DGA : bilan 2014 conforme à la loi de programmation

La Direction générale de l’armement (DGA) a notifié des contrats (programmes) pour 11,5 Md€ et investi 782 M€ dans la recherche (études amont) en 2014, afin d’équiper les forces à temps, de préparer la défense de demain et d’augmenter les exportations. Son délégué général, Laurent Collet-Billon, en a présenté les résultats et projets au cours d’une conférence de presse, tenue le 9 février 2015 à Paris. Parmi les industriels concernés, DCNS arrive en tête en matière de programmes, devant Airbus Group, le Commissariat à l’énergie atomique, Thalès, Safran, Dassault, le Centre national d’études spatiales, Nexter, MBDA et Renault Trucks. En 2014, la DGA a livré aux forces armées françaises : 4 avions de transport tactique A400M, d’un volume unitaire d’emport équivalent à 3 Transall et capables d’atteindre l’Afrique sans ravitaillement en vol ; 11 avions de chasse Rafale ; 3 hélicoptères de combat Tigre appui destruction (HAD) ;  9 hélicoptères NH90 ; 212 systèmes d’armement air/sol modulaire (AASM) ; 77 véhicules blindés du combat d’infanterie ; 4.036 équipements du fantassin Félin ; 13 lance-roquettes unitaires ; les 20 premiers équipements de communication par satellite Comcept, associés au satellite Athena Fidus. Elle a commandé : les premiers blindés du programme Scorpion ; les avions ravitailleurs MRTT ; le 4ème sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de type Barracuda ; la version M51. 3 du missile destiné aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Par ailleurs, la DGA a consacré 6,4 millions d’heures aux essais et expertises en 2014 : tirs au rail des premières charges du missile moyenne portée ; tir de 2 munitions AASM laser contre une cible remorquée par une embarcation rapide ; campagne d’essais de largage lourd et de parachutage de l’A400M ; campagne OTAN d’essais de guerre électronique, exercice aérien Embow XIV ; tir de qualification du système de missile de croisière naval en configuration frégate multimissions (FREMM) ; essais de manœuvrabilité sur maquette du Barracuda ; tir de démonstration d’une roquette guidée laser 68 mm depuis un tigre HAD ; pour les FREMM, campagne d’essais, mesures signatures surface équivalente radar et acoustique, guerre électronique, liaisons données tactiques ; participation d’experts de la DGA à la campagne d’essais de guerre électronique OTAN MACE ; essais d’embarquement de la torpille lourde F21 sur SNA ; qualification finale du Tigre en version HAD (photo) ; campagne de mesure de discrétion en vol du drone moyenne altitude longue endurance nEUROn face à divers capteurs. L’actualisation de la Loi de programmation militaire nécessitera le recours à des ressources exceptionnelles (2,3 Md€) hors budget, provenant notamment de « sociétés de projets ». Ces dernières, à capitaux publics et privés, achèteront des équipements (FREMM et A400M) qu’elles reloueront aux armées, avec une clause de rachat par l’État à tout moment. Les programmes en coopération se poursuivent. Avec la Grande-Bretagne, les études de faisabilité du futur drone de combat FCAS DP ont été lancées et le programme de missile antinavire léger (ANL) a été notifié à MBDA. Avec l’Allemagne, le programme d’observation spatiale a été lancé. Enfin, pour faciliter les ventes à l’export, une licence unique remplace l’agrément préalable et l’autorisation d’exportation de matériel de guerre depuis le 4 juin 2014. Des négociations sont en cours sur la vente du Rafale à l’Égypte, au Qatar et à l’Inde.

Loïc Salmon

DGA, bilan 2013 : investir, innover, coopérer et exporter

DGA : l’expertise technologique, avenir de l’outil de défense

DGA : bons retours sur investissements en 2011

 




Armée de l’Air : 9 morts, mais la vie de soldat continue après la « malchance technologique »

« Notre vie opérationnelle continue et n’est en rien affectée par ce dramatique accident, exceptionnel dans sa violence », a déclaré à la presse, le 29 janvier 2015 à Paris, le général d’armée aérienne Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’Air. Deux jours auparavant, il avait accompagné le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian et deux parlementaires de Nancy sur la base aérienne de l’OTAN à Albacete (Espagne), où s’est produit un grave accident faisant plusieurs morts et blessés de différentes nationalités. Le 26 janvier, un avion de combat F-16 grec connaît une panne peu après son décollage, dévie de sa trajectoire et percute des avions de chasse français (Rafale et Mirage 2000 et 2005) et italiens (F-16) alignés sur un parking. Son équipage a tenté, sans succès, de s’éjecter. L’armée de l’Air française déplore 9 morts (photo) : 2 capitaines (pilotes) ;  2 lieutenants (navigatrice et mécanicien) ;  2 adjudants (chargé de maintenance et mécanicien) ; 1 sergent-chef (mécanicien) ; 2 sergents (armurier et électronicien). Leurs corps ont été rapatriés le 29 janvier à la base aérienne 133 de Nancy-Ochey pour y recevoir les honneurs militaires, avant un hommage national aux Invalides à Paris (3 février). Tous participaient au stage multinational « Tactical Leadership Program » de l’OTAN. Il s’agit d’exercices de perfectionnement pour évaluer la capacité opérationnelle et comparer des équipages expérimentés, en vue d’opérer en coalition avec de nombreux appareils. La base d’Albacete est adaptée à la conduite de ces exercices opérationnels grâce à son infrastructure et ses conditions de sécurité, souligne le général Mercier. Une enquête technique et juridique, menée par les Bureaux espagnol, français, italien et grec d’enquêtes et d’analyses pour l’aviation, est en cours pour déterminer, en toute transparence, les raisons de la panne du F-16. Ses boîtes d’enregistrement ayant été retrouvées, les paramètres permettront de comprendre ce qui s’est passé. Parmi les 9 blessés français, 3 sont gravement brûlés : 2 ont déjà été rapatriés en France et le 3ème suivra, quand l’amélioration de son état le permettra. Lors de l’accident, ce n’était pas chacun pour soi mais chacun pour les autres, explique le général Mercier. Ainsi, un mécanicien, les vêtements en feu, a été gravement brûlé en voulant sauver un camarade, couché sous un avion. Le Service de santé des armées a envoyé sur place deux femmes psychologues, qui connaissent bien le monde de l’aviation militaire, pour porter assistance aux témoins de l’accident. Enfin, l’armée de l’Air poursuit ses activités. « Plus de 20 missions d’appareils français ont déjà eu lieu au-dessus de l’Irak et du Sahel », a indiqué son chef d’état-major.

Loïc Salmon

Armée de l’Air : engagement opérationnel intense et réforme en profondeur

Sauvetage de combat : l’apprentissage des médecins

Blessés psychiques : agir vite, au plus près et de façon continue




Cyberdéfense : bientôt une 4ème armée après celles de Terre et de l’Air et la Marine

A l’occasion du 7ème Forum international sur la cybersécurité tenu les 20-21 janvier 2015 à Lille, le ministère de la Défense a publié une brochure sur la cyberdéfense. Le 13 janvier, le ministre, Jean-Yves Le Drian, avait déclaré : « Demain, il y aura une quatrième armée qui s’appellera l’armée cyber, demain, il y aura des soldats cyber. Nous avons les moyens de réagir, nous avons aussi les moyens d’attaquer ». La menace cyber contre le ministère de la Défense augmente : 196 incidents traités en 2011, 420 en 2012 et plus de 780 en 2013. Le Livre blanc 2013 sur la défense et la sécurité nationale a fait de la cyberdéfense une priorité nationale. La Loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit 1 Md€ pour la cyberdéfense, dont l’expertise technique est confiée à la Direction générale de l’armement (DGA). Celle-ci dispose d’un établissement spécialisé à Bruz (près de Rennes), dénommé « DGA Maîtrise de l’information » et où travaillent 250 ingénieurs de haut niveau. Cet effectif devrait atteindre au moins 400 personnes en 2017. Un officier général « cyber », actuellement le vice-amiral Arnaud Coustillière, est rattaché à l’État-major des armées (EMA). Il coordonne et pilote les travaux relatifs à la cyberdéfense et à sa montée en puissance et conduit les opérations. Il dispose à cet effet du Centre d’analyse en lutte informatique défensive (CALID), chargé de la protection des capacités opérationnelles du ministère de la Défense et placé sous les ordres du Centre de planification et de conduite des opérations de l’EMA. D’abord, le CALID détecte et prévient menaces et activités hostiles par la recherche et l’exploitation d’informations d’intérêt de cyberdéfense. Ensuite, il assure une surveillance permanente de la fonction de cyberdétection sur l’ensemble des systèmes d’information du ministère, en liaison avec leurs opérateurs. Enfin, il dirige la manœuvre spécialisée de cyberdéfense, en cohérence avec les opérations militaires. Des groupes de surveillance projetables complètent ce dispositif sur les théâtres d’opérations. En prévision ou en réaction à une crise, le CALID est actif en France et à l’étranger. Il déploie des sondes sur les systèmes d’armes et de commandement en opérations et recherche les traces de cyberattaques. Par ailleurs, le ministère a mis sur pied un « réseau cyberdéfense de la réserve citoyenne », constitué de volontaires bénévoles pour renforcer la communauté étatique de cyberdéfense, à savoir la DGA, l’EMA, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information et la Gendarmerie nationale. Ce réseau compte déjà 150 réservistes des armées de Terre, de l’Air, de la Marine nationale et de la Gendarmerie. Il a pour missions de sensibiliser le public et d’organiser des événements relatifs à la cyberdéfense. Enfin, pour assurer la défense de son territoire et de ses forces armées dans ce domaine, la France entretient des partenariats avec les États membres de l’Union européenne et ceux de l’OTAN.

Loïc Salmon

Cyberdéfense : entraînement complet au sein des armées.

Cyberdéfense : placer l’excellence militaire au service de la nation

Cyberespace : enjeux géopolitiques




Terrorisme : plan Vigipirate renforcé dans toute la France

Le 14 janvier 2015,  la participation des armées au plan Vigipirate sur l’ensemble du territoire national (métropole et La Réunion) a été portée à 10.500 hommes, à la suite de l’attentat terroriste (12 morts et 12 blessés, dont 4 graves) contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo le 7 janvier à Paris. Cet attentat a été revendiqué par l’organisation « Al Qaïda au Yémen », dans une vidéo diffusée sur le site internet You Tube. Ses auteurs, les frères Saïd et Chérif Kouachi, avaient été formés au maniement des armes au Yémen en 2011. Dans la même vidéo, Al Qaïda au Yémen se moque de la marche contre le terrorisme, qui a rassemblé les foules à Paris et dans de nombreuses villes de France sous le slogan « Je suis Charlie ». Le plan Vigipirate atteint le niveau de mobilisation « Alerte attentat », le plus élevé, en Ile-de-France et reste maintenu à celui de « Vigilance » en province. Le 15 janvier, l’État-major des armées a présenté à la presse le dispositif militaire, multiplié par 10 en 72 heures par rapport à la participation permanente à Vigipirate pour épauler les forces de police et de gendarmerie. L’effectif déployé correspond à celui en opérations extérieures. Il se répartit entre 6.400 personnels à Paris et 4.100 en province. Ce renfort temporaire, décidé par le président de la République sur proposition du chef d’État-major des armées, résulte de l’évaluation de la menace par le ministère de l’Intérieur. Outre cette contribution des forces armées, le niveau « Alerte attentat », le plus élevé du plan Vigipirate, déclenche diverses opérations : activation des cellules de crise (ministères, préfectures et gestionnaires d’infrastructures sensibles) ; renforcement du contrôle des personnes ; renforcement des contrôles par l’utilisation de techniques de détection d’explosifs ; interdiction de stationnement au bord des établissements scolaires ; mise en alerte des capacités d’intervention (services de secours et forces de l’ordre). Les missions des forces armées engagées découlent d’un dialogue civilo-militaire entre les autorités préfectorales de zone et les autorités militaires commandant les forces engagées. Les règles d’engagement (ouverture du feu) sont adaptées pour assurer la sécurité. Chaque militaire dispose d’un fusil ou d’un pistolet automatique, de munitions en nombre suffisant et d’un gilet pare-balles le protégeant contre les tirs d’armes légères d’infanterie. Le dispositif, déployé dans les lieux de forte affluence, sites touristiques, bâtiments publics et lieux sensibles (dont les lieux de cultes juif et musulman) évolue en  fonction de l’évaluation de la menace. Par ailleurs, quelque 19.000 sites internet en France ont fait l’objet de cyberattaques de deux types : saturation par de grandes quantités de demandes, mais sans intrusion dans le site ; attaques par « défacements », les plus nombreuses, consistant à remplacer la page d’accueil par une autre image, notamment une contestation du slogan « Je suis Charlie », afin de pénétrer le site et en prendre le contrôle. Ces attaques résultent de failles dans la sécurité informatique des sites concernés, a indiqué, le 15 janvier, le vice-amiral Arnaud Coustillière, officier général cyberdéfense à l’État-major des armées. Le ministère de la Défense a été aussi visé, surtout la Délégation à l’information et à la communication de la défense, mais aucune attaque n’a réussi et la protection a été accrue.

Loïc Salmon

Terrorisme : plan Vigipirate renforcé à Paris

Moyen-Orient : défi du terrorisme islamiste de l’EIIL

Gouverner au nom d’Allah




Terrorisme : plan Vigipirate renforcé à Paris

Suite à l’attentat terroriste (12 morts et 12 blessés, dont 4 graves) contre le journal hebdomadaire satirique Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 à Paris, le Premier ministre Manuel Valls a relevé le plan Vigipirate au niveau « alerte attentat » en Ile-de-France, impliquant un renfort de 600 militaires. Le 8 janvier à Paris, l’État-major des armées a présenté à la presse le dispositif militaire déployé. A cette date, 800 personnels en tout sont déjà sur place et 250 peuvent les renforcer à la demande. Parmi eux, 600 patrouillent à Paris et dans son agglomération pour des missions d’observation et de surveillance dans les gares, le métro, les bâtiments publics et les grands magasins. Ils rendent compte aux forces de sécurité pour leur permettre d’intervenir si nécessaire. Ils emportent des munitions et peuvent faire usage de leurs armes. Outre cette contribution des forces armées, le niveau « Alerte attentat », le plus élevé du plan Vigipirate, déclenche diverses opérations : activation des cellules de crise (ministères, préfectures et gestionnaires d’infrastructures sensibles) ; renforcement du contrôle des personnes ; renforcement des contrôles par l’utilisation de techniques de détection d’explosifs ; interdiction de stationnement au bord des établissements scolaires ; mise en alerte des capacités d’intervention (services de secours et forces de l’ordre). Les renforts militaires sont venus par la route de Douai et par voie aérienne d’Agen, de Toulouse et de Fréjus (photo). Ils sont logés dans d’anciens forts de la région parisienne à Vincennes et Saint-Denis. Leur engagement fait l’objet d’un dialogue permanent entre le gouverneur militaire et la préfecture de police de Paris, selon les besoins. Dans le cadre du plan Vigipirate, les forces armées peuvent agir comme « primo-intervenantes » dans l’espace aérien et les approches maritimes, la lutte contre les trafics et la protection de sites sensibles. Elles apportent aussi leur appui à la police nationale sur réquisition préfectorale. En outre, des personnels sont maintenus en alerte avec préavis de 48 h, en vue d’un déploiement pour une situation particulière et pour une durée de 15 jours avec possibilité de relais. Pour Paris, ce préavis a été relevé à 12 h dès le 7 janvier 2015. Le 25 décembre 2014, la réserve militaire de Vigipirate a été activée ou renforcée à Paris, Beauvais Lille, Strasbourg, Lyon, Grenoble, Nice, Cannes, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes, Tours et au Mans. Le renforcement de la contribution des armées au plan Vigipirate est temporaire et au cas par cas. Chaque jour, environ 2.500 militaires sont engagés dans la protection de l’ensemble du territoire national : près de 1.000 au titre de Vigipirate et 1.500 pour les activités de protection en métropole et outre-mer.

Loïc Salmon

GMP : rôles opérationnel, civilo-militaire et de rayonnement

Crises : prévention et gestion en Ile-de-France




Harcèlement dans les armées : « Thémis » libère la parole

« Thémis », cellule de lutte contre les harcèlements sexuel et moral, la violence et la discrimination au sein du ministère de la Défense, a déjà été saisie 192 fois depuis sa création le 21 juillet 2014. La cellule compte en tout 4 personnes civiles et militaires. Son directeur, le contrôleur général des armées Bernard Ducateau, a présenté la situation à la presse le 11 décembre 2014. Dans la mythologie grecque, Thémis, qui signifie « « la loi divine », est la déesse de la justice, de la loi et de l’équité (photo). En effet, la cellule du même nom recommande aux victimes de déposer une plainte auprès de la Gendarmerie, car seulement 1 viol sur 7 est porté à la connaissance des autorités judiciaires en France. Alors que les affaires de harcèlement sexuel faisaient auparavant l’objet d’une simple enquête de commandement, Thémis a déclenché « une prise de conscience » et reconnaît le statut de la victime, souligne son directeur. Elle s’appuie sur la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les hommes et les femmes et les articles L 4123-10 et 4123-10-1 du code de la défense. Ceux-ci stipulent que les militaires jouissent d’une protection juridique du ministère de la Défense et qu’aucun militaire ne doit subir de harcèlement sexuel. Avant la création de Thémis, les chefs de corps devaient prévenir un tel comportement, aujourd’hui ils doivent y mettre un terme. Alors que les données des autres ministères sont inexistantes, celui de la Défense publie les siennes. Il emploie 77 % de militaires et 23 % de civils. Sur les 192 saisines (militaires et civiles) indiquées, 66 concernent le harcèlement sexuel. Parmi elles, 53 cas sont antérieurs au 15 avril 2014, date de présentation au ministre d’un rapport sur la question, et concernent des affaires connues, mais mal prises en compte ou qui n’avaient pas été portées à la connaissance du commandement. Avec 50 % des saisines, le téléphone, qui garantit l’anonymat, reste le principal moyen de prendre contact avec Thémis, loin devant la messagerie interne du ministère (32 %) et internet (10 %). Le ministère de la Défense compte 80 % d’hommes et 20 % de femmes… qui constituent 88 % des victimes ayant saisi Thémis ! La cellule permet aux victimes de passer outre à la voie hiérarchique et de s’adresser directement au Contrôle général des armées, rattaché au ministre. Thémis propose à l’autorité hiérarchique des mesures conservatoires, conduit des enquêtes administratives, conseille le commandement et contribue à l’élaboration de statistiques sur les harcèlements, violences et discriminations en tous genres. Elle conseille, soutient et accompagne les victimes dans la durée, pour s’assurer du bon déroulement de leur carrière. Elle les réoriente vers le bon interlocuteur, lorsque leur demande ne relève pas de sa compétence. Parfois, les victimes, mutées à leur demande, n’acceptent pas que leur nouveau chef de corps soit informé de leur infortune, mais souhaitent connaître la sanction disciplinaire infligée à leur agresseur. Des chefs de corps ont été impliqués dans des cas de harcèlement sexuel ou moral, a reconnu le contrôleur général des armées Ducateau. Les victimes ou témoins de comportements suspects peuvent : contacter Thémis par courriel (themis@defense.gouv.fr ou themis@intradef.gouv.fr) par téléphone (01 42 19 88 88) ; parler à un psychologue, via Écoute Défense (08 08 800 321, appel gratuit) ; s’adresser à une association agréée, mais extérieure au ministère (www.stop-violences-femmes.gouv.fr ou appeler le 3919).

Loïc Salmon

Femmes dans les armées : promotion par la compétence et soutien contre le harcèlement

Exposition photographique itinérante « Femmes de la défense »




Centrafrique : l’opération « Sangaris » un an après

Depuis leur intervention en République Centrafricaine le 5 décembre 2013, les forces françaises de l’opération « Sangaris » ont réussi à rétablir la sécurité dans la capitale Bangui et l’Ouest du pays. Leur commandant depuis le 17 juin 2014, le général Éric Bellot des Minières, a dressé un premier bilan devant la presse au cours d’une visioconférence, réalisée le 4 décembre 2014, entre Bangui et le ministère de la Défense à Paris. En un an, 9.000 soldats se sont succédé au sein de « Sangaris », qui déplore 3 morts et 120 blessés. Quelque 14 t de munitions et d’explosifs et 8.000 armes de guerre ont été saisis. « Le moral des troupes est bon », a souligné le général, qui l’a constaté à tous les niveaux. Par ailleurs, « la population, exaspérée, aspire à une paix durable. Les groupes armés ont perdu l’essentiel de l’adhésion de la population ». Les réfugiés estiment le niveau de sécurité suffisant pour envisager leur retour. En un an, leur nombre est passé de 100.000 à 20.000. Des pics d’insécurité demeurent, mais sont de plus en plus courts et de moins en moins violents. Il n’ y a pas de relents de djihadisme. L’action des groupes armés reste limitée et s’apparente plus au banditisme qu’à la lutte idéologique. L’activité économique a repris à Bangui et le contrôle douanier assure à nouveau des recettes fiscales importantes à l’État. Les soldats de « Sangaris » appuient ceux de la Mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilisation de la République Centrafricaine (MINUSCA) et ceux de la force de l’Union européenne en République Centrafricaine (EUFOR RCA). Le mandat initial de l’EUFOR RCA, qui devait se terminer mi-décembre, sera prolongée jusqu’en mars 2015. Cela permettra d’établir un calendrier de retrait de « Sangaris », en phase avec la montée en puissance de la MINUSCA. « Sangaris » densifie sa présence en diminuant le nombre de personnels sur le terrain, mais en accroissant celui des matériels pour renforcer les capacités aéromobiles et d’appui feu. A cet effet, , trois hélicoptères Tigre sont arrivés en novembre pour effectuer des missions d’attaques au sol, de reconnaissance et de protection, de jour comme de nuit. Ils complètent l’action des véhicules blindés de combat d’infanterie et des drones de reconnaissance au contact. Toutefois, la solution n’est pas seulement militaire, précise le général Bellot des Minières, et nécessite une approche plus globale avec l’action des organisations non gouvernementales sur le terrain et l’arrivée d’investisseurs industriels. Les autorités politiques de transition parcourent le pays pour adresser des messages d’apaisement à la population. Enfin, le Conseil national de transition réfléchit au mode de scrutin, en vue d’élections générales en été 2015.

Loïc Salmon

Centrafrique : passage de relais des forces Sangaris et EUFOR RCA à la MINUSCA

Mali : succès de la Mission européenne de formation et d’expertise




Le « Bleuet de France » fête ses 80 ans

A l’occasion de son 80ème anniversaire, le « Bleuet de France », symbole de de la mémoire combattante, a été redessiné en 2014 et un timbre lui est consacré (photo). Il correspond au coquelicot britannique porté à la boutonnière. Présenté le 28 octobre à Creuzier-le-Neuf (Allier) par Kader Arif, secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire, il n’est désormais plus fabriqué en Chine, mais en France dans les établissements réservés aux personnes handicapées. A l’occasion du 11 novembre, 300.000 bleuets ont été fabriqués par 350 personnes réparties dans 4 établissements. Le « Bleuet » est aussi une œuvre caritative destinée aux milliers de ressortissants de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Les fonds, collectés entre le 2 et le 11 novembre, contribuent au maintien à domicile des anciens combattants et de leurs veuves, au financement des études des pupilles de la nation, au soutien des militaires gravement blessés en opérations extérieures et à l’accompagnement des familles de ceux morts pour la France. La campagne de 2013 a permis de récolter 1,12 M€ pour 13.205 bénéficiaires. Une partie de cette somme a été ainsi répartie : 161.849 € pour les ressortissants les plus nécessiteux ; 127.339 € en aides aux pupilles de la nation pour leurs études supérieures et leur vie quotidienne ; 101.962 €  pour les blessés en opérations, notamment pour l’acquisition de prothèses bioniques et la participation aux 2èmes « Rencontres militaires blessures et sport » ; 42.677 € pour le maintien à domicile des ressortissants les plus âgés en situation de dépendance ; 12.817 € pour l’amélioration des conditions de séjour dans les maisons de retraite labellisées « Bleuet de France ».

Loïc Salmon

Blessures et sports adaptés : reconstruction physique et psychique

OPEX : prise en charge et suivi des grands blessés

La Légion étrangère : combats pendant, solidarité après




Défense : budget 2015 maintenu à 31,4 Md€

Le 29 octobre 2014, l’Assemblée nationale a approuvé en première lecture le budget 2015 du ministère de la Défense, qui se monte à 31,4 Md€ (hors pensions) comme les deux années précédentes. Conformément à la Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, 7.500 emplois seront supprimés en 2015. Mais, 16.000 militaires et civils seront recrutés pour respecter le contrat opérationnel des armées et l’impératif de jeunesse et pour disposer des compétences nécessaires aux besoins croissants d’expertise. La dotation des opérations extérieures est maintenue à 450 M€. Le financement des surcoûts liés au dispositif militaire stationné à l’étranger sera garanti par la clause de sauvegarde de la LPM, destinée à préserver les crédits d’équipement. Ainsi, parmi les grands programmes, 2 seront lancés (Ceres et rénovation avions ATL2) et 2 poursuivis (avions multirôles MRTT et Scorpion).

Le programme Ceres porte sur la première capacité opérationnelle de recueil de renseignement d’origine électromagnétique depuis l’espace. Ceres comptera 3 satellites et des moyens au sol permettant leur programmation, leur contrôle et le traitement des signaux électromagnétiques captés. Le lancement du stade de la réalisation de Ceres doit commencer début 2015, en vue des premières livraisons en 2020.

Le programme de rénovation des ATL2 concerne les avions de patrouille maritime armée Atlantique 2 (ATL2, photo) de la Marine nationale, destinés à la lutte contre les sous-marins et les navires de surface et entrés en service au début des années 1990. Facilement déployables hors du territoire métropolitain et très utilisés en opérations, même au-dessus du désert, ils constituent des plates-formes aéronautiques polyvalentes à très grand rayon d’action. La rénovation de leur système de combat permettra de traiter leurs obsolescences et d’apporter les modernisations nécessaires à l’évolution du contexte, de la haute mer au littoral, et de contrer la menace due à la prolifération de sous-marins à propulsion diesel-électrique devenus performants et discrets. La LPM 2014-2019 prévoit la livraison échelonnée de 15 ATL2 rénovés à partir de 2018. Ces avions seront retirés du service après 2030. Le programme MRTT (Multirole Transport Tanker en anglais) concerne des avions gros porteurs polyvalents destinés à remplacer 11 C-135 FR et 3 KC-135 R de ravitaillement en vol datant du début des années 1960, et 3 A310 et 2 A340 de transport de fret. Les MRTT mettront en œuvre la composante aérienne de la dissuasion nucléaire, contribueront à la posture permanente de sûreté et la projection de forces et de puissance et assureront les évacuations sanitaires à longue distance. Le premier appareil a été commandé en 2014 et 8 suivront en 2015. La LPM prévoit la livraison de 12 avions à partir de 2018.

Le programme Scorpion consiste à fédérer combattants et systèmes d’armes au sein de l’armée de Terre par la transmission et le partage instantanés d’informations et à assurer la transformation des groupements tactiques interarmes pour accroître leur efficacité et leur protection. Lancé en 2014, Scorpion permettra le renouvellement des véhicules de l’avant blindé (VAB) en service par des véhicules blindés multirôles (VBMR) et celui des chars AMX10 RC, des ERC 90 (engin à roues avec un canon de 90 mm) et des VAB anti-char équipés de missiles Hot actuels par des engins blindés de reconnaissance et de combat (ERBC), destinés à équiper les brigades multirôles. Les livraisons commenceront en 2018, en vue d’équiper progressivement 2 brigades interarmes à l’horizon 2025. Par ailleurs, pour préparer l’avenir en matière d’équipements, 3,6 Md€ seront alloués à la recherche et à la technologie et 740 M€ aux études amont. Enfin, en 2015, les états-majors et les services centraux du ministère de la Défense, dispersés sur une quinzaine de sites parisiens, seront regroupés à Balard (Sud-Ouest de Paris).

Loïc Salmon

Renseignement militaire : cinq satellites français de plus

Libye : bilan du Groupe aéromobile dans l’opération Harmattan

Les GTIA en Opex : besoin urgent d’armements adaptés




« Catamaran 2014 » : exercice amphibie d’une force expéditionnaire interalliés

L’exercice majeur d’entraînement interarmées « Catamaran 2014 » (13-26 octobre 2014) assure la préparation opérationnelle d’une force expéditionnaire à la conduite d’un assaut amphibie. Celle-ci est parfois la seule option militaire possible pour résoudre une crise à grande distance, débloquer un front ou répondre à un besoin humanitaire. « Catamaran 2014 » met en œuvre la composante maritime de la force expéditionnaire commune franco-britannique (CJEF), interarmées, non permanente et disponible sous faible préavis, conformément au Traité de Lancaster House (2010). Pendant l’entraînement en France, des officiers britanniques occupent des postes clés au sein des états-majors de conduite des exercices et deux équipes britanniques sont insérées dans les forces dites « avancées ». Cela permet de mettre au point des mécanismes communs, notamment le passage, délicat, du commandement maritime au commandement terrestre dès l’établissement d’une tête de pont solide à terre. « Catamaran 2014 » se déroule en Méditerranée occidentale et au Sud de la France. La première phase (13-19 octobre) porte sur : la montée en puissance de la force expéditionnaire et la préparation du débarquement par les forces « avancées » (commandos marine des Forces spéciales) ; un entraînement des troupes embarquées et une répétition de l’assaut amphibie en Corse. En même temps, une partie du groupe de guerre des mines, qui inclut des plongeurs démineurs italiens et slovènes, sécurise les abords de Port-Vendres à l’Ouest de la zone. En amont, le porte-avions réduit la menace et assure un rapport de forces de 3 contre 1 pour préparer le débarquement à partir du groupe amphibie. Dans la nuit du 19 octobre, les troupes terrestres débarquent sur les plages de Saint-Aygulf (Fréjus) et du Dramont (Saint-Raphaël) à bord d’engins amphibies rapides et d’hélicoptères de manœuvre (photo) de bâtiments de projection et de commandement (BPC). Lors de la seconde phase (20-26 octobre), les troupes se dirigent vers Canjuers (Nord du département du Var), sous la protection des aéronefs embarqués (hélicoptères et avions radar, d’écoute électromagnétique et de chasse) et d’une frégate de défense aérienne. Les moyens engagés totalisent 5.000 militaires, dont près de 1.000 pour la force de débarquement. La Marine déploie la « Task Force 473 » : porte-avions Charles-de-Gaulle avec 12 Rafale, 6 Super-Étendard modernisés, 1 avion de guet aérien Hawkeye et 3 hélicoptères ; 3 frégates ; 2 pétroliers ravitailleurs ; 1 sous-marin nucléaire d’attaque ; 2 avions de patrouille maritime ATL2 ; 1 groupe amphibie avec 2 BPC, 1 transport de chalands de débarquement et leur batellerie. S’y ajoute un groupe de guerre des mines avec 1 bâtiment d’expérimentation, 3 chasseurs de mines et 2 bâtiments bases de plongeurs démineurs. L’armée de Terre déploie : 1 groupement tactique embarqué (600 soldats) ; 1 groupement aéromobile (8 hélicoptères Puma, 4 Gazelle et 2 Tigre) ; 1 sous-groupement logistique. Embarquent également sur BPC l’état-major de la Force aéromaritime française de réaction rapide et celui de la 9ème Brigade d’infanterie de marine, binômée depuis 1995 avec la 3ème Brigade commando des Royal Marines britanniques. En parallèle, deux entraînements d’interopérabilité ont eu lieu dans le Sud-Est de la France : « Noble Arrow » pour l’armée de l’Air et « Toll » pour l’armée de Terre, soutenue par les aéronefs de la Task Force 473.

Loïc Salmon

Joint Warrior 13-1 : exercice combiné majeur interalliés

Provence 1944

Marine nationale : Harmattan, les BPC en action