Les Missions de défense (MDD) auprès des ambassades françaises à l’étranger permettent de construire des dialogues entre les autorités de défense des pays d’accueil dans la durée et de constituer l’expertise indispensable à la conduite politico-diplomatique.
Le colonel Frédéric Guillou, département « présence française à l’étranger » de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS), et le colonel André Sanchez, département « liaisons avec les missions étrangères en France », les ont présentées à la presse, le 18 décembre 2025 à Paris.
Un réseau mondial. Le ministère des Armées déploie 93 MDD couvrant 165 pays, soit le troisième réseau diplomatique de défense dans le monde après ceux des États-Unis et de la Chine, souligne le colonel Guillou. Elles se répartissent par zone géographique : 24 en Europe occidentale ; 7 en Russie-Europe orientale, Asie centrale et Caucase ; 25 en Afrique sub-saharienne mais pas au Mali ni au Burkina Faso ni au Niger, en raison de l’évolution de la situation diplomatique ; 15 en Afrique du Nord et Moyen-Orient mais pas en Syrie ni en Iran ; 13 en Asie-Océanie mais pas en Corée du Nord ; 9 sur le continent américain mais pas à Cuba ni au Honduras ni au Nicaragua. En 2024, des MDD ont été ouvertes en Moldavie et aux Philippines. Ce réseau est complété par des représentations auprès de l’ONU, de l’OTAN, de l’Union européenne, de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. Ce réseau totalise 364 militaires et 170 réservistes (100 « réservistes citoyens »). Ces derniers, recrutés localement ou constitués d’anciens militaires installés à l’étranger, permettent de renforcer ponctuellement une mission de défense dans le cadre d’une activité accrue. Depuis l’instruction ministérielle du 16 octobre 2015, l’attaché de défense doit contribuer à la préservation, au développement et à la promotion des intérêts français, dans son pays d’accréditation en relayant les initiatives de la ministre des Armées. Placé localement sous l’autorité de l’ambassadeur, il le conseille pour la compréhension de certains dossiers locaux ou nationaux. Il accompagne les travaux de l’ambassade en matière de sécurité des équipes locales et des ressortissants français dans le cadre d’évacuations, comme au Soudan en 2023 (opération « Sagittaire »). Il contribue à la promotion de l’industrie française d’armement et au contrôle de ses exportations dans le cadre défini par la Délégation générale de l’armement (DGA), qui dispose d’une trentaine d’attachés dans 10 % du réseau, notamment en Inde et en Grèce.
Les missions étrangères. Lieu stratégique pour le dialogue militaire et la coopération internationale de défense, Paris accueille 103 MDD étrangères, indique le colonel Sanchez. Elles comptent 178 attachés militaires ou civils, dont 91 de défense et 87 spécialisés (Terre, Marine, Air et Armement), placés sous statut diplomatique. Ce réseau compte 32 officiers généraux et 136 officiers supérieurs. Il permet le maintien des canaux de communication en période de tension et jouent un rôle essentiel dans les relations bilatérales de défense et la compréhension mutuelle des doctrines. Les attachés de défense restent en poste trois ans en moyenne et leur accréditation relève de la DGRIS, du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et des Services de renseignement. Interlocuteurs des directions internationales de l’État-major des armées, de la DGA, de la Marine et des armées de Terre et de l’Air, ils reçoivent chaque année un programme et un calendrier d’activités (visites et conférences). La liaison avec l’attaché de défense russe est actuellement réduite au minimum, mais peut être relancée par la DGRIS pour faire passer un message.
Loïc Salmon
Défense : les attachés militaires, soldats et diplomates




