Chaque année 159.000 visiteurs se rendent au Mémorial du Mont-Valérien, au Mémorial des martyrs de la Déportation, au Mémorial de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie et au Monument aux morts pour la France en opérations extérieures.
Le 14 octobre 2025, le ministère des Armées et l’Office national des combattants et victimes de guerre ont organisé une visite guidée dans ces Hauts lieux de la mémoire nationale, dont trois sont à Paris.
Mémorial du Mont-Valérien. Situé à Suresnes (banlieue parisienne), ce Mémorial de la France combattante est dédié aux « Morts pour la France » de 1939 à 1945. Le Fort du Mont-Valérien fut le lieu où 1.108 hommes ont été fusillés entre 1941 et 1944. Extraits des prisons et des camps d’internement, les condamnés étaient conduits dans une clarière en contrebas où se dressaient les poteaux d’exécution. Trois photos, prises clandestinement le 21 février 1944 par un sous-officier allemand de la Feldgendarmerie, montrent des hommes du « groupe Manouchian » (Francs-tireurs et partisans de la main d’œuvre immigrée), attachés, les yeux bandés et fusillés par un peloton de soldats allemands en présence d’un médecin militaire. Sur l’une d’elles, figure, de dos, l’abbé Franz Stock, aumônier des prisons parisiennes qui a apporté un soutien moral à de nombreux condamnés. Il deviendra une figure de la réconciliation franco-allemande. Les corps étaient répartis dans différents cimetières de la région, afin d’éviter que les tombes deviennent un lieu de pèlerinage. Parmi les 1.008 fusillés, 40 % étaient des otages et 60 % des condamnés à mort par des tribunaux militaires allemands. En outre, 65 % étaient communistes, 17 % juifs et 20 % étrangers, certains issus de réseaux, organisations et mouvements clandestins. Leurs noms sont inscrits sur un monument de bronze en forme de cloche, face à une chapelle transformée en musée. Derrière une grande croix de Lorraine en pierre, une crypte abrite dix-sept cercueils.
Mémorial des martyrs de la Déportation. Entre 1933 à 1945, 15 à 20 millions de personnes ont été emprisonnées ou ont péri dans 40.000 sites en Europe et en Afrique du Nord. Situé à la pointe de l’île de la Cité, le Mémorial évoque le souvenir des déportés de la France vers l’Allemagne à partir de1943 et estimés aujourd’hui à 170.000, dont plus de 75.000 Juifs envoyés directement au camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau (Pologne). Une galerie présente le système concentrationnaire nazi, conçu pour terroriser, réprimer, « rééduquer » ou servir l’économie du IIIème Reich. Mal nourris, plongés dans un univers violent et placés au travail forcé, les détenus meurent en grand nombre dans les camps.
Mémorial de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie. Après de nombreux combats, les protectorats de Tunisie (depuis 1881) et du Maroc (depuis 1912) acquièrent leur indépendance en 1956. La guerre d’Algérie (1954-1962) a mobilisé deux millions de soldats français. Le Mémorial concerne la période 1952-1964, car des massacres ont eu lieu en violation des accords d’Évian (19 mars 1962). Situé près de la tour Eiffel, il consiste en une grille de couleurs bleue, blanche et rouge avec trois colonnes : la première fait défiler, en bleu, les 23.000 noms des soldats français et supplétifs (harkis) tués ; la deuxième ceux, en blanc, des victimes civiles ou disparues ; la troisième permet d’appeler, à partir d’un écran tactile, un nom en rouge.
Monument aux morts pour la France en opérations extérieures. Situé dans un jardin public près du ministère des Armées, ce monument rappelle les engagements de la France depuis1963. Outre six représentants en bronze de la Marine nationale et des armées de Terre et de l’Air portant un cercueil invisible (photo), il inclut un mur avec les noms des morts pour la France…loin de ses frontières.
Loïc Salmon
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