Résistance et dissuasion

Le refus de subir une défaite similaire à celle de 1940 se trouve à l’origine de la dissuasion nucléaire, dont les capacités scientifiques et techniques résultent de décisions politiques et militaires pour assurer l’indépendance de la France et son autonomie stratégique.

Cette question avait fait l’objet d’un colloque organisé, le 5 octobre 2017 à Paris, par la Fondation pour la recherche stratégique et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). A la veille de la seconde guerre mondiale, les applications militaires de l’énergie nucléaire font l’objet d’études en Grande-Bretagne, en France et…en Allemagne ! Ces deux dernières commencent par engager la bataille secrète de « l’eau lourde » (atome d’hydrogène remplacé par celui du deutérium, deux fois plus lourd), produit qui ralentit la réaction en chaîne au sein d’un réacteur nucléaire. En 1940, une mission française réussit à exfiltrer le stock mondial d’eau lourde existant, soit 185 litres, de Norvège à l’Angleterre via le port de Bordeaux. Le même bateau transporte aussi les 8 t d’oxyde d’uranium dont dispose la France. En outre et sous les pressions françaises, l’Union minière du Haut-Katanga (Congo, colonie belge), où se trouve la plus grande réserve connue d’uranium, en livre un stock important aux Etats-Unis, lequel sera utilisé lors de la mise au point du programme « Manhattan » pour bombarder le Japon en 1945. Les principaux physiciens français de l’atome entrent tous dans la Résistance : le prix Nobel Frédéric Joliot, en France pendant toute la guerre ; Hans Halban, Lew Kowarski, Jules Guéron, Pierre Auger et Bertrand Goldschmidt, au sein de la France libre. Halban et Kowarski, qui avaient acheminé les 26 bidons d’eau lourde, poursuivent leurs travaux aux Laboratoires de Cambridge puis de Montréal, dans le cadre du programme « Tube Alloys ». Dès décembre1940, ils démontrent la possibilité d’une réaction en chaîne par neutrons lents, au moyen d’un mélange d’oxyde d’uranium et d’eau lourde, expérience que les savants allemands ne réaliseront qu’en 1944. Seul Français admis à travailler quelques mois aux Etats-Unis mais sans contact direct avec le programme « Manhattan », Goldschmidt y acquiert l’expérience de la chimie du plutonium, déterminante dans les débuts du futur CEA. En juillet 1944 et dans le plus grand secret, les scientifiques français, présents à Ottawa, informent le général de Gaulle, alors en voyage au Canada, de l’état d’avancement sur l’arme nucléaire. Vu que celle-ci donnerait aux Etats-Unis un avantage considérable dans le monde après la guerre, ils recommandent de reprendre les recherches correspondantes en France au plus vite et de lancer une prospection sur les ressources d’uranium à Madagascar, colonie française. Le 20 août 1944, le chef de la France libre nomme Joliot à la tête du Conseil national de la recherche scientifique et, en octobre 1945, crée le CEA destiné à assurer l’indépendance énergétique de la France. Les recherches sur le nucléaire militaire se développent secrètement à partir de 1954, surtout après les menaces soviétiques et américaines consécutives à l’opération militaire franco-britannique à Suez en 1956 pour reprendre le contrôle du canal, nationalisé par le gouvernement égyptien. De retour au pouvoir, le général de Gaulle souligne, en 1959, l’autonomie de la « force de frappe », reposant sur une capacité immédiate et permanente et garantissant sécurité du territoire et initiative en matière de politique étrangère. La dissuasion nucléaire perdure depuis 1964.

Loïc Salmon

« Résistance et dissuasion », ouvrage collectif. Editions Odile Jacob, 396 pages, 22€. 

Dissuasion nucléaire : assurer à la France son indépendance

Stratégie : la dissuasion, nucléaire pour longtemps

Dissuasion nucléaire : pertinence pérenne et retombées pour les armées

 




Exposition « Raymond Depardon 1962-1963, photographe militaire » à Paris

Déjà connu professionnellement avant, Raymond Depardon réalise, pendant son service militaire, un « tour de France des armées » en plus de 2.000 photos pour Terre, Air, Mer magazine (TAM).

En août 1960, envoyé en Afrique par l’agence photographique Delmas pour suivre « SOS Sahara », mission d’étude de la résistance du corps humain à la chaleur, il assiste au sauvetage d’un groupe de soldats appelés du contingent, perdus sans eau dans le désert. Le 3 septembre suivant, dix de ses photos sont publiées dans l’hebdomadaire Paris-Match sous son nom, alors qu’il n’a que 18 ans ! De passage à Alger, il rencontre des photographes militaires l’incitant à demander à effectuer son service militaire au journal Bled, qui deviendra TAM, deux ans plus tard. Appelé sous les drapeaux en mars 1962, Depardon effectue quatre mois de classe au 37ème Régiment d’infanterie de Sarrebourg puis, en juillet, est affecté à la rédaction parisienne de TAM, avec le grade de brigadier, jusqu’en août 1963. Ce magazine, que tous les militaires reçoivent, emploie notamment de futures célébrités comme le journaliste Philippe Labro ou le publiciste Jacques Séguéla. L’exposition présente leur témoignage audiovisuel. « On était en civil et très libres, se souvient Labro, on apprenait notre métier de reporter, qui rapporte ce qu’il a vu et entendu. ». « J’ai découvert que je savais écrire », déclare Séguéla, hilare. « On était tous tentés de faire des images en mouvement, souligne Depardon (photo) lors du vernissage de l’exposition le 30 septembre 2019, j’étais dans une période charnière à la fin de la guerre d’Algérie. » Equipé d’un appareil photo 120 mm reflex utilisant du film 6X6, il retrace cette période jusqu’en août 1963. Au cours de ses 51 reportages, il embarque notamment sur l’escorteur Le-Picard, fait l’ascension du Mont-Blanc avec les troupes de montagne, suit l’entraînement du 1er Bataillon parachutiste de choc en Corse, se rend à l’Ecole des enfants de troupe d’Aix-en-Provence et à la base aérienne de Cognac et couvre l’instruction du 404ème Régiment d’artillerie anti-aérienne à Valence. Son expérience de photographe militaire lui sert ensuite lors de la couverture de la guerre du Viêt Nam en 1964, dont certaines de ses photos sont publiées dans le quotidien américain New York Times. En 1966, il crée l’agence Gamma, qu’il quittera en 1978 pour rejoindre l’agence Magnum. En 1969, Depardon commence une carrière de cinéaste avec un court-métrage documentaire en Tchécoslovaquie, un an après la répression soviétique du Printemps de Prague. En 1974, il se rend au Tchad pour prendre des photos et réaliser le film « Les révolutionnaires du Tchad », dont le retentissement international contribuera à la libération, en 1977, de l’ethnologue Françoise Claustre, retenue en otage depuis trois ans. En 1978, il photographie la guerre civile au Liban et en Afghanistan.

Loïc Salmon

L’exposition « Raymond Depardon 1962-1963, photographe militaire » (1er octobre 2019-30 janvier 2020) se tient au Musée du Service de santé des armées dans l’Ecole du Val-de-Grâce à Paris. Outre une centaine de photos, elle présente des documents d’archives de films et d’entretiens audiovisuels. Une exposition similaire a lieu au Musée national de la Marine à Toulon (17 mai-31 décembre 2019). Ces deux événements sont organisés par l’Etablissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense, le Musée national de la Marine, l’Ecole du Val-de-Grâce et la Direction des patrimoines, de la mémoire et des archives.

(www.depardon1962.fr)

Exposition « Images interdites de la Grande Guerre » à Vincennes

100 ans de photographie aux armées

Henri Gouraud, photographies d’Afrique et d’Orient




Les canons de l’élégance

Devoir de distinction, goût du prestige, grandeur du statut guerrier et éclat du triomphe se manifestent par la beauté de la tenue du soldat, que ses décorations valorisent. L’arme, outil du combat, peut devenir œuvre d’art et même cadeau diplomatique.

« Etre élégant participe d’une forme de dissuasion, une troupe à l’allure martiale impressionne l’adversaire. Le message est puissant » (Général Thierry Burkhard, chef d’état-major de l’armée de Terre). En son temps, le général Marcel Bigeard (1916-2010) avait amélioré la coupe des treillis des parachutistes et créé la casquette qui porte son nom, renforçant ainsi leur aura. L’uniforme apprend au jeune officier à être regardé et à assumer le regard des soldats. Repéré par tous, il doit montrer l’exemple en temps de paix et surtout de guerre. Sur le terrain ou au milieu des combats, le chef militaire d’aujourd’hui se distingue difficilement, pour éviter d’être une cible prioritaire pour l’adversaire. Les moyens modernes de transmission et une position géographique adaptée lui offrent une meilleure vue d’ensemble sur le terrain, ses soldats souvent dispersés et l’ennemi. En France, l’uniforme s’est imposé par une réforme de 1662. A l’époque, le chef doit être vu en train de payer de sa personne. Il est signalé par des soldats portant bannières, étendards ou drapeaux. Ses ordres doivent être entendus par des sonneries, rapidement réglementées, ou des roulements et battements de tambour pour donner le rythme de la marche et le style de l’action. Au Moyen-Age, le roi de France cumule les fonctions de souverain et de chef militaire sur le champ de bataille. Pour éviter une crise politique majeure en cas de revers, la charge de « connétable » est instituée en 1060, donnant à un gentilhomme, devenu premier officier du royaume, délégation pour commander les armées en l’absence du roi. Au cours d’une investiture solennelle, il reçoit une épée au fourreau et au baudrier ornés de fleurs de lys, soulignant sa valeur symbolique. La dignité de connétable sera remplacée par celle de « maréchal » en 1626. Toutefois pour rappeler leur prééminence, les rois se font représenter avec une épée d’apparat au côté. Lors de l’ouverture des Etats généraux en 1789, Louis XVI en porte une décorée de diamants. En 1798, le Directoire réglemente l’uniforme des chefs militaires et généralise le don d’armes d’honneur comme « récompense nationale ». En 1804, Napoléon reçoit de Suède un sabre richement ouvragé, rappelant ses exploits militaires en Europe et en Egypte, comme jeune général puis Premier consul. L’empereur l’emporte à Sainte-Hélène en 1815 et, à sa mort, le confie au général Bertrand, qui le remettra à Louis-Philippe en 1840. Le maréchal Joffre, quoiqu’écarté des responsabilités militaires en 1916, jouit d’une réputation internationale intacte. Elle se manifeste par les épées d’honneur qu’il reçoit au cours de ses voyages aux Etats-Unis en 1917, à Paris et Perpignan en 1919, en Roumanie, en Serbie, au Portugal et en Espagne en 1920, en Indochine, au Siam, au Japon, en Corée et en Chine en 1921. L’ambassadeur d’Argentine lui offre un sabre en 1922. Les armes à feu de luxe deviennent aussi objet de cadeaux. Ainsi, le Premier consul distribue des fusils d’honneur avant de créer, en 1802, l’ordre national de la Légion d’honneur. Son neveu, Napoléon III, institue la Médaille militaire en 1852, réservée aux sous-officiers et…aux maréchaux de France ayant commandé en chef au feu.

Loïc Salmon

« Les canons de l’élégance », ouvrage collectif. Editions Faton et Musée de l’Armée, 384 pages, 49 €

Exposition « Les canons de l’élégance » aux Invalides

Histoire des décorations

Une certaine idée de la France…et du monde




Opex, des vies pour la France

L’indépendance de la France et sa liberté d’action nécessitent souvent des opérations extérieures (Opex), où de nombreux soldats projetés y ont laissé la vie pour les défendre.

L’Anopex (Association nationale des participants aux opérations extérieures) leur rend hommage par cet ouvrage, qui explique en détail les différentes Opex engagées de 1963 à 2019. La politique étrangère de la France, à savoir son rôle mondial pour prévenir les conflits ou les circonscrire rapidement, est caractérisée par le général Charles de Gaulle dès novembre 1945 : la diplomatie l’exprime, l’armée la soutient et la police la couvre. En conséquence, la protection du territoire national, métropole et outre-mer, et des axes de communications maritimes et aériens ainsi que la défense des intérêts français dans le monde requièrent une projection de forces. Président de la République (1958-1969), il renforce cette indépendance diplomatique par une dissuasion nucléaire autonome et la sortie du commandement militaire intégré de l’OTAN (1966). Le Livre blanc de la défense, publié en 1972 durant le mandat de son successeur, Georges Pompidou (1969-1974), présente la théorie des trois cercles. Le premier concerne le territoire national, protégé par la dissuasion nucléaire et les forces de défense opérationnelle du territoire. Le deuxième s’étend au glacis européen face au bloc soviétique. Le troisième englobe les départements et territoires d’outre-mer, dont le Centre d’expérimentation nucléaire du Pacifique et le Centre spatial guyanais, les forces pré-positionnées en Afrique, chez les Etats signataires d’accords de défense, et le libre passage sur les voies maritimes mondiales. Sous Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981), la politique internationale et de défense reste liée aux approvisionnements pétroliers des Proche et Moyen-Orient, accompagnés de ventes d’armes et de fourniture de matériel nucléaire, la France n’ayant pas encore adhéré au traité de 1968 sur la non-prolifération. En outre, des militaires français participent, sous casque bleu, à la Force intérimaire des nations unies au Liban (1978-1979). François Mitterrand (1981-1995) crée la Brigade franco-allemande et se prononce pour le déploiement des euromissiles en Allemagne de l’Ouest face aux SS 20 soviétiques jusqu’à la dissolution du Pacte de Varsovie (1991). Une division française participe à la guerre de libération du Koweït sous l’égide de l’ONU (1990-1991). Le retour d’expérience conduit à la réorganisation du renseignement militaire avec une dimension spatiale, qui renforce l’autonomie d’appréciation stratégique. La participation française au conflit des Balkans en 1993, sous drapeau de l’ONU, se poursuit jusqu’à l’élection de Jacques Chirac (1995-2007). Ce dernier engage un contingent français en Afghanistan (2002-2014) au sein la Force internationale d’assistance et de sécurité, sous commandement OTAN et décision de l’ONU, au nom de la lutte contre le terrorisme. Partisan du multilatéralisme, il refuse de suivre l’offensive anglo-saxonne en Irak (2003) sans mandat de l’ONU. Nicolas Sarkozy (2007-2012) crée le Conseil de défense et de sécurité nationale, qui définit les priorités en matière de renseignement, contre-terrorisme, programmation militaire, dissuasion et Opex. En 2009, la France réintègre le commandement militaire intégré de l’OTAN, pour peser sur son avenir et sur ses décisions en matière d’Opex. Toutefois, elle conserve l’autonomie de sa dissuasion nucléaire.

Loïc Salmon

« Opex, des vies pour la France », ouvrage collectif. Editions Historien-Conseil, 456 pages, 38 €.

Défense : la mort, au cœur de la singularité militaire

Engagés pour la France, opérations extérieures 1978-2018

Chefs d’Etat en guerre




Exposition « Le Chant des partisans » aux Invalides

Hymne de la Résistance française créé en 1943, le Chant des partisans suscite la marche et la mobilisation, conformément au souhait de sa compositrice Anna Marly.

Il sert d’abord d’indicatif à Honneur et Patrie, émission de radio de la France libre, diffusée par la BBC et à destination de la Résistance intérieure. Sifflée, sa mélodie échappe aux brouillages allemands. Quoiqu’inspiré par la lutte des partisans soviétiques à Smolensk contre la Wehrmacht en 1941, ce chant a été réalisé par…des « Russes blancs » réfugiés à Londres. Anne Marly (photo) compose et écrit, dans sa langue maternelle, une première version intitulée La marche des partisans. De son vrai nom Anna Betoulinskaïa (1917-2006), elle naît à Petrograd en état d’insurrection lors de la révolution bolchevique, émigre en France en 1921. Passée par le Conservatoire de Paris, elle devient chanteuse de cabaret en s’accompagnant de sa guitare et prend le nom de scène de Marly. Pendant la seconde guerre mondiale, elle gagne Londres et s’engage comme cantinière dans les Forces françaises libres puis au Théâtre aux armées. Elle fait la connaissance d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900-1969), officier de Marine puis journaliste. Ce dernier écrit la Complainte du partisan sur la musique d’Anna Marly et demande à Joseph Kessel de transcrire en français les paroles du Chant des partisans, en vue d’une diffusion clandestine en France. Joseph Kessel (1898-1979), dont les parents sont originaires de la Russie impériale, est né en Argentine. Engagé dans l’aviation lors de la première guerre mondiale, il rejoint les Forces aériennes françaises libres pendant la seconde. En avril 1943, Kessel se met au travail avec son neveu Maurice Druon (1918-2009), futur écrivain à succès et qui s’est évadé de France en 1942 avec lui pour rejoindre Londres, où il travaillera pour l’émission Honneur et Patrie. Pendant la rédaction du chant, son oncle lui déclare : « C’est peut-être tout ce qu’il restera de nous deux ». La chanteuse Germaine Sablon (1899-1985), compagne de Kessel, l’enregistre le 31 mai 1943. Pour sa diffusion, un document dactylographié précise les instructions sur le rythme et l’anonymat de ses auteurs…afin de laisser croire qu’il surgit du maquis de la France occupée. Ensuite, il sera repris, imité et arrangé à de multiples reprises par divers artistes ou groupes, dont il est possible d’écouter les interprétations dans le cadre de l’exposition. Ainsi, celle des Chœurs de l’Armée rouge donne l’impression d’une troupe qui s’avance puis disparaît dans la nuit. Germaine Sablon le chante avec des accents guerriers. Johnny Halliday alterne chant et paroles prononcées d’un ton martial. La Complainte du partisan connaît un grand succès après la guerre et devient célèbre dans le monde anglophone, grâce à la version de Leonard Cohen (1969) reprise par Joan Baez. En France, à partir de 1962, le Chant des partisans devient obligatoire dans les écoles comme les hymnes révolutionnaires, à savoir la Marseillaise (1792) et le Chant du départ (1794). Il est encore joué lors de cérémonies officielles.

Loïc Salmon

L’exposition « Le chant des partisans » (7 octobre 2019-5 janvier 2020) est organisée par et dans le musée de l’Ordre de la Libération aux Invalides à Paris. Elle présente des photographies, documents, objets et archives sonores. L’ensemble provient des collections du musée de l’Armée, de celui de la Légion d’honneur et des ordres de la chevalerie, de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) et du réalisateur audiovisuel Georges Mourier.

(www.ordredelaliberation.fr)

Exposition « De l’Asie à la France libre » aux Invalides

Nouvelles histoires extraordinaires de la Résistance

Femmes dans la Résistance




Le fusil à tirer dans les coins

Comment parler des armes et des combats avec rigueur et précision, retrouver le sens originel de termes guerriers entrés dans le langage courant, sans oublier anecdotes et humour ?

Ce recueil de « curiosités militaires » apporte des réponses pour approfondir sa culture…ou élargir son érudition !

Les armes. Dans l’Antiquité, l’éléphant d’une hauteur de 3 m, d’un poids de 5 t et capable de courir à 30 km/h, terrorise les chevaux par son odeur et ses barrissements. Ce char d’assaut vivant, utilisé dans les armées perses puis macédoniennes, perdure jusqu’au IIème siècle avant JC. Au Moyen-Age, l’arbalète, permettant de tuer à distance sans risque, est considérée comme l’arme des lâches par les chevaliers. Pourtant son efficacité se trouvait réduite par un temps de rechargement trois fois supérieur à celui d’un arc. Toutefois, 1.000 ans plus tôt en Chine, une arbalète à répétition, d’une cadence de tir de 10 coups en 15 secondes, a duré jusqu’à la généralisation de l’arquebuse au XVIème siècle. Pendant les croisades, les chevaliers atteints de la lèpre devaient obligatoirement rejoindre l’ordre hospitalier et militaire de Saint-Lazare à Jérusalem pour soigner les malades et combattre les Sarrasins, qui redoutaient la contagion de ces « morts-vivants », véritables armes bactériologiques. L’idée du fusil à tirer dans les coins remonte à la seconde guerre mondiale. Le canon, muni d’un embout courbe, et une visée périscopique permettent à l’équipage d’un char allemand d’abattre les poseurs de mines magnétiques. Aujourd’hui, pour le combat urbain, une société israélienne a mis au point un fusil au canon pivotant de 90 ° et équipé d’une caméra vidéo pour tirer à l’abri d’un mur. Des armes portent encore le nom de leur inventeur, comme le revolver de Samuel Colt (1814-1862) et le fusil d’assaut de Mikhaïl Kalachnikov (1919-2013). Toutefois, le nom de quelques machines de guerre a sombré dans l’oubli : le « gastrophète », ancêtre grec de l’arbalète ; le « couillard », catapulte pour lancer de lourdes pierres, des boules d’argile incendiaires ou des charognes ; le « War Wolf », catapulte de 10 m de haut envoyant des projectiles de 150 kg à 190 km/h à 200 m ; « l’hélépole », très haute tour de bois mobile, protégée, avec une passerelle pour déverser des combattants à la hauteur du rempart d’une ville.

Les amazones. Au cours du XIXème siècle, les rois du Dahomey disposent d’un corps de 6.000 soldates, entraînées au maniement des armes et au combat et tenues de rester vierges. En 1983, le colonel libyen Kadhafi crée une académie militaire féminine pour le recrutement de 400 femmes belles, vierges, cultivées, élégantes et pratiquant les arts martiaux. A sa mort, il s’avère que sa garde permanente de 40 amazones constituait son harem. L’Anglaise Flora Sandes (1876-1956), pilote de course automobile et grande voyageuse, s’engage comme infirmière en Serbie pendant la Grande Guerre, qu’elle termine comme combattante et…capitaine de l’armée serbe !

Le « roi-sergent ». Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume 1er (1688-1740), père du futur « despote éclairé » Frédéric II, crée un régiment d’infanterie composé exclusivement de soldats mesurant au moins 1,80 m, dont il exige qu’ils épousent des femmes de grande taille pour perpétuer sa « garde de géants de Potsdam ». Mais ces 3.000 hommes ne servent qu’à la parade. Le surnom du roi, qui le ridiculise de son vivant, vient de sa manie des détails des uniformes et des exercices militaires.

Loïc Salmon

« Le fusil à tirer dans les coins », Hughes Vial. Editions Pierre de Taillac, 192 pages, nombreuses illustrations, 19,90€. 

Histoires d’armes

Jeep militaires

Armée de Terre : des motos « baroudeuses » pour améliorer l’efficacité opérationnelle




Quel projet demain pour l’Union européenne d’aujourd’hui ?

Dans une mondialisation exacerbée, l’avenir de l’Union européenne pourrait passer par une amélioration de ses relations avec la Russie, face à la rivalité accrue entre les Etats-Unis et la Chine.

C’est ce qui ressort de l’ouvrage du Club Participation et Progrès. Les Etats-Unis placent le numérique au cœur de leur puissance économique et militaire et de leur influence politique et culturelle, soutenues par une communauté de renseignement (17 agences) à l’écoute permanente du monde. Avec son projet géopolitique « Belt and road initiative », plus connu sous le nom de « Nouvelles routes de la soie », la Chine aménage l’espace eurasiatique, l’Afrique et l’Amérique latine au moyen d’infrastructures ferroviaires, routières énergétiques, aériennes et maritimes. A partir du XVème siècle, l’Europe occidentale prend un essor croissant jusqu’à la première guerre mondiale. Ses Etats-nations connaissent des révolutions démographique, intellectuelle et industrielle lui assurant une supériorité en matière technique et de ressources naturelles. Du XVIème au XVIIIème siècle, ils projettent leur excédent de population dans des conquêtes coloniales en Amérique et en Inde. Au XIXème siècle, cette expansion imprime son empreinte (mines, agriculture et réseaux de transport) aux sociétés, cultures et territoires des trois quarts du monde. Grande-Bretagne, France, Espagne, Portugal, Pays-Bas, Allemagne et, modestement, Etats-Unis et Japon, les dominent. Le charbon, l’électricité et le pétrole permettent le développement de la sidérurgie, de la chimie, de l’industrie mécanique et de la grande entreprise. L’Europe acquiert la suprématie dans le commerce international et la finance mondiale. Le système monétaire repose sur l’étalon-or, contrôlé par la position dominante de la Banque d’Angleterre et la « City » de Londres. La première guerre mondiale met fin à l’hégémonie mondiale de l’Europe. Entre 1900 et 1919, le Japon a multiplié par cinq sa production manufacturière et développé ses exportations. Les Etats-Unis profitent des commandes de guerre et dégagent un énorme excédent commercial par ses ventes de céréales et de produits manufacturés à la France et la Grande-Bretagne. A l’issue du second conflit mondial, une moitié de l’Europe rejoint le bloc de l’Ouest, sous domination américaine, et l’autre moitié la sphère de l’Est, sous contrôle de l’URSS. L’Empire soviétique éclate en 1991 et la crise financière de 2007-2008 ébranle la prééminence des Etats-Unis. En 1948, la décolonisation a commencé et les anciennes puissances s’associent en une Organisation européenne de coopération économique, devenue l’Union européenne (UE). En 2018, celle-ci et les Etats-Unis représentent la moitié de la production mondiale et contrôlent 40 % des échanges. Les Etats-Unis voient le « Brexit » de la Grande-Bretagne, avec laquelle un accord commercial se négocie, comme une opportunité pour diviser les pays européens. Depuis un siècle, ils empêchent l’émergence, en Eurasie, d’une puissance capable de défier leur prépondérance mondiale. Ils enveloppent ce continent par les fronts est-européen et indopacifique et désignent donc la Chine et la Russie comme leurs adversaires stratégiques, malgré la fin de la guerre froide depuis 1991. Il s’agit de contrer une orientation de l’UE vers elles, en particulier vers la Russie, historiquement tournée vers l’Europe sauf pendant l’ère soviétique.

Loïc Salmon

« Quel projet demain pour l’Union européenne d’aujourd’hui ?», ouvrage collectif. Éditions L’Harmattan, 282 pages, cartes, 30 €

La puissance au XXIème siècle : les « pôles » du Pacifique

Chine : routes de la soie, un contexte stratégique global

Russie, alliance vitale




Ils ont fait la paix

Pour la première fois dans l’Histoire, les négociateurs du traité de Versailles de 1919 ont tenté de réaliser un ordre international, fondé sur le droit et la justice, et de léguer une organisation internationale pour préserver la paix.

Née en Europe, la guerre de 1914-1918 s’est étendue à l’Afrique, au Proche-Orient, en Asie et dans le Pacifique. A l’issue, les pays vainqueurs atteignent le nombre de 32 avec les « dominions », membres de l’Empire britannique de l’époque. La référence pour la paix future reste le Congrès de Vienne de 1815, qui a redessiné la carte de l’Europe. Mais, aux souverains de l’Ancien Régime, ont succédé les délégués de nations démocratiques, où les opinions publiques comptent. En Europe et au Proche-Orient, les Empires allemand, austro-hongrois et ottoman se sont effondrés. La Russie bolchévique, à l’avenir incertain, a succédé à l’Empire des tsars, démembré. Les Etats-Unis, intervenus tardivement en 1917, ont fait basculer le cours de la guerre, grâce à leurs effectifs massifs et leur puissance financière et industrielle. L’idéal élevé de la proposition américaine des « Quatorze Points » offre aux minorités des empires déchus l’espoir de devenir des Etats-nations. Mais il heurte les intérêts nationaux, souvent divergents, défendus par les diplomaties européennes. Pour la France, l’Allemagne reste le voisin belliciste et prédateur qui l’a envahie trois fois en un siècle (1815, 1870 et 1914). Le conflit lui a coûté 1,4 million de morts, de graves dégâts matériels et…plus de 7 Mds$ de dettes envers des pays alliés ! Outre la récupération de l’Alsace-Lorraine, annexée par l’Allemagne en 1870, elle obtient les colonies allemandes du Togo et du Cameroun et les mandats sur la Syrie et le Liban. Pour relier ses possessions du Nord (Egypte et Soudan) à celles du Sud (Rhodésie et Union sud-africaine), la Grande-Bretagne reçoit l’Afrique orientale allemande, à l’exception des provinces du Rwanda et du Burundi, confiées à la Belgique et voisines de son immense colonie, le Congo belge. Considérant le Proche-Orient comme partie d’un glacis protecteur de l’Empire des Indes, elle obtient les mandats de la Mésopotamie et de la Palestine, qui déboucheront plus tard sur la montée des nationalismes arabes et l’établissement d’un « Etat juif ». Le Japon obtient les mandats des îles ex-allemandes du Pacifique-Nord, la province chinoise du Shandong (annexée par l’Allemagne fin XIXème siècle) et la reconnaissance de son statut de grande puissance en Asie orientale. L’Allemagne a perdu 2 millions d’hommes et des territoires, subit de lourds prélèvements économiques et financiers, dont elle ignore en partie le montant, et se trouve désarmée militairement. Jugée responsable de la guerre, ses plénipotentiaires sont exclus des négociations et contraints de signer, le 28 juin 1919 à Versailles, un texte imposé, face à cinq soldats gravement blessés au visage. Alors que l’Allemagne avait capitulé sans condition, son opinion publique s’est laissée convaincre, par ses chefs militaires et la propagande, que son armée n’a pas été vaincue. Le « Diktat » de Versailles et la légende du « coup de poignard dans le dos » faciliteront son réarmement des années 1930. Le traité de Versailles a débouché sur l’éphémère « Société des nations », chargée de garantir la paix…sans force militaire. Pourtant, celle-ci aura donné naissance au Bureau international du travail (Genève) et au Tribunal international (La Haye), qui perdurent, puis à l’ONU (1945), mais cette fois avec des « casques bleus ».

Loïc Salmon

« Ils ont fait la paix », ouvrage collectif. Editions Les Arènes, 418 pages, cartes et photographies, 20€. 

Exposition « A l’Est, la guerre sans fin 1918-1923 » aux Invalides

La paix : ceux qui la font

Sécurité : la paix, une exception en construction permanente




Exposition « Eisenhower-De Gaulle » aux Invalides

Deux généraux contemporains, l’Américain Dwight Eisenhower (1890-1969) et le Français Charles de Gaulle (1890-1970), ont vu leur destin se croiser pendant la seconde guerre mondiale, puis au cours de leur carrière politique à la tête de leur pays.

Le jeune Charles ressent très tôt une vocation militaire et entre à Saint-Cyr en 1909. La même année, Dwight, qui travaille pour financer son entrée à l’université, apprend qu’elle est gratuite pour les écoles d’officiers et sera admis à l’Académie militaire de West Point en 1911. Tous deux sortis de leur école sous-lieutenant, de Gaulle en 1912 et Eisenhower en 1915, sont frustrés des combats de la Grande Guerre. Blessé plusieurs fois puis capturé en mars 1916 à Douaumont, le premier reste prisonnier en Allemagne jusqu’à l’armistice de 1918. Le second, instructeur aux Etats-Unis, n’obtient pas d’affectation sur le front européen. Le retour à la paix leur permet des affectations à l’étranger : de Gaulle en Pologne (1919-1921), en Allemagne (1927-1929) et au Liban (1929-1931) ; Eisenhower au canal de Panama (1922-1924), à Paris (1929) et aux Philippines (1933). Tous deux commencent une carrière d’écrivain militaire et préconisent l’arme blindée, pour éviter l’enlisement des tranchées. En 1929, Eisenhower profite de son affectation à Paris pour parcourir l’Europe, mais surtout les zones des combats de 1914-1918 en France, afin de réviser le « guide de la Commission des champs de bataille américains en Europe ». Persuadé d’une reprise de la guerre avec l’Allemagne, de Gaulle publie une analyse de sa défaite dans « La discorde chez l’ennemi » (1924) et plaide pour une armée professionnelle (effective en 2002 !) dans « Le fil de l’épée » (1932), « Vers l’armée de métier » (1934) et « La France et son armée (1938). La hiérarchie militaire n’apprécie guère leurs idées avant-gardistes et Eisenhower risque même la… cour martiale ! La seconde guerre mondiale les trouve généraux. En 1942, malgré l’inexpérience des troupes américaines, Eisenhower commande, avec succès, le débarquement des Alliés en Afrique du Nord. En 1943 à Alger, il rencontre de Gaulle, entré en politique depuis l’appel du 18 juin 1940. Contre l’avis de son gouvernement, il reconnaît les qualités d’homme d’Etat du chef de la France combattante soutenu par la Résistance intérieure, lequel apprécie sa valeur militaire et son sens de la diplomatie. Cette estime réciproque perdurera jusqu’à la fin de leur vie. En 1944, à la demande du chef de la France libre, le commandant en chef des forces armées en Europe accepte d’engager une division française au débarquement en Normandie et d’envoyer la 2ème DB libérer Paris. Tous deux exerceront deux fois la magistrature suprême : de Gaulle comme chef du gouvernement provisoire (1944-1946) et président de la République (1959-1969) ; Eisenhower comme président des Etats-Unis (1953-1961). Après l’avoir fait « compagnon de la Libération » (photo) en 1945, de Gaulle avait remis à Eisenhower une épée ayant appartenue…au général Bonaparte ! Trois autres Américains, engagés dans la France libre, seront faits compagnons de la Libération : John Hasey (1916-2005) qui fera carrière à la CIA ; l’acteur de cinéma Jacques Tartière (1915-1941), qui sera tué en Syrie ; l’ambulancier James Worden (1912-2004).

Loïc Salmon

L’exposition « Eisenhower-De Gaulle » (1er juin-29 septembre 2019), organisée par le musée de l’Armée, la Fondation Charles de Gaulle et la Eisenhower Presidential Library, se tient aux Invalides à Paris. (www.musee-armee.fr)

Une certaine idée de la France…et du monde

Les Français du jour J

Leclerc, du héros de guerre au diplomate




Bataillons de chasseurs

Anticiper pour obtenir la victoire par la vitesse et le choc, voilà ce qui caractérise les chasseurs à pied ou alpins, aux tenues bleues ou blanches légendaires.

A sa création en 1840, l’accès à cette infanterie d’élite exige d’être un soldat de 1ère classe au niveau sportif élevé, capable de tirer avec précision et sachant lire, écrire et compter. Quant aux officiers, ils devaient en plus connaître…l’allemand ! Le tir à la carabine à canon rayé d’une portée de 600 m, l’escrime à la baïonnette et le « pas gymnastique », cadencé à 140 pas par minute et devenu « pas chasseur », font partie de l’instruction. Les troupes de combat en montagne voient le jour en 1888. Les bataillons de chasseurs se battent sur tous les théâtres d’opérations et livrent plusieurs batailles : Afrique du Nord, Isly (1844) et Sidi-Brahim (1845, voir plus loin) ; Crimée, Sébastopol (1854-1855) ; Italie, Solferino (1859) ; Chine, Palikao (1860) ; Cochinchine (1861) ; Mexique (1862-1865) ; guerre franco-prussienne (1870-1871) ; Tonkin (1885-1888) ; Madagascar (1895) ; Maroc (1912-1914) ; Grande Guerre (1914-1918) avec attribution de 242 palmes, 5 fourragères de la Légion d’honneur, 24 de la Médaille militaire et 41 de la croix de Guerre ; Maroc , campagne du Rif (1925) ; seconde guerre mondiale, Norvège (1940), Belgique (1940) et plateau des Glières (1944) ; Indochine (1950-1952) ; Afrique du Nord (1952-1962) ; toutes les opérations extérieures depuis 1962. Pour les chasseurs, la plus mémorable bataille reste celle de Sidi-Brahim, où 79 hommes, sans vivres ni eau, repoussèrent les attaques des troupes de l’émir Abd el-Kader du 23 au 26 septembre 1845. Seuls neuf en réchappèrent, dont le clairon Rolland qui, fait prisonnier, avait sonné la « charge » au lieu de la « retraite », que lui avaient ordonnée les Arabes. De 1856 à 1974, une statue de chasseur à pied a été érigée au pont de l’Alma à Paris, à côté de celle du fameux « zouave », puis a été transférée dans le bois de Vincennes. « L’esprit chasseur », né de l’esprit de corps et de traditions spécifiques, a connu diverses interprétations depuis celle du duc d’Orléans, fils aîné de Louis-Philippe et à l’origine de la création du corps. Ont suivi celles du maréchal Franchet d’Espèrey (1856-1942), chef de corps du 18ème Bataillon de chasseurs, du maréchal Pétain (1856-1951), lieutenant au 24ème Bataillon puis capitaine au 3ème Bataillon, du président de la République Raymond Poincaré (1860-1934), officier de réserve aux 2ème, 11ème et 30ème Bataillons, et du maréchal Lyautey (1854-1934), chef de corps des 7ème et 14ème Bataillons de chasseurs alpins. Ce dernier a donné de l’esprit chasseur une définition qui claque comme un drapeau au vent : « L’esprit chasseur ? Mais c’est justement ce qu’en d’autres termes, j’ai toujours prôné. C’est d’abord l’esprit d’équipe, de « mon équipe ». C’est la rapidité dans l’exécution de gens qui pigent et qui galopent. C’est l’allant, c’est l’allure, c’est le chic. C’est, pour les chefs, le sens social du commandement, c’est l’accueil aimable. C’est servir avec le sourire, la discipline qui vient du cœur. C’est le dévouement absolu qui sait aller, lorsqu’il le faut, jusqu’au sacrifice total. ». Au château de Vincennes, dans la crypte du mémorial des chasseurs, se trouve leur unique drapeau, décoré de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire, des croix de Guerre 1914-1918, 1939-1945 et théâtres d’opérations extérieurs, de la croix de Guerre norvégienne et de la médaille italienne du Mérite de guerre.

Loïc Salmon

« Bataillons de chasseurs », Colonel Cyrille Becker. Editions Pierre de Taillac, 128 pages, nombreuses illustrations, 19,90€. 

01er Régiment de chasseurs

07ème Bataillon de chasseurs alpins

27ème Bataillon de chasseurs alpins