14 juillet 2015 : les opérations sur le territoire national à l’honneur

Les unités et communes décorées de l’Ordre de la Libération ainsi que les unités civiles et militaires déployées dans le cadre de l’opération « Sentinelle » (Plan Vigipirate attentat) constituent le thème du défilé du 14 juillet 2015. Lors de sa présentation à la presse le 2 juillet, le général Hervé Charpentier, gouverneur militaire de Paris, a souligné le caractère symbolique de la présence des forces spéciales du ministère de l’Intérieur, qui marchent devant les troupes à pied : RAID, Brigade de recherche et d’intervention et Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale. En alerte permanente, elles sont donc représentées par leurs porte-emblèmes, qui suivent la délégation mexicaine invitée. En effet, à l’occasion de la visite d’État en France (13-16 juillet) du président du Mexique, Enrique Pena Nieto, des cadets des écoles des armées de Terre et de l’Air, de la Gendarmerie et de la Marine marchent au « pas de l’oie », accompagnés de 2 aigles et 4 faucons. Tous sont précédés par la parade des formations et communes « Compagnons de la Libération », reconstituant une croix de Lorraine avec le « V » de la victoire. Parmi les 1.038 personnes décorées, l’Ordre n’en compte plus que 15 encore en vie. Une dizaine doit siéger à la tribune présidentielle. En outre, cinq communes membres de l’Ordre en assurent la pérennité : Nantes, Grenoble, Paris, Vassieux-en-Vercors et l’Ile-de-Sein. Enfin, 18 unités décorées sont ainsi réparties : le Bataillon de marche N°2, la 13ème Demi-Brigade de la Légion étrangère, le Bataillon de l’infanterie de marine et du Pacifique, le Régiment de marche du Tchad, le 2ème Régiment d’infanterie coloniale, le 1/3ème Régiment d’artillerie coloniale, le 1er Régiment d’artillerie coloniale, le 1er Régiment de marche de spahis marocains et le 501ème Régiment de chars de combat pour l’armée de Terre ; l’Escadrille française de chasse N°1, le Régiment de chasse « Normandie-Niemen », le 2ème Régiment de chasseurs parachutistes de l’armée de l’Air, le Groupe de bombardement « Lorrain », le Groupe de chasse « Ile-de-France » et le Groupe de chasse « Alsace » pour l’armée de l’Air ; le sous-marin Rubis, la corvette Aconit et le 1er Régiment de fusiliers marins pour la Marine nationale. Les unités dissoutes depuis sont représentées à la parade. Par ailleurs, toutes les unités militaires défilantes ont participé à l’opération « Sentinelle », qui n’inclut pas la protection de l’événement, dévolue à la Préfecture de police. Dans la capitale, « Sentinelle » mobilise 4.000 personnels, dont 80 défilent le 14 juillet. Les unités actives dans les opérations extérieures (Opex) « Barkhane » (bande sahélo-saharienne), « Sangaris » (Centrafrique), « Chammal » (Irak) et « Ébola » (Guinée équatoriale) participent au défilé, en particulier les moins connues : le 28ème Groupe géographique, représenté pour la première fois depuis 30 ans ; le 17ème Régiment du génie parachutiste ; l’Établissement de communication et de production audiovisuelle des armées ; le Service de santé ; la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Le défilé du 14 juillet 2015, plus court de 15 minutes qu’en 2014, mobilise 3.463 militaires à pied, 208 véhicules, 241 cavaliers de la Garde Républicaine, 31 hélicoptères et 55 avions dont 1 belge et 2 espagnols. Sur ordre du chef d’État-major des armées, tous, à l’exception de ceux invités par les mairies de l’agglomération parisienne, rejoignent directement leurs unités à l’issue, afin de préparer les relèves de « Sentinelle » et des Opex ou se reposer.

Loïc Salmon

Terrorisme : plan Vigipirate renforcé dans toute la France

14 juillet 2014 : 80 nations invitées pour les 100 ans de la Grande Guerre

14 juillet 2013 : une armée d’avant-garde fière de ses traditions




Armement : succès du soutien public à l’exportation en 2014

Les prises de commandes d’armement à l’exportation ont totalisé 8,2 Md€ en 2014, résultat le plus important jamais réalisé, souligne le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, dans un rapport adressé au Parlement en juin 2015. Les exportations contribuent à garantir l’équilibre de la loi de programmation militaire 2014-2019 avec, pour le premier semestre 2015, les commandes confirmées d’avions de combat Rafale à l’Égypte (24 appareils) et au Qatar (24). Entre 2010 et 2014, les exportations françaises d’armement se répartissent surtout entre les Proche et Moyen-Orient avec 38,1 % du total, l’Asie (30,1 %), l’Europe (12,7 %), les Amériques (10,8 %) et l’Afrique (4,4 %). Les contrats supérieurs à 200 M€ ont été conclus principalement avec l’Arabie Saoudite, le Brésil, l’Inde, les Émirats arabes unis et le Maroc. Ceux inférieurs à 200 M€ ont concerné d’abord l’Arabie Saoudite, suivie, à égalité, de l’Inde, des Émirats arabes unis et… des États-Unis ! Selon une étude d’impact réalisée en 2014, les exportations d’armement entre 2008 et 2013 ont permis de réduire le déficit commercial de 5 % à 8 %, de préserver 27.500 emplois directs et indirects et de contribuer au maintien d’une dynamique d’innovations technologiques. En 2013, 669 entreprises françaises, dont la moitié de tailles petite et moyenne (PME), ont déclaré exporter des matériels militaires. Elles se trouvent surtout en régions Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Bretagne, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Centre et Rhône-Alpes. Créé la même année, le Comité ministériel des exportations de défense coordonne l’intervention du ministère de la Défense, en lien avec les industriels et les postes diplomatiques concernés par certains projets spécifiques. Ainsi, la Direction générale de l’armement facilite la participation des entreprises françaises aux salons internationaux. En outre, elle intervient en amont et en aval des contrats par le biais des « directeurs d’opération export », chargés de leur exécution conformément aux engagements pris à l’égard des États clients. Par ailleurs, ceux-ci perçoivent comme une garantie de fiabilité et d’efficacité la mise en service de ces équipements par les forces armées françaises, les plus engagées en opérations extérieures difficiles parmi leurs homologues européennes. En outre, pour les grands contrats, les armées organisent, à l’intention des États clients, des démonstrations opérationnelles des matériels proposés à l’exportation. Une fois les contrats conclus, elles leur prêtent des capacités initiales avant les premières livraisons. Enfin, dans le cadre d’une coopération militaire, elles assurent la formation des personnels durant la durée des contrats. Sur le plan financier, la COFACE (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur) gère les garanties publiques de l’État en matière d’exportation de matériels de défense. Aux PME et entreprises réalisant moins de 500 M€ de chiffre d’affaires annuel, elle propose : l’assurance des actions de prospection sur les marchés étrangers ; l’assurance-crédit pour garantir le paiement du contrat d’exportation ou le remboursement du prêt qui le finance, face aux risques de nature commerciale, politique ou catastrophique ; l’assurance des investissements à l’étranger, tout en se protégeant du risque politique ; l’assurance des cautions et celle des préfinancements/risques exportateurs, pour obtenir un préfinancement ou faciliter la mise en place de cautions ; l’assurance de change pour exporter en devises, sans subir le risque de change.

Loïc Salmon

DGA : bilan 2014 conforme à la loi de programmation

DCI : actions communes de défense et de diplomatie

Diplomatie : actions de la DCSD sur les moyen et long termes en matière de sécurité et défense




Salon de l’aéronautique et de l’espace 2015 : + 5 % d’exposants

Le 51ème Salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget accueille 2.260 exposants dont 50 % étrangers, soit une hausse de 5 % en deux ans, a déclaré Marwan Lahoud, président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), au cours d’une conférence de presse tenue à Paris le 21 mai 2015. « C’est un bon cru, grâce aux grandes commandes militaires » dit-il. Avec les commandes de l’avion de chasse Rafale par l’Égypte (24 appareils), l’Inde (36) et le Qatar (24), les commandes françaises ont atteint 73 Md€ en décembre 2014. Le Salon du Bourget (15-21 juin 2015), aujourd’hui à 20 % militaire et à 80 % civil, est aussi, pour tous les décideurs de l’aéronautique du monde, l’occasion de se rencontrer. Il aura reçu 120 aéronefs, 300 délégations officielles, 140.000 visiteurs professionnels  et 180.000 visiteurs grand public. Selon le GIFAS, il reste le plus grand du monde du genre avec 2.215 exposants et 139.000 visiteurs professionnels en 2013 (photo), par rapport à celui de Farnborough (Grande-Bretagne) avec 1.506 exposants et 132.000 visiteurs professionnels en 2014, le salon ILA de Berlin avec 1.203 exposants et 125.000 visiteurs professionnels en 2014 et ceux de Dubaï (2013) et Singapour (2014) avec approximativement 1.000 exposants et 50.000 visiteurs professionnels. Le Salon du Bourget 2015 est le moins cher du monde, par suite de la baisse de l’euro, et aussi le plus international, précise le GIFAS avec 26 pavillons nationaux, 47 pays représentant les exposants et 181 pays représentant les visiteurs professionnels. Compte tenu du plan « Vigipirate alerte attentat » en cours, la sécurité mobilise près de 1.500 personnels, privés et publics, fournis notamment par la Direction de  l’ordre public et de la circulation, la Police de l’air et des frontières, la Gendarmerie mobile, la Direction générale de la sécurité intérieure, la Direction de la protection et de la sécurité de la défense, la Brigade anti-criminalité départementale 93, la Police parisienne et la Préfecture de Seine-Saint-Denis. Par ailleurs, lors des trois derniers jours (vendredi, samedi et dimanche) se tient le 1er Salon de l’emploi et de la formation de l’industrie aéronautique et spatiale, du transport aérien et de la défense nationale. Les personnes à la recherche d’une formation, d’un stage ou d’un emploi peuvent y rencontrer quelque 70 exposants : entreprises (avionneurs, motoristes, équipementiers, sous-traitants, sociétés de services en ingénierie informatique et agences d’intérim) ; établissements de formation (écoles d’ingénieurs, instituts universitaires de technologie, universités, lycées professionnels, centres de formation d’apprentis et écoles spécialisées) ; associations ; fédérations. En outre, le GIFAS indique que ses entreprises adhérentes ont recruté environ 10.000 personnes (20 % de jeunes diplômés) en 2014 : 43 % d’ingénieurs et cadres ; 26 % d’employés, de techniciens et d’agents de maîtrise ; 31 % d’ouvriers qualifiés. Enfin, l’industrie aéronautique, spatiale, de défense et de sécurité a employé 180.000 personnes en 2014, auxquelles s’ajoutent 11.000 emplois équivalents temps plein de l’intérim aéronautique.

Loïc Salmon

Armée de l’Air : engagement opérationnel intense et réforme en profondeur

L’ALAT : un ensemble de systèmes de combat et d’hommes

Drones Air et Marine : surveillance, renseignement et… combat

 




Défense : actualisation de la LPM 2014-2019

Le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, adopté par le Conseil des ministres le 20 mai 2015, sera présenté à l’Assemblée nationale début juin. Jean-Claude Mallet, conseiller spécial du ministre de la Défense, l’a présenté à la presse le même jour. Le budget du ministère de la Défense augmentera de3,8 Md€ par rapport à la LPM initiale pour totaliser 162,41 Md€ sur 2015-2019, grâce à des crédits budgétaires supplémentaires et des cessions immobilières et de matériels militaires. La Force opérationnelle terrestre augmentera de 11.000 hommes pour totaliser 77.000 personnels. Compte tenu des engagements extérieurs depuis trois ans (reliquat Afghanistan, Mali et Centrafrique), un investissement de 1,5 Md€  portera sur les équipements clés. Ainsi, pour l’aérocombat notamment dans la bande sahélo-saharienne, 7 hélicoptères Tigre supplémentaires seront commandés et la cadence de livraison des hélicoptères de transport tactique NH90 sera accélérée. Les trois derniers avions ravitailleurs MRTT seront livrés entre 2018 et 2025, pour compenser le retrait du service des C 135, âgés en moyenne de 51 ans. Compte tenu des aléas de l’avion de transport tactique A 400 M, 4 avions C 130 Hercules doivent être acquis, dont 2 capables de ravitailler des hélicoptères en vol. Les forces spéciales recevront 2 avions C 130 et renouvelleront leur parc de jumelles à vision nocturne. En 2023 aura lieu la première livraison du programme de frégates de taille intermédiaire, complémentaires des frégates multi missions (FREMM), dont 6 auront été livrées en 2019. D’ici là, les frégates furtives seront rénovées avec l’ajout d’un sonar, lors de leurs arrêts techniques programmés. En matière de renseignement, la capacité d’observation spatiale sera renforcée par l’acquisition d’un troisième satellite, en coopération avec l’Allemagne dans le cadre du programme MUSIS (système multinational pour la surveillance, la reconnaissance et l’observation). En outre, une charge utile ROEM (renseignement d’origine électromagnétique) sera installée sur les drones Reaper. Pour garantir la souveraineté française dans le Sud-Est de l’océan Indien, la Marine nationale recevra un 4ème bâtiment multimissions, qui sera basé à La Réunion. En outre, elle va acquérir 4 bâtiments de soutien et d’assistance hauturier pour la surveillance des approches maritimes métropolitaines. La capacité d’intervention aérienne sera renforcée par l’acquisition de 25 nacelles TALIOS (système optronique de ciblage et d’identification à longue distance) destinées aux Mirage 2000 et Rafale, dont 152 appareils auront été livrés en 2019 sur les 180 commandés. En matière de cyberdéfense, 1.000 personnels civils et militaires supplémentaires seront recrutés sur la période 2014-2019. De plus, les organisations et les capacités d’analyse et de surveillance du ministère de la Défense seront renforcées. Dans ce dernier domaine et afin d’améliorer la protection du territoire national, des partenariats seront conclus avec les entreprises, en vue de recruter 28.000 à 40.000 réservistes pour servir de 30 à 210 jours/an pendant au moins 3 ans. Par ailleurs, le projet d’actualisation de la LPM 2014-2019 autorise la création et l’adhésion libre à des « associations professionnelles nationales de militaires ». Toutefois, sont interdites actions collectives (grèves) ou initiatives individuelles pour défendre des intérêts professionnels de la part de militaires engagés en opérations, afin de garantir  la disponibilité des armées.

Loïc Salmon

Défense : conserver les capacités nécessaires dans un budget contraint

Cyberdéfense militaire : DEFNET 2015, exercice interarmées à tous les niveaux

Renseignement militaire : clé de l’autonomie stratégique et de l’efficacité opérationnelle




Marine nationale : opération « Arromanches » en Méditerranée et océan Indien

Pour la première fois, le porte-avions Charles-de-Gaulle a été placé sous contrôle opérationnel américain et a assuré la permanence aéronavale d’une coalition engagée dans le golfe Arabo-Persique. L’opération « Arromanches » (janvier-mai 2015) a été présentée à la presse le 7 mai 2015, au cours d’une visioconférence entre le ministère de la Défense à Paris et le contre-amiral Éric Chaperon, commandant la « Task Force 473 » (TF 473), à bord du Charles-de-Gaulle. Au cours de son déploiement, la TF 473 a participé à l’opération « Chammal » à proximité de l’Iran (23 février-18 avril), de concert avec 2 frégates britanniques ainsi que 3 frégates et 1 porte-avions et américains. Outre le Charles-de-Gaulle, la TF 473 a mis en œuvre 2.600 personnels, 12 Rafale, 9 Super Étendard Modernisés, 1 avion de guet aérien Hawkeye, 4 hélicoptères, la frégate de défense aérienne Chevalier-Paul, la frégate britannique anti-sous-marine Kent intégrée à son dispositif, le pétrolier-ravitailleur Meuse, le sous-marin nucléaire d’attaque Améthyste, l’état-major de la TF 473 et un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Chaque jour, son aviation embarquée a réalisé 10 à 15 missions de combat dans la profondeur de l’ensemble du territoire irakien, avec des vols de 6 h et à plus de 1.000 km du Charles-de-Gaulle. La disponibilité des Rafale a été de 84 %, un peu moins pour les Super Étendard Modernisés. « La coalition fait tout pour éviter les dommages collatéraux », souligne l’amiral. Selon lui, l’avancée de l’organisation terroriste Daech a été arrêtée, mais l’engagement sera encore long pour les avions de l’armée de l’Air française encore là-bas. En 4 mois de déploiement, la TF 473  aura passé 100 jours à la mer. Mission de présence opérationnelle dans des zones d’intérêt stratégique, l’opération « Arromanches » avait pour but de sécuriser les espaces maritimes et d’offrir aux autorités politico-militaires des options de diplomatie, de défense et de renseignement au Moyen-Orient. En janvier, la TF 473 a participé à des exercices et des patrouilles opérationnelles, en Italie et en Grèce, avec la force navale multinationale de l’OTAN en Méditerranée, composante maritime de sa Force de réaction rapide. Après avoir franchi le canal de Suez (26 janvier), elle a été intégrée à l’exercice « White Shark » avec les forces armées d’Arabie saoudite. Après « Chammal », elle a participé à l’exercice « Vanura » (28 avril-2 mai), avec la Marine indienne, très intéressée par les performances des Rafale Marine. L’Inde a en effet commandé 36 Rafale en avril 2015, après trois ans de négociations exclusives.

Loïc Salmon

Marine et Diplomatie

Marines : coopérations accrues dans les dix prochaines années

OTAN : améliorer la disponibilité et la réactivité




Armée de Terre : des motos « baroudeuses » pour améliorer l’efficacité opérationnelle

Le 13 avril 2015, la Section technique de l’armée de Terre a pris livraison de 150 nouvelles motos « Yamaha XTZ 660 Ténéré », inspirées des motos de la course Paris-Dakar. Adaptées aux besoins militaires et construites en France, elles remplacent les « Cagiva 350 cm3 ». Les motos de l’armée de Terre ont pour missions d’escorter les véhicules blindés et de sécuriser leurs itinéraires, d’appuyer les unités et d’occuper les zones de déploiement. Elles doivent renforcer la capacité d’action des unités, à savoir donner au chef interarmes le temps de prendre une décision tactique. Les « Yamaha XTZ 660 Ténéré » ont une cylindrée de 660 cm3, pèsent 215 kg et peuvent aller jusqu’à 175 km/h. Elles sont équipées d’un réservoir de 23 litres, d’un cadre tubulaire en acier, d’un système antiblocage des roues (ABS), de l’allumage électronique, d’un démarreur électrique, d’une protection des mains et d’un gyrophare. L’ABS optimise la distance de freinage et aide le conducteur à conserver la maîtrise de son véhicule en cas de freinage dans de mauvaises conditions : pluie, neige, verglas ou graviers. Les « Yamaha XTZ 660 Ténéré » sont destinées au Bataillon de commandement et de soutien de la Brigade franco-allemande et aux 6 régiments du Train (121ème, 503ème, 511ème, 515ème et 516ème) de la 1ère Brigade logistique. Cette dernière, qui totalise 900 personnels d’active et de réserve, inclut le 519ème Groupe de transit maritime, le Régiment de soutien du combattant, le Régiment médical et le 24ème Régiment d’infanterie de Paris (réserve). Elle assure en permanence le soutien des forces dans le cadre de projections intérieures et de grands exercices. Subordonnée au Commandement des forces terrestres stationné à Lille, elle engage 8 % à 15 % de ses moyens partout où les forces françaises sont déployées : opérations extérieures au Mali, en Centrafrique, au Liban, au Kosovo et en Côte d’Ivoire ; prépositionnements à Djibouti et aux Gabon, Tchad, Sénégal et Émirats arabes unis ; en outre-mer à la Réunion et en Martinique, Guadeloupe, Guyane, Nouvelle-Calédonie et Polynésie.

Loïc Salmon

Motos et sides-cars de la seconde guerre mondiale

Jeep militaires

Char Sherman

 




Service de santé : « Maison des blessés et des familles » à Percy

Désormais, les grands blessés au combat peuvent vivre avec leur famille sur le site de l’hôpital d’instruction des armées (HIA) Percy pendant leur prise en charge déambulatoire (6 mois à 1 an). Cette « Maison des blessés et des familles » (MBF), inaugurée officiellement le 7 avril 2015, a été présentée à la presse, le 2 avril à Paris, par le médecin général inspecteur Christian Plotton, directeur de l’HIA Percy. Dans un petit film vidéo, un blessé (photo) témoigne : « On ne peut se reconstruire seul pendant un an » ! La MBF répond à l’objectif de parcours global de soins : présence des proches du blessé pendant la phase aigüe, au-delà des droits réglementaires, et meilleures conditions d’hébergement lors des réhospitalisations. Seul le praticien ou le chirurgien juge de la pertinence d’une prise en charge déambulatoire. Lors d’un engagement armé, il s’écoule en moyenne 35 heures entre le moment où un soldat est gravement blessé, son rapatriement par avion médicalisé et son arrivée à l’HIA Percy. Après la phase de réanimation et de chirurgie, le blessé entreprend une rééducation de 2 à 6 mois, puis une réadaptation (prise en charge déambulatoire) de 6 mois à 1 an et enfin une réinsertion de 2 ans environ par le travail et le sport. Le besoin d‘une MBF s’est fait sentir en 2011 avec le grand nombre de grands blessés de l’armée de Terre rapatriés d’Afghanistan, la saturation des capacités d’accueil des familles à proximité de l’HIA, la dispersion des origines géographiques des militaires hospitalisés (métropole et départements d’outre-mer) et les longues durées d’hospitalisation. Centre de polytraumatologie et structure d’accueil des grands blessés des théâtres d’opérations, l’HIA Percy a été retenu pour la future MBF en raison de sa capacité de prise en charge globale et permanente, grâce à la présence de l’ensemble des disciplines médico-chirurgicales et de réanimation. Également centre de rééducation et de réhabilitation, il  peut soigner les blessures physiques et psychiques. Disposant d’une réserve foncière de 2.700 m2, il a consacré 1.000 m2 à l’aménagement de 11 logements au standard « handicap », pour le déplacement du blessé en fauteuil roulant, et d’une crèche pour les enfants en bas âge : 6 studios de 23 m2 ; 4 logements de 75 m2 ; 1 appartement de 87 m2. Ces logements, bâtis en rez-de-chaussée, sont contigus pour permettre les échanges entre les familles. Le séjour, est pris en charge par le ministère de la Défense. La MBF a coûté 4 M€, dont 80.000€ payés par des associations. En effet, elle a vu le jour grâce à l’appui de divers services du ministère de la Défense et à la réactivité et l’action déterminante de la communauté associative, estime le médecin général. La réussite de la MBF explique-t-il, est due au personnel hospitalier (soignants, ergothérapeutes et kinésithérapeutes), aux cellules d’aide aux blessés et aux associations Terre Fraternité, Solidarité Défense, ANFEM (Association nationale des femmes de militaires) et Bleuet de France. De son côté, le général de division Bernard Barrera, porte-parole adjoint du ministère de la Défense et ancien commandant de la brigade « Serval » au Mali (2013), rappelle que les blessés au combat connaissent la réactivité du Service de santé sur le terrain et savent que ni eux, ni leur famille, ne seront abandonnés à leur sort après. Enfin, indique le médecin général Plotton, les blessés des récentes opérations extérieures dans la bande sahélo-saharienne le sont moins gravement que pendant l’engagement en Afghanistan.

Loïc Salmon

Opex : la chaîne de santé, une course contre le temps

Blessés psychiques : agir vite, au plus près et de façon continue

Le « Bleuet de France » fête ses 80 ans




Centrafrique : mission accomplie pour la Force européenne

L’intervention de la Force de l’Union européenne en Centrafrique (EUFOR RCA) a constitué un test d’efficacité et de réactivité en cas d’urgence pour les États membres, estime son commandant, le général de division Philippe Pontiès. Il en a dressé le bilan, devant la presse, à Paris le 19 mars 2015. Décidée par la résolution 2134 du Conseil de sécurité de l’ONU du 28 janvier 2014 autorisant le recours à la force, l’EUFOR RCA a disposé d’un budget total de 38 M€ pour 9 mois d’activité opérationnelle, du 15 juin au 15 décembre 2014 avec une prolongation jusqu’au 15 mars 2015. Avec les forces de police et de gendarmerie centrafricaines, elle a rétabli la sécurité dans les 3ème (quartier musulman) et 5ème (quartier chrétien) arrondissements de la capitale Bangui. Pour la première fois, un élément de gendarmerie européenne a été confronté à des groupes armés, au grand banditisme et à la lutte contre la fraude pendant des pics de violence. L’EUFOR RCA a aussi restauré la liberté de mouvement de la population par la construction d’un pont entre les 6ème et 2ème arrondissements. Aujourd’hui, ce pont de 300 kg, type même d’une action civilo-militaire, permet la circulation de 4.000 véhicules par jour. En outre, l’EUFOR RCA a assuré un soutien aux organisations humanitaires, gouvernementales ou non, et appuyé le déploiement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies (MINUSCA). Le nombre de personnes réfugiées à l’aéroport du camp de M’Poko est passé de 100.000 en janvier 2014 à 20.000 en février 2015. L’EUFOR RCA a accompagné le dialogue de réconciliation nationale, à savoir des consultations populaires sur la lutte contre l’impunité des criminels, le rétablissement de la justice et la restructuration de l’État. Un rapport de synthèse doit déboucher sur un texte constitutionnel, qui sera soumis à référendum. Selon le général Pontiès, les clés du succès de l’EUFOR RCA résident notamment dans la qualité du dialogue politico-militaire avec les autorités centrafricaines, la mise en œuvre d’une approche globale et la coordination des forces internationales. L’EUFOR RCA comprenait : un quartier général d’opérations (OHQ, état-major stratégique) de 130 personnels (20 nations) à Larissa (Grèce) ; un quartier général de forces (FHQ, état-major sur le terrain) de 65 personnes (14 nations) à Bangui ; 750 militaires (8 nations) déployés dans Bangui. L’importance des effectifs des états-majors résulte du nombre élevé de nations engagées et du fait que certains pays ne voulaient pas envoyer de militaires sur le terrain. Par ailleurs, quoique non membre de l’Union européenne, la Géorgie a été la 2ème nation contributrice après la France. Les forces françaises de l’opération « Sangaris » (1.700 militaires aujourd’hui) ont en effet apporté un appui jugé indispensable. De son côté, l’Agence européenne de défense a participé à une cyberdéfense de niveau élevé. Toutefois, l’EUFOR RCA a présenté des lacunes en matière de renseignement, d’aéromobilité, de commandement et de contrôle, estime le général Pontiès. Enfin, elle déplore 16 blessés et 1 mort (français).

Loïc Salmon

Centrafrique : passage de relais des forces Sangaris et EUFOR RCA à la MINUSCA

Centrafrique : l’opération « Sangaris » un an après

Mali : succès de la Mission européenne de formation et d’expertise




Défense : « Plus la France a d’alliés, plus sa voix est forte à travers le monde »

Telle est l’opinion du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian exprimée au cours d’une conférence de presse, tenue le 11 mars 2015 à Paris, pour présenter la situation sur les plans stratégique, opérationnel, industriel et sécuritaire. Selon lui, la crise en Ukraine menace la sécurité européenne : « La guerre en Europe, c’est ce que chacun doit redouter lorsque les frontières sont remises en cause et lorsque le droit international est bafoué ». Le partenariat stratégique avec l’Égypte inclut la formation des pilotes des 24 avions de combat Rafale et de l’équipage de la frégate FREMM, qu’elle a commandés. Ce bâtiment étant prélevé sur la flotte de la Marine française, celle-ci va commander une FREMM supplémentaire en compensation. Les négociations sur la vente de Rafale au Qatar se poursuivent, a indiqué le ministre. Sur le plan opérationnel, le porte-avions Charles-de-Gaulle participe à l’opération « Chammal » dans le golfe Arabo-Persique, dans le cadre d’une coalition internationale contre l’organisation Daesh, en vue de la reprise de l’ensemble du territoire irakien par les forces terrestres irakiennes et les « Peshmergas » kurdes. Depuis septembre 2014, le Sud libyen est devenu un creuset de groupes terroristes qui se forment, s’entraînent et reçoivent des armes. Aujourd’hui, précise le ministre, aucune action ne sera entreprise en Libye sans l’accord des pays frontaliers, à savoir l’Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, l’Algérie et la Tunisie. La Libye s’inscrit dans l’arc de la menace terroriste d’inspiration djihadiste, qui va du Waziristan (zone montagneuse frontalière du Pakistan et de l’Afghanistan) au golfe de Guinée, en passant par le Proche-Orient, la Corne de l’Afrique et le Sahel. Cette menace prolifère là où l’autorité de l’État s’affaiblit. Elle se manifeste sous la forme de deux ensembles : Al-Qaïda et ses nombreuses filiales ; « l’État islamique » ou Daech, qui recrute le plus parmi les groupes sunnites de toutes obédiences. La France, souligne le ministre, apporte un soutien technique (renseignement) et logistique aux pays riverains du lac Tchad dans leur lutte contre Boko Haram, mais ne participe pas au combat. « Les ralliements à Daech de groupes terroristes libyens ou de Boko Haram au Nigeria constituent une menace majeure pour la stabilité de l’Afrique et la sécurité de l’Europe », rappelle le ministre. Sur le plan industriel, les exportations d’armements en 2014 dépassent 8 Md€, soit le double de 2012, indique Jean-Yves Le Drian. Il se rendra en avril au Liban pour la mise en œuvre du contrat « Donas » de livraisons de matériels d’armement français aux forces armées libanaises, financées par l’Arabie Saoudite. Ce contrat de 3 Md$ porte sur des véhicules blindés, hélicoptères, canons et vedettes de surveillance. Il inclut la formation de personnels des trois armées, dans les écoles militaires françaises, et la préparation opérationnelle, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le ministre a fait un lien entre les menaces directes sur le sol national et celles au-delà des frontières : « A la mi-février, environ 1.400 individus de nationalité française ou résidant en France étaient recensés pour leur implication dans le djihad au Levant. Parmi eux, 400 étaient identifiés dans la région, 90 sont morts au cours de combats et 200 de retour sur le territoire français ». Suite à l’opération « Sentinelle » (Plan Vigipirate) qui déploie 10.000 militaires dans 682 sites en France, le contrat opérationnel de l’armée de Terre sera modifié pour maintenir 7.000 hommes sur le territoire national.

Loïc Salmon

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Dissuasion nucléaire : assurer à la France son indépendance

Le 19 février 2015, le président de la République, François Hollande, a rendu publics les moyens de la dissuasion nucléaire de la France : 300 armes, 3 lots de 16 missiles M51 de la Force océanique stratégique (FOST) et 54 vecteurs air sol moyenne portée (ASMP) des Forces aériennes stratégiques (FAS, armée de l’Air et Marine). Lors d’une visite à la base aérienne d’Istres, il a rappelé que l’arme nucléaire est conçue uniquement dans une stratégie défensive. Toutefois, la composante aéroportée peut, en dernier ressort, marquer la volonté de la France à défendre ses « intérêts vitaux » par un avertissement ayant pour objectif de rétablir la dissuasion et ainsi éviter un engrenage vers les solutions extrêmes. Les forces nucléaires françaises doivent pouvoir infliger des dommages inacceptables sur les centres névralgiques, politiques, économiques et militaires de l’adversaire. Vu l’incertitude du contexte international, la réapparition d’une menace étatique majeure n’est pas exclue. La dissuasion nucléaire vise d’abord à protéger la France de toute agression d’origine étatique contre ses intérêts vitaux, d’où qu’elle vienne et quelle qu’en soit la forme. « C’est nous qui décidons, c’est nous qui apprécions nos intérêts vitaux », souligne le chef des armées. Il réaffirme solennellement que « la France n’utilisera pas d’armes nucléaires contre les États non dotés de l’arme nucléaire, qui sont parties au Traité de non-prolifération et qui respectent leurs obligations internationales de non-prolifération des armes de destruction massive ». La France et la Grande-Bretagne coopèrent dans le domaine nucléaire par des expérimentations de simulation dans une installation de chaque pays. Elles contribuent ainsi à la défense de l’Union européenne, ajoute-t-il. Leurs forces stratégiques indépendantes contribuent également à la dissuasion globale de l’Alliance Atlantique. Cependant, la France ne participe pas et ne participera pas aux mécanismes de planification nucléaire de l’OTAN. La complémentarité de la FOST et des FAS permet au chef de l’État de disposer à tout moment de la gamme d’options nécessaires et suffisantes et de ne jamais être tributaire d’un seul type de moyens. La Loi de programmation militaire 2014-2019 vise à : mettre en service la tête nucléaire du missile océanique M51.3 à partir de 2016 ; lancer les études de conception du sous-marin nucléaire lanceur d’engins de 3ème génération de la FOST ; remplacer, à partir de 2018, les derniers Mirage 2000N par des Rafale emportant le missile ASMP-A (amélioré) ; remplacer la flotte d’avions ravitailleurs KC135 par 12 avions A330 MRTT, dont les 2 premiers seront livrés à partir de 2018 : étudier le successeur de l’ASMP-A. Toutefois, précise le président de la République, « la France ne produit pas et ne produira pas de nouveau types d’armes nucléaires ». Selon lui, la France a démontré que la renonciation complète et irréversible aux essais nucléaires est compatible avec le maintien d’une dissuasion crédible. Il souhaite : l’entrée en vigueur, au plus tôt, du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires ; l’arrêt définitif de production de matières fissiles pour les armes nucléaires. La France va bientôt proposer un projet de traité en ce sens, « ambitieux, réaliste et vérifiable ». Tout accroissement du nombre d’États possédant l’arme nucléaire constitue un risque majeur pour la sécurité internationale, rappelle le président. L’Iran n’a pas démontré sa volonté de renoncer à la bombe atomique, dit-il, et la Corée du Nord a procédé à un 3ème essai nucléaire en 2013.

Loïc Salmon

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