Armée de Terre : un nouveau chef d’état-major

Le général d’armée Bertrand Ract-Madoux, nommé chef d’état-major de l’armée de Terre en conseil des ministres le 22 juin 2011, a pris ses fonctions le 1er septembre pour une durée de trois ans.

A sa sortie de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1972, il choisit l’arme blindée et cavalerie. Breveté d’études militaires supérieures, il est auditeur du Centre des hautes études militaires et de l’Institut des hautes études de défense nationale. Il a notamment commandé le 1er Régiment de spahis (1995), le Bataillon N°2 de l’IFOR en ex-Yougoslavie (février-juin 1996) et la 2ème Brigade blindée (2002). Au cours de cette dernière affectation, il assure le commandement tactique  des forces françaises en Côte d’Ivoire (octobre 2003-février 2004) dans le cadre de l’opération Licorne. Il était directeur de cabinet du directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) depuis le 1er septembre 2007. Titulaire de la croix de la Valeur militaire avec deux citations, le général Ract-Madoux est commandeur de la Légion d’Honneur et de l’Ordre national du Mérite.

Dans son premier message, le général Ract-Madoux a notamment déclaré : « Mes premières pensées vont à nos camarades en opérations qui mènent des combats difficiles et que j’assure de ma plus totale confiance, à nos blessés et leurs familles ainsi qu’à celles et ceux qui sont allés au bout de leur engagement professionnel ».

Loïc Salmon




Opérations : Afghanistan, Libye, Côte d’Ivoire et Tchad

Entre le 11 et le 14 août 2011, sept militaires de l’OTAN ont été tués en Afghanistan. Dans le même temps, le porte-avions Charles-De-Gaulle est rentré à Toulon. Par ailleurs, le dispositif français en Côte d’Ivoire et au Tchad sera prochainement réduit.

Afghanistan : le 11 août, un attentat à la bombe a provoqué la mort de cinq soldats américains et un engin explosif improvisé celle du caporal-chef français Facrou Housseini du 19ème Régiment du génie de Besançon. Trois jours plus tard, le lieutenant Camille Levrel du 152ème Régiment d’infanterie de Colmar a été mortellement touché par le tir isolé d’un insurgé. Cela porte à 388 le nombre de soldats de la coalition tués depuis le 1er janvier 2011 (711 pour l’année 2010) et à 74 celui des Français depuis le début de l’engagement en 2001.

Libye : le porte-avions Charles-De-Gaulle, déployé au large de la Libye depuis le 22 mars 2011 est rentré à Toulon le 12 août.  Auparavant, il avait effectué la mission « Agapanthe » en océan Indien d’octobre 2010 à février 2011. Dans le cadre de l’opération « Harmattan », il a totalisé 138 jours de mer, 40.000 milles nautiques parcourus (74.000 km), 120 jours d’activité aéronautique, 2.380 catapultages et appontages et 3.600 heures de vol. Le dispositif Marine français au large de la Libye se compose actuellement d’un bâtiment de projection et de commandement, de deux frégates, d’un pétrolier-ravitailleur et d’un sous-marin nucléaire d’attaque.

Côte d’Ivoire et Tchad : le ministre des Affaires étrangères et européennes Alain Juppé a indiqué, le 5 juillet à la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, que la force française « Licorne » en Côte d’ivoire sera réduite à 300 ou 400 hommes  à la fin de l’année (1.700 au plus fort de l’intervention) et que le format du dispositif « Epervier » au Tchad, de plus de 1.000 militaires aujourd’hui, est en cours de réévaluation.

Loïc Salmon




Afghanistan : 40 soldats de la coalition tués en deux jours

En deux jours, les 6 et 7 août 2011, trente Américains, huit Afghans et deux Français de la coalition ont été tués au combat en Afghanistan dans deux attaques distinctes.

Le 6 août, un hélicoptère américain CH 47 F Chinook (photo prise au salon du Bourget 2011) a été abattu par un tir de roquette RPG d’insurgés talibans. Selon l’OTAN, tous les occupants ont été tués : 25 membres des forces spéciales américaines et les 5 membres de l’équipage, 7 membres des forces spéciales afghanes et un traducteur afghan civil. La plupart des victimes faisaient partie des « Navy Seals », l’unité qui a éliminé Oussama Ben Laden, chef de l’organisation terroriste Al Qaïda, le 2 mai au Pakistan. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de l’attaque, revendiquée par les Talibans comme un « « piège ». A l’origine, des troupes au sol, qui recherchaient un chef local taliban dans la vallée de Tangi, avaient été prises à partie par des insurgés et avaient appelé des renforts. Avant cette attaque, les troupes américaines avaient déjà perdu 149 hommes dans des chutes d’hélicoptères en Afghanistan, dont 38 à la suite de tirs ennemis.

Le 7 août, deux soldats du 2ème Régiment étranger de parachutistes ont été tués et cinq autres blessés dans un accrochage à proximité de la vallée de Tagab, lors d’une opération de reconnaissance et de fouille à la recherche de caches d’armes et d’engins explosifs. Des hélicoptères français et américains sont intervenus pour secourir le détachement et neutraliser les insurgés. Les deux victimes, le caporal Kisan Bahadur Thapa et le soldat de 1ère classe Gerhardus Jansen, étaient entrés dans la Légion étrangère en 2008.  Cela porte à 72 le nombre de pertes françaises depuis le début de l’engagement en Afghanistan en 2001.

Loïc Salmon




Obsèques nationales pour sept tués en Afghanistan

Le 19 juillet 2011, les obsèques nationales des sept militaires français tués en Afghanistan, entre les 11 et 14 juillet, ont eu lieu aux Invalides à Paris, en présence du chef de l’Etat, des membres du gouvernement, de nombreux élus et des détachements de leurs unités.Tous les sept ont été élevés au grade supérieur et faits chevaliers de la Légion d’Honneur à titre posthume. Il s’agit du brigadier-chef Clément Kovac du 1er Régiment de chasseurs de Verdun (accident), du capitaine Thomas Gauvin et de l’adjudant-chef Laurent Marsol du 1er  Régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers, des adjudants-chefs Jean-Marc Gueniat et Emmanuel Techer du 17ème Régiment du génie parachutiste de Montauban, du sergent Sébastien Vermeille du Sirpa Terre Image centre de Lyon (attentat suicide) et du maître Benjamin Bourdet du commando Jaubert, (combat). Dans son allocution, le président de la République Nicolas Sarkozy, également chef des armées, a notamment déclaré : « Vous n’êtes pas morts pour rien. Vous êtes morts pour la grande cause des peuples libres qui ont payé leur liberté avec le sang de leurs soldats. (…) Soldats, vous êtes partis en pleine jeunesse en emportant avec vous les promesses d’une vie heureuse. Mais, nul ne vous a volé votre destin ». Enfin, il a rappelé que « l’armée française n’est pas séparée du reste de la Nation française, car l’armée française fait corps avec la nation française ».

L.S.




Opérations : attentat et retrait programmé d’Afghanistan et prolongation en Libye

Le 14 juillet 2011, un militaire français est tombé dans une embuscade en Afghanistan. C’est le 70ème mort depuis l’engagement de la France en 2001. La veille dans la vallée de Tagab (Afghanistan) et pour la première fois, cinq soldats français ont été tués et quatre autres blessés dans un attentat suicide. Le président de la République Nicolas Sarkozy (photo du 14 juillet 2011 à Paris) a annoncé un renforcement de la sécurité des militaires français sur place.

Le 12 juillet à Kaboul, le président de la République s’est engagé sur le retrait d’Afghanistan de 1.000 hommes, sur un total actuel de 4.000, d’ici à la fin de 2012. Les effectifs combattants restants seront concentrés dans la province de Kapisa et complètement retirés à la fin de 2014. « Il faut savoir finir une guerre », a déclaré le chef  de l’Etat. Toutefois, le même jour à Paris, le Premier ministre François Fillon a indiqué que des militaires français resteraient après 2014 pour continuer à former les forces afghanes. Par ailleurs, au cours d’une conférence de presse commune avec le président afghan Hamid Karzaï à Kaboul, Nicolas Sarkozy a également annoncé la préparation d’un traité de partenariat et d’amitié d’une durée de cinq ans entre la France et l’Afghanistan, portant sur l’agriculture, les transports, l’eau et les mines. Une coopération civile sera maintenue sur l’éducation, la santé et le développement ainsi qu’une « coopération spéciale » pour les régions de Surobi et Kapisa.

Le 12 juillet à Paris, l’Assemblée nationale a approuvé, par 482 voix contre 27, la poursuite de l’intervention en Libye. François Fillon a indiqué aux députés que les frappes aériennes ont touché 2.500 objectifs, dont 850 sites logistiques, 160 centres de commandement, 450 chars, 220 véhicules et 140 pièces d’artillerie. Quelque 4.400 militaires, dont 800 en métropole, participent à l’opération « Harmattan » dont le mandat, défini par le Conseil de sécurité de l’ONU, « n’est  pas d’éliminer le colonel Kadhafi », selon le Premier ministre. Ce dernier a précisé les conditions de la suspension des frappes : cessez-le-feu authentique et vérifiable avec le retour des forces de l’actuel dirigeant libyen dans les casernes ; fin des exactions contre les populations civiles ; libre accès à l’aide humanitaire ; retrait du pouvoir du colonel Mouamar Kadhafi. Une solution politique « commence à prendre forme », a ajouté François Fillon.

Loïc Salmon




Un secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants

Marc Laffineur, nommé secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants le 29 juin 2011 (à gauche), a été reçu par Gérard Longuet, ministre de la Défense, à l’Hôtel de Brienne à Paris le même jour.

Médecin anesthésiste-réanimateur, il a cessé d’exercer depuis une dizaine d’années pour se consacrer à ses mandats électoraux. Vice-président de l’Assemblée nationale depuis le 27 juin 2007, il était aussi président de la délégation chargée des activités internationales et membre de la commission des finances et de la commission des affaires européennes. Maire (UMP) d’Avrillé dans le Maine-et-Loire depuis 1983, il a été député de la 7e circonscription de ce département depuis 1988, conseiller général de 1982 à 1992 et conseiller régional de 1986 à 1988.

L.S.




Flandres 2011, interopérabilité franco-britannique

Le premier exercice d’interopérabilité franco-britannique, dénommé Flandres 2011, s’est déroulé du 22 au 29 juin au Centre d’entraînement des postes de commandement de Mailly-le Camp (Aube). Son retour d’expérience permettra de tirer des enseignements à chaud et à froid en vue de créer une force d’intervention opérationnelle dans cinq ans, a souligné le général de corps d’armée Hervé Charpentier, commandant des forces terrestres, lors d’un point de presse le 16 juin.

Quelque 1.500 militaires et civils, dont 450 Britanniques, ont participé à cet exercice de simulation, qui a mis en œuvre des solutions techniques innovantes et des procédures d’état-major dans un environnement numérisé permettant à une brigade française et une brigade britannique d’opérer sous le même commandement (OTAN, ONU ou Union européenne). Chaque brigade utilise sa numérisation nationale. Le branchement des deux doit permettre au chef de section français de voir la même image que son homologue britannique et ainsi de suite à tous les échelons supérieurs, afin d’être capables de travailler ensemble, a indiqué le général Charpentier. Il a précisé que la simulation permet de réduire le coût de l’exercice de 1 à 7 par rapport à un déplacement complet des troupes sur le terrain. L’anglais opérationnel a été la langue de travail. Flandres 2011 avait également pour objectifs de maîtriser les opérations multinationales sur un spectre large, de maîtriser l’intégration et la coordination aéroterrestre (capteurs, feux et espace de bataille), d’organiser la fusion et l’exploitation du renseignement et enfin de renforcer l’interopérabilité logistique. « Il s’agit de créer un outil opérationnel pour permettre, un jour ou l’autre, de prélever une brigade de chacune des nations, a précisé le général Charpentier, nous ne sommes pas dans la démarche d’une brigade franco-britannique au moment où on améliore la répartition et la simulation ».

Loïc Salmon




Afghanistan, retraits annoncés

Le 23 juin 2011, la présidence de la République a annoncé un retrait progressif des 4.000 militaires français déployés en Afghanistan, peu après l’annonce, par le président américain Barack Obama, du rapatriement aux Etats-Unis de 10.000 soldats en 2011 et de 23.000 autres d’ici à la fin de l’été 2012. Dans un communiqué, elle indique partager l’analyse et les objectifs américains et que le retrait des forces françaises sera « progressif », « de manière proportionnelle » et « dans un calendrier comparable », en raison des « progrès enregistrés ».

De son côté, le Premier ministre François Fillon a déclaré que « la mort de Ben Laden et la désorganisation d’Al Qaïda, qui était un des objectifs de la campagne initiale conduite en Afghanistan, est un élément qui vient renforcer cette perspective ».

Enfin, lors d’un point de presse le même jour, le ministère de la Défense a indiqué que la sécurisation de la province de Surobi sera examinée au début de l’automne en concertation avec l’ONU et l’armée nationale afghane, qui prendra la suite des troupes françaises quand elle se sentira prête. « L’état-major fera des propositions opérationnelles à l’autorité politique », a précisé son porte-parole Laurent Teisseire. Il a aussi indiqué que le « surcoût » des opérations extérieures (Opex) atteint aujourd’hui 100 M€, contre 54 M€ il y a un mois et demi. Le budget des Opex est établi en fonction des opérations en cours et de celles qu’il est rationnellement possible d’anticiper. Les dépenses additionnelles sont couvertes par le budget général de la nation. Enfin, les stocks de munitions, utilisées en Afghanistan et en Libye, sont complétés par anticipation. Aucune comptabilité n’est rendue publique pour ne pas renseigner l’adversaire « d’aujourd’hui et de demain ».

Par ailleurs, entre le 10 mai et le 18 juin, six militaires sont morts en opérations en Afghanistan, portant à 62 le bilan des pertes françaises depuis le début de l’engagement.

Loïc Salmon




Afghanistan : six militaires français décédés en cinq semaines

Six militaires ont été tués en opérations en Afghanistan entre le 10 mai et le 18 juin 2011, portant à 62 le bilan des pertes françaises.

Le 18 juin, le soldat de 1ère classe Florian Morillon du 1er Régiment de chasseurs parachutistes, grièvement blessé lors d’un accrochage pendant une patrouille à pied dans la province de Kapisa, est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital militaire français de Kaboul.

Le 10 juin, à 20 km de la base aérienne de Bagram et dans des conditions météorologiques très difficiles, un hélicoptère Gazelle du 3ème Régiment d’hélicoptères de combat d’Etain s’est écrasé, blessant gravement le pilote et le chef de bord, le  lieutenant Matthieu Gaudin qui décédera à l’hôpital militaire où ils avaient été tous deux évacués. Le même jour, le caporal-chef Lionel Chevalier du 35ème Régiment d’infanterie de Belfort, embarqué à bord d’un véhicule blindé et en retour de mission vers la base de Tagab, s’est mortellement blessé avec son arme.

Le 1er juin, dans la province de Kapisa, une compagnie du Groupement tactique interarmes Kapisa, engagée dans une opération de reconnaissance, a été attaquée par un groupe d’insurgés. Au cours des combats, le caporal-chef Guillaume Nunes-Patego, affecté au 17ème Régiment du génie parachutiste de Montauban, a été mortellement blessé. Trois autres militaires ont également été blessés.

Le 18 mai, dans le sud de la Kapisa, l’explosion accidentelle d’une munition a tué le soldat de 1ère classe Cyril Louaisil du 2ème Régiment d’infanterie de marine du Mans et en a blessé quatre autres, qui se préparaient à embarquer à bord d’un véhicule blindé. Les blessés, dont les jours ne sont pas en danger, ont été évacués vers l’hôpital militaire de Kaboul.

Le 10 mai, le soldat de 1ère classe Loïc Roperth du 13ème Régiment du génie de Valdahon a été tué par l’explosion d’un engin explosif improvisé visant les sapeurs du détachement d’ouverture d’itinéraires piégés, qui effectuaient une mission d’ouverture d’itinéraire en prévision d’une opération dans la vallée de Tagab.

Loïc Salmon