L’ONAC-VG : 100 ans au service du monde combattant

L’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG) a célébré son centième anniversaire, le 6 mai 2016, dans le grand salon de l’Hôtel de Ville de Paris. L’événement s’est terminé en musique avec le « Chant des partisans », entonné par le chœur Hugues Reiner (photo) devant une assistance debout !

Mémoire et solidarité. Paris sait ce qu’il doit aux anciens combattants et à ceux d’aujourd’hui avec l’opération « Sentinelle », a rappelé Catherine Vieu-Charier, adjointe à la maire de Paris, chargée de la mémoire et du monde combattant, correspondant défense. « L’actualité récente, avec les attentats odieux qui ont frappé Paris en 2015, mais je veux penser aussi à Bruxelles, Madrid, Londres, Copenhague, Bamako, Tunis et tant d’autres lieux, montre bien, hélas, que le monde n’a tiré aucune leçon du passé », ajoute-t-elle. La Ville de Paris apporte diverses formes de soutien à l’action de solidarité de l’ONAC-VG ainsi qu’à celle de la mémoire. La capitale et sa proche banlieue comptent trois hauts lieux de mémoire : celui de la France combattante au Mont-Valérien ; celui de  la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc au quai Branly ; celui des martyrs de la déportation sur l’île Saint-Louis. En outre, la construction en 2018 d’un monument des Parisiens morts pendant la Grande Guerre sera financée par souscription. L’ONAC-VG, qui relève du ministère de la Défense, est géré par les représentants des associations et ceux de l’État à parité. En 2016, il assure 105 services de proximité (un par département de métropole et d’outre-mer) et entretient 9 hauts lieux de mémoire et 256 nécropoles nationales. Il gère 9 écoles de reconversion professionnelle, 1 centre de pré-orientation et 8 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Il suit trois millions de personnes, hommes, femmes et enfants, qui bénéficient de l’aide sociale et d’appuis divers. Les nouveaux « anciens combattants » existent, rappelle sa directrice générale, Rose-Marie Antoine. « Ce sont, dit-elle, les nouvelles générations du feu, ceux qui ont participé aux opérations extérieures, le Liban, la guerre du Golfe, l’ex-Yougoslavie, l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Centrafrique, le Mali. Ils sont parfois très jeunes. Tous sont engagés volontaires, puisque le service militaire n’existe plus ».

Témoignages. Divers bénéficiaires des prestations de l’ONAC-VG se sont confiés au cours d’une « table ronde ». Une Résistante de 96 ans continue de parler de ce que qu’elle a vécu : « On voit l’intérêt des jeunes qui croient en ce qu’on pouvait faire ». Un rescapé du camp de la mort de Dachau explique que pour « survivre là-bas, il fallait avoir de la chance » et que « les jeunes écoutent ». Un appelé du contingent, âgé de 20 ans pendant la guerre Algérie, déclare : A l’époque, on était mineur (la majorité était fixée à 21 ans), il m’a fallu un an pour m’en remettre ». Un harki avoue qu’il « est très difficile d’en parler à des jeunes, car on risque un mauvais accueil. Les harkis sont mal vus ». La veuve d’un combattant en opération extérieure indique que ses cinq enfants ont été adoptés par l’État, statut unique au monde ! Un pupille de la nation, qui termine ses études d’ingénieur, ajoute : « A l’école, on est quelqu’un à part entière, dont le passé est reconnu. En parler permet de mieux se relever ». Un survivant de l’attentat terroriste de l’hyper cacher (Paris, 13 novembre 2015) reconnaît que s’exprimer sur le sujet constitue une thérapie : « Il faut en parler dans les écoles pour qu’il n’y ait plus jamais ça ». Par la qualité de son accueil et sa disponibilité, l’ONAC-VG reste pour eux…une famille.

Loïc Salmon

11 novembre 2015 : la croix de Guerre à l’Arc de Triomphe

Lieutenants en Afghanistan, retour d’expérience




Armée de Terre : choix du « Patroller » comme futur système de drones tactiques

Le groupe français Safran va réaliser le programme « Système de drones tactiques » (SDT), en s’appuyant sur le « Cluster Patroller » (groupement de petites et moyennes entreprises de hautes technologies) et la société allemande Ecarys, spécialisée dans les moto-planeurs et les avions légers.

Le contrat a été signé le 5 avril 2016 à Montluçon, sur le site de la société SAGEM (groupe Safran), par la Direction générale de l’armement. Le programme SDT a été présenté à la presse, le 13 avril  à Paris, par le général de division Bernard Barrera, sous-chef d’état-major Plans/Programmes de l’armée de Terre.

Le contrat. Selon le ministère de la Défense, Safran va livrer 2 systèmes opérationnels, composés chacun de 5 vecteurs aériens de type « Patroller » (photo), 2 stations sol pour le pilotage et le contrôle des drones et des moyens de communication. Le contrat inclut : un système de 4 vecteurs aériens et 2 stations sol pour la formation et l’entraînement en métropole ; le système de soutien ; le maintien en condition opérationnelle des systèmes pendant 12 ans. Ces matériels remplaceront les « Systèmes de drones tactiques intérimaires » (SDTi), en service depuis 2004 au 61ème Régiment d’artillerie de Chaumont. Le programme SDT offrira une plus grande endurance, des images de meilleure qualité et une capacité de recherche plus efficace, grâce à une conception multi-senseurs. Il pourra en effet emporter simultanément deux charges utiles totalisant 250 kg : l’une avec des moyens optique/infrarouge/laser et radar utilisable dans un premier temps ; l’autre de guerre électronique, susceptible de se substituer au radar.

Le programme SDT. Le drone tactique (SDTi puis SDT) présente une forte réactivité au plus près de la manœuvre, en renseignant le chef d’un groupement tactique interarmes ou d’une brigade interarmes, explique le général Barrera. Il effectue des missions de reconnaissance de terrain, d’axes et d’itinéraires, d’observation, de surveillance et de détection, localisation et désignation de cibles. Le SDT, rapide et pratique, rejoindra en une demi-heure sa zone de 150 km de diamètre et pourra y rester plus d’une dizaine d’heures à 1.900 m d’altitude. Avec des livraisons en 2018 et 2019, les SDT entreront en service opérationnel en 2020, date de retrait des SDTi. Le SDT complète les drones au contact (DRAC) et MALE (moyenne altitude longue endurance). Le DRAC, auquel succèdera le SMDR (système de mini-drone de reconnaissance), constitue les jumelles déportées du combattant pour les missions de reconnaissance et d’appui renseignement après un accrochage ou une embuscade. Lançable à bout de bras  et destiné aux armes de mêlée et aux forces spéciales, il évolue pendant 2 heures à 100 m d’altitude sur une zone de 15-20 km de diamètre. Le SMDR, dont 30 exemplaires seront livrés en 2018, permettra de voir, par exemple, les manœuvres d’un groupe adverse. Le drone MALE Harpang, déployé en Afghanistan, puis le Reaper en service dans la bande sahélo-saharienne et, à terme, le drone européen assurent des missions de surveillance et de reconnaissance dans la profondeur. Volant à 3.500 m d’altitude sur une zone de 1.000 km de diamètre, ils permettent l’anticipation des menaces d’un théâtre d’opération, le ciblage d’objectifs et l’évaluation des effets d’une action. A terme, les drones pourront effectuer des vols d’entraînement dans des « espaces ségrégués » au-dessus du territoire national. Des recherches sont en cours sur les mesures de sécurité à prendre.

Loïc Salmon

Le 61ème Régiment d’artillerie (drones et imagerie)

Forces spéciales : outil complémentaire des forces conventionnelles

Drones et robots en mer : toujours garder l’homme dans la boucle de décision




École de guerre : « Coalition 2016 », exercice d’état-major pour conflit hybride ou asymétrique

Les officiers stagiaires de l’École de guerre (ÉdG) à Paris effectuent, chaque année, un exercice de synthèse de « l’approche globale » d’une crise internationale et des engagements militaires en opération.

Dénommé « Coalition », cet exercice (21 mars-15 avril 2016) a fait l’objet d’une présentation à la presse le 7 avril par le contre-amiral Loïc Finaz, directeur de l’enseignement de l’ÉdG, et d’une journée ouverte à la presse et aux attachés de défense étrangers le 13 avril.

Scénario. Les officiers stagiaires doivent appliquer l’enseignement dispensé en matière de stratégie, géopolitique, relations internationales, planification et conduite des opérations, en vue de se préparer à leurs responsabilités futures en état-major, interarmées et interalliés, ou dans des organismes ministériels ou interministériels. L’édition 2016 de « Coalition » met en œuvre toutes les structures, du niveau politique et international au niveau tactique et prend en compte l’influence de la société civile et des médias. Des outils de simulation font vivre les scénarios selon les décisions prises. Deux coalitions sont confrontées aux menaces hybrides et aux modes d’action asymétriques, comparables à celles que connaissent les forces françaises aujourd’hui. Les acteurs gèrent une crise née de tensions ethniques sur des territoires économiquement riches avec deux légitimités : les traités internationaux pour un camp ; le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes pour l’autre. Ces tensions sont jugées suffisamment sérieuses pour justifier la préparation d’une éventuelle opération. Pendant la période de planification, incidents et troubles à l’ordre public vont crescendo, jusqu’à l’événement déclencheur de l’affrontement des deux coalitions.

Participation pluridisciplinaire. « Coalition 2016 » mobilise près de 600 acteurs, dont 4 officiers généraux et 30 officiers d’état-major opérationnels. L’École de guerre y envoie ses 227 stagiaires, dont 80 officiers étrangers venus de 62 pays, et 57 stagiaires de 17 ÉdG étrangères. Au cours de leur scolarité, les 147 Français, sélectionnés par concours et issus des armées de Terre et de l’Air, de la Marine et de la Gendarmerie nationales, bénéficient du concours du Commandement pour les opérations interarmées, qui attribue une qualification standardisée OTAN. Les autorités militaires aux niveaux opératif, stratégique et politique sont représentées par 8 auditeurs du Centre des hautes études militaires, lesquels sont destinés à exercer de hautes responsabilités ultérieurement. L’exercice « Coalition », qui implique 6 ambassadeurs, s’inscrit dans le programme de 74 diplomates en formation à l’Institut diplomatique et consulaire, créé en 2009 pour répondre aux besoins du Livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France (juillet 2008). Partenaire de l’ÉdG, le Centre d’études diplomatiques et stratégiques, qui appartient au groupe European Business School Paris, envoie 14 étudiants jouer les représentations diplomatiques et les instances internationales dans « Coalition ». De son côté, l’Institut supérieur de la communication, de la presse et de l’audiovisuel mobilise 67 élèves journalistes de toutes les catégories pour incarner la tension médiatique. S’y ajoutent 14 étudiants de l’Université américaine de Paris, qui représentent les organisations non gouvernementales (droits de l’Homme, action humanitaire, écologie). Enfin, le Comité international de la Croix-Rouge assure l’engagement humanitaire et fait respecter le droit des conflits armés.

Loïc Salmon

Enseignement militaire supérieur : former les chefs d’aujourd’hui et de demain

Coalition 2012 : exercice majeur d’état-major à l’Ecole de guerre

Un CICDE, pour quoi faire ?




Cent ans de conquête de l’air au Grand Palais de Paris

Réaliser l’harmonie entre l’homme, la machine et le vol, tel est l’enjeu du nouveau spectacle (9-14 avril 2016) de la société Amaclio, à l’occasion du centenaire des premiers combats aériens pendant la bataille de Verdun.

Lors de la présentation à la presse le 15 mars, les organisateurs ont rappelé que le premier salon de l’aéronautique s’est tenu au Grand Palais en 1909.

Tradition et innovation. Construit à partir de 1897 pour l’Exposition universelle de 1900, cet édifice, situé au bord de la Seine, accueille des manifestations artistiques et surtout des expositions dédiées à la modernité. Le « salon de la locomotion aérienne » s’y tiendra jusqu’en 1951, avant de changer de nom et de s’installer au Bourget. Le Grand Palais, avec son immense verrière armée de fer et d’acier, son style et son passé, semblait donc tout indiqué pour évoquer la conquête de l’air. Après ses reconstitutions historiques en son et lumière, « La Nuit aux Invalides », « Les Luminescences d’Avignon » et « Les Écuyers du Temps » (Saumur), Amaclio a voulu montrer que, depuis un siècle, « voler » fascine autant le grand public qu’il passionne les ingénieurs, compagnons, mécaniciens et pilotes. Retracer une telle épopée en un spectacle de 61 séquences en 56 minutes sur 360 degrés a nécessité de voir les choses en grand : 3 écrans de 26 m x 16 m ; 3.000 m2 de projection ; 23 vidéos projecteurs ; 5.000 heures de tournage et d’infographie ; 1 avion d’affaires Falcon ; 1 avion de combat Mirage III, conçu en 1950 ; 1 avion Rafale, en service dans l’armée de l’Air et la Marine françaises depuis 2001. Pour assurer deux séances par soirée pendant six jours, Amaclio mobilise 400 personnes, 80 techniciens et 60 camions pour enchanter jusqu’à 3.000 spectateurs à chaque fois.

Dassault franchit le siècle. Diplômé de l’École supérieure d’aéronautique et de construction mécanique en 1913, Marcel Bloch (devenu Dassault en 1949) est mobilisé en 1914 au laboratoire d’aéronautique de Chalais-Meudon. Il dessine, pour son compte, l’hélice « Éclair » l’année suivante, qui sera utilisée par l’aviation militaire française pendant la première guerre mondiale. En 1917, il crée, avec son associé Henry Potez, la Société d’études aéronautiques (SEA) destinée à concevoir et fabriquer des avions d’observation. Les essais n’étant guère satisfaisants, le premier avion, dénommé SEA 1, est abandonné. Ses concepteurs en concluent qu’il ne faut jamais assembler trop d’éléments nouveaux sur un seul prototype. Dorénavant, le futur groupe Dassault adoptera longtemps une politique technique des « petits pas » consistant à intégrer progressivement des innovations sur des éléments connus. Le SEA IV en apporte la preuve : il est commandé à 1.000 exemplaires par le ministre de l’Armement et des Fabrications de guerre dès fin 1917, mais seule une centaine sera livrée. Après une éclipse de dix ans, Marcel Bloch revient à l’aviation dans les années 1930. La saga Dassault reprendra après la deuxième guerre mondiale avec la famille d’avions de combat multirôles Mirage, qui équiperont les forces aériennes d’une vingtaine de pays. Dans les années 1960, le groupe Dassault se lance dans la fabrication d’avions civils pour une clientèle d’affaires, surtout étrangère. Le premier, « Mystère 20 », sera « américanisé » en « Falcon 20 ». Aujourd’hui, 75 % de la production des avions Falcon est exportée et 500 entreprises participent à la construction du Rafale. Le groupe Dassault est maître d’œuvre du programme européen de drone de combat « Neuron ».

Loïc Salmon

L’histoire des Invalides en 3 D

 




Réserve : montée en puissance pour la sécurité nationale

Le nombre de réservistes opérationnels, hors Gendarmerie, actuellement de 28.000, devrait atteindre 31.000 fin 2016 et 40.000 en 2019, dont 1.000 déployés en permanence pour participer à la protection du territoire national.

Le général de brigade Christian Thiébault, secrétaire général du Conseil supérieur de la réserve, en a présenté le nouveau format à la presse le 3 mars 2016 à Paris. Ce renforcement fait suite  à la déclaration du président de la République, François Hollande, devant le Parlement réuni en congrès à Versailles, trois jours après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Environ 600 réservistes ont été mobilisés du 20 décembre 2015 au 5 janvier 2016 pour l’opération « Sentinelle », a précisé le général. L’évolution du contexte stratégique et la professionnalisation des armées ont conduit à remplacer la réserve mobilisable en temps de guerre par une réserve d’emploi, structurée selon les besoins de la défense et de la sécurité (loi du 22 octobre 1999 modifiée le 30 mars 2007). Cette réserve militaire présente deux composantes : « opérationnelle » et « citoyenne ».

La réserve opérationnelle. Sous certaines conditions, notamment physiques, tout citoyen français, homme ou femme, peut signer un « engagement à servir dans la réserve » d’une durée d’un à cinq ans avec une rémunération variable selon leur grade. Ils reçoivent une formation et un entraînement spécifiques pour remplir des missions de protection et en état-major. En fonction de leurs compétences, ils servent dans les unités militaires et les établissements ou administrations centrales du ministère de la Défense, sur le territoire national et les théâtres d’opérations extérieurs. Ces renforts permettent de faire face à la simultanéité des opérations et d’accroître les capacités des forces à durer lors des pics d’activité : opération « Sentinelle », plan Vigipirate, crises sur le territoire national ou intempéries. En outre, les réservistes opérationnels apportent leurs expertise et expérience dans des spécialités professionnelles peu connues ou très utiles : risques environnementaux, infrastructures, armements ou communication. Au 30 novembre 2015, la réserve opérationnelle, Gendarmerie comprise, se montait à 54.860 personnes.

La réserve citoyenne. Agréés auprès des autorités militaires pour leurs compétence, expérience et intérêt pour les questions de défense et de sécurité nationale, les « réservistes citoyens » sont bénévoles. Leur champ d’action porte sur la communication, les relations publiques, le recrutement, le devoir de mémoire, la sensibilisation et l’information sur l’intelligence économique et les questions de défense. Ils bénéficient d’une information continue sur la défense et la sécurité nationale. Au 30 novembre 2015, la réserve citoyenne comptait 3.814 personnes, Gendarmerie comprise.

Appel renforcé. En 2015, l’actualisation de la Loi de programmation 2014-2019 a prévu un accroissement du nombre de réservistes et des jours d’activité jusqu’à 25-30 jours par personne et par an. Le budget des réserves est passé à 75 M€ sur la période 2015-2019. En 2016, le budget est monté à 96,3 M€, afin d’augmenter de 160.000 le nombre de jours d’activité et de créer 3.106 postes. En 2019, le ministère de la Défense devrait employer 40.000 réservistes opérationnels pendant au moins 30 jours par an et pendant 3 ans, ainsi répartis : armée de Terre, 24.200 ; Marine, 6.000 ; armée de l’Air, 5.800 ; Service de santé, 3.300 ; Service du commissariat, 500 ; Service des essences, 200.

Loïc Salmon

Défense : effectifs et engagements en 2014-2015

Défense : actualisation de la LPM 2014-2019

Les réservistes à l’honneur




Armée de l’Air : l’École de Salon-de-Provence à fond dans le numérique et l’ouverture

L’École de l’air (EA), située sur la Base aérienne 701 de Salon-de-Provence et désormais unique centre de formation des officiers, mise sur le cyber et l’accès aux sciences politiques et humaines.

Le général de brigade aérienne Francis Pollet, qui commande les deux, a présenté l’école à la presse, le 18 février 2016 à Paris. L’EA délivre un diplôme d’ingénieur accrédité « CTI », catégorie la plus élevée, qui permet de nombreux partenariats.

L’ouverture. Depuis la rentrée du 24 août 2015, les formations initiales d’officiers, jusque-là dispensées par l’École de l’air, l’École militaire de l’air, le Cours spécial de l’École de l’air et le Cours spécial de formation des officiers, sont désormais regroupées au sein d’une seule et unique école reprenant l’appellation originelle : École de l’air. Le cursus de l’EA débouche notamment sur : 4 licences avec l’Université d’Aix-Marseille, à savoir aéronefs d’État, domaine aérien, management public et systèmes informatiques et logiciels ; 3 mastères spécialisés en commun avec l’École supérieure de l’aéronautique et de l’espace et l’École nationale de l’aviation civile (ENAC) ; un mastère « diplôme d’ingénieur, diplôme d’études politiques » avec Sciences-Po Aix, dont 10 % des élèves officiers suivent les cours. Des réflexions sont en cours pour intégrer de nouvelles technologies : gestion de la chaîne logistique ; prototypage rapide ; matériaux d’avenir ; réalité virtuelle ; maintenance du futur ; documentation technique dynamique ; drones ; méga données (big data en anglais) ; optoélectronique ; cyber pour les liaisons interarmées et la liaison sol avec le renseignement aérien. Déjà 70 % des cours sont numérisés, permettant l’enseignement à distance et une économie d’impression de 2 millions de feuilles. La formation est assurée par 60 professeurs, à temps plein, et plus de 200 vacataires, issus de l’enseignement supérieur, de l’industrie et de la recherche. L’EA vise à valoriser l’officier aviateur par une formation tournée vers la responsabilisation et l’engagement. Ainsi, des élèves officiers accompagnent 200 jeunes dans le cadre de tutorats : plan égalité des chances ; aéronautique ; formation militaire élémentaire ; projets de développement personnel, comme le baptême de l’air handicap et le « coaching » (accompagnement personnalisé) sportif. En outre, ils assurent des formations de « construction d’équipe » (team building en anglais) au profit d’écoles de commerce. Enfin, l’EA envoie 70 % de ses élèves en stage dans une trentaine de pays. Un cours spécial est ouvert à certains élèves officiers étrangers.

L’EA en chiffres.

Chaque année, le concours d’entrée à l’EA attire 3.000 candidats pour 93 places, dont 18 pour les filles. Son campus de Salon-de-Provence se trouve à 3 h 30 de Toulouse (siège administratif de l’ENAC) et à 25 minutes de Sciences-Po Aix et de l’Université d’Aix-Marseille. Véritable petite ville de 1.900 personnes s’étendant sur 450 ha, la Base aérienne 701 comprend : 600 élèves, dont 500 aviateurs ; 50 aéronefs ; 62.000 mouvements aériens par an ; 650 logements. Pour la région, l’EA et la base représentent une retombée économique de 55 M€ par an. Elles dispensent 10.000 heures de vol chaque année. Le personnel navigant peut suivre plusieurs formations : vol à voile en vue du brevet de pilote de planeur ; vol moteur sur avion de tourisme Cirrus SR20 et simulateur ; initiation à la voltige aérienne sur avion biplace Grob 120. Le personnel non navigant peut aussi s’initier au vol à voile et au vol moteur sur Cirrus SR20

Loïc Salmon

Armée de l’Air : le combat numérique au cœur des opérations

Armée de l’Air : création d’un « centre de guerre aérienne »




DGA : 2015, un excellent millésime pour l’armement

En 2015, la Délégation générale pour l’armement (DGA) a conclu des contrats d’équipement des armées d’un montant de 11 Md€,  a pris des commandes à l’export de 16 Md€ et a investi 727 M€ dans des études amont. Ces résultats ont été présentés à la presse, le 10 février 2016 à Paris, par Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement.

Pour les armées françaises. La DGA a livré 2 avions de transport tactique A400 M à l’armée de l’Air, qui en dispose ainsi de 8, et 5 avions de chasse Rafale. L’armée de Terre a reçu 6 hélicoptères de combat Tigre (55 livrés en tout) et 4 hélicoptères NH90 de transport tactique et la Marine nationale 3 hélicoptères NH90 de lutte antisurface et anti-sous-marine. Au total, 33 appareils NH90 sont en service dans les forces françaises. La Marine a pris livraison de 2 Rafale « rétrofités » (ajouts de nouvelles technologies ou de nouvelles fonctions à des systèmes plus anciens) et la frégate multimissions (FREMM) Provence. En tout, 142 Rafale ont déjà été livrés. En vue de préparer l’avenir, la DGA a commandé : un 3ème satellite MUSIS (système multinational d’imagerie spatiale pour la surveillance, la reconnaissance et l’observation) ; 2 satellites de communications militaires de nouvelle génération (COMSAT NG), qui succèderont au système actuel Syracuse III à partir de 2020 ; 241 véhicules légers et 202 véhicules lourds pour les forces spéciales ainsi que l’intégration d’équipements de renseignement et de communications sensibles avec leurs éléments de soutien. Les forces spéciales recevront 25 véhicules lourds dès 2016, pour répondre aux besoins les plus urgents, et les premiers véhicules légers à partir de 2018. Ce programme, qui correspond aux missions de renseignement, de neutralisation et d’actions dans la profondeur en zones hostiles, vise à améliorer l’interopérabilité et le niveau  de performance du parc de véhicules des composantes Terre, Air et Marine des forces spéciales. Par ailleurs, ont été lancés : le programme de définition du système de drones de chasse des mines marines ; le programme « B1NT » (Aster Block 1 Nouvelle Technologie). Ce dernier porte sur le développement  d’une nouvelle version du missile Aster 30, dont les premiers exemplaires seront livrés à l’armée de l’Air en 2023. Il inclut la modernisation du système de défense anti-aérienne SAMP/T pour le doter de capacités améliorées, notamment contre les missiles balistiques dans le cadre du programme OTAN de défense antimissile balistique.

A l’exportation. L’année 2015 a été qualifiée d’historique, par Laurent Collet-Billon, en matière d’exportations d’armement. Les prises de commandes, ,dont le résultat définitif sera connu fin mai 2016, sont estimées 16 Md€, contre 8,2 Md€ en 2014. Le Qatar a acheté 24 Rafale et l’Égypte 24 Rafale et 1 FREMM. Cinq grands contrats dépassent 500 M€. L’Afrique et le Moyen-Orient représentent plus de 80 % des contrats entrés en vigueur. Comme les pays clients demandent un soutien accru, la DGA compte recruter plus de 500 personnes à cet effet, dont 160 dès 2016.

Coopération internationale. Un accord a été conclu avec l’Allemagne sur le programme MUSIS/CSO (composante spatiale optique) pour une meilleure identification des petites cibles et un accès plus rapide à l’information qu’avec les systèmes actuels Pléiades et Hélios. Un autre, avec l’Italie et la Grande-Bretagne porte sur l’évolution du système naval de défense anti-aérienne FSAF-PAAMS. Enfin, les groupes d’armement terrestre français Nexter et allemand KMV ont fusionné dans le cadre du projet « Kant ».

Loïc Salmon

DGA : bilan 2014 conforme à la loi de programmation

« DGA Innovation » : rendre les projets possibles et rentables sur le long terme

Renseignement militaire : cinq satellites français de plus




CEMA : durcissement et aggravation des conflits, évolution des missions

Les armées françaises, en guerre dans les faits, sont confrontées à la progression des menaces du non droit et celles engendrées par les rapports de force entre les États. Telle est l’opinion du général Pierre de Villiers, leur chef d’état-major (CEMA), exprimée le 29 janvier 2016 à Paris, devant l’Association des journalistes de défense. Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, commandités par Daech (« État islamique ») depuis la Syrie, ont confirmé l’étroitesse des liens entre la « défense de l’avant » (les opérations extérieures, Opex) et la protection du territoire national. Les risques terroristes se superposent aux flux migratoires vers l’Europe.

Rupture stratégique. La sécurité à l’intérieur des frontières étatiques n’existe plus et cette dégradation sécuritaire s’inscrit dans la durée, souligne le général de Villiers. En 2015, Daech a poursuivi l’occupation du territoire qu’il contrôle en Syrie et en Irak. Avec d’autres groupes radicaux, il a étendu son influence vers l’Afrique : consolidation en Libye avec risque de contamination géographique ; persistance du terrorisme de Boko Haram dans la région du lac Tchad. Son islamisme radical se propage dans la bande sahélo-saharienne, au Sinaï, au Yémen et dans la Corne de l’Afrique. Daech exerce une véritable fascination par sa propagande violente. Selon le CEMA, 500 candidats au djihad partent pour la Syrie chaque mois. Sur les 37.000 combattants étrangers ayant rejoint Daech depuis la proclamation du nouveau califat (29 juin 2014), 27.000 seraient encore en Irak ou en Syrie. Les modes d’action de Daech sont peu coûteux, aisément accessibles et se combinent au fanatisme et à l’idéal de mort : cyberattaques, engins explosifs improvisés, tireurs embusqués et attaques suicides. En Syrie, en Irak et en Libye, la terreur djihadiste met en scène viols, décapitations, tortures, crucifixions publiques et esclavage des femmes, en vue d’un anéantissement soudain des fonctions vitales du « candidat au martyr » sous l’effet d’un choc émotionnel intense. Par ailleurs en 2015, des États aux capacités mondiales et régionales ont démontré leur puissance : gel de la situation en Ukraine et engagement militaire de la Russie en Syrie ; l’Iran, redevenu fréquentable avec l’accord nucléaire de Vienne ; revendications de la Chine ; attitude provocatrice de la Corée du Nord.

Guerre « mondialisée ». Le mode opératoire et les armes utilisées lors des attentats sur le sol national en 2015 sont identiques à ceux des récentes Opex (Afghanistan, Mali et Irak). Pour gagner cette nouvelle guerre, estime le CEMA, il faut maintenir un modèle complet d’armée pour couvrir tout le spectre des menaces, avec un budget correspondant à 2 % du produit intérieur brut de la France. La volonté politique s’exprime à travers la chaîne décisionnelle, qui produit des effets sur le terrain en quelques heures. La stratégie d’action doit mettre en cohérence les objectifs militaires avec les visées politiques, car gagner la guerre ne suffit pas à gagner la paix, souligne le général. L’action doit s’inscrire dans le temps long, à savoir accepter d’attendre pour récolter les fruits de l’action. Parmi les 200.000 militaires français, près de 41.000 sont en posture opérationnelle : dissuasion nucléaire aérienne et océanique ; opération extérieure ou intérieure ; forces de présence ou de souveraineté ; protection des emprises militaires. Les autres assurent les formations, la surveillance et le contrôle de l’espace aérien et des approches maritimes, le renseignement et la cyberdéfense.

Loïc Salmon

Attentats à Paris : plus grosse opération de secours de la BSPP depuis les années 1980

Géopolitique : le chaos d’aujourd’hui, dérive logique de la mondialisation

Défense : actualisation de la LPM 2014-2019




Blessés psychiques : l’opération « Omega » de réinsertion professionnelle civile

Le bilan des compétences de blessés psychiques en opérations extérieures (Opex) permet de déceler leurs talents dans une nouvelle profession, que 80 % d’entre eux souhaitent civile. Le 7 janvier 2016 à Paris, le colonel Thierry Maloux, chef de la Cellule d’aide aux blessés de l’armée de terre (CABAT), a présenté à la presse l’opération « Omega », soutenue par l’armée de Terre, le gouverneur militaire de Paris et l’association Terre Fraternité (photo). Lancée en avril 2015, « Omega » a déjà débouché sur 13 contrats à durée indéterminée chez Nexter, Conforama, Michelin, Décathlon et Auchan ainsi que des promesses d’embauche chez Thales et Aéroports de Paris.

Évaluation et soutien. Au 1er octobre 2015, plus de 500 blessés psychiques de l’armée de Terre se trouvaient en congé maladie de longue durée et souffraient de syndromes post-traumatiques consécutifs aux Opex des cinq dernières années. Souvent, ces blessés ne peuvent plus servir en situation opérationnelle et font l’objet d’un processus de réadaptations sociale et professionnelle. Le blessé, homme ou femme, rassemble des savoir-faire et des « savoir-être » militaires transposables dans le milieu civil, explique le colonel Maloux. A l’issue d’un parcours de soins en vue de regagner progressivement son autonomie, il parvient à valoriser ses qualités de résilience, d’audace, d’endurance, de travail en équipe et de loyauté. Le processus d’accompagnement de l’opération « Omega » se fonde sur l’acquisition, par les blessés, des outils de la reconversion, et, pour la CABAT, sur la fidélisation des entreprises susceptibles de les embaucher. D’ici à la fin de 2016, la CABAT estime pouvoir définir un processus ayant prouvé son efficacité, en vue de le transposer à une échelle ministérielle, et adossé à un vivier pérenne d’employeurs potentiels. Elle recherche stages professionnels et formations de l’Agence de reconversion de la défense, de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre ou des Maisons départementales pour les personnes handicapées.

Compagnonnage progressif. Les « acteurs ressources », visés par la CABAT, sont constitués par les grands groupes, petites et moyennes entreprises et relais professionnels, en mesure de proposer des offres d’emplois adaptés aux blessés psychiques et ce dans le cadre d’une relation privilégiée avec l’armée de Terre. Chaque blessé peut faire l’objet d’une période d’immersion d’un mois à un an dans l’entreprise, afin d’adapter au mieux le poste envisagé et d’acquérir une confiance mutuelle et une confiance partagée. La CABAT et le Service de santé des armées garantissent un suivi médical et social pendant la période d’immersion. Elle signe avec l’acteur ressources une « charte éthique », précisant les conditions du tutorat en entreprise, et une convention d’immersion. Le blessé est protégé par le code de la défense et le certificat médical de réadaptation professionnelle. Maintenu sous contrat militaire, il est rémunéré par le ministère de la Défense. L’association Terre Fraternité finance les frais éventuels liés à l’immersion, notamment l’hébergement. Cette immersion doit normalement se conclure par la signature d’un contrat à durée indéterminée, dans le cadre de l’obligation d’emploi de personnes en situation de handicap. En outre, la loi N°2005-102 du 11 février 2005 accorde des avantages aux entreprises, qui doivent réserver jusqu’à 6 % de leurs ressources humaines aux travailleurs handicapés qualifiés.

Loïc Salmon

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« DGA Innovation » : rendre les projets possibles et rentables sur le long terme

La Direction générale de l’armement (DGA) consolide les liens entre le ministère de la Défense, les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI), notamment par un soutien renforcé à l’innovation pour faire face aux menaces.  Elle organise chaque année un « Forum DGA Innovation », dont la 4ème édition s’est déroulée à l’École Polytechnique, le 26 novembre 2015 à Palaiseau, en présence de Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement (photo). Ce forum a présenté plus de 100 projets, dont 20 démonstrations dans les communications, les matériaux performants et la santé. Il a accueilli quelque 850 acteurs : dirigeants de PME, représentants des grands maîtres d’œuvre industriels, responsables de laboratoires, chercheurs et doctorants… dont trois ont reçu un prix de 5.000 € !

Financement de thèses. Depuis 2000, la DGA distingue chaque année plusieurs jeunes docteurs ayant bénéficié d’une allocation de thèse financée par le ministère de la Défense. La sélection s’effectue en fonction de l’intérêt des recherches, leur degré d’innovation, la qualité des résultats et l’impact des travaux sur l’insertion professionnelle du docteur. En matière de recherche fondamentale, la DGA finance ou co-finance environ 150 nouvelles thèses de doctorat par an, dont certaines en co-tutelle avec des établissements britanniques, ainsi que des recherches post-doctorales à l’étranger. Ces thèses portent, entre autres, sur l’informatique, l’optique, l’économie, la sociologie ou les sciences politiques. La DGA apporte un soutien aux organismes de recherches sous sa tutelle, comme l’ONERA (Office national d’études et de recherches aérospatiales) ou l’Institut franco-allemand de Saint-Louis. Ce soutien recouvre des contrats d’études amont vers le CNES (Centre national d’études spatiales) et le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) ainsi que les subventions de projets de recherches d’entreprises et de laboratoires.

Recherche et technologie. En investissant dans la recherche et la technologie, la DGA vise à : imaginer les futurs possibles ; anticiper menaces et risques ; préparer les capacités industrielles, en détectant les ruptures technologiques ; les faire émerger dans un contexte à applications civiles et militaires. En outre, elle soutient et développe les compétences industrielles clés, notamment celles des PME, pour conserver une longueur d’avance et sécuriser les performances, coûts et délais des projets. Le ministère de la Défense se fournit auprès de 26.000 PME et ETI pour un montant de 2,6 Md€ en 2014, dont 40 % par des achats hors armement. Un budget moyen annuel de 730 M€ est programmé pour des études amont entre 2014 et 2019. Quelque 2.000 PME bénéficient d’un suivi particulier, dont 400 exercent des activités dites « sensibles » ou de souveraineté nationale. Afin de soutenir la croissance des PME, le ministère de la Défense a signé des conventions bilatérales avec sept maîtres d’œuvre industriels : Airbus Group, Safran, Thales, MBDA, Nexter, DCNS et Dassault Aviation. En 2014, l’industrie de défense française a réalisé 8,2Md€ de prises de commandes à l’export. Selon une étude d’impact réalisée en 2014, cela concerne 40.000 emplois, toutes catégories confondues, dans les régions, surtout l’Ile-de-France, l’Aquitaine, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Bretagne, Rhône-Alpes et Centre. Les grands maîtres d’œuvre industriels y emploient environ 14.000 personnes directement et quelque 13.000 indirectement chez leurs sous-traitants.

Loïc Salmon

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