Marine nationale : les drones aériens embarqués, une plus-value opérationnelle

Complémentaires des aéronefs embarqués, les drones aériens permettront de prendre l’ascendant en opération et d’améliorer la vie à bord.

Ce thème a été traité au cours d’une conférence-débat organisée, le 14 mars 2019 à Paris, par l’Association nationale des auditeurs jeunes de l’Institut des hautes études de défense nationale. Y sont intervenus : un capitaine de frégate, officier de correspondance à l’état-major de la Marine ; le directeur du programme « Drones » à la Direction générale de l’armement (DGA).

Coût/efficacité. Les drones permettent d’économiser du temps et de l’argent, explique le capitaine de frégate. Démultiplicateurs des capacités de recueil d’information et d’action, ils dégagent l’homme des tâches ennuyeuses, sales et dangereuses pour qu’il se concentre sur une activité plus complexe. L’automatisme effectue les travaux routiniers et répétitifs. Un drone agit mieux et plus longtemps que l’homme dans un environnement hostile, limite l’exposition humaine à la menace et peut évoluer en ambiance nucléaire, radiologique, biologique ou chimique. La détection, par un drone, d’une pollution en mer ou du naufrage d’un transporteur de produits dangereux précède l’arrivée, par hélicoptère, d’une équipe d’intervention. L’envoi d’un aéronef sans personne à bord dans une zone dangereuse implique la notion de « perte » de l’engin et l’importance du coût de son exploitation. La plus-value opérationnelle porte sur le tri et l’évaluation du potentiel réel d’une offre pléthorique de drones, sur le marché. La résilience de l’engin et sa fiabilité dépendent de sa robustesse face à la corrosion du sel marin. Un vol ininterrompu de 24 à 40 heures mobilisant plusieurs opérateurs, le gain en ressources humaines résulte du recours à l’intelligence artificielle. L’évaluation de la gravité des risques pris par le combattant restera pertinente. Quoique le drone lui apporte une aide à l’intervention, il devra quand même intervenir pour remplir la mission avec succès. La montée en puissance progressive des drones nécessite un effort financier, qui détermine les priorités pour intégrer les capacités nouvelles sur un équipement en développement. La principale priorité porte sur les lacunes capacitaires à combler pour garantir l’emploi opérationnel des drones navals. Leurs spécificités rendent impossible une simple adaptation des systèmes de drones aéroterrestres au milieu aéromaritime. En effet, en situation de crise, une frégate ne pourrait arrêter ses radars pour mettre en œuvre un drone. Le traitement du besoin maritime diffère selon l’étendue de la zone d’opération. Le « Plan Mercator » prévoit un drone par bâtiment de haute mer et par sémaphore (poste de défense côtier pour l’action de l’Etat en mer) en 2030.

Segments différents. Le rayon d’action d’un drone aérien doit rester en cohérence avec la zone d’intérêt militaire où il est déployé. Sa « survivabilité » dépend du niveau de la menace, de son allonge et de l’étendue de la zone d’opérations. Ainsi un drone MALE (moyenne altitude longue endurance) surveille les approches maritimes d’un théâtre d’opérations entre 1.000 et 300 milles marins (1.800-555 km) de la côte. Un drone de combat couvre une zone de 300 à 100 milles (555-185 km) autour d’une force navale amphibie ou du groupe aéronaval. Un drone tactique à décollage et atterrissage vertical opère au profit d’une frégate ou d’un patrouilleur à une distance de 100 à 60 milles (185-111 km). Enfin, les commandos Marine utilisent des mini-drones jusqu’à 30 milles (55 km) et des micro-drones d’une portée de quelques dizaines de mètres. Pour le drone de combat et de théâtre, le programme franco-allemand SCAF (système de combat aérien futur) prévoit une capacité embarquée sur porte-avions, en complément des avions de chasse pilotés. Le drone de surveillance maritime sera, à terme, une version navalisée du futur Euromale. D’ici là, il faudra adapter le drone Reaper ou développer une composante intérimaire comme les drones Patroller français, Sea Gardian britannique ou Tekever AR5 américain. Le drone tactique embarqué permettra au commandant du bâtiment porteur d’acquérir et d’entretenir dans le temps la maîtrise de la situation maritime au-delà de la portée des senseurs du bord. Il complètera l’hélicoptère, sans le remplacer, pour les missions de surveillance maritime, de reconnaissance, de renseignement et d’appui aux opérations. Le drone S100, opérationnel fin 2019, précède le démonstrateur SDAM (système de drone aérien marine) VSR 700, en vue d’équiper toutes les frégates à l’horizon 2027 (voir encadré). Le drone de contact SMDM (système de mini-drone marine), inférieur à 25 kg, d’utilisation simple et récupérable à bord, contribue à la maîtrise de la situation tactique autour du navire porteur entre 10 et 50 milles (18-92 km). Utilisé par les commandos Marine, il reconnaît et identifie ce qu’ont détecté les senseurs, maintient un contact discret, recueille du renseignement sur l’objectif et désigne la cible. Enfin, les micro-drones (moins de 2 kg, 30 minutes de vol) assurent la surveillance de site, le soutien sur sinistre ou pollution marine et les prises de vues aériennes (inspection de mâture).

Enjeux techniques. Selon l’ingénieur de la DGA, le marché des SDAM a été lancé fin 2017 en cotraitance avec Naval Group et Airbus Helicopters pour équiper tous les types de frégates. Des essais d’appontage automatique du VSR700 avec les contraintes spécifiques à l’environnement marin commenceront en 2021. Seront ensuite fixés les choix de la propulsion future, à savoir thermique, électrique, hybride ou à hydrogène, et de la convertibilité, à savoir voilure fixe (version avion) ou tournante (version hélicoptère). La miniaturisation des capteurs et leur traitement automatisé des données (détection et identification), par l’intelligence artificielle, permettra de réduire la charge des opérateurs. Face à un drone suicide, il faudra développer un système de brouillage pour le neutraliser sans affecter la liaison du navire avec le SDAM. En cas de perte au combat, il faudra pouvoir récupérer sa bibliothèque de données chiffrées.

Loïc Salmon

Le système de drones comprend : un ou plusieurs véhicules aériens équipés de charges utiles, variables selon les missions ; un ou plusieurs opérateurs dans une station de contrôle commande au sol ; une ou plusieurs liaisons de données ; un système de lancement, si nécessaire ; un système d’atterrissage et/ou de récupération, si nécessaire ; un système de maintenance/soutien. Voici les caractéristiques du drone expérimental tactique embarqué S100 : masse, 200 kg ; longueur, 3,10 m ; diamètre du rotor, 3,040 m ; charge utile 50 kg ; vitesse de patrouille, 111 km/h ; endurance, 5h30. Lors d’essais sur le patrouilleur Adroit et le porte-hélicoptères amphibie Dixmude, il a réalisé 320 heures de vol, dont plus de 100 heures en environnement opérationnel, et 300 appontages. Le futur drone aérien marine VSR 700 (700 kg) emportera une charge utile de 100 kg et patrouillera à 160 km/h pendant 10 heures à 148-185 km du navire porteur.

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Défense : l’emploi de l’IA sur le champ de bataille de demain

Le combattant va devoir accepter l’aide de l’intelligence artificielle (IA) en soutien de « l’intelligence tactique » pour converger vers la victoire, tout en conservant le contrôle de la technologie.

Ce thème a été abordé lors d’un colloque organisé, le 30 janvier 2019 à Paris, par le Centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC). Y sont intervenus : le colonel Gilles Haberey, chef d’état-major du Centre de doctrine et d’enseignement du commandement ; le colonel Marc Espitalier, coordonnateur environnement Scorpion (armée de Terre) ; le capitaine de frégate Camille Girard, état-major de la Marine ; le colonel Etienne Faury et un lieutenant-colonel, tous deux de l’état-major de l’armée de l’Air ; Alexandre Hervieu, expert IA à DGA Maîtrise de l’information ; Yonathan Teboul, responsable IA chez le missilier MBDA.

La fascination technique. Tous les décideurs politiques et militaires ont tenté de trouver des procédés pour dominer la complexité du champ de bataille et ses facteurs de ruptures, explique le colonel Haberey. La guerre est conduite en vue de la construction d’une paix durable et non pas pour éradiquer l’ennemi, comme le montrent les opérations en Afghanistan et en Syrie. Or il existe des solutions multiples pour garantir la fin des hostilités. La clé du succès réside dans le discernement pour imaginer la phase post opérationnelle. Le militaire fait preuve d’ingéniosité et d’initiative dans les actions de guerre. L’IA, qui lui facilitera la tâche, constitue une condition nécessaire mais pas suffisante pour vaincre demain. Elle synthétise le contexte : ami ou ennemi ; réalités physique et humaine. Mais la décision du chef, probabilité qui remet en cause tous les équilibres, ne se modélise pas. Par son aide inégalée à la prise de décision et à la compréhension de la situation tactique, l’IA augmente les capacités du chef. Dans la bataille présentée sous ses différents aspects, elle lui propose une solution mathématique, mais ne permet pas la recherche de l’erreur humaine, de la responsabilité et de la culpabilité. Elle identifie les cibles et les traite avec précision et létalité contrôlée, plus facilement dans les milieux aérien et maritime que terrestre. Ce traitement « chirurgical », qui ne s’applique pas partout, tient la guerre à distance de la société. Or au cours de ses missions de pacification ou de résolution de crises l’armée de Terre se trouve confrontée à des formes complexes de conflictualité. Le guerrier, l’ingénieur, le philosophe et le sociologue doivent réfléchir ensemble pour gagner sur le terrain, avec une technologie maîtrisée et dans une limite éthique. Aux Etats-Unis, indique le colonel Haberey, ce qui est faisable est légal et donc moral. Mais en France, la cause juste donne un sens à l’action.

L’armée de Terre. Les forces terrestres opèrent dans un milieu physiquement complexe, difficile à modéliser et face à un ennemi hybride, avec le risque de dommages collatéraux, souligne le colonel Marc Espitalier. Les unités, éloignées les unes des autres, collectent des données, les traitent et les partagent. Elles s’adaptent, se protègent et doivent durer sur le terrain. L’IA, capable de démultiplier les effets, permettra à chaque soldat, dépositaire d’une partie de la mission et donc de la force, de se concentrer sur des tâches à haute valeur ajoutée et de prendre des initiatives. Elle s’intègre au « système infovalorisé Scorpion », qui mettra en service le futur char de combat franco-allemand à l’horizon 2035, et combine intelligence tactique, puissance et résilience. L’intelligence tactique inclut : la compréhension de la situation grâce au traitement des données par les algorithmes des capteurs ; la performance du commandement pour atteindre et maintenir la supériorité décisionnelle. La puissance nécessite : la masse, accrue par la robotique ; la coopération avec les forces alliées ; l’influence par la communication au bon moment et la lutte contre la désinformation ; l’agilité, résultant d’une adaptation permanente des structures par une reconfiguration des systèmes. La résilience concerne : la force morale, acquise par l’entraînement en quasi-expérience ; l’endurance, par une « maintenance prédictive » des équipements réduisant le déploiement des moyens logistiques sur le terrain.

La Marine nationale. L’IA développera la capacité opérationnelle à localiser 500.000 navires dans le monde, explique le capitaine de frégate Girard. La « veille collaborative navale » met en œuvre plusieurs frégates qui partagent la situation tactique, en vue d’un pistage précoce et de meilleures classification et analyse de la cible. Les Marines américaine, britannique et française procèdent à des exercices de « wargaming » pour établir de nouvelles doctrines face aux bâtiments russes et chinois. A l’horizon 2024, le groupe aéronaval français pourra évaluer la présence d’unités russes ou chinoises dans le golfe Arabo-Persique, en les détectant dans le détroit d’Ormuz. Par ailleurs, l’IA intervient dans la conception du système de lutte anti-mines du futur. Un « bâtiment mère », en communication satellitaire avec un centre d’exploitation à terre, déploie des drones sous-marins et un de surface. Ce dernier remorque un sonar, qui complète l’action des drones sous-marins pour détecter un champ de mines. Ensuite, il envoie son robot sous-marin télécommandé, qui met en œuvre des moyens de neutralisation.

L’armée de l’Air. L’IA facilitera la gestion de la navigation aérienne et de la manœuvre char/avion dans le combat futur, explique le lieutenant-colonel (Air). Elle raccourcit le cycle OODA (observer, orienter, décider et agir) dans la conduite d’une opération dans le temps court et, quand elle dure, de la gérer sur le long terme. Elle s’inscrit dans la préparation opérationnelle avec le simulateur de la base de Mont-de-Marsan, pour anticiper le combat aérien de demain et rejouer les scénarios précédents. L’IA apporte puissance de calcul et reconnaissance automatique d’images. Par ailleurs, indique le colonel Faury, tout est enregistré dans un avion en mission, où les cyberattaques constituent un risque majeur. Toutefois l’homme conservera toujours le moyen de revenir en mode basique de pilotage et de combat au cours de la mission.

Loïc Salmon

En matière d’intelligence artificielle (IA), indique Alexandre Hervieu, les travaux de la Direction générale de l’armement portent sur les systèmes multi-agents, la connaissance et le raisonnement, la recherche opérationnelle et l’apprentissage automatique. Celui-ci inclut la reconnaissance d’images, le traitement automatique du langage et l’analyse de séries temporelles. L’IA présente diverses vulnérabilités sur : la reconnaissance d’images visibles par infrarouge, radar à synthèse d’ouverture et sonar ; les données sonores par leurrage ; les textes par « empoisonnement » des données d’entraînement ; les suites numériques par des « portes dérobées ». Selon Yonatan Teboul, l’IA apporte une aide au renseignement par la fusion des informations d’images, de textes et du contexte pour comprendre la situation. Le même signal peut donner lieu à des interprétations différentes nécessitant une fusion sémantique. L’IA traduit en termes compréhensibles des équations mathématiques, caractérisés par leurs effets : formes, objets et couleurs.

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Forces spéciales : l’innovation pour une plus grande efficacité

L’innovation technologique doit pouvoir donner l’agilité tactique qui surprendra l’adversaire. Elle doit donc « coller » aux besoins des opérations spéciales et se décliner au niveau du combattant.

Le vice-amiral Laurent Isnard, commandant des opérations spéciales, l’a expliqué à la presse, le 21 mars 2019, à l’occasion du salon international des forces spéciales au camp de Souge (Gironde) du 2 au 4 avril 2019.

Aide à la réactivité. L’innovation en matière de renseignement ou de communication donne un temps d’avance dans les déplacements et laisse le choix de la neutralisation de l’adversaire selon la mission. La commission de recherche du Commandement des opérations spéciales profite du retour d’expérience pour planifier à moyen terme, effectuer des achats « sur étagères » et mener des études sur les nouveaux équipements et armements. Elle finance 60 projets par an et s’intéresse aussi aux technologies « duales » venant du monde civil, dont le cryptage. Elle échange des informations avec l’Agence innovation défense sur les technologies dites de « rupture » présentant une utilité opérationnelle. Un dialogue approfondi se poursuit entre les opérateurs des FS, les « start-ups » innovantes et les bureaux recherche et développement des grands groupes industriels. Selon l’amiral, les terroristes font de moins en moins d’erreurs et ne sont pas astreints au respect de normes, contrairement aux forces spéciales (FS) qui doivent pouvoir détecter leurs failles. Cela nécessite une collecte considérable de données et un logiciel performant qui les exploite pour trouver la « bonne » information. Les FS s’intéressent aux logiciels de communication, de navigation et d’aide à la vision. Ainsi, le tireur d’élite dispose de jumelles connectées à un logiciel adapté, qui utilise des informations d’origine spatiale pour suivre sa cible avant de « l’engager ». Un autre logiciel intégré facilitera le tir de nuit. Il existe déjà des munitions « sur mesure » correspondant à une mission particulière. La caméra thermique permet de voir des gens par tous les temps, surtout mauvais, pour agir plus discrètement. Toutefois une trop grande diffusion de chaleur en réduit l’efficacité. A l’occasion d’un séminaire annuel, les forces conventionnelles bénéficient du retour d’expérience des équipements développés pour les FS. Ainsi, les drones du commando Kieffer (marine) ont surveillé l’évolution de la pollution causée par le naufrage du navire de commerce italien Grande-America dans le golfe de Gascogne le 12 mars 2019. Outre l’observation, les drones peuvent servir de relais de communications pour constituer une « bulle » sur zone. Les priorités des FS portent sur la lutte contre le froid, les moyens de voir plus loin et plus rapidement, la guerre électronique et le cyber pour comprendre l’environnement.

« Sofins ». L’édition 2019 du « Special operation forces innovation network seminar » (Sofins) accueille 250 exposants, 50 délégations étrangères et 4.000 visiteurs, dont les membres des commissions parlementaires de la défense qui suivent l’exécution de la loi de programmation militaire 2019-2025. Sofins inclut une journée sur les technologies et innovations au profit des FS et une autre sur la place de l’humain dans un environnement innovant. Il donne l’occasion aux FS françaises et étrangères d’examiner ce qui a bien fonctionné lors des opérations, en vue d’une mise en commun des méthodes. Quant aux nouveaux matériels, l’intérêt porte sur les appareils de vision nocturne, la protection, la balistique et les équipements d’hélicoptère.

Loïc Salmon

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Défense : l’IA, nombreuses applications militaires possibles

Le combattant de demain devra pouvoir décider plus vite que l’adversaire, grâce à l’intelligence artificielle (IA) applicable dans les équipements qu’il portera. Des robots armés automatisés sont déjà en cours d’expérimentation.

Ce thème a été abordé lors d’un colloque organisé, le 30 janvier 2019 à Paris, par le Centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC). Y sont intervenus : l’ingénieur général de l’armement Patrick Bezombes, directeur adjoint du Centre interarmées de concepts, doctrines et expérimentations ; Gérard de Boisboissel, ingénieur de recherche au CREC ; Thierry Berthier, maître de conférence, Université de Limoges ; le professeur Jean-Gabriel Ganascia, président du comité d’éthique du CNRS ; le chef d’escadron Damien Sauget, stagiaire à l’Ecole de Guerre.

Champ très vaste. Le militaire doit comprendre le fonctionnement des équipements dotés d’IA, algorithme « apprenant », explique Gérard de Boisboissel. Selon la capacité militaire et le niveau hiérarchique du combattant, l’IA facilite ses choix grâce à l’aide « cognitive » (voir encadré). Toutefois, il convient de tenir compte des locaux et des déformations potentielles du langage, notamment quand la voix est altérée par le stress. Dans le domaine de la santé, elle permet un diagnostic performant des blessés. Lors de la préparation d’une mission, elle fournit une cartographie du mode opératoire adverse, utile pour le sien propre avec anticipation des cas non conformes. La simulation sur des systèmes d’information et de communication améliore l’entraînement du soldat avec un environnement enrichi par les modes de combat adverses. L’IA aide à détecter des cibles furtives (sous-marins), reconnaître des mouvements anormaux (faux bateaux de pêche) et prévoir des déplacements des cibles (cas non conformes). Cela conduit à modéliser le comportement de l’ennemi et de préparer l’action. Montée sur une antenne active, l’IA permet d’esquiver la menace. Sur un véhicule, elle procède à son autodiagnostic pour évaluer le niveau de réparations nécessaire, application utilisable par les unités militaires et le monde civil. L’IA analyse et clarifie les données pour découvrir des signaux faibles en provenance de sources différentes (passeport douteux d’un terroriste potentiel). Elle aide à évaluer les informations en réseaux pour ne transmettre que celles présentant un intérêt opérationnel. Elle procède au chiffrement automatique des ordres pour un déplacement sécurisé. Elle intervient dans la lutte informatique active pour la déception, l’influence et le droit de riposte. L’IA nécessite une grande qualité des données et une bonne gestion de leur cloisonnement dans ses diverses sphères d’emploi et de confidentialité. Toutefois, avertit l’ingénieur de recherche, l’adversaire se comportera toujours de façon intelligente et changeante pour bénéficier de l’effet de surprise.

Intégration technologique. Outil maîtrisé et de confiance, l’IA sert à produire des ordres plus rapidement, explique le chef d’escadron Sauget. La prise de décision aux niveaux stratégique (politique), opératif (théâtre) ou tactique (sur le terrain) suit le cycle « OODA » : observer, orienter, décider et agir. Celle d’une planification inférieure à 24 mois consiste à analyser le théâtre, en comprendre les acteurs, identifier des scénarios et déterminer des leviers d’action. L’IA y contribue comme « équipier fidèle », chargé de stimuler la réflexion du chef et non pas la remplacer. Elle travaille en temps réel, même en mode dégradé maîtrisé, pour donner des conseils en vue de reprendre l’ascendant sur l’adversaire. La planification confronte les modes d’action « amis » et « ennemis », pour mettre en lumière ses propres limites et les opportunités et prévoir des plans secondaires, afin de poursuivre la mission en toutes circonstances. L’IA, « adjoint numérique », décloisonne informations et données et conçoit la synthèse pour le chef…qui décide !

Robots armés. Les Etats-Unis entendent conserver leur avance dans l’IA par l’autonomie des systèmes sur terre, sur mer, dans les airs et dans le cyberespace, pour éviter d’envoyer des soldats américains au contact d’une unité robotisée dans des combats à haute fréquence, indique le professeur Berthier. Pour cela, ils mobilisent certains GAFA et une grande partie des ingénieurs de la Silicon Valley. La Chine aspire à les dépasser et acquérir la maîtrise dans les quatre domaines cités. Elle effectue un maillage exhaustif des océans, par des unités armées de surface et sous-marines autonomes, pour contrôler les territoires inhabités. La Russie veut retirer ses soldats de la zone d’immédiate conflictualité et prendre sa revanche après la Guerre froide perdue. Elle autonomise des robots sentinelles armés et expérimente des unités robotisées terrestres.

Concept fantasmé. Le terme « intelligence artificielle », qui signifie « automatisme industriel » induit en permanence en erreur, vu les difficultés à définir et mesurer les intelligences naturelle et émotionnelle, estime l’ingénieur général Bezombes. L’IA, intelligence mathématique, repose sur la donnée. Comme les algorithmes, elle ne décide pas, mais applique des instructions informatiques. Son concept, aligné sur la science, risque de ne pas être bien accepté par la société. Toutefois, l’IA constitue un jalon supplémentaire dans l’automatisation qui, passée de l’analogique au numérique, prendra en compte les nouveautés au sein des armées dans 15 ou 20 ans. Par ailleurs, « autonome » signifie être régi par ses propres règles, rappelle l’ingénieur général. Il s’ensuit une confusion sémantique, puis un fantasme et un risque de rejet sociétal. Ainsi le fantasme du « robot tueur » pourrait déboucher sur une interdiction des systèmes en cours de développement et réduire la capacité à garantir le droit et la souveraineté nationale. Or il s’agit de défendre les valeurs et les intérêts vitaux de la nation. La question de la place de l’homme se posera dans le monde numérique de demain. Les algorithmes peuvent l’améliorer, l’augmenter ou le diminuer s’il conduit à l’absence de réflexion, conclut l’ingénieur général.

Loïc Salmon

Selon le professeur Ganascia, l’intelligence artificielle (IA) modélise cinq fonctions « cognitives » : acquisition, traitement, classification et intégration de l’information ; mémoire et apprentissage pour stocker l’information et la rappeler ; organisation mentale de l’information et son utilisation ; prise de décision et action ; rendre possible la communication. L’IA interprète automatiquement les images par une reconnaissance des formes, visages ou objets et les rend accessibles dans des bases d’images. Elle traite la parole par la reconnaissance de mots ou de thèmes et identifie le locuteur, les accents et les langues. Elle analyse et fusionne les informations issues de capteurs. L’IA assure une fonction de sécurité par la biométrie : empreintes digitales et reconnaissances faciale et vocale. Elle automatise le fonctionnement des drones, robots et systèmes d’armes létales autonomes. Elle aide au commandement opérationnel et à l’entraînement par la visualisation. Elle analyse les signaux et textes pour le renseignement et effectue des recherches sur de très grands réseaux.

Chine : l’intelligence artificielle, priorité de sécurité nationale

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Défense : le numérique et la supériorité opérationnelle

Les technologies numériques, civiles et militaires, intégrées permettront la souplesse nécessaire aux armées, pour leur mobilité sur les théâtres d’opérations étendus, tout en leur garantissant résilience et robustesse.

Cet aspect de la maîtrise de l’information en opération extérieure est abordé dans le document Ambition numérique du ministère des Armées, rendu public le 24 janvier 2019.

Architectures opérationnelles. Les futures architectures des systèmes opérationnels contribueront à améliorer la continuité et la coordination entre les milieux terrestre, maritime, aérien, spatial et cyber, grâce à la modernisation en cours des réseaux de communication. Evolutives, elles seront structurées autour de la « donnée », captée, sécurisée, traitée, transmise et stockée, en vue de sa valorisation à des fins opérationnelles. Le réseau d’infrastructure « Descartes » assure l’irrigation du territoire métropolitain. Celui de télécommunication par satellite « Syracuse IV » concerne l’élongation des théâtres extérieurs et celui de radiocommunication tactique « Contact » porte sur le soutien de la connectivité des forces au combat. Le programme « Système d’information des armées » modernise en profondeur des systèmes d’information, en vue d’une meilleure interopérabilité interarmées. Le « Système d’information et de combat Scorpion » porte sur le combat de contact terrestre. Le programme de « Cybersécurité » développera des produits de sécurité et de chiffrement pour le « Système d’opérations de la lutte informatique défensive ». Les technologies numériques seront intégrées aux systèmes de commandement, aux systèmes d’armes et aux plateformes de combat des différentes armées. Elles vont améliorer la collaboration numérique à tous les niveaux, des états-majors stratégiques aux unités tactiques, pour échanger des données, souvent en temps réel, ainsi que des images et des vidéos.

Domaines concernés. La transformation numérique touche les principaux métiers, interdépendants, des armées. Le renseignement, qui capte et exploite des données, y compris en source ouverte, implique d’en automatiser l’analyse, également sur les systèmes embarqués, et de proposer de nouvelles interfaces visuelles aux décideurs. Les technologies innovantes permettront de disposer de traitements automatisés ou semi-automatisés d’images (reconnaissance d’objets), de la vidéo (reconnaissance de situation), du langage (transcription et traduction) et du signal (détection de cibles furtives). Pour les états-majors, l’aide augmentée à la décision et à l’anticipation permettra de mieux exploiter la masse croissante de données venues de multiples sources, afin de détecter les signaux faibles. L’interopérabilité numérique sécurisée, indispensable aux opérations, nécessite de renforcer la connectivité de toutes les plateformes, des combattants entre eux et des forces alliées pour partager l’information jusqu’aux échelons tactiques (« shared consciousness »). Il s’agit d’optimiser la délégation d’exécution (« empowered execution ») pour favoriser, en temps réel, la saisie des opportunités, face à un adversaire semant la complexité et le chaos. Le numérique permettra une plus grande interactivité entre les échelons de commandement. Le recours aux moyens de « virtualisation-simulation » et de réalité augmentée sera généralisé pour la formation et l’entraînement Enfin, le ministère des Armées va favoriser l’émergence de campus numériques aux ressources pédagogiques accessibles en tout lieu.

Loïc Salmon

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Espace : nouveau théâtre des opérations militaires

L’autonomie d’accès à l’espace permet d’apprécier une situation et d’entrer en premier sur un théâtre, grâce aux renseignements image et électromagnétique, à des communications sécurisées et à une navigation précise pour la mise en œuvre des systèmes d’armes et d’armements guidés.

Savoir-faire et expertise. Le 19 décembre 2018, la mise en orbite du premier satellite de la Composante spatiale optique (CSO) a été suivie en direct à l’Ecole militaire à Paris (photo). Elle a nécessité le renforcement de l’opération « Titan » de sécurisation du centre spatial guyanais. Pendant 15 jours, ce dernier a été protégé par une « bulle » pour détecter, dérouter ou neutraliser tout intrus. « Titan » a engagé 575 militaires : patrouilles à terre et en hélicoptère ; un patrouilleur de haute mer ; deux Rafale ; un avion ravitailleur C135 ; un avion d’alerte avancée AWACS. Le même jour, Florence Parly, ministre des Armées, a annoncé le lancement, en 2020, de trois satellites du programme CERES (capacité d’écoute et de renseignement électromagnétique et spatial) pour détecter les centres de commandement et les flottes ennemies. Il sera suivi, d’ici à 2022, de celui des deux premiers satellites de télécommunication sécurisée Syracuse 4, en remplacement des deux satellites Syracuse 3, pour compléter les stations sol et répondre aux besoins accrus en termes de débit, d’utilisation tactique des stations, de capacité à communiquer en mouvement et d’interopérabilité avec l’OTAN. Un troisième satellite sera commandé en 2023, pour répondre aux besoins croissants et spécifiques des plates-formes aéronautiques d’ici à 2030. La ministre des Armées a mis en garde : « Le ciel est devenu un espace de rivalité, de confrontation. Les actes inamicaux s’y multiplient, l’espionnage peut s’y faire, de nouveaux acteurs y ont accès, tandis que, sur le sol, les puissances développent des capacités antisatellites. Il nous faut surveiller plus et mieux nos satellites. Il nous faut connaître parfaitement les objets qui les entourent, qui croisent leurs trajectoires. Il nous faut une cartographie parfaite du ciel. Il nous faut décourager quiconque voudrait s’attaquer à nos satellites. » Le premier satellite CSO a été mis en orbite par une fusée russe Soyouz. Toutefois, pour éviter toute dépendance étrangère dans la conduite des opérations militaires, a précisé la ministre, ArianeGroup et le Centre national d’études spatiales vont développer, d’ici à 2020, le lanceur Ariane 6 qui devrait mettre en orbite le troisième satellite CSO l’année suivante. La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit le développement de la coopération avec des partenaires stratégiques, notamment européens, dans le domaine spatial. Les programmes successeurs des satellites CSO et CERES seront lancés en 2023. Pour la surveillance de l’espace, les moyens radar de veille GRAVES (opérationnel depuis 2004) et de poursuite SATAM (2003) des orbites basses des satellites espions seront modernisés. La capacité des orbites hautes sera consolidée. La version améliorée du Système d’information spatiale sera déployée en 2019, pour renforcer la capacité d’élaboration de la situation dans l’espace. Le programme Omega va moderniser les équipements de navigation par satellite des armées à partir de 2024. Résistant aux interférences et au brouillage, il apportera une capacité autonome de géolocalisation par l’utilisation simultanée des signaux des systèmes américain GPS et européen Galileo.

Imagerie opérationnelle. Les armées françaises en opération recourent aux systèmes Syracuse, Pléiades (2 satellites optiques d’observation de la terre à destination civile et militaire), Hélios II (2 satellites optiques), SAR-Lupe (5 satellites radar allemands), COSMO-SkyMed (4 satellites radar italiens) et CSO (3 satellites optiques prévus). Le cycle commence par une demande d’images des troupes au sol sur une zone d’intérêt au poste de commandement du théâtre d’opérations (PC théâtre). Ce dernier dirige un drone sur la zone via un satellite de télécommunications, mis en œuvre par la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information. Le drone transmet images et vidéos en temps réel. En outre, le PC théâtre sélectionne le capteur spatial le plus approprié et effectue la demande via Syracuse ou les systèmes de télécommunications franco-italiens Sicral (1 satellite) et Athena-Fidus (1 satellite). La Direction du renseignement militaire valide la demande dans le plan de programmation. Puis le Centre militaire d’observation par satellites (CMOS) la relaie vers SAR-Lupe et COSMO-SkyMed ou vers le Centre national d’études spatiales (CNES), opérateur des systèmes français d’observation optique. Ce dernier télécharge alors les plans de programmation de Pléiades, d’Hélios II et de CSO. Le CMOS collecte toutes les prises de vues satellitaires et les transmet immédiatement au PC théâtre pour appréciation. En cas d’intervention, les données sont transmises à l’avion chargé de traiter l’objectif.

« New Space ». Entre le lancement de CSO1 et sa mise en orbite, une table ronde sur le « New Space » a réuni, à l’Ecole militaire, un colonel du Commandement interarmées de l’espace et des ingénieurs de la Direction générale de l’armement, du CNES, d’Airbus Defence and Space et de Thales Alenia Space. Le « New Space », industrie spatiale américaine privée, rend l’espace accessible à des technologies issues du numérique, des « Big Data » et de l’aéronautique, mais aussi à des acteurs non étatiques dont les « Gafa » (Google, Apple, Facebook et Amazon). Leurs gros investissements (2-2,5 Md$) facilitent les fabrications de satellites en grande série, plus vite et moins cher. Les constellations de nanosatellites entraînent un changement d’échelle par la possibilité de millions, non plus d’images mais « d’informations d’images ». Ces offres diversifient les achats d’images et de services, raccourcissant ainsi le temps d’acquisition de capacités de renseignement par un acteur non étatique. Mais, la « fraîcheur » des images, primant sur la qualité, nécessite une capacité souveraine par le CSO, complétée par des services civils. Le traitement des images pourra bientôt être effectué à bord de satellites à images diversifiées : optiques et vidéos ; radar ; infrarouge. Ces futurs satellites auront une durée de vie plus courte, pour profiter des technologies émergentes, et nécessiteront des opérateurs de confiance.

Loïc Salmon

Le système Composante spatiale optique (CSO) s’articule en trois éléments. La partie spatiale comprend les satellites CSO-1, CSO-2 et CSO-3. Le segment sol mission (SSM) assure le contrôle des satellites. Le segment sol utilisateur (SSU) prépare les demandes de programmation des satellites et récupère les images correspondantes. CSO, SSM et SSU ont été développés en garantissant, dès leur conception, un très haut niveau de sécurité, notamment contre les cyberattaques. Le programme CSO a ainsi nécessité la mise au point d’équipements spécifiques : boîtiers « chiffre » pour la protection cryptographique des communications avec les satellites ; passerelles multi-niveaux pour le contrôle des échanges informatiques avec le monde extérieur.

Espace : CSO, renouvellement des moyens militaires français

Défense : l’ONERA, acteur majeur de l’innovation

Défense : l’essor du numérique sur le champ de bataille




Armée de l’Air : anticipation, audace et créativité

Les capacités de décider et de gérer l’aléatoire entrent dans la formation des cadres de l’armée de l’Air, qui devra créer compétences et scénarios pour les missions du futur, plus complexes.

Ces questions ont fait l’objet du colloque qu’elle a organisé le 29 novembre 2018 à Paris. Y sont notamment intervenus : le chef d’état-major de l’armée de l’Air (CEMAA), le général d’armée aérienne Philippe Lavigne ; Olivier Zadec, maître de conférences, université Lyon 3 « Jean Moulin » ; le général de brigade aérienne Frédéric Parisot, sous-chef d’état-major « préparation de l’avenir » ; le lieutenant-colonel Anne-Laure Michel, directrice générale de la formation militaire à l’Ecole de l’air de Salon-de-Provence (photo).

Projets structurants 2019-2025. Dans le document « Plan de vol » de l’armée de l’Air présenté lors du colloque, le CEMAA avertit que l’emploi de la puissance aérienne pourrait se trouver, à terme, entravée par la contestation croissante du milieu aérien. Cela résulte du durcissement de la dynamique des Etats puissances (Russie et Chine) et des organisations non étatiques ainsi que de la fragilisation des mécanismes de régulation internationaux. Le « Plan de vol » s’inscrit dans la remontée en puissance de l’armée de l’Air, initiée par la loi de programmation militaire 2019-2025. Il doit lui permettre de garder un temps d’avance et de conserver à la France une position forte sur la scène internationale. L’armée de l’Air assure en permanence la maîtrise du domaine aérien et spatial ainsi que la composante aérienne de la dissuasion nucléaire, avec la Marine nationale. Ses modes d’action vont du recueil de renseignement au déploiement de forces terrestres et de la destruction des moyens militaires adverses aux missions humanitaires. La puissance permet de conserver l’avantage en opération, souligne le CEMAA. Elle se combine avec une « agilité », accrue notamment par : l’avion de ravitaillement en vol et de transport stratégique Phénix ; le commandement des opérations aériennes « JFAC France » dans le cadre de l’OTAN ; les opérations spatiales ; le Rafale au standard F3-R, équipé du missile air-air longue portée Meteor, de la nacelle de désignation d’objectif Talios et de la version à guidage terminal laser de l’armement air-sol modulaire, adapté aux cibles mobiles ; le drone Reaper armé ; les capacités de lutte contre le déni d’accès à un théâtre ; la modernisation de la composante nucléaire aéroportée ; le système franco-allemand de combat aérien futur. Lors d’une rencontre avec la presse, le CEMAA a indiqué que l’avion de transport tactique A400M est en train d’acquérir les capacités d’atterrissage sur terrain sommaire et de largage de parachutistes par la porte arrière (ouverture commandée) et par les portes latérales (ouverture automatique). En outre, le ravitaillement en vol d’hélicoptères, qui leur permettra d’aller plus loin dans la profondeur, évitera d’installer des plots de ravitaillement au sol. Il réduira d’autant « l’empreinte au sol » des forces spéciales, qui imaginent l’usage de certains équipements pour répondre aux menaces existantes ou futures. Par ailleurs, « agilité » et « audace » induisent le décloisonnement des organisations et le recours aux « Big data » (mégadonnées), à l’intelligence artificielle (IA, transformation numérique) et à la connectivité. Sont ainsi concernés : le combat aérien ; la capacité de l’hélicoptère lourd ; l’action aérienne de l’Etat ; le Rafale au futur standard F4, successeur du F3-R à partir de 2025, équipé d’un système de reconnaissance capable de trier en direct les éléments d’intérêt militaire ; l’avion léger de surveillance et de reconnaissance ; la capacité universelle de guerre électronique, à savoir trois avions de renseignement stratégique livrables entre 2025 et 2027. Enfin, la coopération en interalliés porte sur l’interopérabilité entre les armées de l’Air française, américaine et britannique ainsi que sur l’installation d’un escadron de transport franco-allemand de six Hercules C-130J à la base d’Evreux.

Complexité et accélération. La complexité politique d’un conflit, consécutive à la culture et à l’Histoire, s’inscrit dans le temps long, explique Olivier Zadec. Elle inclut le temps réel des opérations, avec des lignes de réaction politiques à prévoir. Il s’agit de trouver l’équilibre entre le temps prévisible et le temps imprévu. La transformation de très nombreuses données en connaissance entre dans l’accélération de la boucle décisionnelle, en vue de réduire l’adversaire. L’OTAN a fabriqué de l’interopérabilité mais laisse l’indispensable autonomie de décision. Or la réactivité se vit au quotidien avec une action sur court préavis, rappelle le général Parisot. Les frappes en coalition se décident en quelques heures. Les avions peuvent décoller entre 2 et 7 minutes, avec la capacité de rappel pour un raid limité au résultat le plus significatif. La réussite de la mission rend impératif le recours à l’innovation technologique. L’IA prépare les informations utiles, complétées par celles de l’état-major, et présente des options au chef, qui décidera en toute connaissance de cause. Ainsi, au Levant, indique le général Parisot, média et réseaux sociaux influencent le rythme des opérations. En effet, une mission peut être interrompue à la suite d’une information, dont la vérification fera perdre du temps. Seul un modèle d’armée complet permet de trouver une place dans une coalition, mener une action autonome et disposer d’une certaine masse pour rester longtemps sur plusieurs théâtres et affronter une menace nouvelle, souligne le général. Enfin, le maintien de la supériorité opérationnelle, par l’innovation technologique, répond à l’ambition de pouvoir, en permanence, entrer en premier sur un théâtre, capacité des seules forces armées américaine, britannique et française.

Loïc Salmon

Le taux de féminisation dépasse 20 % dans l’armée de l’Air et dans son Ecole de Salon-de-Provence. Quoique toutes les spécialités soient ouvertes aux femmes, faute de volontaires aux aptitudes suffisantes, elles ne sont que 12 pilotes de chasse, dont le lieutenant-colonel Anne-Laure Michel. Selon elle, les élèves de l’Ecole de l’air, âgés de 18 à 30 ans, ultra-connectés car nés à l’ère du numérique et des réseaux sociaux, s’adaptent vite à la formation scientifique et technique dispensée. Une « smart school » ou formation à la carte, via la communication par internet, est en cours ainsi que des licences d’excellence sur le cyber, l’espace et les drones. Tout au long de sa carrière, un officier pourra accéder à son « passeport numérique de compétences ». La préparation au commandement consiste à faire prendre conscience de l’engagement en alliant compétences et qualités humaines pour obtenir l’adhésion des équipiers. Par exemple, lors de l’opération « Pamir » en Afghanistan (2001-2014), une mission de 6 heures, avec ravitaillements en vol dans un environnement hostile avec tirs possibles de missiles sol-air, était toujours dirigée par un « leader » apportant précision et audace. L’incertitude fait partie du métier de pilote de chasse, qui doit prendre la bonne décision au bon moment pour remplir sa mission. Les exercices interalliés permettent d’élaborer des méthodes communes par un travail « collaboratif », en vue d’une opération ultérieure en coalition.

Armée de l’Air : l’humain, les opérations et la modernisation

Armée de l’Air : le combat numérique au cœur des opérations




Défense : les armées, réserves et dépenses en 2017-2018

Le ministère des Armées a rendu publics, en octobre 2018, les chiffres clés des forces françaises, engagées sur le territoire national et dans le monde, ainsi que ceux des contributions à la Garde nationale et des dépenses militaires des pays membres de l’OTAN.

Présence diversifiée. Selon l’Etat-major des armées, plus de 30.000 militaires sont déployés en opérations en juillet 2018, dont 13.000 en métropole. Les forces de souveraineté se montent à 7.150 personnels, dont 1.000 aux Antilles, 2.100 en Guyane,1.700 à La Réunion, 1.450 en Nouvelle-Calédonie et 900 en Polynésie française. Les forces de présence totalisent 3.700 militaires, dont 350 au Sénégal, 900 en Côte d’Ivoire, 350 au Gabon, 1.450 à Djibouti et 650 aux Emirats arabes unis. Les opérations extérieures mobilisent 5.600 personnels, dont 4.500 pour l’opération « Barkhane » (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) et 1.100 pour l’opération « Chammal » (Syrie et Irak). L’ONU emploie 780 militaires français, dont 700 dans l’opération « Daman » au Liban et 80 dans des missions en Afrique (Sahara, Mali, Libéria, Centrafrique et République démocratique du Congo). En outre, 175 militaires français se trouvent engagés sous la bannière de l’Union européenne, dont 100 dans l’opération « Sophia » de lutte contre le trafic de migrants en Méditerranée et 75 dans les opérations « Atalante (lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden et l’océan Indien), « Themis » (contrôle des frontières en Méditerranée centrale pour aider l’Italie) et « Indalo » (Méditerranée occidentale). L’OTAN emploie 400 militaires français, dont 300 de l’armée de Terre en Lituanie et 100 de l’armée de l’Air en Estonie. La Marine nationale déploie 1.350 personnels sur toutes les mers du monde, dont 700 pour la mission « Jeanne d’Arc » (Groupe Ecole d’application des officiers de marine), 200 dans l’Atlantique Nord, 200 dans la CTF 150 (force opérationnelle combinée) de lutte contre le terrorisme en mer d’Arabie et en océan Indien et 250 dans la mission « Corymbe » de présence contre la piraterie dans le golfe de Guinée et au large de l’Afrique de l’Ouest. Les forces aériennes stratégiques assurent la dissuasion nucléaire depuis 1964 et la Force océanique stratégique depuis 1972.

Participation à la Garde nationale. Les effectifs de la réserve opérationnelle, hors Gendarmerie, mis à la disposition de la Garde nationale, totalisent 36.312 volontaires sous contrat ESR (engagement à servir dans la réserve) au 31 décembre 2017. Ceux-ci se répartissent entre 9.408 officiers, soit 25,9 % du total, 11.542 sous-officiers (31,8 %) et 15.362 militaires du rang (42,3 %). L’armée de Terre fournit 21.668 personnels, soit 59,7 % du total, la Marine 5.398 (14,9 %), l’armée de l’Air 5.554 (15,3 %), le Service de santé des armées 2.998 (8,3 %), le Service du commissariat des armées 469 (1,3 %), le Service des essences des armées 130 (0,4 %) et la Direction générale de l’armement 95 (0,3 %).

Dépenses militaires. Le Mémorandum statistique de l’OTAN de décembre 2017 indique les dépenses de défense, pensions comprises, des principaux pays membres, calculées en dollars au prix de 2010. Les Etats-Unis arrivent en tête avec 617,7 Md$, soit 3,57 % du produit intérieur brut, devant la Grande-Bretagne avec 59,2 Md$ (2,12 %), la France avec 51,1 Md$ (1,78 %), l’Allemagne avec 47,9 Md$ (1,24 %), l’Italie avec 23,7 Md$ (1,12 %), les Pays-Bas avec 10,6 Md$ (1,15 %) et l’Espagne avec 14 Md$ (0,92 %). Les 20 pays européens membres, hors Grande-Bretagne, totalisent 199 Md$ (1,39 %).

Loïc Salmon

Garde nationale : faciliter l’engagement et fidéliser

Défense : vers 2 % du Produit intérieur brut à l’horizon 2025




Guerre : maîtriser la violence humaine et technologique

L’armement létal de demain, potentiellement accessible aux organisations terroristes, ne saurait échapper au contrôle du soldat, formé et entraîné à la maîtrise de la violence par ses qualités humaines, à savoir la force, la justice, la prudence et la tempérance.

Ce thème a été abordé lors d’un colloque organisé, le 23 mai 2018 à Paris, par l’Ecole de guerre. Y sont intervenus : Mgr Antoine de Romanet, évêque aux Armées ; Jean-Baptiste Jeangène-Vilmer, directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire ; le général de division Benoît Durieux, chef du cabinet militaire du Premier ministre ; le lieutenant-colonel Jean-Gaël Le Flem et le capitaine de frégate Olivier Brossolet, stagiaires à l’Ecole de guerre.

La guerre des robots. Un système d’arme létal autonome (SALA) ou « robot tueur » est capable de choisir sa cible et de s’adapter à un environnement évolutif sans intervention humaine, explique Jean-Baptiste Jeangène-Vilmer. Le robot tueur se différencie du système d’arme automatique, qui réagit toujours de la même façon aux mêmes stimuli, que ce soit à bord d’un navire, sur un camion ou à partir d’un point fixe. Ainsi, les systèmes SGR-A1 surveillent la frontière entre les deux Corées. Si l’homme est dans la boucle décisionnelle, il peut arrêter le processus à tout moment (drones télépilotés). S’il ne l’est pas, l’arme continue sa mission, même en cas de rupture de communications (missiles tirés de sous-marins). Les SALA font l’objet d’un débat au sein de la représentation de l’ONU à Genève, où se prennent les décisions sur le droit humanitaire, dans le cadre de la Convention sur certaines armes conventionnelles. Les discussions annuelles réunissent 30 Etats et aussi des organisations non gouvernementales. Celles-ci, partisanes de l’interdiction préventive des SALA, ont rallié à leur cause 26 Etats d’Afrique, d’Amérique latine et du Moyen-Orient, l’Autriche et même la Chine, mais seulement pour les SALA « entièrement autonomes ». Selon Jean-Baptiste Jeangène-Vilmer, un débat moral sous-jacent entre sur la scène politique : la guerre souhaitable doit-elle être conforme à une norme (le droit) ou à des règles si elle entraîne de meilleures conséquences sur l’issue d’un conflit ? Ainsi, un bombardement sans discrimination, comme en Syrie par les forces russes et celles du régime syrien, apparaît plus problématique que le tir ciblé et sans dégât collatéral d’un SALA sur un pickup armé. Pourtant, les partisans de l’interdiction des SALA estiment que ceux-ci engendrent des risques : abaissement du seuil de l’emploi de la force, incitant des Etats à s’en doter ; course aux armements entre la Russie, la Chine et les Etats-Unis ; asymétrie des moyens, notamment par l’emploi d’essaims de SALA pour saturer les défenses anti-aériennes (argument de la Chine) ; réaction en chaîne incontrôlable ; acquisition de SALA par des organisations terroristes. Faute d’une entité supra-étatique de vérification avec des pouvoirs contraignants, les discussions semblent s’orienter vers un « code de bonne conduite » s’appuyant sur le droit applicable existant, en y incorporant certaines règles. Il ne s’agit plus d’empêcher la course aux armements dotés d’intelligence artificielle, mais de contrôler la situation pour ne pas inciter certains Etats à développer des SALA, conclut Jean-Baptiste Jeangène-Vilmer.

Guerre et politique. Depuis des siècles, le concept européen de la guerre consiste à dépasser la contradiction entre la violence (nier l’autre) et la politique (définir ensemble un avenir commun), explique le général Durieux. La guerre est d’abord un reflet de l’environnement politique et une approche déterminante du sens de l’Histoire. Ainsi, en 1815, une victoire de Napoléon à Waterloo n’aurait pas réglé la crise politique profonde. De même en 1962, le général de Gaulle avait compris que la guerre d’Algérie n’entrait plus dans le combat politique. Aujourd’hui, l’usage de la guerre (déclarée) s’avère difficile, en raison de la pression médiatique et de l’évolution de l’opinion publique. La violence politique, visible, se présente comme un moyen « juste » face au « mal ». Elle apparaît comme une solution simple à un problème complexe et apporte des résultats rapides à une situation qui dure. Une belle opération tactique attire toujours les militaires, car techniquement bonne, immédiate et visible. Mais une réflexion s’impose sur son sens stratégique, à savoir l’évolution de la situation politique et une appréciation correcte de la guerre. Une autre concerne le statut de la guerre en tant que violence régulée. En cent ans, rappelle le général Durieux, la guerre a été rendue justifiable (droit international), impossible (dissuasion nucléaire) et inutilisable (opérations ciblées). Mais la violence s’accroît par l’élimination de l’adversaire, pour ne pas avoir à négocier avec lui. L’autorité politique fixe les objectifs, les militaires remplissent leur mission puis l’autorité politique reprend la main, par la diplomatie. De fait, dans la doctrine occidentale de l’effet recherché, l’autorité politique joue un rôle militaire par les plans de frappe et règles d’engagement. En opération extérieure, les militaires exercent un rôle politique par leur interaction avec les chefs de milices locales et entités non-étatiques.

Retours d’expériences.  Selon le lieutenant-colonel Le Flem, lors de l’engagement en Afghanistan (2001-2014), la maîtrise de la violence, pour la coalition occidentale, concernait la limite à ne pas dépasser mais, pour les Afghans, la capacité à vivre sereinement. Il s’agissait donc de comprendre cet écosystème et le risque de dégâts collatéraux par une surutilisation de la violence. Le chef militaire devait rendre ses hommes capables de violence en opération, tout en restant à des niveaux acceptables sur les plans technique et humain. De son côté, le capitaine de frégate Brossolet a souligné l’importance de la sélection des personnels des forces spéciales, aptes à maîtriser tout le spectre de la violence pour ne l’utiliser qu’au niveau requis, implacable ou très mesuré. Il s’agit de permettre à l’autorité politique un contrôle maximal de l’opération pendant un maximum de temps. Cela nécessite une planification extrême et élaborée en commun à tous les échelons, pour imaginer des solutions tactiques favorisant le contrôle de la violence et limitant les dommages collatéraux. Il s’agit d’éviter les dérives dues au surmenage, lors de la lutte contre le terrorisme ou la libération d’otages.

Loïc Salmon

Mgr Antoine de Romanet a mis en garde contre le risque de déshumanisation dû au sentiment d’invulnérabilité. La période de 1985 à 1995 a vu la transformation du vivant, celle de 1995 à 2005 l’essor des nanotechnologies et la suivante leur combinaison avec les communications. Il s’agit donc de savoir jusqu’où laisser la machine décider seule dans un contexte stable ou évolutif. La robotisation déresponsabilise, car chaque partie a été programmée par des individus isolés du « tout ». Malgré la tentation de toute-puissance (technologique), le soldat doit conserver une part de responsabilité pour pouvoir vaincre l’adversaire. L’enjeu consiste à éviter de transformer en machine l’homme par nature vulnérable, car en relation entre la biologie et le psychisme (émotion).

Lieutenants en Afghanistan, retour d’expérience

Forces spéciales : opérations selon le droit de la guerre




Marine nationale : « Jeanne d’Arc 2018 », missions opérationnelles et de formation

Outre son volet « entraînement », le voyage annuel du Groupe école d’application des officiers de marine (GEAOM), dit « Mission Jeanne d’Arc », constitue un outil de connaissance et d’anticipation et un ensemble de moyens visibles pour intervenir loin.

Le GEAOM est déployé du 26 février au 20 juillet 2018 dans le Sud de la Méditerranée, la mer Rouge et les océans Indien et Pacifique. Il compte le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Dixmude, la frégate Surcouf et 5 hélicoptères (1 Alouette III Marine, 2 Gazelle de l’armée de Terre et 2 Wildcat de la Marine britannique). Son commandant, le capitaine de vaisseau Jean Porcher, s’est entretenu avec la presse, le 7 juin à Paris, en visioconférence à bord du BPC.

Les opérations. Le déploiement dans des zones d’intérêt stratégique pour la France permet un soutien naval à sa diplomatie, une interopérabilité militaire et une coopération internationale pour conduire une action militaire de haute intensité ou une opération de gestion de crise humanitaire. La préparation opérationnelle a inclus un exercice amphibie en Corse en février, puis des entraînements avec les forces maritimes libanaise, israélienne et égyptienne. En mars, l’exercice amphibie majeur « Wakri 18 » a mobilisé 300 militaires du 3ème Régiment d’infanterie de marine et du 5ème Régiment interarmes d’outre-mer, les moyens interarmées des forces françaises stationnées à Djibouti et 45 « marines » américains. En mai, le GEAOM a participé à l’exercice de soutien humanitaire « Komodo 2018 », qui a nécessité 35 navires et 27 aéronefs de 42 autres pays au large de l’île indonésienne de Lombok. En outre, il s’est entraîné avec les Marines de l’Inde, de Malaisie, de l’Indonésie, de Singapour, du Viêt Nam et de l’Australie, partenaires stratégiques de la France. En effet, environ 1,5 million de ressortissants des départements et territoires d’outre-mer et 200.000 expatriés résident dans la zone Indo-Pacifique. Les escales, équilibrées avec les différents pays de la zone, sont préparées en amont par la Direction des relations internationales et de la stratégie. En tant que membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU, la France contribue au respect de la liberté de navigation en mer de Chine méridionale. La « Mission Jeanne d’Arc » s’y est rendue en mai, avec des observateurs européens (militaires, réservistes et universitaires) pour montrer ce qui s’y passe et comment elle agit. Elle a patrouillé autour des atolls et îlots artificiels, où la Chine construit des ports et des aéroports, et y a recueilli des renseignements par radar, photos, caméras, drones et hélicoptères. Les échanges, courtois, avec les navires chinois, se sont faits selon le code de communication « Q », commun à 11 pays asiatiques, pour éviter toute incompréhension fâcheuse.

La formation « in situ ». Le GEAOM embarque 131 officiers-élèves, 35 cadres, 60 stagiaires (administrateurs des Affaires maritimes, médecins, sous-lieutenants de Saint-Cyr Coëtquidan, ingénieurs de l’armement et élèves de l’EDHEC), 25 marins de la flottille amphibie, 21 fusiliers marins, 7 membres du détachement drone, 9 commissaires « Marine », 10 officiers étrangers et 36 marins britanniques (pilotes d’hélicoptères, techniciens et soutien). Les missions de ces derniers portent sur le renforcement de la capacité « porte-hélicoptères d’assaut » du BPC et le partage de savoir-faire amphibie, pour intensifier l’intégration des forces armées franco-britanniques.

Loïc Salmon

L’océan Indien : espace sous tension

Asie-Pacifique : rivalités et négociations sur les enjeux stratégiques

Asie du Sud-Est : zone sous tension et appropriation territoriale de la mer