Défense et sécurité : organiser la guerre et assurer la paix

Garant de l’adaptation, de la cohérence et de la continuité de l’action de l’État, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) doit en renforcer les réponses face aux risques et protéger la population.

Ces domaines régaliens ont fait l’objet d’un colloque tenu les 22 et 23 novembre 2016 à Paris, à l’occasion du 110ème anniversaire du SGDSN. Y sont notamment intervenus : Louis Gautier, secrétaire général du SGDSN ; Nicolas Roussellier, Institut d’études politiques de Paris ; Jean-Claude Mallet, conseiller spécial du ministre de la Défense et ancien secrétaire général du SGDSN (1998-2004) ; le général d’armée (2S) Henri Bentégeat, ancien chef d’État-major des armées (2002-2006) ; Norbert Fargère, inspecteur général de l’armement.

Centre de convergences. Créé en 1906, en tant que Conseil supérieur de la défense nationale, le SGDSN prend sa forme définitive en 2009. A la confluence des diverses sources d’information et de renseignement, il repère toutes les menaces, explique Louis Gautier. Relevant directement du Premier ministre, il assure le secrétariat des conseils de défense et s’intercale entre les plans gouvernementaux, notamment Vigipirate, et l’arbitrage du président de la République. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le Centre des transmissions gouvernementales et le Groupement interministériel de contrôle lui sont rattachés. Son effectif d’environ 900 personnes compte des militaires, des membres du corps préfectoral, des diplomates, des ingénieurs et des experts scientifiques de haut niveau, qui échangent leur expérience sur des objectifs partagés avec des partenaires internationaux. Pour garder une longueur d’avance dans les enjeux de sécurité, dont la menace cyber en évolution permanente, le SGDSN fait de la prospective (projection dans l’avenir). Le plus difficile, souligne Louis Gautier, consiste à concilier sécurité et liberté.

Perspective historique. L’histoire du SGDSN coïncide avec la transformation du pouvoir exécutif amorcée au début du XXème siècle, explique Nicolas Roussellier. Sous la IIIème République, le chef de l’État dépend uniquement du ministère des Affaires étrangères en matière de politique extérieure, car son équipe d’une dizaine de personnes ne compte aucun conseiller en relations internationales. Il en est de même pour le président du Conseil. Après la seconde guerre mondiale, le président de la République et le chef du gouvernement, équivalent du Premier ministre britannique, disposent de véritables experts qui rédigent des notes de synthèse, en vue d’orienter les décisions. Parallèlement à la concentration et la modernisation de l’administration civile et des armées, apparaissent les secrétariats généraux de la présidence de la République, de la présidence du Conseil et de la Défense nationale (SGDN), à savoir des états-majors d’experts qui interviennent directement. Ces organismes, similaires en Grande-Bretagne et en France, exercent l’autorité dans le monde civil et au sein de l’exécutif selon un modèle militaire, avec une répartition du travail et une planification. Dès 1935, le SGDN effectue un travail interministériel, notamment pour préparer les lois de programmation militaire et les ordonnances, qui se poursuivra jusqu’à l’avènement de la Vème République en 1958.

Évolution du concept. Le chef de bataillon Charles De Gaulle avait été affecté au SGDN de 1931 à 1936. Devenu chef de l’État en 1958, il rédige l’année suivante une ordonnance sur l’organisation de la défense nationale, qui stipule que le président de la République déclenche une opération militaire et que le Premier ministre assume la responsabilité de la défense nationale. Dans ce domaine, la « cohabitation » de 1997-2002 entre les deux têtes de l’Exécutif (Jacques Chirac et Lionel Jospin) a parfaitement fonctionné, souligne Jean-Claude Mallet, qui a dirigé le SGDN de 1998 à 2004. Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis ont provoqué en France une révision de tous les plans de sécurité. L’irruption du numérique a entraîné la création de l’ANSSI pour rattraper le retard en matière de cyberdéfense. En outre, s’est posée la question du pilotage de la politique du renseignement à relever du ministère de l’Intérieur, du SGDN ou du président de la République. Il a finalement été confié au Conseil national du renseignement en 2008. Cela a abouti à l’inclusion de la sécurité nationale dans le Livre blanc de la défense et à la transformation du code de la défense. Le Conseil de défense et de sécurité nationale prend en compte tous les risques qui affectent le pays, sur les plans interne et externe avec des postures militaires et non militaires. Cette tendance générale se manifeste également aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Perception militaire. Selon le général Bentégeat, le SGDN devient un rouage essentiel de l’État au milieu des années 1990. Lors de son affectation comme colonel, adjoint au chef d’état-major particulier du président de la République, il y constate des activités communes aux ministères des Affaires étrangères et de la Défense, à savoir études et analyses de la situation dans le monde. Mais pendant cette période de « cohabitation », le SGDN sert de trait d’union entre l’Élysée et Matignon pour préparer les conseils de défense et les conseils dits « restreints » au cœur des opérations. Tous les sujets sont abordés, y compris la remise à plat de la dissuasion nucléaire. Avec le recul, le général Bentégeat considère qu’il ne faut pas chercher à « lisser » le contenu du domaine d’action du SGDSN par souci d’efficacité, mais l’adapter à l’évolution de l’État, dont les ressources humaines et financières se restreignent. Le SGDSN d’aujourd’hui doit maintenir son autorité sur les ministères, rester un médiateur, sans se substituer aux responsabilités civiles et militaires, et éviter d’être dépassé par l’actualité brûlante : terrorisme, migrations et changement climatique. Principal responsable de la cohérence et de la continuité de l’action gouvernementale, le SGDSN doit s’adapter au changement, où l’équilibre entre le politique et le militaire dépend des circonstances : paix, guerre ou crise.

Loïc Salmon

Défense et sécurité : anticiper puis gérer les crises

Géopolitique : le chaos d’aujourd’hui, dérive logique de la mondialisation

Adversaire « hybride » : comprendre, agir et se protéger

La menace chimique reste d’actualité, rappelle Norbert Fargère. Un rapport conjoint de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (25 août 2016) a établi l’emploi de l’arme chimique en 2014 et 2015 au Moyen-Orient, à deux reprises par le régime syrien et une fois par l’État islamique (Daech). Le protocole d’accord de 1925 sur l’interdiction de l’arme chimique n’a pas prévu de procédures de vérification. L’Allemagne et la Russie ont alors poursuivi des recherches sur les neurotoxiques et la Grande-bretagne sur la maladie du charbon. La Convention sur les armes chimiques, entrée en vigueur en 1997, prévoit l’interdiction de leurs fabrication, stockage et emploi. Depuis une vingtaines d’années, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives effectuent des recherches sur la détection, la protection et la décontamination. Depuis 2016, le SGDSN et le Service de santé des armées fabriquent des produits toxiques, en vue de la mise au point de contre-mesures.




Défense et sécurité : anticiper puis gérer les crises

Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale assure le suivi de tous les événements « sensibles », assiste les autorités politiques dans la gestion des crises et coordonne l’action des différents ministères concernés.

Ce domaine a été abordé lors d’un colloque tenu les 22 et 23 novembre 2016 à Paris, à l’occasion de son 110ème anniversaire. Y sont notamment intervenus : Yann Jounot, coordonnateur national du renseignement ; Sébastien-Yves Laurent, politologue de l’Université de Bordeaux ; Gunter Heiss, directeur général et coordonnateur des Services fédéraux (Allemagne) ; Paddy McGuiness, conseiller adjoint à la Sécurité nationale (Grande-Bretagne) ; Christian Masset, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et du Développement international ; Roseline Letteron, professeur de droit public à l’Université Paris IV-Sorbonne.

Lever les incertitudes. Le Conseil national du renseignement définit les orientations et les priorités stratégiques et planifie les moyens humains et techniques des services spécialisés. Il s’agit d’éclairer la politique gouvernementale avant, pendant et après une crise et de neutraliser une menace avant qu’elle se produise sur le territoire national, explique Yann Jounot. Ainsi après la crise au Levant, la menace, terroriste ou autre, peut se manifester sur un théâtre différent. La politique du renseignement recherche la synergie des acteurs, la protection contre toute ingérence extérieure et la cohérence de la réponse à donner en fixant la nature de la cible et le mode opératoire. La coopération interministérielle s’appuie sur la Direction générale de la sécurité intérieure pour la prévention et la Direction de la sécurité extérieure pour l’action. Une feuille de route journalière facilite l’interaction entre les services. Depuis les attentats terroristes de 2015 à Paris, les moyens de collecte du renseignement ont été renforcés, mais les données brutes (« big data », coordonnées GPS et adresses des courriels) ne suffisent pas, souligne Sébastien-Yves Laurent. Les sciences humaines, qui analysent les variables sociétales, permettent d’acquérir  une connaissance indispensable à l’anticipation par la détection des « signaux faibles ». Par exemple, le « printemps arabe » de 2011 a constitué une surprise stratégique des deux côtés de la Méditerranée, avec l’émergence de mutations sociales, souvent ignorées et à l’origine d’une insécurité locale, nationale ou régionale, parfois violente. Cette transformation aurait pu être anticipée avec les outils adaptés, à savoi un travail de terrain empirique et une analyse scientifique. Il convient alors de relever deux défis : la « temporalité », qui va de l’interprétation du contexte à la prospective ; la complexité d’un phénomène social, qui ne se réduit pas à quelques données variables.

Orienter les décisions. Le ministère des Affaires étrangères (MAE) a effectué  350 exercices de prospective en 10 ans et son centre de planification globale procède à des exercices de prévention  et de gestion de crises depuis 2014. Selon Christian Masset, il peut faire l’analyse immédiate d’une crise et lancer une alerte précoce. Mais l’absence de capacité de prévision de 3 à 6 mois ne permet pas de lever le « brouillard de la crise ». Le MAE collecte toutes les informations possibles en vue d’identifier les dangers et de présenter des recommandations nationales ou collectives auprès des organisations internationales, afin de réduire les risques. Il s’agit d’agir globalement sur tous les secteurs : sécurité et défense ; politique ; économie ; développement. Le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du MAE imagine des scénarios de manière interdisciplinaire, en collaboration avec le SGDSN, les services de renseignement (SR) et l’administration fiscale, afin d’anticiper le pire dans les 6 mois à venir. Les directions géographiques du MAE réunissent périodiquement leurs agents pour évaluer les crises en cours et discerner les « signaux faibles », en vue d’une synthèse. Le Centre de crises et de soutien fournit des éléments chiffrés sur l’évolution des crises à court et moyen termes, la menace sur les intérêts français, qui changent en conséquence, et les principaux risques. Ses informations proviennent des ambassades et de leurs correspondants institutionnels à l’étranger. Quelque 100 fiches « risques pays » et thématiques sont  actualisées tous les 3 mois, auxquelles s’ajoutent les fiches d’alerte précoce. Tout est partagé avec le SGDSN et les ministères de la Défense et de l’Intérieur. Une « Task force » (organisation opérationnelle temporaire) de pré-crise envoie des missions sur place pour procéder à des exercices de résilience internationale. Après la crise, une équipe de 100 personnes reste disponible pour un soutien dans une région donnée. Le retour d’expérience est pris en compte.

Visions de pays voisins. En Allemagne, les SR coopèrent avec le ministère de la Défense et selon une coordination au niveau de la Chancelière, explique Gunter Heiss. Ils analysent les crises porteuses d’incertitude sur l’avenir et de risques pour la stabilité économique et sociale du pays. Des rapports réguliers examinent tous les aspects d’une crise et proposent des mesures pour la gérer. Les SR renforcent leurs échanges d’informations au niveau international. La chute du mur de Berlin (9 novembre 1989) semblait annoncer une période de paix définitive. Mais les crises en Ukraine (depuis 2013) et l’annexion de la Crimée par la Russie (2014) ont incité les SR à réactiver leurs réseaux dans cette région, en vue de transmettre leurs informations aux pays alliés. En Grande-Bretagne, le Secrétariat à la sécurité nationale a été créé dès 1902, face aux expansionnismes français et allemand, indique Paddy McGuiness. Les SR « MI5 » (intérieur) et « MI6 » (extérieur) ont vu le jour en 1909, suivis en 1919 du Service des écoutes et interceptions radio, devenu « GCHQ ». Depuis 2006, la sécurité nationale inclut la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité, l’évaluation de tous les risques possibles, civils et militaires. Il s’agit de mesurer l’intensité d’une menace et sa portée. La résilience nationale est intégrée aux activités de défense. Les priorités du Premier ministre en matière de renseignement font l’objet de réunions régulières de tous les SR. La coopération actuelle avec ceux de l’Union européenne se poursuit jusqu’à la sortie effective de la Grande-Bretagne (« Brexit »). Enfin, les budgets des SR seront augmentés de 40 % au cours des cinq prochaines années.

Loïc Salmon

Défense et sécurité : s’organiser face au terrorisme protéiforme

Stratégie : au-delà de l’ennemi présent, imaginer celui de demain

Diplomatie : gérer les crises et déceler les menaces diffuses

Selon Roseline Letteron, le secret de l’État concerne la défense nationale mais aussi les entreprises. Le « secret-défense »  définit une information que l’autorité compétente décide de classifier. Il a valeur législative depuis 2011, car le Conseil constitutionnel estime qu’il participe de la sauvegarde de la nation. Selon l’article 16 de la Constitution, un ministre peut s’opposer à la décision d’un juge de le lever. Les parlementaires n’ont pas accès aux informations classées « secret-défense », sauf les membres, dûment habilités, des délégations sur le renseignement , avec des restrictions sur les opérations en cours et les procédures opérationnelles. En revanche, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, les juges et les avocats spécialisés y ont accès, mais uniquement lors de sessions fermées.




Territoire national : protection permanente contre intrusions aériennes et maritimes

En raison de l’état d’urgence en vigueur depuis les attentats terroristes de 2015 à Paris, les postures permanentes de sûreté aérienne et de sauvegarde maritime ont été renforcées en métropole et dans les départements et territoires d’outre-mer.

Approuvées par 84 % d’opinions favorables, ces missions ont fait l’objet de deux présentations à Paris : la participation de l’armée de l’Air par le général de division aérienne Jean-Christophe Zimmermann du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), lors d’une conférence de presse le 17 novembre 2016 ; un document de la Marine nationale rendu public à l’occasion d’une conférence organisée par le Centre d’enseignement supérieur de la marine le 16 novembre 2016.

Sûreté aérienne. Le CADOA dispose de 400 personnels et de 90 radars pour garantir la souveraineté aérienne, explique son commandant en second. Il s’agit de déterminer les intentions, hostiles ou non, des 11.000 aéronefs de tous types qui survolent la France et d’assurer la sécurité d’événements importants (COP21 en 2015 et Eurofoot en 2016). Est considéré en infraction tout avion pénétrant dans l’espace aéromaritime national sans autorisation ni plan de vol ni contact radio. Une détection à une distance minimale de 80 km de la côte laisse le temps d’évaluer l’information et de préparer, éventuellement, des mesures plus coercitives. Certaines zones sont interdites de survol en permanence, d’autres pendant une période déterminée. A titre indicatif, il y a eu 80 décollages d’avions de chasse pour alerte réelle entre le 1er janvier et le 15 novembre 2016 (64 pour toute l’année 2015). De même, 38 décollages d’hélicoptères avec tireurs d’élite embarqués (94 en 2015) ont été motivés pour 72 pénétrations de zones interdites (50 en 2015), souvent involontaires, et 37 pertes de communication radio (31 en 2015). Le CDAOA prépare la neutralisation de l’aéronef hostile, mais l’ordre de tir relève du Premier ministre. Toutefois, l’absence de communication de plan de vol et contact radio à proximité de l’espace aéromaritime ne constitue pas une infraction en soi. Ainsi, le 22 septembre 2016, 2 bombardiers lourds supersoniques russes Tu-160 sont passés à l’Ouest de la Norvège et de l’Irlande, puis ont longé les côtes française et espagnole avant de repartir vers le Nord. Toute leur trajectoire a été accompagnée par des intercepteurs norvégiens, puis britanniques, français et espagnols. Dans la nuit du 16 novembre 2016, 3 bombardiers lourds Tu-95 et 3 Iliouchine ravitailleurs ont suivi le même cheminement et dans les mêmes conditions à 400 km des côtes jusqu’au Portugal avant de remonter vers la Russie. Un avion radar AWACS a décollé de Bretagne pour les pister. Par ailleurs, la surveillance spatiale porte sur la détection des passages de satellites étrangers au dessus des forces françaises et alliées, déployées au sol et en mer, et le maintien de la qualité des transmissions. En outre, le grand nombre de satellites en service augmente le risque de collision en orbite avec retombées des débris sur le territoire national. Le CDAOA, le Centre national d’études spatiales, la Direction générale de l’armement et l’Agence spatiale européenne collectent des informations, les analysent et les évaluent pour anticiper les effets possibles, alerter et coordonner. Ils disposent de divers moyens : le système Graves (détection), le centre militaire Cosmos (analyse), les radars Satam (orbitographie et trajectographie de précision), les 2 téléscopes Tarot, le bâtiment d’essais et de mesures Monge et le système d’alerte des tempêtes solaires Fedome (préservation des moyens de télécommunications).

Sauvegarde maritime. La Marine nationale concentre 10 % de ses effectifs à la défense maritime du territoire sur le littoral (22 km de la côte) et dans les eaux de 21 zones sous souveraineté ou juridiction française dans le monde (370 km), indique un document officiel. Le dispositif est articulé en métropole, autour des préfets maritimes de Toulon pour la Méditerranée, Brest pour l’Atlantique et Cherbourg pour la Manche, et outre-mer autour des délégués du gouvernement pour l’action de l’État en mer. Dans chaque préfecture maritime, une cellule de coordination de l’information maritime fusionne les renseignements venant de la Direction des affaires maritimes (DAM), des Gendarmeries maritime et départementale, de la Police de l’air et des frontières, des Douanes et des autorités portuaires, en vue du contrôle et de la surveillance. Ces renseignements sont partagés avec les compagnies maritimes françaises qui contribuent, sur une base volontaire, au contrôle naval. Ce dernier nécessite la signalisation des mouvements et intentions de navires par leurs capitaines qui, en retour, reçoivent les informations relatives aux situations nautique et militaire dans leur zone de navigation. Pour renforcer la prévention, la Marine et la DAM travaillent à la prise en compte, par les navires, de la menace interne (consignes à l’équipage et aux passagers). Chaque année, la Gendarmerie maritime procède à quelque 1.500 contrôles de sûreté de navires. Depuis l’été 2016, des gendarmes maritimes et des fusiliers marins embarquent, de façon aléatoire, sur les grands navires à passagers pour assurer la protection à bord. Des pelotons de 35 gendarmes maritimes peuvent intervenir sur les navires, dans les ports de commerce d’intérêt majeur et en zone d’attente, pour la surveillance, la sécurisation des espaces portuaires, l’escorte des navires sensibles et le contrôle des navires. Les capacités des gendarmes maritimes des ports de Sète et Nice ont été renforcées, afin de réduire les vulnérabilités du trafic des ferries avec la Corse et des navires de croisière en Méditerranée. Le dispositif du plan « Pirate-mer » inclut la Marine, les armées de Terre et de l’Air, le Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale et aussi le Bataillon des marins-pompiers de Marseille pour le secours maritime de grande ampleur (plan ORSEC).

Loïc Salmon

Armée de Terre : création d’un commandement pour le territoire national

Théâtre d’opérations aériennes en métropole

Théâtre d’opérations maritimes en métropole

Outre la dissuasion nucléaire avec ses composantes aérienne et sous-marine, la protection du territoire national commence avec l’opération « Sentinelle » (10.000 personnels) et les postures permanentes de sauvegarde maritime et de sûreté aérienne. Elle se prolonge par les opérations de la défense de l’avant : « Barkhane » pour la lutte contre les groupes armés terroristes dans la bande sahélo-saharienne (3.500) ; « Chammal » contre l’État islamique (Daech) en Irak et en Syrie  (1.000) ; « Daman » au Liban (900) ; « Enduring Freedom » et « Atalante » (150 à 350) et des équipes de protection embarquée (70) en océan Indien ; « Corymbe » dans le golfe de Guinée (100) ; petites participations à des opérations sous l’égide de l’ONU, de l’Union européenne ou de l’OTAN (5 à 100 selon les théâtres). Les armées françaises sont aussi déployées comme forces de souveraineté en Nouvelle-Calédonie (1.450), zone Sud de l’océan Indien (1.600), Guyane (2.100), Antilles (1.000) et Polynésie française (900). Enfin, des forces de présence sont stationnées au Sénégal (350), en Côte d’Ivoire (900), au Gabon (350), aux Émirats arabes unis (650) et à Djibouti (1.450).




Défense et sécurité : s’organiser face au terrorisme protéiforme

La lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical nécessite détermination politique, planification et action militaires, renseignement et sanctions judiciaires.

Ce thème a été traité au cours d’un colloque tenu les 22 et 23 novembre 2016 à Paris, à l’occasion du 110ème anniversaire du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale. Y sont notamment intervenus : le Premier ministre Manuel Valls ; le général Pierre de Villiers, chef d’État-major des armées ; Thierry Matta, adjoint au directeur général de la sécurité intérieure ; Véronique Degermann, procureur de la République adjoint près le Tribunal de grande instance de Paris ; Jean Mairesse, directeur adjoint de l’Institut des sciences de l’information et de leurs interactions.

Adaptation permanente. « L’ennemi n’est plus seulement à nos frontières, il se trouve au cœur de notre société et peut faire irruption à tout moment », déclare Manuel Valls qui rappelle les moyens d’y faire face. En 2013, ont été créés la Direction générale de la sécurité intérieure et le Service central du renseignement territorial, qui échangent et partagent leurs informations. S’y ajouteront, d’ici à 2017, 9.000 postes de policiers et gendarmes et une allocation de plus de 1,1 Md€, dont 290 M€ d’investissements. Les lois des 24 juillet et 30 novembre 2015 accordent aux services de renseignement des moyens légaux avec la mise en place de mécanismes de contrôle pour préserver les libertés individuelles. L’administration pénitentiaire sera dotée de son propre service de renseignement, car le milieu carcéral constitue l’un des incubateurs de la radicalisation islamiste. La section antiterroriste du Tribunal de grande instance de Paris a été renforcée de 13 magistrats et bientôt de 11 juges d’instruction spécialisés, en vue d’une judiciarisation systématique et la plus rapide possible envers les associations de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Au 23 novembre 2016, 365 dossiers judiciaires sur 1.400 personnes sont ouverts et 313 individus mis en examen. L’état d’urgence, déclenché en novembre 2015, est prolongé jusqu’aux élections présidentielle et législatives du printemps 2017. La même année, la Garde nationale, composée de volontaires, viendra en soutien des 10.000 militaires de l’opération « Sentinelle » pour la protection du territoire. Enfin, la France mettra 170 personnels des Douanes et des ministères de l’Intérieur et de la Défense à la disposition de l’agence Frontex pour le contrôle de l’espace Schengen.

Outil de défense. Terrorisme djihadiste et certains États-puissances, traditionnels ou émergents, présentent des liens et des ressorts communs, estime le général de Villiers. Le premier porte la violence dans les champs matériel et immatériel, politique, social, culturel, économique et militaire, dans les zones grises ou au cœur du territoire national. Les seconds étendent leur influence par le rapport de force et le fait accompli, avec un risque majeur de déstabilisation. Forces armées et de sécurité sont confrontées à l’usage très fréquent de la violence, par un adversaire qui cherche à entraver la liberté d’action et de circulation. La dispersion des zones d’intervention et les élongations inter et intra-théâtres d’opérations extérieurs rendent primordiales les capacités de projection, de commandement et de renseignement. De même, certains groupes terroristes réalisent des attaques coordonnées et simultanées sur le territoire national. La technologie numérique permet à Daech d’être ici et là-bas, instantanément et au même moment. Mais aujourd’hui, la France se situe dans le peloton de tête dans le domaine du cyber. Par ailleurs, la multiplication des engagements de longue durée (jusqu’à 10 ans) use rapidement les ressources humaines et matérielles et exige la résilience des forces armées et de la nation toute entière. La planification, à savoir comprendre et concevoir, s’impose sur le plan militaire. Il s’agit de transformer l’intention du chef en une succession d’actions conduites par des forces complémentaires, pour atteindre des objectifs en acceptant une prise de risque mesurée. Une situation complexe nécessite l’intervention d’acteurs différents. Enfin, prévoir l’impensable exige notamment d’étudier l’adversaire, d’examiner les cas « non conformes », de confronter les divers modes d’action, d’identifier les contraintes et les risques et d’analyser les opportunités.

Renseignement et intervention. Surveillance, renseignement technique et coopérations nationales et internationales se complètent, explique Thierry Matta. Toutes les informations sont recoupées, analysées et enrichies par l’action. Le spectre couvert va de la prévention à la riposte via des mécanismes bilatéraux. Ainsi, la Direction générale de sécurité intérieure (DGSI) participe à la lutte anti-terroriste en cohérence avec celle de la sécurité extérieure, dont certaines équipes viennent chez elle, et les autres services de renseignement, pour une analyse commune avant la prise de décision. L’intervention inclut l’interdiction d’accès ou de sortie du territoire et l’assignation à résidence de suspects. Aujourd’hui, la rapidité d’action entre l’ouverture d’une enquête et la neutralisation de terroristes augmente.

Action judiciaire. Le terrorisme a pour finalité le trouble à l’ordre public par l’intimidation et la terreur, souligne Véronique Degermann. Le parquet de Paris compte 140 magistrats spécialisés, dont  une cellule de crise (60 magistrats) qui intervient en cas d’événement majeur (attentat de Paris en 2015 et de Nice en 2016). Partenaire du ministère de la Défense, il travaille en totale confiance avec la DGSI : action en amont dans les réseaux pour les démanteler ; possibilité de perquisition de nuit avec garantie d’autorisation du juge des libertés ; prolongation de la détention préventive ; accès aux données cryptées et téléphones de dernière génération. Depuis janvier 2015, les individus vivant sur le territoire national et qui se sont rendus en Syrie ou en reviennent sont passibles d’une cour d’assises, composée de magistrats professionnels, et risquent 20 ans de prison. Les mineurs de moins de 15 ans sont envoyés en détention avec un suivi éducatif. Enfin, la coopération internationale (Union européenne et États-Unis) passe par des techniques communes d’enquête.

Loïc Salmon

Moyen-Orient : chaos interne et répercussions périphériques

Terrorisme islamiste

Marine nationale : mission « Arromanches 3 » du GAN en Méditerranée orientale

Selon Jean Mairesse, le « numérique » ou science de l’information inclut informatique, robotique, traitement de données, physique, chimie et sciences humaines. Elle nécessite donc une formation pluridisciplinaire. L’intelligence artificielle consiste en une machine capable d’apprendre et de prendre la meilleure décision possible, grâce à une puissance de calcul exponentielle avec des capteurs de moins en moins chers et des algorithmes plus performants. Sa progression exponentielle la rend plus efficace qu’un être humain. Les cyberattaques progressent en sophistication. Les plus efficaces perturbent le tissu social en recueillant notamment des informations sur le style de hauts responsables, en vue de comprendre leurs éléments de langage pour duper leurs subordonnés par de « faux » ordres aux conséquences graves ou même criminelles.




Forces spéciales : ET «Poitou»/CPA10, binôme avions/commandos

L’Escadron ET3/61 « Poitou » met en œuvre des avions de transport tactique spécifiques au profit du Commando parachutiste de l’air N°10 (CPA10), dont les personnels accomplissent des missions « spéciales ».

L’Association des journalistes de défense les a rencontrés le 16 novembre 2016 à la base aérienne d’Orléans-Bricy.

Du stratégique au tactique. Selon la directive interarmées 3.5, les opérations « spéciales » sont militaires, ciblées, discrètes, mais non clandestines, et visent à atteindre des objectifs stratégiques. Protégées par un degré élevé de confidentialité, commandées par le chef d’État-major des armées (CEMA), planifiées et conduites par le Commandement des opérations spéciales (COS, encadré), elles sont réalisées sous un contrôle politico-militaire étroit. Une boucle décisionnelle courte garantit une forte réactivité et offre une grande réversibilité : garder un coup d’avance et pouvoir annuler la mission au dernier moment. Les opérations spéciales se distinguent des opérations conventionnelles par un cadre espace-temps différent, l’acceptation d’un niveau de risques politiques plus élevé, des procédures interarmées spécifiques et une empreinte logistique moindre. Le COS a pour missions de renseigner, agir et « modeler » l’environnement. Il doit appliquer la juste force au bon endroit en vue des meilleurs effets, éviter les chocs frontaux et préférer le déséquilibre. La connaissance des réseaux et la mobilité impliquent surprise, précision et coordination. L’action dans la profondeur se fait sans appuis de proximité, en autonomie et sous forte imbrication entre amis et ennemis. Facteur de puissance militaire, le COS constitue, pour le CEMA, un outil de liberté stratégique pour réagir à toute surprise ou proposer, à l’autorité politique, des options militaires sur des menaces en gestation en tout lieu où les forces conventionnelles ne pourraient offrir qu’une réponse inappropriée. La troisième dimension constitue un atout majeur dans les opérations spéciales.

Un escadron aérien dédié. L’ET3/61 « Poitou », indique le colonel qui le commande, se caractérise par la fulgurance de son action, l’affranchissement des contraintes de terrain et des capacités particulières. Il dispose de 3 C160 R Transall, 2 C130 H30 Hercules et 2 DHC-6 Twin Otter. Ses matériels incluent des véhicules de servitude multifonctions, des capteurs électroniques, des moyens de transmissions, des tapis de désembourbage de pistes et des armements individuels (fusils d’assaut HK416 et pistolets Glock17), car tous les personnels contribuent à la protection des aéronefs engagés. Ses Transall et Hercules peuvent alimenter en carburant des hélicoptères de combat, rotor tournant, ou larguer à leur intention des réservoirs souples au « milieu de nulle part ». Sans reconnaissance préalable ni contact radio, ils effectuent des poser et redécollages d’assaut en 3 minutes, sur des pistes courtes ou sommaires, de jour comme de nuit, pour les infiltrations et exfiltrations de personnels. Le déchargement ou le parachutage de véhicules à 50 m d’altitude nécessite beaucoup d’entraînement avec les marqueurs au sol. Le largage de parachutistes se fait à 300 m, pour les ouvertures automatiques, et à très grande hauteur pour des chuteurs opérationnels, capables de dériver sur de longues distances vers leur objectif. Le C3 ISTAR (boule optronique pour les renseignement, ciblage et surveillance) permet à l’avion de détecter un véhicule phares allumés à 60 km et une moto (phare allumé) à 10 km. Les pilotes ont à leur actif au moins 6.000 heures de vol. Les autres personnels navigants (1.000 heures de vol) ont suivi une formation de quelques semaines à un an. Outil de combat reconnu, l’Escadron « Poitou » cumule une expérience opérationnelle interarmées, une expertise de savoir-faire (15 spécialistes), des personnels polyvalents (2 ou 3 qualifications) et une synergie avec le CPA10, installé sur la même base aérienne. Chaque opération spéciale demande plusieurs heures de préparation. De nombreux moyens techniques sont développés en interne. Les recherches portent sur : le largage sans marquage, tout temps et toute altitude ; l’appui aérien et le renseignement spécialisé ; la numérisation du champ de bataille ; tout ce qui peut éviter les échanges radio. A terme, l’Escadron « Poitou » disposera de « C130 rénovés forces spéciales » et d’avions de transport tactique A400M.

Actions commandos. Le CPA10, explique le colonel qui le commande, effectue la reconnaissance de cibles dynamiques, en vue de déclencher une mission aérienne sous court préavis. Il peut recevoir des images d’un théâtre d’opérations transmises par le Centre militaire d’observations par satellite. Lors d’une catastrophe aérienne, il participe à la collecte d’indices pour tenter de remonter une éventuelle  filière terroriste. Ses autres missions portent sur : le contre-terrorisme ; la libération d’otages ; l’évacuation de ressortissants ; la reconnaissance ou la destruction d’objectifs dans la profondeur ; la saisie d’une zone aéroportuaire et sa sécurisation tactique et technique ; la reconnaissance de terrain pour l’aérolargage de matériels ou le poser d’assaut. A cet effet, des mesures du sol sont effectuées tous les 100 m sur une piste sommaire de 900 m destinée à recevoir un C160. Pour  le renseignement tactique, le CPA10 dispose du drone spécifique « Skylark » (15 km d’élongation et 2h30 d’autonomie) et de « nanodrones » de 18 g (2,5 km et 25 minutes) équipés d’une caméra thermique et d’un capteur électro-optique. En 2016, son effectif se monte à 289 personnels, dont 120 pour les « groupes action » (10-12 chacun). Agés en moyenne de 35 ans, ils viennent de 20 spécialités différentes qui entraînent un brassage de cultures pour obtenir le même effet recherché : chuteur opérationnel, tireur d’élite, transmissions, contrôleur aérien avancé, renseignement d’origine technique ou humaine, maître chien, infirmier, mécanicien etc. Comme pour toutes les forces spéciales, le commandement du CPA10 doit préserver l’attractivité du métier, dont la formation dure un an, et fidéliser ses personnels, souvent en mission ou en opération.

Loïc Salmon

Forces spéciales : outil complémentaire des forces conventionnelles

Forces spéciales : création du commando Ponchardier de la Marine nationale

Défense et sécurité : « réagir ensemble » aux attentats terroristes et aux crises

Le Commandement des opérations spéciales a autorité sur les unités dédiées des trois armées. La Brigade des forces spéciales terre compte le 1er Régiment de parachutistes d’infanterie de marine, le 13ème Régiment de dragons parachutistes et le 4ème Régiment d’hélicoptères des forces spéciales. La Force maritime des fusiliers marins et commandos inclut les commandos « Jaubet » , « Trépel », « De-Penfentenyo », « De-Monfort », « Kieffer », « Ponchardier » et « Hubert » (nageurs de combat). La Brigade des forces spéciales air regroupe le CPA10 et les escadrons aériens ET3/61 « Poitou » et EH1 « Pyrénées ». Le couple ET3/61 « Poitou » et le CPA10 a été déployé en opérations extérieures : Afghanistan en 2001, 2005, 2006 et 2010 ; Côte d’Ivoire (2002, 2004 et 2011) ; République démocratique du Congo (2003 et 2006) ; Centrafrique (2006, 2007, 2013 et 2014) ; Liban (2006) ; Tchad (2006 et 2008) ; Guinée (2007) ; océan Indien (2008 et 2009) ; Sahel (2009 et 2016) ; Libye (2011).




La guerre par ceux qui la font

Trois généraux et treize colonels ou assimilés du Centre des hautes études militaires présentent leurs réflexions sur les enjeux de défense et de sécurité.

Depuis l’Antiquité, la guerre a toujours été motivée par la peur, l’honneur ou les valeurs, éventuellement religieuses, et l’intérêt. Dans les années 1990, la « révolution des affaires militaires », d’origine américaine, prône le recours à la guerre psychologique et à la maîtrise du champ de bataille par l’imagerie. La guerre se construit autour de la boucle « observation, orientation, décision et action ». Elle s’appuie surtout sur les innovations technologiques : vélocité des plates-formes, puissance unitaire et précision de l’armement, volume et vitesse des communications et supériorité absolue en matière de « C4ISR » (commandement, contrôle, communications, systèmes informatiques, renseignement, surveillance et reconnaissance). Or, les attentats terroristes du 11 septembre  2001 aux États-Unis, par leur soudaineté, l’ampleur des destructions et la désorganisation qui s’ensuit, atteignent un niveau de violence comparable à celui d’une opération de guerre. Ils annoncent les interactions entre sécurité nationale et sécurité globale et entre territoire national et théâtre extérieur. Leur impact, aussi dévastateur qu’une guerre, a nécessité un investissement limité : Al-Qaïda n’aurait dépensé que 500.000 $, alors que les guerres qui ont suivi (Irak et Afghanistan) auraient coûté 3 Mds$ entre 2001 et 2014. En outre, les armées régulières ont perdu le monopole de la guerre. Terrorisme, guérilla, cyber-guerre et sanctions économiques sont mis en œuvre séparément ou combinés au service d’une stratégie asymétrique, utilisée par les puissances dominantes : cyberattaques menées par les États-Unis,  la Chine ou la Russie ; annexion  de la Crimée par la Russie, sans intervention militaire violente ; stratégie chinoise d’extension de la zone économique exclusive en mer de Chine. Depuis 1945, la dissuasion nucléaire a démontré son efficacité à proscrire toute montée des tensions aux extrêmes ou prévenir tout conflit majeur. Certaines puissances régionales d’Asie et du Moyen-Orient veulent acquérir des capacités nucléaires crédibles et les grandes puissances rénovent les leurs. La France a adopté une dissuasion strictement défensive de frappe en second et uniquement nucléaire. En revanche, les États-Unis basent la leur sur la combinaison des capacités nucléaires et conventionnelles, à caractère offensif et défensif, dans une perspective de prévention d’une guerre majeure et de maîtrise de l’escalade lors de conflits périphériques. Ainsi, les missiles de croisière ou balistiques équipés de charges conventionnelles leur permettent, théoriquement, de neutraliser ou de menacer des cibles à haute valeur politique ou militaire, fugaces, protégées ou camouflées partout dans le monde, en quelques dizaines de minutes et avec une précision métrique. Toutefois, leur emploi reste hasardeux en temps de crise ou de guerre, en raison de leur localisation à proximité des vecteurs d’armes nucléaires. En effet, les moyens d’alerte de la Russie ou de la Chine pourraient l’interpréter comme une attaque nucléaire. Enfin, la « surprise stratégique » reste possible, à savoir la transgression des règles du jeu ou un événement peu ou mal anticipé et à très fort impact sur les fondements d’un État.

Loïc Salmon

Enseignement militaire supérieur : former les chefs d’aujourd’hui et de demain

La guerre future : hybride, majeure ou mondiale ?

Cyber : au cœur des enjeux de défense et de sécurité

« La guerre par ceux qui la font », ouvrage collectif. Éditions du Rocher 366 pages, 22 €.




Défense : les attachés militaires, soldats et diplomates

Aujourd’hui, les guerres se préparent en coalition et les opérations visent à gagner la paix. En raison de leur connaissance des capacités des forces alliées et de celles de leur pays, les attachés militaires assurent une meilleure compréhension des cultures de défense.

Le général de division (Air) suisse Jean-Philippe Gaudin a présenté à la presse, le 15 septembre 2016 à Paris, le rôle en France des attachés militaires étrangers.

Les étrangers en France. Les attachés de défense étrangers, désignés par leurs pays respectifs pour leurs expériences opérationnelle et internationale, entretiennent des contacts avec la Délégation générale de l’armement (DGA) et les entreprises françaises de défense. Ils sont ensuite accrédités en France auprès de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS, encadré). Normalement affectés pour une durée de trois ou quatre ans à Paris, les attachés spécifiques (Terre, Air, Marine, Armement et Gendarmerie) sont recrutés au grade de lieutenant-colonel et ceux de Défense à celui de colonel. Certaines nations, dont la Suisse préfèrent envoyer des généraux. Le général Gaudin, également accrédité pour la Belgique et le Luxembourg, est actuellement le doyen des attachés de Défense regroupés au sein de l’association CAMNA (photo). Celle-ci compte 171 membres, dont 88 en résidence en France, représentant 101 pays…dont les intérêts divergent ! Parmi ses collaborateurs, le doyen préside un comité composé d’un conseiller néerlandais, d’un trésorier allemand, d’un secrétaire américain, d’un adjoint Terre polonais assisté d’un Norvégien, d’un adjoint Marine suédois (assisté d’un Canadien) et d’un adjoint Air espagnol (assisté d’un Ivoirien).

Conseiller militaire du chef de la mission diplomatique, l’attaché de défense coordonne la sécurité de l’ambassade et la protection des ressortissants de son pays. Représentant les forces armées de son pays, il assure la liaison avec les autorités militaires françaises. Il effectue des voyages d’information au sein des armées pour les comprendre et évaluer la qualité de leur entraînement sur le terrain. Officier de renseignement, il s’informe « officiellement », notamment au cours des réceptions officielles annuelles, moments d’échanges informels : vœux et cocktail du ministre de la Défense ; dîner du chef d’État-major des armées (CEMA) pour le comité du CAMNA ; invitations du CEMA pour les épouses ; vœux et cocktails des chefs d’états-majors des différentes armées et de la DGA ; présentation et cocktail de l’École de guerre qui accueille quelque 80 officiers étrangers par promotion de 200 stagiaires. En outre, l’attaché de défense transmet les « messages » que les armées françaises veulent faire passer. Par exemple, la Suisse pourrait être sollicitée en matière de maintien de la paix en Syrie et en Irak à l’issue du conflit en cours.

Enfin, les attachés de défense étrangers participent à toutes les commémorations nationales : Victoire du 8 mai 1945 ; Fête nationale et des armées du 14 juillet ; Armistice du 11 novembre 1918.

Les Français à l’étranger. Selon le ministère de la Défense,  l’attaché militaire français est placé sous l’autorité hiérarchique de la DGRIS, du CEMA, du délégué général pour l’armement et du secrétaire général pour l’administration et, sur place, sous celle de l’ambassadeur.

Sa mission comprend huit volets principaux dont l’importance relative évolue en fonction des pays considérés et des circonstances : conseiller l’ambassadeur pour les questions de défense ; conseiller le ministère pour les questions de défense relatives à son/ses pays d’accréditation ; animer la relation bilatérale de défense sous ses différents aspects ; assurer la promotion de la politique de défense française ; recueillir et analyser l’information concernant son/ses pays d’accréditation au profit du ministère de la Défense et contribuer aux études comparatives ; promouvoir l’industrie française d’armement et contribuer aux démarches de soutien et de contrôle des exportations d’armement ; remplir des missions à caractère opérationnel, notamment en cas de crise, de conflit ou d’évènement grave survenant dans son ou ses pays d’accréditation voire dans la région ; animer les réseaux d’influence du ministère de la Défense à l’étranger.

Dans certains pays, l’attaché de défense peut cumuler ses fonctions avec la Direction de la mission de coopération militaire et de défense, sous l’égide du ministère des Affaires étrangères et du Développement international (Direction de la coopération de sécurité et de défense).

Par ailleurs, le ministère de la Défense dispose de représentants auprès des principales organisations internationales intervenant dans le domaine de la défense : Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Union européenne (UE), Organisation des Nations Unies (ONU), Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Conférence du Désarmement, Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE). Pour le pilotage et l’animation du réseau diplomatique de défense, la DGRIS s’appuie sur le bureau de l’influence française à l’étranger ainsi que sur les services géographiques compétents pour chaque zone.

La mission militaire traite également, au profit des ressortissants français, de l’admission dans les lycées militaires et des engagements dans l’armée française. Les informations relatives au recensement et à la « Journée défense et citoyenneté », obligatoires pour tout jeune Français, relèvent du consulat français dans chaque pays et les pensions militaires de la Paierie générale du trésor.

Loïc Salmon

Diplomatie : actions de la DCSD sur les moyen et long termes en matière de sécurité et défense

École de guerre : « Coalition 2016 », exercice d’état-major pour conflit hybride ou asymétrique

 

La Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) contribue à la politique internationale coordonnée par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international et pilote l’action internationale du ministère de la Défense.  La DGRIS pilote les travaux de prospective stratégique et coordonne, pour le ministère de la Défense, ceux nécessaires à la préparation du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et à son actualisation régulière.  La DGRIS assure l’interface, à l’exception des activités opérationnelles, de la conduite des coopérations en matière d’armement et du soutien aux opérations d’exportation, avec les autres ministères pour les questions touchant à l’action internationale, et particulièrement avec le ministère des Affaires étrangères et du Développement international. Elle est en outre chargée de la stratégie d’influence internationale du ministère de la Défense et de piloter le réseau des missions de défense à l’étranger. Rattachée directement au ministre, la DGRIS pilote l’action internationale du ministère de la Défense en y associant l’État-major des armées, la Direction générale de l’armement et le Secrétariat général pour l’administration. Elle assure la tutelle du réseau bilatéral diplomatique de défense, qui compte 87 missions dans les ambassades de France à l’étranger. Ce réseau étend ses compétences sur un nombre équivalent de pays où le ministère n’assure pas de présence permanente, mais où un attaché de défense est accrédité.




Défense : montée en puissance et restructuration

Les moyens des armées sont accrus au cours des années 2016 et 2017 et leurs dispositifs adaptés, notamment pour mieux lutter contre le terrorisme sur le territoire national.

Financement et effectifs. Les chiffres clés des armées ont été présentés à la presse, le 1er septembre 2016 à Paris, par l’Observatoire économique de la défense. Ce ministère a réalisé 81 % des dépenses de l’État en 2015, soit 18 Md€, dont 14 Md€ pour l‘équipement des forces auprès des grands groupes de défense et de 26.000 petites et moyennes entreprises et entreprises de taille intermédiaire. Avec l’actualisation de la Loi de programmation militaire 2014-2019, son budget 2016 a été accru de 600 M€ pour atteindre 32 Md€ avec la création nette de 2.300 emplois. En 2017, il sera encore augmenté de 600 M€ avec la création de 10.000 postes entre 2017 et 2019, correspondant à l’annulation des suppressions d’emplois antérieurement programmées. Fin 2015, les 61 bases de défense totalisent 60.386 civils et 202.964 militaires. Ceux-ci se répartissent ainsi : armée de Terre, 109.444 personnels dont 13.821 officiers, 37.610 sous-officiers, 57.342 caporaux et soldats et 671 volontaires ; Marine nationale, 35.411 (4.495 officiers, 23.566 officiers-mariniers, 6.583 quartiers-maîtres et matelots  et 767 volontaires) ; armée de l’Air, 42.037 (6.429 officiers, 24.828 sous-officiers, 10.746 militaires du rang et 34 volontaires) ; autres services, 16.072 (7.961 officiers, 6.595 sous-officiers, 874 militaires du rang et 642 volontaires). S’y ajoutent 28.100 réservistes opérationnels et 2.778 réservistes citoyens (hors Gendarmerie nationale).

L’opération « Sentinelle » de  protection du territoire national a été maintenue au maximum pendant la période estivale 2016 : 10.000 militaires déployés sur 2.500 sites de 78 des 101 départements. Le dispositif a inclus des missions particulières, à savoir la protection de 47 événements et le contrôle des flux à 14 postes frontières.

Renforcements des unités. Fin juillet 2016, le ministère de la Défense a annoncé diverses mesures pour 2017, dans le cadre de la montée en puissance des domaines prioritaires : cybersécurité, renseignement et fonction protection. Ainsi, l’armée de Terre doit renforcer la 13ème Demi-brigade de la Légion Étrangère, le 5ème Régiment de dragons et le 5ème Régiment de cuirassiers stationné aux Émirats arabes unis. La Marine nationale étoffe ses unités de protection, la défense maritime du territoire et ses centres opérationnels. En outre, elle va créer un peloton de surveillance maritime et portuaire de la Gendarmerie maritime pour l’ensemble Dunkerque-Calais. L’armée de l’Air poursuit la concentration de ses moyens par pôles de spécialisation. Elle prépare également la montée en puissance de nouvelles flottes d’aéronefs : avions de transport et de ravitaillement Airbus A330 MRTT ; avions de transport tactique C 130J Hercules, version améliorée du C 130 ; drones Reaper. Par ailleurs, le Centre d’analyse en lutte informatique défensive et le Commandement opérationnel de la cyberdéfense se renforcent au sein des armées. La Délégation générale de l’armement bénéficiera de l’allègement des déflations d’effectifs au profit de ses domaines prioritaires. Le Service des essences des armées va actualiser ses mesures, entraînant un report ou annulation de certaines d’entre elles. Enfin, le quatrième centre du Service militaire volontaire doit ouvrir à Châlons-en-Champagne en janvier 2017, après ceux de Metz, La Rochelle et Brétigny-sur-Orge.

Loïc Salmon

Défense : les armées, leur image et leurs moyens

Défense : effectifs et engagements en 2014-2015

Défense : actualisation de la LPM 2014-2019




14 juillet 2016 : les engagements militaire, sécuritaire et national

L’édition 2016 du défilé du 14 juillet à Paris, mis au point par le ministère de la Défense en concertation avec celui de l’Intérieur et la présidence de la République, met l’accent sur l’engagement au sens large.

Elle a été présentée à la presse le 30 juin par le général de corps d’armée Bruno Le Ray, gouverneur militaire de Paris.

Les valeurs symboliques. Pour les armées, cet engagement est opérationnel pour les missions extérieures et intérieures. Leur professionnalisation, annoncée en 1996, est devenue effective fin 2001. Aujourd’hui, toutes les forces de sécurité sont engagées dans la lutte contre le terrorisme, y compris l’administration pénitentiaire et celle des Douanes… qui défile pour la première fois depuis le 14 juillet 1919 ! Son insigne représente une carte de France avec un cor de chasse, pour rappeler son appartenance aux unités de chasseurs, et une grenade symbolisant un corps d’élite. L’engagement de la nation toute entière et surtout de sa jeunesse se manifeste par son emblème et son hymne. Ainsi, la « Marseillaise » est entonnée par 460 lycéens et collégiens, sélectionnés par un concours de l’Éducation nationale et accompagnés par le Chœur de l’armée française. En même temps, 12 jeunes déficients auditifs « chantent » par signes l’hymne national. Tous les choristes sont vêtus de bleu, blanc et rouge avec des couvre-chefs assortis. En outre, 120 jeunes du Service militaire volontaire, en uniforme, forment le contour d’un drapeau constitué par les choristes. Derrière eux, 10 volontaires du Service civique portent les banderoles « Liberté », « Égalité » et « Fraternité ». Enfin, deux avions de la patrouille de France et un de voltige aérienne piloté par le capitaine Alexandre Orlowski, champion du monde, survolent ce tableau avec un panache bleu, blanc et rouge. Le défilé 2016 fête 4 anniversaires : les 100 ans de la bataille de la Somme à laquelle ont participé des forces de la Grande-Bretagne et du Commonwealth ; les 100 ans de l’escadrille La Fayette, composée à l’époque de volontaires américains ; les 100 ans des 12 escadrilles métropolitaines ; les 70 ans des pompiers de l’Air.

La parade. A l’occasion du centenaire de la bataille de la Somme, 140 Australiens avec 40 emblèmes et 86 Néo-Zélandais (16 emblèmes) marchent. Cette bataille marque en effet un moment fort de leur construction en tant que nation. Viennent aussi ceux qui n’ont pas l’habitude de défiler : Centres de formation des militaires du rang ; École des mousses ; École d’enseignement technique de l’armée de l’Air ; réserve opérationnelle ; le soutien de l’opération « Sentinelle », dont 6.000 à 7.000 militaires sont déployés en Île-de-France depuis les attentats terroristes de 2015 ; unités cynophiles dans des véhicules légers ; élèves des Douanes et de l’administration pénitentiaire. Les 1.200 m de l’avenue des Champs-Élysées auront été parcourus par : 3.239 personnels à pied ; 212 véhicules ; 241 chevaux de la Garde Républicaine ; 55 avions et 30 hélicoptères. La vitesse varie : 115 pas/minute pour l’ensemble des troupes ; 88 pas/minute pour la Légion étrangère qui ne se sépare pas en deux à l’arrivée place de la Concorde, contrairement aux autres unités ; 240 m/minute pour les troupes motorisées. Le défilé aérien se dédouble : avions à l’ouverture et hélicoptères à la clôture. Enfin, un avion américain C130J Hercules ravitaille en vol 2 hélicoptères Caracal, comme pour les forces spéciales en Centrafrique et dans la bande sahélo-saharienne.

Loïc Salmon

14 juillet 2015 : les opérations sur le territoire national à l’honneur

14 juillet 2014 : 80 nations invitées pour les 100 ans de la Grande Guerre




Armée de Terre : création d’un commandement pour le territoire national

Dans le cadre de la réorganisation de l’armée de Terre et de l’évolution de la menace, un « commandement Terre pour le territoire national » (COM TN) a été créé administrativement le 1er juin 2016. Son chef, le général de division Gaëtan Poncelin de Raucourt, l’a présenté à la presse le 9 juin.

Caractéristiques. Destiné à devenir un pôle d’excellence, le COM TN ne dispose que de 50 militaires d’active et de 30 réservistes, qui peuvent renforcer en 10 heures les commandements opérationnels en cas de crise. Il doit favoriser la coordination et la mise en œuvre de procédures communes avec la Marine nationale, l’armée de l’Air et la Gendarmerie ainsi qu’avec les autres ministères. Il produit une synthèse des informations au profit des forces, fournit du conseil, anticipe pour préparer le coup d’après et imagine des scénarios. Il travaille en réseau pour partager les informations et s’intégrer. Enfin, il engage des études et des réflexions sur les conditions d’engagement, la résilience et les réserves. Les réservistes ont en effet vocation à être employés sur le territoire national. Le championnat  d’Europe de football masculin 2016 (Euro 2016) donne l’occasion, pour la zone de défense et de sécurité Île-de-France, de tester un système d’information géographique, de cartographie et de communication. Placé sous l’autorité directe du chef d’état-major de l’armée de Terre, le COM TN est installé à l’École militaire à Paris. Il  répond à trois besoins. D’abord, l’armée de Terre a recentré son action sur le territoire national en y déployant 10.000 militaires, dont la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, pour : participer à la sécurité civile (inondations) ; assurer le service militaire adapté dans les départements d’outre-mer ; contribuer au plan Vigipirate de lutte contre le terrorisme ; mener les opérations « Héphaïstos » (feux de forêt en zone méditerranéenne), « Harpie » (orpaillage clandestin en Guyane) et « Sentinelle » (protection des points sensibles, du territoire national après les attentats terroristes de 2015). Ensuite, devant l’ampleur de la menace, un facilitateur s’avère nécessaire pour améliorer les performances et la connaissance des cultures respectives des autres armées et ministères concernés. Enfin, le renfort de la réserve et le service militaire volontaire répondent à la demande de citoyens, qui veulent s’impliquer dans la défense du territoire national.

Recours aux armées. Quelque 13.000 militaires protègent le territoire national : 10.000 pour l’opération « Sentinelle » ; plus de 1.500 pour la posture permanente de sauvegarde maritime ; plus de 1.000 pour la posture permanente de sûreté aérienne. L’armée de Terre a organisé une nouvelle posture de protection terrestre, permanente mais adaptable en volume aux demandes des autorités civiles (préfets de département ou de région). Un rapport du ministère de la Défense, remis au Parlement au début de 2016, ajoute aux domaines déjà cités la lutte contre le trafic de drogue et la défense des intérêts économiques. Les armées n’agissent, sur réquisition ou demande de concours des forces de sécurité intérieure, que lorsque les moyens sont inexistants, insuffisants, inadaptés ou indisponibles. Trois nouvelles postures permanentes ont vu le jour. Le Service de santé des armées dispose de moyens et de spécialistes disponibles si nécessaire. Le Service des essences des armées apporte un soutien pétrolier aux forces de sécurité intérieure. La posture cyber assure la protection interne du ministère de la Défense.

Loïc Salmon

Sécurité : « Orphé », plongée au cœur des cellules de crise

Crises : prévention et gestion en Ile-de-France

GMP : rôles opérationnel, civilo-militaire et de rayonnement