Armée de l’Air : le nouvel avion d’entraînement Pilatus PC-21

Le mono turbopropulseur Pilatus PC-21, en service opérationnel en septembre 2018, assure les mêmes formations de pilotage que les actuels Epsilon et Alphajet, avec transposition directe sur Rafale des compétences acquises.

Sa présentation à la presse, le 13 septembre 2018 à Paris, a inclus ses atouts pédagogiques par le colonel Julien Moreau, commandant les Ecoles de formation du personnel navigant, et son contrat d’acquisition par l’ingénieur en chef de l’Armement Audrey Hermant, directrice du programme PC-21.

Un saut technologique. Destiné aux pilotes de chasse de l’armée de l’Air et de la Marine nationale ainsi qu’aux navigateurs officiers systèmes d’armes, le PC-21 prépare au combat aérien d’aujourd’hui et de demain, explique le colonel Moreau. Dans un environnement de plus en plus complexe, évolutif et connecté, le pilote de chasse doit être réactif et savoir durer, combattre, projeter force et puissance ou porter assistance. Par exemple, un groupe de plusieurs Rafale partis de France pour une mission de frappes lointaines au Levant, bénéficie des informations fournis par un avion d’alerte avancée AWACS et de plusieurs ravitaillements en vol jusqu’à l’arrivée sur zone. L’un d’eux largue son missile Scalp, dont la croisière, guidée par satellite, continue à basse altitude et franchit les défenses sol-air pour atteindre sa cible après un guidage terminal. Actuellement, la formation d’un pilote de chasse, d’une durée de 2,5 ans, se déroule en quatre phases : formation générale des officiers à la base de Salon-de-Provence ; formation des pilotes sur les avions biplaces monomoteurs Grob 120 et TB30 Epsilon ; spécialisation sur Alphajet, avion d’entraînement et d’attaque au sol, à l’Ecole d’aviation de chasse de Tours pour l’obtention du brevet de pilote ; formation au combat aérien à l’Ecole de transition opérationnelle de Cazaux, en vue d’une orientation sur Rafale ou Mirage 2000. Après une phase de transformation, le pilote rejoint son affectation en unité navigante. A l’horizon 2021, la phase 1 se déroulera à Salon-de-Provence sur Cirrus SR20 et la phase 2 sur Grob 120 et PC-21 à Cognac pour l’obtention du brevet de pilote. D’ici à février 2019, les écoles de formation du personnel navigant recevront 17 PC-21. Cet avion embarque un système d’armes garantissant un haut niveau de représentativité des missions tactiques, grâce à ses capacités de simulation air-air (tir de missiles et détecteur d’alerte) et air-sol (canon, tir de bombe en palier et en semi-piqué). Il permet l’acquisition des bases d’un système d’armes, de son pilotage vers son management avec de nouvelles compétences, à savoir tête haute, liaisons de données et carte numérique. Enfin, 40 % de la formation sur PC-21 se fait sur simulateur au sol. En 2018, l’Ecole de Cognac forme 30 pilotes de chasse et 10 navigateurs officiers systèmes d’armes de l’armée de l’Air, 10 pilotes de chasse embarquée de la Marine nationale et 10 moniteurs de simulateur de vol. Les prévisions portent sur 25 instructeurs formés en juin 2019 et début de transformation des navigateurs officiers système d’armes en janvier 2020.

Une organisation étatique. Le besoin porte sur 11.000 heures de vol par an, indique l’ingénieur en chef Hermant. Le contrat unique du programme PC-21 a été notifié en décembre 2016 à l’entreprise Babcock Mission Critical Services France. De type location-vente, il prévoit un transfert à l’Etat, en 2022, des moyens de formation (avions, système de préparation et de restitution de mission et simulateurs), du soutien et des infrastructures.

Loïc Salmon

Armée de l’Air : « Pégase 2018 », projection lointaine dans le Pacifique

Armée de l’Air : l’appui aérien aux opérations terrestres




Armement : baisse de 50 % des exportations françaises en 2017

Les prises de commandes d’armements français à l’export ont atteint 6,9 Mds€ en 2017, selon le rapport du ministère des Armées remis au Parlement le 4 juillet 2017. Elles se montaient à 14 Mds€ en 2016 et 16 Mds€ en 2015.

En préambule, la ministre des Armées, Florence Parly, souligne la vigilance de l’Etat dans la protection des savoir-faire de la France en matière d’exportations d’armement et du soutien à son autonomie stratégique. Cette vigilance s’exerce du contrôle de la fabrication des matériels de guerre à celui, a posteriori, des exportations, moyen de lutter contre la prolifération des armes de destruction massive et de prévenir la dissémination des armements conventionnels.

Bilan des exportations. L’année 2017 a été nettement moins favorable que la précédente pour les ventes d’armement. L’incertitude des élections présidentielle et législatives en France a incité les partenaires traditionnels de la France à attendre la tendance générale qui en résulterait, avant de s’engager sur des prises de commandes. En outre, suite à la baisse des prix du pétrole, la plupart des pays producteurs ont subi un ralentissement économique et ont reporté des acquisitions de systèmes d’armement. Par ailleurs, certains grands contrats signés en 2017, comme l’achat de 12 Rafale supplémentaires par le Qatar, n’entrent en vigueur qu’en 2018. Les missiles destinés aux Marines étrangères et les hélicoptères ont représenté plus de la moitié des ventes à l’export. En 2017, le Proche-Orient et le Moyen-Orient ont cumulé un peu plus de 60 % des exportations françaises d’armement. La zone Asie-Pacifique arrive à la deuxième place avec 17 % des commandes, alors qu’elle occupait la première en 2016 grâce la vente de 36 Rafale à l’Inde. Viennent ensuite l’Europe et le continent américain.

Capacités militaires accrues. Première puissance militaire, les Etats-Unis effectuent 40 % des dépenses mondiales. Après plusieurs années de baisse pendant la période 2008-2016, le budget du ministère de la Défense s’élève à 598,5 Mds$ pour l’année fiscale 2017, soit 20 Mds$ de plus que la requête initiale de l’administration Obama. En outre, l’administration Trump prévoit 639,1 Mds$ pour 2018 et 686 Mds$ pour 2019. Très engagée dans la modernisation des capacités de ses forces armées (armement, formation et entraînement) et désireuse de rattraper son retard technologique, la Chine devrait doubler son budget militaire d’ici à 2020. Ce dernier pourrait alors dépasser celui, cumulé, des 28 Etats membres de l’Union européenne (UE). En 2030, les dépenses militaires de la Chine devraient être supérieures à celle de tous les autres pays d’Asie (Inde et Japon compris). Asie et Moyen-Orient ont concentré près des trois quarts des importations mondiales d’armement entre 2012 et 2017. La zone Asie-Pacifique, qui consacre déjà plus de moyens à la défense que l’UE, ont augmenté leurs dépenses militaires de 5 % par an entre 2013 et 2016 afin, notamment, de développer des capacités navales et aériennes de projection. Cette militarisation de la zone résulte des contentieux territoriaux en mer de Chine, attisés par l’affirmation de puissance de Pékin, et des provocations nord-coréennes (tirs de missiles et essais nucléaires), actuellement suspendues. Les 27 pays membres de l’Agence européenne de défense (les 28 de l’UE moins le Danemark) ont augmenté leurs dépenses militaires de 9 % entre 2013 et 2016, dont une hausse de 23 % pour les investissements (achats d’équipements et recherche et développement) entre 2014 et 2016.

Loïc Salmon

Armement : légère baisse des exportations françaises en 2016

Défense : vers 2 % du Produit intérieur brut à l’horizon 2025

Défense : 2017, budgets mondiaux et modernisation




Service de santé : renforcement des capacités biomédicales

La recherche biomédicale de défense porte sur les pathologies liées au combat et aux environnements opérationnels ou extrêmes et les atteintes nucléaires, radiologiques, biologiques ou chimiques (NRBC). Elle contribue à la résilience nationale en cas de crise sanitaire.

Telles sont les missions de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA). Sa directrice, Anne Sailliol, médecin général inspecteur, l’a présenté à la presse, le 21 juin 2018, à l’occasion de la 8ème Biennale de la recherche biomédicale consacrée aux opérations extérieures (26-27 juin).

Soins et prévention. Les programmes de recherche de l’IRBA à des fins militaires entraînent des retombées possibles sur la santé publique. Ils portent notamment sur : l’optimisation des réponses à l’entraînement physique et la tolérance au port des charges lourdes ; l’étude des réponses aux milieux d’emploi subaquatique et aéronautique et les climats contraignants (photo) ; la prévention des conséquences de la fatigue et la gestion du rythme veille-sommeil ; la neurobiologie des états de stress et la prévention de leurs conséquences ; le développement de contre-mesures médicales pour les pathologies traumatiques de terrain et l’amélioration des protections balistiques ; la thérapie cellulaire et la réparation tissulaire. En outre, l’IRBA travaille avec les hôpitaux militaires et civils et participe aux plans gouvernementaux Biotox, Piratox et Piratome, face aux menaces et actes terroristes de type NRBC. Pour les aspects nucléaire et radiologique, il étudie les effets biologiques des rayonnements ionisants et des technologies émergentes, comme les rayonnements électromagnétiques et des micro et nano particules. Le risque biologique concerne les menaces virales, bactériennes et parasitaires. Outre le développement de nouveaux vaccins contre les virus émergeants, il faut réagir dans le temps court quand une épidémie se déclare. Ainsi, l’IRBA avait déjà mis en place des procédures lors de l’apparition du virus Ebola en Afrique de l’Ouest en 2016. Il coopère avec les forces armées des Etats-Unis, pour les maladies tropicales, et avec celles de l’Allemagne pour les risques chimiques et radiologiques liés aux agents vésicaux et neurotoxiques organophosphorés.

Concentration des moyens. Installé sur un site de 9,4 ha à Brétigny-sur-Orge (banlieue parisienne), l’IRBA emploie 380 personnes (49 % de militaires et 51 % de civils), dont 64 % de chercheurs, ingénieurs et techniciens. Intégré au grand pôle scientifique et technologique du Grand Paris avec le Génopôle d’Ivry et le Commissariat à l’énergie atomique de Saclay, il a conclu des partenariats avec le Centre national de la recherche scientifique, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’Institut national de la recherche agronomique et l’Institut Pasteur. Cela lui permet d’optimiser l’emploi de ses équipements de haute technologie : microscope électronique Titan Krios à transmission en L-NSB3 ; unité de calcul pour traiter les « mégadonnées » ; centrifugeuse humaine pour la formation des pilotes de Rafale ; plateforme d’irradiation ; laboratoires de sécurité biologique de niveaux 2,3 et 4. L’IRBA est financé à 74 % par le ministère des Armées, le Service de santé des armées, la Direction générale de l’armement, les états-majors de la Marine nationale et des armées de l’Air et de Terre. Pour les 26 % restants, il compte sur l’Agence nationale de la recherche, le Fonds unique interministériel et les industries pharmaceutiques et de biotechnologie.

Loïc Salmon

Service de santé des armées : garantir aux blessés les meilleures chances de survie

Service de santé : traumatismes psychiques dans les armées, problème de santé publique




Défense : l’ONERA, acteur majeur de l’innovation

La France dispose des moyens de développer les technologies nécessaires à sa souveraineté, assurée notamment par la dissuasion nucléaire, grâce aussi à l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (ONERA).

Ce dernier a été présenté à la presse, le 22 mars 2018 à Paris, par l’ingénieure générale Caroline Laurent, directrice de la stratégie de la Direction générale de l’armement (tutelle de l’ONERA), et Thierry Michal, directeur technique général de l’ONERA.

Préparation de l’avenir. L’innovation, en coordination avec l’intelligence artificielle, est vitale pour la supériorité opérationnelle. Outre une meilleure appréhension des menaces futures, elle permet de préparer les armes pour les contrer, souligne l’ingénieure générale. Le budget innovation de la défense a été porté à 1 Md€ pour en renforcer le socle technologique et construire davantage de démonstrateurs. L’ONERA, qui remplit une mission de service public pour la recherche appliquée, travaille avec les ministères des Armées et de la Recherche, la Direction générale de l’aviation civile, les industriels et les start-ups des secteurs aéronautique et spatial. Son fonctionnement est assuré à 49 % par des subventions de l’Etat et à 51 % par des contrats commerciaux. Ses travaux dans les domaines hypersonique et de la furtivité (signature radar très faible), qui relèvent exclusivement de la défense, préparent les ruptures technologiques, en lien avec la dissuasion nucléaire, les systèmes de défense aérienne et ceux du combat aérien. En matière de ruptures technologiques, indique l’ingénieure générale, il s’agit de maîtriser les concepts avant de les partager, notamment avec Singapour pour éviter de trop dépendre des Etats-Unis. Outre des installations « stratégiques », l’ONERA dispose de savoir-faire complexes dans l’aérodynamique, l’énergie, les matériaux composites pour la furtivité, les capteurs, l’optronique et le traitement de l’information.

Expertise de référence. Dans le domaine aérospatial, l’ONERA apporte son expertise à l’Etat, répond aux enjeux du futur, contribue à la compétitivité de l’industrie et prépare la défense de demain, explique son directeur technique général. Pour cela, il dispose de 70 ans d’expertise, d’un niveau scientifique de premier rang mondial, de 2.000 collaborateurs (300 doctorants et post-doctorants) répartis sur 8 sites, d’un budget annuel de 235 M€ et de 12 souffleries utilisables par des clients étrangers (premier pôle de compétences en Europe). Il coopère avec la NASA américaine, le Centre national d’études spatiales et MBDA (missiles balistiques, porteurs et interfaces entre eux pour la dissuasion nucléaire). Il participe à tous les grands programmes : radars ; Rafale ; avion de transport tactique A400M ; hélicoptères civil H-160/HIL à pales silencieuses ; drone européen nEUron (furtivité) ; BLADE pour les études de pénétration des futurs missiles face à des défenses aériennes et pour la définition d’architecture du système de combat aérien futur. En matière de défense, la télécommunication optique permet furtivité et discrétion avec un débit important de bandes passantes. Les études sur le radar à longue portée pour l’observation des satellites, lancées en partenariat avec Thales, ont débouché sur des essais en 2017 en vue d’une qualification en 2019. Le radar Graves détecte, entre 400 km et 1.000 km d’altitude et avec une description précise de leurs orbites, les satellites espions représentant une menace pour les forces. Vers 2030, il devrait pouvoir déceler des objets d’une taille inférieure à 10 cm et encore plus éloignés.

Loïc Salmon

Espace : sécurisation en question et dissuasion nucléaire

Drones : préparer le combat aérien de demain

Drones et armes hypersoniques : futurs enjeux de puissance




Armement : légère baisse des exportations françaises en 2016

Les prises de commandes d’armements français à l’export ont atteint 14 Mds€ en 2016, selon le rapport du ministère des Armées remis au Parlement le 7 juillet 2017. Elles se montaient à 16 Mds€ en 2015, année exceptionnelle.

Les partenariats « stratégiques ». L’industrie française de défense, qui regroupe une dizaine de grands groupes et 4.000 petites et moyennes entreprises, emploie 165.000 personnes. Elle réinvestit de 10 % à 20 % du chiffre d’affaires des exportations dans la recherche et le développement, afin d’assurer son avance technologique et de maintenir des emplois de haute technicité non délocalisables. Selon la Direction générale de l’armement (DGA), les prises de commandes françaises entre 2012 et 2016 se répartissent ainsi : 47,4 % aux Proche et Moyen-Orient ; 34,1 % en Asie ; 6,9 % en Europe ; 5,1 % dans les Amériques ; 3,6 % en Afrique ; 1,1 % en Océanie ; 1,7 % divers. L’Etat-major des armées (EMA), la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) et la DGA participent à la « diplomatie de défense » par le biais de dialogues, réguliers ou ponctuels, avec les représentants de nombreux pays. L’EMA traite les dossiers opérationnels et de coopération militaire et la DGA ceux relatifs à l’armement. La DGRIS entretient des dialogues sur l’environnement stratégique, la sécurité et les crises régionales en cours avec les grands partenaires, comme l’Australie, la Malaisie, l’Inde, Singapour, la Jordanie, le Nigeria, la Finlande ou la Roumanie. Coopération militaire et dialogue stratégique ont acquis une dimension politique. Des réunions annuelles des hauts comités de défense, présidées par le ministre, permettent de dresser un état complet de ces relations bilatérales.

La concurrence internationale. Face à la contraction de leur marché intérieur sous l’administration Obama, les Etats-Unis recourent aussi aux partenariats commerciaux et politiques pour conclure des contrats intergouvernementaux dénommés « Foreign Military Sales ». Ceux-ci consistent à vendre, à des Etats, notamment du Moyen Orient et d’Asie, des matériels militaires achetés par le gouvernement fédéral à des industriels américains, en vue de profiter de la réduction des coûts unitaires induite par l’effet de série. De même, la Russie propose une coopération de défense et de sécurité à des clients aux ressources budgétaires limitées, afin de s’implanter dans des pays hors de sa sphère traditionnelle, notamment en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L’Union européenne tente de se constituer une industrie commune de défense, selon le principe « d’interdépendance librement consentie » et grâce aux progrès de la coopération dans le cadre de la « Letter of Intent » (lettre d’intention). Pourtant, ses signataires (Allemagne, Espagne, France, Italie, Grande-Bretagne et Suède) se font concurrence pour trouver des débouchés pour leurs entreprises sur les marchés les plus porteurs. Israël se concentre sur des segments de haute technologie : drones, systèmes spatiaux et missiles. Des pays émergents, comme la Corée du Sud, la Chine et la Turquie, consolident leur propre base industrielle et technologique de défense, à partir des transferts de technologie et de savoir-faire consentis dans le passé par des entreprises occidentales en compensation des grands contrats d’armement. Quoique leur niveau technologique, encore limité, les exclut de fait des secteurs les plus en pointe, ils parviennent quand même à remporter des appels d’offres internationaux. Ainsi, au cours des 15 dernières années, la part des 10 premières entreprises mondiales d’armements, toutes américaines et européennes, est passé de 60 % à 50 %, tandis que celle des pays émergents a progressé de 15 %.

Les embargos en cours. Les institutions internationales ont imposé des embargos sur les armes à destination de plusieurs pays, encore en vigueur au 1er mai 2017. Le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Union européenne (UE) en ont décrété vis-à-vis de la Corée du Nord, de l’Iran, du Liban, de la Somalie, de la Libye, du Darfour, de la Centrafrique et des forces non gouvernementales de l’Irak, du Yémen et de la République démocratique du Congo. L’UE a aussi imposé des embargos sur les armes à destination de la Chine, de la Russie, de la Biélorussie, de la Syrie, du Soudan Erythrée, du Soudan du Sud et du Zimbabwe. Enfin, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a imposé un embargo sur les armes et munitions aux forces engagées dans des combats dans la région du Nagorno-Karabakh en Arménie.

Le contrôle des trafics d’APLC. Les armes légères et de petit calibre (ALPC) et leurs munitions, faciles à dissimuler et transporter, constituent l’essentiel des trafics illicites d’armes dans le monde. La France et la Suisse ont réussi à faire adopter « l’Instrument international de traçage » des ALPC. Dans le cadre de l’OSCE, la France est aussi à l’origine de « l’Arrangement de Wassenar » sur la prévention des transferts déstabilisants d’ALPC par voie aérienne. Pendant l’opération « Serval » au Mali (janvier 2013-juillet 2014), les forces françaises ont découvert 200 t d’armements et de munitions. L’opération « Barkhane » (lancée en août 2014), menée avec les pays du G5 Sahel (Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali et Mauritanie) vise à réduire la liberté d’action des groupes armés terroristes, en les privant de leurs moyens de combat par la recherche et le démantèlement de leurs caches d’armes, d’explosifs et de munitions (20 t de munitions détruites fin 2016). En outre, la Direction de la coopération de sécurité et de défense du ministère des Affaires étrangères apporte un soutien technique, matériel et financier au déminage de Ouidah au Bénin et aux formations de gestion et de sécurisation des stocks d’armes. Enfin, en 2018, la France présidera la 3ème conférence d’examen du Programme d’action des nations unies sur les armes légères.

Loïc Salmon

Golfe de Guinée : zone de crises pour longtemps

Marine nationale : permanence, Opex et police en mer

Le partenariat intergouvernemental de la France avec l’Australie, signé le 20 décembre 2016, fait suite à la vente de 12 sous-marins océaniques à propulsion diesel-électrique pour un montant de 34 Mds€. Conclu avec Naval Group (ex-DCNS) et d’une durée de 50 ans, il porte sur les conception et construction de la plate-forme, en vue de la mise en service actif du premier submersible au début des années 2030. Celui avec l’Inde, qui remonte à 1953 avec les premiers Mirage de Dassault Aviation, s’est renforcé par le contrat de vente de 36 Rafale, signé le 23 septembre 2016. En comptant les achats de l’Egypte et du Qatar en 2015, 84 Rafale ont été vendus en deux ans. Le partenariat stratégique avec le Koweït, en cours depuis plusieurs décennies, a débouché sur la signature, le 9 août 2016 avec Airbus Hélicoptères, d’un contrat de 1 Md€ pour 30 hélicoptères Caracal de sauvetage et de transport de troupes, dont les livraisons s’échelonneront entre 2018 et 2020. Enfin, suite au traité de coopération en matière de défense et de sécurité de Lancaster House (2010), l’accord intergouvernemental entre la France et la Grande-Bretagne a été ratifié par les Parlements à l’automne 2016. Il porte notamment sur les systèmes de missiles du groupe franco-britannique MBDA, 2ème constructeur mondial de missiles tactiques.




Drones : préparer le combat aérien de demain

Pour la France, la supériorité aérienne future reposera sur l’avion, dont le pilote conserve une vision globale de la situation, et sur le drone de combat, dont l’ouverture du feu nécessitera toujours une intervention humaine.

Ce thème a fait l’objet d’une conférence-débat organisée, le 16 février 2017 à Paris, par l’Association nationale des auditeurs jeunes de l’Institut des hautes études de défense nationale. Y sont intervenus : un ingénieur en chef de la Direction générale de l’armement ; un représentant de Dassault Aviation.

Du MALE au nEURon. Les drones assurent des tâches : « ennuyeuses », à savoir une présence  sur zone de 12 h à 24 h qui dépasse la résistance humaine ; « sales » dans un environnement NBC (nucléaire, bactériologique ou chimique) ; « dangereuses » sur les théâtres d’opérations de haute intensité et très étendus, à la merci des systèmes anti-aériens (artillerie ou missiles sol/air) qui mettent en péril la vie des pilotes lors de l’entrée en premier sur une zone de conflit. Selon le représentant de Dassault Aviation, les drones « HALE » (haute altitude longue endurance) et de combat (armés) volent au-dessus de 25.000 pieds (7.600 m), ceux dits « MALE » (moyenne altitude longue endurance) au-dessus de 10.000 pieds (3.000 m) et ceux dits « tactiques » en dessous. Pour partager l’information, tous s’intègreront à un réseau connecté aux satellites, avion radar AWACS, chasseurs, hélicoptères, navires militaires, structures de commandement et de contrôle (C2) et troupes au sol. Outre les missions de renseignement (image, électromagnétique et humain), surveillance, ciblage et reconnaissance, le futur drone MALE RPAS (Remotely Piloted Aircraft Systems) pourra traiter des cibles d’opportunités dans le monde entier, grâce à des armements de haute précision. Ce programme européen (Allemagne, France, Italie et Espagne) a été lancé en 2016, en vue d’une production en 2023 et des livraisons à partir de 2025. Le MALE RPAS doit apporter une valeur ajoutée dans les domaines suivants : souveraineté, par la maîtrise complète du système ; navigabilité pour assurer sa compatibilité avec les réglementations européennes et mondiales pour son insertion dans la trafic civil en cas de mission de sécurité ; modularité pour une souplesse d’emploi ; interopérabilité avec les réseaux de communications vers les C2 ; liaisons de données redondantes, sécurisées et robustes avec les C2 et les flux en provenance des capteurs et emports externes ; cyber pour se protéger des attaques informatiques. Par ailleurs, l’Espagne, la Suède, la France, l’Italie, la Grèce et la Suisse ont déjà investi 400 M€, depuis 2007, dans le démonstrateur de drone de combat nEURon, qui a déjà effectué des vols en France (2012), Italie (2015) et Suède (2015). De la taille d’un Mirage 2000 et avec une masse maximale de 7 t au décollage, il peut effectuer une mission de 2 heures à la vitesse de Mach 0,80 (980 km/h). Sa grande furtivité, à savoir une très faible empreinte électromagnétique détectable par radar, permet un vaste balayage de zone pour détecter des points chauds, reconnaître des cibles et engager une trajectoire d’attaque adaptée. Après transmission des images à la station sol, l’opérateur confirme la cible et déclenche la séquence d’attaque. Les démonstrations ont atteint les objectifs : furtivité (radar et infrarouge) ; vol autonome conforme aux exigences réglementaires ; tir d’un armement depuis une soute interne ; détection et reconnaissance automatique de cible par un capteur électro-optique. Enfin, la structure C2 d’une station sol peut être installée à bord d’un AWACS.

Le drone de combat FCAS. En 2030, des décisions seront prises sur le remplacement des avions de chasse Rafale, pour la France, et Eurofighter, pour la Grande-Bretagne, leur accompagnement par un drone de combat franco-britannique et leurs missions respectives, indique l’ingénieur en chef. Lors du sommet d’Amiens en mars 2016, les deux pays ont en effet convenu d’investir plus de 2 Md€ dans le développement du programme FCAS (système de combat aérien futur), qui prévoit le vol d’un prototype dénommé UCAS (Unmanned Combat Air System) en 2025. Ce dernier doit succéder aux démonstrateurs nEURon (France) et Taranis (Grande-Bretagne). Le drone de combat futur devra évoluer sur un théâtre d’opérations de haute intensité et dont la maîtrise de l’espace aérien n’est pas assurée. Cela nécessitera d’abord d’obtenir du renseignement stratégique en temps réel et de réduire les capacités ennemies de défense aérienne (installations sol/air et aviation). Le drone devra pouvoir frapper, dans la profondeur, des objectifs planifiés et de haute valeur, mais aussi d’acquérir et de détruire des objectifs d’opportunité. Les cibles seront probablement protégées contre les agressions, sécurisées sur le plan informatique, mobiles et déplaçables. La « navalisation » du drone de combat est envisagée, en vue d’un emploi sur porte-avions. Il devra aussi pouvoir coopérer avec les avions de chasse pour l’ouverture de corridors ainsi que la localisation et la désignation d’objectifs. Cet ensemble, qui volera à 30.000 pieds (9.000 m), favorisera la supériorité stratégique et la capacité à entrer en premier sur un théâtre (illustration). Les définitions techniques de l’UCAS portent sur la cellule, le moteur et le système de mission. Capable d’un long rayon d’action et d’une vitesse subsonique haute, la cellule devra : disposer d’un niveau élevé de « survivabilité » (guerre électronique et évitement de menaces) ; emporter en soute des armements air-sol modulaires, bombes de petit diamètre ou missiles Meteor air-sol longue portée ; se ravitailler en vol automatique. Fiable et robuste, le moteur devra rester discret. Le système de missions inclura : une avionique innovante ; une architecture multi-capteurs avec fusion de données ; un panneau multifonctions avec des capacités radar à ouverture synthétique et à très haute résolution ; des capteurs électro-optiques/infrarouges pour le ciblage, la surveillance et la situation tactique ; des liaisons avec les satellites de communications et les autres chasseurs en vol ; des fonctions d’intelligence artificielle. Selon le ministère américain de la Défense, l’intelligence artificielle constitue la 3ème rupture capacitaire majeure après l’armement nucléaire en 1945 et les armes de précision en 1990.

Loïc Salmon

Drones et armes hypersoniques : futurs enjeux de puissance

Opex : enjeux et perspectives des drones militaires

Le groupe Dassault Aviation est le seul au monde à concevoir, produire, réaliser et assurer le soutien d’avions de combat (Mirage et Rafale) et d’avions d’affaires (bi et triréacteurs Falcon). Fournisseur de l’armée de l’Air française, il a conclu des contrats de vente de Rafale à l’étranger : 24 à l’Egypte en 2015, 24 au Qatar en 2015 et 36 à l’Inde en 2016. Le biréacteur Falcon existe en deux versions : MRA, qui répond aux spécifications « AVSIMAR » de la Marine nationale pour les missions de surveillance, de reconnaissance, de lutte antisurface, de guerre électronique et d’entraînement des flottes ; MSA, sélectionné par le Japon en 2015 pour la surveillance maritime. En outre, Dassault Aviation produit le système de drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) et participe au projet européen de drone de combat nEURon et au programme franco-britannique FCAS (Futur Combat Air System).




DGA : commandes et contrats

Au cours des quatre premiers mois de 2017, la Direction générale de l’armement (DGA) a lancé des programmes et notifié des contrats pour la Marine nationale et l’armée de l’Air.

Navires. Le 21 avril, le programme des 5 frégates de taille intermédiaire (FTI) de la classe Belharra a été lancé (photo). Réalisées par le groupe DCNS, elles seront dotées de capacités d’autodéfense élargies et de projection de forces spéciales, du nouveau radar à 4 antennes planes Sea Fire et de missiles Aster 30. Chacune représente 2 millions d’heures de travail dont 300.000 pour les bureaux d’études. La première sera livrée en 2023 pour une entrée en service actif en 2025, avec une capacité d’évolution pour une durée de vie de 40 ans. A l’horizon 2030, la Marine Nationale disposera de 15 frégates de premier rang : 8 frégates multi-missions (6.000 t de déplacement) ; 2 frégates de défense aérienne de la classe Horizon (7.000 t) ; 5 FTI de lutte anti-sous-marine (4.000 t). Le 19 janvier, la DGA a notifié au industriels Piriou et DCNS la réalisation du 4ème bâtiment multi-missions (B2M, 2.300 t) Dumont-d’Urville. Les B2M assurent présence, protection des intérêts français dans les zones économiques exclusives, soutien logistique, sauvegarde et assistance au profit des populations en cas de catastrophe naturelle. Destinés à la souveraineté outre-mer, ils sont ainsi répartis : D’Entrecasteaux en Nouvelle-Calédonie depuis le 29 juillet 2016 ; Bougainville en Polynésie française depuis le 16 décembre 2016 ; Champlain à La Réunion à l’été 2017 ; Dumont-d’Urville aux Antilles en 2018.

Missiles. Le 28 mars, le délégué général pour l’armement Laurent Collet-Billon et son homologue britannique Harriett Baldwin, ministre pour les Acquisitions de Défense, ont signé un accord sur le programme FMAN/FMC (futur missile antinavire/futur missile de croisière) pour remplacer et améliorer les systèmes de missiles employés par la Marine Nationale et l’armée de l’Air à l’horizon 2030. Chaque pays contribuera à hauteur de 50 M€ à cette étude, menée par MBDA, et profitera d’un accès réciproque aux expertises technologiques et moyens d’essais et de tests. La coopération franco-britannique porte aussi sur la rénovation des missiles de croisière aéroportés SCALP-EG/Storm Shadow, dont les premiers seront livrés fin 2018 en Grande-Bretagne et en 2020 en France. Le 5 janvier, la DGA a annoncé la commande de nouveaux AASM (armement air-sol modulaire) « Block 4 », kits montés sur des bombes standards OTAN et livrables à partir de 2019. L’AASM se décline en plusieurs versions selon le type de guidage : inertie/GPS ; inertie/GPS + imagerie infrarouge ; inertie/GPS + laser. Equipé d’un kit de propulsion, il peut être tiré à distance de sécurité sur tous les types de cibles terrestres, même mobiles. L’armée de l’Air et la Marine Nationale ont déjà reçu 1.700 AASM.

Drones. La loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit 4 systèmes de drones Reaper MALE (moyenne altitude longue endurance) de 3 drones chacun pour l’armée de l’Air en 2019. Le 10 janvier, la DGA a annoncé la réception du 2ème système, dont 2 drones ont été livrés le 31 décembre 2016 à Nyamey pour l’opération Barkhane. Le 3ème drone est destiné à l’entraînement des personnels de l’escadron 1/33 « Belfort » à Cognac. Une campagne d’essais doit valider : l’aérotransport du système Reaper, notamment à bord de l’A400M ; les conditions techniques de son utilisation dans l’environnement électromagnétique de la base de Cognac et du territoire métropolitain. Le 4ème système a été commandé fin 2016.

Loïc Salmon

Marines : l’approche globale, indispensable à la sécurisation future du milieu maritime

Drones Air et Marine : surveillance, renseignement et… combat

MBDA : coopération industrielle européenne pour les missiles

 




DGA : une industrie d’armement forte, pilier de la souveraineté

La souveraineté du système de défense français se construit sur une solide industrie d’armement, qui repose notamment sur l’investissement, l’innovation et l’exportation.

Tel est l’enjeu majeur de la Direction générale de l’armement (DGA), dont le bilan 2016 a été présenté à la presse, le  6 mars 2017 à Paris, par son délégué général, Laurent Collet-Billon.

L’investissement. Pour équiper les forces, la DGA a dépensé 10,8 Md€ en 2016 et s’est engagée sur 9,8 Md€ en 2017. Pour préparer l’avenir, elle a dépensé 804 M€ en études amont et s’est engagée sur 672 M€. En 2016, les livraisons incluent : 1 lot de missiles M51 pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) ; 8 Rafale ; 2 avions de transport tactique A400M ; 1 système de drones moyenne altitude longue endurance Reaper ; 6 hélicoptères d’attaque Tigre ; 6 hélicoptères de transport tactique NH90 ; 1 frégate multi-missions ; 2 bâtiments multi-missions (B2M) ; 10 modules projetables du système d’information des armées ; le système numérique Auxylium pour « smartphone » ou tablette, qui permet de se passer des réseaux de téléphonie mobile en cas de crise. En 2016, les commandes ont porté sur : les équipements sécurisés cyber ; le programme de télécommunications militaires sécurisées Descartes ; les drones tactiques Patroller ; 2 avions légers de surveillance et de reconnaissance ; les roquettes à guidage laser ; la rénovation des avions Mirage 2000 D ; un système de drones de guerre des mines ; les AASM block 4 (armements air-sol modulaires) ; la rénovation à mivie du missile de croisière Scalp EG ; un 4ème système de drones Reaper ; 4 avions de transport tactique C-130J, dont 2 capables de ravitailler des hélicoptères en vol ; le programme FOMEDEC (formation modernisée et entraînement différencié des équipages de chasse) ; le fusil d’assaut allemand HK-41F, qui remplacera le Famas ; le véhicule léger tactique polyvalent ; le programme CERBERE (centres d’entraînement représentatifs des espaces de bataille et de restitution des engagements) ; 2 bâtiments d’assistance et de soutien hauturier ; un 4ème B2M.

L’innovation. Les grands projets portent d’abord sur la modernisation de la dissuasion nucléaire : 2 nouveaux SNLE ; le système de missiles M51 au-delà de 2021 ; le successeur du missile ASMP-A (air sol moyenne portée amélioré). Ensuite, le système de combat aérien futur inclut la mise en réseau du Rafale. Enfin, le combat aéroterrestre prend en compte la robotisation et l’intelligence artificielle sur le champ de bataille. De nouvelles orientations stratégiques seront données aux organismes sous tutelle de la DGA (Ecole Polytechnique, Supaéro, ONERA et doctorants) avec des contrats d’objectifs et de performance 2017-2021. En 2017, le projet « DGA Lab » sera lancé auprès des « start up » et des petites et moyennes entreprises spécialisées dans la recherche duale, à usage civil et militaire. Par ailleurs, 80 experts en informatique ont été recrutés en 2016 sur un objectif de 2.600 « combattants numériques » d’ici à la fin 2019.

L’exportation. Les partenariats avec les pays étrangers apportent une visibilité sur le long terme aux chaînes de production et aux bureaux d’études pour le maintien d’une longueur d’avance technologique. Le 19 janvier 2017, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé plus de 20 Md€ de prises de commandes (+ 3 Md€ en un an), grâce à la vente de 12 sous-marins à propulsion classique à l’Australie.

Loïc Salmon

DGA : 2015, un excellent millésime pour l’armement

« DGA Innovation » : rendre les projets possibles et rentables sur le long terme

DGA : la révolution numérique et industrielle de l’impression 3D




DGA : la révolution numérique et industrielle de l’impression 3D

Les applications de la fabrication additive (FA) ou impression tridimensionnelle (3D) de pièces complexes d’équipements “sensibles” font l’objet d’un schéma directeur national pour éviter une dépendance de pays étrangers.

Joël Rosenberg, responsable de l’innovation à la Direction générale de l’armement (DGA) en a présenté les enjeux au cours d’une conférence-débat organisée, le 24 novembre 2016 à Paris, par l’Association nationale des auditeurs jeunes de l’Institut des hautes études de défense nationale.

Les avantages. La FA transforme un fichier numérique à 2 dimensions en un objet physique par assemblage, à températures élevées, de couches successives du même matériau : matières biologiques, polymères, céramique, bétons et métaux (aluminium, titane, nickel, cobalt ou magnésium). Elle permet de réaliser des pièces impossibles à fabriquer selon les procédés classiques et avec des caractéristiques mécaniques identiques. Ainsi, Airbus DS a conçu et fabriqué un support d’équipement en titane, une première mondiale, pour le satellite Atlantic Bird 7 mis en orbite en octobre 2011. La FA raccourcit les délais de la conception à la production. Un moteur d’avion se fabrique en 40 heures, contre plusieurs semaines auparavant. Plus écologique que l’usinage, elle remplace la machine-outil et réduit les pertes de matière : 4 % de copeaux pour une pièce d’aéronautique en titane contre 96 % précédemment. La FA est utilisée pour des prototypes, qu’il est possible de refaire dans toutes leurs phases autant de fois que nécessaire. L’Agence spatiale européenne passe aujourd’hui du concept au prototype du lanceur Ariane 6 en quelques semaines, contre 18 mois auparavant. La FA permet de relocaliser les lieux de production au plus près du client. Par exemple, différents monoblocs fabriqués en Chine sont assemblés au Japon pour un montage final de l’objet en Europe. La FA permet de s’affranchir de la main d’œuvre à basse qualification et de réduire le coût de la logistique. Mais, il reste à régler la question de la protection de la propriété industrielle (contrefaçon).

Recherche et développement. Il s’agit de former des personnels, dont la qualification évolue dans les domaines des nouveaux matériaux et du numérique. En effet, la chaîne numérique de la FA commence par la modélisation (scanners et bibliothèques 3D) et continue par la conversion en divers formats. La préparation nécessite des logiciels génériques industriels pour la visualisation, l’analyse, la réparation des défauts, l’édition et la modification éventuelle. Ensuite, des logiciels intégrés traitent la FA et procèdent à l’orientation du modèle, à la génération de supports, au “tranchage”, à la génération des parcours intérieurs et extérieurs de la tranche et enfin à la compensation des dérives de fabrication (hauteur et retrait). Pour la fabrication proprement dite, des systèmes FA assurent le pilotage des machines et le contrôle du processus selon les diverses méthodes (SLA, SLS, FDM, SLM, Strato, imprimante 3D etc). En outre, le savoir-faire ou secret industriel repose sur la maîtrise de la bonne santé de la matière, en vue d’obtenir la meilleure qualité possible, celle des standards aéronautiques et spatiaux. Investissements et compétences permettent de lancer des recherches dans de nombreux domaines : santé ; enseignement/formation ; alimentation ; architecture/construction ; distribution ;  textile/mode ; infrastructure ; produits industriels ; produits grand public ; services ; outillage/machine/moule ; restauration ; réparation ; bijouterie-luxe ; nanotechnologies ; bio-ingénierie ; énergie/mines/forage ; loisirs ; transport/mobilité ; automobile ; création/design/artisanat ; meubles/habitat ; électronique ; maquettage/prototypes ; culture/patrimoine ; robotique ; aéronautique/espace.

Applications militaires. Le Service des matériaux de la DGA partage les connaissances et les besoins communs en FA de l’armée de l’Air et de la Marine nationale pour les composants du “Neuron”, démonstrateur de drone de combat furtif européen qui vole déjà. Les études amont de la DGA portent sur : les poudres ; la micro-électronique ; les nouveaux concepts d’intégration ; les nouvelles architectures d’antenne et les matériaux spécifiques correspondants ; de nouveaux alliages. En outre, des procédures du dispositif RAPID (régime d’appui à l’innovation duale) sont en cours sur la possiblité d’effectuer des réparations de pièces détachées à très haute valeur ajoutée puis de leur qualification aux normes aéronautiques, ou sur de nouvelles méthodes de conception de pièces pour les parties chaudes de moteur d’avion. La FA permet de refaire des pièces anciennes, dont les plans ont disparu, et qui seront requalifiées pour éviter tout danger pour les utilisateurs. Par ailleurs, des études de faisabilité sont en cours sur la logistique des pièces détachées, une fois leur certification effectuée. Enfin, la nourriture “imprimée 3D” est étudiée pour les armées en opérations.

Un marché en expansion. Dans les domaines médical et aéronautique, 50.000 imprimantes et 10.000 machines industrielles ont été vendues en 2013 pour réaliser des prototypes et pièces finales en polymères. Ces chiffres ont atteint respectivement 140.000 et 10.000 l’année suivante. Pour la fabrication de prototype à haute valeur ajoutée et de pièces finales métalliques, le nombre de machines vendues est passé de 350 en 2013 à 543 en 2014. De façon globale, la croissance des FA devrait se monter à 35 %/an , dont 70 %/an pour les métalliques, dont la valeur ajoutée est supérieure à celle des polymères. Les États-Unis, la Chine, l’Allemagne, le Japon, la Grande-Bretagne et l’Australie en font une priorité du développement industriel. En France, les travaux de “l’Alliance industrie du futur”, lancée en 2015 pour transformer le modèle industriel par le numérique, portent sur divers thèmes : chaîne numérique ; matériaux/procédés/machines ; post-traitement/finition ; qualité/contrôle ; normes/standards ; hygiène/sécurité/environnent ; certification ; éducation/formation ; structuration des marchés ; soutien à la diffusion et à l’interopérabilité de l’offre française. Enfin, selon le cabinet Wholers Associates, le chiffre d’affaires de la FA devrait passer de 3 Md$ en 2013 à 21 Md$ en 2021.

Loïc Salmon

Les procédés de fabrication additive correspondent à l’impression d’objets pour une application industrielle. Le dessin d’un objet sur un écran, à l’aide d’un outil de conception assistée par ordinateur, premet de réaliser un fichier 3D. Celui-ci est alors envoyé vers un logiciel spécifique qui le découpe en tranches et l’envoie à son tour à l’imprimante, laquelle dépose ou solidifie la matière, couche par couche, jusqu’à l’obtention de la pièce finale. L’empilement de ces couches crée le volume de l’objet. Parmi diverses méthodes, celle dite “FDM” effectue un modelage par dépôt de matière en fusion. Selon une autre dénommée “stéréolithographie” (SLA), une lumière ultraviolette solidifie une couche de matière plastique liquide. Une troisième, le “frittage sélectif” (SLS), agglomère une couche de poudre par laser.

Les applications de la fabrication additive (FA) ou impression tridimensionnelle (3D) de pièces complexes d’équipements “sensibles” font l’objet d’un schéma directeur national pour éviter une dépendance de pays étrangers.

Joël Rosenberg, responsable de l’innovation à la Direction générale de l’armement (DGA) en a présenté les enjeux au cours d’une conférence-débat organisée, le 24 novembre 2016 à Paris, par l’Association nationale des auditeurs jeunes de l’Institut des hautes études de défense nationale.

Les avantages. La FA transforme un fichier numérique à 2 dimensions en un objet physique par assemblage, à températures élevées, de couches successives du même matériau : matières biologiques, polymères, céramique, bétons et métaux (aluminium, titane, nickel, cobalt ou magnésium). Elle permet de réaliser des pièces impossibles à fabriquer selon les procédés classiques et avec des caractéristiques mécaniques identiques. Ainsi, Airbus DS a conçu et fabriqué un support d’équipement en titane, une première mondiale, pour le satellite Atlantic Bird 7 mis en orbite en octobre 2011. La FA raccourcit les délais de la conception à la production. Un moteur d’avion se fabrique en 40 heures, contre plusieurs semaines auparavant. Plus écologique que l’usinage, elle remplace la machine-outil et réduit les pertes de matière : 4 % de copeaux pour une pièce d’aéronautique en titane contre 96 % précédemment. La FA est utilisée pour des prototypes, qu’il est possible de refaire dans toutes leurs phases autant de fois que nécessaire. L’Agence spatiale européenne passe aujourd’hui du concept au prototype du lanceur Ariane 6 en quelques semaines, contre 18 mois auparavant. La FA permet de relocaliser les lieux de production au plus près du client. Par exemple, différents monoblocs fabriqués en Chine sont assemblés au Japon pour un montage final de l’objet en Europe. La FA permet de s’affranchir de la main d’œuvre à basse qualification et de réduire le coût de la logistique. Mais, il reste à régler la question de la protection de la propriété industrielle (contrefaçon).

Recherche et développement. Il s’agit de former des personnels, dont la qualification évolue dans les domaines des nouveaux matériaux et du numérique. En effet, la chaîne numérique de la FA commence par la modélisation (scanners et bibliothèques 3D) et continue par la conversion en divers formats. La préparation nécessite des logiciels génériques industriels pour la visualisation, l’analyse, la réparation des défauts, l’édition et la modification éventuelle. Ensuite, des logiciels intégrés traitent la FA et procèdent à l’orientation du modèle, à la génération de supports, au “tranchage”, à la génération des parcours intérieurs et extérieurs de la tranche et enfin à la compensation des dérives de fabrication (hauteur et retrait). Pour la fabrication proprement dite, des systèmes FA assurent le pilotage des machines et le contrôle du processus selon les diverses méthodes (SLA, SLS, FDM, SLM, Strato, imprimante 3D etc). En outre, le savoir-faire ou secret industriel repose sur la maîtrise de la bonne santé de la matière, en vue d’obtenir la meilleure qualité possible, celle des standards aéronautiques et spatiaux. Investissements et compétences permettent de lancer des recherches dans de nombreux domaines : santé ; enseignement/formation ; alimentation ; architecture/construction ; distribution ;  textile/mode ; infrastructure ; produits industriels ; produits grand public ; services ; outillage/machine/moule ; restauration ; réparation ; bijouterie-luxe ; nanotechnologies ; bio-ingénierie ; énergie/mines/forage ; loisirs ; transport/mobilité ; automobile ; création/design/artisanat ; meubles/habitat ; électronique ; maquettage/prototypes ; culture/patrimoine ; robotique ; aéronautique/espace.

Applications militaires. Le Service des matériaux de la DGA partage les connaissances et les besoins communs en FA de l’armée de l’Air et de la Marine nationale pour les composants du “Neuron”, démonstrateur de drone de combat furtif européen qui vole déjà. Les études amont de la DGA portent sur : les poudres ; la micro-électronique ; les nouveaux concepts d’intégration ; les nouvelles architectures d’antenne et les matériaux spécifiques correspondants ; de nouveaux alliages. En outre, des procédures du dispositif RAPID (régime d’appui à l’innovation duale) sont en cours sur la possiblité d’effectuer des réparations de pièces détachées à très haute valeur ajoutée puis de leur qualification aux normes aéronautiques, ou sur de nouvelles méthodes de conception de pièces pour les parties chaudes de moteur d’avion. La FA permet de refaire des pièces anciennes, dont les plans ont disparu, et qui seront requalifiées pour éviter tout danger pour les utilisateurs. Par ailleurs, des études de faisabilité sont en cours sur la logistique des pièces détachées, une fois leur certification effectuée. Enfin, la nourriture “imprimée 3D” est étudiée pour les armées en opérations.

Un marché en expansion. Dans les domaines médical et aéronautique, 50.000 imprimantes et 10.000 machines industrielles ont été vendues en 2013 pour réaliser des prototypes et pièces finales en polymères. Ces chiffres ont atteint respectivement 140.000 et 10.000 l’année suivante. Pour la fabrication de prototype à haute valeur ajoutée et de pièces finales métalliques, le nombre de machines vendues est passé de 350 en 2013 à 543 en 2014. De façon globale, la croissance des FA devrait se monter à 35 %/an , dont 70 %/an pour les métalliques, dont la valeur ajoutée est supérieure à celle des polymères. Les États-Unis, la Chine, l’Allemagne, le Japon, la Grande-Bretagne et l’Australie en font une priorité du développement industriel. En France, les travaux de “l’Alliance industrie du futur”, lancée en 2015 pour transformer le modèle industriel par le numérique, portent sur divers thèmes : chaîne numérique ; matériaux/procédés/machines ; post-traitement/finition ; qualité/contrôle ; normes/standards ; hygiène/sécurité/environnent ; certification ; éducation/formation ; structuration des marchés ; soutien à la diffusion et à l’interopérabilité de l’offre française. Enfin, selon le cabinet Wholers Associates, le chiffre d’affaires de la FA devrait passer de 3 Md$ en 2013 à 21 Md$ en 2021.

Loïc Salmon

Sécurité : la contrefaçon et ses conséquences économiques, sanitaires et criminelles

DGA : valoriser l’audace et l’innovation de terrain

Les procédés de fabrication additive correspondent à l’impression d’objets pour une application industrielle. Le dessin d’un objet sur un écran, à l’aide d’un outil de conception assistée par ordinateur, premet de réaliser un fichier 3D. Celui-ci est alors envoyé vers un logiciel spécifique qui le découpe en tranches et l’envoie à son tour à l’imprimante, laquelle dépose ou solidifie la matière, couche par couche, jusqu’à l’obtention de la pièce finale. L’empilement de ces couches crée le volume de l’objet. Parmi diverses méthodes, celle dite “FDM” effectue un modelage par dépôt de matière en fusion. Selon une autre dénommée “stéréolithographie” (SLA), une lumière ultraviolette solidifie une couche de matière plastique liquide. Une troisième, le “frittage sélectif” (SLS), agglomère une couche de poudre par laser.




Armement : modernisation des armées françaises sur un an

Le salon des armements terrestres Eurosatory 2016 (13-17 juin) donne l’occasion de présenter les récentes commandes et livraisons aux armées françaises. Avec 16 Md€ de prises de commandes en 2015, l’industrie française d’armement (165.000 personnes) s’est maintenue parmi les cinq principaux exportateurs mondiaux.

Armée de l’Air. Le 8 juin 2016, la Direction générale de l’armement (DGA) a pris livraison du 9ème exemplaire de série de l’avion de transport militaire A400M Atlas portant le numéro MSN33. C’est le premier à disposer de capacités tactiques, en sus de celles de soutien logistique et de ravitaillement en vol. Fin 2016, le ministère de la Défense devrait disposer de 5 autres A400M ainsi équipés : 2 neufs en attente de livraison ; 3 actuellement en service et qui seront « retrofités » (remplacement d’éléments anciens ou obsolètes par des composants plus récents) pour disposer des mêmes capacités que le MSN33. L’A400M assure : le transport de 37 t de matériel ; des liaisons au sein d’un même théâtre d’opérations ou entre divers théâtres ; les poser d’assaut sur terrains sommaires ; l’aérolargage de personnel et de matériel à très grande altitude ; le ravitaillement en vol ; les évacuations sanitaires. Le 29 janvier 2016, la DGA a commandé, à l’armée de l’Air américaine, 4 avions de transport tactique Hercules C-130J neufs, dont 2 disposant d’une capacité de ravitaillement d’hélicoptères en vol. Les 2 premiers seront livrés fin 2017-début 2018 et les 2 ravitailleurs en 2019. Ils viendront renforcer le segment médian de la flotte de transport tactique, actuellement composé de Transall C-160 et d’Hercules C-130H, très sollicités et éprouvés par les différentes opérations extérieures dans des conditions d’environnement difficiles. L’achat des 4 Hercules C-130J inclut le système de soutien, la formation du personnel et le maintien en condition opérationnelle. Le 7 décembre 2015, la DGA a commandé un 3ème système de drones MALE (moyenne altitude, longue endurance) de type Reaper à l’armée de l’Air américaine. Le premier, livré en décembre 2013, est utilisé de façon intensive dans le cadre de l’opération « Barkhane » en cours dans la bande sahélo-saharienne (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina-Faso). La livraison du 2ème est prévue en 2016 et celle du 3ème en 2019. La loi de programmation militaire 2014-2019  (LPM) prévoit 4 systèmes complets comprenant chacun 3 drones. Le drone MALE offre une capacité majeure en termes de connaissance et d’anticipation par leurs missions de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de désignation d’objectifs sur de larges zones, à grandes distances et sur de longues durées. Les drones Reaper et les Hercules C-130J ont été acquis dans le cadre de la procédure américaine « FMS ». Celle-ci facilite les ventes d’armement d’État à État, diminue les coûts de production et accroît l’interopérabilité entre forces américaines et alliées.

Marine nationale. Le 25 mars 2016, la DGA a pris livraison du premier bâtiment multi-missions (B2M). Dénommé D’Entrecastreaux, celui-ci est affecté à la Nouvelle-Calédonie. Déplaçant 2.300 t à pleine charge avec un équipage de 20 marins, il peut effectuer des missions de 30 jours sans ravitaillement et naviguer 200 jours par an. Ses missions portent sur la souveraineté outre-mer : présence ; surveillance et protection des intérêts français dans les zones économiques exclusives ; projection de forces ; soutien logistique ; sauvegarde ; assistance au profit des populations. La commande, notifiée le 30 décembre 2013, inclut un 2ème BSM pour la Polynésie française et un 3ème pour La Réunion. L’actualisation de la LPM 2014-2019 prévoit la commande d’un 4ème B2M. Le 16 décembre 2015, la DGA a commandé 6 chalands multi-missions (CMM) à propulsion hybride avec batteries. Leur système de propulsion électrique est alimenté par des groupes électrogènes fonctionnant au gasoil (mode « classique ») ou par batteries rechargeables à quai ou en mer (mode « zéro émission »). Déplaçant 53 t et pourvu d’une coque en aluminium et de superstructures en composite, le CMM embarque jusqu’à 36 marins et/ou plongeurs. Il navigue dans les rades ou à proximité des côtes des bases navales pour des missions variées : travaux sous-marins ; transport de matériel ; lutte anti-sous-marine ; formation de plongeurs. Le mode « classique » à vitesse maximale de 10 nœuds (18,52 km/h) pendant la phase de transit est remplacé par le mode « zéro émission » à petites vitesses lors de la phase d’exploitation pour : réduire les émissions de gaz à effet de serre ; améliorer le confort des marins pendant les longues périodes de travail en réduisant les nuisances sonores et en supprimant les gaz d’échappement. La livraison du premier CMM est prévue en 2017. Après une utilisation opérationnelle pendant 3 mois, la série sera confirmée, en vue de livraisons en 2019 et 2020 : 2 unités pour le port de Brest ; 2 unités pour celui de Toulon ; 1 pour celui de Cherbourg ; 1 pour le Pôle écoles Méditerranée de Saint-Mandrier. Une option est prévue pour 1 unité aux Antilles et 1 en Nouvelle-Calédonie.

Armée de Terre. Le 30 décembre 2015, la DGA a commandé 6 hélicoptères de transport tactique NH90-TTH Caïman de 11 t, qui portent à 74 le nombre d’appareils commandés dont 44 livrés d’ici à 2019. Premier hélicoptère militaire à commandes de vol électriques, le NH90 se décline en deux versions : TTH pour les missions d’appui aux forces terrestres ; NFH pour la lutte anti-sous-marine et antinavire de surface et pour le secours en mer. Début 2016,  15 NFH ont été déjà livrés à la Marine nationale et 17 TTH à l’armée de Terre. Progressivement, les NH90-TTH remplacent les hélicoptères Puma au sein de l’Aviation légère de l’armée de terre pour : le transport tactique de troupes, jusqu’à 20 personnels, et de matériels, jusqu’à 20 t ; l’évacuation sanitaire ; l’installation d’un poste de commandement héliporté. Leurs équipements incluent : casques de vision nocturne ; systèmes de contre-mesures et de blindage ; dispositifs pour la descente en rappel et l’emport de charges sous élingue ; entrées d’air pour les opérations en environnement désertique. Avec le complément des Cougar rénovés et des Caracal, les forces françaises disposeront de 115 hélicoptères de manœuvre en 2025, dont une majorité de NH90-TTH.

Loïc Salmon

Eurosatory 2016 : équilibrer la défense et la sécurité

DGA : l’expertise technologique, avenir de l’outil de défense

DGA : valoriser l’audace et l’innovation de terrain

Le programme « Scorpion » de modernisation des groupements tactiques interarmes (GTIA) vise à accroître leur efficacité et leur protection, en utilisant les nouvelles capacités d’échanges d’informations. Le char Leclerc rénové (57 t et 615 km  d’autonomie) a été présenté à Eurosatory 2016 (photo). Capable d’entrer en premier dans un combat de haute intensité et dans tout type d’environnement, il est équipé de la « vétronique » commune Scorpion. Celle-ci permet de contrôler la navigation, les communications, les systèmes d’observation, l’énergie, la motorisation et les systèmes d’armes des véhicules militaires. Au cours du combat, le fonctionnement en réseau du GTIA limite les temps de communication et de décision. Mais cette dernière sera toujours prise par l’homme, pour éviter les dommages collatéraux.