Défense : « Orion 26 », exercice interarmées et multinational

Inspiré des standards OTAN et basé sur un scénario crédible, l’exercice « Orion 26 » s’est déroulé du 7 avril au 1er mai 2026 dans 20 départements pour recréer les formes du combat actuel, de la menace hybride à la haute intensité.
La première phase (7-17 avril) a porté sur les combats assistés par ordinateurs et focalisés sur le poste de commandement. La seconde (18 avril-1er mai) a consisté en combats réels de troupes sur terrain libre en présence, le 30 avril dans l’Est de la France, du président de la République, Emmanuel Macron, et de la ministre des Armées, Catherine Vautrin (photo).
Au sein de l’OTAN. Mises en œuvre par le 1er Corps d’armée basé à Lille en tant que « Warfighting Corps » (corps d’armée de combat), les deux phases intègrent tous les milieux et champs d’action incluant les domaines cyber, informationnel et exo-atmosphérique, les forces spéciales, le renseignement et le soutien logistique. En tout, « « Orion 26 » a engagé 12.500 militaires, 1 état-major de niveau corps d’armée, 4 divisions (dont 3 multinationales) et 3 brigades interarmes pendant trois semaines d’opérations, dont 10 jours en terrain libre, ainsi que 90 directions, services et organismes interarmées du ministère des Armées et des Anciens Combattants. En outre, douze pays membres de l’OTAN ont envoyé des unités : Allemagne ; Belgique ; Espagne ; États-Unis ; Grèce ; Grande-Bretagne ; Italie ; Luxembourg ; Pays-Bas ; Pologne ; République tchèque ; Roumanie. L’armée de Terre, chargée de la reconquête de zone et de la réassurance de la population locale, a engagé un système de combat divisionnaire (voir plus loin) sous le commandement du 1er Corps d’armée et a déployé 1.800 véhicules tactiques, 30 hélicoptères et 800 drones de combat et de spécialité. Elle peut conduire des missions de renseignement dans la profondeur, s’engager dans la zone de contact et défendre des emprises sensibles. A partir des bases aériennes d’Orange et de Nancy, Saint-Dizier et Luxeuil, l’armée de l’Air et de l’Espace a assuré la sécurisation de l’espace aérien et le maintien de la supériorité aérienne, la coordination des frappes dans la profondeur et la maîtrise du ciel avec un contrôle aérien avancé. Chargée de la continuité de la coordination interarmées et de l’interopérabilité avec les unités alliées, elle a contribué à la combinaison des effets partout, y compris dans les champs cyber et spatial. Sous la direction du Commandement en chef pour l’Atlantique à Brest, la Marine nationale a assuré la supériorité aéro-maritime et a contribué aux frappes dans la profondeur par la mise en œuvre des Rafale Marine du porte-avions Charles-de-Gaulle et de la capacité de tirs de missiles de croisière navals par une frégate multi-missions et un nouveau sous-marin nucléaire d’attaque de type Suffren, même en plongée.
Système de combat divisionnaire. Afin de dominer le champ de bataille de haute intensité, la division le structure en trois : « Deep », zone des combats de 40 km dans la profondeur ; « Close », zone des combats rapprochés de 60 km ; « Rear », zone arrière de 50-100 km. Elle intègre et synchronise les effets pour faire fondre la masse adverse, soutenir l’effort et permettre aux brigades au contact de porter le coup décisif. Dans « Rear », le Groupement de soutien interarmées de théâtre assure la sûreté, garantit la protection du commandement et des moyens logistiques (flux massifs et élongations) et coordonne les feux dans la profondeur pour mettre l’ennemi à la portée des brigades de combat. Dans « Close », trois brigades, équipées de canons Caesar, de chars Leclerc et de véhicules blindés, manœuvrent pour emporter la décision par des engagements directs. Dans « Deep », les moyens interarmées coordonnent les effets dans la profondeur : destruction des systèmes de défense aérienne et de moyens de guerre électronique ; destruction des capacités de feu longue portée ; désorganisation du commandement et des soutiens logistiques.
Loïc Salmon
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