Invalides : la cour d’honneur rénovée après un an de travaux

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Haut lieu d’hommages nationaux et de prises d’armes exceptionnelles, la cour d’honneur des Invalides à Paris a retrouvé son éclat du temps de Louis XIV, après plus de trois siècles d’existence et une mise aux normes pour personnes à mobilité réduite.

Le 10 septembre 2026, une visite de presse a été organisée par des représentants du Gouverneur militaire de Paris, du Service d’infrastructures de la Défense et du musée de l’Armée, en prévision des Journées du patrimoine les 19 et 20 septembre.

Le Palais des Vieux Soldats. Dans son testament, le Roi-Soleil précise que l’Hôtel royal des Invalides constitue la plus grande fierté de son règne pour ses soldats qui ont trop fait la guerre. Il invente la restauration collective pour 2.000 pensionnaires avec de grands réfectoires, desservis par des cuisines et des puits d’eau douce dans les cours latérales. Les combats à l’arme blanche provoquant souvent des amputations d’une jambe, l’accès aux chambres et dortoirs est facilité par des escaliers aux marches de 10 cm de hauteur. Louis XIV fait appel aux plus grands architectes, sculpteurs et peintres pour la construction et la décoration et visite souvent le chantier entre 1672 et 1676. Avec sa façade de 100 m de long et de 22 m de haut, la plus grande d’Europe pour une construction du XVIIème siècle, l’architecture de la cour d’honneur a été réalisée selon des calculs mathématiques très précis. Le Dôme doré s’encastre parfaitement sur la charpente de la chapelle Saint-Louis des Soldats, comme le fronton de la cour d’honneur entre les pilastres du porche d’entrée. Joyau de l’architecture classique française, la cour présente une symétrie parfaite entre ses quatre côtés orientés Est, Ouest, Nord et Sud. Pourtant, la fantaisie se manifeste dans les lucarnes, dont l’une représente un animal sortant des roseaux. Elle concernerait le marquis de Louvois, secrétaire d’État à la Guerre, avec le jeu de mots « le loup voit », ou « l’ouvre voie » qui a suivi la progression du chantier. En 1800, Bonaparte, Premier consul, transforme la chapelle royale, saccagée pendant la Révolution, en panthéon militaire. Il y fait transférer la dépouille du maréchal de Turenne (1611-1675) inhumé dans la chapelle royale de Saint-Denis. Celle de Vauban (1633-1707), architecte militaire et maréchal de France, suivra en 1808. Le 2 décembre 1804, Napoléon 1er, devenu empereur, procède à la première remise d’insignes de la Légion d’honneur aux vieux soldats pensionnaires aux Invalides. Depuis, les prises d’armes du président de la République, des ministres des Armées ou des chefs d’État-major se déroulent dans la cour d’honneur. En 1814, pour éviter que les 1.000 drapeaux pris à l’ennemi au cours de l’histoire militaire de la France ne soient emportés comme trophées de guerre par les troupes prussiennes aux portes de Paris, le général Sérurier, gouverneur des Invalides, les fait brûler dans la cour d’honneur. Aujourd’hui, le musée de l’Armée possède environ 60 drapeaux postérieurs à cette date.

Les cérémonies militaires. Louis XIV a reçu le sultan Méhémet IV Avci aux Invalides pour lui présenter les travaux en cours à la chapelle royale. Aujourd’hui, les autorités étrangères en visite officielle reçoivent les honneurs militaires aux Invalides, organisés par le Gouverneur militaire de Paris. Depuis la pose de la première pierre de l’Hôtel des Invalides, plus de 2.000 cérémonies s’y sont déroulées, dont 80 jusqu’à la Révolution, 800 au XIXème siècle et 1.200 depuis 1914. Aujourd’hui, l‘Hôtel national des Invalides accueille 4.000 personnes par jour, dont 2.000 qui y travaillent, et le musée de l’Armée 1,4 million de visiteurs par an. En 2025, 32.000 personnes sont venues aux Invalides lors des Journées du Patrimoine.

Les travaux de la cour d’honneur. D’octobre 2025 à septembre 2026, la restauration du pavement de la cour de 6.400 m2 a porté sur l’examen et le tri de 142.000 pavés en grès, dont 20 % ont été remplacés. La cour compte 80 piliers, 60 lucarnes et 67 canons et obusiers.

Loïc Salmon

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