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DGA : commandes et contrats

Au cours des quatre premiers mois de 2017, la Direction générale de l’armement (DGA) a lancé des programmes et notifié des contrats pour la Marine nationale et l’armée de l’Air.

Navires. Le 21 avril, le programme des 5 frégates de taille intermédiaire (FTI) de la classe Belharra a été lancé (photo). Réalisées par le groupe DCNS, elles seront dotées de capacités d’autodéfense élargies et de projection de forces spéciales, du nouveau radar à 4 antennes planes Sea Fire et de missiles Aster 30. Chacune représente 2 millions d’heures de travail dont 300.000 pour les bureaux d’études. La première sera livrée en 2023 pour une entrée en service actif en 2025, avec une capacité d’évolution pour une durée de vie de 40 ans. A l’horizon 2030, la Marine Nationale disposera de 15 frégates de premier rang : 8 frégates multi-missions (6.000 t de déplacement) ; 2 frégates de défense aérienne de la classe Horizon (7.000 t) ; 5 FTI de lutte anti-sous-marine (4.000 t). Le 19 janvier, la DGA a notifié au industriels Piriou et DCNS la réalisation du 4ème bâtiment multi-missions (B2M, 2.300 t) Dumont-d’Urville. Les B2M assurent présence, protection des intérêts français dans les zones économiques exclusives, soutien logistique, sauvegarde et assistance au profit des populations en cas de catastrophe naturelle. Destinés à la souveraineté outre-mer, ils sont ainsi répartis : D’Entrecasteaux en Nouvelle-Calédonie depuis le 29 juillet 2016 ; Bougainville en Polynésie française depuis le 16 décembre 2016 ; Champlain à La Réunion à l’été 2017 ; Dumont-d’Urville aux Antilles en 2018.

Missiles. Le 28 mars, le délégué général pour l’armement Laurent Collet-Billon et son homologue britannique Harriett Baldwin, ministre pour les Acquisitions de Défense, ont signé un accord sur le programme FMAN/FMC (futur missile antinavire/futur missile de croisière) pour remplacer et améliorer les systèmes de missiles employés par la Marine Nationale et l’armée de l’Air à l’horizon 2030. Chaque pays contribuera à hauteur de 50 M€ à cette étude, menée par MBDA, et profitera d’un accès réciproque aux expertises technologiques et moyens d’essais et de tests. La coopération franco-britannique porte aussi sur la rénovation des missiles de croisière aéroportés SCALP-EG/Storm Shadow, dont les premiers seront livrés fin 2018 en Grande-Bretagne et en 2020 en France. Le 5 janvier, la DGA a annoncé la commande de nouveaux AASM (armement air-sol modulaire) « Block 4 », kits montés sur des bombes standards OTAN et livrables à partir de 2019. L’AASM se décline en plusieurs versions selon le type de guidage : inertie/GPS ; inertie/GPS + imagerie infrarouge ; inertie/GPS + laser. Equipé d’un kit de propulsion, il peut être tiré à distance de sécurité sur tous les types de cibles terrestres, même mobiles. L’armée de l’Air et la Marine Nationale ont déjà reçu 1.700 AASM.

Drones. La loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit 4 systèmes de drones Reaper MALE (moyenne altitude longue endurance) de 3 drones chacun pour l’armée de l’Air en 2019. Le 10 janvier, la DGA a annoncé la réception du 2ème système, dont 2 drones ont été livrés le 31 décembre 2016 à Nyamey pour l’opération Barkhane. Le 3ème drone est destiné à l’entraînement des personnels de l’escadron 1/33 « Belfort » à Cognac. Une campagne d’essais doit valider : l’aérotransport du système Reaper, notamment à bord de l’A400M ; les conditions techniques de son utilisation dans l’environnement électromagnétique de la base de Cognac et du territoire métropolitain. Le 4ème système a été commandé fin 2016.

Loïc Salmon

Marines : l’approche globale, indispensable à la sécurisation future du milieu maritime

Drones Air et Marine : surveillance, renseignement et… combat

MBDA : coopération industrielle européenne pour les missiles

 




Armée de Terre : innovation et volonté au service de la victoire

Emporter la décision sur le champ de bataille nécessite la supériorité technologique sur l’adversaire, mais aussi une définition claire des objectifs et la volonté farouche de vaincre.

Ce thème a fait l’objet d’une conférence-débat organisée, le 24 janvier 2017 à Paris, par le Centre de doctrine et d’enseignement du commandement de l’armée de Terre. Y ont participé : le général de division Patrick Berthous commandant les forces spéciales Terre ; l’ingénieur en chef Christian Ramaen, études amont à la Direction générale de l’armement (DGA) ; Emmanuel Chiva, groupement des industriels de l’armement terrestre et aéroterrestre (GICAT).

L’innovation sur le terrain. Composées de soldats « rustiques », les forces spéciales connaissent un rythme opérationnel très variable, mais celui de renouvellement de leurs tactiques est plus élevé que pour les forces conventionnelles, explique le général Berthous. Véritable laboratoire pour les armées et en liaison avec la DGA, elles adaptent en permanence leurs modes d’action et leurs équipements à partir de retours d’expériences et d’études prospectives. Ainsi pour l’opération « Barkhane », le drone tactique Patroller a été utilisé contre les djihadistes au Mali dès l’hiver 2016, en coordination avec l’infiltration de parachutistes. L’hélicoptère Tigre apporte un appui direct aux opérations, qui ne sont jamais déclenchées sans lui. Aujourd’hui, les véhicules blindés du combat d’infanterie sont climatisés. D’une façon générale, il s’agit de maintenir une supériorité technique et tactique sur l’adversaire pour le détecter et le détruire de loin. Les forces spéciales partent avec le strict minimum, à savoir l’eau, les rations, le carburant, les pièces détachées, le système de navigation GPS et la liaison avec les satellites qui couvrent la zone. Quoiqu’affaibli au Levant, Daech profite du nivellement technologique par son accès au GPS et aux réseaux sociaux. Il pratique les cyberattaques et utilise des drones de reconnaissance et des engins explosifs improvisés. Quels que soient les progrès technologiques, estime le général Berthous, les combattants resteront indispensables sur le terrain pour conserver un temps d’avance sur l’adversaire sur les plans technique, tactique et de compréhension de la situation. La victoire reposera toujours sur l’intelligence du chef.

Le futur technologique. Premier investisseur de l’Etat dans l’industrie, la DGA a pour mission de conserver la supériorité opérationnelle, qui inclut entraînement des soldats, fiabilité des systèmes et avantage technologique, rappelle l’ingénieur en chef Ramaen. Dans un programme d’armement long, les études amont se trouvent au cœur de la recherche. Ainsi pour le char Leclerc qui doit durer jusqu’en 2040, les études amont ont commencé en 1965 et le démonstrateur a été lancé en 1970 pour des livraisons à partir de 1985. Pour le programme « Scorpion » de l’armée de Terre, la DGA a injecté 200 M€ dans les études amont depuis 1990 pour assurer des innovations dans la durée, alors que les livraisons des matériels débuteront en 2018. La loi de programmation militaire (LPM) 2008-2013 a fixé, comme choix technologique de la DGA, le maintien des compétences critiques en alimentant les bureaux d’étude. La nouvelle gouvernance des études amont est précisée dans un document d’orientation de la science et de la technologie, qui donne des axes de recherche sur 10 ans en parallèle avec la LPM réactualisée. Ainsi, la période 2016-2021 concerne notamment les aéronefs de combat (Rafale et drones) et la cyberdéfense des forces terrestres. La coopération franco-allemande portera sur le char du futur à l’horizon 2040, car les Leopard allemands et les Leclerc français arriveront en fin de vie, de même que les lance-roquettes unitaire des deux pays. L’accent sera aussi mis sur le laser de forte puissance, que la Grande-Bretagne étudie, que l’Allemagne possède déjà (2 exemplaires) et que certains navires américains emportent en opérations. Le programme « Scorpion » entrera dans sa phase 2. Le fantassin sera « augmenté » par l’exosquelette pour le transport et la manipulation des charges lourdes. La capacité de vision nocturne des véhicules circulant tous feux éteints leur permettra de voir la nuit en couleurs et non plus en noir et blanc. Les études porteront aussi sur la robotique et l’énergie (batteries et motorisation hybride). Toutes les technologies non duales seront maintenues, tandis que les duales (à usage civil et militaire) seront « allégées » financièrement. Les véhicules blindés, qui doivent durer 40 ans, sont conçus comme des plates-formes modulaires, susceptibles de recevoir de nouveaux systèmes de brouillage et de protection. Enfin en cas d’urgence opérationnelle, indique l’ingénieur en chef Ramaen, la DGA peut réaliser un matériel mature dans les 6 mois suivant la définition des besoins.

La vision industrielle. L’industrie de défense s’inscrit dans un écosystème, où l’Etat définit les besoins opérationnels et technologiques à partir des retours d’expérience, explique Emmanuel Chiva. Ainsi, les forces terrestres américaines ont déployé 10.000 robots en Irak en 2003. Une vision d’ensemble permet d’anticiper les convergences entre nanotechnologies, biotechnologies et microélectronique. Certaines ont débouché sur le treillis protégeant des attaques biologiques ou les lentilles de contact pour vision thermique. En 2025, quelque 6.000 Mds$ seront investis au niveau mondial dans l’intelligence artificielle, du fait de son caractère dual. Pour la défense, il s’agira d’identifier les ruptures technologiques et leurs conséquences capacitaires (puissance de calcul, simulation embarquée). Le financement public de l’innovation de défense réalisée par des « start up » comporte un risque, avertit Emmanuel Chiva. En effet, si elles sont rachetées par un grand groupe privé, celui-ci sera probablement tenté de diffuser dans le grand public leurs innovations qui échapperaient alors à la défense. Le représentant du GICAT recommande d’intégrer l’homme dès le début des recherches, car la technologie est souvent surestimée sur le court terme et sous-estimée sur le long terme. Par ailleurs, alors que les ingénieurs de la DGA peuvent se reconvertir dans l’industrie de défense, cette passerelle ne fonctionne pas dans l’autre sens. En revanche, la DARPA (agence américaine de recherche avancée sur des projets de défense) facilite les passages croisés entre elle et les sociétés d’armement, en vue d’encourager la synergie entre industriels et opérationnels.

Loïc Salmon

Armée de Terre : programme « Scorpion », le GTIA de demain

Forces spéciales : outil complémentaire des forces conventionnelles

Nom de code Geronimo

La loi de programmation militaire 2014-2019, actualisée en 2015, définit les priorités des études amont en matière d’armement : préparation du renouvellement des deux composantes de la dissuasion ; conception des futurs aéronefs de combat au travers d’une dépendance mutuelle organisée autour du couple franco-britannique, préparation des évolutions du Rafale, autoprotection et travaux spécifiquement militaires sur les hélicoptères, insertion des drones dans la circulation aérienne en coopération européenne ; montée en puissance de la rationalisation de l’industrie franco-britannique pour le renouvellement et la rénovation des systèmes de missiles ; lutte sous-marine, systèmes de combat naval modulaires opérant en réseaux, architectures innovantes pour les bâtiments de surface ; montée en puissance de la cyberdéfense ; poursuite des efforts sur la protection des véhicules, des équipages et des combattants, la surveillance des itinéraires ; nouvelles technologies pour munitions ; préparation de futurs programmes spatiaux d’écoute, d’observation et de communication ; poursuite de l’effort sur le traitement des images, la guerre électronique, l’exploitation et le traitement des données de renseignement, la numérisation de l’environnement géophysique, les évolutions des systèmes de radionavigation ; lutte anti-drones.




DGA : une industrie d’armement forte, pilier de la souveraineté

La souveraineté du système de défense français se construit sur une solide industrie d’armement, qui repose notamment sur l’investissement, l’innovation et l’exportation.

Tel est l’enjeu majeur de la Direction générale de l’armement (DGA), dont le bilan 2016 a été présenté à la presse, le  6 mars 2017 à Paris, par son délégué général, Laurent Collet-Billon.

L’investissement. Pour équiper les forces, la DGA a dépensé 10,8 Md€ en 2016 et s’est engagée sur 9,8 Md€ en 2017. Pour préparer l’avenir, elle a dépensé 804 M€ en études amont et s’est engagée sur 672 M€. En 2016, les livraisons incluent : 1 lot de missiles M51 pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) ; 8 Rafale ; 2 avions de transport tactique A400M ; 1 système de drones moyenne altitude longue endurance Reaper ; 6 hélicoptères d’attaque Tigre ; 6 hélicoptères de transport tactique NH90 ; 1 frégate multi-missions ; 2 bâtiments multi-missions (B2M) ; 10 modules projetables du système d’information des armées ; le système numérique Auxylium pour « smartphone » ou tablette, qui permet de se passer des réseaux de téléphonie mobile en cas de crise. En 2016, les commandes ont porté sur : les équipements sécurisés cyber ; le programme de télécommunications militaires sécurisées Descartes ; les drones tactiques Patroller ; 2 avions légers de surveillance et de reconnaissance ; les roquettes à guidage laser ; la rénovation des avions Mirage 2000 D ; un système de drones de guerre des mines ; les AASM block 4 (armements air-sol modulaires) ; la rénovation à mivie du missile de croisière Scalp EG ; un 4ème système de drones Reaper ; 4 avions de transport tactique C-130J, dont 2 capables de ravitailler des hélicoptères en vol ; le programme FOMEDEC (formation modernisée et entraînement différencié des équipages de chasse) ; le fusil d’assaut allemand HK-41F, qui remplacera le Famas ; le véhicule léger tactique polyvalent ; le programme CERBERE (centres d’entraînement représentatifs des espaces de bataille et de restitution des engagements) ; 2 bâtiments d’assistance et de soutien hauturier ; un 4ème B2M.

L’innovation. Les grands projets portent d’abord sur la modernisation de la dissuasion nucléaire : 2 nouveaux SNLE ; le système de missiles M51 au-delà de 2021 ; le successeur du missile ASMP-A (air sol moyenne portée amélioré). Ensuite, le système de combat aérien futur inclut la mise en réseau du Rafale. Enfin, le combat aéroterrestre prend en compte la robotisation et l’intelligence artificielle sur le champ de bataille. De nouvelles orientations stratégiques seront données aux organismes sous tutelle de la DGA (Ecole Polytechnique, Supaéro, ONERA et doctorants) avec des contrats d’objectifs et de performance 2017-2021. En 2017, le projet « DGA Lab » sera lancé auprès des « start up » et des petites et moyennes entreprises spécialisées dans la recherche duale, à usage civil et militaire. Par ailleurs, 80 experts en informatique ont été recrutés en 2016 sur un objectif de 2.600 « combattants numériques » d’ici à la fin 2019.

L’exportation. Les partenariats avec les pays étrangers apportent une visibilité sur le long terme aux chaînes de production et aux bureaux d’études pour le maintien d’une longueur d’avance technologique. Le 19 janvier 2017, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé plus de 20 Md€ de prises de commandes (+ 3 Md€ en un an), grâce à la vente de 12 sous-marins à propulsion classique à l’Australie.

Loïc Salmon

DGA : 2015, un excellent millésime pour l’armement

« DGA Innovation » : rendre les projets possibles et rentables sur le long terme

DGA : la révolution numérique et industrielle de l’impression 3D




Marines : le porte-avions, outil militaire et diplomatique pour agir loin

Symbole d’une Marine océanique dont les grands pays veulent se doter quand ils n’en disposent pas déjà, le porte-avions permet de défier les dénis d’accès dans la durée et de s’adapter aux conflits futurs.

Le capitaine de vaisseau Eric Malbrunot, commandant le porte-avions Charles-De-Gaulle, a présenté les capacités opérationnelles de ce type de navire au cours d’une conférence-débat organisée, le 18 janvier 2017 à Paris, par le Centre d’études stratégiques de la Marine.

Un succès mondial. Le porte-avions donne une liberté d’action en haute mer, de jour comme de nuit. Mais sa complexité entraîne une maintenance continue dès sa mise à l’eau. En outre, la conduite de son aviation embarquée, longue à acquérir, nécessite une pratique régulière, une maîtrise des processus et une chaîne de commandement. Le parc mondial, qui comptait 19 bâtiments fin 2016, devrait se monter à 28 dans 3 ans. Il se répartit ainsi : Etats-Unis, 10 et 1 en projet/construction, soit 11 en 2020 ; France, 1 (1 en 2020) ; Brésil, 1 (2) ; Italie, 2 (2) ; Espagne, 1 sous cocon (1) ; Inde, 2 (3) ; Chine, 1 (4) ; Grande-Bretagne, 0 (2) ; Russie, 1 (2). Actuellement, seuls les porte-avions américains et français sont dotés de catapultes pour le décollage et de brins d’arrêt pour l’atterrissage, qui donnent une allonge considérable à l’aviation embarquée en raison de la possibilité de ravitaillement en vol. Ceux des autres pays sont configurés avec un tremplin pour avions à décollage court et atterrissage vertical, opérations qui consomment beaucoup de carburant. L’emploi de ces avions impliquent un choix en matière de poids : plus de bombes pour frapper plus fort, mais à courte distance, ou plus de kérosène pour aller davantage dans la profondeur du théâtre d’opérations,  mais avec un impact moindre. La Chine a construit des pistes d’atterrissage sur des îlots inhabités pour affirmer sa souveraineté en mer de Chine. En outre, son porte-avions peut choisir le meilleur endroit en fonction des conditions météorologiques. La Grande-Bretagne a décidé de se doter à nouveau de 2 porte-avions à tremplin avec réapprentissage de l’aéronautique navale. De son côté, l’Inde va équiper un ancien bâtiment russe d’une catapulte pour pouvoir embarquer des avions de 25 t. Celui de la Russie peut conduire une opération aéronavale, notamment en Syrie.

Le cas français. Le groupe aéronaval rassemblé autour du porte-avions Charles-De-Gaulle a connu 3 déploiements, dénommés  « Arromanches », en 2 ans. Le premier a eu lieu dans le golfe d’Aden et en Méditerranée (février-mai-2015) pour renforcer les liens avec les pays riverains amis et la connaissance de l’environnement du théâtre. Le deuxième (novembre 2015-mars 2016) avait notamment pour objectifs de renforcer la contribution française à l’opération en coalition Inherent Resolve (Chammal pour la France) au Levant, d’assumer le commandement de la Task Force 50 dans le golfe Arabo-Persique et de renforcer l’interopérabilité avec les pays membres de la coalition. Le troisième (septembre-décembre 2016) a porté sur l’appui des forces irakiennes au sol et les frappes dans la profondeur. Les moyens de renseignement du Rafale donne des informations très précises et une vision oblique complétant celle, verticale, des satellites. Outre le commandement, la conduite et la coordination d’opérations aériennes, l’avion de guet Hawkeye a assuré la couverture de la zone où se trouvaient les bâtiments russes et les systèmes sol/air syriens (renseignements d’origine électromagnétique). Ces renseignements ont été fusionnés avec ceux des autres navires et des pays alliés. Pour la dissuasion, la Force d’action navale nucléaire (FANu) est installée sur le Charles-De-Gaulle, dont les Rafale de standard F3 emportent le missile nucléaire aérobie ASMPA. Le centre d’opération de la FANu, implanté à Six-Fours (Var), prépare et suit l’exécution des ordres du président de la République. Le Rafale, capable de parcourir plusieurs milliers de km avec des ravitaillements en vol, peut tirer l’ASMPA à très basse altitude, à très grande vitesse et par tous les temps.

Loïc Salmon

Symbole d’une Marine océanique dont les grands pays veulent se doter quand ils n’en disposent pas déjà, le porte-avions permet de défier les dénis d’accès dans la durée et de s’adapter aux conflits futurs.

Le capitaine de vaisseau Eric Malbrunot, commandant le porte-avions Charles-De-Gaulle, a présenté les capacités opérationnelles de ce type de navire au cours d’une conférence-débat organisée, le 18 janvier 2017 à Paris, par le Centre d’études stratégiques de la Marine.

Un succès mondial. Le porte-avions donne une liberté d’action en haute mer, de jour comme de nuit. Mais sa complexité entraîne une maintenance continue dès sa mise à l’eau. En outre, la conduite de son aviation embarquée, longue à acquérir, nécessite une pratique régulière, une maîtrise des processus et une chaîne de commandement. Le parc mondial, qui comptait 19 bâtiments fin 2016, devrait se monter à 28 dans 3 ans. Il se répartit ainsi : Etats-Unis, 10 et 1 en projet/construction, soit 11 en 2020 ; France, 1 (1 en 2020) ; Brésil, 1 (2) ; Italie, 2 (2) ; Espagne, 1 sous cocon (1) ; Inde, 2 (3) ; Chine, 1 (4) ; Grande-Bretagne, 0 (2) ; Russie, 1 (2). Actuellement, seuls les porte-avions américains et français sont dotés de catapultes pour le décollage et de brins d’arrêt pour l’atterrissage, qui donnent une allonge considérable à l’aviation embarquée en raison de la possibilité de ravitaillement en vol. Ceux des autres pays sont configurés avec un tremplin pour avions à décollage court et atterrissage vertical, opérations qui consomment beaucoup de carburant. L’emploi de ces avions impliquent un choix en matière de poids : plus de bombes pour frapper plus fort, mais à courte distance, ou plus de kérosène pour aller davantage dans la profondeur du théâtre d’opérations,  mais avec un impact moindre. La Chine a construit des pistes d’atterrissage sur des îlots inhabités pour affirmer sa souveraineté en mer de Chine. En outre, son porte-avions peut choisir le meilleur endroit en fonction des conditions météorologiques. La Grande-Bretagne a décidé de se doter à nouveau de 2 porte-avions à tremplin avec réapprentissage de l’aéronautique navale. De son côté, l’Inde va équiper un ancien bâtiment russe d’une catapulte pour pouvoir embarquer des avions de 25 t. Celui de la Russie peut conduire une opération aéronavale, notamment en Syrie.

Le cas français. Le groupe aéronaval rassemblé autour du porte-avions Charles-De-Gaulle a connu 3 déploiements, dénommés  « Arromanches », en 2 ans. Le premier a eu lieu dans le golfe d’Aden et en Méditerranée (février-mai-2015) pour renforcer les liens avec les pays riverains amis et la connaissance de l’environnement du théâtre. Le deuxième (novembre 2015-mars 2016) avait notamment pour objectifs de renforcer la contribution française à l’opération en coalition Inherent Resolve (Chammal pour la France) au Levant, d’assumer le commandement de la Task Force 50 dans le golfe Arabo-Persique et de renforcer l’interopérabilité avec les pays membres de la coalition. Le troisième (septembre-décembre 2016) a porté sur l’appui des forces irakiennes au sol et les frappes dans la profondeur. Les moyens de renseignement du Rafale donne des informations très précises et une vision oblique complétant celle, verticale, des satellites. Outre le commandement, la conduite et la coordination d’opérations aériennes, l’avion de guet Hawkeye a assuré la couverture de la zone où se trouvaient les bâtiments russes et les systèmes sol/air syriens (renseignements d’origine électromagnétique). Ces renseignements ont été fusionnés avec ceux des autres navires et des pays alliés. Pour la dissuasion, la Force d’action navale nucléaire (FANu) est installée sur le Charles-De-Gaulle, dont les Rafale de standard F3 emportent le missile nucléaire aérobie ASMPA. Le centre d’opération de la FANu, implanté à Six-Fours (Var), prépare et suit l’exécution des ordres du président de la République. Le Rafale, capable de parcourir plusieurs milliers de km avec des ravitaillements en vol, peut tirer l’ASMPA à très basse altitude, à très grande vitesse et par tous les temps.

Loïc Salmon

Marines : coopérations accrues dans les dix prochaines années

Marine nationale : mission « Arromanches 3 » du GAN en Méditerranée orientale

Marine nationale : emploi de l’ensemble des moyens




Marines : l’approche globale, indispensable à la sécurisation future du milieu maritime

Militarisation des eaux internationales, piraterie, migrations de masse, trafics illicites, terrorisme, pollution marine, catastrophes naturelles et pêche illégale peuvent déboucher sur des crises maritimes, dont l’origine se trouve dans des rivalités géopolitiques terrestres.

Cette globalisation sans précédent a été  abordée lors d’un colloque international organisé, le 18 octobre 2016 au salon Euronaval du Bourget (banlieue parisienne), par  le Groupement des industries de construction et activités navales, l’Agence européenne de défense, l’Institut pour les études de sécurité de l’Union européenne et l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire. Y sont notamment intervenus : l’ingénieur général François Maistre, Direction générale de l’armement (DGA) ; le préfet Vincent Bouvier, secrétaire général de la Mer ; le vice-amiral britannique Clive Johnstone, chef du Commandement maritime de l’OTAN ; l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine nationale.

Menace complexe et moyens futurs. Selon l’ingénieur général Maistre, un constat s’impose : contestation de la souveraineté maritime de certains pays par d’autres ; emploi de forces régulières ou irrégulières ; activité de l’État remise en cause par des organisations, qui mêlent actions civiles et militaires et maîtrisent l’utilisation de médias. La défense du territoire passe par la sécurité de ses approches maritimes, de ses ports et des flux de marchandises avec des moyens adaptés. Le combat aéromaritime va de l’opération de basse intensité à la confrontation directe. Pour le mener, il faut disposer d’un accès autonome à l’information et de capacités de ravitaillement à la mer, de lutte anti-sous-marine et anti-aérienne ainsi que d’actions autonomes ou interalliées. Outre les drones, il faut pouvoir compter sur des systèmes résilients et sommaires à terre. L’interopérabilité entre la terre et la mer, quoique difficile à établir, devient incontournable. Elle nécessitera : de disposer de davantage d’espace à bord des navires pour l’équipage ; d’identifier les moyens d’analyse des menaces dans un contexte d’emploi de nouvelles technologies ; de passer de la connectivité croissante sur le même navire à la logique de réseaux. La DGA conçoit les référentiels de modélisation structurelle, avec des scénarios opérationnels, pour des effets recherchés dans un cadre optimal établi. Elle mobilise l’état-major de la Marine et les industriels pour imaginer les équipements futurs. Avec la mise en commun des informations des capteurs, le combat « collaboratif » intègre bâtiments de surface, sous-marins, aéronefs et drones dans un ensemble global. Leurs systèmes de détection et de combat devront être en cohérence avec ceux de la guerre des mines, des drones sous-marins et de l’ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance) en interarmées.

Sécurité maritime d’aujourd’hui. L’action de l’État en mer se militarise en raison de l’incertitude à l’arrivée sur le lieu d’un sinistre, explique le préfet Bouvier. En raison de la porosité de la menace et pour plus d’efficacité, la coordination entre la Marine nationale, les Affaires maritimes, la Douane et le ministère de l’Intérieur se fait sous l’égide des préfets maritimes. La stratégie nationale de sûreté, adoptée en 2015, porte sur la lutte contre le terrorisme afin de rendre le trafic maritime plus sûr : embarquement de fusiliers marins sur les grands navires à passagers ; plan Vigipirate mer ; autorisation de gardes privées à bord de navires marchands ; radars plus performants ; mutualisation des moyens de secours maritimes et côtiers. Toutefois, les contraintes budgétaires incitent l’État à recourir au secteur privé, notamment pour le contrôle à l’embarquement des navires à passagers. La sécurité et la sûreté maritimes nécessitent un partage de l’information et la construction d’une fonction garde-côte à l’échelle européenne. Ainsi, l’opération militaire « Sophia » (EUNAVFOR Med) d’observation et de renseignement a été lancée le 22 juin 2015 par les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne pour lutter contre le trafic de migrants en Méditerranée, dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune. Son champ d’action pourrait s’élargir après une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

Guerre navale de demain. L’OTAN se trouve confrontée à des scénarios de basse intensité, indique l’amiral Johnstone. Quoique adhérente aux valeurs démocratiques, la Russie agit de façon déstabilisante en Syrie, en Ukraine et en Atlantique Nord. Zone instable de la Syrie à la Libye, la Méditerranée est devenue un théâtre de terrorisme, de trafics d’armes et de migrations massives. L’OTAN, qui défend ses États membres en termes de capacités et de compétences, a pris conscience de ces défis et doit agir maintenant et quotidiennement. Elle intègre les innovations civiles dans l’intelligence artificielle, l’analyse en temps réel de l’action de l’adversaire et la classification des données. Mais elle doit être plus résiliente dans la logistique, la gestion des stocks et la formation des personnels, afin de mobiliser davantage de navires plus rapidement. Son commandement maritime se concentre sur la surveillance de la flotte russe du Nord au Sud et prévoit des exercices communs de lutte anti-sous-marine avec les Marines de l’Union européenne. De son côté, l’amiral Prazuck souligne le pouvoir de nivellement de la technologie face à une menace plus « aisée » : un système de géolocalisation (GPS) et un lance-grenades portatif (RPG7) permettent de devenir un redoutable pirate. La sécurité maritime, multiforme, induit une action internationale, un besoin de savoir (radars, satellites et échanges d’informations) et une présence sur zone. Par ailleurs, le combat naval futur pourrait se produire en haute mer avec des navires spécialisés à haute technologie. La Marine nationale doit convaincre les autorités politiques et l’opinion publique  de la nécessité de la mise au point des hautes technologies dans les 20 ans à venir. Au cours de l’Histoire, sécurité maritime et combat naval ont été privilégiés tour à tour. Pour répondre aux menaces, le meilleur équilibre entre les besoins implique développement de savoir-faire communs, coopération internationale, couverture des espaces maritimes, formation et entraînement.

Loïc Salmon

Marine nationale : la police en mer, agir au bon moment et au bon endroit

Défense : le climat, facteur de dérèglement géopolitique

Marines : coopérations accrues dans les dix prochaines années

Le 18 octobre 2016 à l’occasion du salon Euronaval du Bourget, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian (au centre), a dévoilé la maquette de la future frégate de taille intermédiaire (FTI) de 4.200 t. Armée par un équipage de 125 personnes, détachement aéronaval compris, la FTI disposera des capacités de projection de forces spéciales et de luttes anti-sous-marine, anti-aérienne et antinavire. Premier bâtiment « tout numérique », elle pourra embarquer un hélicoptère et/ou un drone aérien. Son radar de nouvelle génération à panneaux fixes sera intégré à une mâture unique. Les 5 FTI prévues, dont la première sera livrée en 2023, complèteront les 8 frégates multimissions et les 2 frégates anti-aériennes de type Horizon vers 2030. Une FTI pourra être déployée seule ou au sein d’une force interarmées ou interalliés, comme le groupe aéronaval centré sur le porte-avions Charles-De-Gaulle.




Armée de Terre : préparer les ruptures stratégiques et technologiques de demain

Par le contrôle d’un territoire et de sa population, la force terrestre s’impose pour marquer une solution politique à un conflit futur, sur le terrain et dans la durée, à condition de conserver l’ascendant sur l’adversaire. Ce nouvel engagement de l’armée de Terre figure dans un document, rédigé par son état-major et rendu public lors de la présentation annuelle des forces terrestres, le 20 octobre 2016 à Satory.

Démonstration dynamique. Une opération terrestre a été schématisée en 8 tableaux : renseignement humain en ouverture de théâtre par les forces spéciales et l’aérocombat (photo) ; ciblage et renseignement image par les drones et autres moyens ; coordination dans la 3ème dimension en gérant la bulle aéroterrestre ; agression, capacité à s’engager au contact de l’adversaire ;  commandement d’une opération, même en zone difficile ; saisie d’un point sensible, capacité à s’emparer d’une zone ; combat interarmes des véhicules blindés d’infanterie ou de cavalerie avec appui de l’artillerie (canon Caesar) et du génie ; logistique de l’avant en tous temps et lieux avec ravitaillement, maintenance et évacuation sanitaire.

Action terrestre future. Dans le document « Action terrestre future », le général Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de Terre, rappelle que, depuis la guerre du Golfe (1991), 600.000 hommes se sont succédé dans des opérations militaires asymétriques, avec un avantage opérationnel certain… jusqu’au conflit en Afghanistan (2001-2014). Désormais, la domination de l’adversaire, terroriste ou autre, n’est plus acquise d’avance. En conséquence, l’armée de Terre a entamé une transformation en 3 phases sur 3 ans. La 1ère (2015), dite « Au Contact », concerne l’augmentation de la menace sur le territoire national avec pour effet la remontée en puissance opérationnelle. La 2ème (2016), centrée sur le programme intégrateur « Scorpion », porte sur la simulation, l’infovalorisation et des capacités accrues d’agression et de protection. La 3ème (2017), décrite dans « Action terrestre future », traite la mutation de l’environnement opérationnel et le développement des facteurs de supériorité. L’Afrique et le Proche-Orient resteront durablement une zone pivot des conflits futurs, sans écarter le risque d’un affrontement majeur à l’Est. La mondialisation des rapports entre les sociétés entraîne des flux humains, matériels et immatériels, facilités par la porosité des frontières intérieures. L’échec des modes de régulation supranationaux se cumule avec la remise en cause des droits de la guerre, impliquant brutalité et hyperviolence. Les États verront leur autorité contestée par l’intrusion des nano et biotechnologies, de l’intelligence artificielle et des sciences cognitives, la dissémination de moyens guerriers innovants et l’irruption des lanceurs d’alerte et pirates informatiques. De nouvelles puissances régionales développent hélicoptères, blindés, feux dans la profondeur, robotique et munitions hypervéloces. Les systèmes d’armes antichars, antiaériens antinavires ou de guerre électronique deviennent accessibles. Les prochaines opérations verront la contestation de la supériorité aérienne, la menace d’arsenaux chimiques, radiologiques et nucléaires et des actions répétées sur les centres de commandement et les flux logistiques. Face à des adversaires combinant qualité et quantité, conclut « Action terrestre future », la bataille sera remportée par : la technologie et l’humanité ; la foudroyance et la patience ; l’intelligence et la puissance.

Loïc Salmon

Armée de Terre : mise en place du modèle « Au Contact »

Armée de Terre : programme « Scorpion », le GTIA de demain

« Serval » : manœuvre aéroterrestre en profondeur et durcissement de l’engagement

 




Armée de Terre : programme « Scorpion », le GTIA de demain

D’un coût de 6 Mds€ sur vingt ans, le programme « Scorpion » vise à accroître les capacités du groupement tactique interarmes (GTIA) avec ses appuis (artillerie et aviation) et un système de combat unique. Il prend en compte la préparation opérationnelle et le soutien.

Il a fait l’objet d’une conférence-débat, organisée le 6 octobre 2016 à Paris, par l’Association nationale des auditeurs jeunes de l’Institut des hautes études de défense nationale. Y sont intervenus : le colonel Benoît de Préval, état-major de l’armée de Terre ; l’ingénieur en chef Sébastien Berthomieu, Direction générale de l’armement ; l’ingénieur Jean-François Pellarin, Groupement momentané d’entreprises Scorpion (Nexter, Renault Trucks Défense et Thales).

Préparation aux équipements futurs. Officier Programme, le colonel de Préval exprime les besoins militaires et oriente les recherches vers les fonctions opérationnelles. Il fait procéder aux essais des prototypes et suit les matériels de leur développement à la fin de leur vie. Le programme « Scorpion » a nécessité 15 ans de préparation. A partir de 2000, les études amont sur les engagements futurs ont porté sur les applications militaires des systèmes d’information et de communication (SIC), afin de dominer l’adversaire par une grande manœuvrabilité et une foudroyance débouchant sur un effet décisif. La 1ère étape (2014-2025) porte sur l’expérimentation des équipements (encadré) et la 2ème (2025-2035) sur leur évolution et celles des autres véhicules blindés, des SIC et du système FELIN (fantassin à équipement et liaisons intégrés) ainsi que de nouveaux programmes. « Scorpion » se trouve au cœur de l’interopérabilité tactique au niveau de la brigade et de la division, dans les domaines du commandement, du renseignement, des drones, de l’intelligence artificielle et des forces spéciales. La nouvelle architecture « Au Contact » de l’armée de Terre, combinée au « système d’information et de combat Scorpion », permet le « combat collaboratif » qui fédère combattants et systèmes d’armes. Ce combat collaboratif doit apporter : le partage de la connaissance et de la compréhension d’une situation tactique en temps réel (géolocalisation de jour et de nuit) ; l’accélération de la décision et de l’action ; la réduction du temps entre la détection de la menace/agression par un engin blindé et riposte, éventuellement par un autre (leurre, fumigène ou tir) ; les prises d’initiative par la « réalité augmentée ». Cette dernière consiste à incruster, dans les optiques des véhicules, des informations pertinentes pour le combat (cartographie notamment). Les 4 porteurs de « Scorpion » (encadré) sont équipés d’une « vétronique » commune : système électronique de contrôle de la navigation, des communications, des systèmes d’observation, de l’énergie, de la motorisation et des systèmes d’armes. La vétronique traite les informations, en évite la surcharge et permet au chef d’engin de choisir la plus adaptée à la situation. Tout cela nécessite expérimentations et simulations pour obtenir des observations avant de passer sur des matériels réels. Le GTIA composé de Griffon et de Jaguar devrait être opérationnel en 2021. Les retours d’expériences techniques et opérationnelles et l’interopérabilité avec les normes OTAN sont pris en compte.

Un système de systèmes. Directeur du programme « Scorpion », l’ingénieur en chef de l’armement Berthomieu traduit les besoins opérationnels en spécifications techniques, conclut les marchés et vérifie la conformité des systèmes. Le « système d’information et de combat Scorpion » doit permettre le combat intégré et réactif pour comprendre, décider et d’agir plus vite que l’adversaire pour être mieux protégé et plus efficace. Il est « durci », ainsi que les liaisons radio, contre les cyberattaques. Afin de maîtriser les coûts, 70 % des technologies mises en œuvre sont communes. Il s’agit d’acheter au juste besoin et de procéder aux évolutions des équipements, sans changer les engins. Le GTIA correspond à un système composé de plusieurs systèmes (SIC, véhicules blindés, génie, artillerie, hélicoptères et avions), qui fonctionnent indépendamment. La préparation opérationnelle renforce sa capacité d’instruction et d’entraînement tactiques et développe une capacité d’appui  aux opérations. La simulation embarquée permet d’entraîner des équipages dans l’engin blindé, limite le nombre de simulateurs dédiés et maintient des compétences sur le terrain ou en opération extérieure. Désormais, les soldats seront formés par leurs chefs et non plus par des instructeurs spécialisés.

Enjeux industriels. Les prestations de soutien au programme « Scorpion » incluent formation, documentation (véhicules et équipements), outillages et pièces de rechange, explique Jean-François Pellarin. La logistique se trouve allégée par l’emploi de 9 équipements et matériels communs au Griffon et au Jaguar. Les industriels s’engagent à livrer la presque totalité des engins dans les 12 mois suivant la demande d’une douzaine de régiments de métropole. Ils fournissent une assistance technique dans les 3 jours. Il s’agit pour eux de réduire la maintenance, notamment en opération, de garantir une disponibilité importante du système d’armes et de maîtriser le coût de soutien. En outre, réussir le développement du Griffon et du Jaguar, intégrant de nouvelles fonctions pour le combat collaboratif, constitue une réelle opportunité pour l’exportation, objectif partagé avec la Direction générale de l’armement et l’état-major de l’armée de Terre. Le Griffon est décliné en 10 va-riantes, dont le prix varie selon les kits fournis et le niveau de numérisation. Le Jaguar dispose de 3 systèmes d’armes sous protection, dont 1 canon de 40 mm unique au monde. Tous deux pourraient intéresser les pays émergents, qui s’engagent avec la France dans les opérations de maintien de la paix.

Loïc Salmon

Armée de Terre : mise en place du modèle « Au Contact »

Les GTIA en Opex : besoin urgent d’armements adaptés

Armée de Terre : retour d’expérience de l’opération « Serval » au Mali

Outre la rénovation de 200 chars Leclerc entrés en service en 1993 (à gauche), le programme « Scorpion » prévoit la production des engins blindés Griffon (au centre) et les engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar (à droite). La production de 1.668 Griffon, entre 2018 et 2033 à raison de 115 unités/an, se répartit entre 1.022 véhicules tout terrain, 333 engins postes de commandement, 117 véhicules d’observation d’artillerie et 196 véhicules sanitaires. Le Griffon, équipé de mitrailleuses téléopérées de 12,7 mm ou 7,62 mm ou d’un lance-grenades de 40 mm, remplacera le véhicule de l’avant blindé. La production du Jaguar sera de 248 unités, à raison de 24/an, entre 2020 et 2032. Le Jaguar, équipé d’un canon de 40 mm et de 2 missiles antichar moyenne portée (jusqu’à 4.000 m), remplacera l’ERC90 (engin à roues, canon de 90 mm) et l’AMX-10 RC (engin blindé de reconnaissance-feu, 105 mm). Quatrième porteur de « Scorpion », le véhicule blindé multirôles léger sera commandé à 358 exemplaires, à partir de 2021, pour l’échelon national d’urgence et les unités de guerre électronique.




Euronaval 2016 : + 10 % d’exposants en deux ans

Salon biannuel de la défense navale et de la sécurité maritime, Euronaval reflète les  besoins accrus en surveillance et en protection des zones économiques exclusives, des côtes et des ports dans un contexte de terrorisme et de revendications territoriales en mer.

La  25ème édition (17-21 octobre à Paris-Le Bourget) a été présentée à la presse le 19 septembre 2016 par Patrick Boissier, président d’Euronaval et Hughes d’Argentré, délégué général. Organisé par le Groupement des industries de construction et activités navales (GICAN), Euronaval 2016 accueille : 391 exposants (+ 10 % par rapport à 2014), dont 56 % d’étrangers  avec, pour la première fois, le Japon et le Danemark ; 94 pays et 4 organisations internationales invités par le ministère de la Défense et le GICAN ; 25.000 visiteurs professionnels.

Le marché naval international. Divers pays comptent augmenter leurs flottes sous-marines, notamment l’Australie, l’Inde, la Pologne, la Norvège, les Pays-Bas et l’Indonésie. Les nations maritimes acquièrent davantage de navires de surveillance côtière, à savoir patrouilleurs de haute mer, corvettes ou frégates de taille intermédiaire. La cybersécurité, les aéronefs et les drones de surface aériens et sous-marins se développent. De nouveaux concepts liés à la furtivité sont en cours d’élaboration. Selon le GIGAN, le carnet mondial de commandes de navires neufs s’établit, en septembre 2016, à 150 Mds$ dans le secteur militaire et 270 Mds$ dans le secteur civil. Celui de l’Europe (hors Russie) atteint 96 Mds$ (23 % du monde), dont 36 Mds$ pour le militaire (24 % du monde) et 60 Mds$ pour le civil (22 % du monde). Celui de la France est de 22 Mds$ (5,2 % du monde et 23 % de l’Europe), dont 12 Mds$ pour le militaire (8 % du monde et 33 % de l’Europe) et 10 Mds$ pour le civil (3 % du monde et 17 % de l’Europe). Pour les constructions neuves des principaux chantiers navals, le marché des États-Unis se monte à 12 Mds$/an, celui de l’ensemble « Inde, Australie et Extrême-Orient (hors Chine) » à environ12 Mds$/an. Celui de l’Europe (hors Russie) reste stable à 10-11 Mds$/an. Enfin, la Chine et la Russie y consacre chacune environ 3-4 Mds$/an.

La Marine nationale. Le 16 septembre 2016, la Délégation générale de l’armement a réceptionné le Bougainville, 2ème bâtiment multi-missions (B2M) d’une série de 3 commandés en 2013 et affecté à la Polynésie française. Le 1er, réceptionné le 25 mars 2016, a rejoint la Nouvelle-Calédonie en juillet. Le 3ème est destiné à l’Île de la Réunion. L’actualisation de la Loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit la construction d’un 4ème destiné aux Antilles. Les B2M assurent les missions de souveraineté outre-mer : présence, surveillance et protection des intérêts français dans les zones économiques exclusives ; soutien logistique et sauvegarde ; assistance au profit des populations, notamment en cas de catastrophe naturelle. Armés par deux équipages de 20 marins, les B2M (2300 tonnes en charge) peuvent effectuer des missions de 30 jours sans ravitaillement et naviguer 200 jours/an. Parmi les frégates multimissons FREMM, 3 unités de lutte anti-sous-marine ont été livrées entre 2012 et 2016 et 3 le seront avant 2019. A terme, 2 autres FREMM remplaceront les frégates anti-aériennes Cassard et Jean-Bart. Enfin, à partir de février 2017, le porte-avions Charles-De-Gaulle sera remis en conditions pendant 18 mois pour modernisation du système de combat, modification de la plate-forme et adaptation pour pouvoir embarquer uniquement des Rafale.

Loïc Salmon

Marine nationale : en opérations sur toutes les mers

Marine nationale : la police en mer, agir au bon moment et au bon endroit

Piraterie : encore présente sur mer et en expansion dans le cyberespace

 




Défense : les armées, leur image et leurs moyens

Divers sondages, effectués entre janvier et mai 2016, par l’IFOP, le CEVIPOF, la Dicod et le CSA soulignent la confiance des Français dans leurs armées et leur prise de conscience de la nécessité de donner à celles-ci les moyens d’agir à l’extérieur pour la sécurité de la nation.

Des armées dignes de ce nom. Les jeunes Français  estiment les armées « professionnelles », « réactives » et « efficaces ». Ensuite, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 87 % des sondés ont une bonne image des armées ; 66 % considèrent les personnels comme le point fort des armées ; 75 % approuvent les interventions françaises contre Daech en Irak ; 70 % soutiennent les frappes aériennes en Syrie ; 57 % approuvent les opérations dans la bande sahélo-saharienne. Sur le plan financier, 81 % souhaitent le maintien du budget de la Défense et 66 % pensent que la situation sécuritaire actuelle nécessite un effort budgétaire supplémentaire. Par ailleurs, le ministère de la Défense a rendu publics les moyens en service dans les armées au 1er juillet 2015.

L’armée de Terre dispose de : 200 chars de combat Leclerc ; 155 blindés chenillés dont 53  véhicules à haute mobilité, 18 dépanneurs de chars, 30 chars AMX 30 D et 54 engins blindés du génie avec système de déminage pyrotechnique pour mines ; 6.543 blindés à roues. Son artillerie se répartit entre 121 canons de 155 mm, 89 véhicules d’observation et 140 mortiers de 120 mm. Ses unités de combat sont équipées de 18.552 systèmes FELIN pour fantassins, 1.312 systèmes d’armes antichars et 221 systèmes sol/air Mistral rénovés. Son aviation légère compte 285 hélicoptères, dont 110 Gazelle, 51 Tigre, 26 Cougar, 75 Puma, 8 Caracal et 15 Caïman/NH90.

 La Marine nationale met en œuvre : 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins ; 6 sous-marins nucléaires d’attaque ; 1 porte-avions ; 3 bâtiments de projection et de commandement ; 16 frégates de combat ; 6 frégates de surveillance ; 18 patrouilleurs hauturiers ; 11 bâtiments de guerre des mines ; 3 bâtiments de soutien logistique ; 3 bâtiments de soutien outre-mer ; 4 bâtiments scientifiques et d’expérimentation ; 89 bâtiments divers. L’aéronautique navale comprend : le groupe aérien embarqué (55 Rafale depuis juillet 2016 et 3 avions de guet aérien Hawkeye) ; 23 avions de patrouille maritime Atlantique 2 ; 12 avions de surveillance maritime ; 54 hélicoptères de combat et de sauvetage ; 10 hélicoptères de service public ; 45 appareils de soutien maritime.

L’armée de l’Air déploie 202 avions de combat : 76 Rafale « omnirôles » ; 23 Mirage 2000 N (nucléaire et assaut conventionnel) ; 63 Mirage 2000 D (assaut conventionnel) ; 34 Mirage 2000-5 et 2000 C (défense aérienne) ; 6 Mirage 2000 B (en cours de transformation). S’y ajoutent : 80  avions de transport, dont 5 A340 et A310 (stratégique), 27 C160 Transall (tactique), 14 C130 Hercules (tactique), 27 CN235 (tactique léger) et 7 A400 M Atlas (tactique à allonge stratégique) ; 27 avions de liaison. Les opérations reçoivent le soutien de 14 avions ravitailleurs C135FR et KC 135, 4 AWACS E-3F (détection, commandement et contrôle aéroportés) et 2 C160 Gabriel de renseignement électromagnétique. La flotte de 80 hélicoptères compte 41 Fennec (défense et sûreté), 11 Caracal (recherche et sauvetage au  combat) et 28 Puma et Super Puma (transport, recherche et sauvetage). S’y  ajoutent 7 systèmes de drones de reconnaissance (4 Harfang et 3 Reaper) et 21 systèmes d’armes sol/air (12 Crotale nouvelle génération et 9 « Mamba » de moyenne portée).

Loïc Salmon

Adversaire « hybride » : comprendre, agir et se protéger

Marine nationale : le porte-avions et la mer dans les relations internationale

Armée de l’Air : le combat numérique au cœur des opérations

 




Armement : modernisation des armées françaises sur un an

Le salon des armements terrestres Eurosatory 2016 (13-17 juin) donne l’occasion de présenter les récentes commandes et livraisons aux armées françaises. Avec 16 Md€ de prises de commandes en 2015, l’industrie française d’armement (165.000 personnes) s’est maintenue parmi les cinq principaux exportateurs mondiaux.

Armée de l’Air. Le 8 juin 2016, la Direction générale de l’armement (DGA) a pris livraison du 9ème exemplaire de série de l’avion de transport militaire A400M Atlas portant le numéro MSN33. C’est le premier à disposer de capacités tactiques, en sus de celles de soutien logistique et de ravitaillement en vol. Fin 2016, le ministère de la Défense devrait disposer de 5 autres A400M ainsi équipés : 2 neufs en attente de livraison ; 3 actuellement en service et qui seront « retrofités » (remplacement d’éléments anciens ou obsolètes par des composants plus récents) pour disposer des mêmes capacités que le MSN33. L’A400M assure : le transport de 37 t de matériel ; des liaisons au sein d’un même théâtre d’opérations ou entre divers théâtres ; les poser d’assaut sur terrains sommaires ; l’aérolargage de personnel et de matériel à très grande altitude ; le ravitaillement en vol ; les évacuations sanitaires. Le 29 janvier 2016, la DGA a commandé, à l’armée de l’Air américaine, 4 avions de transport tactique Hercules C-130J neufs, dont 2 disposant d’une capacité de ravitaillement d’hélicoptères en vol. Les 2 premiers seront livrés fin 2017-début 2018 et les 2 ravitailleurs en 2019. Ils viendront renforcer le segment médian de la flotte de transport tactique, actuellement composé de Transall C-160 et d’Hercules C-130H, très sollicités et éprouvés par les différentes opérations extérieures dans des conditions d’environnement difficiles. L’achat des 4 Hercules C-130J inclut le système de soutien, la formation du personnel et le maintien en condition opérationnelle. Le 7 décembre 2015, la DGA a commandé un 3ème système de drones MALE (moyenne altitude, longue endurance) de type Reaper à l’armée de l’Air américaine. Le premier, livré en décembre 2013, est utilisé de façon intensive dans le cadre de l’opération « Barkhane » en cours dans la bande sahélo-saharienne (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina-Faso). La livraison du 2ème est prévue en 2016 et celle du 3ème en 2019. La loi de programmation militaire 2014-2019  (LPM) prévoit 4 systèmes complets comprenant chacun 3 drones. Le drone MALE offre une capacité majeure en termes de connaissance et d’anticipation par leurs missions de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de désignation d’objectifs sur de larges zones, à grandes distances et sur de longues durées. Les drones Reaper et les Hercules C-130J ont été acquis dans le cadre de la procédure américaine « FMS ». Celle-ci facilite les ventes d’armement d’État à État, diminue les coûts de production et accroît l’interopérabilité entre forces américaines et alliées.

Marine nationale. Le 25 mars 2016, la DGA a pris livraison du premier bâtiment multi-missions (B2M). Dénommé D’Entrecastreaux, celui-ci est affecté à la Nouvelle-Calédonie. Déplaçant 2.300 t à pleine charge avec un équipage de 20 marins, il peut effectuer des missions de 30 jours sans ravitaillement et naviguer 200 jours par an. Ses missions portent sur la souveraineté outre-mer : présence ; surveillance et protection des intérêts français dans les zones économiques exclusives ; projection de forces ; soutien logistique ; sauvegarde ; assistance au profit des populations. La commande, notifiée le 30 décembre 2013, inclut un 2ème BSM pour la Polynésie française et un 3ème pour La Réunion. L’actualisation de la LPM 2014-2019 prévoit la commande d’un 4ème B2M. Le 16 décembre 2015, la DGA a commandé 6 chalands multi-missions (CMM) à propulsion hybride avec batteries. Leur système de propulsion électrique est alimenté par des groupes électrogènes fonctionnant au gasoil (mode « classique ») ou par batteries rechargeables à quai ou en mer (mode « zéro émission »). Déplaçant 53 t et pourvu d’une coque en aluminium et de superstructures en composite, le CMM embarque jusqu’à 36 marins et/ou plongeurs. Il navigue dans les rades ou à proximité des côtes des bases navales pour des missions variées : travaux sous-marins ; transport de matériel ; lutte anti-sous-marine ; formation de plongeurs. Le mode « classique » à vitesse maximale de 10 nœuds (18,52 km/h) pendant la phase de transit est remplacé par le mode « zéro émission » à petites vitesses lors de la phase d’exploitation pour : réduire les émissions de gaz à effet de serre ; améliorer le confort des marins pendant les longues périodes de travail en réduisant les nuisances sonores et en supprimant les gaz d’échappement. La livraison du premier CMM est prévue en 2017. Après une utilisation opérationnelle pendant 3 mois, la série sera confirmée, en vue de livraisons en 2019 et 2020 : 2 unités pour le port de Brest ; 2 unités pour celui de Toulon ; 1 pour celui de Cherbourg ; 1 pour le Pôle écoles Méditerranée de Saint-Mandrier. Une option est prévue pour 1 unité aux Antilles et 1 en Nouvelle-Calédonie.

Armée de Terre. Le 30 décembre 2015, la DGA a commandé 6 hélicoptères de transport tactique NH90-TTH Caïman de 11 t, qui portent à 74 le nombre d’appareils commandés dont 44 livrés d’ici à 2019. Premier hélicoptère militaire à commandes de vol électriques, le NH90 se décline en deux versions : TTH pour les missions d’appui aux forces terrestres ; NFH pour la lutte anti-sous-marine et antinavire de surface et pour le secours en mer. Début 2016,  15 NFH ont été déjà livrés à la Marine nationale et 17 TTH à l’armée de Terre. Progressivement, les NH90-TTH remplacent les hélicoptères Puma au sein de l’Aviation légère de l’armée de terre pour : le transport tactique de troupes, jusqu’à 20 personnels, et de matériels, jusqu’à 20 t ; l’évacuation sanitaire ; l’installation d’un poste de commandement héliporté. Leurs équipements incluent : casques de vision nocturne ; systèmes de contre-mesures et de blindage ; dispositifs pour la descente en rappel et l’emport de charges sous élingue ; entrées d’air pour les opérations en environnement désertique. Avec le complément des Cougar rénovés et des Caracal, les forces françaises disposeront de 115 hélicoptères de manœuvre en 2025, dont une majorité de NH90-TTH.

Loïc Salmon

Eurosatory 2016 : équilibrer la défense et la sécurité

DGA : l’expertise technologique, avenir de l’outil de défense

DGA : valoriser l’audace et l’innovation de terrain

Le programme « Scorpion » de modernisation des groupements tactiques interarmes (GTIA) vise à accroître leur efficacité et leur protection, en utilisant les nouvelles capacités d’échanges d’informations. Le char Leclerc rénové (57 t et 615 km  d’autonomie) a été présenté à Eurosatory 2016 (photo). Capable d’entrer en premier dans un combat de haute intensité et dans tout type d’environnement, il est équipé de la « vétronique » commune Scorpion. Celle-ci permet de contrôler la navigation, les communications, les systèmes d’observation, l’énergie, la motorisation et les systèmes d’armes des véhicules militaires. Au cours du combat, le fonctionnement en réseau du GTIA limite les temps de communication et de décision. Mais cette dernière sera toujours prise par l’homme, pour éviter les dommages collatéraux.