Théâtre d’opérations aériennes en métropole

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La défense d’une zone métropolitaine, qui implique des moyens civils et militaires, est aussi interarmées. Elle doit notamment garantir la souveraineté du ciel, dont les caractéristiques ont été présentées par le général de division aérienne Patrick Charaix, au cours d’un colloque tenu le 5 mai 2011 à l’Ecole militaire à Paris.

Outre la défense et les opérations aériennes, l’armée de l’Air exerce des responsabilités territoriales, dont les participations au Plan Vigipirate et au soutien de populations en détresse en cas de catastrophes naturelles ou non. La menace à partir du ciel s’est élargie, indique le général Chaix, et va du crime organisé, au terrorisme, à l’espionnage militaire, à la prolifération des missiles et à la menace spatiale, sans oublier la cyberguerre (systèmes informatiques). En conséquence, la défense aérienne inclut la lutte informatique défensive et la surveillance de l’espace.

Les directives du commandement (qui remonte au Premier ministre) sont transmises au Centre national des opérations aériennes (CNOA), situé à Lyon Mont-Verdun. Ce dernier est en relation permanente avec les ministères de la Défense, des Affaires étrangères, des Transports, de l’Economie et des Finances, de l’Intérieur et de la Justice. Les opérations aériennes peuvent concerner des sites nucléaires, des établissements pénitentiaires, des centres d’opérations des compagnies aériennes, des centres régionaux de la navigation aérienne, des aéroports et des centres d’opérations aériennes de l’OTAN. A titre indicatif, depuis 2009 et jusqu’au 5 mai 2011 (date du colloque), l’armée de l’Air a apporté son concours direct à plusieurs administrations :  suivi permanent d’une quarantaine d’aéronefs suspects pendant 14 périodes pour le compte du ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi ; 38 missions de reconnaissance aérienne pour le ministère de l’Intérieur, de l’Outre-mer et Collectivités locales ; organisation de circuits de surveillance de 188 établissements pénitentiaires pour le ministère de la Justice et des Libertés.

Le CNOA a pour missions de détecter, d’identifier, de classifier et d’intervenir. Il peut engager des moyens d’interceptions répartis sur le territoire métropolitain : cinq centres de contrôle ; huit permanences opérations ; quatre « plots » avions de chasse ; quatre « plots » hélicoptères armés ; systèmes de missiles sol-air. A titre d’exemple, le sommet Afrique-France (31 mai-1er juin 2010 à Nice) a nécessité la mise en place d’une « bulle de sécurité » sur une zone interdite au moyen d’un avion de reconnaissance E-3F SDCA (AWACS), d’avions d’interception, d’hélicoptères, d’un drone Harpang, d’un radar terrestre, de deux systèmes sol-air Crotale, de caméras thermiques et d’observateurs au sol ainsi qu’une surveillance maritime de la baie de Nice.

En complément de l’intervention du général Chaix, le capitaine de vaisseau Frédéric Sanoner, chef d’état-major interarmées de la zone de défense sud, a souligné les nécessaires cohérences des milieux (aérien et maritime), civilo-militaire (préfets, corps de l’Etat, collectivités civiles et forces militaires) et dans l’action (sécurités civile et intérieure).

Enfin, l’organisation territoriale interarmées de défense prévoit la préparation de la défense opérationnelle du territoire, qui est mise en œuvre sur décision du gouvernement en cas de crise.

Loïc Salmon

 

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