simulation, dont les supercalculateurs. Ils sont classés chaque année selon leur capacité cumulée en TFLOP/seconde (mesure de la rapidité de calcul et donc d’une partie de la performance). En juin 2019, ceux de la France arrivaient en 5ème position derrière ceux des Etats-Unis, de la Chine, du Japon et de l’Allemagne, mais devant ceux de l’Italie, de la Suisse, de la Corée du Sud, de la Grande-Bretagne, de Taïwan, de l’Espagne et de l’Inde.

Loïc Salmon

Défense : budget 2021, commandes et livraisons

Armement : la DGA, la défense d’aujourd’hui et de demain

Défense : vers 2 % du Produit intérieur brut à l’horizon 2025




Armement : la DGA, la défense d’aujourd’hui et de demain

Outre son soutien aux entreprises de défense, la Direction générale de l’armement (DGA) conduit la conception et les opérations d’armements futurs au profit des armées, dont certains en coopération européenne.

Le délégué général pour l’armement, Joël Barre, l’a expliqué au cours d’une conférence de presse, tenue le 23 octobre 2020 à Paris.

Soutien à l’industrie de défense. La base industrielle et technologique de défense (BITD) emploie 200.000 personnes en France au sein de 9 grands groupes d’envergure européenne et mondiale et 4.000 entreprises petites, moyennes et de tailles intermédiaires, dont 450 d’importance stratégique. La pandémie du Covid-19 a entraîné des retards de livraisons qui seront comblés au cours de l’année 2021, précise Joël Barre. En outre, dès avril-mai 2020, la DGA a ouvert une plate-forme de sauvegarde des entreprises de la BITD les plus menacées. La crise sanitaire a retardé les paiements et les prises de commandes des Etats clients. Pour éviter des rachats d’entreprises stratégiques en difficultés par des intérêts hostiles, le seuil légal d’une participation étrangère au capital est passé de 33 % à 10 %. La DGA examine la lettre d’engagement d’un acquéreur éventuel, selon les critères de pérennité du projet industriel, de propriété intellectuelle et de maintien des emplois. Definvest, fonds d’investissement du ministère des Armées (dotation passée de 50 M€ à 100 M€), participe au soutien des entreprises de défense, startups incluses. Il est entré au capital des sociétés Kalray, Fichou, Unseenlabs, SINTRERmat, Glémot et Cailabs.

Préparation de l’avenir. La DGA a constitué un plateau de travail collaboratif avec les armées depuis 18 mois, indique Joël Barre. Sont à l’étude le système de communications Scorpion pour l’armée de Terre et le futur porte-avions de nouvelle génération pour la Marine nationale. La connexion des réseaux entre industriels et centres techniques de la DGA sera établie début 2021. La DGA et l’Agence Innovation Défense ont lancé une centaine de nouveaux projets dans tous les domaines capacitaires pour les intégrer aux systèmes d’armes en service. Le budget de l’innovation est passé de 765 M€ en 2018 à 821 M€ en 2020 pour atteindre 1 Md€ en 2022. Il s’agit de développer la recherche, notamment sur la propulsion hypersonique, la lutte anti-drone et les armes à effet dirigé. Le pôle d’excellence « Cyberdéfense Factory » a été installé à Rennes près de DGA MI. Six pôles d’innovation ont été constitués autour des centres d’expertise et d’essais de la DGA en régions.

Coopération européenne. La France participe à 11 projets majeurs avec des partenaires européens, précise un document de la DGA. Les voici : radio logicielle sécurisée ESSOR avec l’Espagne, la Finlande, la Suède, l’Italie et la Pologne ; aviation de combat NGWS (système de combat aérien du futur) avec l’Allemagne et l’Espagne ; missiles de croisière et antinavires FMAN-FMC avec la Grande-Bretagne ; flotte logistique FLOTLOG avec l’Italie ; avion de patrouille maritime MAWS (successeur de l’ATL2) avec l’Allemagne ; guerre des mines MMCM avec la Grande-Bretagne ; défense antiaérienne SAMPT de nouvelle génération avec l’Italie ; système de combat terrestre lourd MGGCS avec l’Allemagne ; capacité motorisée CAMO avec la Belgique ; satellite d’observation CSO avec la Belgique, la Suède, l’Allemagne et l’Italie ; drone stratégique MALE-RPAS avec l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Cet « Eurodrone » doit succéder au drone américain Reaper en 2028.

Loïc Salmon

Economie : préserver les savoir-faire des entreprises de défense

Défense : budget 2021, commandes et livraisons

Aéronautique militaire : technologie, stratégie et concurrence accrue

 




Marines : le salon Euronaval 2020, uniquement en ligne

Malgré la pandémie du Covid-19, l’édition 2020 d’Euronaval, salon international de l’industrie navale, a été maintenue, via internet, du 19 au 25 octobre 2020 à Paris-Le-Bourget.

Euronaval a été inauguré le 19 octobre par : Florence Parly, ministre des Armées ; Joël Barre, délégué général pour l’Armement ; l’amiral Pierre Vandier, chef d’état-major de la Marine ; Hervé Guillou, président d’Euronaval et du Gican (Groupement des industries de construction et activités navales). Ce dernier a présenté le contexte, au cours d’une visioconférence de presse le 14 octobre 2020, avec Hughes d’Argentré, directeur général d’Euronaval online.

Incertitude sur l’industrie navale. Le Gican regroupe 197 industriels français, dont 65 % de petites et moyennes entreprises (PME), 25 % d’entreprises de taille intermédiaire, 10 % de grands groupes et 12 startups, rappelle son président. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 12,3 Mds€ en 2019 (+ 9 % en un an), dont 6,5 Mds€ pour la défense (près de 50 % à l’export), soit la moitié des exportations d’armement. Les activités civiles ont totalisé 5,8 Mds€, dont 95 % à l’export. L’industrie navale a assuré 48.100 emplois directs (47.000 en 2018). Ce progrès s’explique par la loi de programmation militaire 2019-2025 (LPM), garantissant un plan de charge satisfaisant dans les chantiers français, et le succès à l’exportation avec les grands contrats en Australie, Belgique, Pays-Bas, Egypte, Emirats arabes unis, Brésil, Inde et Malaisie. La crise du Covid-19 a marqué un arrêt brutal dans la production industrielle et les contacts commerciaux. Pourtant, la capacité de résilience des industriels a permis à la Marine nationale et ses partenaires étrangers de poursuivre leurs missions. Toutefois, la difficulté de se déplacer se répercute sur l’exportation, alors que les concurrents restent actifs. S’y ajoute le décalage ou l’annulation des programmes, où les industriels français étaient en bonne position. Le manque de liquidités affecte les PME, malgré le soutien massif du gouvernement français qu’il faudra rembourser. Cette fragilité financière de PME stratégiques engendre un risque d’offres publiques d’achat agressives émanant de groupes étrangers. Environ 5-10 % des commandes perdues ou suspendues aujourd’hui auront un impact sur le plan de charge de demain ou d’après-demain et donc sur l’emploi. A court terme, les commandes de la LPM permettront de sécuriser la situation et, à moyen terme, celles à l’export. A long terme, l’investissement portera sur les grands projets comme le sous-marin nucléaire de 3ème génération. Dès le 14 mai, le Gican avait lancé un plan de relance avec 50 propositions autour de 4 axes : commandes par l’accélération de la LPM ; transformation de l’offre par l’innovation ; politique industrielle ; soutien de l’Etat à l’export par le biais de la Direction générale de l’armement et l’organisme Business France. S’y ajoutent le maintien des crédits de maintien en condition opérationnelle et les prestations de maintenance avec le Service de soutien de la flotte. Les « études amont » nécessitent un effort constant pour conserver l’avance technologique et créer le navire du futur, plus efficace sur le plan énergétique et plus « intelligent » grâce à l’innovation par un dialogue constant entre les secteurs militaire et civil.

Euronaval on line. Selon Hughes d’Argentré, l’Euronaval numérique rassemble 300 exposants et 70 délégations officielles. Il inclut visites de stands, vidéos de personnalités, conférences, ateliers et tables rondes ainsi que des entretiens « BtoB » (industriels) et « BtoG » (délégations).

Loïc Salmon

Marine nationale : SNA Suffren, campagne d’essais à la mer

Défense : budget 2021, commandes et livraisons

Economie : préserver les savoir-faire des entreprises de défense




Armée de Terre : entraînement et juste équilibre technologique

La préparation à un probable engagement de haute intensité et dans la durée nécessite un entraînement durci et des équipements performants et soutenables, à l’entraînement et au combat, pour le maintien de la supériorité opérationnelle.

Le général Thierry Burkhard, chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), l’a expliqué lors de la présentation des forces terrestres, le 8 octobre 2020 à Versailles-Satory, devant la presse et les auditeurs de l’Institut des hautes études de défense nationale.

Aguerrissement accru. Le milieu terrestre, hétérogène et dur physiquement et psychologiquement, tue, rappelle le CEMAT. Rien qu’en 2019, l’armée de Terre a déploré 23 tués et 500 blessés en mission. Depuis plus de dix ans, elle s’est battue en Afghanistan, en Centrafrique, en Irak, au Mali et sur d’autres théâtres d’opérations. Forte de 115.000 hommes et femmes, elle recrute 16.000 soldats par an et dispose de 27.000 réservistes. Le combat terrestre se décentralise jusqu’au trinôme ou même au soldat tout seul, qui y détient une part de responsabilité. Au cours des dix dernières années, l’armée de Terre a concentré ses efforts sur le combat contre le terrorisme militarisé, avec de très bons résultats militaires. Intégratrice, puissante et résiliente, elle doit changer d’échelle dans ses enseignements, le volume des forces à déployer sous préavis, le niveau d’engagement et les nouvelles menaces.

Environnement stratégique. Un nouveau cycle de conflictualité se met en place avec le retour d’affrontements très violents, souligne le CEMAT. Profitant de l’affaiblissement du système international, de nombreux pays accroissent leur puissance militaire. Ils n’hésitent pas à tester les défenses, parfois brutalement, et aller jusqu’à l’incident ou l’affrontement. Par suite du nivellement de la supériorité technologique occidentale, de nombreux pays acquièrent du brouillage de drone, et des missiles de longue portée et en font profiter d’autres pays qu’ils activent. Au Sahel, la menace aérienne reste inexistante et celle des feux dans la profondeur très faible. Mais en Libye, les groupes armés disposent de véhicules blindés, d’un environnement électromagnétique complet et des défenses sol/air. Par ailleurs, la force se manifeste de façon plus insidieuse dans le cyber, la désinformation et le harcèlement par des actions difficiles à attribuer. En raison de la prépondérance de l’émotion, certains Etats provoquent, avec quelques tweets, le désordre dans les esprits, dans la rue et peut-être au sein des unités militaires. En effet, la propagande se trouve à la portée de tous via…les smartphones ! Un adversaire, non choisi, va chercher à surprendre et imposer son rythme et sa volonté. Déjà, de nombreux Etats développent des modes d’action hybrides, moins prévisibles et privilégiant l’intimidation et la désinformation. Il s’agit, précise le CEMAT, de faire peser incertitude et surprise chez l’ennemi par la ruse, la désinformation et la « déception », à savoir l’induire en erreur pour l’amener à agir contre ses propres intérêts.

Préparation de l’avenir. Selon le CEMAT, un groupement tactique Scorpion sera déployé sur un théâtre opérationnel en 2021, avec l’objectif d’une brigade Scorpion en 2023. Les brigades blindées recevront les futurs chars franco-allemands vers 2035. Les équipements essentiels seront renouvelés : armes de petits calibres ; jumelles de vision nocturne ; missiles antichars. Il faudra apprendre à manœuvrer avec les cyberattaques, la guerre informationnelle et la guerre électronique offensive.

Loïc Salmon

Armée de Terre : la préparation opérationnelle, source de la puissance au combat

Armée de Terre : le chef tactique dans un combat futur de haute intensité

Armée de Terre : « Scorpion », le combat collaboratif infovalorisé

 




Défense : budget 2021, commandes et livraisons

Le budget 2021 du ministère des Armées se monte à 39,2 Mds€, en hausse pour la 3ème année consécutive, soit +1,7 Md€ (+ 4,5 %) en un an. Outre les livraisons prévues, des commandes ont été anticipées dans le cadre du plan gouvernemental de relance économique.

Le tout a été présenté, le 30 septembre 2020 à Paris, à la presse. Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, a expliqué le budget des anciens combattants (photo).

Projet de loi de finances 2021. La « Mission Défense » prévoit près de 40 Mds€ d’engagements pour investir. En raison de la pandémie du Covid-19, le budget du Service de santé des armées augmente de 27 %. Par ailleurs, 901 M€ sont consacrés à l’innovation et au cyber. En outre, 300 postes seront créés dans le renseignement et le cyber. Le budget de la « Mission Anciens Combattants » se monte à 2 Mds€, dont 851 M€ de pensions militaires d’invalidité et 645 M€ pour la retraite du combattant. L’Institution nationale des Invalides reçoit 16 M€ et l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre 56 M€. Enfin,18 M€ sont destinés à la politique de mémoire.

Commandes 2020-2021. Dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, l’armée de Terre a commandé en 2020 : 271 blindés Griffon ; 50 chars Leclerc rénovés ; 42 blindés Jaguar ; 364 blindés Serval ; 14 hélicoptères Tigre rénovés ; 12.000 fusils d’assaut HK 416F. Pour 2021, elle prévoit de commander : 120 véhicules blindés légers régénérés ; 21 hélicoptères interarmées légers (HIL) ; 7.300 équipements radio pour véhicules terrestres contact ; 2.900 équipements radio portatifs contact ; 12.000 fusils d’assaut HK 416F. La Marine nationale a commandé en 2020 : 3 avions de surveillance Hawkeye E2D ; 7 avions de surveillance et d’intervention maritime ; 2 modules de lutte contre les mines. Pour 2021, elle prévoit de commander : 1 frégate de défense et d’intervention ; 8 HIL ; 45 kits missiles Exocet mer-mer 40 Block 3C ; la 3ème phase des infrastructures d’accueil et de soutien des sous-marins Barracuda. L’armée de l’Air et de l’Espace a commandé en 2020 : 4 systèmes de drones MALE européens ; 12 stations sol utilisateurs Syracuse IV (télécommunications par satellite) ; 3 radars Satam (orbitographie) rénovés. Pour 2021, elle prévoit de commander : 13 stations sol utilisateurs Syracuse IV ; 1 HIL ; 367 missiles air-air Mica NG ; 150 missiles d’entraînement Mica NG ; le lancement de la réalisation de mentor d’avions d’entraînement ; le lancement du démonstrateur du système de combat aérien du futur. Le plan de soutien à l’aéronautique prévoit des commandes anticipées : 3 Airbus A330 à convertir en avions ravitailleurs multi-rôles (MRTT) Phénix ; 8 hélicoptères Caracal ; 1 avion léger de surveillance et de reconnaissance ; 1 système de drone aérien pour la Marine ; 10 systèmes de mini-drones Marine.

Livraisons 2020. Dans le cadre de la LPM 2019-2025, voici les livraisons prévues pour l’armée de Terre en 2020 : 1.001 véhicules légers tactiques polyvalents ; 90 blindés Griffon ; 4 hélicoptères Caïman Terre ; 50 postes de missiles moyenne portée ; 12.000 fusils HK 416F. Voici celles pour la Marine nationale : 2 avions de patrouille maritime ATL2 rénovés : 2 hélicoptères Caïman Marine ; 1 sous-marin d’attaque Barracuda ; 1 lot de missiles Aster. Voici celles pour l’armée de l’Air et de l’Espace : 2 avions de chasse Mirage M2000 D rénovés ; 1 avion de transport A400M Atlas ; 1 MRTT Phénix ; 1 avion KC-130J de transport tactique et de ravitaillement en vol ; 1 système de drone Reaper ; 1 satellite MUSIS/CSO.

Loïc Salmon

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Covid-19 : conséquences stratégiques pour l’UE et le Sud de la Méditerranée

La pandémie du Covid-19 a entraîné une crise sanitaire et économique pour l’Union européenne (UE) et fait cesser, temporairement, les mouvements sociaux au Proche-Orient et au Maghreb.

Olivier de France et Didier Billion, chercheurs à l’Institut de relations internationales (IRIS), l’ont expliqué au cours d’une visioconférence organisée, le 15 septembre 2020 à Paris, par l’IRIS.

L’Union européenne. Outre son rôle commercial, l’UE va devoir construire son propre modèle et devenir un acteur géopolitique, estime Olivier de France. Ses membres sont déjà parvenus à se mettre d’accord sur un budget commun. Leurs approches diverses lui permettent de comprendre les événements différemment, en vue de créer une valeur ajoutée. Il s’agit d’enclencher une dynamique pour réduire sa dépendance militaire et technologique à l’égard des Etats-Unis et sa dépendance sanitaire vis-à-vis de la Chine. Auparavant, elle va devoir traiter les conséquences stratégiques du « Brexit ». Ce dernier va toucher directement la population britannique par le chômage et les faillites d’entreprises, au-delà des lourdes pertes de points de produit intérieur brut au niveau national. Les conservateurs britanniques espèrent que ces perspectives seront occultées par les conséquences de la pandémie du Covid-19. S’appuyant sur le droit international, l’UE doit négocier avec un Etat qui « détricote » l’accord de sortie, qu’il a signé un an auparavant. Cette recherche de l’intérêt à court terme discrédite la parole de la Couronne britannique, souligne Olivier de France. Désormais, l’UE se trouve face à deux capitalismes : l’un, « populiste » incarné par Londres et l’administration Trump à Washington, l’autre, « autoritariste » par Pékin. L’UE va devoir définir et défendre ses propres intérêts et non plus réagir en fonction de ce que dit Londres, Washington ou Pékin. Elle ne présente pas encore d’approche commune dans la gestion des relations internationales. Ainsi, le différend chronique, qui oppose la Grèce et la Turquie en mer Egée, ne devrait pas déboucher sur un affrontement militaire, mais des incidents sont à craindre. Face à Ankara, Paris choisit le rapport de force par l’envoi d’avions et de navires militaires, tandis que Berlin préconise la négociation. La présence d’une importante communauté turque en Allemagne n’y est sans doute pas étrangère. Par ailleurs, la guerre des prix du pétrole entre l’Arabie saoudite et la Russie ne le remet pas en question, car 93 % de la consommation mondiale en énergie est constituée de produits fossiles, précise Olivier de France.

Le Sud de la Méditerranée.  Suite tardive du printemps arabe de 2011, mouvements sociaux et revendications des processus démocratiques se sont déclenchés au Soudan, en Algérie et au Liban en 2020, rappelle Didier Billion. Le Covid-19 les a interrompus, mais ils peuvent resurgir. Selon les chiffres officiels et en raison de la jeunesse de leur population, le nombre de contaminations par million d’habitants reste inférieur à ceux d’Amérique latine et d’Europe occidentale. Le Covid-19 a plus touché l’Iran, déjà affaibli par les sanctions économiques américaines. La forte abstention aux élections législatives de 2020 a provoqué une poussée conservatrice. Par ailleurs, l’accord entre Israël, Bahreïn et les Emirats arabes unis, signé le 15 septembre à Washington, reconfigure le Moyen-Orient. Selon Didier Billion, il favorise la politique d’annexion d’Israël et complète le plan Trump, conçu pour être refusé par les Palestiniens, qui se trouvent encore plus isolés.

Loïc Salmon

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