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Environnement : conséquences du changement climatique sur la sécurité internationale

Le réchauffement climatique et la dégradation de l’environnement créent des tensions, qui influent sur la stabilité mondiale et les opérations militaires. Le triptyque défense, diplomatie et développement implique une coopération entre les différents acteurs.

A cet effet, la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère des Armées a mis sur pied un « observatoire géopolitique des enjeux des changements climatiques en termes de sécurité et de défense ». Ce dernier a rédigé un rapport sur l’action des forces armées étrangères dans ce domaine, présenté à la presse le 22 mars 2021 à Paris par Julia Tasse, Sofia Kabbej et François Gemenne, chercheurs à l’Institut de relations internationales et stratégiques. Une note de synthèse du rapport a été publiée le lendemain.

Collaboration civilo-militaire. De nouveaux conflits peuvent surgir dans des lieux jusque-là épargnés, indique François Gemenne. La compétition pour la sécurité alimentaire et le nombre croissant d’Etats faillis provoquent des tensions ethniques, dont profitent les organisations djihadistes. Les Etats démunis recourent alors aux forces armées étrangères pour maintenir la stabilité. Selon Julia Tasse, la prévention de ces risques passe par la fourniture de moyens de subsistance aux populations exposées, pour qu’elles s’adaptent, afin d’éviter l’émergence des situations extrêmes. Les Etats-Unis et le Conseil de sécurité de l’ONU prennent en compte les risques de tensions internationales consécutives au changement climatique. Pour y faire face, la coopération porte sur la formation et les échanges de savoir-faire et de bonnes pratiques, indique Sofia Kabbej. Déjà l’Union européenne, l’OTAN et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est abordent ces domaines, préconisent exercices et formations en commun et rédigent des rapports sur les capacités de coopération, ajoute François Gemenne.

Maintien de l’effet militaire. Les perturbations du climat se manifestent par l’occurrence de phénomènes extrêmes et à évolutions lentes avec des implications sécuritaires importantes, à savoir cyclones, inondations, sècheresse, tempêtes, élévation du niveau des mers et des océans. En conséquence, indique le rapport de l’observatoire de la DGRIS, la diversité des impacts du changement climatique est prise en compte, surtout parmi les forces armées des pays les plus riches, afin de maintenir une totale capacité opérationnelle dans un environnement dégradé. Certains documents de doctrine évoquent le changement climatique comme une menace de plus pour la sécurité nationale, d’autres examinent en détail ses effets en termes d’opérabilité et de capacité. Ils étudient les impacts sur les infrastructures civiles et militaires, la dimension civile, voire humanitaire, croissante des missions futures, la nécessité de développer de nouvelles infrastructures et des matériels plus adaptés. Pour la majorité des pays étudiés, la coopération internationale apparaît comme une réponse aux impacts sécuritaires. Toutefois, seuls l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis recommandent l’élaboration de méthodologies d’évaluation de vulnérabilité, la création de comités spécifiques, le soutien à la recherche ou la rédaction de manuels et de rapports spécifiques. Les forces armées doivent tenir compte du changement climatique dans la surveillance maritime et frontalières. Pour assurer la résilience des sites, aéroports et emprises militaires, les Etats-Unis renforcent les partenariats des armées avec les agences fédérales civiles, les pouvoirs publics locaux et les organisations non gouvernementales. La Norvège et la Nouvelle-Zélande préfèrent cibler leurs investissements sur l’adaptation des équipements militaires aux effets du changement climatique. La Russie va construire 40 brise-glace et adapter des infrastructures et des équipements aux conditions extrêmes de l’Arctique. La Jordanie, qui subit augmentation des températures et sécheresse, demande à des organisations non gouvernementales de former ses militaires à la gestion de l’eau. Les Etats-Unis accroissent les entraînements sur simulateurs et sites adaptés.

Réduction de l’empreinte climatique. La résilience énergétique des forces armées, souligne le rapport de l’observatoire de la DGRIS, se concentre sur l’identification et la réduction des faiblesses dans la chaîne d’approvisionnement en énergie, susceptibles de compromettre la conduite des opérations. Cela implique notamment : une dépendance moindre aux carburants fossiles, qui nécessitent un acheminement ; un recours accru aux énergies renouvelables, qui fonctionnent de manière plus autonome sur le terrain ; un meilleur rendement énergétique des équipements. Le rapport note que peu de pays mentionnent les résultats de leur bilan énergétique et de leur « bilan carbone » (tonnes d’équivalent CO2 émises par leurs activités) dans leurs documents stratégiques relatifs à l’environnement. Quoique le Canada n’entre pas dans les détails, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis se montrent plus transparents dans ce domaine. La résilience énergétique nécessite aussi la mise en œuvre de programmes visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. L’Inde, les Etats-Unis et le Danemark envisagent de plus en plus le recours aux énergies renouvelables dans les opérations extérieures, compte tenu du caractère opérationnel de l’autonomie des bases avancées. En outre, la résilience énergétique des véhicules de transport porte sur des carburants alternatifs, comme le biodiesel et l’hydrogène, sur les moteurs existants et l’innovation sur les batteries portatives des équipements individuels. La restauration des écosystèmes inclut notamment la plantation d’arbres, en Chine et en Jordanie, et le déminage des anciennes zones de combat, pratiqué par les Etats-Unis et la Norvège. Au Brésil, les forces armées protègent la forêt amazonienne des exploitations illégales. Enfin, en Inde, des « bataillons éco-territoriaux » sont formés à la protection de l’environnement.

Missions de sécurité civile. Selon le rapport de l’observatoire de la DGRIS, les autorités civiles sollicitent de plus en plus les forces armées pour les secours lors des catastrophes naturelles, qui augmentent en fréquence et en intensité. Ainsi, les Etats-Unis, l’Australie, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et les Pays-Bas mobilisent immédiatement leurs forces armées. La coopération civilo-militaire fait partie du programme d’anticipation des catastrophes naturelles au Japon, au Chili et aux Etats-Unis. La majorité des pays ayant mis en place des pratiques spécifiques à l’anticipation ou à la réponse aux catastrophes naturelles sont pauvres et y sont particulièrement exposés. Il se trouvent surtout en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud-Est. Même les pays industrialisés, de plus en plus exposés, institutionnalisent la coopération civilo-militaire. L’ONU, l’OTAN et la Plate-forme d’intervention régionale de l’océan indien de la Croix-Rouge ont mis en œuvre des procédures d’interventions civilo-militaires pour les missions de sécurité civile hors des territoires nationaux.

Loïc Salmon

Défense : le climat, facteur de dérèglement géopolitique

Sécurité : risques et tensions liés au désordre climatique

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Défense : anti-terrorisme et remontée en puissance

Le dispositif « Barkhane » au Sahel se transforme avec l’augmentation des effectifs de la force « Takuba ». La loi de programmation militaire et la remontée en puissance des armées vont de pair.

La ministre des Armées, Florence Parly, l’a expliqué lors d’une rencontre organisée, le 2 juillet 2021 à Paris, par l’Association des journalistes de défense.

« Barkhane » et « Takuba ». Le même jour, la France a annoncé la reprise des opérations militaires conjointes et les missions de conseil auprès des forces armées maliennes, suspendues le 3 juin. Cela fait suite aux engagements pris par les autorités maliennes de transition, endossés par la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) au sommet du 19 juin à Accra (Ghana). Depuis un an, les opérations en cours ont très fortement affaibli l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), qui s’en prend aux populations civiles, souligne Florence Parly. Ainsi l’opération « Solstice » s’est déroulée du 6 au 20 juin entre Ouallam (Niger) et Ménaka (Mali) pour traquer les groupes armés terroristes. Elle a été conduite par les forces Barkhane et Takuba (300 militaires français et européens) et les forces armées nigériennes (800) avec l’appui d’avions de chasse Mirage 2000, d’hélicoptères d’attaque Tigre et de drones armés Reaper. Ont été saisis : 13 motos ; près de 30 armes légères d’infanterie ; environ 50 appareils de communication ; du matériel servant à la fabrication d’engins explosifs. Six djihadistes, dont un recruteur actif dans la nébuleuse touareg, ont été neutralisés. Deux lieutenants de l’émir de l’EIGS, susceptibles de fournir des renseignements, ont été capturés : Katab el Mauritani et Abou Dardar, auteur suspecté de mutilations. D’une façon générale, les Etats-Unis coopèrent avec Barkhane pour la surveillance de zone, la logistique opérationnelle et le ravitaillement en vol. Même si des actes terroristes ne se produisent plus sur le territoire national, indique la ministre des Armées, les organisations affiliées à Al Qaïda ou Daech étendent leur influence vers le Sud et le golfe de Guinée. Il s’agit d’empêcher que le Sahel et l’Afrique ne deviennent leur zone refuge pour attaquer le flanc Sud de l’Europe. La force d’intervention Takuba associe des forces spéciales européennes pour des missions de conseil, d’assistance et d’accompagnement au combat des forces maliennes avec l’appui de moyens aériens et de l’artillerie. Après l’Estonie, la République tchèque, la Suède, le Portugal, les Pays-Bas et la Belgique, l’Italie, la Roumanie et le Danemark vont envoyer des militaires renforcer Takuba. D’autres discussions sur des contributions supplémentaires sont en cours au niveau politique. A terme, il s’agit de rétablir les services publics au Mali (police, justice et éducation).

Maintenir la LPM. La ministre des Armées entend veiller à ce que la Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 soit respectée malgré la crise sanitaire. La construction d’un bateau hydro-océanographique sera décalée d’un an, mais une 3ème frégate de défense et d’intervention a été commandée, en vue d’une livraison anticipée à la Marine et d’assurer une continuité dans le plan de charge de Naval Group. Le nouveau chef d’Etat-major des armées, le général Thierry Burkhard, en fonctions courant juillet, a été nommé pour quatre ans, soit jusqu’à la fin de la LPM, pour en maintenir la continuité de pilotage après les élections, présidentielle et législatives, de 2022. Il doit aussi réaliser la remontée en puissance des armées sur une durée suffisante et les préparer à des combats de plus haute intensité.

Loïc Salmon

Afrique : l’opération « Barkhane », créer de l’incertitude chez l’adversaire

Afrique : les risques de déstabilisation et de terrorisme

Défense : vers 2 % du Produit intérieur brut à l’horizon 2025




Discours de guerre Napoléon Bonaparte

« Soldats, je suis content de vous. » Cette phrase et tant d’autres rythment l’épopée napoléonienne et laissent une empreinte durable dans les mémoires.

Pendant ses campagnes d’Italie (1796-1797) et d’Egypte (1798-1799), le général Bonaparte prend César pour modèle. Premier consul (1799-1804) puis empereur (1804-1815), Napoléon s’inspire du Polonais Jean Sobieski, vainqueur des Ottomans en 1683, et du roi de Prusse Frédéric II (1712-1786), dont il rapporte l’épée aux Invalides à Paris après la victoire de Wagram (1809). Son éloquence militaire renforce le moral des troupes et les électrise, mais ne convainc pas les parlementaires lors du coup d’Etat du 18 brumaire. Ses proclamations, destinées à être lues par des officiers devant quelques centaines de soldats, nécessitent des phrases courtes et audibles sur le champ de bataille. Ses discours de guerre, qui paraissent dans la presse, sont publiés intégralement dans le Moniteur universel, journal officiel du régime. Après chaque bataille, les Bulletins de la Grande Armée informent les participants aux combats et le grand public, qui suit ainsi la progression des armées. Même s’ils ne voient pas Napoléon lors de ses proclamations, les soldats savent qu’ils pourront lui parler de façon informelle aux bivouacs. Les références à la « grande nation » de la Révolution, qui exporte ses principes en Europe, s’estompent au profit de la gloire militaire sous l’Empire. Le sens de l’honneur, qui impose le respect de l’adversaire et des pays conquis, est exalté. Fin 1799, désireux de parvenir à la paix civile, le Premier consul exhorte l’Armée de l’Ouest à marcher contre les chouans, qualifiés de « rebelles » : « Des Français stipendiés de l’Angleterre ! Ce ne peuvent être que des hommes sans aveu, sans cœur et sans honneur. » A ses soldats les plus valeureux, il attribue des « armes d’honneur » dès 1800. Ce signe de la reconnaissance individuelle s’étend au monde civil par l’institution de l’ordre de la « Légion d’honneur » en 1802. L’année précédente, l’anniversaire du 14 juillet lui a donné l’occasion de rappeler aux Français l’héritage de la Révolution, à savoir l’abolition de la féodalité : « Un Code civil, mûri par la sage lenteur des discussions, protégera vos propriétés et vos droits. ». Napoléon transforme ses victoires en événements historiques. Le soir du 2 décembre 1805, il comprend que la « Grande Armée » vient de vivre une journée exceptionnelle lors de cette « bataille des trois empereurs » français, autrichien et russe, présents sur le terrain. Il proclame : « Soldats ! Vous êtes les premiers guerriers du monde ! La mémoire de ce jour et de vos exploits sera éternelle. » Le lendemain, l’annonce de la victoire se termine par : « il vous suffira de dire : J’étais à la bataille d’Austerlitz pour que l’on vous réponde : Voilà un brave. » La signature de la paix le 26 décembre est accueillie avec enthousiasme. La victoire donne lieu à l’organisation d’une grande fête à Paris, où la Grande Armée est conviée, car : « Vous avez vu votre Empereur partager avec vous vos périls et vos fatigues ; je veux aussi que vous veniez le voir entouré de la grandeur et de la splendeur qui appartient au souverain du premier peuple de l’univers. ». Lors de sa seconde abdication en 1815, Napoléon rédige un discours testament : « Sauvez l’honneur, l’indépendance des Français ; soyez jusqu’à la fin tels que je vous ai connus depuis vingt ans et vous serez invincibles. » Le gouvernement provisoire interdit cette proclamation.

Loïc Salmon

« Discours de guerre Napoléon Bonaparte », Jacques-Olivier Boudon. Editions Pierre de Taillac, 198 pages, illustrations, 9,90 €.

Campagne d’Italie, 1796-1797

Soldats de Napoléon

Exposition « Napoléon stratège » aux Invalides

 




14 juillet 2021 : engagements de haute intensité, technologies de pointe et anniversaires

L’édition 2021 du défilé du 14 juillet à Paris porte sur les combats possibles de haute intensité, une technologie élevée, la résilience et le rappel du passé.

Présentée le 4 juin 2021 par le général de corps d’armée Christophe Abad, gouverneur militaire de Paris, elle reprend son format traditionnel d’avant la pandémie du Covid 19. Le défilé du 14 juillet 2021 met ainsi en œuvre : 5.000 participants, dont 4.300 à pied ; 71 avions et 25 hélicoptères ; 221 véhicules ; 200 chevaux de la Garde républicaine. Dans le cadre de l’opération « Takuba » au Mali, les forces spéciales sont mises à l’honneur avec un détachement de 81 soldats d’Italie, des Pays-Bas, de Belgique, d’Estonie, de République tchèque, de France, du Portugal et de Suède.

L’action dans les airs. Le défilé des avions, ouvert par la Patrouille de France, met en scène les missions de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) et de la Marine nationale. La dissuasion nucléaire est représentée notamment par les Forces aériennes stratégiques avec 1 avion ravitailleur multi-rôles A330 MRTT et 6 chasseurs Rafale B. La maîtrise de l’espace aérien est matérialisée par 1 AWACS E3F (détection et commandement aéroporté), 4 chasseurs Mirage 2000-5 et 2 Mirage 2000 B. L’action dans la profondeur se manifeste avec 1 A330 MRTT, 6 Mirage 2000 D, 4 Rafale C et 2 Rafale B. La Marine nationale déploie le Groupe aérien embarqué avec 1 avion de guet aérien Hawkeye et 8 Rafale Marine. S’y ajoutent 2 ATL2 de la patrouille maritime, pour les opérations extérieures, et 1 Falcon 50 Marine, pour la lutte contre les trafics illicites. Les trois armées montrent aussi leurs hélicoptères. L’armée de Terre présente ses missions : protection du territoire national avec 3 appareils (Puma, Caïman et Cougar) ; opération « Barkhane » dans la bande sahélo-saharienne avec 3 appareils (1 Tigre et 2 Caïman). Celles de l’AAE consistent en interventions extérieures et sur le territoire national, présentées par 2 Caracal, 1 Fennec canon et 1 Fennec TE. La Marine nationale montre 2 Caïman, 2 Panther et 1 Dauphin pour la maîtrise des espaces aéromaritimes et le combat naval.

La sécurité par les airs. L’AAE montre ses moyens d’engagement, de projection et de soutien par trois types d’avions de transport, représentés par 1 A400 M, 1 Transall C160 et 2 Casa CN235. S’y ajoute, pour le renseignement, 1 avion léger de surveillance et de reconnaissance. L’AAE présente 2 Pilatus PC 21 et 2 Xingu destinés à la formation, l’entraînement et la préparation. La Direction générale de l’armement déploie le nouvel avion de soutien d’essais en vol TBM 940. La Sécurité civile montre 1 Beech B200, 1 Canadair et 1 Dash Q400 dédiés à la lutte contre les incendies et 1 hélicoptère d’intervention. La Gendarmerie déploie 3 hélicoptères (1 EC145 et 2 EC135), destinés à l’assistance, le sauvetage, la surveillance, le renseignement et l’intervention.

Les anniversaires. L’année 2021 rappelle les 80 ans du « serment de Koufra » (division Leclerc), les 80 ans des Forces aériennes françaises libres, les 75 ans de la base aéronavale de Lann Bihoué, les 60 ans de la Direction générale de l’armement, les 30 ans de la division « Daguet » et les 10 ans du Service interarmées des munitions.

Les cérémonies. En ouverture, la musique de la Garde républicaine souligne la concorde nationale. La clôture met en exergue une jeunesse engagée, représentée par une chorale de 120 jeunes. Le Chœur de l’armée française entonne la « Marseillaise ».

Loïc Salmon

14 juillet 2019 : coopération européenne et innovation

14 juillet 2018 : l’engagement citoyen et patriote

14 juillet 2017 : « opérationnels ensemble » en interarmées, interministériel et international




Drones : applications à la guerre d’aujourd’hui et de demain

Outils de rupture technologique très utilisés par les forces armées en opération, les drones constituent une menace dont elles devront se prémunir.

Les drones volent à différentes altitudes de croisière : basse, en dessous de 5.000 m ; moyenne, entre 5.000 m et 15.000 m ; haute, au-dessus de 15.000 m. Ils ont fait l’objet d’une visioconférence organisée, le 7 avril 2021 à Paris, par l’association Les Jeunes IHEDN. Y sont intervenus : le lieutenant-colonel Richard Canet, commandant en second de la base aérienne 709 de Cognac-Chateaubernard ; le lieutenant-colonel Jérôme Lévy du bureau opérations du 61ème Régiment d’artillerie de Chaumont ; le capitaine de vaisseau David Desfougères, division « Plans et Programmes » à l’état-major de la Marine nationale ; le lieutenant-colonel Laurent Lebailleur, commandant le Centre d’initiation et de formation des équipages drones à Salon-de-Provence.

Armée de l’Air et de l’Espace. La 33ème Escadre de reconnaissance, de surveillance et d’attaque utilise des drones MALE (moyenne altitude longue endurance) depuis les années 1990, rappelle le lieutenant-colonel Canet. Le Hunter (origine américaine) a effectué 1.500 heures de vol (hdv) pour la force Kfor (OTAN) au Kosovo de 1997 à 2004. Le Harfang (origine israélienne) a totalisé plus de 15.400 hdv pour les opérations en Afghanistan, Libye et bande sahélo-saharienne entre 2006 et 2018. Sur ce dernier théâtre, le Reaper (origine américaine) a effectué plus de 40.000 hdv au profit des opérations « Serval » et « Barkhane » depuis 2014. L’équipage du segment sol du Reaper comprend un pilote, un technicien multi-capteurs, un interprète images et un coordinateur tactique. Les missions portent sur la reconnaissance (90 %) pour la préparation des opérations, la protection des forces, l’appui armé à l’engagement et son évaluation. Le système Reaper assure la surveillance permanente en temps réel d’un objectif et de son environnement. Il est équipé d’un capteur « champ étroit », qui nécessite du renseignement en amont, afin de réorienter éventuellement le vecteur. Son emploi exige les supériorités aériennes et cyber ainsi que des conditions météorologiques favorables. Son efficacité repose sur l’intégration à la manœuvre tactique et l’expertise de son équipage. Son radar détecte les masses métalliques et suit les véhicules en mouvement. Ses senseurs incluent des caméras électro-optique et infrarouge, plusieurs niveaux de zoom, un illuminateur laser, un pointeur infrarouge et un système informatique d’extraction de données. Le risque cyber nécessite des drones de plus en plus robustes pour protéger la liaison entre le vecteur et le segment sol. En cas de cyberattaque, la liaison principale est coupée puis le vecteur est récupéré via une autre liaison. La lutte anti-drones MALE adverses est actuellement effectuée par un missile sol-air ou un avion de chasse. Elle reste à développer contre les drones plus petits. Les futurs drones devront allier rapidité, furtivité et utilisation tout temps, dans un contexte de conflit asymétrique. Le drone MALE européen nEUROn, dont le démonstrateur a volé en décembre 2012, devrait être fabriqué en série pour des livraisons en 2026.

Armée de Terre. Le 61ème Régiment d’artillerie, spécialisé dans le renseignement d’origine image, forme toutes les unités de l’armée de Terre à tous les types de drones, indique le lieutenant-colonel Lévy. Au cœur du combat aéroterrestre, celle-ci devrait compter 3.000 vecteurs en 2027, des nanodrones de quelques grammes au système de drones tactique Patroller, en passant par le microdrone Parrot (accessible sur le marché civil) et le système de minidrone de renseignement, tous devant évoluer à l’avenir. Le nanodrone ne demande pas de formation particulière, tandis que le drone tactique nécessite du personnel spécialisé. Réservés aux forces spéciales dans les années 1990, les drones ont été acquis ensuite par centaines d’unités pour capter l’information, en complément du renseignement d’origine humaine. Très utilisés par l’armée azérie contre les troupes arméniennes dans le conflit du Nagorno-Karabah (septembre-novembre 2020), les drones ont changé le mode d’engagement terrestre, estime le lieutenant-colonel Lévy. Clouée au sol par la défense sol-air azérie, l’aviation arménienne n’a pu appuyer les forces terrestres. Le déni d’accès à un espace aérien ou à une zone terrestre devient possible, grâce à des microdrones suicides emportant une charge explosive et couplés à de l’artillerie de longue portée contre le dispositif de défense adverse. Les petits drones tueurs, faciles à acquérir, deviennent une menace majeure, car peu détectables et donc difficiles à neutraliser. L’armée de Terre développe un concept de lutte anti-drones amovible et déployable sur un théâtre d’opération extérieure, à savoir tir de projectiles ou brouillage selon les cas. Les programmes en cours portent sur des nanodrones, plus discrets et de grande qualité d’images pour les unités au contact, afin de créer un écosystème propre, et les minidrones, utilisables par une équipe de trois personnels pour le renseignement. A l’avenir, des systèmes de drones plus automatisés permettront d’alléger le télépilotage. En outre, l’emport d’autres charges utiles et une mise en œuvre différente devraient faciliter la préparation de la mission.

Marine nationale. Pour soustraire l’homme à la menace, les drones navals doivent pouvoir aller sur diverses zones dangereuses ou en profondeur pour effectuer mesures et prélèvements, explique le capitaine de vaisseau Desfougères. Déjà, un drone sous-marin américain muni de bras articulés peut descendre à 4.000 m de profondeur et bientôt 6.000 m, pour récupérer un aéronef ou des matériels sensibles. Démultiplicateur de capacité, un navire mère met en œuvre plusieurs drones de surface. Un drone sous-marin autonome pourra remorquer un sonar de 150 m de long. La torpille russe Poseidon, autonome et à propulsion nucléaire, pourrait transporter une bombe atomique pour rendre une zone côtière inhabitable. Les drones tactiques des forces spéciales lancés à la main sont récupérés en mer en fin de mission. Les microdrones Parrot sont utilisés, de jour comme de nuit, depuis un navire de surface pour l’action de l’Etat en mer (pêche illégale et pollution). Afin d’allonger la capacité de détection des capteurs (système optronique et système d’identification automatique) pour éviter les méprises, un drone aérien est catapulté d’une frégate puis récupéré par un filet installé à l’arrière. Vers 2025, un drone à voilure tournante complètera l’action de surveillance et de combat de l’hélicoptère embarqué sur une frégate. A terme, un drone aérien lourd pourra être tiré d’une frégate ou d’un sous-marin en plongée. Le porte-avions de nouvelle génération pourra emporter le drone MALE nEUROn et le SCAF (système de combat aérien futur).

Ressources humaines. Les formations de pilotes de drones et d’opérateurs capteurs, du microdrone au drone tactique d’un rayon d’action de 150 km, s’effectuent à Salon-de-Provence et celles des drones lourds (5 t et au-delà de 150 km) à Cognac, indique le lieutenant-colonel Lebailleur. Les retours d’expérience, recherches et innovation permettent de les améliorer.

Loïc Salmon

Drones : préparer le combat aérien de demain

Armée de Terre : choix du « Patroller » comme futur système de drones tactiques

Marine nationale : les drones aériens embarqués, une plus-value opérationnelle




02ème Régiment étranger de parachutistes

Le 2ème Régiment étranger de parachutistes (2ème REP) est l’héritier du 2ème Bataillon étranger de parachutistes (2ème BEP) qui fut créé, le 1er octobre 1948 à Sétif. Il est titulaire de la croix de Guerre des théâtres d’opérations extérieurs avec 6 palmes et de celle de la Valeur militaire avec 4 palmes et 1 étoile d’argent. Il porte les fourragères de la Légion d’honneur et de la Valeur militaire.

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36ème Escadron de détection et de contrôle avancé

Le 36ème Escadron de détection et de contrôle avancé « Berry » (EDCA) fait partie de la 36ème Escadre de commandement et de conduite aéroportée, créée le 3 septembre 2014 sur la base aérienne d’Avord. Celle-ci inclut également l’Escadron de soutien technique aéronautique et l’Escadron d’expertise technique centralisé. Deux escadrilles de l’EDCA ont obtenu la croix de Guerre TOE. Lui-même est titulaire de celle de la Valeur militaire.

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Ecoles vétérinaires

La France compte quatre écoles nationales vétérinaires : l’École de Lyon, première école vétérinaire du monde, fondée en 1761 par l’écuyer Claude Bourgelat, devenue en 2010 Vet Agro Sup ; l’École d’Alfort, également créée par Bourgelat en 1765 ; l’École de Toulouse, fondée en 1828 ; l’École de Nantes, créée en 1979, devenue en 2010 Institut supérieur d’enseignement et de recherche en alimentation, santé animale, sciences agronomiques et de l’environnement, Nantes-Atlantique (Oniris).

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11ème Régiment d’artillerie de marine

Le culte de la mission, le goût pour l’engagement physique et moral, l’allure dans le comportement et la camaraderie au quotidien caractérisent le 11ème Régiment d’artillerie de marine.

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Brazzaville, capitale de la France libre…en 1940

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