Depuis le déclenchement de son attaque contre l’Ukraine en 2022, la Russie ne parvient pas à atteindre ses objectifs, en raison de la résistance ukrainienne et de l’aide occidentale, à laquelle la France participe sur les plans politique, diplomatique et capacitaire.
Le général de brigade Amel Dirou, chef de la « Task Force Ukraine », l’a souligné devant la presse le 26 février 2026 à Paris.
Rebâtir une architecture de sécurité. Des multiples rebondissements géopolitiques depuis quatre ans, il ressort que la stabilité de l’Europe et la sauvegarde de ses intérêts se jouent en Ukraine. Vu ses pertes mensuelles actuelles, la Russie devrait accepter de perdre encore 800.000 hommes sur deux ans pour conquérir l’intégralité du Donbass. Les Ukrainiens s’étaient sentis soviétiques, mais ne se sentent pas du tout Russes. La Task Force Ukraine, cellule mise en place dès le début de la guerre, a pour mission de coordonner le soutien aux forces armées uraniennes. Dans l’immédiat, il s’agit de cessions et d’acquisitions de matériels miliaires et de formations pour leurs utilisateurs. Dans le temps long, à savoir la préparation de l’avenir, le dialogue se poursuit pour définir les objectifs à atteindre, dans un horizon à dix ans, pour la remontée en puissance des forces armées ukrainiennes. Le soutien de la France se poursuivra jusqu’à un cessez-le-feu complet et l’installation d’une paix solide et durable. La France mobilise la communauté internationale pour le respect de la souveraineté de l’Ukraine et du droit international dans les négociations pour favoriser l’aide à l’Ukraine au sein de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN. Deuxième contributeur pour la « Facilité européenne de paix », elle a appuyé toutes les initiatives de soutien à l’Ukraine dans ces instances, notamment au sein de l’ « Ukraine Defense Contact Group » (57 pays et l’UE) pour la fourniture d’équipements. Elle a soutenu les 19 premiers paquets de sanctions de l’UE pour entraver l’effort de guerre de la Russie et s’est engagée au sein de la « Coalition des volontaires » (15 pays), dont elle est le moteur avec la Grande-Bretagne. Cela s’est traduit par la mise sur pied d’un état-major multinational rassemblant plusieurs pays européens pour planifier un éventuel déploiement en cas de cessez-le-feu.
Volet capacitaire français. La France a focalisé son soutien militaire sur la défense aérienne. Des Mirage 2000-5 ont été cédés à l’Ukraine avec des formations pour les pilotes et les mécaniciens. Sont inclus des systèmes sol-air SAMP/T Mamba, des missiles antiaériens Mica, des missiles de frappe dans la profondeur Scalp-EG et des armements air sol modulaires de très haute précision multicibles Hammer. Dans le domaine terrestre, les cessions portent sur des canons Caesar, des engins blindés de reconnaissance AMX-10RC, des véhicules de l’avant blindés et des missiles antichars Milan. Dans la cadre de la « Comprhensive Ukraine Requirement List », liste de l’OTAN destinée à répondre aux besoins prioritaires ukrainiens, la France en facilite l’acquisition par des financements européens et de mécènes. L’un des mécanismes consiste en prêts de réparations d’un montant de 90 Mds€. Un autre concerne de nouvelles tranches d’intérêts des avoirs russes gelés. Les missions européennes d’assistance militaire EUMAM en France et en Pologne ont permis la montée en compétence de 20.000 soldats ukrainiens dans le cadre de formations initiales, de spécialités, de commandement et de formations collectives. S’y ajoutent celles de la NSATU, Assistance et formation à la sécurité de l’OTAN pour l’Ukraine. Par l’accord de coopération, de sécurité et de défense de février 2024, la France s’est engagée à soutenir le développement de l’industrie d’armement de l’Ukraine sur dix ans. En complément, la lettre d’intention de février 2026 porte sur l’alliance des savoir-faire respectifs pour un bénéfice partagé entre la France et l’Ukraine sur les plans technique et doctrinal, en vue des conflits futurs.
Loïc Salmon
Ukraine : les enseignements de trois ans de guerre




