Défense : le ministère des Armées à l’ère du numérique

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Le plan stratégique du numérique du ministère des Armées vise à garantir la supériorité opérationnelle, renforcer l’efficacité des soutiens, faciliter le quotidien de son personnel et améliorer sa relation avec les citoyens.

Le vice-amiral d’escadre Arnaud Coustillière a présenté à la presse, le 24 janvier 2019 à Paris, la Direction générale du numérique et des systèmes d’information et de communication (DGNum), dont il a la charge.

Transformation numérique. Directement rattachée à la ministre des Armées et créée en juin 2018, la DGNum assure d’abord l’orchestration de la transformation numérique au profit des armées et la cohérence d’ensemble du système d’information et de communication de la défense. Elle assume également la fonction d’administrateur ministériel des données, qui se trouvent au cœur de la transformation digitale. La DGNum, inspirée du Crédit Agricole, regroupe une soixantaine de personnes, dont 40 % de militaires et 60 % de civils (30 % venus de l’extérieur). Elle entretient des liens forts avec les grands groupes, dont La Poste, EdF et AccorHotels, pour bénéficier des approches extérieures. Opérateur de son propre réseau de communication (fibre et satellitaire), le ministère compte environ : 10.000 postes « sensibles » ; 1.600 systèmes d’information, de combat et de télécommunication. Son réseau interne compte plus de : 220.000 machines ; 300.000 comptes d’abonnés ; 15 « Active Directory » (annuaires) ; 20.000 personnes dédiées aux systèmes d’information et de communication ; 1.000 sites incluant notamment les théâtres d’opérations, navires en mer et lieux « sensibles ». En 2018, il a dépensé 3,4 M€ pour les matériels, logiciels, recherches et personnels.

Révolution technologique. La DGNum va appliquer un « schéma directeur de la transformation numérique », qui s’appuie sur six « axes socles ». Le 1er consiste à déployer de nouvelles technologies. La Direction générale de l’armement pilote déjà des recherches : traitement du langage et des images ; robotique autonome ; système d’entrainement ; systèmes de détection autonomes. Sur le plan administratif les études portent sur : le « chatbot », recours aux « agents conversationnels » ; les Big Data dans les fonctions financières et ressources humaines. Le 2ème concerne l’organisation de l’innovation numérique : services au profit de l’ensemble des métiers ; ressources humaines ; lieu dédié ; accompagnement méthodologique et technique ; outils techniques ; supports contractuels. Le 3ème, qui vise à maîtriser l’ouverture des données, impose un changement dans l’organisation et les usages ainsi qu’une offre de solutions techniques. Le 4ème va rénover le système d’information. Chaque personnel devra : pouvoir travailler en mobilité de manière sécurisée ; disposer d’un accès internet permanent ; échanger librement des données avec l’extérieur ; pouvoir interagir avec les services informatiques ; disposer de services numériques similaires à ceux de sa vie quotidienne privée. Le 5ème développe l’acculturation et les compétences numériques en : formant l’ensemble des agents du ministère, l’encadrement intermédiaire et les « équipes projets » ; recrutant et fidélisant les « profils numériques » ; valorisant les talents. Le 6ème assure une veille sur : les technologies en cours de développement et leurs applications potentielles ; l’évolution des usages ; la mise en œuvre de nouvelles méthodologies ; les nouveaux métiers et compétences.

Loïc Salmon

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