Gendarmerie : un musée national directement accessible

Depuis le 10 octobre 2015, les visiteurs peuvent découvrir le musée national de la Gendarmerie à Melun… sans avoir à déposer leur carte d’identité à l’entrée ! Il est désormais accessible depuis le parvis de l’École des officiers de la gendarmerie nationale, qui a formé plus de 12.000 élèves français et 2.500 étrangers depuis 1945. A l’entrée se trouve une monumentale grenade enflammée, réalisée en alliage de cuivre et d’aluminium et enchâssée sur des lames accrochées à une extension en verre. Cette grenade, qui remonte aux troupes d’élite de Louis XIV, symbolise le grand courage, car les « grenadiers voltigeurs » devaient courir devant les fantassins pour la lancer. Cet emblème militaire, aboli sous la Révolution, sera repris en 1797 par la Gendarmerie, devenue « nationale ». C’est toute l’histoire de cette arme, dont l’origine remonte à la « maréchaussée » de 1339, que retrace son musée nouvelle formule. Au cœur du bâtiment et sur toute sa hauteur, une vitrine suspendue de 18 m de long, 8,5 m de haut et 2 m de large présente une chronologie de référence à travers les silhouettes de gendarmes à pied et à cheval. Les gendarmes, dont l’uniforme sera codifié en 1720, étaient issus de la cavalerie lourde, d’une taille minimum de 1,75 m et coiffés d’un bicorne pour en imposer. Napoléon 1er placera à leur tête le maréchal Moncey qui,  momentanément destitué de sa dignité en 1816, sera nommé gouverneur des Invalides et assistera au « retour des cendres » de l’Empereur en 1840 avant de mourir à 88 ans en 1842. La Gendarmerie, qui n’acceptera les femmes qu’à partir de 1983, a pourtant décidé de confier la direction de son musée rénové à la jeune capitaine Élinor Boularand (photo). Celle-ci en a expliqué les enjeux au cours d’une visite pour la presse le 29 septembre. Pour la première fois, l’institution dévoile son patrimoine et son histoire sans nier la vérité historique, dont son rôle de « Garde personnelle du chef de l’État » (Philippe Pétain), pendant l’Occupation, et sa participation, répressive, aux événements de « Mai 68 ». Les 1.200  m2 d’exposition permanente présentent plus de 2.000 objets, documents et photographies sur une collection de 30.000. Figurent notamment des souvenirs du lieutenant Félix Fontan, à savoir son pistolet, sa croix de chevalier de la Légion d’Honneur et les menottes qu’il avait passées aux poignets de Jules Bonnot. Le 28 avril 1912, il avait lancé une charge de dynamite dans la maison où s’était retranché l’anarchiste. La « bande à Bonnot » avait défrayé la chronique en 1911 et 1912 par ses meurtres et braquages de banques. Le lieutenant Fontan sera le premier officier de Gendarmerie tué en 1914, lors de la reconnaissance d’une tranchée. Il fait partie de ces nombreux officiers et gendarmes qui se sont portés volontaires pour combattre, conscients de leur mauvaise image de « planqués » et de « chasseurs de déserteurs ». A ce propos, une exposition temporaire (10 octobre 2015-10 avril 2016) présente les missions de la Gendarmerie pendant la première guerre mondiale : police militaire ; renseignement sur l’opinion publique ; lutte contre le marché noir et le braconnage ; surveillance des camps de prisonniers de guerre. Depuis, les gendarmes ont retrouvé la sympathie acquise auprès du grand public depuis le milieu du XIXème siècle. Les exploits du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale et les défilés de la Garde Républicaine à cheval le 14 juillet sur les Champs-Élysées y ont certainement contribué, sans oublier les aventures cinématographiques… du « gendarme de Saint-Tropez » !

Loïc Salmon

Les spécialistes de la gendarmerie

Les gendarmes du ciel

 




Forces spéciales : création du commando Ponchardier de la Marine nationale

La Force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO) compte une nouvelle unité, le commando Ponchardier, qui a reçu, le 11 septembre 2015 à Lorient, son fanion décoré de la croix de Guerre 1939-1945, au cours d’une cérémonie présidée par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Composé d’environ 150 personnels, le commando Ponchardier compte 4 escouades et 1 élément de commandement. L’escouade « mer » met en œuvre des moyens d’insertion maritime à longue distance et d’action au large des commandos marine : embarcations rapides de type ECUME (Embarcation Commando à Usage Multiple Embarquable), ETRACO (Embarcation de Transport Rapide pour COmmandos) et FUTURA (embarcation pneumatique à gonflage rapide). L’escouade « terre » est spécialisée dans la mobilité terrestre des opérations spéciales : véhicules de patrouille spéciale et véhicules légers de reconnaissance et d’appui. L’escouade « 3 D » assure l’insertion, par voie aérienne, des capacités des commandos marine, notamment en mer : parachutes spéciaux, personnels et matériels de largage. L’escouade « moyens spéciaux » regroupe les armes et munitions spéciales. Les « commandos marine », qui agissent en haute mer et de la mer vers la terre, effectuent aussi des opérations spéciales à terre. Ils participent aux actions de l’État en mer, à savoir la lutte contre les narcotrafics, l’immigration clandestine et la pêche illégale. Ils sont également engagés dans les opérations extérieures (Opex) à dominante maritime (lutte contre la piraterie au large de la Somalie) et à dominante terrestre (lutte contre le djihadisme dans la bande sahélo-saharienne). Totalisant 650 marins, ils sont répartis au sein de 7 unités, dénommées « commandos » et qui portent le nom d’un officier qui s’est illustré au combat : 5 de combat, Trépel, Jaubert, de Monfort, de Penfentenyo et Hubert ; 2 d’appui, Kieffer et Ponchardier. Les commandos de combat disposent de capacités communes : combat commando, renseignement, action d’environnement et maîtrise de tous les modes d’infiltrations terrestre, nautique et aéronautique. Toutefois, chacun s’est spécialisé : Trépel et Jaubert dans le contre-terrorisme, la libération d’otages et l’assaut en mer ; de Monfort et de Penfentenyo dans la neutralisation et l’observation ; Hubert dans le contre-terrorisme, la libération d’otages et l’action sous-marine ; Kieffer dans le commandement de groupes de forces spéciales, la guerre électronique, la cynotechnie (chiens), les drones et la lutte contre les risques NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) ; Ponchardier dans les moyens nautiques, terrestres, la troisième dimension et les armements. La FORFUSCO compte environ 2.300 personnels militaires et civils, répartis dans 18 unités sur 10 sites en France. Les unités de  « fusiliers marins » assurent : la protection et la défense de tous les sites sensibles de la Marine nationale ; la protection, à terre et en mer, de ceux des armées de Terre et de l’Air déployées à l’étranger ou en Opex ; la protection des navires civils d’intérêt stratégique ou particulièrement exposés à des menaces maritimes (piraterie). Les unités de commandos marine constituent les forces spéciales de la Marine. La FORFUSCO, basée à Lorient sauf Hubert installé à Toulon, est l’une des composantes de la Marine, qui compte également la Force d’action navale, la Force océanique stratégique (sous-marins nucléaires lanceurs d’engins) et la Force de l’aéronautique navale.

Loïc Salmon

Forces spéciales : outil complémentaire des forces conventionnelles

Tigre 2 : exercice franco saoudien d’opérations spéciales

De la cavalerie aux forces spéciales, l’histoire du 13ème Régiment de dragons parachutistes




Défense : effectifs et engagements en 2014-2015

Le ministère de la Défense a rendu publiques, le 3 septembre 2015 à Paris, les données concernant les armées, compte tenu de l’actualisation de la Loi de programmation militaire 2015-2019. En crédits de paiements, la Défense reste le deuxième poste de dépenses de l’État, derrière l’Éducation nationale. Sur le plan budgétaire, le ministère de la Défense prend en charge la « défense » proprement dite de la nation, la mission « anciens combattants, mémoire et liens avec la nation » et le programme « recherche duale (civile et militaire) », intégré à la mission interministérielle « recherche et enseignement supérieur ». Fin 2014, les effectifs du ministère se montent à 270.849 personnels, dont 208.916 militaires, âgés de 33,2 ans en moyenne, et 61.933 civils (47,4 ans). L’armée de Terre emploie 8.403 civils et 111.628 militaires, dont 14.418 officiers, 38.740 sous-officiers, 57.826 militaires du rang et 644 volontaires. La Marine nationale compte 2.830 civils et 36.044 militaires, dont 4.617 officiers, 23.905 officiers mariniers (sous-officiers), 6.765 quartiers-maîtres et matelots et 757 volontaires. L’armée de l’Air dispose de 5.187 civils et 43.597 militaires, dont 6.679 officiers, 25.584 sous-officiers, 11.259 militaires du rang et 75 volontaires. La proportion élevée de sous-officiers dans la Marine et l’armée de l’Air s’explique par leur niveau de technicité plus élevé et nécessitant une formation plus longue que dans l’armée de Terre. En outre, les Services de santé, du commissariat et des essences des armées totalisent 45.513 civils et 17.647 militaires, dont 9.303 officiers, 6.794 sous-officiers, 878 militaires du rang et 672 volontaires. Hors Gendarmerie nationale, la réserve citoyenne (bénévole) compte 2.435 personnes et la réserve opérationnelle (volontaires sous engagement à servir dans la réserve) 27.785. Cette dernière se répartit ainsi : armée de Terre, 55,6 % ; Marine nationale, 16,9 % ; armée de l’Air, 15,6 % ; Service de santé, 11 % ; Service du commissariat, 0,3 % ; Service des essences, 0,2 % ; Délégation générale de l’armement, 0,4 %. Une partie de tous ces personnels est envoyée en opérations extérieures (voir carte, situation en juillet 2015). La bande sahélo-saharienne mobilise 3.585 personnes des armées de Terre et de l’Air. En Afrique de l’Ouest, la Marine déploie 350 militaires pour l’opération « Corymbe » dans le golfe de Guinée. En Afrique Centrale (République Centrafricaine), les armées de Terre et de l’Air disposent de 930 personnes. En océan Indien, la Marine déploie 570 militaires, surtout dans le golfe d’Aden. Au Proche-Orient, les trois armées mobilisent 900 personnels dans le cadre de la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Au Moyen-Orient, elles en déploient 700 dans l’opération « Chammal » (Irak). En outre, 40 militaires français participent à des opérations sous l’égide de l’ONU, de l’Union européenne ou de l’OTAN : 13 dans le Sahara occidental ; 12 en République démocratique du Congo ; 5 au Libéria, dans le Sinaï et en Bosnie-Herzégovine ; 10 en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, hors opérations extérieures, des forces françaises sont prépositionnées au Sénégal (350), en Côte d’Ivoire (600), au Gabon (450), dans les Émirats arabes unis (650) et à Djibouti (1.750). Pour garantir la souveraineté de la France, d’autres sont stationnées en permanence aux Antilles (1.250), en Guyane (2.300), en Zone Sud de l’océan Indien (1.950), en Nouvelle-Calédonie (1.600) et en Polynésie française (1.200). Enfin, les armées assurent la dissuasion nucléaire et la protection du territoire national.

Loïc Salmon

Défense : actualisation de la LPM 2014-2019

L’océan Indien : espace sous tension

Golfe de Guinée : zone de crises pour longtemps




Armée de l’Air : création d’un « centre de guerre aérienne »

Le Centre d’expertise aérienne militaire, véritable « centre de guerre aérienne » installé sur la Base aérienne 118 (BA 118) de Mont-de-Marsan, a été officiellement ouvert le 1er septembre 2015 par le général Denis Mercier, chef d’État-major de l’armée de l’Air. Il doit permettre de répondre, de manière cohérente et dans des délais réduits au plus juste, aux demandes des états-majors et des forces. Ce centre, directement rattaché au major général de l’armée de l’Air, résulte de la fusion du Centre d’expériences aériennes militaires (CEAM), qui réunit les expertises indispensables à la construction des futures capacités opérationnelles, et le Centre tactique air destiné aux besoins du commandement des forces aériennes. Le Centre d’expertise aérienne militaire rassemble trois types d’expertises sur un même site (la BA 118) et sous un même chef (un général de division aérienne). Le premier type (niveau opératif) concerne les doctrines de l’armée de l’Air : travaux sur les principes fondamentaux ; coordination du retour d’expérience ; conduite d’études exploratoires intéressant directement le commandement et le contrôle d’un théâtre d’opération. Le deuxième type (niveau stratégique) porte sur les expertises technico-opérationnelles nécessaires à la modernisation des équipements des forces : contribution au suivi du développement des nouveaux matériels ; conception et réalisation des expérimentations. Le troisième type (niveau tactique) consiste à capitaliser les meilleures pratiques et à valoriser toute initiative ou réflexion pertinente des unités opérationnelles. Ce triptyque assure la cohérence des capacités opérationnelles et permet de maîtriser la surenchère technologique des équipements. Le Centre d’expertise aérienne militaire entretient des partenariats avec la Délégation générale de l’armement, l’industrie et les universités. Il repose aussi sur un réseau de « référents tactiques » des  unités opérationnelles. Chaque référent aura reçu une formation de haut niveau de 4 semaines, dont les cours sont validés par les centres experts de l’armée de l’Air ou d’organismes externes. La première session a eu lieu en juin 2015 et la seconde est prévue à la fin de l’année. Le stagiaire est immergé dans une « ruche multiculturelle », où il explique les capacités et expertises de son unité d’origine, ses besoins et ses contraintes. En retour, il apprend à intégrer les spécificités des unités des autres stagiaires. De son côté, le commandant d’unité peut faire appel au référent tactique pour solliciter le Centre d’expertise aérienne militaire sur des questions d’ordre tactique, technique ou doctrinal. Il y fait remonter, par son intermédiaire, les bonnes pratiques de son unité, pour les faire partager par d’autres. Enfin, il tient ainsi son unité à jour des changements doctrinaux, techniques et tactiques de l’armée de l’Air. La Base aérienne 118 abrite diverses unités, qui facilitent les activités du Centre d’expertise aérienne militaire : escadrons de chasse et de défense sol-air ; unités d’appui aux opérations (soutien, guerre électronique, liaisons de données tactiques, systèmes d’information opérationnels et génie de l’Air) ; unités d’instruction (contrôle et défense aérienne, formation Rafale et utilisation opérationnelle et technique) ; unités d’expérimentations techniques ; unités de soutiens communs et spécialisés. Toutes participent aux missions permanentes de l’armée de l’Air : protection, dissuasion nucléaire et intervention.

Loïc Salmon

Armée de l’Air : une « smart base » pour créer des partenariats avec le monde civil

Armée de l’Air : engagement opérationnel intense et réforme en profondeur

Dissuasion nucléaire : assurer à la France son indépendance




« CMOS Kaméléon », la caméra qui voit la nuit en couleur

La caméra à très bas niveau de lumière « CMOS Kaméléon » permet de voir en couleur dans l’obscurité quasi totale avec des applications militaires et civiles. Elle a été mise au point par les chercheurs Damien Letexier et Geoffroy Deltel de la société optronique Photonis, qui ont reçu, le 2 juin 2015, le 42ème prix « Ingénieur général Chanson » décerné par l’Association de l’armement terrestre et remis par général Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de Terre. Au niveau de nuit correspondant à la pleine lune, l’œil humain ne voit plus qu’en noir et blanc (monochrome). Or la couleur contribue à l’identification de la cible, à la discrimination ami-ennemi par traceur couleur ou le repérage de zones de danger sur un théâtre de combat. La caméra CMOS Kaméléon est déjà utilisée pour : la surveillance urbaine ; la lunette de tir des armes des forces spéciales ; le casque des pilotes des hélicoptères militaires français et britanniques et des appareils civils ; la surveillance rapprochée du char allemand Leopard 2. D’autres applications sont possibles : caméras sur drones de surveillance ; vision périphérique proche pour les petits véhicules blindés ; aide à la conduite de véhicules de sécurité de nuit, par fusion des signaux d’une caméra thermique refroidie et de la caméra à vision nocturne monochrome fabriquée par Photonis. Dans son allocution, le général Bosser a rappelé que la pertinence de l’innovation technique dépend de deux facteurs : la réponse à un besoin objectif et la facilité d’intégration dans l’environnement de l’utilisateur, à savoir par sa facilité d’emploi, son ergonomie et sa compatibilité avec les autres équipements. CMOS Kaméléon, dit-il, « répond à un besoin que confirmeront sans hésiter tous ceux qui ont eu à utiliser la vision monochrome sur le terrain. Elle devrait également s’intégrer aisément dans l’environnement du combattant, à la condition que cette caméra fasse du triptyque faible encombrement, robustesse et autonomie énergétique son leitmotiv ». La caméra CMOS Kaméléon a été développée dans le cadre du programme de financement « Rapid » de la Direction générale de l’armement. Le dispositif « Rapid » (Régime d’appui à l’innovation duale) finance des projets lancés par des entreprises de moins de 2.000 salariés. Ces projets de recherche industrielle ou de développement expérimental à fort potentiel technologique doivent présenter des applications militaires avec des retombées pour les marchés civils.

Loïc Salmon

 




Armée de l’Air : une « smart base » pour créer des partenariats avec le monde civil

L’expérimentation de la « smart base » a été lancée le 29 juin 2015 sur la base aérienne 105 d’Évreux (BA 105), en présence du général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’Air, de Guy Lefranc, président du « Grand Évreux Agglomération », et de Gilles Treuil, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de l’Eure. Grâce à la technologie numérique et des approches innovantes, la smart base devrait notamment augmenter l’efficacité du système de combat, améliorer les conditions de travail et le cadre de vie des personnels de la base 105 et de leur famille et, enfin, renforcer le « lien citoyen ». Implantée sur le plateau d’Évreux depuis 1912 et principal employeur du département de l’Eure, la BA 105 a été choisie pour cette expérimentation, car elle est très engagée dans le tissu économique local et accueille près de 150 collégiens, étudiants et stagiaires par an. Elle s’étend sur 750 ha autour d’une piste de 3.000 m et abrite près de 2.500 militaires et civils de la défense, dont environ 500 appartiennent aux services de soutien. A l’été 2016, elle prendra en charge 18 avions de transport Casa actuellement stationnés à la base de Creil. Son escadron de transit et d’accueil aérien représente près de 13.000 mouvements, 2.400 passagers et 4.500 t de fret par an. La BA 105 peut aussi accueillir et assurer le soutien d’avions ravitailleurs en vol, en cas de montée en puissance du dispositif de dissuasion nucléaire aéroportée. Elle met en œuvre la flotte d’avions de transport tactique Transall destinés aux théâtres d’opérations. En outre, elle dispose de capteurs de renseignement particuliers de linguistes et d’opérateurs dans le cadre de sa mission de prévention. Depuis août 2015, elle abrite l’Escadre aérienne de commandement et de conduite projetable, qui regroupe l’Escadron de détection et de contrôle mobile 90.538 et le Groupement tactique des systèmes d’information et de communications aéronautiques (GTSIC Aéro) 10.805. Ce dernier travaille notamment avec les unités de défense sol/air de la Force opérationnelle terrestre et les Forces spéciales air. Il compte 550 experts dans le domaine des systèmes de surveillance, d’information et de communications, l’appui électronique et la mise en œuvre d’outils de commandement sur divers théâtres en métropole et à l’étranger : Salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget (banlieue parisienne) en juin 2015 ; opération « Barkhane » dans la bande sahélo-saharienne depuis août 2014 ; opération « Chammal » en Irak depuis septembre 2014. Dans la cadre du projet smart base et en partenariat avec la CCI de l’Eure, le GTSIC Aéro 10.805 participera à la mise en place d’un forum civilo-militaire d’échange d’expériences et de développement de synergies, en vue d’assurer une veille technologique. Enfin, la BA 105 constitue le centre de gravité de la Base de défense (BDD) d’Évreux, qui inclut trois autres sites : Rouen avec un centre du service national et des centres de recrutement des armées de Terre et de l’Air et de la Marine nationale ; Le Havre avec un commandement maritime et une compagnie de Gendarmerie maritime ; Favières pour les moyens de communications. En outre, la BDD soutient partiellement le centre de la Direction générale de l’armement de Val-de-Reuil, dédié aux techniques hydrauliques. Enfin, son centre médical est ouvert aux 3.000 gendarmes de la région, du département de l’Eure-et-Loir à la côte normande.

Loïc Salmon

Forces spéciales : outil complémentaire des forces conventionnelles

Dissuasion nucléaire : pertinence pérenne et retombées pour les armées

Armée de Terre : un état-major de forces immédiatement projetable




14 juillet 2015 : les opérations sur le territoire national à l’honneur

Les unités et communes décorées de l’Ordre de la Libération ainsi que les unités civiles et militaires déployées dans le cadre de l’opération « Sentinelle » (Plan Vigipirate attentat) constituent le thème du défilé du 14 juillet 2015. Lors de sa présentation à la presse le 2 juillet, le général Hervé Charpentier, gouverneur militaire de Paris, a souligné le caractère symbolique de la présence des forces spéciales du ministère de l’Intérieur, qui marchent devant les troupes à pied : RAID, Brigade de recherche et d’intervention et Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale. En alerte permanente, elles sont donc représentées par leurs porte-emblèmes, qui suivent la délégation mexicaine invitée. En effet, à l’occasion de la visite d’État en France (13-16 juillet) du président du Mexique, Enrique Pena Nieto, des cadets des écoles des armées de Terre et de l’Air, de la Gendarmerie et de la Marine marchent au « pas de l’oie », accompagnés de 2 aigles et 4 faucons. Tous sont précédés par la parade des formations et communes « Compagnons de la Libération », reconstituant une croix de Lorraine avec le « V » de la victoire. Parmi les 1.038 personnes décorées, l’Ordre n’en compte plus que 15 encore en vie. Une dizaine doit siéger à la tribune présidentielle. En outre, cinq communes membres de l’Ordre en assurent la pérennité : Nantes, Grenoble, Paris, Vassieux-en-Vercors et l’Ile-de-Sein. Enfin, 18 unités décorées sont ainsi réparties : le Bataillon de marche N°2, la 13ème Demi-Brigade de la Légion étrangère, le Bataillon de l’infanterie de marine et du Pacifique, le Régiment de marche du Tchad, le 2ème Régiment d’infanterie coloniale, le 1/3ème Régiment d’artillerie coloniale, le 1er Régiment d’artillerie coloniale, le 1er Régiment de marche de spahis marocains et le 501ème Régiment de chars de combat pour l’armée de Terre ; l’Escadrille française de chasse N°1, le Régiment de chasse « Normandie-Niemen », le 2ème Régiment de chasseurs parachutistes de l’armée de l’Air, le Groupe de bombardement « Lorrain », le Groupe de chasse « Ile-de-France » et le Groupe de chasse « Alsace » pour l’armée de l’Air ; le sous-marin Rubis, la corvette Aconit et le 1er Régiment de fusiliers marins pour la Marine nationale. Les unités dissoutes depuis sont représentées à la parade. Par ailleurs, toutes les unités militaires défilantes ont participé à l’opération « Sentinelle », qui n’inclut pas la protection de l’événement, dévolue à la Préfecture de police. Dans la capitale, « Sentinelle » mobilise 4.000 personnels, dont 80 défilent le 14 juillet. Les unités actives dans les opérations extérieures (Opex) « Barkhane » (bande sahélo-saharienne), « Sangaris » (Centrafrique), « Chammal » (Irak) et « Ébola » (Guinée équatoriale) participent au défilé, en particulier les moins connues : le 28ème Groupe géographique, représenté pour la première fois depuis 30 ans ; le 17ème Régiment du génie parachutiste ; l’Établissement de communication et de production audiovisuelle des armées ; le Service de santé ; la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Le défilé du 14 juillet 2015, plus court de 15 minutes qu’en 2014, mobilise 3.463 militaires à pied, 208 véhicules, 241 cavaliers de la Garde Républicaine, 31 hélicoptères et 55 avions dont 1 belge et 2 espagnols. Sur ordre du chef d’État-major des armées, tous, à l’exception de ceux invités par les mairies de l’agglomération parisienne, rejoignent directement leurs unités à l’issue, afin de préparer les relèves de « Sentinelle » et des Opex ou se reposer.

Loïc Salmon

Terrorisme : plan Vigipirate renforcé dans toute la France

14 juillet 2014 : 80 nations invitées pour les 100 ans de la Grande Guerre

14 juillet 2013 : une armée d’avant-garde fière de ses traditions




Armement : succès du soutien public à l’exportation en 2014

Les prises de commandes d’armement à l’exportation ont totalisé 8,2 Md€ en 2014, résultat le plus important jamais réalisé, souligne le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, dans un rapport adressé au Parlement en juin 2015. Les exportations contribuent à garantir l’équilibre de la loi de programmation militaire 2014-2019 avec, pour le premier semestre 2015, les commandes confirmées d’avions de combat Rafale à l’Égypte (24 appareils) et au Qatar (24). Entre 2010 et 2014, les exportations françaises d’armement se répartissent surtout entre les Proche et Moyen-Orient avec 38,1 % du total, l’Asie (30,1 %), l’Europe (12,7 %), les Amériques (10,8 %) et l’Afrique (4,4 %). Les contrats supérieurs à 200 M€ ont été conclus principalement avec l’Arabie Saoudite, le Brésil, l’Inde, les Émirats arabes unis et le Maroc. Ceux inférieurs à 200 M€ ont concerné d’abord l’Arabie Saoudite, suivie, à égalité, de l’Inde, des Émirats arabes unis et… des États-Unis ! Selon une étude d’impact réalisée en 2014, les exportations d’armement entre 2008 et 2013 ont permis de réduire le déficit commercial de 5 % à 8 %, de préserver 27.500 emplois directs et indirects et de contribuer au maintien d’une dynamique d’innovations technologiques. En 2013, 669 entreprises françaises, dont la moitié de tailles petite et moyenne (PME), ont déclaré exporter des matériels militaires. Elles se trouvent surtout en régions Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Bretagne, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Centre et Rhône-Alpes. Créé la même année, le Comité ministériel des exportations de défense coordonne l’intervention du ministère de la Défense, en lien avec les industriels et les postes diplomatiques concernés par certains projets spécifiques. Ainsi, la Direction générale de l’armement facilite la participation des entreprises françaises aux salons internationaux. En outre, elle intervient en amont et en aval des contrats par le biais des « directeurs d’opération export », chargés de leur exécution conformément aux engagements pris à l’égard des États clients. Par ailleurs, ceux-ci perçoivent comme une garantie de fiabilité et d’efficacité la mise en service de ces équipements par les forces armées françaises, les plus engagées en opérations extérieures difficiles parmi leurs homologues européennes. En outre, pour les grands contrats, les armées organisent, à l’intention des États clients, des démonstrations opérationnelles des matériels proposés à l’exportation. Une fois les contrats conclus, elles leur prêtent des capacités initiales avant les premières livraisons. Enfin, dans le cadre d’une coopération militaire, elles assurent la formation des personnels durant la durée des contrats. Sur le plan financier, la COFACE (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur) gère les garanties publiques de l’État en matière d’exportation de matériels de défense. Aux PME et entreprises réalisant moins de 500 M€ de chiffre d’affaires annuel, elle propose : l’assurance des actions de prospection sur les marchés étrangers ; l’assurance-crédit pour garantir le paiement du contrat d’exportation ou le remboursement du prêt qui le finance, face aux risques de nature commerciale, politique ou catastrophique ; l’assurance des investissements à l’étranger, tout en se protégeant du risque politique ; l’assurance des cautions et celle des préfinancements/risques exportateurs, pour obtenir un préfinancement ou faciliter la mise en place de cautions ; l’assurance de change pour exporter en devises, sans subir le risque de change.

Loïc Salmon

DGA : bilan 2014 conforme à la loi de programmation

DCI : actions communes de défense et de diplomatie

Diplomatie : actions de la DCSD sur les moyen et long termes en matière de sécurité et défense




Salon de l’aéronautique et de l’espace 2015 : + 5 % d’exposants

Le 51ème Salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget accueille 2.260 exposants dont 50 % étrangers, soit une hausse de 5 % en deux ans, a déclaré Marwan Lahoud, président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), au cours d’une conférence de presse tenue à Paris le 21 mai 2015. « C’est un bon cru, grâce aux grandes commandes militaires » dit-il. Avec les commandes de l’avion de chasse Rafale par l’Égypte (24 appareils), l’Inde (36) et le Qatar (24), les commandes françaises ont atteint 73 Md€ en décembre 2014. Le Salon du Bourget (15-21 juin 2015), aujourd’hui à 20 % militaire et à 80 % civil, est aussi, pour tous les décideurs de l’aéronautique du monde, l’occasion de se rencontrer. Il aura reçu 120 aéronefs, 300 délégations officielles, 140.000 visiteurs professionnels  et 180.000 visiteurs grand public. Selon le GIFAS, il reste le plus grand du monde du genre avec 2.215 exposants et 139.000 visiteurs professionnels en 2013 (photo), par rapport à celui de Farnborough (Grande-Bretagne) avec 1.506 exposants et 132.000 visiteurs professionnels en 2014, le salon ILA de Berlin avec 1.203 exposants et 125.000 visiteurs professionnels en 2014 et ceux de Dubaï (2013) et Singapour (2014) avec approximativement 1.000 exposants et 50.000 visiteurs professionnels. Le Salon du Bourget 2015 est le moins cher du monde, par suite de la baisse de l’euro, et aussi le plus international, précise le GIFAS avec 26 pavillons nationaux, 47 pays représentant les exposants et 181 pays représentant les visiteurs professionnels. Compte tenu du plan « Vigipirate alerte attentat » en cours, la sécurité mobilise près de 1.500 personnels, privés et publics, fournis notamment par la Direction de  l’ordre public et de la circulation, la Police de l’air et des frontières, la Gendarmerie mobile, la Direction générale de la sécurité intérieure, la Direction de la protection et de la sécurité de la défense, la Brigade anti-criminalité départementale 93, la Police parisienne et la Préfecture de Seine-Saint-Denis. Par ailleurs, lors des trois derniers jours (vendredi, samedi et dimanche) se tient le 1er Salon de l’emploi et de la formation de l’industrie aéronautique et spatiale, du transport aérien et de la défense nationale. Les personnes à la recherche d’une formation, d’un stage ou d’un emploi peuvent y rencontrer quelque 70 exposants : entreprises (avionneurs, motoristes, équipementiers, sous-traitants, sociétés de services en ingénierie informatique et agences d’intérim) ; établissements de formation (écoles d’ingénieurs, instituts universitaires de technologie, universités, lycées professionnels, centres de formation d’apprentis et écoles spécialisées) ; associations ; fédérations. En outre, le GIFAS indique que ses entreprises adhérentes ont recruté environ 10.000 personnes (20 % de jeunes diplômés) en 2014 : 43 % d’ingénieurs et cadres ; 26 % d’employés, de techniciens et d’agents de maîtrise ; 31 % d’ouvriers qualifiés. Enfin, l’industrie aéronautique, spatiale, de défense et de sécurité a employé 180.000 personnes en 2014, auxquelles s’ajoutent 11.000 emplois équivalents temps plein de l’intérim aéronautique.

Loïc Salmon

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Défense : actualisation de la LPM 2014-2019

Le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, adopté par le Conseil des ministres le 20 mai 2015, sera présenté à l’Assemblée nationale début juin. Jean-Claude Mallet, conseiller spécial du ministre de la Défense, l’a présenté à la presse le même jour. Le budget du ministère de la Défense augmentera de3,8 Md€ par rapport à la LPM initiale pour totaliser 162,41 Md€ sur 2015-2019, grâce à des crédits budgétaires supplémentaires et des cessions immobilières et de matériels militaires. La Force opérationnelle terrestre augmentera de 11.000 hommes pour totaliser 77.000 personnels. Compte tenu des engagements extérieurs depuis trois ans (reliquat Afghanistan, Mali et Centrafrique), un investissement de 1,5 Md€  portera sur les équipements clés. Ainsi, pour l’aérocombat notamment dans la bande sahélo-saharienne, 7 hélicoptères Tigre supplémentaires seront commandés et la cadence de livraison des hélicoptères de transport tactique NH90 sera accélérée. Les trois derniers avions ravitailleurs MRTT seront livrés entre 2018 et 2025, pour compenser le retrait du service des C 135, âgés en moyenne de 51 ans. Compte tenu des aléas de l’avion de transport tactique A 400 M, 4 avions C 130 Hercules doivent être acquis, dont 2 capables de ravitailler des hélicoptères en vol. Les forces spéciales recevront 2 avions C 130 et renouvelleront leur parc de jumelles à vision nocturne. En 2023 aura lieu la première livraison du programme de frégates de taille intermédiaire, complémentaires des frégates multi missions (FREMM), dont 6 auront été livrées en 2019. D’ici là, les frégates furtives seront rénovées avec l’ajout d’un sonar, lors de leurs arrêts techniques programmés. En matière de renseignement, la capacité d’observation spatiale sera renforcée par l’acquisition d’un troisième satellite, en coopération avec l’Allemagne dans le cadre du programme MUSIS (système multinational pour la surveillance, la reconnaissance et l’observation). En outre, une charge utile ROEM (renseignement d’origine électromagnétique) sera installée sur les drones Reaper. Pour garantir la souveraineté française dans le Sud-Est de l’océan Indien, la Marine nationale recevra un 4ème bâtiment multimissions, qui sera basé à La Réunion. En outre, elle va acquérir 4 bâtiments de soutien et d’assistance hauturier pour la surveillance des approches maritimes métropolitaines. La capacité d’intervention aérienne sera renforcée par l’acquisition de 25 nacelles TALIOS (système optronique de ciblage et d’identification à longue distance) destinées aux Mirage 2000 et Rafale, dont 152 appareils auront été livrés en 2019 sur les 180 commandés. En matière de cyberdéfense, 1.000 personnels civils et militaires supplémentaires seront recrutés sur la période 2014-2019. De plus, les organisations et les capacités d’analyse et de surveillance du ministère de la Défense seront renforcées. Dans ce dernier domaine et afin d’améliorer la protection du territoire national, des partenariats seront conclus avec les entreprises, en vue de recruter 28.000 à 40.000 réservistes pour servir de 30 à 210 jours/an pendant au moins 3 ans. Par ailleurs, le projet d’actualisation de la LPM 2014-2019 autorise la création et l’adhésion libre à des « associations professionnelles nationales de militaires ». Toutefois, sont interdites actions collectives (grèves) ou initiatives individuelles pour défendre des intérêts professionnels de la part de militaires engagés en opérations, afin de garantir  la disponibilité des armées.

Loïc Salmon

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