Armée de l’Air et de l’Espace : l’innovation pour gagner le combat aérospatial

L’innovation dans le domaine aérien militaire vise à moderniser les capacités, préparer le combat futur et valoriser le personnel, en tenant compte de l’évolution du contexte stratégique et des menaces.

Le colonel Arnaud Déné, commandant en second du Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM), et le colonel Alexandre Ribot, directeur « technique et innovation » du CEAM, l’ont expliqué à la presse le 7 novembre 2025 à Paris.

Le Centre d’expertise aérienne militaire. Le CEAM doit remplir trois grandes missions, indique le colonel Déné. D’abord, il expérimente chaque nouvel équipement livré à l’arme de l’Air et de l’Espace (AAE) pour augmenter un peu son rendement opérationnel. Ensuite, il développe les expertises opérationnelles et les tactiques pour améliorer la préparation des forces. Enfin, il pilote l’innovation dans le domaine opérationnel et l’entraînement. L’innovation planifiée, expression d’un besoin, est prise en compte dans un programme d’armement, une étude technico-opérationnelle ou un programme technologique de défense. En liaison avec les industriels et les mondes académique et de la recherche, le CEAM (750 personnes et 70 métiers) développe des laboratoires dans la lutte anti-drones (Battle Lab Drone), les outils de commandement et de conduite (C2 Factory), la guerre électronique (exercice « Black Crow ») et le facteur humain (médecine aéronautique et recherche biomédicale des armées). L’innovation ouverte se présente sous la forme participative par la captation d’initiatives au sein de l’AAE dans huit domaines : opérations et entraînement ; maintien en condition opérationnelle ; commandement et conduite, ressources humaines ; simplification et organisation du travail ; transition écologique ; spatial ; protection des forces. Elle fournit aux industriels et chercheurs des espaces sur les bases aériennes pour mettre en œuvre sans risque leurs outils de conception et de fabrication. Cela permet de comprendre les limitations d’une nouvelle technologie et ainsi d’améliorer la définition d’un besoin.

Le développement capacitaire. L’AAE occupe le terrain de l’innovation, du numérique et de l’intelligence artificielle, souligne le colonel Ribot. Parmi les nombreux projets élaborés en interne, quatre, apparemment simplistes, présentent une véritable plus-value opérationnelle. « Hélibox » permet des livraisons par air de colis de vivres et de matériels jusqu’à 20 kg. Son conditionnement particulier le fait enter en rotation pour assurer un profil aérodynamique, sans utiliser de parachutes réservés pour d’autres matériels plus lourds. A bord de l’avion de transport tactique A 400 M, la tablette numérique « Cargo Ready » effectue les calculs de centrage des chargements, intégralement, sans erreur et rapidement, à la place de deux opérateurs. Pour la sûreté aérienne, le « Bras Strike Hélicoptère » stabilise le tireur d’élite embarqué à la place d’un opérateur. Le retrait du poids de ce dernier permet d’emporter plus de carburant et d’améliorer l’autonome de vol. Sur un théâtre d’opérations, « FR Ace », constitué d’adaptateurs techniques (quelques kg) aux groupes électrogènes et systèmes de traçage d’un pays allié, permet d’éviter d’emporter les siens (plusieurs tonnes) et ainsi de réduire l’empreinte logistique. Dans le cloud de combat du CEAM, « ISR Box », connecté au Centre de commandement et de conduite des opérations aérospatiales de Lyon-Mont Verdun, permet de partager la situation tactique au sein de l’équipage d’un drone Reaper (pilotage et recueil de données géographiques très précises). L’intelligence artificielle est en cours d’expérimentation. Pour l’aviation de combat, un Mirage 2000 D au cockpit rénové embarque un calculateur capable d’agréger des applications numériques diverses. L’unité de développeurs informatiques du CEAM code le besoin opérationnel et met à jour ces applications tous les neuf mois.

Loïc Salmon

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Armée de l’Air et de l’Espace : protection et lutte anti-drones




Dossier nucléaire : le cas spécifique de l’Iran

L’annonce, le 2 novembre 2025, de la reprise des essais nucléaires par les États-Unis et l’attaque israélo-américaine contre des sites nucléaires et balistiques de l’Iran (13-25 juin) remettent en question la sécurisation du monde, dans un contexte d’affaiblissement du multilatéralisme et du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), ratifié par 191 pays.

Wendy Ramadan-Alban, déléguée au développement international de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, l’explique dans une note publiée le 26 juin 2025 par la Fondation pour la recherche stratégique.

La crise du nucléaire iranien. En 2019, les États-Unis se sont retirés du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaires (500 km-5.500 km) qu’ils avaient conclu avec l’Union soviétique en 1987. Tous les pays disposant officiellement de l’arme nucléaire (Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Inde, Pakistan et Corée du Nord) modernisent leurs arsenaux. Dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne, le retrait américain incite d’autres pays en Europe et en Asie, pourtant alliés des États-Unis, à se doter d’un armement nucléaire. Quoique membre fondateur du TNP dont il ne s’est pas retiré, l’Iran est parvenu au seuil de la fabrication de l’arme nucléaire en 2022. Une « crise du nucléaire iranien » débute en 2002, lorsqu’un opposant au régime des Mollahs révèle l’existence de deux sites nucléaires en construction non déclarés à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à savoir le réacteur en eau lourde d’Arak et l’usine d’enrichissement de l’uranium de Natanz. Un rapport de l’AIEA, daté de juin 2003, indique que l’Iran dispose alors de 1,8 t de matières nucléaires correspondant à 0,13 kg effectif d’uranium et qu’elles doivent encore être traitées avant d’être utilisables comme produits fissiles. Toutefois, la non-déclaration de la construction du site de Natanz est considérée comme violant le « code modifié 3.1 » des Arrangements subsidiaires aux Accords de garanties généralisées. Introduit dans les années 1990, le code modifié 3.1 requiert que les États soumettent à l’AIEA les informations relatives aux installations nucléaires, dès que la décision de les construire a été prise ou autorisée. L’Iran ne reconnaît pas ce code, alors que l’AIEA le considère comme obligatoire. Dès 2003, l’Allemagne, à l’époque principal partenaire commercial de l’Iran, la France et la Grande-Bretagne unissent leurs efforts diplomatiques envers l’Iran au sujet de son programme nucléaire. En 2006, la Chine, la Russie et les États-Unis les rejoignent pour constituer le « P5 + 1 », à savoir les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne. L’Égypte, dans les années 1980, et la Corée du Sud, en 2004, n’ont pas respecté les Accords de garanties généralisées, mais l’Iran est le seul des pays non-détenteurs de l’arme nucléaire à faire l’objet de résolutions de l’ONU en vertu du chapitre VII à partir de 2006. Ce dernier autorise le Conseil de sécurité à constater l’existence d’une menace contre la paix, d’une rupture de la paix ou d’un acte d’agression et à prendre des mesures militaires et non militaires pour rétablir la paix et la sécurité internationales. Grâce aux Accords de garanties généralisées, l’AIEA définit les modalités précises de sa mission de surveillance pour s’assurer du respect, par les pays non-détenteurs de l’arme nucléaire, des objectifs de non-diversification prévus par le TNP. En 2015, les États-Unis, lors de l’administration Obama (2009-2017), lancent une initiative diplomatique débouchant sur l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, plan d’action global commun connu sous l’acronyme JCPoA en anglais. Cet accord prévoit de garantir le droit à l’Iran d’enrichir de l’uranium sur son sol à un taux de 3,67 %. A titre indicatif, il faut 3 % à 5 % d’uranium 235 pour faire fonctionner une centrale nucléaire civile mais 20 % pour fabriquer une arme. Les États, qui en disposent, enrichissent l’uranium à 90 %. En 2019, les États-Unis se retirent de l’Accord de Vienne sous la première administration Trump (2017-2021). Depuis, l’Iran s’est progressivement affranchi des termes du JPCoA, considéré comme caduc en raison du retrait des États-Unis et de l’incapacité des autres États parties à le réintégrer dans le commerce international. Toutefois, en avril 2025, Téhéran reprend les négociations avec Washington (seconde administration Trump). Les États-Unis demandent alors un démantèlement complet des capacités d’enrichissement de l’uranium et un contrôle de la militarisation potentielle du programme nucléaire, y compris les missiles balistiques. De son côté, l’Iran revendique son droit inaliénable à la maîtrise du cycle complet de l’uranium, de l’extraction du métal à son enrichissement et au retraitement des déchets. Il invoque l’article IV du TNP qui prévoit le soutien de l’AIEA au nucléaire civil pour les pays signataires.

L’État voyou par excellence. Sous le régime impérial du Shah, l’Iran est considéré par les États-Unis comme un État « paria », qui se comporte brutalement vis-à-vis de sa propre population. En 1979, la République islamique d’Iran prend en otage le personnel de l’ambassade américaine à Téhéran pendant 444 jours. L’image du pays se dégrade sur la scène internationale au point que les administrations américaines successives le qualifient d’État « non respectueux des règles » au mieux et d’État « voyou » au pire. Ces termes désignent un État dont les comportements sont jugés menaçants pour la sécurité internationale, s’il poursuit un programme de destruction massive, utilise le terrorisme comme instrument politique ou représente une menace contre les intérêts occidentaux. Selon la doctrine de politique étrangère de l’administration Clinton (1993-2001), deux groupes d’États évoluent sur la scène internationale : les « rationnels » à traiter par la diplomatie et les « agressifs » ou « voyous » à contenir. Parmi ces derniers, figuraient l’Iran, l’Irak, la Corée du Nord et la Libye. En 2003, l’opération internationale « Iraqi Freedom », dirigée par les États-Unis (administration Bush fils) renverse le régime irakien. La Corée du Nord, qui fait l’objet de sanctions diverses, n’a pas de relations diplomatiques avec les États-Unis depuis sa création en 1948. Elle est sortie du TNP en 2003 et a procédé à son premier essai nucléaire souterrain en 2006. La Libye et l’Iran ont réprimé leur population, promu une idéologie révolutionnaire anti-occidentale et utilisé les attentats, en Occident ou à contre des emprises occidentales chez eux, comme instruments de leur politique étrangère. Ils ont fait l’objet de sanctions et subi des attaques militaires par les États-Unis. Tous deux parties au TNP, ils ont développé un programme nucléaire. Toutefois, la Libye a accepté de démanteler le sien en décembre 2003 et normalisé ses relations diplomatiques avec les États-Unis, qui ont levé leurs sanctions en septembre 2004. En outre, elle a signé un mémorandum d’entente avec la France, en 2007, portant sur la coopération dans le domaine des applications pacifiques de l’énergie nucléaire. De son côté et après douze ans de négociations, l’Iran a conclu, en 2015, un accord avec les P5+1 (voir plus haut) visant à limiter son programme nucléaire à des fins civiles en échange de la levée des sanctions. En 2018, quoique l’AIEA ait constaté que l’Iran ait respecté ses engagements, les États-Unis ont rétabli une campagne de pression maximale contre l’Iran. Ils ont justifié leur décision d’abord par la durée trop limitée de certaines restrictions. Ensuite, ils ont estimé que le JPCoA ne traitait pas suffisamment des actions de l’Iran jugées déstabilisatrices dans la région. Il s’agissait du développement du programme de missiles balistiques et du soutien de l’Iran aux mouvements islamistes (Hezbollah au Liban, Hamas dans la bande de Gaza et Houthis au Yémen). Dans les années 2000, les analyses de la prolifération nucléaire se sont concentrées sur la « rationalité » des États et soulignent le caractère « ambigu » du comportement de l’Iran dans ce domaine pour des raisons religieuses.

Loïc Salmon

Moyen-Orient : la confrontation Israël-Iran de juin 2025

CEMA : les menaces des grands pays compétiteurs

Moyen-Orient : rivalités entre Arabie Saoudite, Iran et Turquie




MÉDECIN GÉNÉRAL INSPECTEUR VALÉRIE ANDRÉ

Titulaire des croix de Guerre TOE et de la Valeur militaire

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Escadron de chasse 3/11 « Corse »

L’Escadron de transition opérationnelle 2/8 «Nice» est titulaire des croix de Guerre 1939-1945 avec 4 palmes de bronze et des théâtres d’opérations extérieurs avec 1 palme de bronze.

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05ème Régiment étranger

Croix de Guerre 1939-1945 avec une palme et des Théâtres des opérations extérieurs avec deux palmes.

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HAUBOURDIN | Mars 2025

 

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École nationale supérieure des mines de Paris

École nationale supérieure des mines de Paris (ENSMP), décorée des croix de Guerre 1914-1918 et 1939- 1945 et, à ce titre, membre de l’ANCGVM, a célébré le 19 novembre

 2024 la mémoire de son ancien élève, l’ingénieur résistant Jacques Bingen, compagnon de la Libération, né en 1908 à Paris et mort pour la France en 1944 à Chamalières.

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Écoles militaires de santé de Lyon-Bron

 

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COMMANDO KIEFFER – 177 VISAGES DU JOUR «J»

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Rôle et évolution de la Gendarmerie maritime durant les deux guerres mondiales

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