Terrorisme : les forces armées préservées de la radicalisation

L’étanchéité des armées vis-à-vis de la radicalisation islamique s’explique par leur métier au service de la nation et des valeurs républicaines et dans le respect de la loi. Les enquêtes préalables au recrutement renforcent la prévention.

C’est ce qui ressort d’un rapport d’information de la commission des lois de l’Assemblée nationale, élaboré par les députés Eric Diard et Eric Poulliat et rendu public le 27 juin 2019.

La loi SILT. La loi du 30 octobre 2017, qui renforce la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (SILT), permet de vérifier, tout au long de leur carrière, l’éventuelle radicalisation de personnels exerçant des missions relatives à la souveraineté de l’Etat. Le Service national des enquêtes administratives de sécurité donne son avis sur le recrutement, l’affectation, la titularisation des militaires, policiers, douaniers, officiers de port et agents de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. En cas de comportement devenu incompatible avec ses fonctions, la personne est mutée ou affectée à un autre emploi.

Les armées. Du fait de la menace grave sur la sécurité publique, l’enquête sur un militaire peut déboucher sur sa radiation des cadres ou la résiliation de son contrat. Toutefois, la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense considère comme faible le niveau de la menace de radicalisation liée à l’islam djihadiste sunnite au sein du ministère des Armées, tant du profil que du volume de personnels concerné. Au sein de l’armée de Terre, la radicalisation islamique ou politique (ultra-droite, surtout dans la réserve) est estimée à 0,05 %. Aucun risque de radicalisation au contact des populations lors d’opérations extérieures n ‘a été constaté. La proportion tombe à 0,03 % dans la Marine, car les périodes à terre restent trop courtes pour être propices au prosélytisme. Aucun marin n’est fiché « S ». Dans l’armée de l’Air, le nombre très limité de signalements de radicalisation concerne des militaires convertis à l’islam, surtout des hommes du rang. La très grande majorité des anciens militaires, candidats aux filières djihadistes, n’avait passé que peu de temps dans les armées et était partie en Irak et en Syrie plusieurs années après.

Une radicalisation protéiforme. Le rapport cite une étude, menée de septembre 2016 à décembre 2017 par des chercheurs de l’Université Paris X Nanterre et qui distingue quatre types de radicalité. La 1ère, qualifiée de « radicalité apaisante », concerne surtout les jeunes filles en quête de protection contre des violences subies ou des désordres familiaux. La 2ème, « radicalité rebelle », touche des enfants de familles plus protectrices, où l’adoption d’un discours radical répond à un besoin d’opposition au cadre familial. La 3ème, « radicalité agnostique », porte sur des garçons vivant dans des familles déstructurées et qui cherchent la revalorisation de soi par la            provocation, surtout envers les éducateurs. La 4ème, « radicalité utopique », concerne des enfants d’immigrés de la première génération et stables socialement. Leurs parents, plutôt ouvriers qualifiés ou artisans qu’ouvriers spécialisés, les poussent à réussir scolairement, afin de connaître une ascension sociale par procuration. Bons élèves du primaire au collège, ils résistent mal à la confrontation résultant de la compétition dans le secondaire et se sentent incapables de remplir le rôle que leurs parents attendent d’eux. Ils trouvent alors dans le djihadisme un vecteur pour porter la critique de l’école et de la famille.

Loïc Salmon

Terrorisme : impacts et enjeux du « cyberdjihadisme »

Terrorisme : compétence judiciaire dès la préparation

Terrorisme djihadiste : prédominance de la dimension psychoculturelle




Europe : une défense commune par des réalisations progressives et protéiformes

La défense de l’Europe inclut la solidarité euro-américaine dans le cadre de l’OTAN, le renforcement de sa propre base industrielle et technologique de défense et l’adhésion de ses peuples.

C’est ce qui ressort du rapport d’information de la commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense, rendu public le 3 juillet 2019 et élaboré conjointement par Ronan Le Gleut et Hélène Conway-Mouret.

Assistance et missions extérieures. Dans son article 42, paragraphe 7 (42§7), le Traité de Lisbonne (2009) rappelle l’engagement au sein de l’OTAN et stipule l’obligation d’aide et d’assistance des Etats de l’Union européenne (UE) à l’un de ses membres qui serait l’objet d’une agression armée sur son territoire. Après les attentats terroristes de 2015, la France a activé cet article et a obtenu des contributions : au Levant (Irak/Syrie), Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Lettonie et Italie ; au Mali, renforcement des moyens de la MINUMA (ONU) et de la Mission de formation de l’Union européenne (EUTM) et, pour l’opération « Barkhane », Allemagne, Belgique, Norvège et Autriche ; en République centrafricaine, Portugal au sein de la MINUSCA (ONU) et Pologne, Belgique et Espagne à l’EUTM ; au Liban, Finlande au sein de la FINUL (ONU). Ces assistances ont facilité l’opération « Sentinelle » sur le territoire national. En juin 2019, 10 missions civiles et 6 missions militaires de l’UE sont en cours au Moyen-Orient, en Méditerranée, dans l’océan Indien et les Balkans en Europe orientale et en Afrique.

Aller plus loin. Pour faire avancer la défense européenne avant d’y être contraint par une crise majeure, les rapporteurs énoncent douze propositions. La 1ère porte sur la rédaction collective d’un Livre blanc européen de la défense. La 2ème concerne la création d’une direction générale de la défense de l’espace, voire d’un commissaire européen spécifique. La 3ème recommande la multiplication des échanges et dispositifs de formation pour développer une vision stratégique commune, notamment par l’augmentation de la capacité d’accueil dans les écoles de guerre et la mise en place d’une Université d’été de la défense européenne pour les parlementaires. La 4ème porte sur la création d’un poste d’adjoint au Saceur (commandant suprême des forces alliées en Europe, OTAN) pour un représentant d’un Etat membre de l’UE. La 5ème vise à rendre les processus de planification capacitaire cycliques et cohérents avec ceux de l’OTAN. La 6ème consiste à relancer la politique de sécurité et de défense commune par l’approche globale, combinant les volets militaire, diplomatique, économique et d’aide au développement, et le renforcement des moyens de la capacité militaire de planification et de conduite. La 7ème recommande de veiller à ce que le Fonds européen de défense (13 Mds€ pour 2021-2027) ne serve que les intérêts industriels de l’UE. La 8ème réaffirme l’obligation d’acquérir des équipements et armements favorisant le développement d’une base industrielle et technologique de défense européenne. La 9ème consiste à réfléchir en amont aux modalités d’activation de l’article 42 §7. La 10ème insiste sur la conclusion d’un traité de défense et de sécurité avec la Grande-Bretagne, après le « Brexit ». La 11ème préconise un accord clair sur les règles d’exportation et un partage industriel équilibré pour les grands projets franco-allemands. La 12ème préconise des coopérations spontanées ou mécanismes de mutualisation des moyens de soutien.

Loïc Salmon

Europe : nécessité d’un débat politique sur la défense

Europe : la dimension militaire, une question de survie

315 – Dossier : « L’Europe de la défense, sécurité et Opex »




Défense : les blessés et les jeunes du SNU à l’honneur

Des militaires blessés en opération et des jeunes du Service national universel (SNU) ont été inclus dans le tableau final du défilé du 14 juillet 2019 à Paris.

Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, l’avait annoncé à la presse, le 9 juillet à Paris, à l’occasion d’un point de situation sur ces deux sujets : l’un en commémoration du centenaire de la participation des « gueules cassées » de la première guerre mondiale au défilé du 14 juillet 1919 ; l’autre sur la première expérimentation du SNU.

Soutien aux blessés. « Les grands blessés font et feront toujours partie de la famille », souligne la secrétaire d’Etat. Le dispositif d’accompagnement, pour eux et leur famille, inclut parcours de soins, prise en charge psychologique, reconversion, soutien financier du conjoint en cas d’hospitalisation, et, pour tous les blessés en service, maintien de la carte de circulation. Il implique notamment le Service de santé des armées (SSA), l’institution nationale des Invalides, l’action sociale du ministère des Armées, les cellules d’aide aux blessés de la Marine nationale et des armées de Terre et de l’Air ainsi que l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), présent dans tous les départements. Lors des opérations extérieures (Opex), 644 militaires ont été blessés par armes à feu ou engins explosifs en dix ans, à savoir 94 en 2008, 55 en 2009, 91 en 2010, 168 en 2011, 40 en 2012, 24 en 2013, 51 en 2014, 41 en 2015, 51 en 2016 et 29 en 2017. Le ministère des Armées prend en charge le traitement des soldats en état de stress post traumatique (ESPT). En vue d’en diminuer le nombre, un plan d’action complet porte sur l’information, la sensibilisation des militaires et de leur famille avant le départ en Opex et celle des cadres pour qu’ils alertent rapidement le SSA. Ce dernier compte 41 psychologues et 38 psychiatres, dont certains sont projetés en Opex. Le nombre de militaires en ESPT (Terre, Air, Marine, Gendarmerie et Services communs) en Opex est passé de 55 en 2009 à 133 en 2010, 297 en 2011, 283 en 2012, 384 en 2013, 311 en 2014, 391 en 2015, 370 en 2016, 196 en 2017 et 199 en 2018. Il reste au maximum dans l’armée de Terre et au minimum dans la Marine nationale. La baisse résulte des mesures de prévention, de formation et de suivi, notamment avec l’ouverture permanente du numéro de téléphone « Ecoute Défense » (08 08 800 321). Ce dernier a comptabilisé, pour souffrance psychique, 235 appels en 2013, 283 en 2014, 342 en 2015, 393 en 2016, 612 en 2017 et 647 en 2018. Par ailleurs, l’agence de reconversion « Défense mobilité », qui dispose d’un réseau d’organismes publics et de 7.000 entreprises privées, a pris en charge 128 blessés en 2017, dont 44 ont été reclassés, et 279 en 2018 (92 reclassés).

Expérimentation du SNU. La secrétaire d’Etat a visité plusieurs centres du SNU pendant sa phase expérimentale (16-28 juin) dans 13 départements pilotes avec 200 volontaires (filles et garçons âgés de 15-16 ans), encadrés notamment par 104 anciens militaires et réservistes. « Ils en sont sortis heureux et fatigués », dit-elle, heureux par la création d’une cohésion entre jeunes qui ne se connaissaient pas et fatigués par la densité des activités. Ainsi, le module « Défense » leur a donné l’occasion de s’entretenir avec des militaires, au sujet de leur métier, et d’apprendre les « réflexes défense », à savoir s’orienter, se protéger et rendre compte. Le module « Mémoire », assuré par 30 personnels de l’ONACVG, leur a permis de comprendre une cérémonie, pour y participer en connaissance de cause, et de parler de l’engagement des jeunes.

Loïc Salmon

Service de santé des armées : garantir aux blessés les meilleures chances de survie

Blessés psychiques : l’opération « Omega » de réinsertion professionnelle civile

307 – Dossier : « Les blessés en Opex, le retour et après »




14 juillet 2019 : coopération européenne et innovation

L’édition 2019 du défilé sur les Champs-Elysées à Paris souligne l’engagement européen en matière de défense et de sécurité. Elle inclut une présentation des innovations dans les domaines de la robotique, de l’espace et du cyber.

Le général de corps d’armée Bruno Le Ray, gouverneur militaire de Paris, l’a expliqué à la presse le 11 juin à Paris. L’édition 2019 fête divers anniversaires de formations participant au défilé : 80 ans du Bataillon des marins-pompiers de Marseille ; 70 ans de l’Ecole d’enseignement technique de l’armée de l’air (école féminisée depuis 20 ans) ; 55 ans des Forces aériennes stratégiques (armée de l’Air et Marine nationale) ; 30 ans de la Brigade franco-allemande (BFA) ; 10 ans de l’Ecole des mousses.

Solidarité européenne. Le thème « Protéger ensemble » met en valeur les coopérations des armées européennes dans leurs accords bilatéraux et multilatéraux, leurs missions au sein de l’OTAN (police de l’air pour les pays baltes) ou dans le cadre de l’Union européenne et enfin l’Initiative européenne d’intervention (IEI). Cette dernière regroupe dix pays : France ; Allemagne ; Belgique ; Danemark ; Espagne ; Estonie ; Finlande ; Pays-Bas ; Portugal ; Grande-Bretagne. Leurs écoles de formation accueillent des stagiaires étrangers. Ces pays sont représentés par : leurs emblèmes, à savoir détachement autour du drapeau national ; des troupes à pied pour la BFA, le Corps de réaction rapide France (OTAN), le Corps de réaction rapide européen, des frégates multi-missions FREMM et le porte-hélicoptères amphibie Mistral ; des aéronefs, dont des avions de chasse F18, Typhoon, F16 et Tornado et des hélicoptères NH90, Tigre et CH47. Les pays membres de l’IEI coopèrent à différents niveaux, de la réflexion stratégique à l’engagement commun au sol, sur mer et dans les airs. En particulier, la Grande-Bretagne et la France partagent la même culture dans ces domaines depuis longtemps.

Participations exceptionnelles. D’une durée de deux heures, le défilé totalise 4.212 personnels défilant à pied, 196 véhicules, 200 cavaliers de la Garde républicaine, 66 avions et 36 hélicoptères. Il se déroule sur 1,2 km le long de l’avenue des Champs-Elysées dont la largeur a été réduite à 19 m pour dégager 8 m de pistes cyclables. Il inclut notamment et pour la première fois : l’avion de transport et de ravitaillement en vol Airbus A330 MRTT ; l’avion de guerre électronique C160 Gabriel ; l’avion d’essais en vol Fokker 100 de la Direction générale de l’armement ; le Centre national d’entraînement des forces de la gendarmerie ; une formation des Centre médicaux des armées. Suite à la création de l’Agence de l’innovation de défense en 2018 destinée à acquérir la supériorité opérationnelle face aux menaces de demain, l’animation initiale présente les projets les plus avancés dans tous les milieux : terrestre avec le robot Stamina, capable de suivre un itinéraire sans GPS ; spatial, aérien et cybernétique par des projections de vidéos sur de grands écrans à la place de la Concorde. L’animation finale, centrée sur les blessés comme au défilé de la Victoire en 1919, présente : l’étendard de l’Institution nationale des Invalides avec une collecte de sang dans l’enceinte des Invalides l’après-midi ; la musique de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris et les chœurs des écoles militaires ; des jeunes du Service national universel et du Service civique ; des blessés qui se reconstruisent par le sport de haut niveau. Par ailleurs, chaque année, à l’occasion du 14 juillet, le Souvenir Français rend hommage aux 19 présidents de la République décédés et inhumés en France, dont 7 à Paris.

Loïc Salmon

14 juillet 2018 : l’engagement citoyen et patriote

Europe : nécessité d’un débat politique sur la défense

Défense : démarche capacitaire, de la menace à l’organisation et à la coopération européenne




Syrie : le rapport de force après la défaite de l’Etat islamique

Après la disparition territoriale de l’Etat islamique (EI) de Syrie en mars 2019, le régime de Bachar el Assad continue de bénéficier de l’appui de la Russie, dont les forces spéciales ont remplacé celles des Etats-Unis sur place. En outre, par son soutien, l’Iran a suscité une alliance imprévue entre l’Arabie saoudite et Israël, ses adversaires déclarés.

Ce thème a fait l’objet d’une conférence-débat organisée, le 4 juin 2019 à Caen, par le Forum mondial pour la paix. Y sont intervenus : Nabil Fawaz, membre du Parti démocratique du peuple syrien et ancien maire de Raqqah, où l’EI avait établi sa « capitale ; Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Œuvre d’Orient ; David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut Prospective et Sécurité en Europe. Le conflit contre l’EI en Syrie (2014-2019) s’est soldé par plus de 300.000 morts, 1,5 million d’invalides, 80.000 détenus, 7 millions de réfugiés au Liban et en Turquie et 6 à 7 millions de Syriens déplacés.

Précarité politique. Le régime de Damas a gagné sa guerre grâce au soutien iranien au sol puis russe dans les airs depuis 2015 et aussi des hésitations des pays occidentaux, explique David Rigoulet-Roze. Il contrôle 40 % du territoire et 60 % de la population du pays et maintient une pression militaire sur les enclaves sunnites. Le Nord se trouve sous protectorat turc, sous le prétexte d’une menace terroriste kurde. Le Front démocratique syrien a été soutenu par les pays occidentaux pour la reconquête de Raqqah, mais réalisée surtout par les Kurdes avec des éléments arabes. L’Iran veut maintenir Hassad au pouvoir et la Russie sauver son régime. Malgré sa stabilité garantie pour une clarification territoriale, ce dernier doit assurer sa survie par la reconstruction du pays estimée à 400 Md$ sur plusieurs décennies.

Reconstruction difficile. Le « printemps arabe » n’a pas pris en Syrie, pays non-démocratique sous le pouvoir d’une minorité (alaouïte), rappelle Mgr Gollnisch. Aujourd’hui, les réfugiés auront du mal à rentrer dans des villes détruites, mais la capacité de résilience de femmes chrétiennes et musulmanes permet de l’espérer. La Russie a déployé beaucoup de moyens pour revenir sur la scène internationale tout en manipulant la religion orthodoxe. L’Iran s’installe aux portes d’Israël, mais pas plus que la Russie, ne pourra reconstruire la Syrie. La Turquie se trouve dans une position délicate face aux Kurdes, désireux de transformer la partie du pays reconquise en Kurdistan syrien avec une minorité arabophone. La Chine, quoique désireuse, n’investira pas en Syrie sans contrepartie. Les pays occidentaux apparaissent comme seuls capables de reconstruire la Syrie en échange d’un processus démocratique. Mais ils manifestent une sorte de résignation par pragmatisme, réalisme et vision limitée au calendrier électoral.

Instrumentalisation de la religion. Communiste dans les années 1980, le Parti démocratique syrien souhaite transformer la Syrie en pays laïc, souligne Nabil Fawaz. La présence de forces russes et iraniennes rend difficile toute prévision de l’évolution du pays, sans compter les différents acteurs locaux. Auparavant, chrétiens et sunnites entretenaient d’excellentes relations et le terrorisme n’existait pas en Syrie. Hassad a réussi à transformer le conflit interne en guerre religieuse, avec l’aide de combattants palestiniens et du Hezbollah (groupe islamiste chiite proche de l’Iran). Le Parti Baas au pouvoir contrôle l’armée et soutient la minorité alaouïte (8 % de la population). Aujourd’hui, les forces occidentales surveillent les sous-marins russes de la base navale de Tartous.

Loïc Salmon

Terrorisme : impacts et enjeux du « cyberdjihadisme »

Moyen-Orient : géopolitique des rivalités des puissances

Diplomatie : prise en compte du fait religieux dans le monde




Sécurité : indice mondial de la paix en hausse en 2018

Le niveau général de sécurité dans le monde s’est amélioré en 2018 mais reste encore inférieur à celui de 2008, selon le rapport annuel de l’Institut de Londres pour l’Economie et la Paix rendu public le 12 juin 2019.

Depuis 13 ans, l’institut détermine un indice mondial de la paix (IMP) composé de 23 critères qualitatifs et quantitatifs pour couvrir les conditions de vie de 99,7 % de la population mondiale. Même si 86 pays ont amélioré leur IMP, 77 ont vu le leur se détériorer. L’Islande reste en tête, devant la Nouvelle-Zélande, l’Autriche, le Portugal et le Danemark. L’Afghanistan se trouve à la dernière place, précédé de la Syrie qui l’occupait l’année précédente, du Soudan du Sud, du Yémen et de l’Irak.

Facteurs de conflictualité. Selon le rapport, le changement climatique peut à long terme augmenter indirectement les risques de conflits violents par ses conséquences sur la disponibilité des ressources, la sécurité de la vie quotidienne et les migrations. Plus de 10 % de la population de huit des 25 pays les moins en paix vit dans des zones hasardeuses, soit 103,7milions de personnes résidant au Soudan du Sud, en Irak, en Libye, en République démocratique du Congo, au Soudan, en Corée du Nord, au Nigeria et au Mexique. Au cours des dix dernières années, deux critères de l’IMP se sont détériorés, à savoir des baisses de 8,69 % quant aux conflits en cours et de 4,02 % en termes de sécurité et de sûreté. Le terrorisme a augmenté dans 104 pays mais a baissé dans 38. Le nombre de morts dans les guerres civiles a crû de 140 % entre 2006 et 2017. Contrairement à ce que perçoit l’opinion publique, la « militarisation » mondiale a baissé de 2,6 % depuis 2008. Ainsi, le nombre de personnels armés par 100.000 habitants a diminué dans 117 pays. En outre, 98 pays ont réduit leurs dépenses militaires en pourcentage de leur produit intérieur brut, contre 63 qui les ont augmentées.

Impact économique. Selon l’IMP, 400 millions de personnes vivent dans les pays les moins stables. L’insécurité a fait perdre plus de 14 milliards de milliards de dollars en 2018 à l’économie mondiale, soit 11,2 % du produit brut ou 1.853 $ par personne. Pourtant, l’impact économique de la violence a baissé de 3,3 % en 2018. Ainsi, le montant dû aux conflits armés a baissé de 29 % jusqu’à 672 Md$, en raison de la diminution de l’intensité des conflits internes en Syrie, Colombie et Ukraine. En outre, l’impact économique du terrorisme a baissé de 48 % pendant le même temps. Toutefois, l’effet de la violence se fait encore sentir sur la croissance mondiale. Il correspond à 35 %, en moyenne, du produit intérieur brut des 10 pays les plus touchés, contre 3,3 % de celui des pays qui le sont le moins. Mais, il atteint 67 % en Syrie, 47 % en Afghanistan et 42 % en République centrafricaine.

Disparités régionales. L’Europe reste la zone la plus en paix dans le monde avec un IMP amélioré pour 22 de ses 36 pays. Terrorisme, guerres internes et externes se poursuivent en Asie-Pacifique. Les détériorations de l’IMP l’ont emporté sur ses améliorations en Amérique centrale et dans les Caraïbes. En Amérique du Nord, il reste stable au Canada, mais chute aux Etats-Unis. En Russie et Eurasie, l’IMP reste inférieur à la moyenne mondiale. En Amérique du Sud, il s’est amélioré en Colombie, en Uruguay et au Chili, mais s’est détérioré au Venezuela et au Brésil. En Afrique sub-saharienne, il s’est détérioré dans 27 pays sur 44. En Asie du Sud, il s’est amélioré au Népal, au Pakistan et au Bhoutan, mais s’est détérioré en Afghanistan. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, il a connu une amélioration marginale grâce à 11 pays.

Loïc Salmon

Sécurité : la paix, une exception en construction permanente

La paix : ceux qui la font




Défense : l’IA pour décupler les performances des systèmes opérationnels des armées

L’intelligence artificielle (IA) permettra de mieux comprendre et prévoir les menaces, d’agir plus vite et avec plus de précision et de certitude, pour éviter surprise et méprise et donner du sens aux flux massifs de données.

Ses applications de défense ont été présentées à la presse, le 23 mai 2019 à Paris, par l’ingénieur en chef de l’armement chargé de mission à la Direction générale de l’armement (DGA) sur l’IA et la transformation numérique.

Domaines concernés. Utilisée à des fins militaires dans un cadre éthique, l’IA complète l’action humaine, mais ne la remplace pas. Elle assure la souveraineté nationale, conserve la supériorité opérationnelle et préserve des vies. Elle détecte et reconnaît les données, recherche des corrélations qu’elle calcule de façon massive, raisonne, facilite la traduction de langues rares et optimise la maintenance et la sécurité informatique. La DGA a cerné ses divers domaines d’emploi. Pour les drones, avions et satellites de surveillance, l’IA détecte automatiquement les zones et objets d’intérêt à transmettre, permettant une modification de la planification en cours de mission. Pour le renseignement, l’IA exploite automatiquement les données massives, procède à la fusion multi-sources, détecte les « signaux faibles » et constitue un outil de fouille et de synthèse de données. Dans le cyberespace, l’IA détecte les tentatives d’attaque, analyse les vulnérabilités, anticipe les menaces et apporte une assistance aux opérations défensives et offensives. Pour les personnels, l’IA permet un entraînement individualisé sur simulateur avec des comportements adverses réalistes. Au poste de commandement, l’IA présente une situation tactique fusionnée (ami et ennemi), évalue le potentiel des forces, apporte une aide à la décision et à la planification par des propositions de manœuvres avec évaluation des chances et risques. Dans la robotique terrestre, l’IA permet une perception automatisée, une navigation semi-autonome en environnement complexe et une collaboration robot/drone. Dans la guerre des mines, l’IA est intégrée au sonar du robot sous-marin pour détecter et classifier les mines, en coordination avec le robot de surface. Sur un navire de surface et un sous-marin, l’IA équipe sonars et radars, pour la détection et la classification des cibles furtives, et les systèmes de combat pour la fusion multi-capteurs et multiplateformes ainsi que les aides à la manœuvre et à la décision. Dans le combat collaboratif du système terrestre Scorpion, l’IA présente une situation tactique fusionnée, une aide à la mobilité et à la riposte ainsi qu’une proposition d’allocation automatique de cibles entre plusieurs systèmes. Dans le réseau de communication, l’IA permet une gestion dynamique des flux et priorités, une reconfiguration automatique (pannes et défaillances) et des aides à la surveillance des réseaux. Quant aux hélicoptères et avions de chasse et de transport, l’IA assure un dialogue multimodal, un contrôle par l’équipage et une interaction homme-machine.

Projets en cours. La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit, pour l’IA, 100 M€/an d’investissements et 200 équivalents temps pleins d’ici à 2023. Une trentaine de projets, d’études et de démonstrateurs sont déjà lancés. Opérationnel en 2021, « Artemis » (Architecture de traitement et d’exploitation massive de l’information multi-sources) doit mettre au point une plateforme, souveraine et sécurisée, de « big data » (mégadonnées) et d’IA.

Loïc Salmon

Défense : l’emploi de l’IA sur le champ de bataille de demain

Défense : l’essor du numérique sur le champ de bataille




Armement : hausse de 30 % des exportations françaises en 2018

Les prises de commandes (contrats signés et entrés en vigueur) d’armements français à l’export ont dépassé 9 Mds€ en 2018, selon le rapport du ministère des Armées remis au Parlement le 1er juin 2019. Elles se montaient à 6,9 Mds€ en 2017.

En préambule, la ministre des Armées, Florence Parly, souligne l’importance vitale de ces exportations pour l’autonomie stratégique et la diplomatie de la France. Ses relations spécifiques avec l’Inde, l’Australie et les pays du Moyen-Orient, régions-clés pour sa sécurité et ses approvisionnements énergétiques, lui permettent de lutter contre le terrorisme et de protéger ses ressortissants sur place.

Bilan des exportations. Les prises de commandes incluent six grands contrats d’un montant supérieur à 200 M€, dont la part augmente de 30 % par rapport à 2017. Parmi eux, cinq d’un montant supérieur à 500 M€ totalisent 3,5 Mds€. La part de l’Europe dépasse 25 % du total, contre 10 % en moyenne au cours des dix dernières années. Dans le cadre d’un partenariat stratégique, le contrat « CaMo » avec la Belgique porte sur la vente de véhicules blindés et entre dans la réalisation du programme « Scorpion » sur la mobilité terrestre. En outre, l’Espagne a acheté 23 hélicoptères de manœuvre et d’assaut NH90 (programme réalisé par la France, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas). Les prises de commandes au Moyen-Orient, encadrées par un dispositif rigoureux de contrôle des exportations, ont représenté un peu plus de 50 % du montant total, mais sont en baisse de 10 % par rapport à 2017. A lui seul, le Qatar a conclu deux grands contrats, à savoir l’achat de 28 NH90 et l’entrée en vigueur du contrat portant sur 12 avions de chasse Rafale supplémentaires, option prise lors de l’achat des 24 premiers appareils en 2015. La part des ventes en Asie-Pacifique reste inférieure à 15 % du total, comme en 2017. Les contrats inférieurs à 200 M€ totalisent un peu moins de 4 Mds€, comme en 2017. Ils correspondent à des activités de formation de personnels et de maintien en condition opérationnelle ou de modernisation de matériels acquis dans le cadre des grands contrats de la décennie précédente. Parmi les vingt principaux clients d’équipements militaires ou d’armements français entre 2009 et 2018, l’Inde arrive en tête devant l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Egypte, le Brésil, les Emirats arabes unis, les Etats-Unis, Singapour, la Malaisie, le Koweït, la Corée du Sud, la Russie, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Indonésie, la Chine, l’Allemagne, l’Espagne, le Maroc et le Pakistan.

Evolution de la demande. La vive concurrence sur le marché mondial implique de consentir à des transferts de technologies ou de nouer des coopérations industrielles avec des pays désireux de développer leur industrie d’armement. Ainsi via le processus des « Strategic Partners », l’Inde incite les entreprises étrangères à investir sur place pour fabriquer leurs produits. Au Moyen-Orient, l’anticipation de la fin de la manne pétrolière et la nécessité de développer une politique économique et sociale ont amené les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite à inclure, dans les contrats de défense, des transferts de technologies et de production dans des domaines duaux comme l’aéronautique, l’espace ou les télécommunications. Toutefois, ces transferts sont examinés au cas par cas pour ne pas menacer les intérêts de la France. Des plans d’action, mis en œuvre par les industriels français, protègent leurs savoir-faire et leurs avantages. En outre, l’Agence de l’innovation de défense vise à leur conserver un temps d’avance.

Loïc Salmon

Armement : baisse de 50 % des exportations françaises en 2017

Défense : augmentation des budgets mondiaux en 2018 et réaffirmations de puissance

Défense : l’AID à Viva Technology, salon des startups




Armement : exposition virtuelle de 50 ans d’innovations

A l’occasion de son cinquantenaire, le Corps de l’armement a mis en ligne, sur internet, une exposition permanente sur les innovations dans les grands programmes qui ont contribué à la souveraineté de la France.

Accessible depuis mars 2019 et réalisée par la Confédération amicale des ingénieurs de l’armement et le Conseil général de l’armement, cette exposition a été présentée, le 22 mai 2019 à Paris, par Stéphanie Dameron, professeur à l’Université Paris-Dauphine, et les ingénieurs généraux (2S) de l’armement Alain Crémieux et Pierre-André Moreau.

Audace technique. Les grands projets, pilotés par des ingénieurs de l’armement, ont parfois profité aux programmes civils. Avec leur histoire écrite par certains responsables au sein de l’Etat ou de l’industrie, sont ainsi présentés : le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle ; l’avion supersonique Concorde, aujourd’hui retiré du service ; le Mirage IV, atout maître des forces aériennes stratégiques ; le canon automoteur de 155 mm Caesar aérotransportable, outil des opérations extérieurs (photo) ; l’hélicoptère d’attaque franco-allemand Tigre, déployé en Afghanistan (2001-2014), Libye (2011) et Mali (2013) ; le sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) de nouvelle génération Le-Triomphant ; l’avion de combat Rafale et ses systèmes d’armes qui ont remplacé sept types d’appareils en service dans l’armée de l’Air et la Marine nationale ; l’Airbus A380, un paquebot du ciel peut-être en avance sur son temps. La thématique de l’espace est aussi abordée. Enfin, le site devrait s’enrichir d’autres grands projets au fil des années.

Objectifs. Cette exposition numérique vise d’abord à inciter les jeunes générations de diplômés scientifiques à travailler dans l’armement, indique Stéphanie Dameron. Elle retrace les grands programmes, où prouesses technologiques et engagements politiques ont permis la dissuasion nucléaire et le maintien de la paix. Certains d’entre eux, connus du grand public, ont exercé un impact socio-économique et gardé la maîtrise de leurs coûts. Les industries de l’aéronautique et de la construction navale, développées sur le territoire national, continuent d’exister. En complément, ingénieurs et personnels opérationnels témoignent de leur expérience.

Réorganisation. En pleine guerre froide (1947-1991), rappelle Alain Crémieux, la France fait exploser sa première bombe atomique en 1960 dans le désert du Sahara puis une bombe thermonucléaire en 1968. Cette date marque aussi la création de la Délégation ministérielle pour l’armement, qui deviendra l’actuelle Direction générale de l’armement, et du Corps de l’armement regroupant les ingénieurs militaires de six domaines (terre, air, mer, télécommunications, poudres et hydrographes). Les motivations sont d’abord d’ordre technique (armes nucléaires et engins stratégiques) puis tactique (armes antichar) avec l’électronique et l’informatique. S’y ajoute la nécessité de regrouper les armées et l’armement autour d’un seul ministre. En 1968, les Etats-Unis n’imaginaient pas que la France puisse construire des SNLE.

Synthèse. Les innovations des programmes ont résisté jusqu’en 2019, souligne Pierre-André Moreau. En outre, l’exposition numérique se veut objective en termes d’emploi et de « vie » de certaines activités. Un étudiant conclut : « Quand on pense innovations, on pense aux startups. Quand on travaille dans la défense, on a l’impression de contribuer à quelque chose de grand. »

(www.armement-innovations.fr)

Loïc Salmon

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Armée de l’Air : le drone MALE Reaper, missions et équipages

Les opérations extérieures (Opex) et les dispositifs particuliers de sûreté aérienne (DPSA) nécessitent un engagement élevé de drones MALE (moyenne altitude longue endurance) et de former beaucoup d’équipages.

Leurs enjeux ont été présentés à la presse, le 16 mai 2019 à Paris, par le colonel, chef de la division ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance) de l’état-major de l’armée de l’Air, et le lieutenant-colonel commandant l’escadron de drones 1/33 « Belfort », implanté sur la base de Cognac. De plus, le mensuel Air Actualités d’avril 2019 inclut un dossier sur les drones de l’armée de l’Air.

Missions. Outre la posture permanente de sûreté aérienne du territoire national, les DPSA concernent les grands événements : défilés du 14 juillet et du 11 novembre à Paris ; voyage du pape Benoît XVI à Lourdes en 2008 ; Conférence de Paris sur le changement climatique (COP 21, 2015) ; sommets du G8 à Evian (2003) et à Deauville (2011). Les drones MALE sont aussi déployés en Opex : Kosovo (2001-2002) ; Afghanistan (2009-2012) ; Libye (2011) ; « Serval » au Mali (2013) ; « Barkhane » dans la bande sahélo-saharienne (depuis 2014). Ainsi, un système de drone Reaper au standard Block 1 apporte un appui direct à « Barkhane », pour une mission de coordination de frappe et de reconnaissance par transmission, au poste de commandement interarmées de théâtre (PICAT) de N’Djamena (Tchad), d’un renseignement élaboré en temps réel par son équipage. Cette mission se déroule en quatre phases : recherche des objectifs sur zone puis extraction de leurs coordonnées GPS ; transfert des données tactiques aux Mirage 2000D et attribution de cibles après autorisation d’ouverture du feu du PICAT ; dans le cas de 3 cibles, illumination de la cible 1 et transmission des coordonnées des cibles 2 et 3 aux avions de chasse ; maintien sur zone pour s’assurer de la réussite de la mission. Depuis 2013, les deux Reaper de « Belfort » ont éclairé une soixantaine de bombes guidées laser GBU 12 de 250 kg. Fin 2019, le drone au standard Block 5 pourra emporter un missile à faible charge militaire et à autodirecteur laser. Un deuxième système pourrait être mis en place directement à Niamey (Niger) en 2020. Le Reaper aide à la décision en temps réel et participe à la fusion du renseignement, grâce à sa connectivité avec les autres moyens de l’armée de l’Air. En 2030, celle-ci déploiera en permanence : 3 satellites CSO (composante spatiale optique) ; 3 satellites Ceres d’écoute et de renseignement électromagnétique ; 3 avions Falcon CUGE (charge universelle de guerre électronique) ; 16 drones Reaper et 8 stations sol ; 8 ALSR (avions légers de surveillance et de reconnaissance), complémentaires des drones ; des nacelles ASTAC (analyseur de signaux tactiques) et des systèmes de reconnaissance de nouvelle génération montés sur chasseurs ; l’écoute mobile « Sternes » sur véhicule terrestre.

Formation. L’armée de l’Air, qui dispose de 20 équipages opérationnels de Reaper en 2019, devra en former de 80 à 100 d’ici à 2030. Un équipage compte 1 pilote de drone, 1 pilote opérateur de capteurs, 1 officier de renseignement et 1 opérateur images. La 33ème Escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque, créée en 2019, va constituer un vivier d’experts de planification et de conduite des opérations. Les pilotes de drones seront recrutés directement, pour les deux tiers, et issus des unités de combat de l’armée de l’Air, pour un tiers, afin de maintenir cette polyvalence et ce savoir-faire spécifiques.

Loïc Salmon

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