Défense : bilan 2024 de la Direction générale de l’armement

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Face à l’environnement stratégique en constante évolution, la Direction générale de l’armement (DGA) a piloté l’adaptation de l’industrie de défense en 2024 par un effort financier et la mise en place de commandes globales sur plusieurs années.

Selon un document rendu public le 30 avril 2025, la DGA a dépensé 21,7 Mds€ pour équiper les forces armées et passé des commandes d’un montant de 16,6 Mds€ en 2024. Pour préparer l’avenir, elle a effectué des paiements totalisant 1,6 Md€ et pris des engagements pour 1,3 Md€.

Productivité industrielle améliorée. La DGA a augmenté la capacité de production de plusieurs armements par l’introduction de nouveaux procédés, la renégociation de contrats et l’accompagnement dans la chaîne de production. Ainsi en 2024, chez Thales, les temps de production de radars est passé de 18 à 6 mois. Chez MBDA, la cadence de production de missiles anti-aériens transportables légers Mistral aura été multipliée par quatre entre 2022 et 2025 et six fois plus de missiles Aster que prévu seront livrés en 2025. Chez KNDS, la cadence de production des canons Caesar, dont le délai entre la commande et la livraison est passée de 30 à 15 mois, a triplé et la production d’obus de 155 mm a été multipliée par 60. Safran a doublé la production de bombes AASM (armement sol-air modulaire). En mars 2024 et avec l’aide de BpiFrance (banque publique d’investissements), la DGA a mis en place le « dispositif accélérateur défense » au profit de 28 entreprises (petites, moyennes et de taille intermédiaire), sous-traitantes de programmes d’armement. Ce dispositif d’une durée de 12 mois les accompagne pour adapter leurs moyens industriels afin de répondre aux nouvelles exigences des industriels de défense et pérenniser leur positionnement dans ce domaine.

Innovations déployées en 2024. L’Agence de l’innovation de défense, intégrée à la DGA, a piloté 16 projets de passage à l’échelle d’innovation, dont certaines sont déjà utilisées en opérations. Celles déployées en 2024 ont apporté des contributions : à la sécurisation des réseaux de communications ; à l’amélioration des communications navales ; à la mise en place d’un logiciel d’analyse et de caractérisation des manœuvres orbitales au profit du Commandement de l’espace ; au déploiement d’un simulateur de drone ; au développement des capacités d’observation satellitaire ; à l’optimisation de l’alimentation des véhicules tactiques.

Livraisons en 2024. L’armée de Terre a reçu :  12 canons Caesar ; 1 prototype opérationnel de système de lutte anti-drones laser ; 1 lot d’obus de 155 mm ; 35 engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar ; 150 blindés multi-rôles Griffon ; 1 mortier embarqué pour l’appui au contact ; 103 engins blindés multi-rôles légers Serval ; 21 chars Leclerc rénovés ; 102 véhicules blindés légers régénérés ; 6 infrastructures pour la mise en œuvre, la formation et l’entraînement aux matériels Scorpion ; 2 hélicoptères de manœuvre de nouvelle génération Caracal ; 1 hélicoptère de transport tactique NH90 Caïman ; 3 hélicoptères appui-destruction Tigre rénovés ; 8.000 fusils HK416F ; un ensemble d’équipements Cinabre pour la défense biologique, radiologique et chimique. L’armée de l’Air et de l’Espace a reçu : 2 avions de transport militaire A400M ; 1 avion de liaison Falcon 900 ; 1 centre de formation et bâtiment opérations de l’avion ravitailleur multi-rôles MRTT ; 1 mise en service du satellite de communications Syracuse 4B et 24 segments sol ; 14 avions de chasse Rafale ; 13 rénovations à mi-vie de l’avion de chasse Mirage 2000D ; 1 infrastructure pour l’entretien du Rafale ; 2 systèmes de défense sol-air courte portée Mica ; 1 lot de missiles anti-aériens Mica remotorisés ; 2 radars fixes de surveillance arienne M/BA 3D ; La Marine nationale a reçu : 2 avions de patrouille maritime ATL2 rénovés ; le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Tourville de la classe Barrcuda ; 1 module amovible sur SNA pour les opérations spéciales ; 1 lot de missiles antinavires Exocet MM40 Block 3c ; 1 lot de torpilles lourdes F21 Atemis ; 1 patrouilleur outre-mer ; 1 drone de surface de guerre des mines. Le domaine interarmées « Connectivité et renseignement » a reçu : 680 postes véhicules et 28 postes portatifs Contact ; 8 cellules tactiques de renseignement d’origine électromagnétique.

Commandes passées en 2024. Pour l’armée de Terre, la DGA a commandé : 45 blindés de reconnaissance et de combat Jaguar ; 253 engins blindés multi-rôles Griffon ; 97 blindés multi-rôles légers Serval ; 100 chars Leclerc rénovés ; 120 véhicules blindés légers régénérés ; 8.000 fusils HK416F ; 100 fusils brouilleurs de lutte anti-drones ; 100 kits Medevac NH90 dédiés à l’évacuation médicale. Pour l’armée de l’Air et de l’Espace, la DGA a commandé : 2 palettes Evasan A400M pour l’évacuation sanitaire ; 8 systèmes sol-air moyenne portée/terrestre de nouvelle génération ; 11 stations sol pour les communications satellitaires Syracuse IV ; 51 nœuds de réseaux tactiques Astride. Pour la Marine nationale, la DGA a commandé : 2 lots de torpilles lourdes F21 Artémis ; 1 lot de missiles antinavires Exocet MM40 Block 3c. Pour le domaine interarmées « connectivité et renseignement », la DGA a commandé : 7 relais sécurisés Descartes du réseau de télécommunications du ministère des Armées ; 52 cellules tactiques de renseignement d’origine électromagnétique (ROEM) ; 1 avion de ROEM Archange, équipé de la capacité universelle de guerre électronique.

Prochains systèmes d’armes. Sur la base de connaissances précises des technologies et d’une appréciation de la menace enrichie par le renseignement, la DGA analyse les besoins opérationnels. Ensuite, elle définit les futurs systèmes d’armes et leurs performances critiques en cohérence avec les enjeux industriels, de coopération et d’export. Les prises de commandes en coopération et à l’export se montent à 18 Mds€ en 2024. Cette année-là, les travaux capacitaires ont débouché sur le lancement de nombreux projet à effet majeurs dont le drone de combat, la robotisation du combat terrestre, l’évolution des frégates et la simulation massive. Ces travaux ont permis la création de la communauté d’intérêt aéroterrestre, qui a notamment réorienté le programme Contact de communications numériques tactiques et de théâtre d’opérations. Ils ont donné lieu à la création de la communauté d’intérêt aéronaval à l’origine du développement du système de combat du porte-avions de novelle génération. Ils ont aussi débouché sur la feuille de route RM2SE (réseaux multi-senseurs multi-effecteurs) pour mettre la donnée au centre du combat.

Supériorité opérationnelle future. Depuis 2006, le Centre d’analyse technico-opérationnelle de défense (CATOD) de la DGA dispose des savoir-faire pour préparer les capacités militaires et l’emploi des systèmes d’armes, dont les caractéristiques majeures seront évaluées tout au long de leur cycle de vie. En 2024, ses travaux ont contribué à définir les prochaines générations des moyens de la dissuasion nucléaire : sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) de troisième génération ; missile nucléaire air-sol hypersonique ASN 4G, futur successeur de l’ASMP en service dans les Forces aériennes et aéronavales stratégiques ; missile mer-sol balistique stratégique M51 du SNLE ; porte-avions de nouvelle génération. Outre l’analyse de la valeur et des coûts, la recherche opérationnelle, la modélisation et la simulation, le CATOD développe le « wargaming » (jeu de guerre) pour mobiliser l’intelligence collective de manière collaborative. En 2024, il a mené une vingtaine d’actions de wargaming, dont : la démarche Titan pour l’aide à la définition de la future capacité de niveau division de l’armée de Terre ; l’optimisation des processus organisationnels de la Direction interarmées des réseaux d’infrastructures et des systèmes d’information ; l’amélioration des capacités de maîtrise des frontières du ministère de l’Intérieur.

Loïc Salmon

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