DCI : actions communes de défense et de diplomatie

Outil de la politique d’exportation d’armement et porteur de l’image des armées, Défense Conseil International (DCI) contribue à l’influence de la France par le partage de savoir-faire, la garantie de qualité et la création de relations durables avec les pays clients.

Son président-directeur général Jean-Michel Palagos l’a expliqué au cours d’une conférence-débat organisée, le 11 juin 2014 à Paris, par l’Association des auditeurs jeunes de l’Institut des hautes études de défense nationale.

La stratégie. Outre son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU, la France occupe une place à part parmi la communauté internationale par son indépendance historique des blocs et des courants de pensée dominants : guerre du Golfe (1991), non-intervention en Irak (2003), engagement au Mali (2013). Son courage, souligne Jean-Michel Palagos, la fait respecter dans le monde, car elle est venue secourir certains pays sans rien demander en retour, notamment en ce qui concerne la situation en Syrie, au Liban et dans la bande sahélo-saharienne. Le Koweït n’a pas oublié que DCI est la seule entreprise occidentale à ne pas avoir quitté le pays en 1990, lors de son invasion par l’armée irakienne. Depuis la construction de frégates Sawari pour l’Arabie Saoudite dans les années 1980 puis la formation à la souveraineté en mer des États voisins (Qatar et Émirats arabes unis), la France a implanté une base de défense navale, aérienne et terrestre à Abou Dhabi en 2009 pour sécuriser ses approvisionnements pétroliers et gaziers. La mer Rouge, autrefois sous influence de la Grande Bretagne, passe sous celle de la France. Par ailleurs, les forces armées françaises, qui ont réussi leur retrait d’Afghanistan, sont devenues les meilleures d’Europe, car capables de remplir la totalité des missions pour installer la paix et combattre le terrorisme. DCI fait payer ses prestations par les États demandeurs. La Direction de la coopération de sécurité et de défense du ministère des Affaires étrangères lui sous-traite les transferts de formation dans les pays en développement. Outre les pays arabes, DCI prospecte en Malaisie, Amérique du Sud et Afrique. Les pays de la corne de l’Afrique bénéficient d’une croissance économique grâce aux cultures vivrières et au pétrole offshore, mais ressentent un besoin de sécurité, notamment contre la piraterie maritime. Toutefois, tout transfert de savoir-faire militaire doit recevoir au préalable le feu vert  de la Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre. Celle-ci examine les dossiers au cas par cas, selon la technologie à transférer et les risques concernant le pays demandeur. Auparavant, pour éviter toute imprudence, DCI s’informe auprès de la Direction des affaires stratégiques du ministère de la Défense sur la portée stratégique et le contenu technique du projet demandé. Ainsi, DCI-NAVCO va assurer la formation opérationnelle des équipages des bâtiments russes de projection et de commandement Vladivostok et Sébastopol, en construction au chantier naval de Saint-Nazaire.

La méthode. DCI-DESCO apporte conseils et qualifications tout au long du cycle de vie d’un équipement, sauf sa fourniture initiale qui incombe à l’industriel. Ce dernier suit une logique de recherche, développement et performance d’un matériel neuf et n’assure son maintien en condition opérationnelle (MCO) qu’en France. Fidèle à sa logique de service, DCI fait du MCO à la demande du client étranger. En effet, même si l’équipement n’est pas entretenu, son dysfonctionnement sera toujours imputé à l’exportateur ! Partenaire mais indépendant de tous les industriels français, DCI étudie les besoins spécifiques des états-majors étrangers, jamais identiques d’un pays à l’autre. Ils veulent l’équipement, comprendre son fonctionnement, une formation opérationnelle, une opérabilité entre systèmes d’armes et participer à des manœuvres internationales. Ainsi, DCI facilite la coordination avec le chantier naval lors de l’immobilité de longue durée d’un navire pour entretien et réparations. Il forme notamment : équipages d’aviation légère d’une armée de Terre étrangère au vol tactique de nuit avec des jumelles à vision nocturne ; plongeurs démineurs ; Forces spéciales de montagne ; personnels de sécurité aérienne. Relais des Écoles militaires françaises, il forme des spécialistes et des élèves officiers étrangers, dont environ 1.000 sont déjà passés par Saint-Cyr, l’École navale ou l’École de l’Air avant d’entrer dans l’élite militaire de leurs pays d’origine. Par exemple, les futurs officiers de Marine, âgés de 20 ans, séjournent 7 ans en France : 2 ans immergés dans une famille à Cherbourg avec des cours de français, mathématiques et physique ; 2 ans dans un institut universitaire de technologie ; 2 ans en université ; 1 an avec une promotion de l’École Navale. Ils en ressortent bilingues et francophiles.

Le personnel. La moitié du personnel de DCI vit hors de France : militaires en fin de contrat ou retraités, personnels détachés et jeunes diplômés civils. Les spécialistes se présentent pour poursuivre leur métier de base ou pour travailler dans un pays où ils ont été affectés au cours de leur carrière militaire. Mais ils doivent présenter des compétences transférables : plongeur démineur, mécanicien de char Leclerc ou d’hélicoptère ou pilote d’avion par exemple. Le détachement de pilotes de chasse à DCI, dans la limite des contraintes opérationnelles, ne coûte rien à l’armée de l’Air et contribue à son image de marque à l’étranger. Alors que la Marine française ne déploie que des sous-marins à propulsion nucléaire, le groupe DCNS construit aussi des submersibles diesel Scorpène pour l’exportation, dont les équipages étrangers devront apprendre à se servir. DCI forme alors à la propulsion diesel d’anciens sous-mariniers français, qui pourront aussi transférer leur savoir-faire en matière de navigation et de conduite opérationnelle. DCI recrute 250 personnes/an selon des critères stricts : avoir quitté leur armée d’origine en bons termes ; adaptation à un autre cadre de vie ; ouverture sur le monde ; être conscient que son savoir-faire contribue au rayonnement de la France. « Il faut 42 ans (encadré) pour faire des transferts de savoir-faire », estime le président-directeur général de DCI.

Loïc Salmon

Armements : maintien des exportateurs traditionnels et émergence de nouveaux

DGA : l’expertise technologique, avenir de l’outil de défense

Euronaval 2012 : défis maritime et industriel

Défense Conseil international (DCI) a regroupé, en 2000, quatre sociétés privées qui accompagnent les grands programmes d’exportations d’armement : COFRAS, créée en 1972 pour les forces terrestres et de gendarmerie ; NAVFCO (1980) pour les Marines ; AIRCO (1984) pour les forces aériennes ; DESCO (1990) pour la sécurisation des programmes. L’actionnariat de DCI se répartit entre : l’État français, 49,90 % ; la société Sofema (maintenance d’équipements militaires), 30 % ; Sofresa (exportation de systèmes avancés), 10 % ; Eurotradia International (conseil et service), 10 %. En 2013, DCI, qui emploie 800 personnes, a réalisé un résultat net de 20 M€ sur un chiffre d’affaires de 221 M€ avec un carnet de commandes de 339 M€. Actif dans une centaine de pays, il dispose de représentations permanentes en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Koweït, au Qatar et à Singapour.




Marine nationale : mission « Jeanne d’Arc » 2014 en Atlantique

De mars à juillet 2014, un groupe amphibie (GA) se déploie en Atlantique au profit des officiers-élèves de l’École navale et des forces françaises prépositionnées outre-mer, dans le cadre de la mission « Jeanne d’Arc ». Il pourrait, éventuellement, être engagé en opérations.

Les missions. Le GA, composé du bâtiment de projection et de commandement Mistral et de la frégate La-Fayette, effectue la mission dite « Jeanne d’Arc » à 4 volets. Sur le plan opérationnel, il participe à l’opération « Corymbe » de présence dans le golfe de Guinée et en Afrique de l’Ouest pour y protéger les intérêts français. Cela relève des missions générales de connaissance, d’anticipation de crises et de coopération régionale. S’y ajoute le renforcement temporaire des forces de souveraineté en Guadeloupe et en Martinique par des entraînements communs. Le cas échéant, le chef d’État-major des armées peut utiliser le GA dans la conduite d’opérations vers la terre ou en mer. Le volet « coopération » porte sur la préparation opérationnelle interarmées des bâtiments déployés et des détachements de l’armée de Terre embarqués (groupements tactique et aéromobile). Il inclut l’interopérabilité avec les grands pays alliés, par des exercices OTAN avec les forces américaines et canadiennes, et les entraînements bilatéraux avec les Marines d’autres pays riverains de l’océan Atlantique (Sénégal, Cote d’Ivoire, Togo, Bénin, Brésil et Portugal). Le volet « rayonnement »  consiste à apporter un soutien naval à la diplomatie de la France et, lors des escales, un soutien à l’exportation d’armements français et, par voie de conséquence, à l’emploi industriel en France. Enfin, la mission « Jeanne d’Arc » constitue l’école d’application des élèves de la promotion 2011 de l’École navale, intégrés au « systèmes d’hommes » du GA : découverte des enjeux stratégiques de l’océan Atlantique, zone d’opérations des armées françaises ; rythme de navigation soutenu et enchaînement rapide d’activités pour se préparer à la prise de responsabilités au retour ; acquisition d’une expérience dense et variée du monde maritime par la vie en équipage.

Les personnels. Les élèves embarqués comptent 155 officiers et 20 civils. Il y a : 95 enseignes de vaisseau de 2ème classe, dont 13 étrangers (2 Allemands, 2 Saoudiens, 2 Béninois, 1 Camerounais, 1 Sud-Coréen, 1 Libanais 1 Malgache, 1 Sénégalais et 1 Togolais) ; 9 commissaires-élèves des armées, dont 1 Camerounais ; 11 administrateurs des Affaires maritimes ; 8 médecins des armées ; 8 officiers-élèves invités en cursus extérieur (1 Belge, 1 Brésilien, 1 Gabonais, 2 Koweïtiens, 1 Malaisien, 1 Canadien et 1 Britannique). En outre, embarquent pour une courte période : 10 sous-lieutenants de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan ; 14 stagiaires-ingénieurs de l’armement ; 20 stagiaires de l’école de commerce EDHEC. Par ailleurs, le groupement tactique embarqué compte 60 véhicules et engins ainsi que 210 soldats du 3ème Régiment d’infanterie de marine, du Régiment d’infanterie chars de marine, du 11ème Régiment d’artillerie de marine et du  6ème Régiment du génie. Le groupement aéromobile se monte à 2 hélicoptères de manœuvre et d’assaut Puma, 2 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque Gazelle et 35 soldats issus du 5ème Régiment d’hélicoptères de combat. Enfin, les détachements Marine comptent 1 hélicoptère Alouette III de l’escadrille 22S, 1 engin de débarquement amphibie rapide et 2 chalands de transport de matériel.

Loïc Salmon

Golfe de Guinée : zone de crises pour longtemps

Mission Jeanne d’Arc 2012 : un tour du monde opérationnel




Opération européenne « Atalante » : piraterie contenue en océan Indien

« Zéro attaque réussie pendant mon commandement dans une zone grande comme l’Union européenne ». Tel est l’objectif que s’est fixé le contre-amiral français Hervé Bléjean, commandant de la force navale « Eunavfor » de l’opération européenne « Atalante » de lutte contre la piraterie au large de la Somalie. En fonctions du 6 décembre 2013 au 6 avril 2014, il a présenté la situation à la presse le 23 janvier 2014, à bord du transport de chaland de débarquement (TCD) Siroco, lors d’une visioconférence avec le ministère de la Défense à Paris. De fait, sur les 9 attaques signalées depuis le 1er janvier 2013, aucune n’a réussie. Depuis le lancement de l’opération « Atalante » en décembre 2008, le nombre d’actes de piraterie réussis a effectivement diminué : 39 succès sur 215 attaques en 2009 : 36 sur 199 en 2010 ; 25 sur 176 en 2011 ; 5 sur 35 en 2012 ; 0 sur 8 en 2013 ; 0 pour 1 entre le 1er et le 23 janvier 2014. Selon l’amiral Bléjean, cette baisse est d’abord due à l’efficacité des forces internationales sur zone : l’Eunavfor ; celle de l’OTAN ; la « Combined Maritime Force » (30 pays, commandement à Bahreïn) ; des bâtiments des Marines indienne, chinoise, japonaise, sud-coréenne et russe.  Des réunions se tiennent tous les 3 mois à Northwood (Grande-Bretagne) pour rendre leur coordination la plus efficace possible. En outre, les mesures de protection prises par les navires marchands et de pêche gênent l’assaut de pirates : moyens de protection physique, respect des directives de navigation et embarquement d’équipes de sécurité armées (étatiques ou privées). Enfin, la piraterie, apparaît moins rentable pour les groupes mafieux somaliens qui la contrôlent. Toutefois, « il ne faut pas baisser la garde sur les mesures de protection des navires marchands », avertit l’amiral. L’Eunavfor totalise 1.220 personnes, réparties entre les bâtiments et les aéronefs de patrouille maritime. Les unités navales, qui embarquent des hélicoptères, comprennent : le TCD Siroco avec 1 Alouette III ; la frégate allemande Hessen avec 2 Lynx MK-88A ; la frégate italienne Libeccio avec 2 Agusta Bell 2012 ; la frégate espagnole Tornado avec 1 Agusta Bell 2012 ; la frégate ukrainienne Zagaidachny avec 1 Kamov KA-27. S’y ajoutent une équipe de protection serbe embarquée (12 personnels) sur chaque navire du Programme alimentaire mondial de l’ONU et les avions de patrouille maritime basés à Djibouti et Port Victoria (Seychelles) : 1 PC3 Orion allemand ; 1 Casa CN35 espagnol ; 2 Merlin SW3 affrétés par le Luxembourg et exploités par un opérateur privé depuis les Seychelles. L’état-major, dont la langue de travail est l’anglais, comprend 24 Français, 2 Néerlandais, 2 Italiens, 1 Finlandais, 1 Allemand, 1 Espagnol, 1 Portugais, 1 Grec et 1 Serbe. Le 18 janvier 2014, suite à un appel de détresse lancé par un navire marchand immatriculé aux Îles Marshall, le Siroco, en coopération avec un bâtiment et un avion de patrouille maritime japonais, a intercepté le boutre indien Shane-Hind, piraté au large d’Oman. Les 11 membres de l’équipage ont été libérés et 5 pirates présumés transférés aux Seychelles. Pour les suites judiciaires, des accords de transfert existent en effet entre l’Union européenne, les Seychelles, l’Île Maurice et le Kenya. Le droit de poursuite de pirates dans les eaux territoriales somaliennes est autorisé par le Conseil de sécurité de l’ONU et encadré par des règles d’engagement. A terre, l’action est possible contre des dépôts logistiques mais sans dégâts collatéraux, « conditions rarement remplies », précise l’amiral Bléjean.

Loïc Salmon

Piraterie en océan Indien : baisse des attaques réussies

Piraterie maritime : l’action d’Europol




OTAN : convergence de volontés pour intervenir ensemble

Défense collective et gestion des crises selon un accord international constituent les principales missions de l’OTAN, qui doit assurer les meilleurs emplois de ses moyens pour stabiliser les théâtres d’opérations. Tel est l’avis du général d‘armée aérienne Jean-Paul Paloméros, qui s’est exprimé le 18 septembre 2013 à Paris, devant l’Association des journalistes de défense. A la tête du « Commandement suprême allié pour la transformation » de l’OTAN, il préfère parler plutôt d’Alliance Atlantique, dont l’OTAN n’est que l’organisation militaire, car les dimensions politique et militaire sont intiment liées. Il rencontre en effet les chefs d’Etat et de gouvernement, les ministres de la Défense et les chefs d’Etat-major des armées des 28 pays membres. A ces missions prioritaires, s’ajoute la « sécurité coopérative » avec des partenaires extérieurs pour apporter la paix et la sécurité dans un espace plus vaste. Toutefois, la règle d’automaticité de défense collective s’applique seulement aux membres de l’Alliance. Ainsi, l’OTAN protège la frontière commune de la Turquie, pays membre, avec la Syrie. Elle teste son niveau d’intégration et en tire les conséquences en termes de commandement, déploiement de moyens, préparation des hommes et capacités d’autres pays. « Il y a des progrès à faire », indique le général Paloméros. Quant au Mali, il souligne que la coalition a apporté des soutiens militaire, technique et politique pour l’aider à reconstruire ses capacités. Les moyens ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance) ont fourni une bonne connaissance du théâtre pour l’engagement de forces sur le terrain. L’ISR constitue un développement majeur pour l’OTAN : de 80 à 100 projets en cours s’inspirent de retours d’expériences au Kosovo, en Afghanistan et des opérations maritimes. Ainsi, l’avion de patrouille maritime ATL2 dispose d’une capacité ISR à intégrer dans le système global. Il s’agit de déterminer les besoins dans dix ans, former les personnels et améliorer les connexions des systèmes. L’engagement capacitaire majeur de l’OTAN en matière d’ISR concerne la surveillance terrestre. Le système « Alliance Ground Surveillance » (AGS), qui sera disponible entre 2015 et 2017, comprendra cinq drones à haute altitude (18.000 m), longue endurance (36 heures) et capables d’embarquer des radars. La base de déploiement ISR et le centre de formation et d’exploitation des données seront implantés à Sigonella (Italie). Complémentaire des avions radar AWACS pour la surveillance aérienne, l’AGS donnera des renseignements tous temps sur un théâtre, avant, pendant et après une opération. Selon le général Paloméros, il faudra y ajouter une capacité satellitaire d’identification à distance et régler le problème d’intégration des drones dans le trafic aérien civil.

Loïc Salmon

Libye : bilan final de l’opération Harmattan dans le cadre OTAN

OTAN : garantie d’une vision globale en matière de défense

OTAN : sommet de Chicago




Femmes en guerre 1940-1946

Cet ouvrage, réalisé par cinq personnes, présente les femmes qui ont participé, sous l’uniforme, à la seconde guerre mondiale du côté des Alliés. Abondamment illustré de photos et documents, sans oublier les détails vestimentaires et insignes,  il souligne leur engagement et leurs difficultés à se faire admettre par leurs collègues masculins. « Bien des combattants d’hier tiennent pour inadmissible la présence de femmes dans leurs rangs. Nous ternissons la pureté de leur légende, mettons de la sauce majorette dans leur gloire », explique Suzanne Torrès, qui épousera le futur général Massu. Elle fait partie des Françaises vivant à New York que la riche Américaine Florence Conrad, soutenue par les puissantes ligues féministes, recrute en 1943 pour créer le groupe de conductrices ambulancières « Rochambeau », du nom du commandant des troupes françaises pendant la guerre d’Indépendance américaine. Les « Rochambelles » accompagnent la 2ème Division blindée du général Leclerc jusqu’en Allemagne. En décembre 1940, au Caire, le général Catroux crée le Bureau central d’assistance pour les Forces françaises libres au Moyen-Orient et en confie la direction à sa femme Marguerite, infirmière principale de 1ère classe. Une autre infirmière, la comtesse Gali-Leila du Luart, met sur pied la Formation chirurgicale mobile (FCM) N°1, franco-américaine de statut civil, pour secourir les grands blessés pendant la campagne de France. Elle reçoit la croix de Guerre et la Légion d’Honneur. Après divers avatars, la FCM reprend du service en Tunisie en 1942, suit tous les combats en Italie, rejoint la France le 31 mai 1945 et défile à Paris le 14 juillet. L’armée de l’Air crée le Corps auxiliaire féminin en 1943 à Alger. Parmi ces « filles de l’air » figurent la chanteuse américaine Joséphine Baker (croix de guerre avec palme et chevalier de la Légion d’Honneur) et l’aviatrice Maryse Bastié (croix de Guerre avec palme et commandeur de la Légion d’honneur). Outre ces grandes dames, nombreuses furent les femmes de métropole et des colonies à contribuer à la libération de la France. En Afrique du Nord, les volontaires doivent avoir entre 18 et 45 ans mais, les effectifs ne suffisant pas, un appel individuel sous les drapeaux est institué pour les Françaises de 21 à 40 ans, célibataires, veuves, divorcées et mariées sans enfants. Seules celles ayant souscrit un engagement peuvent servir aux armées. De tous les corps féminins, celui des transmissions, créé par le général Merlin, est le plus connu. Les « Merlinettes » participent à la libération de la Corse en 1943 et au débarquement de Provence en 1944. Parmi les 30 d’entre elles recrutées par le 2ème Bureau (renseignement), 7 seront parachutées en France occupée, capturées par les Allemands et exécutées. La Marine constitue les Services féminins de la flotte (SFF), dont les cadres sont recrutés en fonction des diplômes, des états de service ou des services rendus. Deux groupes d’ambulancières SFF se distinguent au 1er Régiment de fusiliers marins et au Régiment blindé de fusiliers marins. Les premières, engagées en Italie en juillet 1944, seront considérées comme membres à part entière de l’unité, malgré la méfiance du début, pour leur courage, leur endurance et leur calme en toutes circonstances. Les secondes seront présentes à la prise de Berchtesgaden (« nid d’aigle » d’Hitler) les 4 et 5 mai 1945. Pourtant, l’unique monument aux ambulancières mortes pour la France, situé à Réchésy (Territoire de Belfort), ne sera inauguré… qu’en 1991 !

Loïc Salmon

Exposition photographique itinérante « Femmes de la défense »

 

« Femmes en guerre 1940-1946 » (2013).

Éditions E-T-A-I/176 pages/36 €




Mali : succès de la Mission européenne de formation et d’expertise

La Mission européenne d’entraînement au Mali (EUTM Mali), qui répond aux attentes des autorités maliennes, constitue un laboratoire pour la politique de sécurité et de défense commune de l’Union européenne.

Telle est l’opinion de son chef, le général de brigade Bruno Guibert, qui a présenté la situation à mi-mandat à la presse le 29 août 2013 à Paris.

Réactivité et adaptabilité. L’Union européenne (UE) a manifesté une réactivité certaine : la formation sur le terrain a commencé moins de trois mois après la prise de décision. L’EUTM Mali, constituée en janvier 2013, a investi 13 M€ dans la rénovation du camp d’entraînement de Koulikoro. Elle compte 560 personnels de 23 pays, dont 120 Français. Ses missions de formation et d’expertise/conseil visent à aider à la reconstruction complète de l’armée malienne. Chacune des 15 nations participant à la formation des unités combattantes assure seule la responsabilité de l’instruction d’une spécialité où son excellence est reconnue. Il y a 200 instructeurs en tout. Cela entraîne une plus-value sur le plan opérationnel et permet une répartition des efforts entre toutes les nations participantes. L’entraînement de quatre bataillons maliens avec des hommes déjà engagés sur le terrain concerne toutes les spécialités, mais aussi l’exercice de l’autorité, condition essentielle pour que l’armée malienne reprenne confiance en elle. Il inclut le droit humanitaire, des règles de comportement, l’adaptation au contexte et la formation globale tactique.

L’approche française, explique le général, différente de l’américaine, consiste à prendre en compte un bataillon complet, du soldat au chef, pour maintenir sa cohérence et améliorer sa capacité opérationnelle. Le chef malien, en situation, donne des ordres à ses hommes, renforçant ainsi sa confiance en lui et celle qu’il leur inspire (leadership). « Nous, nous donnons des conseils », souligne le général. Cette formation dure 11 semaines, fait considéré comme exceptionnel à l’échelle de l’armée malienne. « Ça marche ! Ce sont des soldats qui parlent à d’autres soldats, il n’y a pas de divergences ». Ensuite, l’EUTM Mali apporte son expertise et ses conseils dans la construction d’une chaîne de commandement opérationnelle malienne.

Résultats et perspectives. Six mois après le lancement de l’EUTM Mali, le premier bataillon formé a été déployé dans le Nord du pays et le deuxième achève son entraînement. Le troisième commencera sa formation le 30 septembre. Le quatrième fera de même début janvier 2014. Un détachement d’assistance opérationnelle d’une vingtaine de militaires français accompagne les bataillons maliens déployés sur le terrain. Les résultats sont encourageants, estime le général Guibert, qui a constaté une adhésion enthousiaste des militaires maliens, qui font des efforts significatifs.

Un audit sévère avait été réalisé auparavant sur l’armée malienne, dont la défaite contre les djihadistes en janvier 2013 avait entraîné le déclenchement de l’opération « Serval » par les forces françaises. Pourtant, le président malien par intérim Dioncounda Traoré avait promu général de corps d’armée le capitaine Amadou Sanogo, responsable du coup d’Etat de mars 2012, et lui avait confié la direction d’un Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité. Toutefois, le 28 août, le gouvernement intérimaire a abrogé la nomination du général Sanogo, à la suite de la victoire d’Ibrahim Boubacar Keita à l’élection présidentielle du 11 août. Le général Sanogo avait proposé des recommandations… qui ne seront guère prises en considération. En effet, le général Guibert a souligné qu’il ne traite qu’avec les autorités légales. Le nouveau président Ibrahim Keita entend poursuivre ce qui a été entrepris avec l’ONU, l’UE et la France. Il s’agit de pérenniser les acquis, renforcer l’action de formation et restructurer l’armée. Le détachement de liaison et d’expertise (ALTF en anglais) regroupe une équipe pluridisciplinaire d’une vingtaine de conseillers militaires dans les domaines du cadre général de la défense, du commandement et de la préparation opérationnels, du soutien logistique et des ressources humaines. L’ALTF assiste également les états-majors de l’armée malienne dans la rédaction des textes fondamentaux. Une loi de programmation militaire (2014-2018), élaborée par l’EUTM Mali à la demande des autorités intérimaires maliennes, sera présentée au président Keita, puis validée par la prochaine Assemblée nationale. D’autres pays européens peuvent encore compléter l’EUTM Mali, qui bénéficie déjà du savoir-faire des nations participantes et dont la mission s’inscrit dans l’approche globale de l’UE au Sahel. A cet effet, le général Guibert doit se rendre à Bruxelles et aussi à Vilnius (Lituanie), lors de la réunion informelle des ministres de la défense de l’UE (6 septembre).

Sécurisation. Selon l’Etat-major des armées, les djihadistes se sont repliés vers le Nord. Une opération de sécurisation, dénommée « Anaconda 2 », a été lancée dans le Nord du Mali et consiste à reconnaître les axes et contrôler la zone. La phase 1, menée au Nord de la ville de Gao du 13 au 25 août, a mobilisé 160 personnels du Groupement tactique interarmes « Désert », des hélicoptères, un appui aérien, des moyens de renseignement et des gendarmes, dont 3 Maliens. Grâce aux renseignements d’opportunité fournis par la population elle-même, de l’armement, des munitions, grenades, explosifs et détonateurs ont été saisis dans des caches anciennes. La phase 2, menée au Sud d’Almoustarat du 27 août au 2 septembre, a mobilisé 170 personnels français, surtout de l’infanterie, et 2 gendarmes  maliens. Elle avait pour objectifs de marquer la présence de Serval de façon imprévisible dans des endroits déjà inspectés et de  détruire la présence et la structure des djihadistes. Ces opérations de sécurisation visent à faire pression sur leurs capacités logistiques, afin d’éviter qu’ils reprennent pied dans la boucle du Niger.

Loïc Salmon

Mali : la boucle du Niger contrôlée en 48 h par les forces franco-africaines

Mali : l’opération Serval va baisser en puissance à partir d’avril

Armée de Terre : l’effet « Mali » sur le recrutement

Le dispositif « Serval » et la Mission des Nations unies pour la      stabilisation du Mali (MINUSMA) assurent la sécurité de la Mission européenne d’entraînement au Mali. Selon l’Etat-major français des armées, « Serval » va passer de 3.200 hommes début septembre à 1.000 hommes cet hiver. Ses moyens aériens se composent de : 6 Rafale et 3 Mirage 2000D pour les frappes ; 1 avion de reconnaissance ATL2 et des drones pour le renseignement ; 1 avion ravitailleur C-135 ; 1 C-160 Transall, 1 C-130 Hercules et 1 Casa CN 235 pour le transport tactique. Les forces françaises sont réparties entre les villes de Bamako, Gao et Kidal ainsi que le massif de l’Adrar-Tessalit. Les forces africaines déployées dans le pays comprennent 8 bataillons maliens et des unités de la MINUSMA (Burkina-Faso, Ghana, Bénin, Tchad, Sénégal, Niger et Togo). Elles sont accompagnées de détachements français de liaison et d’appui.




Joint Warrior 13-1 : exercice combiné majeur interalliés

L’exercice majeur biannuel, multi-menaces, interalliés et interarmées « Joint Warrior 13-1 » s’est déroulé en Ecosse du 9 avril au 4 mai 2013. Il a regroupé 9 pays, 13.000 militaires, 55 navires et 50 aéronefs. Selon le capitaine de vaisseau Aymard, commandant le groupe aérien embarqué (GAE) du porte-avions Charles-De-Gaulle, cet exercice de projection de puissance a permis de démontrer la complémentarité des moyens français et britanniques et d’améliorer leur interopérabilité. L’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, la Norvège, la Pologne et la Suède ont également envoyé des unités. La Marine française a mis en œuvre le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne, un sous-marin nucléaire d’attaque et le GAE, qui a déployé 8 Super Etendard Modernisés, 7 Rafale Marine, 1 avion de guet aérien Hawkeye et 320 personnes.  L’activité aérienne a duré 8 jours (52 heures de vol/jour) et a été réalisée à 65 %, malgré les mauvaises conditions météorologiques (202 sorties). Ont notamment été tirés 12 roquettes d’entraînement à guidage laser et 5.500 obus. Des tirs combinés d’avions, de bâtiments et d’artillerie terrestre, en appui des troupes au sol, ont eu lieu de jour et de nuit. C’est une « première » pour les forces françaises, qui ne disposent pas de champs de tir équivalents et suffisamment éloignés d’une agglomération. Le GAE a participé à la lutte anti-navires et des raids de haute intensité en opposition ou en coordination avec les avions Typhoon britanniques. Enfin, il a utilisé les liaisons L16 de données tactiques et de commandement. Selon le lieutenant-colonel Cuny, officier de liaison français, la partie terrestre de Joint Warrior 13-1 a mobilisé 1.300 soldats britanniques de la 16 Air Assault Brigade et 500 militaires de la  11ème Brigade parachutiste, 3 avions de transport tactiques (1 C-160 Transall français, 1 C-160 allemand et 1 C-130 Hercules britannique), 12 hélicoptères britanniques (3 CH-47 Chinook, 3 Appache, 3 Seaking et 3 Lynx), 4 hélicoptères français (2 Puma et 2 Gazelle) et des moyens français et britanniques ISTAR (renseignement, surveillance, acquisition d’objectifs et reconnaissance). Pour sa partie terrestre, Joint Warrior 13 s’apparente au module projetable « Guépard » d’intervention d’urgence avec un volume de forces spécifiques, un délai court, une empreinte logistique minimale et une mission clé (évacuation de ressortissants). L’opération comprenait un parachutage, un poser d’assaut, un héliportage et l’intégration d’éléments britanniques au sein du 1er Régiment de chasseurs parachutistes. Le travail de planification, de conception des ordres et de conduite des opérations a permis la validation de l’I-CJEF (Force expéditionnaire commune) du côté britannique. Celle du côté français doit se faire au cours de l’exercice « Pegasus », dont la date et le lieu n’ont pas été précisés.

Loïc Salmon




Mali : l’opération Serval va baisser en puissance à partir d’avril

« La phase ultime » de l’opération Serval, considérée comme la plus difficile, « va durer encore tout le mois de mars et, à partir du mois d’avril, il y aura une diminution du nombre de soldats français au Mali, dès lors que les forces africaines seront en relais, appuyées par les Européens », a déclaré le président de la République, François Hollande, chef des armées, au cours d’une conférence de presse à Varsovie le 6 mars 2013. Le lendemain, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu au Mali pour rencontrer les troupes franco-maliennes engagées dans la vallée de l’Amettetaï, lieu de l’offensive du 27 février au 4 mars, et dans les villes de Tessalit et de Gao. Actuellement, 4.000 militaires français et 6.300 soldats du Niger, du Nigeria, du Burkina Faso et surtout du Tchad (2.000 hommes) sont déployés au Mali. S’y ajoutent des moyens aériens pour : les frappes, 6 Rafale, 6 Mirage 2000D et 2 Mirage F1 CR ; le renseignement, 1 Atl2 et des drones ; l’appui, 1 AWACS pour la détection et le contrôle, 1 C135 pour le ravitaillement en vol et des avions de transport tactique C160, C130 et CN 235. Le bilan des combats entre les 1er et 7 mars s’établit à : 180 sorties aériennes, dont 60 pour les frappes, 60 pour le soutien ravitaillement et santé et 60 pour le transport ; destruction de sites logistiques et de véhicules ; 50 djihadistes tués et 5 prisonniers, dont certains très jeunes ; 2 Français tués (2 et 6 mars) ; découverte de caches, postes de combat, armement, munitions et ateliers de fabrication d’engins explosifs improvisés. Les armes et munitions trouvées proviennent surtout des stocks de l’armée malienne et un peu de Libye. Selon l’Etat-major des armées, les djihadistes, qui avaient pris leurs dispositions pour tenir longtemps (dépôts de munitions et de vivres), cherchent à infliger le maximum de pertes aux unités françaises et tchadiennes. Les forces françaises, qui bénéficient des appuis feux des hélicoptères et avions de chasse, se coordonnent avec les troupes tchadiennes pour acquérir la supériorité et exploiter très vite le renseignement opérationnel, en vue de relancer l’action et garder l’initiative. Les conditions sont particulièrement difficiles : température de 35-40 ° C ; terrain rocailleux avec de fréquents dénivelés de 100 m ; chargement individuel de 25 kg (gilet pare-balles, vivres et munitions). Par ailleurs, 13 avions de transport et 2 hélicoptères sont fournis par : les Etats-Unis, 3 avions C17 ; la Grande-Bretagne, 1 C17 ; le Canada, 1 C17 ; la Belgique, 2 avions C130 et 2 hélicoptères ; l’Allemagne, 2 avions C160 et 1 avion A 3010 ; l’Espagne ,1 C130 ; le Danemark, 1 C130 ; les Pays-Bas, 1 avion DC 10. Enfin, la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali, destinée à former les troupes maliennes, devrait être opérationnelle fin mars. Composée de 500 soldats (200 formateurs) de 20 pays, elle sera protégée par les forces françaises.

Loïc Salmon




Mali : quatrième Français tué au cours de l’opération « Serval »

Un militaire français a été mortellement touché le 6 mars 2013, lors d’un accrochage avec les djihadistes près de Tin Keraten, à 100 km de Gao dans l’Est du Mali. Il s’agit du brigadier-chef Wilfried Pingaud du 68ème Régiment d’artillerie d’Afrique. Cela porte à quatre le nombre de Français tués depuis le déclenchement de l’opération Serval le 11 janvier. Selon l’Etat-major des armées, les djihadistes sont très déterminés et conduisent leur action jusqu’au bout sans chercher à se  désengager, ce qui rend la situation particulièrement dangereuse. Il s’agit de concentrer rapidement les moyens aériens et terrestres pour fixer l’adversaire, une fois localisé, et de le neutraliser. Une patrouille aérienne est maintenue sur zone par des ravitaillements en vol, afin d’intervenir rapidement. Le transport d’essence se fait par la route. Mais en cas d’urgence, un hélicoptère peut recevoir, bord à bord, une partie du carburant du C160, qui conserve de quoi rentrer à sa base. L’hélicoptère permet de surveiller le maximum de terrain et d’aller vite. Actuellement, 4.000 militaires français et 6.000 soldats africains sont déployés au Mali ainsi que des moyens aériens pour : les frappes, 6 Rafale, 6 Mirage 2000D et 2 Mirage F1 CR ; le renseignement, 1 Atl2 et des drones ; l’appui, 1 AWACS pour la détection et le contrôle, 1 C135 pour le ravitaillement en vol et des avions de transport tactique C160, C130 et CN 235. En outre, treize avions de transport sont fournis par les Etats-Unis (3 C17), la Grande-Bretagne (1 C17), le Canada (1 C17), la Belgique (2 C130), l’Allemagne (2 C160 et 1 A 3010), l’Espagne (1 C130), le Danemark (1 C130) et les Pays-Bas (1 DC 10). Enfin, la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali, destinée à former les troupes maliennes, devrait être opérationnelle fin mars. Composée de 500 soldats (200 formateurs) de 20 pays, elle sera protégée par les forces françaises.

Loïc Salmon




Mali : deux Français tués dans l’Adrar, principale zone d’opération

Quelque 1.200 militaires français, 800 soldats tchadiens et un élément malien ont été déployés dans le massif montagneux de l’Adrar (Nord du Mali), refuge des islamistes. Plusieurs accrochages se sont produits à l’issue de l’opération de reconnaissance « Panthère IV » déclenchée le 18 février 2013. Au 3 mars, le dernier bilan connu s’établit à : 90 djihadistes tués par les Tchadiens et 40 par les Français ; 26 Tchadiens tués ; 2 Français tués et 2 légèrement blessés ; plus de 10 sites logistiques, 15 pick up et 1 véhicule blindé BRDM2 détruits ; un atelier de fabrication d’engins explosifs improvisés démantelé. Selon l’Etat-major des armées, les djihadistes sont très déterminés et conduisent leur action jusqu’au bout sans chercher à se désengager, ce qui rend la situation particulièrement dangereuse. Deux canons Caesar de 155 mm ont été envoyés dans la région pour compléter l’appui feu aérien (voir plus loin). Panthère IV, terminée dès la localisation de l’adversaire, avait mobilisé 150 hommes des forces franco-maliennes, pour désorganiser les groupes djihadistes et démanteler leurs sanctuaires. Le 2 mars, le caporal Cédric Charenton (1er Régiment de chasseurs parachutistes) a été tué au cours d’un violent combat. Auparavant, le 19 février, lors d’un accrochage à 50 km au sud de la ville de Tessalit, le sergent-chef Harold Vormezeel (2ème Régiment étranger de parachutistes) est décédé à la suite de ses blessures. Panthère IV avait utilisé des moyens de renseignement (1 avion radar Atl 2 et 1 drone), d’appui aérien (2 chasseurs) et de transport (1 avion C160, 4 hélicoptères dont 1 « médicalisé » et des véhicules blindés). Il s’agit de concentrer rapidement les moyens aériens et terrestres pour fixer l’adversaire, une fois localisé, et de le neutraliser. Une patrouille aérienne est maintenue sur zone par des ravitaillements en vol, afin d’intervenir rapidement. Le transport d’essence se fait par la route. Mais en cas d’urgence, un hélicoptère peut recevoir, bord à bord, une partie du carburant du C160, qui conserve de quoi rentrer à sa base. L’hélicoptère permet de surveiller le maximum de terrain et d’aller vite. Actuellement, 4.000 militaires français et 6.000 soldats africains sont déployés au Mali ainsi que des moyens aériens pour : les frappes, 6 Rafale, 6 Mirage 2000D et 2 Mirage F1 CR ; le renseignement, 1 Atl2 et des drones ; l’appui, 1 AWACS pour la détection et le contrôle, 1 C135 pour le ravitaillement en vol et des avions de transport tactique C160, C130 et CN 235. En outre, treize avions de transport sont fournis par les Etats-Unis (3 C17), la Grande-Bretagne (1 C17), le Canada (1 C17), la Belgique (2 C130), l’Allemagne (2 C160 et 1 A 3010), l’Espagne (1 C130), le Danemark (1 C130) et les Pays-Bas (1 DC 10). Enfin, la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali, destinée à former les troupes maliennes, devrait être opérationnelle fin mars.  Composée de 500 soldats (200 formateurs) de 20 pays, elle sera protégée par les forces françaises.

Loïc Salmon