Défense : les armées, réserves et dépenses en 2017-2018

Le ministère des Armées a rendu publics, en octobre 2018, les chiffres clés des forces françaises, engagées sur le territoire national et dans le monde, ainsi que ceux des contributions à la Garde nationale et des dépenses militaires des pays membres de l’OTAN.

Présence diversifiée. Selon l’Etat-major des armées, plus de 30.000 militaires sont déployés en opérations en juillet 2018, dont 13.000 en métropole. Les forces de souveraineté se montent à 7.150 personnels, dont 1.000 aux Antilles, 2.100 en Guyane,1.700 à La Réunion, 1.450 en Nouvelle-Calédonie et 900 en Polynésie française. Les forces de présence totalisent 3.700 militaires, dont 350 au Sénégal, 900 en Côte d’Ivoire, 350 au Gabon, 1.450 à Djibouti et 650 aux Emirats arabes unis. Les opérations extérieures mobilisent 5.600 personnels, dont 4.500 pour l’opération « Barkhane » (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) et 1.100 pour l’opération « Chammal » (Syrie et Irak). L’ONU emploie 780 militaires français, dont 700 dans l’opération « Daman » au Liban et 80 dans des missions en Afrique (Sahara, Mali, Libéria, Centrafrique et République démocratique du Congo). En outre, 175 militaires français se trouvent engagés sous la bannière de l’Union européenne, dont 100 dans l’opération « Sophia » de lutte contre le trafic de migrants en Méditerranée et 75 dans les opérations « Atalante (lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden et l’océan Indien), « Themis » (contrôle des frontières en Méditerranée centrale pour aider l’Italie) et « Indalo » (Méditerranée occidentale). L’OTAN emploie 400 militaires français, dont 300 de l’armée de Terre en Lituanie et 100 de l’armée de l’Air en Estonie. La Marine nationale déploie 1.350 personnels sur toutes les mers du monde, dont 700 pour la mission « Jeanne d’Arc » (Groupe Ecole d’application des officiers de marine), 200 dans l’Atlantique Nord, 200 dans la CTF 150 (force opérationnelle combinée) de lutte contre le terrorisme en mer d’Arabie et en océan Indien et 250 dans la mission « Corymbe » de présence contre la piraterie dans le golfe de Guinée et au large de l’Afrique de l’Ouest. Les forces aériennes stratégiques assurent la dissuasion nucléaire depuis 1964 et la Force océanique stratégique depuis 1972.

Participation à la Garde nationale. Les effectifs de la réserve opérationnelle, hors Gendarmerie, mis à la disposition de la Garde nationale, totalisent 36.312 volontaires sous contrat ESR (engagement à servir dans la réserve) au 31 décembre 2017. Ceux-ci se répartissent entre 9.408 officiers, soit 25,9 % du total, 11.542 sous-officiers (31,8 %) et 15.362 militaires du rang (42,3 %). L’armée de Terre fournit 21.668 personnels, soit 59,7 % du total, la Marine 5.398 (14,9 %), l’armée de l’Air 5.554 (15,3 %), le Service de santé des armées 2.998 (8,3 %), le Service du commissariat des armées 469 (1,3 %), le Service des essences des armées 130 (0,4 %) et la Direction générale de l’armement 95 (0,3 %).

Dépenses militaires. Le Mémorandum statistique de l’OTAN de décembre 2017 indique les dépenses de défense, pensions comprises, des principaux pays membres, calculées en dollars au prix de 2010. Les Etats-Unis arrivent en tête avec 617,7 Md$, soit 3,57 % du produit intérieur brut, devant la Grande-Bretagne avec 59,2 Md$ (2,12 %), la France avec 51,1 Md$ (1,78 %), l’Allemagne avec 47,9 Md$ (1,24 %), l’Italie avec 23,7 Md$ (1,12 %), les Pays-Bas avec 10,6 Md$ (1,15 %) et l’Espagne avec 14 Md$ (0,92 %). Les 20 pays européens membres, hors Grande-Bretagne, totalisent 199 Md$ (1,39 %).

Loïc Salmon

Garde nationale : faciliter l’engagement et fidéliser

Défense : vers 2 % du Produit intérieur brut à l’horizon 2025




Garde nationale : faciliter l’engagement et fidéliser

Aujourd’hui, les armées et notamment l’opération « Sentinelle » de protection des points sensibles ne peuvent fonctionner sans les réservistes, militaires à part entière pendant leurs périodes d’incorporation.

Le général de brigade de la Gendarmerie Anne Fougerat, secrétaire générale de la Garde nationale (GN) l’a rappelé, le 8 octobre 2018 à Paris, devant l’Association des journalistes de défense à l’occasion de la « Journée nationale du réserviste » (13 octobre-11 novembre). Installée à l’Ecole militaire, la GN, codirigée par les ministres des Armées et de l’Intérieur, dispose d’un état-major de 14 personnes à la disposition de sa secrétaire générale : 2 officiers et 1 soldat pour l’armée de Terre ; 1 officier pour l’armée de l’Air ; 1 commissaire pour la Marine nationale ; 2 officiers et 2 sous-officiers pour la Gendarmerie ; 1 officier pour la Police ; 2 personnes du ministère de l’Intérieur ; 2 postes à pourvoir. Son secrétariat général est assuré par rotation tous les deux ans entre les deux ministères, le général Fougerat, représentant celui de l’Intérieur jusqu’en 2020.

Les réservistes. Le candidat à la réserve choisit de préférence l’armée qu’il connaît puis, une fois admis, devient réserviste dans la GN, précise sa secrétaire générale. Quoique la limite d’âge d’entrée dans la réserve soit fixée à 40 ans, il s’agit surtout de recruter des jeunes, avec des exceptions pour des spécialistes pouvant apporter leur concours aux armées. Les réservistes, dont 20,5 % de femmes, se répartissent à raison de 45 % pour les militaires du rang, 38 % pour les sous-officiers et 17 % pour les officiers. Leurs tranches d’âge varient de 37 % pour           les moins de 30 ans, 16 % pour les 30-39 ans, 19 % pour les 40-49 ans et 28 % pour les plus de 50 ans. La réserve de la Police nationale compte 86 % de plus de 55 ans et 91 % issus de ses rangs ou d’anciens adjoints de sécurité. Globalement, 66,4 % de réservistes de la GN viennent de la société civile avec des variantes pour les armées en général (59 %) et la Gendarmerie en particulier (76 %). Les actifs constituent 49 % des réservistes, suivis des étudiants (19 %) et des retraités (13%), le reste (19 %) n’étant pas « renseigné ». Toutefois, le taux d’attrition, par limite d’âge ou pour raisons personnelles, atteint 17 %. Il s’agit donc, indique le général Fougerat, de recruter des jeunes pour y pallier. La GN comptera 75.088 réservistes fin 2018. Les « réservistes opérationnels connectés », mobilisables par SMS, parfois après leur journée de travail, assurent des relèves sous l’autorité de personnels d’active. Chaque jour en 2017, 978 réservistes des armées ont participé à la protection du territoire national (+ 22,7 % en un an), essentiellement pour « Sentinelle » ou la protection d’emprises et pour celle des approches aériennes, la défense maritime du territoire, le soutien opérationnel ou la protection du secret.

Leurs employeurs. En 2017, la GN a employé, quotidiennement, 6.989 réservistes qui ont effectué en moyenne 35,2 jours d’activité. Sa secrétaire générale veut dynamiser les relations avec les universités et les entreprises, objets de conventions par l’intermédiaire de 93 « correspondants réserve-entreprise défense ». Selon une étude réalisée en juin 2017 auprès de 200 entreprises et de 4.500 réservistes, ces derniers en augmentent la valeur sur les plans humain, de la marque, des clients, du savoir et de l’organisation. Il reste à améliorer la protection sociale du réserviste, pour que son activité dans la GN ne lui cause pas un préjudice financier s’il est blessé. La Gendarmerie a déploré 70 blessés en service en 2017.

Loïc Salmon

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Femmes dans les armées : la réussite devient possible




Défense : intelligence artificielle, vers une norme internationale de fiabilité

La maîtrise des risques liés à l’intelligence artificielle (IA) dans l’industrie de défense implique la détermination de normes ISO pour assurer la fiabilité des systèmes futurs.

Arnault Ioualalen, directeur général de la société Numalis, en a expliqué les enjeux au cours d’une conférence de presse organisée, le 24 septembre 2018 à Paris, par le Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (GICAT). Numalis fournit des outils logiciels de validation et d’aide à la conception de « systèmes critiques » appliqués à l’aéronautique, l’espace et la défense.

Evolution des systèmes. L’IA trouve des applications directes dans la maintenance, la sécurité, la détection de cible, les drones, les missiles, la robotique et les systèmes optroniques. En matière de frappe, il s’agit d’apporter une aide à la décision qui reste du ressort de l’homme. Ainsi dans le guidage terminal d’un drone autonome, il faut éviter l’automatisme du « fire and forget » (tu tires et oublies). Le « client » (utilisateur) fixe les exigences de la mission et en définit les paramètres pour atteindre l’objectif. Le pilote d’un avion ou l’opérateur d’un drone armé qui doit procéder au tir d’un missile, véritable robot qui suit la cible par sa signature thermique, peut décider de l’annuler au dernier moment pour une raison politique ou éthique (victimes collatérales). Quant aux tirs automatiques de systèmes d’armes américains, israéliens ou coréens (installés à la frontière entre les Corées du Nord et du Sud), la décision, prise en amont, ne peut empêcher les erreurs (ratés ou « bavures »). L’IA va permettre d’augmenter la capacité à comprendre et mieux évaluer la cible. Elle va améliorer les systèmes existants pour les rendre plus performants et moins coûteux pour l’utilisateur et l’industriel. Dans le flux des données, elle trie les informations nécessaires qui remontent la chaîne de décision pour la manœuvre ou le bombardement. Elle aide ainsi à la décision en amont, alors qu’une décision automatique manque de fiabilité.

Réseaux de Neurones. L’IA dite « connexioniste » consiste à mimer les mécanismes biologiques du raisonnement humain par les techniques du « Deep Learning » (réseaux de neurones). Ne pouvant retrouver que ce qu’elle connaît, l’IA se spécialise dans un seul usage comme la reconnaissance d’images, l’identification ou la prédiction de comportement en temps réel. Cela nécessite des normes pour établir une relation de confiance entre le concepteur de l’IA et son utilisateur. Il s’agit d’abord de montrer la robustesse et la sécurité de l’IA par une approche technique transverse. Ensuite, il convient de rassurer les citoyens sur son équité, sa transparence et sa confidentialité. Enfin, il faut constituer une barrière juridique contre la « colonisation numérique » (reconnaissance des données et leur traitement) par la responsabilisation des fabricants et vendeurs de systèmes.

Course internationale. L’IA suscite une compétition globale entre les Etats-Unis (entreprises privées) et la Chine (moyens étatiques). France, Allemagne, Grande-Bretagne, Irlande et Canada s’y intéressent de façon active. Russie, Italie, Israël, Japon, Inde et Corée du Sud se spécialisent sur certains sujets. Australie, Finlande, Suède et Luxembourg en observent les évolutions. En France, la Direction générale de l’armement suit l’ingénierie d’IA pour les armées. Au sein du comité ISO, le GICAT et Numalis présentent le projet français « Generate », norme de fiabilité du « Deep Learning ».

Loïc Salmon

Sécurité : l’intelligence artificielle, enjeu de souveraineté nationale

Drones : préparer le combat aérien de demain




Défense : démarche capacitaire, de la menace à l’organisation et à la coopération européenne

Disponibilité et activité opérationnelle assurent la capacité à manœuvrer vers l’avant. Cette dernière et la modernisation des équipements et armements permettront de prendre l’ascendant sur un adversaire potentiel.

Cette démarche a été présentée à la presse, le 27 septembre 2018 à Paris, par le général de corps d’armée Eric Bellot des Minières, sous-chef plans de l’Etat-major des armées.

L’an I de la LPM. Cette démarche capacitaire est associée à la première année de la Loi de programmation militaire 2019-2025 (LPM), indique le général. Le projet de loi de finances 2019 inclut un budget de 35,9 Md€ pour la défense correspondant à 1,82 % du Produit intérieur brut et avec une hausse annuelle de 1,7 Md€ (+ 5 %) en conformité avec la LPM. En outre, la ligne budgétaire des opérations extérieures passe à 850 M€, contre 450 M€ pour 2017 et 2018. Sont aussi prévus : la création de 450 postes dans le renseignement, le cyber et le numérique ; 4,2 Md€ pour le maintien en condition opérationnelle des matériels ; 19,5 Md€ pour les commandes et livraisons. Parmi ces dernières figurent : 25.000 gilets pare-balles ; 89 véhicules blindés Griffon ; 8.000 fusils d’assaut HK416 ; 10 hélicoptères NH90 ; 1 frégate multimissions ; 1 patrouilleur léger guyanais ; un bâtiment multimissions ; 6 drones Reaper ; 1 avion de transport tactique A400M ; 2 avions de transport tactique C130J ; 1 avion multirôles de transport et de ravitaillement en vol. La préparation de l’avenir et l’adaptation aux contraintes du présent passent par la poursuite du Plan famille, pour l’amélioration des conditions de vie des agents civils et militaires, la réactivité et le travail sur le long terme. Le général rappelle que la formation complète s’étend sur 4 à 5 ans pour un soldat ou un matelot, 15 ans pour un premier-maître ou un adjudant et 25 ans pour un capitaine de vaisseau ou un colonel.

Coopération européenne. Le 26 septembre 2018, le ministère des Armées a publié un point de situation des ambitions européennes de la France en matière de défense et de sécurité. Ainsi, l’Initiative européenne d’intervention doit tenir sa première réunion ministérielle en France en novembre. Elle regroupe la France, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, le Portugal, le Danemark, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et l’Estonie. Elle vise à établir une culture stratégique commune et permettre d’intervenir rapidement en cas de catastrophe naturelle, d’évacuation de ressortissants ou même d’opération de haute intensité. La « coopération structurée permanente » porte notamment sur de nouveaux équipements radio ou d’un nouveau standard d’hélicoptère. L’Union européenne a récemment créé le Fonds européen de défense d’un montant de 13 Md€ pour la période 2021-2027, en vue de financer des projets d’équipements militaires et de recherche de défense. Elle va investir 6,5 Md€ pour instituer des dispositifs juridiques et mettre en cohérence les infrastructures routières et ferroviaires pour faciliter les déplacements d’unités et d’équipements militaires sur son territoire. Sur le plan industriel, la France participe à plusieurs coopérations : avec l’Allemagne pour le système de combat aérien, le char de combat et l’artillerie du futur ; avec l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne pour l’Eurodrone (drone européen moyenne altitude et longue endurance) ; avec la Belgique pour constituer un partenariat sur la « capacité motorisée terrestre interarmes » (véhicules blindés).

Loïc Salmon

Défense : vers 2 % du Produit intérieur brut à l’horizon 2025

Jean-Yves Le Drian : relancer l’Europe de la défense




Armée de l’Air : le nouvel avion d’entraînement Pilatus PC-21

Le mono turbopropulseur Pilatus PC-21, en service opérationnel en septembre 2018, assure les mêmes formations de pilotage que les actuels Epsilon et Alphajet, avec transposition directe sur Rafale des compétences acquises.

Sa présentation à la presse, le 13 septembre 2018 à Paris, a inclus ses atouts pédagogiques par le colonel Julien Moreau, commandant les Ecoles de formation du personnel navigant, et son contrat d’acquisition par l’ingénieur en chef de l’Armement Audrey Hermant, directrice du programme PC-21.

Un saut technologique. Destiné aux pilotes de chasse de l’armée de l’Air et de la Marine nationale ainsi qu’aux navigateurs officiers systèmes d’armes, le PC-21 prépare au combat aérien d’aujourd’hui et de demain, explique le colonel Moreau. Dans un environnement de plus en plus complexe, évolutif et connecté, le pilote de chasse doit être réactif et savoir durer, combattre, projeter force et puissance ou porter assistance. Par exemple, un groupe de plusieurs Rafale partis de France pour une mission de frappes lointaines au Levant, bénéficie des informations fournis par un avion d’alerte avancée AWACS et de plusieurs ravitaillements en vol jusqu’à l’arrivée sur zone. L’un d’eux largue son missile Scalp, dont la croisière, guidée par satellite, continue à basse altitude et franchit les défenses sol-air pour atteindre sa cible après un guidage terminal. Actuellement, la formation d’un pilote de chasse, d’une durée de 2,5 ans, se déroule en quatre phases : formation générale des officiers à la base de Salon-de-Provence ; formation des pilotes sur les avions biplaces monomoteurs Grob 120 et TB30 Epsilon ; spécialisation sur Alphajet, avion d’entraînement et d’attaque au sol, à l’Ecole d’aviation de chasse de Tours pour l’obtention du brevet de pilote ; formation au combat aérien à l’Ecole de transition opérationnelle de Cazaux, en vue d’une orientation sur Rafale ou Mirage 2000. Après une phase de transformation, le pilote rejoint son affectation en unité navigante. A l’horizon 2021, la phase 1 se déroulera à Salon-de-Provence sur Cirrus SR20 et la phase 2 sur Grob 120 et PC-21 à Cognac pour l’obtention du brevet de pilote. D’ici à février 2019, les écoles de formation du personnel navigant recevront 17 PC-21. Cet avion embarque un système d’armes garantissant un haut niveau de représentativité des missions tactiques, grâce à ses capacités de simulation air-air (tir de missiles et détecteur d’alerte) et air-sol (canon, tir de bombe en palier et en semi-piqué). Il permet l’acquisition des bases d’un système d’armes, de son pilotage vers son management avec de nouvelles compétences, à savoir tête haute, liaisons de données et carte numérique. Enfin, 40 % de la formation sur PC-21 se fait sur simulateur au sol. En 2018, l’Ecole de Cognac forme 30 pilotes de chasse et 10 navigateurs officiers systèmes d’armes de l’armée de l’Air, 10 pilotes de chasse embarquée de la Marine nationale et 10 moniteurs de simulateur de vol. Les prévisions portent sur 25 instructeurs formés en juin 2019 et début de transformation des navigateurs officiers système d’armes en janvier 2020.

Une organisation étatique. Le besoin porte sur 11.000 heures de vol par an, indique l’ingénieur en chef Hermant. Le contrat unique du programme PC-21 a été notifié en décembre 2016 à l’entreprise Babcock Mission Critical Services France. De type location-vente, il prévoit un transfert à l’Etat, en 2022, des moyens de formation (avions, système de préparation et de restitution de mission et simulateurs), du soutien et des infrastructures.

Loïc Salmon

Armée de l’Air : « Pégase 2018 », projection lointaine dans le Pacifique

Armée de l’Air : l’appui aérien aux opérations terrestres




Défense : la jeunesse au cœur du lien Armées-Nation

L’existence d’une armée professionnelle repose sur la force de son lien avec la nation. Le ministère des Armées contribue à la cohésion nationale et l’éducation civique et citoyenne par son savoir-faire et son expertise.

Le général de corps d’armée Daniel Ménaouine, directeur du Service national et de la Jeunesse, l’a expliqué à la presse le 30 août 2018 à Paris.

Risques et menaces. Tout militaire performant, suivi dès son recrutement, l’aura été tout au long de sa carrière. Il se sera parfois senti étranger dans son propre pays et aura assisté à la banalisation du métier militaire, estime le général. Si gagner la guerre relève du domaine militaire, gagner la paix incombe au domaine civil. La population civile devient la cible directe de menaces évolutives, à savoir terrorisme et crises diverses (pandémie, environnement etc.). Une cité forte constitue le premier rempart contre ces menaces.

Actions ministérielles. Le ministère des Armées prend en charge une partie de la Garde nationale, créée en 2016 à la suite des attentats terroristes de 2015. A travers ses divers dispositifs, il traite environ 840.000 jeunes chaque année, soit l’intégralité d’une génération. En 2017, la Journée défense et citoyenneté a mobilisé 8.672 animateurs pour recevoir 786.515 jeunes. Un sondage montre que 87,81 % en ont été satisfaits, 69 % le sont encore de 6 à 12 mois après et 22,4 % ont exprimé leur intérêt pour la défense. Selon un autre (photo) cette journée améliore l’image des armées, pour 89,20 % d’entre eux au niveau national en 2014 puis pour 95,50 % en 2017. Le score passe de 89,2 % à 95,40 % en métropole et de 93,97 % à 97,21 % outre-mer. Selon une enquête réalisée fin 2017, 69 % des jeunes se disent intéressés par cette journée et 54 % par le bénévolat au sein d’une association ou d’une organisation. En outre, 70 % se déclarent prêts à donner leur vie pour la défense de la France. Le Plan égalité des chances, en vigueur depuis dix ans, vise notamment à diffuser l’esprit de défense et répondre au besoin d’engagement des jeunes. En 2017, 30.000 d’entre eux ont bénéficié de huit dispositifs : les classes défense et sécurité globales pour plus de 5.000 ; les cadets de la défense (accueil hors temps scolaire dans un cadre militaire pour des activités éducatives, culturelles et sportives) pour plus de 700 ; périodes militaires d’initiation ou de perfectionnement à la défense, plus de 12.000 toutes armées confondues ; 10.000 stages dans les armées, de la 3ème à bac +7 ; 360 places réservées aux élèves boursiers dans les lycées de la défense ; « cordées de la réussite », qui facilitent l’accès à l’enseignement supérieur quel que soit le milieu culturel, pour 2.056 lycéens à potentiel ; plus de 150 « réservistes locaux à la jeunesse et à la citoyenneté » chargés d’expliquer le Plan égalité des chances. Le Service militaire volontaire (SMV), qui vise à l’insertion socio-professionnelle de jeunes adultes de 18-25 ans en difficulté, leur propose 53 métiers. Depuis sa création en 2015, il a formé 1.874 jeunes, dont 843 en 2017. Le taux de féminisation atteint 21 % et celui de la réussite au permis de conduire 73 %. A raison d’un cadre pour quatre stagiaires afin de favoriser l’écoute et l’échange, le SMV a réalisé un taux d’insertion professionnelle de 72 % des stagiaires des deux premières promotions. La Commission armées-jeunesse, véritable incubateur d’idées, permet de comprendre les préoccupations de la jeunesse. Enfin, le général Ménaouine est rapporteur et l’unique militaire du groupe de travail (sept membres) sur le futur Service national universel obligatoire (un mois), approuvé par 54 % des jeunes.

Loïc Salmon

Défense : vers un renforcement du lien Armées-Nation

Garde nationale : catalyser les réserves militaires et civiles




Armée de l’Air : « Pégase 2018 », projection lointaine dans le Pacifique

La mission de projection de puissance aérienne « Pégase 2018 » (19 août-4 septembre), en Asie du Sud et du Sud-Est, vise à maintenir les aviateurs expérimentés en condition opérationnelle et à entraîner les jeunes dans un dispositif complexe.

Le général de corps aérien (2S) Patrick Charaix, qui la conduit, l’a présentée à la presse le 7 juin 2018 à Paris. En effet, les officiers généraux en 2ème section peuvent être rappelés pour une mission ponctuelle, en fonction de leurs compétences et de leur disponibilité.

Projection d’envergure. Pégase 2018 consiste à ramener, d’Australie en France, des moyens aériens composés de : 90 aviateurs ; 3 Rafale B ; 1 ravitailleur C135FR sur certaines étapes ; 1 avion de transport tactique A400M ; 1 avion multi-rôles A310 ; 40 t et 190 m3 de lot technique et de fret. Ces moyens avaient été envoyés en Australie pour participer à l’exercice « Pitch Black » (présenté plus loin). Pégase 2018 montre que l’armée de l’Air peut déplacer un dispositif contraignant et contribuer à valoriser l’industrie aéronautique de défense de la France et à renforcer sa présence dans cette zone d’intérêt stratégique, explique le général Charaix. Les escales permettent de développer l’interopérabilité avec les forces aériennes des partenaires régionaux, à savoir l’Australie, l’Indonésie, la Malaisie, Singapour et l’Inde. Le dispositif aérien, gardé aux escales par des fusiliers-commandos de l’Air, atterrit sur des terrains peu connus et ne peut se permettre une panne de plus de 24 heures, d’où l’importance de l’A400M pour le transport logistique. Les coopérations locales facilitent, le cas échéant, les opérations de recherche et de sauvetage. Par ailleurs, l’armée de l’Air dispose de moyens prépositionnés en permanence dans la zone Indo-Pacifique : détachement air 181 avec des avions de transport tactiques Casa CN-235 de l’ET 50 « Réunion » à La Réunion ; base aérienne 188 avec les Mirage 2000-5 de l’EC 3/11 « Corse » et les avions de transport tactique C160 Transall et hélicoptères Puma de l’ET 88 « Larzac » à Djibouti ; base aérienne 104 avec les Rafale de l’EC 1/7 « Provence » à Al Dhafra aux Emirats arabes unis ; base aérienne 186 avec les Puma et Casa CN235  de l’ET 52 « Tontouta » à Nouméa en Nouvelle-Calédonie ; détachement air 190 avec les Casa CN235 de l’ET 82 « Maine » à Tahiti en Polynésie française.

« Pitch Black ». Les 3 Rafale, l’A400M et le C135FR sont partis de France le 20 juillet pour atteindre les Emirats arabes unis. Ensuite, un avion MRTT australien a ravitaillé les Rafale et l’A400M jusqu’à Singapour. Finalement, le groupe aérien a atterri en Australie, où les a rejoints un Casa CN235 venu de Nouvelle-Calédonie, pour participer à l’exercice biennal « Pitch Black ». Du 27 juillet au 17 août, les bases aériennes de Darwin et Tindal ont accueilli 140 aéronefs de 16 pays : pays régionaux déjà cités ; Allemagne ; Canada ; Corée du Sud ; Japon ; Nouvelle-Zélande ; Pays-Bas ; Philippines ; Suède ; Thaïlande ; Etats-Unis. Les équipages se sont entraînés à la mission d’entrée en premier sur un théâtre face à un Etat-puissance, dans un environnement tactique non permissif et réaliste. « Pitch Black » a consisté à planifier, exécuter et débriefer des missions complexes. Il a mis en œuvre un avion d’alerte avancée AWACS et a inclus ravitaillements en vol, aérolargages, leurres, équipements infrarouges et bombardements réels. Les manœuvres ont été mémorisées à bord des avions pour faire « rejouer » les participants au retour. Enfin, les pilotes ont pu échanger leurs retours d’expériences (Mali pour les Français).

Loïc Salmon

Marine nationale : « Jeanne d’Arc 2018 », missions opérationnelles et de formation

Asie-Pacifique : la France partenaire de sécurité




Marine nationale : les enjeux de la Nouvelle-Calédonie

L’action de l’Etat au large de la Nouvelle-Calédonie, qui mobilise des moyens aériens et navals, exprime la souveraineté de la France. Elle nécessite une coopération avec les pays voisins, notamment contre les bateaux de pêche étrangers en situation irrégulière.

Le capitaine de vaisseau Jean-Louis Fournier, commandant de la zone maritime de Nouvelle-Calédonie (ZMNC), l’a expliqué à la presse le 21 juin 2018 à Paris. Conseiller du haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, il est aussi « adjoint mer » du commandant des Forces armées de Nouvelle-Calédonie dans leur zone de responsabilité permanente.

L’action de l’Etat en mer. La ZMNC couvre le quart de la surface du globe. En raison de son insularité généralisée, un trajet de 3 heures de vol correspond à 3 jours de mer. La zone économique exclusive de la Nouvelle-Calédonie s’étend sur 1,6 Mkm2 et celle de Wallis et Futuna sur 265.000 km2. Les forces armées contribuent à l’action de l’Etat en mer pour faire respecter les lois dans les eaux sous souveraineté française, à savoir la protection de l’environnement, la sauvegarde des personnes et des biens et la lutte contre les trafics illicites. Cela implique de savoir ce qui s’y passe, de travailler en interministériel et d’agir à la hauteur de la menace. En conséquence, il faut adapter le dispositif d’intervention, concentrer des moyens aéromaritimes et coordonner l’intervention en mer avec des capacités de traitement à terre. La sécurité maritime régionale est assurée par une organisation quadrilatérale regroupant les Etats-Unis, la France, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Cette dernière va fournir des patrouilleurs et des avions de surveillance maritime aux petits pays du Pacifique-Sud, à savoir les îles Salomon, Vanuatu et Fidji. En outre, les forces armées françaises ont noué des partenariats internationaux avec leurs homologues australiennes et néo-zélandaises (Accord FRANZ) ou travaillent dans le cadre d’organisations internationales comme la Pacific Islands Forum Fishheries Agency.

 « Uatio ». L’opération « Uatio » en ZMNC vise à préserver la filière pêche locale, faire respecter la réglementation pour la protection de la richesse halieutique et mettre un terme aux pêches illicites. Sa 10ème édition s’est déroulée, du 27 novembre au 5 décembre 2017. Des bateaux de pêche vietnamiens de 25 m de long, peints en bleu, effectuent 30 à 40 jours de navigation pour récupérer, au fond de la mer, des « holothuries » (concombres de mer) mettant ainsi en péril l’écosystème. Animal marin, au corps mou et doté de tentacules autour de la bouche, l’holothurie se vend 1.000 $ le kg sur le marché chinois. En coopération interministérielle, Uatio 10, véritable opération militaire, a mobilisé un avion de surveillance maritime Gardian, pour détecter deux bateaux bleus, la frégate Vendémiaire et la vedette côtière Dumbéa pour les intercepter et les accompagner à Nouméa. Il s’agit de supprimer toute rentabilité aux incursions : confiscation de la pêche estimée à 140.000 $ ; condamnation immédiate des capitaines à des peines de prison ferme ; renvoi des équipages au Viêt Nam ; déconstruction des bateaux dans un chantier de Nouméa, qui emploie des jeunes Néo-Calédoniens. Les 70 données d’Uatio 10 ont été envoyées au Secrétariat général de la mer, rattaché au Premier ministre, afin que le ministère des Affaires étrangères adresse une protestation officielle au Viêt Nam et un « carton jaune » (blâme) à l’Union européenne, qui revend les holothuries pêchées par les bateaux bleus.

Loïc Salmon

Marine nationale : la police en mer, agir au bon moment et au bon endroit

Asie-Pacifique : zone d’intérêt stratégique pour la France




Troupes de montagne : dominer le terrain puis l’adversaire

La 27ème Brigade d’infanterie de montagne (BIM) fête ses 130 ans. Elle a accumulé des savoir-faire, qu’elle déploie dans les zones en conditions climatiques extrêmes et au relief escarpé, fréquentes dans les conflits.

Son commandant, le général Vincent Pons, en a présenté la singularité à la presse, le 5 avril 2018 à Paris, à l’occasion de l’exercice hivernal majeur « CERCES 2018 » du 23 au 26 avril.

La verticalité, expertise de combat. « CERCES 2018 » s’est déroulé sur le grand champ de tir des Alpes, dans la zone des Rochilles-Mont Thabor (frontière franco-italienne). Environ 600 soldats de la BIM ont été renforcés par des éléments du 511ème Régiment du train et du 7ème Régiment du matériel. Pour la première fois, des hélicoptères Tigre de la Brigade d’aérocombat ont participé à cet exercice et tiré au canon de 30 mm. Pour s’entraîner, les soldats de la BIM effectuent des raids de deux à trois semaines dans le Groenland et en Islande, en vue des grands exercices OTAN en Norvège. La BIM, héritière des troupes de montagne créées en 1888 pour défendre les Alpes face à la menace italienne de l’époque, a été déployée sur divers théâtres depuis la fin de la guerre froide (1947-1991) : Bosnie (1995) dans le cadre d’une opération de maintien de la paix de l’ONU ; Afghanistan (2008-2010) dans celui de la lutte contre le terrorisme en tant que composante au sol d’un groupement tactique hélicoptères. Aujourd’hui, indique le général Pons, elle est engagée dans l’opération « Barkhane » au Sahel selon un dispositif similaire. Pendant l’opération « Chammal » contre Daech en Irak, elle a participé à la reconquête de Mossoul au sein de la Task Force « Wagram » (canons Caesar). Ses véhicules de haute mobilité ont été récemment déployés en Estonie. Enfin, ses soldats participent à l’opération « Sentinelle » à Paris, en province et aux frontières montagneuses avec l’Italie. Par ailleurs, une dizaine d’alpinistes de haut niveau expérimentent les conditions extrêmes pour transmettre leurs savoir-faire aux forces spéciales. Lors des jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud (2018), les 18 militaires de la participation française (100 athlètes) ont remporté la moitié des médailles.

Interventions intégrées. La 27ème BIM, intégrée depuis 2016 à la 1ère Division « Scorpion », doit concevoir et conduire la manœuvre interarmes de ses unités dans des cadres interarmées et interalliés. Forte de 6.500 soldats de montagne, elle dispose d’une réserve opérationnelle d’environ 1.000 personnels et destinée surtout aux missions sur le territoire national. Installée à Varces (Isère), elle compte 4 capacités opérationnelles : infanterie avec les 7ème, 13ème et 27ème Bataillons de chasseurs alpins ; engagement blindé avec le 4ème Régiment de chasseurs ; feux dans la profondeur, défense sol-air et renseignement avec le 93ème Régiment d’artillerie de montagne ; appui génie avec le 2ème Régiment étranger de génie. En outre, les 200 commandos de montagne, issus de toutes ces unités, peuvent être employés pour des missions d’appui à l’engagement, de renseignement et de combat dans les milieux montagneux et polaires. La 27ème BIM dispose d’un centre de formation initiale pour les militaires du rang et d’une école pour la promotion des sous-officiers et la formation des cadres et experts. Son groupe militaire de haute montagne développe l’expertise, l’expérimentation et le rayonnement. Enfin, son groupement d’aguerrissement prépare toutes les unités de l’armée de Terre au combat en montagne et aux tirs en neige.

Loïc Salmon

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Armement : baisse de 50 % des exportations françaises en 2017

Les prises de commandes d’armements français à l’export ont atteint 6,9 Mds€ en 2017, selon le rapport du ministère des Armées remis au Parlement le 4 juillet 2017. Elles se montaient à 14 Mds€ en 2016 et 16 Mds€ en 2015.

En préambule, la ministre des Armées, Florence Parly, souligne la vigilance de l’Etat dans la protection des savoir-faire de la France en matière d’exportations d’armement et du soutien à son autonomie stratégique. Cette vigilance s’exerce du contrôle de la fabrication des matériels de guerre à celui, a posteriori, des exportations, moyen de lutter contre la prolifération des armes de destruction massive et de prévenir la dissémination des armements conventionnels.

Bilan des exportations. L’année 2017 a été nettement moins favorable que la précédente pour les ventes d’armement. L’incertitude des élections présidentielle et législatives en France a incité les partenaires traditionnels de la France à attendre la tendance générale qui en résulterait, avant de s’engager sur des prises de commandes. En outre, suite à la baisse des prix du pétrole, la plupart des pays producteurs ont subi un ralentissement économique et ont reporté des acquisitions de systèmes d’armement. Par ailleurs, certains grands contrats signés en 2017, comme l’achat de 12 Rafale supplémentaires par le Qatar, n’entrent en vigueur qu’en 2018. Les missiles destinés aux Marines étrangères et les hélicoptères ont représenté plus de la moitié des ventes à l’export. En 2017, le Proche-Orient et le Moyen-Orient ont cumulé un peu plus de 60 % des exportations françaises d’armement. La zone Asie-Pacifique arrive à la deuxième place avec 17 % des commandes, alors qu’elle occupait la première en 2016 grâce la vente de 36 Rafale à l’Inde. Viennent ensuite l’Europe et le continent américain.

Capacités militaires accrues. Première puissance militaire, les Etats-Unis effectuent 40 % des dépenses mondiales. Après plusieurs années de baisse pendant la période 2008-2016, le budget du ministère de la Défense s’élève à 598,5 Mds$ pour l’année fiscale 2017, soit 20 Mds$ de plus que la requête initiale de l’administration Obama. En outre, l’administration Trump prévoit 639,1 Mds$ pour 2018 et 686 Mds$ pour 2019. Très engagée dans la modernisation des capacités de ses forces armées (armement, formation et entraînement) et désireuse de rattraper son retard technologique, la Chine devrait doubler son budget militaire d’ici à 2020. Ce dernier pourrait alors dépasser celui, cumulé, des 28 Etats membres de l’Union européenne (UE). En 2030, les dépenses militaires de la Chine devraient être supérieures à celle de tous les autres pays d’Asie (Inde et Japon compris). Asie et Moyen-Orient ont concentré près des trois quarts des importations mondiales d’armement entre 2012 et 2017. La zone Asie-Pacifique, qui consacre déjà plus de moyens à la défense que l’UE, ont augmenté leurs dépenses militaires de 5 % par an entre 2013 et 2016 afin, notamment, de développer des capacités navales et aériennes de projection. Cette militarisation de la zone résulte des contentieux territoriaux en mer de Chine, attisés par l’affirmation de puissance de Pékin, et des provocations nord-coréennes (tirs de missiles et essais nucléaires), actuellement suspendues. Les 27 pays membres de l’Agence européenne de défense (les 28 de l’UE moins le Danemark) ont augmenté leurs dépenses militaires de 9 % entre 2013 et 2016, dont une hausse de 23 % pour les investissements (achats d’équipements et recherche et développement) entre 2014 et 2016.

Loïc Salmon

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