Défense : les opérations aéroportées, capacités spécifiques selon les missions

Les opérations aéroportées d’envergure  confèrent une dimension stratégique. Leur savoir-faire interarmées se partage entre la 11ème Brigade parachutiste, l’armée de l’Air (vecteurs aériens et unités de commandos) et la Marine nationale (parachutage en haute mer).

Les opérations aéroportées ont été présentées à la presse, le 29 septembre 2016 à Paris, jour de la Saint-Michel, patron des parachutistes.

Interopérabilité internationale. L’exercice biannuel « Colibri », simulation d’une opération internationale aéroportée, s’est déroulé du 16 au 30 septembre 2016 dans le Sud-Ouest de la France. Cette édition, la 48ème depuis 1962, a développé l’interopérabilité d’unités parachutistes françaises et alliées : 11ème Brigade parachutiste (BP) ; 1ère LuftlandBrigade (Allemagne) ; 173rd Airborne (États-Unis) ; 16th Air Assault Brigade (Grande-Bretagne) ; BRIPAC de Ejército de tierra (Espagne). Parmi les quelque 1.000 parachutistes engagés, 460 ont réalisé une opération aéroportée : mise à terre, saisie, sécurisation et contrôle d’une zone aéroportuaire. « Colibri » a inclus des passages de brevets parachutistes croisés.

Formation et entraînement. La capacité de fulgurance, de surprise et d’action dans la profondeur d’une opération aéroportée nécessite un entraînement intensif, explique un lieutenant-colonel. L’École des troupes aéroportées (ETAP), installée à Pau et intégrée à la 11ème BP, est chargée des formations des personnels, à tout niveau

hiérarchique, des armées de Terre et de l’Air, de la Marine et de la Gendarmerie nationales. Les formations sont assurées pendant 45 semaines par an au profit de 4.000 à 5.000 stagiaires, qui totalisent plus de 45.000 sauts. Les formations initiales sont destinées à l’obtention des brevets parachutistes militaire et préliminaire. Les cadres, de chef de groupe à chef de corps, suivent des formations d’application. Les formations de spécialisation concernent les largueurs, chefs largueurs, chuteurs opérationnels (sauf ceux à grande et très grande hauteurs), pilotes tandem, moniteurs parachutistes et instructeurs au saut à ouverture commandée retardée. Les équipes de formateurs adaptent les moyens pédagogiques au plus près de la réalité opérationnelle : aguerrissement des cadres par la pratique de sauts en zones difficiles, avec colis et à basse altitude ; qualifications nécessaires pour les sauts en temps de paix et en opérations, à savoir tactique spécifique, cas non conformes, plan de mise à terre avec ré-articulation du dispositif et emploi des orienteurs-jalonneurs. Tous les incidents survenus dans les armées sont recensés, en vue de renforcer la sécurité. De plus, tous les accidents de parachutisme donnent lieu à une enquête technique. Des conseils sont prodigués aux unités en liaison avec l’Observatoire de l’accidentologie et la Commission permanente de sécurité parachutiste. Grâce au retour d’expérience opérationnelle des unités et en liaison avec le Centre interarmées de concepts, de doctrine et d’expérimentations, l’ETAP procède à des études spécifiques destinées à améliorer la réglementation et les équipements. Enfin, l’ETAP s’ouvre à l’international par l’envoi d’équipes de formateurs dans les pays demandeurs et la réception de détachements étrangers.

Aérolargage en haute mer. Un capitaine de corvette a présenté le savoir-faire « tarpon » des commandos Marine, projection des personnels avec leur matériel en haute mer en vue d’une action vers la terre. Ceux-ci doivent rallier une force navale en haute mer, bâtiment de surface ou sous-marin, hors de portée d’un hélicoptère. Le saut se fait par la tranche arrière de l’avion avec l’équipement conditionné en conséquence, y compris l’embarcation semi-rigide ECUME. Un ou deux groupes de combat sont largués en un seul passage sur une distance de 1.000 m. Chaque sautant emporte une valise de survie, au cas où il ne parviendrait pas à rejoindre ses co-équipiers… à la force de ses palmes !  Ce « saut sans recueil » implique de maîtriser la phase de descente avant l’amerrissage : larguer le parachute ventral et éviter d’être recouvert par la voile du parachute principal, quitte à la déchirer selon une procédure établie. La formation et l’entraînement se font à la base des fusiliers-marins de Lorient avec un dispositif nécessitant une embarcation par sautant. L’expertise des commandos Marine repose sur un vivier permanent de personnels sélectionnés et maintenus à niveau. Le contre-terrorisme maritime constitue leur principale réalité opérationnelle. Ainsi, en 2008, des commandos Marine ont été largués au large de la Somalie pour participer, avec le Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale, à la libération des 30 membres de l’équipage du voilier Le-Ponant, détourné par des pirates. Le « tarpon » est aussi utilisé dans la lutte contre le narcotrafic, l’une des missions de la Marine nationale. En cas de risque de prise à partie par des trafiquants armés, une équipe d’intervention, basée à Lorient, peut intervenir dans les 24 heures suivant l’obtention de renseignements sûrs.

Sauts à très grande hauteur. L’armée de l’Air compte environ 1.400 parachutistes (210 chuteurs opérationnels) qui effectuent 17.000 sauts/an (10.000 à ouverture commandée retardée), indique un lieutenant-colonel. Les sauts opérationnels, de jour et de nuit, se répartissent entre ceux à ouverture automatique à 200-300 m d’altitude,  ceux à grande hauteur en ouverture retardée à 1.200-4.000 m et ceux à très grande hauteur (SOTGH) en ouverture retardée à 7.000-8.000 m avec port d’un masque à oxygène, y compris pour l’équipage de l’avion. Le Commandement des opérations spéciales, installé à Balard, utilise des avions de transport tactique C-130 et C-160 à partir des bases aériennes 107 (Villacoublay) et 123 (Orléans). L’altitude des SOTGH facilite la discrétion, car les bruits des moteurs de l’aéronef et de l‘ouverture des parachutes se noient dans ceux des avions de ligne. Le déplacement sous voile à 40-50 km du point d’atterrissage permet d’échapper aux radars. Le SOTGH nécessite un équipement lourd et un entraînement régulier. Les avions de transport tactique A400M auront, à terme, la capacité de largage de matériel et de sauts à ouverture commandée retardée par la tranche arrière. Le largage pour les sauts à ouverture automatique, par les deux portes latérales, est en développement.

Loïc Salmon

Forces spéciales : outil complémentaire des forces conventionnelles

Forces spéciales : création du commando Ponchardier de la Marine nationale

 

Le 23 août 2016, la Direction générale de l’armement a commandé 750 systèmes de mise à terre des chuteurs opérationnels pour les armées de Terre et de l’Air et de la Marine. Ce nouveau système inclut : le parachute ; les moyens de communication et de navigation ; la protection thermique et balistique du chuteur ; le module existant pour la respiration ; les capacités d’emport de charge sous gaine ou de colis autoguidés ; des équipements pour le poser de nuit ; les éléments liés à la sécurité du parachutiste. Ce système permet de sauter à 9.000 m avec  200 kg de charge et de franchir une distance supérieure à 50 km. Il sera compatible avec les systèmes en service, actuellement ou dans un proche avenir. Les premières livraisons interviendront en 2020.




Sécurité : exposition « Les sciences du crime » au musée de la Gendarmerie

Avec ses moyens techniques importants et ses méthodes en amélioration constante, les experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) apportent les éléments, vérifiables, qui amènent à la décision pénale relative à un crime.

Récolter et exploiter. L’exposition présente le cheminement qu’empruntent ses 250 experts pour traiter 600 dossiers/jour. « Tout est démontrable, tout est réfutable, il n’y a pas de magie », a expliqué à la presse, le 6 octobre 2016 à Melun, le colonel Patrick Touron, directeur de l’IRCGN. La première phase consiste à récolter les indices sur la scène d’infraction, en vue d’une recherche et d’une exploitation en laboratoire (photo). L’enquêteur sélectionne les indices pour éviter les risques de manipulation. Ensuite, il s’agit de déterminer leur traçabilité pour qu’ils ne soient pas remis en question. Mieux qu’une photo argentique, une image numérisée permet de prendre une distanciation par rapport à la scène. L’examen du système informatique d’un véhicule détermine l’origine, fortuite ou criminelle, d’un « accident » de la route. A cet effet, l’IRCGN entretient des relations avec les constructeurs de véhicules et d’équipements. La deuxième phase porte sur l’identification de la victime. Une trace de sang donne une information technique et le degré d’intensité qui accompagne un geste et caractérise sa violence éventuelle. Chaque jour, cinq experts partent sur le terrain pour examiner des projections de sang ou des traces de transfert. En cas de catastrophe aérienne, l’identification des cadavres ne pose pas trop de difficultés, car le pilote aura toujours essayé de se poser avant. Mais lors d’un crash délibéré, les corps sont dispersés et disloqués en plusieurs morceaux. Depuis les années 1990, l’IRCGN projette quotidiennement une équipe auprès des forces armées en opération extérieure. Enquête sur place et exploitation en laboratoire forment un tout cohérent. Il faut savoir prélever un indice, le transporter et le conserver longtemps. Tous les laboratoires de la Gendarmerie sont accrédités auprès du Comité français d’accréditation. N’importe quel expert accrédité obtient le même résultat et il doit avoir l’humilité de se faire contrôler par d’autres experts internationaux, souligne le colonel Touron. Aujourd’hui, capteurs numériques et minidrones facilitent le recueil d’indices. Demain, les nanotechnologies permettront de découvrir les vestiges d’empreintes digitales. Chaque année, la Gendarmerie découvre plus de 700 cadavres. En 2015, l’IRCGN a traité 175.162 dossiers. Ses experts apportent leur concours aux diverses administrations, notamment en matière de cybercriminalité, vidéosurveillance, fraude documentaire, engins explosifs improvisés, interventions en milieu contaminé et produits de marquage dans la protection des biens. Par ailleurs, l’IRCGN assure une trentaine de formations par an à des stagiaires étrangers.

Travail pluridisciplinaire. L’IRCGN couvre l’ensemble du champ de la criminalité. L’identification de la victime permet de comprendre le mobile, d’orienter l’enquête et, à  ses proches, de faire leur deuil. Celle du coupable débouche sur une sanction judiciaire, en vue d’interdire toute récidive. Les identifiants primaires sont constitués par les dents, les empreintes digitales et surtout les traces ADN, dont 100.000 échantillons sont analysés chaque année. La « morpho-analyse » des traces de sang recourt à la chimie, la biologie et la dynamique des fluides pour déterminer les circonstances du déroulement des faits. Des logiciels étudient les trajectoires des projections de sang et des modélisations sont réalisées en 3 dimensions. Un département de l’IRCGN étudie la faune et la flore qui se développent sur un cadavre en décomposition, entre 3 jours et plus de 8 ans après le décès. La moitié des saisines en entomologie effectuées en Europe passe par l’IRCGN. L’analyse des pollens retrouvés conduit à des hypothèses sur la zone géographique de la mort et le déplacement du corps et prouve même la présence du criminel. Les scellés biologiques sont conservés pendant 40 ans pour couvrir la durée des procédures judiciaires successives et profiter de l’évolution des technologies qui révéleront de nouveaux indices. Les analyses physiques et chimiques des traces d’un individu constituent un ensemble corroboratif, qui signe sa présence et ses actions. La Cellule nationale nucléaire, radiologique, biologique et chimique intervient dans un milieu radioactif ou lors d’une contamination de l’environnement par l’usage d’armes chimiques ou la fuite de matières dangereuses dans une usine ou une fosse sceptique. Elle a mis au point des techniques d’autopsie en environnement pollué. La lutte contre la pédophilie a permis de développer une expertise en matière d’ingénierie numérique et de cybercriminalité. Ainsi, indices et preuves sont extraits des téléphones portables, clés USB, DVD, disques durs d’ordinateurs, GPS, terminaux de paiements électroniques et enregistrements sonores.

Capacités de projection. Dans une affaire complexe, sensible ou de grande ampleur, les magistrats font appel à l’Unité nationale d’investigation criminelle, disponible en permanence et projetable sur tout le territoire national et à l’étranger. Unité de circonstance, elle est modulable en fonction du type de scène de crime à traiter et des besoins du directeur d’enquête. Dotée de chiens de recherche de cadavre et de techniciens en identification subaquatique, elle dispose d’un laboratoire d’analyse projetable au plus près de la zone de travail. Autre entité de circonstance, l’Unité gendarmerie d’identification des victimes de catastrophe intervient pour la collecte de renseignements avant et après la mort d’un nombre important de victimes d’un désastre, naturel ou accidentel. Créée en 1992, elle a été mobilisée notamment pour l’affaire du Temple Solaire en 1995 (Vercors, 16 victimes), le crash du Concorde en 2000 (Gonesse, 117), le tsunami de 2004 (Asie du Sud-Est, 184.000), le crash de l’Airbus A320 d’Air France en 2009 (océan Atlantique, 228), celui de l’Airbus A320 de Germanwings en 2015 (Alpes françaises, 150) et la fusillade suivie de la prise d’otages à l’hôtel Radisson Blu de Bamako en 2015 (Mali, 22).

Loïc Salmon

Gendarmerie : un musée national directement accessible

Sécurité : l’usurpation d’identité, un risque mal maîtrisé

Sécurité : la contrefaçon et ses conséquences économiques, sanitaires et criminelles

L’exposition « Les sciences du crime » (7 octobre 2016-17 avril 2017) est organisée par le musée de la Gendarmerie de Melun. Ce dernier a accueilli 1.400 visiteurs aux journées du patrimoine (17-18 septembre 2016). Quelque 30 pièces de collection, présentées en vitrine, côtoient un microscope électronique à balayage pour voir les résidus de tir sur une personne, un scanner-laser pour la modélisation en 3 dimensions de scènes de crime, des kits de prélèvement d’indices, des armes à feu et des ossements. Textes et  photos présentent le fonctionnement de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. Le visiteur peut même mener des investigations sous forme ludique. Après le colloque international sur la  criminalistique en octobre, des rencontres avec des experts sont prévues de novembre 2016 à avril 2017.(www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/musee)




Défense : la croix de la Valeur militaire a 60 ans

Par décret du 12 octobre 1956, la croix de la Valeur militaire a été créée, suite à la modification du décret du 11 avril 1956 instituant une médaille de la valeur militaire symbolisant la marque du courage de nos soldats engagés dans les opérations de maintien de l’ordre en Afrique du Nord. Depuis 1962, les opérations de maintien ou de retour à la paix se sont multipliées, notamment en Afrique. Les actes de bravoure des soldats engagés ont entraîné l’attribution de citations donnant droit à cette décoration, comme pour l’attribution de la croix de Guerre en 1914-1918 et 1939-1945, dont le centième anniversaire a été célébré en 2015.

Par la suite, d’autres opérations qualifiées de guerre ont donné lieu à la création d’une croix de guerre dite des « théâtres d’opérations extérieurs ». Après le second conflit mondial, celle-ci a été décernée lors des guerres d’Indochine (1946-1954), de Corée (1950-1953) et du Golfe (1990-1991).  Créée pour une période déterminée, la croix de la Valeur militaire est désormais considérée comme une véritable croix de Guerre, remise pour toutes les opérations de sécurité, à savoir au Zaïre, au Liban, en Somalie, au Rwanda, dans l’ex-Yougoslavie et au Kosovo, en Haïti, en Côte d’Ivoire, en Afghanistan et, aujourd’hui, dans la bande sahélo-saharienne.

A l’occasion du 60ème anniversaire de la croix de la Valeur militaire, l’Association nationale des croix de guerre et de la valeur militaire (ANCGVM) rend hommage aux décorés et s’incline devant la mémoire des soldats disparus au cours de ces opérations. Association d’intérêt général, créée en 1919 et reconnue d’utilité publique en 1963, l’ANCGM accueille tous les titulaires d’une croix de Guerre, d’une croix de la Valeur militaire, de la Médaille d’or de la défense nationale avec citation et tous les sympathisants. Totalement indépendante, l’ANCGVM s’interdit toute discussion politique ou religieuse.

Association nationale des croix de guerre et de la valeur militaire

11 novembre 2015 : la croix de Guerre à l’Arc de Triomphe

 




Intelligence économique et renseignement

L’intelligence économique (IE), indispensable à toute entreprise, couvre l’information « ouverte », donc accessible de manière licite, et se pratique dans le strict respect de la loi.

Les informations ouvertes représentent 95 % de l’information globale. A l’issue de leur collecte, corrélées les unes avec les autres et mises en perspective avec les objectifs à atteindre, elles se transforment en renseignements. Ceux-ci servent au montage de scénarios, en vue de décider l’option à mettre en œuvre. Cette démarche suit un cycle : examiner la situation et les besoins, orienter selon les objectifs ; rechercher par différents capteurs ; exploiter par recoupement, évaluation, comparaison et analyse ; diffuser auprès des personnes les plus concernées ; réexaminer de la situation. Toute entreprise en pointe dans un domaine particulier dispose d’informations stratégiques susceptibles d’intéresser ses concurrentes, américaines et chinoises notamment, qui ne s’embarrassent guère de « morale ». L’IE « défensive » vise à protéger ces informations et prévenir les actes de malveillance et les négligences, externes et internes. En effet, 80 % des cas de perte ou de destruction d’informations sensibles viennent de maladresses du personnel ou de l’absence de sauvegarde fiable des équipements ! Au niveau de son patrimoine immatériel, toute entreprise encourt des risques accidentels (dégâts des eaux, incendies ou explosions électriques) et des erreurs dues à un manque d’attention ou d’incompétence (effacement de données ou erreurs de saisie). En outre, elle va devoir affronter des menaces directes ou indirectes : espionnage, perturbation du système d’information, vols de données, fraudes physiques, usurpation ou chantage envers le personnel. Outre la recherche et la diffusion de l’information utile, l’IE « offensive » vise à anticiper et même maîtriser les évolutions d’un marché ou à réduire l’avantage concurrentiel d’un adversaire économique. Elle permet d’influencer les décideurs, souvent politiques, en vue de favoriser la stratégie et les actions de l’entreprise. Elle inclut le « lobbying », ensemble des techniques de communication pour anticiper et agir sur les contraintes ou opportunités normatives, juridiques, politiques, administratives, technologiques ou environnementales. En outre, des scénarios-types, préalablement établis, permettent de gérer rationnellement une crise et d’en limiter la panique qui s’ensuit. La crise résulte de difficultés financières ou juridiques de l’entreprise, d’une atteinte à sa réputation ou même d’actes mettant en péril son existence. L’ouvrage présente, de façon didactique, les étapes de la démarche et les techniques de l’IE ainsi que les divers métiers qui en découlent. Parmi quelques acteurs clés de l’IE, figurent l’Agence pour la diffusion de l’information technologique, la COFACE (assurance-crédit couvrant les risques dans près de 200 pays), la Direction de la protection et de la sécurité de la défense, les Directions régionales du renseignement intérieur, les Douanes, la Gendarmerie nationale (cellule intelligence économique régionale) et le Service de coordination à l’intelligence économique. Des formations spécifiques sont assurées à Paris, notamment par l’Institut des hautes études de défense nationale, l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice et l’École de guerre économique.

Loïc Salmon

Renseignement et intelligence économique : complémentarité et divergences culturelles

Renseignement et intelligence économique : complémentarité et divergences culturelles

Sécurité : l’usurpation d’identité, un risque mal maîtrisé

 

« Intelligence économique et renseignement » par Jean-Christophe Damaisin d’Arès. Éditions JPO, 176 pages, 39 €.




Terrorisme islamiste

La radicalisation islamiste, à caractère sectaire, cible, notamment en Europe, des jeunes sensibles à la frustration et au désir de revanche sociale, mais sans pour autant présenter des pathologies graves susceptibles de les repérer et d’anticiper leur comportement.

Les mouvements « salafistes », partisans d’un retour à « l’islam des origines » se réfèrent à l’obédience sunnite pour qui l’interprétation du Coran est close depuis le IXème siècle. Le salafisme « djihadiste », dont se réclame Daech (État islamique), prône le combat armé et légitime le terrorisme et les attentats- suicides contre ceux qui attentent à la communauté musulmane dans son ensemble, mais aussi contre les « faux » musulmans qui ont une interprétation de l’islam considérée comme dévoyée. Les sunnites constituent la plus grande partie de la population des pays des Proche et Moyen-Orient : 90 % en Arabie Saoudite ; 90 % au Qatar ; 90 % en Jordanie ; 85 % en Égypte ; 80 % aux Émirats arabes unis ; 75 % en Syrie ; 70 % au Koweït ; majoritaires dans les Territoires palestiniens ; 35 % en Irak ; 30 % à Bahreïn ; 30 % au Liban. Les représentants du régime syrien actuel pratiquent, en majorité, le chiisme alaouite, très tolérant envers les autres religions et dénué de prosélytisme. En conséquence, les femmes alaouites sont généralement plus libres que celles des autres obédiences musulmanes et atteignent un niveau d’éducation plus élevé que les autres femmes sunnites. Pourtant, des femmes, musulmanes d’origine ou occidentales converties, rejoignent les rangs de Daech, à la suite d’une consultation quotidienne des réseaux sociaux djihadistes, qui les convainquent de leur rôle essentiel de mères de futurs combattants. En raison du climat de méfiance et de suspicion à l’égard des musulmans consécutif aux attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, les groupes islamistes radicaux ont prospecté de fertiles viviers parmi les diasporas musulmanes en Europe, où elles sont moins prospères et plus confinées dans des ghettos qu’en Amérique du Nord : immigrants récents, immigrants de la deuxième génération qui n’ont pas su s’intégrer et même des professionnels instruits. Le discours djihadiste vise à leur faire sentir que leur appartenance à la communauté musulmane est plus importante que celle de leur pays d’accueil. Les individus de nombreux groupes ethniques, culturels et religieux (le leur ou celui de leurs ascendants) restent en effet profondément préoccupés par ce qui touche leur pays d’origine. En outre, pour contourner les mesures de sécurité et internationaliser leur combat, les groupes islamistes ciblent de plus en plus les convertis, capables de se déplacer librement en Europe, Asie et Amérique du Nord sans éveiller les soupçons et prêts à accepter des missions dangereuses, pour prouver leur nouvel engagement. Enfin, les réseaux islamistes utilisent des vecteurs d’influence : les médias, à savoir vidéos de propagande sur internet, magazines d’information, retransmissions de discours et de prêche ; « think tanks » (cercles de réflexion) avec des organisations représentatives connues de l’islam, utilisées souvent à leur insu ; organisations non gouvernementales communautaristes qui, sous couvert d’actions humanitaires, établissent et renforcent des réseaux d’informateurs et de recruteurs ; groupes de pression liés à l’islam et agissant aux niveaux politique et administratifs locaux pour faire adopter des mesures allant dans le sens de certains principes de la charia.

Loïc Salmon

Terrorisme djihadiste : prédominance de la dimension psychoculturelle

Le piège Daech

L‘Égypte en révolutions

« Terrorisme islamiste » par Jean-Christophe Damaisin d’Arès. Éditions JPO, 104 pages, 9,90 €.




Marine nationale : mission « Arromanches 3 » du GAN en Méditerranée orientale

Le groupe aéronaval (GAN) effectue à l’automne 2016 une mission en Méditerranée orientale dans le cadre de l’opération « Chammal » au Levant, contribution à l’engagement de la coalition internationale contre Daech.

Le GAN et sa mission, dénommée « Arromanches 3 », ont été présentés à la presse le 22 septembre 2016 à Paris.

Le contexte « Chammal ». Lancée le 19 septembre 2014, l’opération « Chammal » constitue le volet français de l’opération « Inherent Resolve » d’une coalition d’une soixantaine de pays, consécutive à la résolution 2170 du Conseil de sécurité de l’ONU du 15 août 2014. Dirigée par les États-Unis, la coalition poursuit trois objectifs : arrêter la progression de Daech (État islamique) en Syrie et en Irak ; l’affaiblir en détruisant ses capacités militaires et en désorganisant ses flux logistiques ; appuyer la reconquête des territoires et rétablir la sécurité dans la région. Commandée par le chef d’État-major des armées à partir du Centre de planification et de conduite des opérations à Paris, « Chammal » est réalisée sous le contrôle opérationnel de l’amiral commandant la zone océan Indien. Cette opération s’intègre dans la stratégie militaire globale de lutte contre les groupes armés terroristes, qui menacent la France et le flanc Sud de l’Europe. Elle inclut un volet « formation et conseil » pour les unités irakiennes. Ainsi, de mars 2015 à juin 2016, des instructeurs français de la « Task Force Narvik » ont formé 3.600 militaires irakiens, affectés à la lutte contre le terrorisme, au cours de 30 stages de 1 à 8 semaines : sauvetage au combat, lutte contre les engins explosifs improvisés, combat en zone urbaine, tir de combat et formation de futurs instructeurs. En outre, pendant la même période, les militaires français de la « Task Force Montsabert » ont formé plus de 700 instructeurs irakiens au cours de 90 stages portant sur les opérations, le renseignement, la logistique, les transmissions, la santé et le combat d’infanterie. Leur mission consiste à améliorer les capacités existantes de commandement de l’état-major de la 6ème Division d’infanterie irakienne, chargée de la protection de la capitale Bagdad. En tout, plus de 1.000 militaires français sont répartis entre la Méditerranée orientale, les bases aériennes de Jordanie et des Émirats arabes unis, les différents états-majors de la coalition internationale (États-Unis, Koweït, Bahreïn, Qatar et Irak) et Bagdad. Environ 100 instructeurs de la composante « formation et conseil », dont la relève a eu lieu en mars 2016, résident à Bagdad. En outre, « Chammal » fournit aux troupes irakiennes, engagées au combat au sol contre Daech, un appui aérien consistant en des missions de renseignement et des frappes, planifiées à l’avance ou non. Ce volet aérien du dispositif français compte en permanence 14 avions de chasse de l’armée de l’Air, dont 6 Rafale basés aux Émirats arabes unis (renforcés ponctuellement par des appareils venus de France) et 8 Mirage 2000D et 2000N opérant depuis une base aérienne projetée en Jordanie. En cas de besoin, ce dispositif peut être renforcé par : 1 avion de patrouille maritime Atlantique 2, basé en Jordanie et destiné à la surveillance du milieu désertique ; 1 avion ravitailleur KC-135, projeté de France ; 1 avion de contrôle aérien AWACS E3F. Le 13 juillet 2016, le président de la République et chef des armées, François Hollande, décide un nouveau déploiement du GAN au sein de l’opération « Chammal », dont la zone d’intervention a été étendue à la Syrie dès le 8 septembre 2015.

La montée en puissance du GAN. La mobilité du Charles-De-Gaulle (CDG), jusqu’à 1.000 km/jour, et sa flexibilité d’emploi facilitent son engagement sur un théâtre et son désengagement. Les catapultes de ses deux pistes de décollage à l’avant propulsent des avions d’environ 25 t de 0 à 300 km/h en 1,5 seconde sur une piste longue de 75 m seulement. Avec une capacité de catapultage d’un avion toutes les 30 secondes et jusqu’à 20 avions en 12 minutes, le CDG peut assurer 100 vols/jour pendant une semaine. Pour l’opération « Arromanches 3 », il embarque, pour la première fois, uniquement des avions Rafale Marine, qui emportent quatre fois plus de bombes que les Super-Étendard. Au cours du catapultage, le pilotage automatique du Rafale Marine permet  de contrôler totalement l’avion. Le pilote reprend progressivement la main à partir d’une altitude d’environ 100 m. La présence de deux moteurs permet au pilote de revenir se poser sur le CDG en cas de panne d’un moteur au décollage. Lors de l’appontage, le pilotage automatique permet de maintenir l’incidence d’approche de l’avion. Le pilote se concentre sur sa trajectoire. Déployé dès 2010 dans l’opération « Agapanthe » de lutte contre la piraterie en océan Indien puis, en 2011, lors de l’opération « Harmattan » au large de la Libye, le Rafale Marine peut franchir 1.850 km et effectuer une patrouille de 2 heures sans ravitaillement en vol. Il peut apponter avec une quantité importante de munitions non tirées ou de carburant. Cette réserve de kérosène permet aussi son « dégagement » vers un terrain de secours très éloigné, en cas de difficultés techniques à l’appontage ou de conditions météorologiques extrêmes. En outre, le CDG embarque 2 avions-radar E2C-Hawkeye pour le contrôle aérien avancé. D’une autonomie de 6 heures et capable de franchir 2.850 km, cet avion détecte, identifie et piste toutes les cibles aériennes dans un rayon d’environ 550 km. Il assure notamment le contrôle et le guidage des avions d’interception, le soutien des missions d’assaut contre des objectifs navals et terrestres, le relais d’informations et de données au sein du GAN et participe aux missions de recherche et de sauvetage. Pour la première fois également, le CDG embarque l’hélicoptère Caïman Marine, qui peut être mis en œuvre par mer forte (roulis de 10 degrés) et un vent de 90 km/h. Equipé d’une mitrailleuse de portière et d’un support pour fusil de tireur d’élite, il peut effectuer des missions de contre-terrorisme maritime, de sauvetage en mer et d’évacuation sanitaire. Enfin, pendant « Arromanches 3 », la présence éventuelle d’un porte-avions russe en Méditerranée orientale donnerait lieu à un partage des zones d’action pour des raisons de sécurité.

Loïc Salmon

CEMA : durcissement et aggravation des conflits, évolution des missions

Marine nationale : opération « Arromanches » en Méditerranée et océan Indien

Marine nationale : le porte-avions et la mer dans les relations internationales

Le groupe aéronaval est centré sur le porte-avions Charles-De-Gaulle, qui embarque 24 avions de chasse Rafale Marine équipés d’une crosse d’appontage, 2 avions de guet aérien E2C-Hawkeye et 4 hélicoptères (2 Dauphin, 1 Alouette III et 1 Caïman). Il inclut la frégate antiaérienne Cassard avec son hélicoptère Panther, la frégate anti-sous-marine Jean-de-Vienne avec 2 hélicoptères Lynx, un sous-marin nucléaire d’attaque et le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne, renforcés par la frégate anti-sous-marine allemande Augsburg avec 1 Lynx et le destroyer américain lance-missiles USS-Ross. La frégate de défense aérienne Chevalier-Paul en fait partie ponctuellement, avant d’entamer une nouvelle mission. Pour l’opération  « Arromanches 3 » d’automne 2016 en Méditerranée orientale, le GAN compte environ 3.300 marins, dont 2.900 Français et 400 Américains et Allemands.




Défense : les attachés militaires, soldats et diplomates

Aujourd’hui, les guerres se préparent en coalition et les opérations visent à gagner la paix. En raison de leur connaissance des capacités des forces alliées et de celles de leur pays, les attachés militaires assurent une meilleure compréhension des cultures de défense.

Le général de division (Air) suisse Jean-Philippe Gaudin a présenté à la presse, le 15 septembre 2016 à Paris, le rôle en France des attachés militaires étrangers.

Les étrangers en France. Les attachés de défense étrangers, désignés par leurs pays respectifs pour leurs expériences opérationnelle et internationale, entretiennent des contacts avec la Délégation générale de l’armement (DGA) et les entreprises françaises de défense. Ils sont ensuite accrédités en France auprès de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS, encadré). Normalement affectés pour une durée de trois ou quatre ans à Paris, les attachés spécifiques (Terre, Air, Marine, Armement et Gendarmerie) sont recrutés au grade de lieutenant-colonel et ceux de Défense à celui de colonel. Certaines nations, dont la Suisse préfèrent envoyer des généraux. Le général Gaudin, également accrédité pour la Belgique et le Luxembourg, est actuellement le doyen des attachés de Défense regroupés au sein de l’association CAMNA (photo). Celle-ci compte 171 membres, dont 88 en résidence en France, représentant 101 pays…dont les intérêts divergent ! Parmi ses collaborateurs, le doyen préside un comité composé d’un conseiller néerlandais, d’un trésorier allemand, d’un secrétaire américain, d’un adjoint Terre polonais assisté d’un Norvégien, d’un adjoint Marine suédois (assisté d’un Canadien) et d’un adjoint Air espagnol (assisté d’un Ivoirien).

Conseiller militaire du chef de la mission diplomatique, l’attaché de défense coordonne la sécurité de l’ambassade et la protection des ressortissants de son pays. Représentant les forces armées de son pays, il assure la liaison avec les autorités militaires françaises. Il effectue des voyages d’information au sein des armées pour les comprendre et évaluer la qualité de leur entraînement sur le terrain. Officier de renseignement, il s’informe « officiellement », notamment au cours des réceptions officielles annuelles, moments d’échanges informels : vœux et cocktail du ministre de la Défense ; dîner du chef d’État-major des armées (CEMA) pour le comité du CAMNA ; invitations du CEMA pour les épouses ; vœux et cocktails des chefs d’états-majors des différentes armées et de la DGA ; présentation et cocktail de l’École de guerre qui accueille quelque 80 officiers étrangers par promotion de 200 stagiaires. En outre, l’attaché de défense transmet les « messages » que les armées françaises veulent faire passer. Par exemple, la Suisse pourrait être sollicitée en matière de maintien de la paix en Syrie et en Irak à l’issue du conflit en cours.

Enfin, les attachés de défense étrangers participent à toutes les commémorations nationales : Victoire du 8 mai 1945 ; Fête nationale et des armées du 14 juillet ; Armistice du 11 novembre 1918.

Les Français à l’étranger. Selon le ministère de la Défense,  l’attaché militaire français est placé sous l’autorité hiérarchique de la DGRIS, du CEMA, du délégué général pour l’armement et du secrétaire général pour l’administration et, sur place, sous celle de l’ambassadeur.

Sa mission comprend huit volets principaux dont l’importance relative évolue en fonction des pays considérés et des circonstances : conseiller l’ambassadeur pour les questions de défense ; conseiller le ministère pour les questions de défense relatives à son/ses pays d’accréditation ; animer la relation bilatérale de défense sous ses différents aspects ; assurer la promotion de la politique de défense française ; recueillir et analyser l’information concernant son/ses pays d’accréditation au profit du ministère de la Défense et contribuer aux études comparatives ; promouvoir l’industrie française d’armement et contribuer aux démarches de soutien et de contrôle des exportations d’armement ; remplir des missions à caractère opérationnel, notamment en cas de crise, de conflit ou d’évènement grave survenant dans son ou ses pays d’accréditation voire dans la région ; animer les réseaux d’influence du ministère de la Défense à l’étranger.

Dans certains pays, l’attaché de défense peut cumuler ses fonctions avec la Direction de la mission de coopération militaire et de défense, sous l’égide du ministère des Affaires étrangères et du Développement international (Direction de la coopération de sécurité et de défense).

Par ailleurs, le ministère de la Défense dispose de représentants auprès des principales organisations internationales intervenant dans le domaine de la défense : Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Union européenne (UE), Organisation des Nations Unies (ONU), Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Conférence du Désarmement, Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE). Pour le pilotage et l’animation du réseau diplomatique de défense, la DGRIS s’appuie sur le bureau de l’influence française à l’étranger ainsi que sur les services géographiques compétents pour chaque zone.

La mission militaire traite également, au profit des ressortissants français, de l’admission dans les lycées militaires et des engagements dans l’armée française. Les informations relatives au recensement et à la « Journée défense et citoyenneté », obligatoires pour tout jeune Français, relèvent du consulat français dans chaque pays et les pensions militaires de la Paierie générale du trésor.

Loïc Salmon

Diplomatie : actions de la DCSD sur les moyen et long termes en matière de sécurité et défense

École de guerre : « Coalition 2016 », exercice d’état-major pour conflit hybride ou asymétrique

 

La Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) contribue à la politique internationale coordonnée par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international et pilote l’action internationale du ministère de la Défense.  La DGRIS pilote les travaux de prospective stratégique et coordonne, pour le ministère de la Défense, ceux nécessaires à la préparation du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et à son actualisation régulière.  La DGRIS assure l’interface, à l’exception des activités opérationnelles, de la conduite des coopérations en matière d’armement et du soutien aux opérations d’exportation, avec les autres ministères pour les questions touchant à l’action internationale, et particulièrement avec le ministère des Affaires étrangères et du Développement international. Elle est en outre chargée de la stratégie d’influence internationale du ministère de la Défense et de piloter le réseau des missions de défense à l’étranger. Rattachée directement au ministre, la DGRIS pilote l’action internationale du ministère de la Défense en y associant l’État-major des armées, la Direction générale de l’armement et le Secrétariat général pour l’administration. Elle assure la tutelle du réseau bilatéral diplomatique de défense, qui compte 87 missions dans les ambassades de France à l’étranger. Ce réseau étend ses compétences sur un nombre équivalent de pays où le ministère n’assure pas de présence permanente, mais où un attaché de défense est accrédité.




Euronaval 2016 : + 10 % d’exposants en deux ans

Salon biannuel de la défense navale et de la sécurité maritime, Euronaval reflète les  besoins accrus en surveillance et en protection des zones économiques exclusives, des côtes et des ports dans un contexte de terrorisme et de revendications territoriales en mer.

La  25ème édition (17-21 octobre à Paris-Le Bourget) a été présentée à la presse le 19 septembre 2016 par Patrick Boissier, président d’Euronaval et Hughes d’Argentré, délégué général. Organisé par le Groupement des industries de construction et activités navales (GICAN), Euronaval 2016 accueille : 391 exposants (+ 10 % par rapport à 2014), dont 56 % d’étrangers  avec, pour la première fois, le Japon et le Danemark ; 94 pays et 4 organisations internationales invités par le ministère de la Défense et le GICAN ; 25.000 visiteurs professionnels.

Le marché naval international. Divers pays comptent augmenter leurs flottes sous-marines, notamment l’Australie, l’Inde, la Pologne, la Norvège, les Pays-Bas et l’Indonésie. Les nations maritimes acquièrent davantage de navires de surveillance côtière, à savoir patrouilleurs de haute mer, corvettes ou frégates de taille intermédiaire. La cybersécurité, les aéronefs et les drones de surface aériens et sous-marins se développent. De nouveaux concepts liés à la furtivité sont en cours d’élaboration. Selon le GIGAN, le carnet mondial de commandes de navires neufs s’établit, en septembre 2016, à 150 Mds$ dans le secteur militaire et 270 Mds$ dans le secteur civil. Celui de l’Europe (hors Russie) atteint 96 Mds$ (23 % du monde), dont 36 Mds$ pour le militaire (24 % du monde) et 60 Mds$ pour le civil (22 % du monde). Celui de la France est de 22 Mds$ (5,2 % du monde et 23 % de l’Europe), dont 12 Mds$ pour le militaire (8 % du monde et 33 % de l’Europe) et 10 Mds$ pour le civil (3 % du monde et 17 % de l’Europe). Pour les constructions neuves des principaux chantiers navals, le marché des États-Unis se monte à 12 Mds$/an, celui de l’ensemble « Inde, Australie et Extrême-Orient (hors Chine) » à environ12 Mds$/an. Celui de l’Europe (hors Russie) reste stable à 10-11 Mds$/an. Enfin, la Chine et la Russie y consacre chacune environ 3-4 Mds$/an.

La Marine nationale. Le 16 septembre 2016, la Délégation générale de l’armement a réceptionné le Bougainville, 2ème bâtiment multi-missions (B2M) d’une série de 3 commandés en 2013 et affecté à la Polynésie française. Le 1er, réceptionné le 25 mars 2016, a rejoint la Nouvelle-Calédonie en juillet. Le 3ème est destiné à l’Île de la Réunion. L’actualisation de la Loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit la construction d’un 4ème destiné aux Antilles. Les B2M assurent les missions de souveraineté outre-mer : présence, surveillance et protection des intérêts français dans les zones économiques exclusives ; soutien logistique et sauvegarde ; assistance au profit des populations, notamment en cas de catastrophe naturelle. Armés par deux équipages de 20 marins, les B2M (2300 tonnes en charge) peuvent effectuer des missions de 30 jours sans ravitaillement et naviguer 200 jours/an. Parmi les frégates multimissons FREMM, 3 unités de lutte anti-sous-marine ont été livrées entre 2012 et 2016 et 3 le seront avant 2019. A terme, 2 autres FREMM remplaceront les frégates anti-aériennes Cassard et Jean-Bart. Enfin, à partir de février 2017, le porte-avions Charles-De-Gaulle sera remis en conditions pendant 18 mois pour modernisation du système de combat, modification de la plate-forme et adaptation pour pouvoir embarquer uniquement des Rafale.

Loïc Salmon

Marine nationale : en opérations sur toutes les mers

Marine nationale : la police en mer, agir au bon moment et au bon endroit

Piraterie : encore présente sur mer et en expansion dans le cyberespace

 




Les ONG : sécurisation des humanitaires en zone de crise

Les personnels des organisations non gouvernementales (ONG), qui partent secourir des populations sinistrées dans des pays en crise, sont devenus des cibles pour des raisons politiques ou crapuleuses (rançons). Leurs employeurs doivent assurer leur sécurité, sans trop entraver leurs activités sur le terrain.

Ces questions ont fait l’objet d’une conférence-débat organisée, le 17 mai 2016 à Paris, par l’Association pour la formation et les études de défense et de sécurité de l’Institut des hautes études de défense nationale. Y ont participé : Éric Lavertu, sous-directeur du Centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères et du Développement international ; Emmanuelle Strub, conseillère sécurité à l’ONG « Médecins du Monde » ; Nicolas Robe, directeur sécurité et sûreté à l’ONG « ACTED » (Agence d’aide à la coopération technique et au développement).

L’action de l’État. L’augmentation du nombre de victimes parmi les humanitaires correspond à la croissance de leurs activités. Au cours des 30 dernières années, ils sont passés de 13.500 à 24.500 dans le monde, indique Éric Lavertu, qui a œuvré notamment au Pakistan, en Éthiopie et même en Afghanistan du temps de l’invasion soviétique. L’année 2015 a connu 118 incidents graves parmi les humanitaires : 96 morts, dont 9 « internationaux » ; 49 enlèvements (7 internationaux). Environ 50 % se sont produits lors de déplacements vers les lieux où se trouvent les bénéficiaires de l’aide, à savoir le Soudan du Sud, l’Afghanistan, le Yémen, la Syrie et la République démocratique du Congo. Agir en Afghanistan dans les années 1980 nécessitait d’y entrer clandestinement, de marcher longtemps et d’accompagner des convois avec les risques de bombardements ou d’embuscades par l’Armée rouge. Mais la population faisait bon accueil aux organisations humanitaires de divers horizons. Aujourd’hui, ces dernières font l’objet d’attaques « collatérales », comme le bombardement d’un hôpital de l’ONG « Médecins sans frontières » en 2015 et d’un autre en Syrie en 2016. Différents acteurs apparaissent avec la volonté d’empêcher toute aide médicale extérieure à un pays en guerre depuis longtemps, en vue d’en interdire l’accès ou d’en tirer des profits. C’est la continuation de la politique suivie par l’URSS contre les dispensaires français en Afghanistan. Leur proximité de la population rend les ONG plus vulnérables. Elles sont alors tentées de se regrouper dans la capitale, plus sûre, et d’intervenir à distance à partir d’un pays voisin. Leurs personnels locaux, restés sur place, deviennent à leur tour des victimes. Le ministère des Affaires étrangères, comptable de la sécurité des ressortissants français, rappelle aux ONG les risques encourus dans les pays classés en « zone rouge » et élaborent des « protocoles de sécurité ». L’inscription au dispositif « Ariane » leur permet de se signaler gratuitement et facilement. Le Centre de crise et de soutien (CCS, voir encadré) les accrédite auprès des ambassades, qui les incluent dans les plans de sécurité. Il peut aussi faciliter leur évacuation vers un pays voisin avec l’aide des forces françaises sur place,  comme en Centrafrique en octobre 2015. Lors d’une prise d’otage, la négociation relève du Centre international de la Croix-Rouge. De son côté, le CCS entretient les relations uniquement avec la famille. Après la libération de l’otage, souvent très affecté psychologiquement, il facilite sa réinsertion dans la vie quotidienne.

« Officialisation » de la sécurité. « Médecins du Monde » (MdM) emploie 120 humanitaires « internationaux » et 1.500 « locaux » dans 40 pays. Les interventions restent difficiles en Afghanistan, en Somalie, en Centrafrique, en Syrie, au Yémen et en Irak, souligne Emmanuelle Strub, qui a connu les catastrophes humanitaires de l’ex-Yougoslavie, de la Tchétchénie et du Burundi. Depuis, la sécurité s’est imposée comme une évidence par un plan en 2000, réactualisé en 2010. Légalement, l’ONG doit protéger ses employés. S’y ajoute la contrainte de l’article 22 de la loi dite « Kouchner » (fondateur de MdM et ancien ministre des Affaires étrangères 2007-2010) : l’État peut demander le remboursement des dépenses occasionnées pour le sauvetage des personnes, qui se seraient délibérément exposées dans des zones occupées par des organisations terroristes. Un enlèvement est plus difficile à gérer qu’un décès, indique Emmanuelle Strub. Les ONG comptent sur la convention de Genève, peu respectée, qui interdit de tirer sur les ambulances, les personnels soignants et les blessés. Le « référent de sécurité » doit identifier les risques en amont et déterminer les moyens humains et financiers. Cela demande du temps et des capacités d’analyse pour intervenir en amont. Conseiller du décideur, le référent doit assurer la sécurité à tous les niveaux par la formation et l’information des personnels. Des procédures écrites formalisent les risques, partagés par le siège de l’ONG et les gens sur le terrain. Le « pilotage à distance » consiste à prendre des décisions loin des bénéficiaires et du lieu de l’intervention pour  éviter que le décideur, étranger, ne devienne une cible. Ainsi en Syrie, les personnels de MdM sont des Syriens ou des gens eux-mêmes déplacés.

Pouvoir continuer à travailler. L’ONG « ACTED » emploie 3.500 personnes (500 expatriés) pour réaliser quelque 400 projets par an dans 36 pays. Elle s’est dotée d’un conseiller sécurité en 2010 et d’un département sécurité en 2013, en vue de poursuivre ses activités  dans les zones à hauts risques avec les moyens les plus adaptés, souligne Nicolas Robe. La gestion de la sécurité commence par l’analyse du milieu géographique, de la situation politique et de la probabilité de la menace. Une ONG spécialisée envoie des appels d’offres en ce sens. La formation des personnels implique l’acceptation du risque sur le terrain : profil bas, là où le terrorisme perdure ; apparaître comme neutre dans les zones de conflit armé ; protection des bâtiments par gardiennage, clôtures et barbelés. Le « pilotage à distance » reste la dernière solution car conduisant à la « bunkerisation », que connaît l’ONU à Bagdad depuis 2003. Se sentant abandonnée, la population pourrait ne plus accepter l’ONG ultérieurement. ACTED laisse alors sur place des personnels originaires du pays. Toutefois, le renouvellement fréquent des équipes entraîne une perte de la « mémoire » du pays et celui des matériels souffre de la baisse du financement.

Loïc Salmon

Les ONG : gestion civile des crises dans la durée

Diplomatie : actions de la DCSD sur les moyen et long termes en matière de sécurité et défense

Diplomatie parallèle : l’action discrète de particuliers influents et engagés

Le Centre de crise et de soutien mobilise et coordonne l’ensemble des moyens du ministère des Affaires étrangères et des autres administrations, pour réagir aux crises à l’étranger impliquant des ressortissants français ou appelant une réponse humanitaire. Il assure le soutien à la stabilisation post-crise. Ses 72 agents assurent son fonctionnement 24h/24h, en liaison avec tous les autres ministères concernés. Il constitue aussi un pôle de partenariat pour : les ONG ; les entreprises ; les fondations ; les collectivités territoriales ; les Français résidents ou de passage à l’étranger ; leurs élus ; les organismes européens et de l’ONU ; les centres de crise étrangers.




Renseignement : l’affrontement des services au début de la guerre froide (1945-1955)

Accords secrets, infiltrations, agents doubles, défections, déstabilisation, propagande et moyens techniques caractérisent la guerre de l’ombre, qui succède au second conflit mondial.

Ce thème a été abordé au cours d’un colloque organisé, le 6 juin 2016 à Paris, par l’Académie du renseignement et l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire. Y sont notamment intervenus : Christian Brumter, ancien diplomate ; Charles Kogan, universitaire américain et ancien de la CIA ; Jean-Marc Lepage, universitaire ; Françoise Thom, universitaire et agrégée de russe.

Berlin, lieu de confrontation. Partagée en quatre secteurs d’occupation (URSS, États-Unis, France et Grande-Bretagne), la ville de Berlin va devenir un centre de renseignement et d’ingérence, explique Christian Brumter. En 1945, le comité allié du renseignement prône la concertation et la coordination en Allemagne, mais l’Union soviétique le quitte trois ans plus tard pour concentrer ses efforts sur le potentiel des pays occidentaux. Son service renseignement (SR) NKVD dispose de quatre sections : « dénazification » ; économie ; espionnage ; manipulation. Des agents polyglottes allemand, français et anglais procèdent aux interrogatoires. Dans le « Grand Berlin » Est et Ouest, une dizaine de commandos de 10 à 15 officiers recueillent renseignements et informations générales, en préalable à des enlèvements et des actions clandestines. De leur côté, les pays occidentaux se fixent comme priorité la situation intérieure en Allemagne et interceptent les communications des personnalités publiques, organisations politiques et syndicales, de façon systématique jusqu’en 1950 puis ciblée jusqu’en 1990. Pour éviter une résurgence du nazisme, ils emploient diverses méthodes : passage d’individus au crible par un tronc commun de questions avec des annexes particulières ; lutte contre les mouvements clandestins opérant à partir de l’Espagne en direction des jeunes ; censure des courriers et colis de tous les Allemands, avec interdiction d’utiliser le téléphone et obligation de traduire tout document en anglais. La lutte contre l’espionnage emprunte différents canaux : mouvements de populations ; endoctrinement des prisonniers de guerre ; surveillance des journalistes communistes ; surveillance des émigrés russes pour les protéger des enlèvements ; surveillance des réfugiés. La France est exclue de l’opération « Gold », à savoir un tunnel passant sous la zone soviétique pour écouter les communications, … dont les plans furent transmis à Moscou par l’agent double britannique Blake ! L’espionnage politico-militaire inclut désinformation et déstabilisation. Soviétiques et Alliés tentent de « retourner » des anciens de la Wehrmacht et de récupérer des fichiers établis pendant la guerre. Selon un transfuge de l’Est, les services français étaient considérés comme astucieux et leurs agents efficaces, car idéalistes. En revanche, l’impuissance de leurs homologues américains résultait de la vénalité de leurs agents.

L’influence américaine. La CIA a vu le jour en 1947, parce que les SR militaires américains n’ont pas su anticiper l’attaque japonaise contre la base navale de Pearl Harbour à Hawaï en 1941, rappelle Charles Kogan. La même année, est créé le Conseil de sécurité nationale (NSC en anglais), chargé des questions stratégiques avec autorité sur la CIA. Celle-ci doit remplir deux missions : le recueil de renseignement ; les activités clandestines, qui ne seront définies par la loi qu’en 1951. Ces dernières consistent à influencer l’environnement politique partout dans le monde, sans que la responsabilité du gouvernement américain soit engagée. Dans les pays satellites de l’URSS, elles se manifestent par des actions de guerres économique et psychologique pour susciter agitations et révoltes. Dès 1948 avec l’aval du NSC, la CIA finance le Parti démocrate-chrétien italien, le Parti socialiste et le syndicat français Force ouvrière, pour éviter que l’Italie et la France ne tombent dans le giron de l’Union soviétique. Il faut attendre 1974 pour qu’un certain contrôle s’exerce sur la CIA. Ainsi, ses activités à l’étranger, hors renseignement, ne peuvent être autorisées par le gouvernement fédéral, et financées par le Congrès, sans explications écrites les justifiant pour la sécurité des États-Unis.

L’Extrême-Orient. Après l’avènement de la République populaire de Chine en 1949, les États-Unis intègrent la guerre « chaude » en Indochine dans leur stratégie de guerre « froide » en Europe. Pour endiguer la propagation du communisme, explique Jean-Marc Lepage, leurs SR vont coopérer avec ceux de la France en Indochine et de la Grande-Bretagne en Malaisie. Tous les SR occidentaux quittent la Chine pour la colonie britannique de Hong Kong, point central de la collecte du renseignement par l’interrogatoire des réfugiés. En Chine même, toute la population doit participer à la lutte contre l’espionnage et aucun SR étranger ne parvient à infiltrer le gouvernement. En 1950, la guerre de Corée, à laquelle la Chine et l’URSS participent, accélère la prise de conscience de la menace d’une offensive générale communiste. Pour éviter les interceptions électromagnétiques, la Chine recourt au téléphone filaire et la Russie modifie toutes ses procédures de communications avec elle.  En 1951, Truman crée alors la NSA, qui coopère avec le GCHQ britannique de Hong Kong et le service français d’écoute installé au  Laos. A Singapour entre 1951 et 1955, des conférences réunissent les SR américains, français, britanniques, australiens et néo-zélandais dans l’éventualité d’incursions armées chinoises dans les pays d’Asie du Sud-Est : mise à jour de l’ordre de bataille chinois ; interrogations à court terme ; contrôle d’hypothèses ; création de liens professionnels. Si l’engagement de la France aux côtés des États-Unis reste sans faille dans le cadre de la guerre froide, il n’en est pas de même en Indochine où les autorités militaires françaises se méfient de la CIA après 1950. Toutefois, la collaboration des SR se maintient sur le terrain, héritage de la participation de l’OSS américain pendant la lutte clandestine contre l’armée japonaise. Elle s’accroît quand Washington décide de contribuer financièrement à la guerre.

Loïc Salmon

Renseignement : recomposition des services au début de la guerre froide (1945-1955)

Renseignement : les archives secrètes françaises et allemandes de la seconde guerre mondiale accessibles

Renseignement militaire : clé de l’autonomie stratégique et de l’efficacité opérationnelle

 

Selon Françoise Thom, Beria, chef du service soviétique de renseignement NKVD, crée en son sein des bureaux d’études de l’armement dès 1938, puis récupère, dans les « goulags », les scientifiques ayant obtenu des doctorats aux États-Unis et en Allemagne. En 1942, États-Unis et Grande-Bretagne travaillent à l’élaboration d’une bombe atomique, dont les plans seront transmis à l’URSS par le Britannique Fuchs, recruté par le NKVD dès 1941. En 1945, Beria dirige le projet nucléaire. Outre l’espionnage scientifique, il recourt à un réseau d’influence pour amener des savants anglo-saxons à coopérer techniquement, par antifascisme, puis à participer, par idéalisme, à une propagande contre l’armement nucléaire, qui risque d’anéantir l’humanité. Ainsi, à l’explosion de la bombe au plutonium en 1949, succède celle de la bombe à hydrogène en 1953. L’URSS a pu réaliser d’importantes économies et gagner du temps pour se constituer un armement nucléaire plus rapidement que prévu. Enfin, elle a échappé aux fausses pistes de recherche.