Armée de l’Air : création d’un « centre de guerre aérienne »

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Le Centre d’expertise aérienne militaire, véritable « centre de guerre aérienne » installé sur la Base aérienne 118 (BA 118) de Mont-de-Marsan, a été officiellement ouvert le 1er septembre 2015 par le général Denis Mercier, chef d’État-major de l’armée de l’Air. Il doit permettre de répondre, de manière cohérente et dans des délais réduits au plus juste, aux demandes des états-majors et des forces. Ce centre, directement rattaché au major général de l’armée de l’Air, résulte de la fusion du Centre d’expériences aériennes militaires (CEAM), qui réunit les expertises indispensables à la construction des futures capacités opérationnelles, et le Centre tactique air destiné aux besoins du commandement des forces aériennes. Le Centre d’expertise aérienne militaire rassemble trois types d’expertises sur un même site (la BA 118) et sous un même chef (un général de division aérienne). Le premier type (niveau opératif) concerne les doctrines de l’armée de l’Air : travaux sur les principes fondamentaux ; coordination du retour d’expérience ; conduite d’études exploratoires intéressant directement le commandement et le contrôle d’un théâtre d’opération. Le deuxième type (niveau stratégique) porte sur les expertises technico-opérationnelles nécessaires à la modernisation des équipements des forces : contribution au suivi du développement des nouveaux matériels ; conception et réalisation des expérimentations. Le troisième type (niveau tactique) consiste à capitaliser les meilleures pratiques et à valoriser toute initiative ou réflexion pertinente des unités opérationnelles. Ce triptyque assure la cohérence des capacités opérationnelles et permet de maîtriser la surenchère technologique des équipements. Le Centre d’expertise aérienne militaire entretient des partenariats avec la Délégation générale de l’armement, l’industrie et les universités. Il repose aussi sur un réseau de « référents tactiques » des  unités opérationnelles. Chaque référent aura reçu une formation de haut niveau de 4 semaines, dont les cours sont validés par les centres experts de l’armée de l’Air ou d’organismes externes. La première session a eu lieu en juin 2015 et la seconde est prévue à la fin de l’année. Le stagiaire est immergé dans une « ruche multiculturelle », où il explique les capacités et expertises de son unité d’origine, ses besoins et ses contraintes. En retour, il apprend à intégrer les spécificités des unités des autres stagiaires. De son côté, le commandant d’unité peut faire appel au référent tactique pour solliciter le Centre d’expertise aérienne militaire sur des questions d’ordre tactique, technique ou doctrinal. Il y fait remonter, par son intermédiaire, les bonnes pratiques de son unité, pour les faire partager par d’autres. Enfin, il tient ainsi son unité à jour des changements doctrinaux, techniques et tactiques de l’armée de l’Air. La Base aérienne 118 abrite diverses unités, qui facilitent les activités du Centre d’expertise aérienne militaire : escadrons de chasse et de défense sol-air ; unités d’appui aux opérations (soutien, guerre électronique, liaisons de données tactiques, systèmes d’information opérationnels et génie de l’Air) ; unités d’instruction (contrôle et défense aérienne, formation Rafale et utilisation opérationnelle et technique) ; unités d’expérimentations techniques ; unités de soutiens communs et spécialisés. Toutes participent aux missions permanentes de l’armée de l’Air : protection, dissuasion nucléaire et intervention.

Loïc Salmon

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