DGA : bilan de deux ans d’économie de guerre

image_print

La Direction générale de l’armement (DGA) a mis en place un outil économique et productif résistant aux crises majeures afin de fournir, dans la durée, les équipements nécessaires aux armées en cas de guerre.

Le bilan 2022-2024 a été rendu public dans un document le 9 décembre 2024 à Paris.

Cadences et capacités de production. Les mesures normatives de priorisation des commandes dans le cadre la loi de programmation militaire 2024-2030, l’introduction de nouvelles technologies de production, la renégociation des contrats et l’accompagnement des entreprises de la Base industrielle et technologique de défense ont permis de produire plus et plus vite pour conserver l’autonomie stratégique. Ainsi, le temps de production chez le groupe électronique de défense Thales est passé de 18 à 6 mois. L’accélération de la production des missiles Aster permettra d’en livrer six fois plus que prévu en 2025. La production de canons Caesar (photo) chez KNDS a triplé avec une réduction du délai entre la commande et la livraison, passé de 30 à 15 mois. Celle des bombes AASM (armement air-sol modulaire) a doublé. La production d’obus de 155 mm a été multipliée par 60. La cadence de fabrication de missiles Mistral (air-sol très courte portée) de MBDA aura été multipliée par 4 entre 2022 et 2025. Face aux accélérations, les industriels ont anticipé leurs approvisionnements pour améliorer leur réactivité. Des clauses d’accélération de production ont été introduites dans la commande globale de MPP (missiles de moyenne portée) passée en 2023. Alors qu’il s’élevait chaque année à 9,5 Mds€ entre 2012 et 2016, le montant des commandes a atteint 20 Mds€ en 2023. A titre indicatif, voici les montants des commandes en attente de livraisons au 31 décembre 2023 : Thales, 6 Mds€ ; Airbus Defense and Space, 5 Mds€ ; Airbus Helicopters, 5 Mds€ ; Dassault Aviation, 5 Mds€ ; Naval Group, 4 Mds€ ; MBDA, 3 Mds€ ; Safran (équipements aéronautiques), 2 Mds€ ; chantiers navals hors Naval Group, 1,5 Md€ ; KNDS, 1,5Md€ ; Arquus (véhicules terrestres), 1 Md€. En 2023, près de 25 % des commandes ont été attribuées à 21.000 entreprises petites, moyennes, intermédiaires et start-ups, soit 6,8 Mds€.

Expertise et essais. D’un coût de 40 M€, les principaux essais effectués par la DGA ont nécessité 6,9 millions d’heures d’ingénierie en 2023. Deux tirs d’exercice et deux tirs au banc du propulseur ont concerné le planeur hypersonique VMAX et les missiles balistiques de la Force océanique stratégique. De nombreux essais, notamment de lutte anti-drones, ont été effectués pour la préparation opérationnelle des forces armées. Des essais qualifiants ont eu lieu pour le système d’autoprotection guerre électronique Spectra F4 du Rafale. A la suite d’essais sur le segment spatial Syracuse, le satellite de communications Syr4B a été lancé du site guyanais. Le transport aérien du missile Aster par avion A400M a été testé pour ravitailler la frégate multi-missions Languedoc. Les forces armées ont reçu 185 outils cyber. Des expertises et des essais ont été effectués pour améliorer les performances des équipements de protection individuelle NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) en service. Pour le sous-marin nucléaire lanceur d’engins de 3ème génération, des calculs numériques et des essais au grand tunnel hydrodynamique du propulseur ont été effectués pour évaluer les caractéristiques propulsives et acoustiques. Des essais d’acceptation ont eu lieu sur le Dugay-Trouin, 2ème sous-marin de la classe Suffren. La frégate Aconit de type La Fayette est en rénovation à mi-vie avec des essais d’acceptation. Les premiers essais sur des munitions téléopérées actives ont été entrepris. Des essais sur la protection du porte-avions nucléaire de nouvelle génération ont eu lieu. D’autres ont validé la sûreté de fonctionnement des logiciels autorisant le déploiement du drone armé Reaper Block5 en métropole.

Loïc Salmon

DGA : crédibilité et modernité de la dissuasion nucléaire

Armement : les commandes majeures de 2023

Marine nationale : le PA-Ng, programmer sa construction et la formation de l’équipage

 

image_print
Article précédentAAE : préparation à la guerre de haute intensité au niveau OTAN
Article suivantDéfense : l’IA et la simulation pour la formation des personnels