Garde nationale : convention avec le Barreau de Paris

Le ministère de Armées et l’Ordre des avocats de Paris, membre de l’Association nationale de croix de guerre et de la valeur militaire, ont signé, le 20 novembre 2017 à Paris, une charte d’engagements réciproques.

Besoin et motivation. Le ministère était représenté par le secrétaire général de la Garde nationale, le général de division Gaëtan Poncelin de Raucourt (à gauche sur la photo) et l’Ordre des avocats de Paris par son Bâtonnier, Maître Frédéric Sicard (à droite). Le premier a souligné la demande d’appui juridique dans les régiments et le second la réelle motivation de la part des avocats et le soutien juridique effectif qu’ils peuvent apporter aux militaires et à leur famille. Parmi les dix articles de la convention, figure notamment l’engagement « à promouvoir, faciliter et encadrer l’engagement des avocats du Barreau de Paris qui souhaitent, à titre personnel, appartenir à la réserve en travaillant de concert dans un climat de confiance et dans un esprit de dialogue continu. » En outre, les signataires « reconnaissent l’apport particulier des avocats à l’esprit de défense et au lien Armée-Nation, encouragent les réservistes à déclarer leur activité à leur ordre professionnel et souhaitent ainsi valoriser l’engagement dans la réserve sur le plan professionnel auprès des cabinets. » Un délégué de l’Ordre, chargé de la défense, sera le correspondant des forces armées et de sécurité. Dans la mesure du possible, l’Ecole de formation du barreau veillera à aménager le temps de formation des élèves-avocats, afin qu’il soit compatible avec un engagement dans la réserve. Des formations communes à la Garde nationale et à l’Ordre des avocats de Paris seront mises en place, dès le début et tout au long de la carrière. Les signataires se réuniront au moins une fois tous les six mois pour assurer le suivi des travaux et amplifier les engagements de la charte.

La Garde nationale. Créée à la suite des attentats terroristes de 2015 à Paris, la Garde nationale regroupe les volontaires servant au titre d’un contrat d’engagement dans la réserve opérationnelle des forces armées et des formations rattachées ainsi que les volontaires de la réserve civile de la Police nationale. Elle permet à tout citoyen volontaire de consacrer une partie de son temps, personnel ou professionnel, pour concourir, éventuellement par les armes, à la défense et à la sécurité de la population et du territoire national.

Le Barreau de Paris. L’Ordre des avocats de Paris est titulaire des croix de Guerre 1914-1918 et 1939-1945. Il compte environ 29.000 membres et forme 1.200 élèves-avocats par an. Personne morale de droit privé et investie d’une mission de service public, l’Ordre accompagne les avocats dans tous les événements de leur exercice professionnel. Il régule les relations entre les avocats et leurs clients et rend tous les arbitrages. Il surveille le respect des règles déontologiques et assure la discipline. Aux côtés de la Carpa (Caisse des règlements pécuniaires des avocats), l’Ordre permet à la profession d’assurer ses missions d’intérêt général de l’accès à la justice et de l’accès au droit pour tous. Il représente la profession d’avocat à Paris pour défendre l’intérêt collectif des avocats et des citoyens, traiter toute question intéressant le droit et la justice et représenter la place de Paris en tant que capitale historique et principale du droit dans le monde. L’Ordre et la Carpa mutualisent leurs moyens mis à la disposition des avocats : logistique ; documentation ; systèmes d’information ; formation continue ; finances ; assurance.

Loïc Salmon

Garde nationale : catalyser les réserves militaires et civiles

Les réservistes à l’honneur




Défense : vers un renforcement du lien Armées-Nation

Outre leurs objectifs stratégiques et opérationnels, les armées constituent une chaîne humaine, des anciennes générations aux plus jeunes, au sein de la nation qu’elles servent aussi par leur action sociale et le devoir de mémoire. Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, a présenté ses objectifs devant la presse, le 20 octobre 2017 à Paris.

Service national universel. Projet de société voulu par le président de la République, le « service national universel » ne sera pas militaire et résultera d’une coordination interministérielle relevant du Premier ministre, souligne la secrétaire d’Etat. Il impliquera notamment les ministères des Armées, de l’Intérieur, de l’Education nationale et des Sports. D’une durée d’un mois, il vise à susciter l’engagement personnel et citoyen et développer l’esprit de défense et de la sécurité du pays. Il pourrait inclure, notamment, la cybersécurité de base et l’apprentissage des gestes de premiers secours en cas de catastrophe naturelle ou de terrorisme. Il permettra de vérifier le niveau d’illettrisme et l’état de santé des jeunes (dépistage et prévention de maladies). Au niveau parlementaire, la commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée nationale va mettre sur pied une mission spécifique sur le projet de service national universel. Le Sénat devrait faire de même. Dans une première phase, le Premier ministre va constituer une mission d’inspection de tous les dispositifs existants concernant la jeunesse. Ensuite, une commission de haut niveau procédera à des auditions et évaluera les éléments juridiques, en vue de formuler des propositions au printemps 2018. Puis le président de la République fixera une ligne budgétaire bien identifiée dans le projet de loi de finances 2019. Responsable de la contribution de son ministère au projet de service national universel, Geneviève Darrieussecq a rappelé l’appétence des armées à développer un soutien à la jeunesse par leur savoir-faire, notamment dans le cadre du « service militaire adapté » pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes de 18 à 25 ans dans les départements et territoires d’outre-mer. En outre, à titre expérimental, l’armée de Terre a organisé un « service militaire volontaire » d’un an en métropole pour 1.000 jeunes en difficultés, dont 70 % ont pu se réinsérer dans la société à l’issue. Mais cela nécessite du personnel d’encadrement, que les armées peinent à fournir en raison de leurs engagements prioritaires. La « Journée Défense et Citoyenneté », essentiellement encadrée par la Gendarmerie et les réservistes, devrait disparaître lors de la mise en œuvre du service national universel, a indiqué, Geneviève Darrieussecq.

Société et culture. Relais du monde combattant, le secrétariat d’Etat l’accompagne, de la formation initiale puis continue au cours de la carrière et jusqu’à la réinsertion dans la vie civile. Il développe des partenariats avec les centres académiques et d’enseignement technique, pour faciliter le recrutement de militaires formés. Le Service de santé des armées évolue et organise son réseau local, pour conserver sa capacité opérationnelle et mettre ses compétences à la disposition de la population. Par ailleurs, le ministère des Armées constitue le deuxième opérateur culturel de l’Etat avec les musées de l’Armée, de la Marine et de l’Air et de l’Espace. Les hauts lieux de mémoire militaire, qui connaissent une fréquentation croissante avec 12 millions de visiteurs par an, apportent un soutien économique local.

Loïc Salmon

Garde nationale : catalyser les réserves militaires et civiles

Résilience : la survie de la collectivité nationale

Service de santé des armées : garantir aux blessés les meilleures chances de survie




Défense : le « plan famille » de fidélisation des militaires

« Rendre possible la conciliation entre l’engagement dans les armées et une vie familiale épanouie », tel est l’objectif du « plan famille » 2018-2022.

Florence Parly, ministre des Armées, a ainsi présenté à la presse, le 31 octobre 2017 à Paris, ce plan destiné à améliorer les conditions de vie des militaires.

Compréhension et concertation. Le plan famille a été établi avec les instances de concertation (Conseils et Conseil supérieur de la fonction militaire) et les associations impliquées dans l’action sociale. D’un montant de 300 M€ de crédits nouveaux sur 5 ans, il sera mis en œuvre à 70 % dès 2018. Il comprend douze mesures, dont la moitié pourra s’appliquer au personnel civil du ministère des Armées : faciliter la vie du conjoint par un élargissement et une simplification de l’offre des prestations sociales ; fournir au militaire déployé un accès internet wifi gratuit, surtout dans les emprises mal équipées du territoire national ; amplifier le soutien moral et psychologique des familles avant, pendant et après les missions opérationnelles ; exonérer de toute avance de fonds le militaire lors des déplacements en mission ; offrir aux militaires une meilleure visibilité sur leur mutation, soit 5 mois de préavis dans 80 % des cas ; améliorer le dispositif de prise en compte des déménagements ; renforcer et améliorer l’offre de logement dans les zones de densification ou de tension locative forte, notamment en Ile-de-France, en proposant 660 logements en métropole de 2018 à 2020 ; accompagner tous les membres de la famille, à savoir dans le travail du conjoint, la garde des enfants (240 places supplémentaires en crèche en 2018) et leur scolarité ainsi que la vie associative ; faciliter l’information et l’intégration des familles à la communauté de défense (création d’un portail e-social) ; faciliter la capacité du commandement à organiser localement des activités de cohésion incluant les familles ; individualiser les parcours professionnels, notamment pour les familles monoparentales ou séparées et les couples de militaires, en vue de pouvoir exercer leur droit de visite des enfants ; épauler les familles lors de la blessure du militaire ou de son décès.

Sociologie militaire. Selon une étude réalisée par le ministère des Armées, 47 % des militaires sont mariés, 6 % ont signé un PACS et 18 % ont vécu une rupture d’union. De nombreuses femmes militaires vivent en couple avec un conjoint militaire. Environ 55 % des militaires ont des enfants (deux en moyenne). En tout, 70 % des militaires ont constitué leur propre famille : 90 % en famille nucléaire, avec ou sans enfant ; 7 % dans une famille recomposée ; 3 % dans une famille monoparentale, surtout des femmes. En matière de logement, 42 % des militaires sont locataires de leur résidence principale, 33 % en sont propriétaires et 25 % sont hébergés à titre gratuit. La mobilité et ses contraintes conduisent 11 % des militaires, contre 1% des Français, à choisir le célibat géographique en raison du travail du conjoint, de la scolarité des enfants, de l’environnement social ou de la propriété de la résidence principale.

Djihadistes français. Florence Parly a précisé que les djihadistes français, capturés en Irak, seront jugés dans ce pays. La situation de leurs enfants sera examinée au cas par cas. Certains pourront être rapatriés, mais en tenant compte de la volonté de leurs parents. En Syrie, les Français combattant dans les rangs de Daech font l’objet d’un signalement auprès du Comité international de la Croix-Rouge. S’ils rentrent en France, ils s’exposent à des poursuites judiciaires systématiques.

Loïc Salmon

L’ONAC-VG : 100 ans au service du monde combattant

Service de santé : « Maison des blessés et des familles » à Percy

Défense : les armées, leur image et leurs moyens




Sécurité : la norme ISO 18788 pour les vigiles armés

Face à la montée du terrorisme, les sociétés privées de sécurité armée complètent l’action des forces de police et de gendarmerie. La norme ISO 18788 vise à encadrer ces opérations dans le respect des droits de l’homme.

Ce système de management des opérations de sécurité privée a été présenté, le 5 octobre 2017 à Paris, par des représentants du Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (GICAT), de la société de sécurité OFAPS et du groupe Apave d’évaluation des risques.

Un enjeu mondial. Le niveau sécuritaire augmente sur le territoire français. Face à la violence, la maîtrise des opérations de sécurité par des agents privés nécessite un recyclage, pour le renouvellement de leur carte professionnelle tous les cinq ans. Aujourd’hui, l’usage des armes, qui s’inscrit dans une logique de recherche de preuves, exige un processus de recrutement du personnel, de formation d’entraînement et de maintien des compétences. Après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, les Etats-Unis se sont dotés d’une normalisation au niveau fédéral par la création d’un ministère de la Sécurité intérieure l’année suivante. En 2017, la normalisation de la sécurité concerne surtout les pays qui s’en donnent les moyens : Allemagne, France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Australie, Japon (sécurité maritime dans les détroits d’approvisionnement pétroliers), Chine et Russie (oléoducs et gazoducs). Dans ce domaine, les pays anglo-saxons préconisent le recours à des sociétés privées, militaires ou de sécurité. La Chine et la Russie ne comptent que sur la force publique. La France allie les secteurs public et privé. Or les entreprises anglo-saxonnes comptent s’implanter sur le marché français.

Une démarche volontaire. En 2013, la France a intégré le groupe de travail sur la production d’une norme internationale ISO sur les bonnes pratiques des opérations de sécurité privée, civiles et militaires. Cette norme reprend celles du code ICOC, signé par plus de 700 sociétés de sécurité, et relatives au Document de Montreux (2008) « sur les obligations juridiques pertinentes et les bonnes pratiques par les Etats en ce qui concerne les opérations des entreprises militaires et de sécurité privées pendant les conflits armés » (17 pays signataires dont la France). Cette norme, dite 18788, a été publiée en 2016 pour la version internationale ISO. Applicable à tous les pays et dans toutes les situations, elle concerne les services des sociétés privées de sécurité, chargées de protéger les personnes, biens et affaires de sociétés françaises œuvrant à l’étranger. Toutefois, elle ne s’applique pas aux sociétés militaires privées qui vendent leurs services pour des opérations militaires, activité assimilée en France à du mercenariat. La certification ISO 18788 définit le cadre opérationnel : contexte, besoins et exigences. Elle apprécie les risques, leur gestion et les exigences légales. Elle met en œuvre les activités opérationnelles : contrôle, compétences, communication, rôle et responsabilités, prévention et gestion des événements indésirables ou perturbateurs. Elle évalue la conformité et la performance du système de management, les exercices, tests et audits internes. Les sociétés de sécurité privée obtiennent la certification ISO 17788 en 8 à 12 mois, après diagnostic, accompagnement et audit à blanc. Pour le GICAT et sa filiale, le Commissariat général des expositions et salons, cette norme permet de disposer d’un cadre éthique pour collaborer avec les sociétés privées de sécurité.

Loïc Salmon




SHD : signature d’une convention avec l’ANCGVM

Le Service historique de la Défense (SHD) a conclu une convention de publication avec l’Association nationale des croix de guerre et de la valeur militaire (ANCGVM) le 19 septembre 2017. Cette convention a été signée au château de Vincennes, siège du SHD, par son directeur, l’administrateur civil hors classe Pierre Laugeay (à gauche), et le président de l’ANCGVM, le colonel Michel Bachette-Peyrade (à droite). Elle définit les conditions de publication d’articles rédigés par le SHD pour la revue trimestrielle Croix de guerre et Valeur militaire de l’ANCGVM. Ces articles alimentent la rubrique « Histoire » et apportent un éclairage complémentaire au dossier central de la revue. Depuis 2016, ce dossier, réalisé par des officiers de l’Ecole de guerre à Paris, traite d’une bataille terrestre, navale ou aérienne depuis le premier conflit mondial. La croix de Guerre a en effet été instituée le 8 avril 1915 pour commémorer les citations individuelles depuis le début des hostilités. La croix de la Valeur militaire a été créée par le décret du 11 avril 1956 pour récompenser les militaires ayant accompli une action d’éclat à l’occasion d’opérations de sécurité ou de maintien de l’ordre. Elle est décernée lors d’opérations extérieures sans déclaration de guerre par le Parlement. Ce dernier s’est prononcé lors de la guerre de libération du Koweït en 1991, au cours de laquelle ont été décernées des croix de Guerre des théâtres d’opérations extérieurs. Cette décoration a été instituée par la loi du 30 avril 1921. Enfin, l’ANCGM dispose d’un site internet, alimenté notamment par des articles sur la défense d’aujourd’hui, et est présente sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter.

Colonel Michel Bachette-Peyrade, président de l’ANCGVM

11 novembre 2015 : la croix de Guerre à l’Arc de Triomphe

Défense : la croix de la Valeur militaire a 60 ans

La croix de la Valeur militaire décernée à titre collectif

 

 




Armée de l’Air : l’appui aérien aux opérations terrestres

Le processus « Air Land Integration » (ALI), à savoir une coordination élevée entre aéronefs et forces terrestres, implique une adaptation permanente de la mission au théâtre d’opération.

Le lieutenant-colonel Fabrice Laurens de l’état-major de l’armée de l’Air l’a présenté à la presse le 7 septembre 2017 à Paris, à l’occasion de l’exercice interarmées et interalliés « Serpentex ».

Synergie et technologie. Dans un contexte multi-théâtres, évolutif et avec emploi de technologies avancées, l’armée de l’Air met ses moyens en synergie au sein de la campagne globale. Elle respecte la liberté de décision et le choix des modes d’action de la composante terrestre bénéficiaire. L’ALI, qui nécessite un important investissement humain et technique, met en œuvre l’ensemble des processus tactiques (planification et conduite) pour optimiser la manœuvre interarmées. Il s’applique principalement à l’appui aérien : le feu au profit de troupes au sol et le renseignement pour les forces spéciales. La composante air de l’ALI met en place des chaînes de commandement adaptées au théâtre. Ainsi pour l’opération « Chammal » au Levant, les forces françaises sont engagées dans une coalition internationale au commandement très centralisé en raison des nécessités politiques du théâtre. L’appui aérien nécessite alors une coordination classée « haute » au niveau de l’état-major. En revanche dans la bande sahélo-saharienne, l’opération « Barkhane », menée par la France, permet une organisation décentralisée de l’ALI. La chaîne C2 Air (système de commandement et de conduite) descend au plus bas niveau tactique. Des officiers de l’armée de l’Air sont mis en place dans la structure du commandement Terre, constituant une prolongation, sur le terrain, du JFAC (commandement de la composante air interarmées) installé à la base aérienne de Lyon Mont-Verdun.

« Serpentex » 2017. La complexité des opérations nécessite un entraînement ALI très poussé en interarmées et interalliés, du plus bas niveau tactique à celui des chaînes C2. L’expertise de l’ALI, acquise pendant une dizaine d’années, est mise à profit dans l’exercice « Serpentex » (11-29 septembre 2017) à la base aérienne de Solenzara (Corse). Il vise à : entraîner les contrôleurs aériens avancés (JTAC) à leur mission d’appui aérien dans des conditions réalistes ; tester des matériels et éprouver des procédures nouvelles en interarmées et interalliés ; prendre en compte les opérations récentes. Plus de 10 pays, principalement de l’OTAN, soit 1.000 militaires dont 800 Français, participent à « Serpentex ». Ce dernier met en œuvre : une trentaine d’avions de chasse dont 17 étrangers ; 4 hélicoptères (1 Puma et 3 Fennec) ; 2 avions de transport tactique (Transall et Casa) ; 1 drone Reaper ou Harfang ; 1 avion radar AWACS E3-F ; 1 avion ravitailleur KC-135 français ; 74 JTAC, dont 13 instructeurs ; 1 système de défense sol-air Mistral de l’armée de Terre ; 1 simulateur de menace sol-air américain TRTG. Les commandos parachutistes de l’Air N°10, 20 et 30 utilisent le système « Alliance » pour effectuer le guidage terminal d’une bombe, en évitant les communications vocales. En outre, « Alliance » aide à la décision tactique en affichant : des points d’intérêt mise à jour en temps réel sur une carte ou une image satellite ; des éléments issus des bibliothèques ; les ordres de commandement. Il accélère la boucle décisionnelle pour l’appui aérien rapproché. Enfin, il réduit les risques de tirs fratricides et de dommages collatéraux par la visualisation de la zone létale de l’armement.

Loïc Salmon

Forces spéciales : ET «Poitou»/CPA10, binôme avions/commandos

Armées de l’Air et de Terre : interopérabilité en transport tactique et aérolargage

Défense : les opérations aéroportées, capacités spécifiques selon les missions




Océan Indien : CTF 150, synergie franco-britannique

La Force opérationnelle internationale 150 (CTF 150), déployée en océan Indien pour des missions de sécurité maritime et de coopération régionale, a été placée sous commandement français pour un 10ème mandat (13 avril-17 août 2017). Son chef, le contre-amiral Olivier Lebas, a présenté le bilan de son action à la presse, le 31 août à Paris.

Coordination. Créée à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, la CTF 150 (11 pavillons) est déployée entre la mer Rouge, le golfe Arabo-Persique et au-delà des Seychelles. Cette zone, encadrée par le canal de Suez et les détroits de Bab-el-Mandeb et d’Ormuz, couvre 36 % de l’économie mondiale, 64 % des flux commerciaux, 55 % des réserves de pétrole et 30 % de celles de gaz. Elle est menacée par la guerre civile au Yémen, l’instabilité en Somalie et les mouvements terroristes (Al-Qaïda dans la péninsule arabique, groupe islamiste somalien Al-Shabbab et Daech). La CTF 150 est complétée par la CTF 151 pour la lutte contre la piraterie et la CTF 152 pour les patrouilles dans le golfe Arabo-Persique. Naviguant à 400 milles (741 km) au large du Kenya et du Mozambique, elle ne participe pas à la lutte contre l’immigration clandestine. Pour la première fois, elle est dirigée depuis Bahreïn, siège du commandement américain de la coalition anti-terroriste qui regroupe une trentaine de pays. L’état-major de la CTF 150, composé de 24 officiers et officiers-mariniers, a inclus des officiers belge, italien et australien et un tiers de Britanniques. Cette proportion sera inversée lorsque la Grande-Bretagne commandera la CTF 150. Le 18 août, le Pakistan a pris la relève de la France.

Missions. La CTF 150 a mené une première opération dénommée « Southern Surge » de lutte contre le narcotrafic de mi-avril à mi-juin dans le Sud de l’océan Indien. Elle y a déployé 4 frégates (les Surcouf et Nivôse françaises, 1 britannique et 1 australienne) et 3 avions de patrouille maritime (1 Falcon 50 M de la flottille 24 F détaché à Mayotte, 1 danois et 1 néo-zélandais). L’opération « Southern Surge » s’est soldée par : 25 enquêtes de pavillon ; 8 saisies de drogues estimées à 457 M€ (1.271 kg d’héroïne, 455 kg de haschich et 11,3 kg de cocaïne) ; 35 sorties aériennes (210 heures de vol). Selon l’ONU, les stupéfiants contribuent à hauteur de 50 % du financement des talibans. Originaires à 90 % d’Afghanistan, les narcotrafics suivent une route terrestre par le Pakistan, puis maritime par le canal du Mozambique vers l’Afrique de l’Est et du Sud. La lutte commence par la détection d’un navire suspect par un aéronef, suivie du décollage sur alerte de l’hélicoptère d’une frégate, de la projection d’une équipe de visite du navire, fouillé méticuleusement, et de la destruction de la drogue, saisie et identifiée. L’action de la CTF 150 oblige les trafiquants à prendre davantage de risques par des trajets plus longs, qui diminuent leurs marges bénéficiaires. A partir de mi-juin, la mousson a réduit les narcotrafics. La CTF 150 a alors concentré ses efforts sur l’opération « Khamsin » de renforcement de la présence militaire dans le détroit de Bab-el-Mandeb avec une forte contribution américaine. Pendant 78 jours, 12 bâtiments de combat y ont effectué 37 transits pour établir des cartographies des habitudes de la zone (renseignement) et lutter contre le trafic d’armes dans le golfe d’Aden. Enfin, pour améliorer la coopération régionale, l’amiral Lebas a rencontré des autorités militaires du Sri Lanka, des Emirats arabes unis, d’Arabie saoudite, du Kenya, de Tanzanie, des Seychelles de Madagascar et d’Afrique du Sud.

Loïc Salmon

Marines : outils de sécurité, du Moyen-Orient à l’océan Indien

L’océan Indien : espace sous tension

Marine nationale : opération « Arromanches » en Méditerranée et océan Indien

 




Service de santé des armées : garantir aux blessés les meilleures chances de survie

Toutes les catégories de soignants sont projetées au plus près des opérations. L’expertise acquise donne aux forces armées françaises la capacité de s’engager en premier sur un théâtre.

Cette action du Service de santé des armées (SSA) a été présentée à la presse, le 15 juin 2017 à Paris, par les médecins-chefs Chantal Roche et Thibaut Provost-Fleury.

Retour d’expérience. L’équipe médicale, intégrée à l’unité de combat et composée d’un médecin, d’un infirmier, d’auxiliaires sanitaires, est formée au secours d’urgence et vit avec le danger. Le stress devient un gage de la rapidité de la prise en chaerge du blessé grave. Afin de faire venir un hélicoptère, le médecin décrit par radio le bilan qu’il vient d’établir : blessure physique, brûlure et/ou « blast » (effet de souffle). L’aéronef devant rester le moins de temps possible au sol, il sait que quelqu’un va appliquer les mêmes procédures d’urgence que lui pendant le transfert et que, 24-35 heures plus tard, le grand blessé arrivera en métropole à l’hôpital Percy par avion médicalisé. La chaîne de soutien médical s’échelonne sur quatre « rôles » : survie du blessé dans les zones de contact par les soins d’urgence et de réanimation ; traitement au groupement médico-chirurgical du théâtre, pour limiter les séquelles et stabiliser le blessé ; hospitalisation puis, le cas échéant, évacuation sanitaire ; soins dans un hôpital d’instruction des armées. Chaque combattant, formé au sauvetage de combat, dispose d’une trousse individuelle : un garrot tourniquet, des pansements compressifs pour arrêter l’hémorragie, une syrette de morphine, un kit de perfusion et une poche de soluté. Les trois quarts des décès au combat sont dus à une hémorragie non compressible et non garrotable, que seul un chirurgien aurait pu traiter dans la première heure. Le concept français place l’équipe médicale au plus près de la victime, alors que le concept anglo-saxon privilégie la rapidité de l’évacuation médicalisée vers les structures hospitalières. Aujourd’hui, les soldats sont surtout atteints aux membres et moins au thorax et à la tête, mieux protégés que lors des conflits précédents. L’évolution des techniques et matériels médicaux résulte d’une connaissance plus fine des blessures. Dans le cadre de l’opération « Barkhane » en cours, 200 militaires du SSA sont déployés dans la bande sahélo-saharienne, avec une capacité logistique autonome, des services hospitaliers de pointe et une recherche de l’innovation, comme le plasma lyophilisé pour s’affranchir des contraintes du froid. Le SSA prend aussi en compte les retours d’expérience des armées étrangères. Rien que pour l’armée de Terre, il suit 11.500 blessés en opération extérieure, en service commandé, pendant une formation ou par accident.

Parcours de la réinsertion. Ensuite, le Secrétariat général pour l’administration du ministère des Armées met en œuvre un accompagnement social et juridique, des indemnisations et une aide à la reconversion professionnelle. Plus de 2.000 blessés en opérations bénéficient d’une pension militaire d’invalidité. Outre la prise en charge des blessés psychiques post-traumatiques, un « congé du blessé » a été instauré, en vue de son maintien en activité jusqu’à 18 mois au-delà des congés maladie. Puis, des associations et l’Office national de anciens combattants et victimes de guerre interviennent. Enfin, la première « journée nationale des blessés de l’armée de Terre » a eu lieu le 23 juin 2017 aux Invalides.

Loïc Salmon

Sauvetage de combat : l’apprentissage des médecins

Opex : la chaîne de santé, une course contre le temps

Blessés psychiques : agir vite, au plus près et de façon continue




Gendarmerie : lutte contre le terrorisme et renseignement

La Gendarmerie doit, par contrat opérationnel, se trouver sur le lieu d’un attentat en moins de 20 minutes. Le maillage territorial lui permet de faire remonter le renseignement recueilli auprès de la population, dont elle assure la sécurité par sa proximité.

Le général d’armée Richard Linuzet, directeur général de la Gendarmerie, l’a expliqué, au cours d’une réunion organisée, le 4 juillet 2017 à Paris, par l’Association des journalistes de défense.

Agir vite. La lutte contre le terrorisme, menace majeure, nécessite une vigilance totale et une coordination avec les autres forces de sécurité et de défense. Le Peloton de surveillance et d’intervention regroupe 450 gendarmes sur le territoire national. En outre, depuis le 1er novembre 2016, tout gendarme, témoin d’un attentat ou en soupçonnant la préparation, peut appeler le centre opérationnel qui prévient le directeur général. Dans les 14 minutes, celui-ci rappelle le gendarme concerné, afin de faire remonter directement l’information opérationnelle auprès des autorités politiques. Le général Linuzet a déjà reçu une dizaine d’appels de ce genre. En cas de suspicion d’attentat, le nouveau schéma national d’intervention précise que la proximité opérationnelle l’emporte sur le territoire imparti aux différentes forces d’intervention de la Police (RAID et BRI) et de la Gendarmerie (GIGN). Lors des opérations extérieures, les armées participent à la lutte contre le terrorisme pour en déterminer le lieu de départ, depuis celle en Afghanistan (2001-2014). Actuellement, 90 gendarmes sont engagés dans la bande sahélo-saharienne au sein d’organisations internationales. Sur le territoire national, les personnels des armées déployés dans l’opération « Sentinelle » selon un dispositif dynamique et non plus statique, représentent 7-8 % des effectifs des zones de Gendarmerie. La Garde nationale, soit actuellement 2.500 réservistes/jour encadrés par des militaires d’active, ne dépend pas d’elle. Suite à la levée de l’état d’urgence en automne annoncée le 3 juillet par le président de la République, un projet de loi prévoit l’établissement d’une zone de sécurité renforcée autour des grands événements et le droit de « visite » d’un lieu de résidence, en cas de suspicion de préparation d’attentat et après approbation des autorités administratives et judiciaires. Enfin, une réflexion est en cours sur l’infiltration possible des filières d’immigration par des mouvements terroristes.

Déceler les « signaux faibles ». La Gendarmerie ne pratique pas « l’infiltration » des réseaux suspects. En liaison avec la Police nationale, ses 100.000 personnels d’active, secondés par 29.600 réservistes et déployés à 74 % en zones périurbaines et à 26 % dans les campagnes, collectent l’information d’ambiance auprès des élus locaux. Ces données sont analysées puis transformées en renseignements en cas de menace avérée, à savoir les signes d’auto-radicalisation. Il s’agit de reconstituer le parcours de gens fragiles, qui souvent se cherchent une vocation. Leur motivation reste difficile à identifier, car ils se revendiquent de Daech après être passés à l’acte. Aujourd’hui, les terroristes se fondent dans la population. La fiche « S » (surveillance) signifie « être l’objet d’une investigation » et…pas seulement pour islamisme radical ! La première consultation d’un site violent n‘est pas répréhensible, mais il est possible de « cibler » quelqu’un qui en visite souvent. La personne fichée « S » ne doit pas le savoir, précise le général Linuzet.

Loïc Salmon

Garde nationale : catalyser les réserves militaires et civiles

Les gendarmes du ciel

Sécurité : exposition « Les sciences du crime » au musée de la Gendarmerie




14 juillet 2017 : « opérationnels ensemble » en interarmées, interministériel et international

L’édition 2017 du défilé militaire sur les Champs-Elysées met l’accent sur la coopération entre forces armées et de sécurité et entre pays alliés dans les opérations extérieures. Elle commémore aussi le centenaire de l’entrée des Etats-Unis dans la première guerre mondiale.

Sa préparation, étalée sur un an, a été présentée à la presse le 5 juillet 2017 par le général de corps d’armée Bruno Le Ray, gouverneur militaire de Paris.

Les personnels et matériels. Ponctué par l’arrivée et le départ du président de la République, le défilé compte 3.765 militaires à pied (+ 526 en un an), 241 cavaliers de la Garde républicaine, 211 véhicules, 63 avions et 29 hélicoptères (+ 4). L’opération « Chammal », en cours en Irak et en Syrie, mobilise 1.200 soldats, toutes spécialités confondues, dans la lutte contre l’Etat islamique (Daech). Elle est mise à l’honneur par la marche d’un bloc d’une centaine d’entre eux, issus des armées de Terre et de l’Air et de la Marine nationale. Rappel de la Grande Guerre, une animation initiale met en parallèle les innovations technologiques réalisées à l’époque et la préparation de l’avenir par le travail d’anticipation des armées et la Direction générale de l’armement. Des images illustrent les capacités opérationnelles des véhicules présentés et les évolutions aériennes et maritimes depuis cent ans. Elles appuient huit présentations dynamiques de véhicules d’époque et d’aujourd’hui : un char Schneider et un véhicule blindé de combat d’infanterie ; un char Saint-Chamond et un char Leclerc ; un camion Renault EG1 équipé d’un canon 155 GPF et un canon Caesar ; un camion Latil en version ambulance et un véhicule de l’avant blindé sanitaire ; un porte-char Latil avec une maquette de char FT17 et un porte-char 700/100 ; un camion Lauer transport de marchandises et un camion logistique blindé ; un camion Peugeot avec une barque pontonnier et un SPRAT (système de pose rapide de travures). Un drone tactique de renseignement Patroller contribue à la fourniture d’images aériennes. Un drone de surveillance Reaper (moyenne altitude longue endurance) participe à la « bulle » de sécurisation de l’espace aérien de la capitale pendant le défilé.

Les Etats-Unis, invités d’honneur. A l’occasion du centenaire de l’engagement de son pays sur le front Ouest aux côtés des Alliés, le président américain Donald Trump assiste au défilé, à l’invitation du président de la République Emmanuel Macron. La précédente présence d’un président des Etats-Unis à cette parade militaire, en l’occurrence George Bush (père), remonte à 1989. Environ 1 million de soldats américains ont participé aux combats du premier conflit mondial et 126.000 y ont perdu la vie. Cette fois-ci, quelque 200 militaires des armées de Terre et de l’Air, de la Marine et du Corps des Marines défilent à Paris, dont cinq, en tête, revêtus des uniformes de 1917.  En 2002, les cadets de West Point avaient défilé avec les élèves-officiers de Saint-Cyr Coëtquidan. Le défilé aérien de 2017 inclut 2 avions de chasse américains F22 Raptor et 6 F16 de la patrouille acrobatique des « Thunderbirds », qui suivent les 9 Alphajet de la Patrouille de France. Celle-ci s’est rendue aux Etats-Unis en avril dernier. Aujourd’hui, la France et les Etats-Unis luttent contre Daech dans la coalition internationale au Levant.

Les musiques militaires. Les fanfares présentes symbolisent la coopération interarmées : Garde républicaine ; Air ; Flotte ; sapeurs-pompiers de Paris ; Légion étrangère ; transmissions ; cavalerie ; artillerie ; parachutistes ; troupes de Marine.

Loïc Salmon

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