Armées de Terre et de l’Air : « Acinonyx », exercice TAP majeur et interalliés

Pour la première fois, des troupes aéroportées (TAP) françaises et américaines se sont entraînées ensemble en France, au cours de l’exercice annuel interarmées « Acinonyx », tenu du 5 au14 février 2018 dans le Sud-Ouest de la France.

Le colonel Bertrand Debray, chef de corps du 8ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa), a présenté cet exercice à la presse le 1er février à Paris.

« Acinonyx ». Organisé par la 11ème Brigade parachutiste et la Brigade aérienne d’appui et de projection, cet exercice a mobilisé plus de 1.000 soldats à partir du Pôle national des opérations aéroportées de Toulouse/Francazal, dans des conditions d’engagement proches de la réalité. La composante aérienne a inclus : 1 A400M Atlas, 1 C-160 Transall, 1 C-130 Hercules et 1 Casa, avions de transport tactique français ; 2 C-130J Hercules américain ; 2 Alphajet, 6 Rafale et 4 Mirage 2000C français. Engagées par saut sur la zone du camp de Ger, les TAP ont effectué plusieurs missions : saisie de zones et sécurisation de sites ; reconnaissance offensive et destruction d’objectifs ; mise en place d’une chaîne de décontamination, suite à un incident chimique. Les parachutistes français et ceux de la 173ème Brigade aéroportée américaine, stationnée au camp de Caylus, ont ainsi pu s’entraîner avec : le 5ème Régiment d’hélicoptères de combat ; des personnels du 2ème Régiment de dragons pour le traitement de la menace chimique et bactériologique ; des équipes du 132ème Bataillon cynophile de l’armée de Terre ; un détachement du 516ème Régiment du train pour l’escorte des convois. « Acinonyx » avait pour premier objectif d’entraîner la capacité de projection, par voie aérienne, d’une force de réaction rapide de TAP depuis Toulouse (illustration). Il a aussi permis la validation avant projection du 8ème RPIMa, en vue de son déploiement en Côte d’Ivoire en juin 2018.

La « capitale de l’urgence ». A Toulouse, le Pôle national des opérations aéroportées peut, très rapidement, regrouper 800 militaires et leurs matériels et les envoyer partout dans le monde jusqu’à 5.000 km, grâce aux A400M basés à Orléans. La Brigade aérienne d’appui et de projection gère tous les avions de transport et de liaison : C-160 Transall ; C-130 Hercules ; CN-235 Casa ; A 310 ; A 330 ; A 340 ; Falcon 900 ; Falcon 7 X ; Falcon 2000LX ; Xingu ; TBM 700 ; DHC-6 Twin Otter. S’y ajoutent les hélicoptères Puma, Super Puma, Fennec et Caracal. Grâce à l’alerte spécifique permanente dite « Guépard  TAP», la 11ème Brigade parachutiste (BP) fournit une première réponse à une situation de crise. Sa principale mission consiste à s’emparer d’une zone aéroportuaire, rétablir son fonctionnement et la livrer à un autre élément de force déployé ultérieurement. La 11ème BP peut engager environ 700 combattants répartis en deux échelons d’alerte, le premier à 12 heures et le second à 48 heures. Depuis 2015, le « Guépard TAP » a été déclenché 8 fois sur le territoire national, en Centrafrique, au Gabon, en Côte d’Ivoire et aux Antilles (assistance après l’ouragan Irma). Répartie surtout dans le Sud-Ouest avec son état-major à Toulouse, la 11ème BP compte : le centre de formation initiale des soldats ; l’Ecole des troupes aéroportées ; 8 régiments (chasseurs, hussards, train, génie, infanterie de marine, artillerie et légion étrangère). Ses 7.500 militaires sont équipés d’ensembles de parachutage individuel et du combattant et, pour les commandos, de parachutes à ouverture retardée.

Loïc Salmon

Défense : les opérations aéroportées, capacités spécifiques selon les missions

Armées de l’Air et de Terre : interopérabilité en transport tactique et aérolargage




Armée de Terre : 1er REC, projeté dans toutes les Opex

Le 1er Régiment étranger de cavalerie (REC) assure des missions de reconnaissance et d’intervention avec la puissance de feu de chars AMX 10RC-R à roues et canon de 105 mm. Il recueille aussi le renseignement tactique (véhicules blindés légers) et agit contre les chars (missile Milan et successeur).

Installé dans les Bouches-du-Rhône sur le camp de Carpiagne (1.600 ha), le 1er REC a accueilli, le 25 janvier 2018 en visite de travail, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, avant la discussion du projet de loi de programmations militaire 2019-2025 le 22 mai prochain. Son président, Christian Cambon, a souligné le rôle du Sénat pour éviter, notamment, le contournement des engagements du président de la République en matière de Défense (19 janvier à Toulon) par le ministère de l’Economie et des Finances. De son côté, le général Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de Terre, a rappelé que l’entretien de matériels anciens coûte aussi cher que leur remplacement par des équipements modernes protégeant mieux les soldats.

Préparation opérationnelle. Un sous-groupement tactique interarmes en opération extérieure (Opex), accroché par un adversaire, l’isole, le neutralise puis se réarticule pour poursuivre sa mission. Le 1er REC a procédé à une démonstration dynamique en plusieurs phases : véhicule blindé léger touché par un engin explosif improvisé et déminage autour (photo) ; évacuation d’un blessé par hélicoptère ; prise d’assaut d’une habitation, dont se sont emparés 10 terroristes, renforcés par 20 combattants en réserve avec des pickups. Alors que l’entraînement réel fait prendre conscience de la réalité du terrain, de l’adversaire et de l’incertitude du combat, la simulation permet de l’optimiser par un gain de temps de formation et une économie de munitions. A cet effet, le 1er REC dispose d’un centre complet de simulation. Une vision globale du champ de bataille est obtenue par sa numérisation par recueil de données en temps réel. La simulation par ordinateur permet d’envoyer des ordres et de recevoir des comptes rendus. La salle de planification organise des exercices où se multiplient les incidents, comme les engins explosifs improvisés ou les évacuations sanitaires. Il s’agit d’intégrer les bons réflexes, de comprendre les mécanismes de combat et d’acquérir des savoir-faire, du niveau d’une équipe de trois légionnaires à celui du colonel chef de corps. La simulation du tir de missile Milan et de canon d’AMX 10 RC-R constitue un entraînement avant la campagne de tirs réels. Le Milan, d’une portée de 1.900 m, présente une période de vulnérabilité de 12 secondes pour le tireur. Son successeur, le MMP (missile moyenne portée), d’une portée de 4.000 m et qui n’a pas cet inconvénient, entre déjà en service dans les unités terrestres.

Arme et équipement individuels. D’ici à 2028, toute l’armée de Terre sera dotée du fusil d’assaut allemand HK 416 F, en remplacement du Famas français amélioré. La version standard, au calibre Otan (5,56 mm) et réglable pour les gauchers, est munie d’une baïonnette, d’un bipied, d’un lance-grenade de 40 mm et d’une aide à la visée. Les légionnaires du 1er REC s’entraînent déjà au tir de cette arme en marchant. Le nouveau gilet pare-balles, plus confortable que les précédents, empêche la perforation mais pas le choc de l’impact. Le « barda », qui inclut musette, gilet, fusil, casque en kevlar, rations de combat et munitions (12 chargeurs à 30 cartouches pour le HK 416 F), pèse 40-50 kg. Enfin, le soldat consomme 9 litres d’eau par jour en opération.

Loïc Salmon

La Légion étrangère : qualité, commandement et formation

Armée de Terre : programme « Scorpion », le GTIA de demain

Défense : le futur combattant dans un monde numérisé

 




Forces spéciales Air : allonge, rapidité et puissance de feu

Les forces spéciales Air assurent une projection discrète de petits effectifs sur des objectifs à forte valeur ajoutée, constituant un outil de liberté d’action pour le chef d’Etat-major des armées.

Leur commandant, le général de brigade aérienne Louis Fontant, les a présentées à la presse le 11 janvier 2018.

Un système de forces. Des équipes de 3 à 10 militaires doivent se déplacer sur de longues distances, rapidement et en évitant les voies terrestres propices aux embuscades et engins explosifs improvisés, explique le général. Leurs missiles portatifs et canons de 20 mm ne leur permettent pas de neutraliser un adversaire bien retranché ou protégé par une épaisse muraille. Elles recourent alors à l’aviation de combat pour un appui feu rapide dans la profondeur. Une opération spéciale sur un théâtre extérieur nécessite des radars embarqués sur des drones, hélicoptères, avions de transport et de chasse. Les forces spéciales air disposent d’une capacité d’action dans des contextes particuliers, mais dépendent des forces conventionnelles terrestres aériennes et navales pour leurs besoins logistiques. L’armée de l’Air fournit les modules d’appui feu aux opérations spéciales. Une formation commune est dispensée aux forces spéciales des trois armées : sabotage, destruction d’objectifs, renseignement et récupération de personnels isolés. Toutefois, les forces spéciales Air constituent un système qui se décline en trois cercles, indique leur commandant. Le premier inclut les combattants au sol, qui totalisent environ 750 personnels, et des hélicoptères. Le deuxième comprend les moyens d’appui : génie, transmissions, largage de commandos en haute altitude et équipes NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique). Celles-ci récoltent les preuves d’utilisation de produits chimiques ou bactériologiques et procèdent aux évacuations d‘urgence de victimes. Le troisième cercle inclut l’aviation de chasse dans son ensemble et les unités chargées d’établir les procédures avec les forces spéciales au sol. S’y ajoutent : les drones Reaper (moyenne altitude longue endurance), bientôt équipés de capteurs de communications et d’armement ; le centre de formation des personnels pour la mise en œuvre de drones de toutes dimensions.

Les unités. Le Commando parachutiste de l’air N°10 s’entraîne en permanence. Chaque personnel participe à au moins une opération par an. Son effectif de 250 personnes devrait s’accroître de 40 recrues, dont des civils. Il assure la liaison avec l’aviation de chasse pour détecter les cibles, renseigne sur les positions des troupes amies afin d’éviter les tirs fratricides, dirige les frappes sur l’ennemi et évalue les dégâts causés à la cible. Il assure également la liaison avec les avions de transport pour reconnaître les zones de largage ou de poser, examiner les terrains d’atterrissage sommaire ou s’emparer d’une plateforme aéroportuaire (opération « Serval » au Mali en 2013). L’escadron de transport 3/61 « Poitou », basé à Orléans, dépose les commandos dans la profondeur et peut servir de PC volant ou de relais radio. Il sera doté des avions A400M pour la logistique et des KC-160J capables de ravitailler deux hélicoptères en vol dont la livraison est prévue en 2019. L’escadron 1/67 « Pyrénées », basé à Cazaux, regroupe les hélicoptères Caracal pour la recherche et le sauvetage à terre et en mer. Les autres modules d’appui incluent les équipes cynophiles, les systèmes de communication et de commandement, le génie aéronautique, le déminage et l’infrastructure aéronautique de campagne.

Loïc Salmon

Forces spéciales : opérations selon le droit de la guerre

Forces spéciales : ET «Poitou»/CPA10, binôme avions/commandos

Défense : les opérations aéroportées, capacités spécifiques selon les missions




DRM : intégrateur du renseignement militaire

Outil d’aide à la décision du président de la République, de la ministre de la Défense et du chef d’Etat-major des armées, la Direction du renseignement militaire (DRM) doit équilibrer appui aux opérations, lutte contre le terrorisme et anticipation stratégique.

Son directeur, le général de corps aérien Jean-François Ferlet, l’a expliqué à la presse le 21 décembre 2017 à Paris.

Les armées. A la tête de la chaîne de la fonction interarmées du renseignement, la DRM emploie directement 2.000 personnes, auxquelles s’ajoutent les 8.000 agents spécialisés des armées de Terre et de l’Air, de la Marine nationale et du Commandement des opérations spéciales. Pour couvrir l’ensemble du spectre du renseignement humain, électromagnétique, radar, optique et numérique, elle assure l’interopérabilité des plates-formes, capteurs et modes de recueil : aéronefs habités et drones, unités navales et moyens spatiaux. Toutes les données remontent à la DRM, en vue d’une synthèse pour évaluer le renseignement. En raison du volume de données en croissance exponentielle et conformément à la Revue stratégique 2017, la DRM devra intégrer, à tous les niveaux, des traitements automatisés d’exploitation et d’analyse afin d’accélérer les boucles décisionnelles du renseignement d’intérêt militaire. Cela passe par l’amélioration de l’interconnexion de réseaux choisis, robustes, bien adaptés aux besoins et indispensables entre les différents partenaires, précise le général. En outre, une démarche est déjà engagée sur l’aide augmentée à l’analyse du renseignement, à savoir les « big data » et l’intelligence artificielle. Ces nouveaux outils influent sur l’expertise et les emplois à la DRM. Il lui faut du temps pour recruter, former et fidéliser des personnels très qualifiés et convoités par le secteur civil. Elle doit imaginer les métiers de demain, aux compétences différentes de celles d’aujourd’hui.

Niveau stratégique. La DRM participe aux travaux d’anticipation stratégique qui fixent les zones géographiques d’intérêt prioritaire. Elle échange des informations avec les cinq autres services renseignement (SR) du « premier cercle » du coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNR-LT) : Direction générale de la sécurité intérieure ; Direction générale de la sécurité extérieure ; Direction du renseignement et de la sécurité de la défense ; Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières ; Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins). Les directeurs se rencontrent tous les 15 jours chez le CNR-LT et, dans la pratique, une fois par semaine en fonction de l’actualité, indique le général Ferlet. Des rencontres aux niveaux subalternes ont lieu au sein de la cellule « Hermès » pour la rédaction de documents communs. Sur le plan international, la DRM échange des renseignements sur les opérations en cours avec l’OTAN et l’Union européenne au niveau bilatéral entre Etats membres. Le général Ferlet rencontre régulièrement six responsables des SR américains couvrant le spectre de la DRM. En outre, le « Comité La Fayette » établit une feuille de route sur la coopération franco-américaine. Dans le cadre de l’opération « Chammal » au Levant, la DRM dispose de ses propres capteurs et échange des renseignements avec tous les partenaires de la région, sur la base d’accords, formalisés ou non et selon les capacités du pays. Cela concerne Daech, Al Qaïda, l’environnement de Djibouti et la guerre civile au Yémen.

Loïc Salmon

Renseignement militaire : clé de l’autonomie stratégique et de l’efficacité opérationnelle

DRM : des moyens de haute technologie pour le recueil de renseignements

Renseignement : lancement de « l’Intelligence Campus »




Marine Nationale : 40 bâtiments en permanence à la mer

Les missions opérationnelles et de présence de la Marine nécessitent de combler le manque de patrouilleurs de haute mer, de pétroliers-ravitailleurs et d’hélicoptères légers, d’accroître la flotte et de fidéliser un personnel d’experts.

Son chef d’état-major, l’amiral Christophe Prazuck, l’a expliqué, le 4 décembre 2017 à Paris, au cours d’une rencontre avec l’Association des journalistes de défense.

Engagement intense. La Force océanique stratégique déploie au moins un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) depuis 1972. En Méditerranée, une frégate participe à l’opération européenne « Sophia » de lutte contre les trafics de migrants. Au large de la Syrie, l’opération « Chammal » mobilise une frégate pour la surveillance et un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) pour le recueil de renseignements. En raison de l’augmentation du nombre de sous-marins dans le monde, notamment en Atlantique depuis trois ans, les SNA (5 en patrouille sur 6) ont effectué en tout environ 1.000 jours de mer en 2017, soit le taux d’activité le plus élevé depuis le début de l’action sous-marine. La Marine russe est de retour. La Chine développe sa puissance océanique avec la construction de 80 navires de combat en quatre ans et d’une base navale à Djibouti. Elle affirme sa présence en Méditerranée et surtout en océan Indien dans la lutte contre la piraterie. Dans le cadre de la « Task Force 150 » de la lutte contre le terrorisme en océan Indien et d’autres missions, la frégate française Jean-Bart est restée 187 jours en mer en 2017. Une frégate assure la sécurité navale dans le golfe de Guinée (opération « Corymbe ») et d’autres navires de passage participent à l’entraînement « Nemo » des Marines riveraines pour l’intervention en mer. La pêche industrielle fait en effet courir un risque alimentaire à cette région. Au large de la Guyane, la pêche illégale, pratiquée par des bateaux brésiliens et du Surinam, atteint un niveau élevé de violence. La présence de bateaux de pêche vietnamiens près de la Nouvelle -Calédonie nécessite une coopération internationale. Fin novembre, le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre et la frégate Chevalier-Paul sont partis soutenir les forces françaises engagées en Méditerranée et en océan Indien et s’entraîner avec la Marine américaine (exercice « Bois Belleau 100 ») au large du golfe Arabo-Persique.

Compétences à fidéliser. L’âge moyen d’un équipage, tous navires confondus, est de 30 ans, contre 35 ans pour les autres armées. Cette jeunesse s’explique par le service en 3×8 à bord, l’éloignement de longue durée et la préparation permanente au combat. La réduction des équipages sur les nouveaux navires implique polyvalence et responsabilités personnelles accrues. Recrutés à 20 ans, les personnels non officiers acquièrent une expertise technique pendant 15 ans et quittent la Marine à 40 ans. Pour éviter qu’ils ne partent trop tôt (vers 30-35 ans) dans le monde civil qui les convoite, le commandement doit prendre en compte leur rémunération mais aussi la conciliation de leur métier avec leur vie privée : logement, emploi du conjoint et garde d’enfants. La féminisation atteint 14,7 % (9 % à la mer) avec 64 bâtiments adaptés et 36 femmes ayant déjà commandé à la mer. Mais les femmes partent vers 32 ans pour fonder une famille. Un SNLE doit bientôt partir en patrouille avec 4 officiers féminins disposant d’une chambre individuelle : 1 médecin, 1 chef de quart, 1 expert nucléaire et 1 spécialiste en mécanique, électricité et sécurité plongée.

Loïc Salmon

Afrique : coopération française en matière de sécurité maritime

Marine nationale : motiver, fidéliser et accompagner

Défense : le « plan famille » de fidélisation des militaires




Garde nationale : convention avec le Barreau de Paris

Le ministère de Armées et l’Ordre des avocats de Paris, membre de l’Association nationale de croix de guerre et de la valeur militaire, ont signé, le 20 novembre 2017 à Paris, une charte d’engagements réciproques.

Besoin et motivation. Le ministère était représenté par le secrétaire général de la Garde nationale, le général de division Gaëtan Poncelin de Raucourt (à gauche sur la photo) et l’Ordre des avocats de Paris par son Bâtonnier, Maître Frédéric Sicard (à droite). Le premier a souligné la demande d’appui juridique dans les régiments et le second la réelle motivation de la part des avocats et le soutien juridique effectif qu’ils peuvent apporter aux militaires et à leur famille. Parmi les dix articles de la convention, figure notamment l’engagement « à promouvoir, faciliter et encadrer l’engagement des avocats du Barreau de Paris qui souhaitent, à titre personnel, appartenir à la réserve en travaillant de concert dans un climat de confiance et dans un esprit de dialogue continu. » En outre, les signataires « reconnaissent l’apport particulier des avocats à l’esprit de défense et au lien Armée-Nation, encouragent les réservistes à déclarer leur activité à leur ordre professionnel et souhaitent ainsi valoriser l’engagement dans la réserve sur le plan professionnel auprès des cabinets. » Un délégué de l’Ordre, chargé de la défense, sera le correspondant des forces armées et de sécurité. Dans la mesure du possible, l’Ecole de formation du barreau veillera à aménager le temps de formation des élèves-avocats, afin qu’il soit compatible avec un engagement dans la réserve. Des formations communes à la Garde nationale et à l’Ordre des avocats de Paris seront mises en place, dès le début et tout au long de la carrière. Les signataires se réuniront au moins une fois tous les six mois pour assurer le suivi des travaux et amplifier les engagements de la charte.

La Garde nationale. Créée à la suite des attentats terroristes de 2015 à Paris, la Garde nationale regroupe les volontaires servant au titre d’un contrat d’engagement dans la réserve opérationnelle des forces armées et des formations rattachées ainsi que les volontaires de la réserve civile de la Police nationale. Elle permet à tout citoyen volontaire de consacrer une partie de son temps, personnel ou professionnel, pour concourir, éventuellement par les armes, à la défense et à la sécurité de la population et du territoire national.

Le Barreau de Paris. L’Ordre des avocats de Paris est titulaire des croix de Guerre 1914-1918 et 1939-1945. Il compte environ 29.000 membres et forme 1.200 élèves-avocats par an. Personne morale de droit privé et investie d’une mission de service public, l’Ordre accompagne les avocats dans tous les événements de leur exercice professionnel. Il régule les relations entre les avocats et leurs clients et rend tous les arbitrages. Il surveille le respect des règles déontologiques et assure la discipline. Aux côtés de la Carpa (Caisse des règlements pécuniaires des avocats), l’Ordre permet à la profession d’assurer ses missions d’intérêt général de l’accès à la justice et de l’accès au droit pour tous. Il représente la profession d’avocat à Paris pour défendre l’intérêt collectif des avocats et des citoyens, traiter toute question intéressant le droit et la justice et représenter la place de Paris en tant que capitale historique et principale du droit dans le monde. L’Ordre et la Carpa mutualisent leurs moyens mis à la disposition des avocats : logistique ; documentation ; systèmes d’information ; formation continue ; finances ; assurance.

Loïc Salmon

Garde nationale : catalyser les réserves militaires et civiles

Les réservistes à l’honneur




Défense : vers un renforcement du lien Armées-Nation

Outre leurs objectifs stratégiques et opérationnels, les armées constituent une chaîne humaine, des anciennes générations aux plus jeunes, au sein de la nation qu’elles servent aussi par leur action sociale et le devoir de mémoire. Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, a présenté ses objectifs devant la presse, le 20 octobre 2017 à Paris.

Service national universel. Projet de société voulu par le président de la République, le « service national universel » ne sera pas militaire et résultera d’une coordination interministérielle relevant du Premier ministre, souligne la secrétaire d’Etat. Il impliquera notamment les ministères des Armées, de l’Intérieur, de l’Education nationale et des Sports. D’une durée d’un mois, il vise à susciter l’engagement personnel et citoyen et développer l’esprit de défense et de la sécurité du pays. Il pourrait inclure, notamment, la cybersécurité de base et l’apprentissage des gestes de premiers secours en cas de catastrophe naturelle ou de terrorisme. Il permettra de vérifier le niveau d’illettrisme et l’état de santé des jeunes (dépistage et prévention de maladies). Au niveau parlementaire, la commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée nationale va mettre sur pied une mission spécifique sur le projet de service national universel. Le Sénat devrait faire de même. Dans une première phase, le Premier ministre va constituer une mission d’inspection de tous les dispositifs existants concernant la jeunesse. Ensuite, une commission de haut niveau procédera à des auditions et évaluera les éléments juridiques, en vue de formuler des propositions au printemps 2018. Puis le président de la République fixera une ligne budgétaire bien identifiée dans le projet de loi de finances 2019. Responsable de la contribution de son ministère au projet de service national universel, Geneviève Darrieussecq a rappelé l’appétence des armées à développer un soutien à la jeunesse par leur savoir-faire, notamment dans le cadre du « service militaire adapté » pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes de 18 à 25 ans dans les départements et territoires d’outre-mer. En outre, à titre expérimental, l’armée de Terre a organisé un « service militaire volontaire » d’un an en métropole pour 1.000 jeunes en difficultés, dont 70 % ont pu se réinsérer dans la société à l’issue. Mais cela nécessite du personnel d’encadrement, que les armées peinent à fournir en raison de leurs engagements prioritaires. La « Journée Défense et Citoyenneté », essentiellement encadrée par la Gendarmerie et les réservistes, devrait disparaître lors de la mise en œuvre du service national universel, a indiqué, Geneviève Darrieussecq.

Société et culture. Relais du monde combattant, le secrétariat d’Etat l’accompagne, de la formation initiale puis continue au cours de la carrière et jusqu’à la réinsertion dans la vie civile. Il développe des partenariats avec les centres académiques et d’enseignement technique, pour faciliter le recrutement de militaires formés. Le Service de santé des armées évolue et organise son réseau local, pour conserver sa capacité opérationnelle et mettre ses compétences à la disposition de la population. Par ailleurs, le ministère des Armées constitue le deuxième opérateur culturel de l’Etat avec les musées de l’Armée, de la Marine et de l’Air et de l’Espace. Les hauts lieux de mémoire militaire, qui connaissent une fréquentation croissante avec 12 millions de visiteurs par an, apportent un soutien économique local.

Loïc Salmon

Garde nationale : catalyser les réserves militaires et civiles

Résilience : la survie de la collectivité nationale

Service de santé des armées : garantir aux blessés les meilleures chances de survie




Défense : le « plan famille » de fidélisation des militaires

« Rendre possible la conciliation entre l’engagement dans les armées et une vie familiale épanouie », tel est l’objectif du « plan famille » 2018-2022.

Florence Parly, ministre des Armées, a ainsi présenté à la presse, le 31 octobre 2017 à Paris, ce plan destiné à améliorer les conditions de vie des militaires.

Compréhension et concertation. Le plan famille a été établi avec les instances de concertation (Conseils et Conseil supérieur de la fonction militaire) et les associations impliquées dans l’action sociale. D’un montant de 300 M€ de crédits nouveaux sur 5 ans, il sera mis en œuvre à 70 % dès 2018. Il comprend douze mesures, dont la moitié pourra s’appliquer au personnel civil du ministère des Armées : faciliter la vie du conjoint par un élargissement et une simplification de l’offre des prestations sociales ; fournir au militaire déployé un accès internet wifi gratuit, surtout dans les emprises mal équipées du territoire national ; amplifier le soutien moral et psychologique des familles avant, pendant et après les missions opérationnelles ; exonérer de toute avance de fonds le militaire lors des déplacements en mission ; offrir aux militaires une meilleure visibilité sur leur mutation, soit 5 mois de préavis dans 80 % des cas ; améliorer le dispositif de prise en compte des déménagements ; renforcer et améliorer l’offre de logement dans les zones de densification ou de tension locative forte, notamment en Ile-de-France, en proposant 660 logements en métropole de 2018 à 2020 ; accompagner tous les membres de la famille, à savoir dans le travail du conjoint, la garde des enfants (240 places supplémentaires en crèche en 2018) et leur scolarité ainsi que la vie associative ; faciliter l’information et l’intégration des familles à la communauté de défense (création d’un portail e-social) ; faciliter la capacité du commandement à organiser localement des activités de cohésion incluant les familles ; individualiser les parcours professionnels, notamment pour les familles monoparentales ou séparées et les couples de militaires, en vue de pouvoir exercer leur droit de visite des enfants ; épauler les familles lors de la blessure du militaire ou de son décès.

Sociologie militaire. Selon une étude réalisée par le ministère des Armées, 47 % des militaires sont mariés, 6 % ont signé un PACS et 18 % ont vécu une rupture d’union. De nombreuses femmes militaires vivent en couple avec un conjoint militaire. Environ 55 % des militaires ont des enfants (deux en moyenne). En tout, 70 % des militaires ont constitué leur propre famille : 90 % en famille nucléaire, avec ou sans enfant ; 7 % dans une famille recomposée ; 3 % dans une famille monoparentale, surtout des femmes. En matière de logement, 42 % des militaires sont locataires de leur résidence principale, 33 % en sont propriétaires et 25 % sont hébergés à titre gratuit. La mobilité et ses contraintes conduisent 11 % des militaires, contre 1% des Français, à choisir le célibat géographique en raison du travail du conjoint, de la scolarité des enfants, de l’environnement social ou de la propriété de la résidence principale.

Djihadistes français. Florence Parly a précisé que les djihadistes français, capturés en Irak, seront jugés dans ce pays. La situation de leurs enfants sera examinée au cas par cas. Certains pourront être rapatriés, mais en tenant compte de la volonté de leurs parents. En Syrie, les Français combattant dans les rangs de Daech font l’objet d’un signalement auprès du Comité international de la Croix-Rouge. S’ils rentrent en France, ils s’exposent à des poursuites judiciaires systématiques.

Loïc Salmon

L’ONAC-VG : 100 ans au service du monde combattant

Service de santé : « Maison des blessés et des familles » à Percy

Défense : les armées, leur image et leurs moyens




Sécurité : la norme ISO 18788 pour les vigiles armés

Face à la montée du terrorisme, les sociétés privées de sécurité armée complètent l’action des forces de police et de gendarmerie. La norme ISO 18788 vise à encadrer ces opérations dans le respect des droits de l’homme.

Ce système de management des opérations de sécurité privée a été présenté, le 5 octobre 2017 à Paris, par des représentants du Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (GICAT), de la société de sécurité OFAPS et du groupe Apave d’évaluation des risques.

Un enjeu mondial. Le niveau sécuritaire augmente sur le territoire français. Face à la violence, la maîtrise des opérations de sécurité par des agents privés nécessite un recyclage, pour le renouvellement de leur carte professionnelle tous les cinq ans. Aujourd’hui, l’usage des armes, qui s’inscrit dans une logique de recherche de preuves, exige un processus de recrutement du personnel, de formation d’entraînement et de maintien des compétences. Après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, les Etats-Unis se sont dotés d’une normalisation au niveau fédéral par la création d’un ministère de la Sécurité intérieure l’année suivante. En 2017, la normalisation de la sécurité concerne surtout les pays qui s’en donnent les moyens : Allemagne, France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Australie, Japon (sécurité maritime dans les détroits d’approvisionnement pétroliers), Chine et Russie (oléoducs et gazoducs). Dans ce domaine, les pays anglo-saxons préconisent le recours à des sociétés privées, militaires ou de sécurité. La Chine et la Russie ne comptent que sur la force publique. La France allie les secteurs public et privé. Or les entreprises anglo-saxonnes comptent s’implanter sur le marché français.

Une démarche volontaire. En 2013, la France a intégré le groupe de travail sur la production d’une norme internationale ISO sur les bonnes pratiques des opérations de sécurité privée, civiles et militaires. Cette norme reprend celles du code ICOC, signé par plus de 700 sociétés de sécurité, et relatives au Document de Montreux (2008) « sur les obligations juridiques pertinentes et les bonnes pratiques par les Etats en ce qui concerne les opérations des entreprises militaires et de sécurité privées pendant les conflits armés » (17 pays signataires dont la France). Cette norme, dite 18788, a été publiée en 2016 pour la version internationale ISO. Applicable à tous les pays et dans toutes les situations, elle concerne les services des sociétés privées de sécurité, chargées de protéger les personnes, biens et affaires de sociétés françaises œuvrant à l’étranger. Toutefois, elle ne s’applique pas aux sociétés militaires privées qui vendent leurs services pour des opérations militaires, activité assimilée en France à du mercenariat. La certification ISO 18788 définit le cadre opérationnel : contexte, besoins et exigences. Elle apprécie les risques, leur gestion et les exigences légales. Elle met en œuvre les activités opérationnelles : contrôle, compétences, communication, rôle et responsabilités, prévention et gestion des événements indésirables ou perturbateurs. Elle évalue la conformité et la performance du système de management, les exercices, tests et audits internes. Les sociétés de sécurité privée obtiennent la certification ISO 17788 en 8 à 12 mois, après diagnostic, accompagnement et audit à blanc. Pour le GICAT et sa filiale, le Commissariat général des expositions et salons, cette norme permet de disposer d’un cadre éthique pour collaborer avec les sociétés privées de sécurité.

Loïc Salmon




SHD : signature d’une convention avec l’ANCGVM

Le Service historique de la Défense (SHD) a conclu une convention de publication avec l’Association nationale des croix de guerre et de la valeur militaire (ANCGVM) le 19 septembre 2017. Cette convention a été signée au château de Vincennes, siège du SHD, par son directeur, l’administrateur civil hors classe Pierre Laugeay (à gauche), et le président de l’ANCGVM, le colonel Michel Bachette-Peyrade (à droite). Elle définit les conditions de publication d’articles rédigés par le SHD pour la revue trimestrielle Croix de guerre et Valeur militaire de l’ANCGVM. Ces articles alimentent la rubrique « Histoire » et apportent un éclairage complémentaire au dossier central de la revue. Depuis 2016, ce dossier, réalisé par des officiers de l’Ecole de guerre à Paris, traite d’une bataille terrestre, navale ou aérienne depuis le premier conflit mondial. La croix de Guerre a en effet été instituée le 8 avril 1915 pour commémorer les citations individuelles depuis le début des hostilités. La croix de la Valeur militaire a été créée par le décret du 11 avril 1956 pour récompenser les militaires ayant accompli une action d’éclat à l’occasion d’opérations de sécurité ou de maintien de l’ordre. Elle est décernée lors d’opérations extérieures sans déclaration de guerre par le Parlement. Ce dernier s’est prononcé lors de la guerre de libération du Koweït en 1991, au cours de laquelle ont été décernées des croix de Guerre des théâtres d’opérations extérieurs. Cette décoration a été instituée par la loi du 30 avril 1921. Enfin, l’ANCGM dispose d’un site internet, alimenté notamment par des articles sur la défense d’aujourd’hui, et est présente sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter.

Colonel Michel Bachette-Peyrade, président de l’ANCGVM

11 novembre 2015 : la croix de Guerre à l’Arc de Triomphe

Défense : la croix de la Valeur militaire a 60 ans

La croix de la Valeur militaire décernée à titre collectif