Le Service national volontaire, uniquement en métropole et dans les Outre-mer, doit renforcer les lien Armée-Nation et capacité de résistance de la France et consolider la formation militaire, avec solde, des jeunes hommes et femmes entre 18 et 25 ans.
Le président de la République, Emmanuel Macron, l’a annoncé le 27 novembre 2025 à Varces (massif du Vercors) devant la 27ème Brigade d’infanterie de montagne.
Faire face aux risques. Devant l’accélération des crises et le durcissement des menaces, le chef des Armées a décidé de proposer un Service national purement militaire mais non universel. La fin de la Guerre froide (1947-199O) avait rendu inutile un modèle d’armée de masse au coût disproportionné par rapport à son efficacité. En conséquence, la décision de suspendre la conscription (uniquement masculine) en 1996 a répondu au besoin d’une armée professionnelle, plus réactive et qui n’a pas vocation à accueillir une classe d’âge de 600.000 à 800.000 jeunes. Ce nouveau Service national sera institué progressivement dès l’été 2026. Il s’adresse aux jeunes qui auront exprimé leur volontariat lors de la « Journée Défense et Citoyenneté », lien social avec l’État, qui rend apte à exercer des droits civils et politiques et à acquitter des obligations envers la société. Cette journée deviendra la « Journée de Mobilisation ». En cas de crise majeure, le Parlement pourra autoriser les armées à faire appel, au-delà des seuls volontaires, à ceux et celles dont les compétences auront été repérées pendant cette journée, le Service national devenant alors obligatoire. A part cette exception, les jeunes du Service national seront formés pendant un mois pour acquérir l’esprit de discipline, le maniement des armes, la marche au pas et l’ensemble des rituels nourrissant la fraternité de armées et concourant à la grandeur de la France. Après sélection, ils seront affectés pendant neuf mois dans une unité militaire pour effectuer les mêmes missions que les armées d’active, afin de les renforcer en fonction de leurs besoins, à savoir sentinelles, assistance aux populations ou postes en état-major. Afin de les accueillir dans les garnisons, il s’agit d’abord de construire des infrastructures et de dégager progressivement et suffisamment de cadres pour les former et les commander. L’actualisation de la loi de programmation militaire 2026-2030 prévoit un budget supplémentaire de plus de 2 Mds€ pour le Service national.
Modèle d’armée hybride. Afin de répondre aux menaces, la France va disposer d’un modèle d’armée complète rassemblant les unités militaires d’active, les réservistes et les jeunes du Service national. A l’issue de leur temps sous les drapeaux, ces derniers pourront suivre des études ou se lancer dans la vie professionnelle civile, tout en intégrant la réserve opérationnelle. Les armées les accompagneront s’ils recherchent un emploi. Ceux qui le souhaitent pourront s’engager dans l’armée d’active, où leur expérience acquise sera valorisée. Depuis la fin des années 1990, l’armée d’active a été renforcée, consolidée et mieux équipée. Elle se trouve complétée par 45.000 réservistes, effectif qui sera porté à 80.000 en 2030. En outre, celui du Service national, estimé à 3.000 personnes en 2026, sera augmenté progressivement en fonction de la menace, afin d’atteindre 10.000 en 2030 et 50.000 en 2035. Par ailleurs et afin de consolider les efforts entrepris dans le cadre du Service national universel expérimenté auprès de jeunes de 15-16 ans dès 2019, la durée des « classes de défense et de sécurité globale » va passer d’un an à trois ans avec la participation à une cérémonie commémorative par an dans chaque établissement. Les jeunes pourront effectuer dans les armées leur stage d’apprentissage de la vie professionnelle, inclus dans le programme de la classe de seconde au lycée. Enfin, le Service national complètera les dispositifs actuels d’engagement, dont le Service civique qui accueille déjà plus de 10.000 jeunes par an.
Loïc Salmon
Défense : se réapproprier la question militaire




