L’intelligence artificielle au service de l’Histoire

Le musée de l’Armée fait revivre les débarquements de Normandie et de Provence et la libération de Paris en 1944 par une exposition immersive aux Invalides…80 ans plus tard !

L’intelligence artificielle (IA) permet en effet de classer, contextualiser et animer une sélection d’archives vidéo et photographiques en vue d’une immersion au plus près de l’action. En recréant des environnements en trois dimensions, en colorisant des photographies d’époque et en les détourant, l’IA redonne vie à des moments historiques lointains. Elle facilite la perception et la compréhension de trois événements majeurs de l’été 1944 en France dans leur contexte global. Conjuguée avec l’offensive de l’armée soviétique à l’Est de l’Europe, l’ouverture d’un premier front au Nord puis d’un second au Sud de la France marque un tournant majeur du cours de la deuxième guerre mondiale et accélère la chute de l’Allemagne nazie. Le 6 juin, dans le cadre de l’opération « Overlord », 156.000 soldats alliés (Américains, Britanniques, Canadiens et Français) débarquent sur les plages de Normandie pour créer un point d’appui en France occupée. Malgré des combats difficiles et de lourdes pertes, « Overlord » permet aux Alliés de progresser vers l’intérieur des terres et de libérer progressivement des territoires français. Puis, afin de prendre à revers les troupes allemandes, les Alliés lancent l’opération »Dragoon » pour débarquer 130.000 soldats, en majorité français et issus des colonies, afin d’ouvrir, en priorité, un second front en France et de sécuriser les ports de Toulon et de Marseille. Après le succès de ces deux débarquements, les plans alliés ne considèrent pas la libération de la capitale française comme un objectif militaire. Mais Paris représente un symbole fort et un objectif politique, dont le général de Gaulle, chef de la France libre, a saisi l’importance. Organisée et menée par la Résistance intérieure de 19 au 24 août, l’insurrection populaire facilite la progression de la 2ème Division blindée du général Leclerc (photo) dans Paris. La bataille de Paris se termine après de durs combats. Cette libération, qui connaît un retentissement mondial, sera perçue comme le début de la chute du IIIème Reich, qui surviendra officiellement le 8 mai 1945. Après l’immersion dans les combats et la liesse populaire, l’exposition présente 17 témoignages d’acteurs, hommes et femmes, de ces événements : combattants français et étrangers sur les plages de Normandie, de Provence ou dans les rues de Paris ; résistants, membres de Forces françaises de l’intérieur ou anonymes. Apparaissent, en creux, les portraits des ceux qui constituent aujourd’hui la mémoire de la Libération. Une tablette tactile permet d’écouter leur récit personnel.

Archives augmentées. L’IA permet d’explorer et de redécouvrir les lieux précis des images d’archives et de reconstituer les scènes dans leur environnement réel. Les nouvelles technologies de géolocalisation dynamiques, appliquées à ces photographies, permettent de renouveler le regard du public…et des historiens ! Elles ouvrent la voie à une meilleure compréhension des lieux et des événements. Pour l’exposition « Revivez la Libération de 1944 », l’IA a permis la recherche et le classement de documents par thèmes et l’enrichissement de données historiques, afin de mieux documenter les événements. L’exposition donne l’occasion d’expérimenter à grande échelle le potentiel de l’IA, technologie de rupture, dont les applications futures permettront d’ouvrir des horizons encore peu connus. Sa réalisation technique revient à Iconem, entreprise spécialisée dans la numérisation 3D de sites patrimoniaux dans le monde,.

Loïc Salmon

L’exposition immersive « Revivez la Libération de 1944 » (8 novembre – 18 décembre 2024), organisée par le musée de l’Armée en partenariat avec Microsoft, se tient aux Invalides à Paris. Elle présente des photos, films et témoignages d’archives. Renseignements : www.musee-armee.fr.

Les Français du jour J

Provence 1944

La France libérée




03ème Régiment étranger d’infanterie

Légion d’honneur, Médaille militaire et croix de Guerre 1914-1918 avec 9 palmes de bronze, 1939-1945 avec 3 palmes de bronze et des théâtres d’opérations extérieurs avec 4 palmes de bronze.

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bataillons des Douanes

Légion d’honneur, Médaille militaire et croix de Guerre 1914-1918 avec 9 palmes de bronze, 1939-1945 avec 3 palmes de bronze et des théâtres d’opérations extérieurs avec 4 palmes de bronze.

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Escadron de transition opérationnelle 2/8 « Nice »

L’Escadron de transition opérationnelle 2/8 «Nice» est titulaire des croix de Guerre 1939-1945 avec 4 palmes de bronze et des théâtres d’opérations extérieurs avec 1 palme de bronze.

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Charleville-Mézières | Mars 2024

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Lycée militaire de Saint-Cyr l’École (Yvelines)

 

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La déchirure, guerre d’Algérie

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L’engagement français au Liban sous casque bleu en 1978-1979

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355 | Dossier : Les champions sportifs décorés de la croix de Guerre

Dossier : « Les champions sportifs décorés de la croix de Guerre »

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Euronaval : préparation au retour du combat de haute intensité

Matériels plus lourds, systèmes d’armes plus complexes, drones de surface et sous-marins ainsi que les luttes anti-drones et anti-mines caractérisent l’édition 2024 du salon international Euronaval.

Ce dernier a fait l’objet d’une visioconférence de presse le 24 octobre 2024, où sont notamment intervenus : l’ingénieur général de l’armement François Watteau, sur les programmes français ; le délégué général du Groupement des industries de construction et activités navales (GICAN) Philippe Missoffe, sur le marché naval dans le monde. Le salon, qui se déroule du 4 au 7 novembre à Villepinte (banlieue parisienne), accueille 480 exposants de 30 pays et environ 150 délégations françaises et étrangères.

Les grands programmes français. Premier investisseur de l’État avec 20 Mds€ par an, la Délégation générale de l’armement (DGA) garantit l’autonomie stratégique des armées en matière d’équipements. L’unité de « management combat naval », à laquelle appartient l’ingénieur général Watteau, pilote l’ensemble des opérations relatives au renouvellement ou à la modernisation des moyens de la Marine nationale, à savoir le porte-avions, les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA), les drones jusqu’à 6 m de long et tous les équipements et armements associés. Elle doit garantir la cohérence des futurs systèmes avec ceux en service, conduire leurs travaux d’architecture et de conception pour répondre aux besoins, définir l’organisation industrielle, passer des contrats et en assurer la bonne exécution par la réception des matériels dans les centres d’essais de la DGA, répartis dans toute la France. Parmi les 100 programmes en cours, le principal concerne le remplacement du porte-avions Charles-de-Gaulle, qui arrivera en fin de vie en 2038. La DGA et le Commissariat à l’énergie atomique assureront la maîtrise d’ouvrage étatique du porte-avions de nouvelle génération, qui sera équipé de deux chaufferies nucléaires. Les études en projet ont été initiées dès 2019, les gros équipements de chaufferie ont été commandés en 2024 et le contrat de réalisation sera signé en 2025. Outre l’évolution du Rafale Marine, les innovations technologiques majeures seront prises en compte pendant toute la durée de vie du futur porte-avions, notamment les drones et le domaine quantique (comportements des atomes et des particules dans le rayonnement électromagnétique). Le programme des nouveaux SNA « Barracuda » se poursuit. Après les Suffren et Duguay-Trouin déjà en service, le Tourville le sera à la fin de 2024. Les De-Grasse, Casabianca et Rubis suivront d’ici à 2030. A cette date, trois des cinq frégates du programme franco-grec « FDI » (frégates de défense et d’intervention) seront livrées. La première, dénommée Amiral-Ronarc’h, a commencé ses essais à la mer le 7 octobre 2024. Les frégates anti-aériennes du programme franco-italien « Horizon » seront renouvelées. Enfin, un programme de drones sous-marins, capables d’opérer à 6.000 m de profondeur, sera lancé pour assurer la maîtrise des fonds marins.

Le marché naval mondial. Selon l’édition 2024 de l’étude « World Defence Shipbuilding» du GICAN, présentée par Philippe Missoffe, les données récupérées depuis 2016 montrent une évolution de la construction navale militaire. Les risques de tensions maritimes entraînent les constructions de frégates, corvettes, sous-marins à propulsion diesel-électrique, SNA et sous-marins nucléaires lanceurs d’engins fortement armés. La guerre d’attrition nécessite de nouvelles armes bon marché (lasers). Des armes plus rapides (torpilles) et lointaines (missiles hypersoniques) arrivent. Le marché naval mondial est estimé à 82,5 Mds€ pour les années 2022-2023, dont 20 Mds€ dépensés par les États-Unis et 16 Mds€ par la Chine. Celle-ci construit davantage de navires que les États-Unis mais n’en exporte pas, alors que la France vend 35 % de sa production navale à l’étranger.

Loïc Salmon

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