Défense : la « mémoire combattante » incluse dans la préparation de la prochaine LPM

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Un groupe de travail sur la mémoire combattante participe à l’élaboration de la loi de programmation militaire 2026-2031, afin de renforcer le lien Armée-Nation et le travail de reconnaissance, sur lequel des accords existent avec d’autres pays.

Présidé par le contrôleur général des armées Eric Lucas, il s’est réuni les 7 et 15 décembre 2022. Il comprend des représentants d’associations d’anciens combattants et de fondations mémorielles, des enseignants, des parlementaires, des maires, des militaires et des personnels des directions et services du ministère de Armées. Ses réflexions visent à rendre plus attractive, pour la jeunesse, une politique publique des commémorations et des cérémonies patriotiques en mobilisant les musées et les services d’archives.

La politique de mémoire. Trois axes déterminent les actions mémorielles de l’État. Le premier concerne la conservation et la mise en valeur du patrimoine de pierre. Une loi de 1915 rend obligatoire et à perpétuité l’entretien des tombes des soldats morts pour la France et dont les corps n’ont pas été restitués aux familles. Cela inclut l’entretien des sépultures de soldats décédés en service et depuis les guerres napoléoniennes puis les guerres de Crimée (1853-1856) et contre la Prusse (1870), quand la mention « mort pour la France » n’existait pas encore. A l’étranger, la Direction des patrimoines, de la mémoire et des archives (DMPA) assure l’entretien d’un millier de lieux de sépultures, où 230.000 soldats sont inhumés, dans environ 80 pays. En liaison avec les associations d’anciens combattants, le deuxième axe porte sur les commémorations lors des 11 journées nationales et des dates identifiées dans le cadre de cycles mémoriels évoluant chaque année. Le troisième axe concerne les actions de sensibilisation auprès des jeunes générations. En partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, le ministère des Armées apporte un soutien à l’enseignement sur la défense, à la mise en place de ressources pédagogiques et au renforcement de la participation des élèves aux commémorations. Ce partenariat s’tend au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, pour l’enseignement agricole, et à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger.

La « mémoire partagée ». Depuis 2002, des accords de « mémoire partagée » valorisent les relations avec les pays, alliés ou adversaires, dont l’histoire militaire a croisé celle de la France au cours des conflits depuis 1870. Ils développent un « tourisme de mémoire » sur les lieux de combat et les cimetières militaires. La France a déjà signé de tels accords avec l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, la Grande-Bretagne, Madagascar, le Maroc, la Nouvelle-Zélande et la Tunisie. Le 10 novembre 2008, les « rencontres européennes de la mémoire » ont posé les bases d’une politique mémorielle élargie. Les représentants des pays de l’Union européenne ont décidé la mise en place d’une présentation et d’une mise en valeur du patrimoine mémoriel de la Grande Guerre en mettant en commun des archives de guerre, via un portail mémoriel européen. Depuis, les commémorations des deux guerres mondiales ont donné lieu à de nombreuses cérémonies internationales avec la mise en ligne d’archives et le développement de projets pédagogiques.

Les hauts lieux de la mémoire nationale. L’Office national des anciens combattants et victimes de guerre valorise et gère les hauts lieux de la mémoire nationale, désignés par la DMPA : le site du Struthof (Natzwiller, Bas-Rhin) ; le site du Mont-Valérien (Suresnes, Hauts-de-Seine) ; le mémorial des martyrs de la Déportation, dans l’Ile de la Cité (Paris) ; le mémorial de la prison de Montluc (Lyon, Rhône) ; le mémorial du débarquement de Provence, au Mont-Faron (Toulon, Var) ; le mémorial des guerres d’Indochine (Fréjus, Var) ; le mémorial de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie (Paris).

Loïc Salmon

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