Espace : un commandement dédié pour comprendre et agir

Le Commandement de l’espace (CdE) développe en permanence ses capacités de surveillance et de réaction aux menaces croissantes dans ce domaine.

Le général de brigade aérienne Philippe Dedobbeleer, adjoint au commandant de l’Espace, l’a expliqué au cours d’une visioconférence organisée, le 8 juin 2021 à Paris, par l’Association des auditeurs IHEDN région Paris Ile-de-France.

Montée en puissance. Organisme interarmées, le CdE dépend directement du chef d’Etat-major des armées pour la stratégie, les capacités, la coopération internationale et les opérations. Il est rattaché à l’armée de l’Air et de l’Espace pour l’expertise, la préparation des forces, la mise en œuvre de contrats opérationnels, l’élaboration de la doctrine et le retour d’expérience dans le domaine spatial et enfin la maîtrise des risques. La pleine capacité des opérations spatiales militaires devrait être atteinte vers 2030. La tutelle du CdE sur le Centre national d’études spatiales (CNES) de Toulouse sera redéfinie pour y concentrer l’expertise de l’écosystème spatial. Celui-ci comprend des entreprises, des pôles de compétitivité et des centres universitaires à Paris, Lille, Saint-Quentin, Mulhouse, Besançon, Lyon, Grenoble, Nice, Marseille, Toulon, Bordeaux, Brest, Rouen et Cayenne (Centre spatial de Kourou). Le centre spatial de Toulouse verra ses effectifs passer de 200 personnes en 2019 à 500 en 2025. Il devra voir et écouter l’espace, mieux et plus loin, par l’acquisition de données par des satellites (optique, radar et infrarouge) à orbites basses, moyennes et hautes. Vu le nombre croissant d’objets divers dans l’espace à suivre pendant toute leur durée de vie, les données s’accumulent, de quelques mois à plusieurs décennies. La capacité de calcul à haute performance de l’intelligence artificielle permettra de traiter leur comportement quasiment en temps réel et, le cas échéant, d’agir vite puis rendre compte aux niveaux stratégique et tactique.

Innovation continuelle. Le CdE va construire un incubateur d’innovation dédié à l’espace militaire et ses applications. Dans un environnement sécurisé, un réseau aura pour missions de capter des idées, concrétiser des projets et conduire des expérimentations dans les laboratoires existants. A cet effet, l’Agence de l’innovation de défense développe des liens avec le CNES, la Direction générale de l’armement (DGA), la Direction du renseignement militaire, l’Office national d’études et de recherches aérospatiales et les partenaires alliés.

Souveraineté et interopérabilité. Le développement d’un système spatial militaire constitue un enjeu de souveraineté numérique et d’autonomie stratégique, souligne le général Dedobbeleer. Celui d’une compréhension commune avec des pays alliés permet une interopérabilité des moyens avec des standards techniques identiques (doctrine, capacités et opérations). En février 2020, la France a adhéré à « l’Initiative opérations spatiales interalliées » (sigle anglais CSpO) et y a rejoint les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ce forum de réflexion et d’échanges vise à coordonner les capacités alliées, en augmenter la résilience pour assurer le soutien aux opérations multi-domaines (terre, air, mer, cyber et spatial), garantir la liberté d’accès à l’espace et y protéger, en coalition, les moyens qui s’y trouvent. Il donne lieu à des travaux réguliers, auxquels participent le CdE, la DGA et la Direction générale des relations internationales et de la stratégie.

Loïc Salmon

Armée de l’Air : création du « Commandement de l’espace »

Espace : nouveau théâtre des opérations militaires

Espace exo-atmosphérique : compétition stratégique




Armement : baisse des exportations françaises en 2020

Les prises de commandes (contrats signés et entrés en vigueur) d’armements français à l’export ont atteint 4,9 Mds€ en 2020, selon le rapport du ministère des Armées transmis au Parlement le 1er juin 2021 et présenté à la presse le lendemain. Elles se montaient à 8,3 Mds€ en 2019.

Selon le ministère des Armées, cette baisse résulte de plusieurs facteurs. D’abord la pandémie du Covid19 a provoqué un décalage de plusieurs mois des projets d’acquisition. Certains Etats acheteurs ont réorienté des budgets vers les aides économiques et sociales. Ensuite, la crise sanitaire a perturbé les livraisons d’équipements liés aux contrats en vigueur. Enfin, certains industriels ont demandé l’activation de la clause de force majeure. La Direction générale de l’armement a apporté une aide financière aux petites et moyennes entreprises fournisseurs et bureaux d’études de matériels sensibles, afin de maintenir la base industrielle et technologique de défense.

Bilan et perspectives. La majorité des prises de commandes de 2020 porte sur des contrats inférieurs à 200 M€ et totalisant 4,4 Mds€, contre 3,7 Mds€ en 2019. Ils correspondent à du maintien en condition opérationnelle, de la formation ou de la modernisation de grands équipements vendus au cours des dix années précédentes. La part de l’Europe représente 25 % des exportations totales (15 % en 2019), dont 15 % pour les Etats membres de l’Union européenne et 10 % pour les autres pays européens. La part des pays des Proche et Moyen-Orient se monte à 24 %, celle de l’Asie-Océanie à environ 22 % et celle de l’Afrique à 16 %. Cette année encore, la France reste le troisième exportateur mondial derrière les Etats-Unis et la Russie, mais devant la Chine et l’Allemagne. L’année 2021 devrait permettre de rattraper les retards de 2020, en raison des ventes annoncées du Rafale totalisant 7,5 Mds€. Ainsi, le 25 janvier, la Grèce a signé un contrat d’acquisition de 18 avions, dont 12 d’occasion pour un montant de 2,5 Mds€. Le 4 mai, l’Egypte a signé trois contrats pour la livraison de 30 avions neufs supplémentaires et des équipements associés (4 Mds€). Le 28 mai, la Croatie a retenu l’offre française de 12 Rafale d’occasion (1 Md€) pour moderniser sa flotte de combat multi-rôles. Les Rafale d’occasion seront prélevés sur la flotte de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE). Ceux destinés à la Grèce seront remplacés par des unités neuves, afin de maintenir la cible de 129 Rafale en dotation en 2025. Les produits de cession des avions à livrer à la Croatie seront utilisés pour améliorer la disponibilité et renforcer la préparation opérationnelle de l’AAE.

Contrôle. Un dispositif examine, a posteriori, la conformité aux autorisations délivrées. Un premier contrôle « sur pièces » vérifie la cohérence entre les licences détenues et les comptes rendus et informations transmises. Ainsi 17 contrôles de ce type ont été établis sur l’activité de 120 exportateurs et 4.375 contrats en 2020. En outre, des enquêteurs peuvent procéder à un contrôle dans les locaux des exportateurs (19 en 2020). Parmi les procès-verbaux, 47 % ont donné lieu à une mise en garde, 6 % à une mise en demeure et 47 % à un classement sans suite. Si la France refuse l’exportation d’un équipement sensible à un pays donné, dans la pratique, tous les autres membres de l’Union européenne se rangent à son avis. Par exemple, est interdite l’exportation des capacités de production de systèmes complets de fusée ou de drone d’au moins 300 km de portée et de 500 kg de charge utile.

Loïc Salmon

Armement : baisse des exportations françaises en 2019

Industrie de défense : exportations, partenariats et concurrence en hausse

Armement : exportations françaises, + 42,7 % en 2013




Défense : la géographie pour garantir la liberté d’action

L’appréciation autonome de la situation dépend de la compréhension de l’environnement géophysique d’un théâtre, en vue de planifier et conduire une opération aérienne, navale, aéroterrestre ou interarmées.

La géographie militaire a été présentée en visioconférence à la presse, le 29 avril 2021 à Paris, par : un colonel, chef du bureau géographique, hydrographique, océanographique et météorologique du Commandement pour les opérations interarmées ; un ingénieur en chef de l’armement, directeur adjoint de l’unité de management ESIO (espace et systèmes d’information opérationnels) de la direction des opérations de la Direction générale de l’armement (DGA).

Objectifs opérationnels. La veille stratégique inclut l’information géographique militaire globale, explique le colonel. La prise de décision tient compte de l’interaction entre géographie, hydrographie, météorologie et océanographie. L’intelligence artificielle permettra de gagner du temps et d’augmenter la base de données. Celles-ci servent, par exemple, à préparer une opération amphibie ou à déterminer la praticabilité d’axes routiers pendant la saison des pluies dans la bande sahélo-saharienne. Elles sont utilisées pour la précision de 80-90 % des systèmes d’armes. Grâce à la coopération internationale de 32 pays, la représentation de 43 % des terres émergées est disponible en cartes au 50.000ème. L’accès à l’espace permettra d’anticiper les enjeux et risques à moyen et long termes, consécutifs notamment au réchauffement climatique.

Production et information. Selon l’ingénieur en chef, l’Etat-major des armées et la DGA ont lancé, depuis 2016, le programme GEODE 4 D de mise à jour des données géographiques, à savoir augmentation de la résolution, rafraîchissement de l’information et couverture de nouvelles zones. La première composante de GEODE 4 D porte sur la production de données, acquises via trois marchés complémentaires : GEOSOCLE pour les images précises des vallées et montagnes de toute la planète ; GEOMAPS pour la modélisation de l’environnement (routes, zones industrielles, infrastructures etc.) ; T-Rex, coopération internationale basée sur l’exploitation de l’imagerie satellitaire radar pour numériser la surface du sol (immeubles, éoliennes, pylônes etc.). La seconde composante de GEODE 4D compte trois systèmes d’information : réalisation de modèles de cibles ; prévisions océanographiques du Service hydrographique et océanographique de la marine ; acquisition automatique des données géographiques, hydrographiques, océanographiques et météorologiques, dont certaines sont destinées aux systèmes d’armes.

Moyens. Selon le ministère des Armées, environ 500 militaires et civils traitent de la géographie militaire au sein de l’Etat-major des armées, de la Direction générale de l’armement, de l’Etablissement géographique interarmées (basé à Creil) et du 28ème Groupe géographique (Hagenau). Le ministère des Armées est représenté au conseil d’administration de trois établissements publics « satellites » : le Service hydrographique et océanographique de la marine (500 personnes) ; Météo France (2.500 personnes) ; l’Institut national de l’information géographique et forestière (1.500 personnes). La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit 450 M€ pour la géographie militaire. Celle-ci dispose de 270.000 produits référencés et d’un patrimoine numérique de 150 téraoctets.

Loïc Salmon

Défense : la météorologie, élément-clé des opérations

Marine : la « marétique », transformation numérique du monde maritime

La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre




Marine nationale : le PA-Ng, programmer sa construction et la formation de l’équipage

Le porte-avions nucléaire de nouvelle génération (PA-Ng), en service de 2038 à 2080, devra opérer dans un contexte stratégique considérablement « durci ».

Son programme a été présenté à la presse, le 8 avril 2021 à Paris, par ses deux principaux responsables, à savoir un capitaine de frégate sur le plan opérationnel et un ingénieur en chef de de l’armement pour la partie technique.

La propulsion nucléaire, annoncée par le président de la République en décembre 2020, garantit l’autonomie stratégique et la pérennité de la filière nucléaire embarquée. Le porte-avions caractérise les puissances maritimes de premier rang. Déjà, la Marine chinoise, qui disposera bientôt de trois porte-avions, dépasse en tonnage celle des Etats-Unis, qui se dote d’un nouveau porte-avions tous les sept ans.

Besoins militaires. La perte de la suprématie occidentale implique de remettre le combat aéromaritime au centre des capacités du groupe aéronaval, afin d’acquérir la liberté d’action nécessaire aux opérations d’entrée en premier, souligne le capitaine de frégate. Outre une partie de la composante aérienne de la dissuasion nucléaire, le PA-Ng garantira une mobilité stratégique de 1.000 km/jour et une agilité tactique avec 60 sorties aériennes/jour dans toutes les conditions. Ses missions incluent la projection de puissance, l’appui aux opérations à terre ou en mer, le recueil et l’analyse de renseignements ainsi que le commandement d’une composante maritime d’une opération de l’OTAN ou d’une coalition ad-hoc. Déjà, à la demande des Etats-Unis, en décembre 2015 et depuis le 31 mars 2021 pendant son transit dans la région du golfe Arabo-Persique, le porte-avions Charles-de-Gaulle a pris le commandement de la force opérationnelle 50 au sein de la coalition internationale « Inherent Resolve » de lutte contre Daech. Le PA-Ng, au tonnage double de celui du Charles-de-Gaulle, embarquera le même effectif, soit 2.000 marins (600 pour le groupe aérien). La constitution de cet équipage de haut niveau demande du temps pour la formation et l’acquisition d’expérience (15 ans en moyenne). Le recrutement de 300 experts a commencé à Indret et se poursuivra à Saint-Nazaire et Toulon d’ici à 2034. Les futurs commandants (capitaines de vaisseau) auront auparavant exercé cette fonction deux fois à la mer.

Caractéristiques techniques. Le PA-Ng aura un tonnage 75.000 t, une vitesse de 27 nœuds (50 km/h), une longueur de 300 m et une largeur de 80 m au niveau du pont d’envol. Ses dimensions seront cohérentes avec les infrastructures du port base ou d’entretien. Selon l’ingénieur en chef, la longueur de son pont d’envol détermine ses principales performances. Son aviation, qui comptera 30 chasseurs de nouvelle génération, 3 avions de guet aérien et de commandement et 5 à 6 hélicoptères, mettra en œuvre le SCAF (système de combat aérien du futur). Comme ses homologues américains, le PA-Ng sera équipé de brins d’arrêt de nouvelle génération et de 2 catapultes électromagnétiques avec la possibilité d’en ajouter une 3ème. Navire tout électrique, il sera équipé de 2 chaufferies nucléaires K22, plus grosses que les K15 du Charles-de-Gaulle et des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Il emportera le futur missile air-sol N4g, porteur de l’arme nucléaire, et assez de munitions pour tenir une semaine en combat de haute intensité. Le développement et la réalisation du PA-Ng coûteront 1 Md€. Les travaux de construction commenceront en 2025 et les essais à la mer en 2036.

Loïc Salmon

Marine nationale : la TF 50 américaine sous commandement français

Marine nationale : l’aéronavale, tournée vers les opérations

Marines : le porte-avions, outil militaire et diplomatique pour agir loin




Défense : l’IA dans le champ de bataille, confiance et contrôle

Sur le plan militaire, l’intelligence artificielle (IA) devra traiter des données caractérisées par leurs volume, variété et véracité. Outre son efficacité technique, elle doit inspirer confiance à son utilisateur, qui prend la décision.

Ce thème a fait l’objet d’un colloque organisé en visioconférence, le 3 décembre 2020 à Paris, par le Centre de recherche des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC). Y sont notamment intervenus : le colonel Christophe Augustin, officier de cohérence opérationnelle à l’Etat-major des armées ; Jean-Michel Tran, directeur technique chez Naval Group ; Aurélien Strippoli, directeur de l’innovation chez Airbus Defence & Space ; l’ingénieur général de l’armement Jérôme Lemaire chargé de mission IA à la Direction générale de l’armement. Julien Nocetti, enseignant-chercheur au CREC.

Contraintes spécifiques. Depuis la fin de la guerre froide (1991), le contexte stratégique est devenu plus complexe, imprévisible et dynamique, rappelle le colonel Augustin. La confrontation possible avec des Etats puissances et des acteurs non étatiques apparaît avec la fin de la supériorité technologique occidentale et la facilité d’accès aux technologies de rupture. L’interopérabilité interalliée s’impose, car aucun pays n’aura la capacité de répondre seul à un conflit de grande ampleur. Ce conflit pourrait débuter par des opérations hybrides dans les domaines terrestre, aérien, maritime, cyber, informationnel et spatial. L’IA permettra de détecter les signaux faibles avant-coureurs d’une crise. Les forces déployées sur un théâtre d’opérations devront anticiper les phases de silence radio et les pertes du lien satellitaire, de la supériorité électronique ou de la supériorité aérienne. Le ministère des Armés va disposer des trois « clouds » informatiques d’ici une quinzaine d’années. Le premier, dit « cloud central » ou modèle d’accès à un pool partagé de ressources informatiques à la demande, nécessitera la disponibilité de réseaux interopérables mondiaux à haute capacité, dont la téléphonie mobile 5 G. Le déploiement de forces sur un théâtre d’opération extérieur nécessitera la constitution d’une zone d’autonomie par un « cloud d’entrée de théâtre » et un « cloud de combat », modèles d’accès aux services de métiers spécifiques (plates-formes d’armes, fonctions commandement et contrôle adaptatives etc.). Ils nécessiteront la disponibilité de réseaux de missions fédérées et sécurisées. Les armées ont besoin de capacités de pointe et souveraines. Les outils de demain devront surtout être simples à déployer, à utiliser et à administrer.

Usages navals. Une force navale regroupe des systèmes de systèmes, explique Jean-Michel Tran. Le maintien de la supériorité navale résulte de la réussite de la transformation numérique du combat naval, Système très complexe qui doit durer plusieurs mois dans un environnement marin difficile et sur un théâtre d’opération hostile, un navire doit rester en alerte permanente et capable de répondre instantanément à une menace venant de n’importe où. Par exemple, la réaction à une attaque de type missile hypervéloce est de l’ordre de quelques secondes. Outre une vision élargie des enjeux du théâtre d’opération et une connaissance précise de l’état opérationnel du navire, l’équipage doit disposer d’une aide à la décision synthétique, pour limiter les erreurs dues au stress ou à la fatigue. L’IA permet déjà la détection des pannes/alertes pour la propulsion des frégates multi-missions, grâce à une maintenance prédictive. Elle développera l’autonomie de décision des drones marins, afin d’augmenter leurs performances en précision, vitesse et sécurité. Un algorithme à multicritères calculera les plans d’engagement par la veille coopérative, l’évaluation de la menace, la coordination des engagements, la mise en œuvre des armes et l’évaluation de l’interception. Ainsi pour la protection du groupe aéronaval, une frégate d’escorte détectera la menace d’un missile supersonique, le poursuivra et le désignera comme objectif à une autre frégate d’escorte, qui le neutralisera. L’IA aura proposé à l’officier de lutte anti-aérienne la meilleure solution en temps réel. Elle aura choisi les armes, optimisé l’efficacité, géré les stocks de munitions, évité le sur-engagement et minimisé la gêne pour la force navale.

Domaine aérien. Selon Aurélien Strippoli, plusieurs SCAF (systèmes de combat aérien du futur), composés chacun d’un nouvel avion de chasse et de drones qui étendront leurs capacités, formeront ensemble le système d’armes de nouvelle génération. Ce dernier, qui participera notamment à la guerre électronique et au recueil de renseignement, sera entièrement interopérable avec les forces aériennes alliées. L’IA sera utilisée dans le SCAF notamment pour : la reconnaissance d’images et vidéos (moyens optique, infrarouge et radar) traitées à bord ; le traitement et la génération de langage naturel pour l’interface homme-machine ; la reconnaissance de formes et la fusion de données pour la maintenance prédictive, le dépannage, la connaissance de la situation, la cybersécurité et l’hypervision ; l’autonomie pour la coordination d’essaims de drones et les systèmes collaboratifs ; l’aide à la décision pour la gestion de la flotte et la planification de mission. Sur le plan tactique, le « cloud de combat multi-domaines » permettra la mise en réseau des forces aériennes, terrestres, maritimes, cyber et spatiales. Il permettra d’exécuter, mieux et plus rapidement que l’adversaire, la boucle OODA : Observation, par la gestion et la fusion des capteurs de renseignements d’origines image, électromagnétique et humaine ; Orientation, pour la planification des missions ; Décision, pour le commandement et le contrôle ; Action, par le combat collaboratif.

Ecosystème. Les principaux algorithmes sont réalisés par les grands laboratoires et non par les startups, souligne l’ingénieur général Lemaire. Les grands groupes reviennent à la recherche fondamentale. Outre l’intégration de l’IA dans les systèmes futurs, il faut d’abord en mettre dans les systèmes existants pour augmenter leur performance à moindre coût. La souveraineté numérique varie selon les pays de l’Union européenne ou de l’OTAN. Une feuille de route nationale s’impose car les avis des Alliés évoluent.

Loïc Salmon

Allant de pair avec la mondialisation, la révolution numérique offre une façon de penser autrement le fonctionnement des Etats, des entreprises et des sociétés, estime Julien Nocetti. La maîtrise des technologies de l’IA constitue un facteur de puissance en politique internationale. L’IA repose sur la collecte de masses considérables de données, collectées par les géants américains du numérique (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) et chinois (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiomi). L’écosystème de l’innovation devient très compétitif. Sur les 4.500 entreprises traitant de l’IA, la moitié se trouve aux Etats-Unis et le tiers en Chine. Depuis 2013, Chine, Russie et Inde relocalisent des données sur le plan national. La Chine va investir 150 Mds$ dans l’IA jusqu’en 2030. Dans 10-15 ans une rivalité entre la Chine et la Russie dans ce domaine pourrait s’ajouter à celle en cours entre les Etats-Unis et la Chine. (voir sur la photo la déclaration du président russe Vladimir Poutine).

Défense : l’IA, facteur décisif de supériorité opérationnelle

Défense : l’emploi de l’IA sur le champ de bataille de demain

Chine : l’intelligence artificielle, priorité de sécurité nationale




Défense : « Red Team », l’imagination face à l’incertain

L’Agence de l’innovation de défense (AID) fait appel à des auteurs de science-fiction pour anticiper des conflictualités et menaces imprévisibles, qu’il faudra pouvoir quand même contrer…pour éviter la surprise stratégique !

Lors d’un point de presse le 1er avril 2021 à Paris, son directeur, Emmanuel Chiva, a expliqué le fonctionnement de « Red Team », l’équipe ainsi constituée pour imaginer et créer des scénarios futuristes ou de ruptures.

Menaces « hors du cadre habituel ». Le mot « Red Team » se réfère à la guerre froide (1947-1991), quand le Pentagone américain avait mis sur pied une équipe chargée d’imaginer les tactiques, que pourraient mettre en œuvre les forces du Pacte de Varsovie pour envahir l’Europe occidentale. La Red Team française d’aujourd’hui se projette sur les conflictualités à l’horizon 2060, pour orienter les efforts d’innovation capacitaire en 2030 sur les plans opérationnel, technologique et organisationnel. Lors du « Digital Forum Innovation Défense » du 4 décembre 2020, la ministre des Armées, Florence Parly, a déclaré qu’il s’agit de « savoir oser pour gagner les conflits de demain. Oser penser différemment, croire en l’impossible, imaginer l’inimaginable et remettre en cause ce qui, hier encore, semblait être immuable. ». A la suite d’un appel d’offres parmi les auteurs de science-fiction, l’AID a reçu plus de 600 candidatures et n’en a retenu que 10 : 6 écrivains ; 2 scénaristes ; 1 dessinateur de bandes dessinées ; 1 étudiante en « design d’interaction ». Tous reçoivent une rémunération et, après une enquête de sécurité, ont obtenu l’habilitation « Confidentiel Défense », afin de pouvoir « s’immerger » dans les armées et les directions et services du ministère.

Missions et encadrement. La Red Team conserve toute sa liberté d’expression, souligne Emmanuel Chiva. Ses missions portent sur la rédaction de scénarios et leur restitution par des dessins, visuels, objets en 3 D, vidéos, lumières, sons etc. Elles visent à imaginer, éclairer et partager, selon une méthodologie organisée en écosystème par le ministère des Armées et l’Université Paris Sciences et Lettres (PSL). La Red Team s’appuie sur trois équipes complémentaires composées de personnels de PSL : « Purple Team » pour l’expertise scientifique et militaire ; « Black Team » pour la coordination et la livraison des supports ; « White Team », comité consultatif scientifique. En outre, une « Blue Team », composée de 32 représentants du ministère des Armées et commandée par un capitaine de vaisseau, évalue les scénarios de menace au cours d’ateliers de travail. Les armées (14 membres) en font partie : Etats-majors de la Marine nationale et des armées de Terre, de l’Air et de l’Espace ; Division prospective et stratégie militaire ; Division cohérence capacitaire ; Division emploi des forces ; Centre de planification et de conduite des opérations ; Commandement des opérations spéciales ; Centre interarmées de concepts, de doctrines et d’expérimentations. La Direction générale de l’armement (12 membres) y est présente : Service d’architecture du système de défense ; Centre d’analyse technico-opérationnelle de défense ; Direction des plans, des programmes et du budget ; Direction technique ; Service des affaires industrielles et de l’intelligence économique ; AID. La Direction générale de relations internationales et de la stratégie (6 membres) y participe : Sous-direction de la stratégie de défense ; Département « recherche et innovation ». Les travaux de la « saison 1 », commencés en janvier dernier, se terminent par une « restitution restreinte » en juillet 2021.

Loïc Salmon

Défense : l’AID, interlocutrice des porteurs d’innovation

Recherche stratégique : lancement du « Club Phœnix »

Défense : innovation, des satellites aux minidrones




Aviation militaire : les Rafale F3-R en service opérationnel

Depuis le 8 mars 2021, des Rafale au standard F3-R sont déployés en opérations par la Marine nationale et l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE), qui recevra 12 appareils neufs d’ici à 2025. Tous seront équipés de missiles Mica NG, livrables à partir de 2026.

Evolution majeure. La mise en service opérationnel s’applique aux Rafale du groupe aérien du porte-avions Charles-de-Gaulle, actuellement en mission en Méditerranée orientale et océan Indien, et à ceux de l’AAE déployés dans l’opération « Chammal » au Levant, à partir de la base aérienne projetée de Jordanie. Le standard F3-R comporte de nombreuses améliorations de ses différents systèmes, équipements et armements : radar ; interface homme/système ; moyens de communication ; système d’autoprotection Spectra ; pod de reconnaissance de nouvelle génération ; système de navigation inertielle ; missile air-air longue portée Meteor. Couplé au radar à antenne active RBE2 AESA, le Meteor assure la supériorité aérienne au Rafale F3-R pour des frappes en tout temps dans la profondeur, l’appui aux troupes au sol ou encore le traitement d’objectifs d’opportunité. En outre, grâce au pod laser haute résolution Talios spécifique au standard F3-R, le Rafale pourra couvrir toutes les missions de renseignement, d’acquisition, de poursuite et de désignation de cibles. Talios prend des images dans les domaines visible et infrarouge. Il dispose également de capacités de suivi de cibles fixes ou mobiles plus performantes et de détection automatique des cibles mobiles. Pour les attaques au sol, le Rafale F3-R utilise l’armement air-sol modulaire (AASM), avec une conduite de tir améliorée par les gestions du temps de vol des munitions, de l’illumination laser automatique et du réglage des armements en vol. En matière de sécurité, il est équipé d’un système automatique d’évitement de collision avec le sol. Par ailleurs, le Rafale F3-R continue d’emporter le missile air-sol de moyenne portée amélioré, dans le cadre de la dissuasion nucléaire. A partir de 2022, le Rafale passera au standard F4 doté de nouveaux équipements : solutions de connectivité innovantes pour optimiser le combat en réseau ; capteurs radar et optronique « secteur frontal » améliorés ; capacité viseur de casque ; missile d’interception de combat et d’autodéfense de nouvelle génération ; AASM de 1 000 kg. Enfin, par suite de la vente de 12 Rafale d’occasion à la Grèce, l’AAE prendra livraison de 12 appareils au standard F3-R d’ici à 2025. Cette commande, décidée en janvier 2021, complète celle de 28 avions construits à partir de décembre 2022, conformément à la loi de programmation militaire 2019-2025.

Commande massive de Mica NG. De fin 2018 à mars 2021, la Direction générale de l’armement a commandé 567 missiles d’interception de combat et d’autodéfense Mica NG, qui seront livrés entre 2028 et 2031 pour remplacer le missile air-air Mica. L’autodirecteur du Mica NG sera développé en versions infrarouge et électromagnétique. Sa portée sera étendue par le propulseur innovant « bi-pulse », qui lui confère une grande manœuvrabilité en phase terminale. Son soutien sera facilité grâce à une maintenance minimisée et l’intégration de capteurs HUMS (Health Usage and Monitoring System) pour mieux en maîtriser le vieillissement, notamment celui des éléments pyrotechniques. La propulsion et les autodirecteurs innovants du Mica NG permettront une version sol-air, qui pourra être tirée depuis un véhicule terrestre ou un bâtiment à la mer.

Loïc Salmon

Marine : missions « Clemenceau 2021 » pour le GAN et « Jeanne d’Arc 2021 » pour le GEAOM

Armée de l’Air et de l’Espace : « Skyros 2021 », mission en interalliés en Eurasie




Défense : détecter les cyberattaques et réagir vite

La doctrine militaire française inclut le cyber comme arme d’emploi sur les théâtres d’opérations. Au-delà de son aspect technique, le cyber prend des dimensions juridique et politique.

A l’occasion de la 8ème édition de l’exercice interarmées « Defnet » (15-26 mars), l’état de la cyberdéfense militaire a été présenté à la presse, le 18 mars 2021 à Paris, notamment par Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, et le général de division aérienne Didier Tisseyre (photo), commandant la cyberdéfense.

« Cyberconflictualité ». Le commandement de la cyberdéfense (Comcyber) dispose d’un état-major, installé à Paris, pour les orientations stratégiques, la conception et la conduite des opérations, via le centre opérationnel cyber. Le Groupement de la cyberdéfense des armées a été créé le 1er septembre 2020 à Saint-Jacques de la Lande (Bretagne), à proximité de l‘incubateur civilo-militaire « Cyberdéfense Factory ». Ce dernier permet aux petites et moyennes entreprises et aux universitaires de travailler au contact des opérateurs des armées et des experts de la Direction générale de l’armement. Outre la cybercriminalité, le terrorisme ou les actions hybrides de la part de groupes mercenaires rattachés à des Etats, l‘hypothèse d’un engagement majeur dans le cyberespace est prise en compte, indique le général Tisseyre. Des exercices au sein de l’OTAN permettent de s’y préparer. Sur le plan national, il s’agit d’attribuer l’origine des cyberattaques, sans en divulguer la méthode pour éviter une vulnérabilité ultérieure. Leur gravité détermine la proportionnalité de la riposte, au niveau diplomatique, économique ou militaire. Le Comcyber travaille avec les services de renseignement dans la lutte informatique, défensive ou offensive, sur un théâtre d’opérations. Ainsi, l’exercice Defnet 2021 inclut des simulations de vrais incidents sur des systèmes d’armes en service, dans un contexte international au plus près de la réalité.

Defnet 2021. Cet exercice permet de tester la planification, la coordination et la mise en œuvre des mesures défensives face aux cyberattaques. Près de 260 « cybercombattants » sont mobilisés à Brest, Istres, Paris, Rennes et Toulon. Pour la première fois, les réservistes opérationnels sont intégrés aux équipes, afin de s’entraîner aux procédures militaires de gestion de crise cyber. L’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et huit maîtres d’œuvre industriels, signataires de la convention sur la cybersécurité des systèmes d’armes en service, participent à Defnet. En outre, le Comcyber organise la compétition « Capture the Flag » entre 14 écoles d’enseignement supérieur à Paris, Laval, Rennes, Vannes, Saint-Malo et Lannion.

« Cybercombattants ». En 2020, l’ANSSI a détecté quatre fois plus de cyberattaques qu’en 2019 ainsi que 2.700 « événements de sécurité » au ministère es Armées, indique Hervé Grandjean. Pour contrer cette menace, la loi de programmation militaire 2019-2025 consacre 1,6 Md€ au cyber. Le nombre de cybercombattants, de 3.400 en 2020, doit atteindre 4.500 en 2025. Les armées assurent déjà des formations spécialisées : brevet de technicien supérieur « Système numérique informatique et réseau » au lycée militaire de Saint-Cyr l’Ecole ; mastère « Cybersécurité des systèmes complexes pour l’industrie et la défense » à l’Ecole de l’air et à l’Ecole centrale de Marseille ; mastère « Cybersécurité des systèmes maritimes et portuaires », mis en place par l’Ecole navale et trois autres écoles d’ingénieurs en Bretagne.

Loïc Salmon

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Armement : la DGA, la défense d’aujourd’hui et de demain

Outre son soutien aux entreprises de défense, la Direction générale de l’armement (DGA) conduit la conception et les opérations d’armements futurs au profit des armées, dont certains en coopération européenne.

Le délégué général pour l’armement, Joël Barre, l’a expliqué au cours d’une conférence de presse, tenue le 23 octobre 2020 à Paris.

Soutien à l’industrie de défense. La base industrielle et technologique de défense (BITD) emploie 200.000 personnes en France au sein de 9 grands groupes d’envergure européenne et mondiale et 4.000 entreprises petites, moyennes et de tailles intermédiaires, dont 450 d’importance stratégique. La pandémie du Covid-19 a entraîné des retards de livraisons qui seront comblés au cours de l’année 2021, précise Joël Barre. En outre, dès avril-mai 2020, la DGA a ouvert une plate-forme de sauvegarde des entreprises de la BITD les plus menacées. La crise sanitaire a retardé les paiements et les prises de commandes des Etats clients. Pour éviter des rachats d’entreprises stratégiques en difficultés par des intérêts hostiles, le seuil légal d’une participation étrangère au capital est passé de 33 % à 10 %. La DGA examine la lettre d’engagement d’un acquéreur éventuel, selon les critères de pérennité du projet industriel, de propriété intellectuelle et de maintien des emplois. Definvest, fonds d’investissement du ministère des Armées (dotation passée de 50 M€ à 100 M€), participe au soutien des entreprises de défense, startups incluses. Il est entré au capital des sociétés Kalray, Fichou, Unseenlabs, SINTRERmat, Glémot et Cailabs.

Préparation de l’avenir. La DGA a constitué un plateau de travail collaboratif avec les armées depuis 18 mois, indique Joël Barre. Sont à l’étude le système de communications Scorpion pour l’armée de Terre et le futur porte-avions de nouvelle génération pour la Marine nationale. La connexion des réseaux entre industriels et centres techniques de la DGA sera établie début 2021. La DGA et l’Agence Innovation Défense ont lancé une centaine de nouveaux projets dans tous les domaines capacitaires pour les intégrer aux systèmes d’armes en service. Le budget de l’innovation est passé de 765 M€ en 2018 à 821 M€ en 2020 pour atteindre 1 Md€ en 2022. Il s’agit de développer la recherche, notamment sur la propulsion hypersonique, la lutte anti-drone et les armes à effet dirigé. Le pôle d’excellence « Cyberdéfense Factory » a été installé à Rennes près de DGA MI. Six pôles d’innovation ont été constitués autour des centres d’expertise et d’essais de la DGA en régions.

Coopération européenne. La France participe à 11 projets majeurs avec des partenaires européens, précise un document de la DGA. Les voici : radio logicielle sécurisée ESSOR avec l’Espagne, la Finlande, la Suède, l’Italie et la Pologne ; aviation de combat NGWS (système de combat aérien du futur) avec l’Allemagne et l’Espagne ; missiles de croisière et antinavires FMAN-FMC avec la Grande-Bretagne ; flotte logistique FLOTLOG avec l’Italie ; avion de patrouille maritime MAWS (successeur de l’ATL2) avec l’Allemagne ; guerre des mines MMCM avec la Grande-Bretagne ; défense antiaérienne SAMPT de nouvelle génération avec l’Italie ; système de combat terrestre lourd MGGCS avec l’Allemagne ; capacité motorisée CAMO avec la Belgique ; satellite d’observation CSO avec la Belgique, la Suède, l’Allemagne et l’Italie ; drone stratégique MALE-RPAS avec l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Cet « Eurodrone » doit succéder au drone américain Reaper en 2028.

Loïc Salmon

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Défense : démonstrateur SCAF, missile ANL et futur site du Commandement de l’espace

Deux coopérations internationales se sont concrétisées le 20 février 2020 : contrat du démonstrateur de l’avion du système de combat aérien futur (SCAF) et tir de qualification du missile anti-navire léger (ANL/Sea Venom). Le lendemain, la ministre des Armées a évoqué le Commandement de l’espace.

Le SCAF tripartite. Florence Parly, ministre des Armées, Annegret Kramp-Karrenbauer, ministre allemande de la Défense, et Angel Olivares Ramirez secrétaire d’Etat auprès de la ministre espagnole de la Défense, ont signé à Paris le contrat du démonstrateur de l’avion de combat du SCAF. Réalisé en coopération entre les trois pays pour un besoin militaire commun, le SCAF (photo) comprend : un avion de combat ; des drones d’accompagnement ; un « cloud » de combat, « système de systèmes » qui leur permet d’être connectés et d’interagir. Les vols d’essai du démonstrateur commenceront en 2026, pour une mise en service opérationnelle du SCAF après 2050.

L’ANL/Sea Venom bipartite. Suite aux tirs de développement effectués en 2017 et 2018, le tir de qualification du missile anti-navire léger franco-britannique a été réalisé avec succès sur le site d’essais de la Direction générale de l’armement, au large de l’île du Levant (Var), à partir d’un hélicoptère. Il s’agit d’un tir à longue portée avec vol du missile à très basse puis moyenne altitude et accrochage automatique de la cible en milieu de course. Pour la première fois, il a permis la mise en œuvre de la capacité du mode « homme dans la boucle ». Ainsi, grâce à la retransmission, à bord de l’hélicoptère, de l’image de la cible observée par le missile, un opérateur, qui s’y trouvait, a pu modifier le point d’impact du missile sur la cible. L’ANL/Sea Venom doit équiper, à terme, les hélicoptères AW-159 Wildcat britanniques et les futurs Guépard français. Le programme de ce missile a été lancé en 2014, dans le cadre de la coopération franco-britannique du traité bilatéral de Lancaster House (2010).

Le Commandement de l’espace. La ministre des Armées, Florence Parly, s’est rendue au Centre national d’études spatiales (CNES) à Paris pour évoquer la future implantation du Commandement de l’espace (CdE) de l’armée de l’Air, qui deviendra « l’armée de l’Air et de l’Espace ». Le CdE sera intégré dans les locaux du CNES jusqu’en 2021 avant de s’installer dans un site temporaire de 200 postes de travail au sein du CNES. Vers 2025, il déménagera à Toulouse dans un bâtiment de 5.000 m2. Ce centre répondra à trois objectifs : renforcement des usages militaires en matière d’observation, de communications et de recueil de renseignement ; extension des capacités de connaissance de la situation spatiale ; développement d’une capacité d’action. Le centre comprendra : 400 postes de travail ; une salle d’opérations organisée autour de toutes les compétences spatiales de surveillance, d’écoute et de repérage ; un laboratoire d’innovation ; un centre de formation ; une salle technique. Ce projet mettra en synergie tous les domaines relatifs au CdE et au CNES : opérations ; formation ; innovation ; infrastructure ; ressources humaines ; domaine juridique. Le CdE doit assurer la préservation et l’intégrité des satellites français et européens. Chaque jour, les citoyens français utilisent entre 10 et 40 satellites, via leurs applications personnelles ou professionnelles. Les opérations militaires françaises nécessitent de grandes capacités d’images et de géolocalisation. Le nombre de satellites en orbite, actuellement de 1.500, devrait passer à 7.000 d’ici à 2030.

Loïc Salmon

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