Renseignement : la DRSD, renseigner pour protéger

La Direction du renseignement et de la sécurité de défense (DRSD) détecte les vulnérabilités des personnels du ministère des Armées, des entreprises et des laboratoires de recherche liés à la défense, afin d’assurer leur protection.

Son directeur, le général de corps d’armée Philippe Susnjara, l’a expliqué à la presse le 10 avril 2025 à Paris. Dans le cadre de la fonction stratégique « connaissance et anticipation », la contre-ingérence militaire, composante du renseignement, tente de prévenir tout acte hostile visant à porter atteinte aux intérêts de la France ainsi qu’à sa défense et son secret, autrement que par la confrontation directe.

Les menaces. Vulnérabilités et menaces sont croisées sous le signe « TESCO » pour terrorisme, espionnage, sabotage, subversion et crime organisé. Le contexte sécuritaire se caractérise d’abord par la radicalisation de la société avec des mouvements et des groupuscules de plus en plus violents liés à l’islam radical et aux tentatives d’attentats terroristes ou à ceux qui ont réussi. Cette tendance touche tous les mouvements religieux, idéologiques (complotistes) ou politiques (ultra-droite, ultra-gauche et écologistes radicaux). Ces différents types de lutte tendent à converger, notamment les groupuscules antimilitaristes et les mouvements propalestiniens ciblant des entreprises de la Base industrielle et technologique de défense (BITD). Par ailleurs, le retour des États puissances se manifeste par leur désinhibition générale pour agir et s’intéresser particulièrement à l’organisation de la défense de la France et ses capacités militaires et aux technologies de rupture, dont l’intelligence artificielle et le quantique (nanotechnologies). Certains agissent pour conserver leur avance, d’autres pour rattraper leur retard. Tous les États font l’objet d’ingérence, surtout dans le domaine économique. Toutefois, le niveau d’agressivité et les modes d’action varient. Cela va de l’intrusion de nuit dans un local fermé, pour y photocopier des documents confidentiels, à l’application de lois extraterritoriales (États-Unis et Chine). La révolution technologique exacerbe ces menaces, car le cyber, devenu espace de confrontation, offre de nouveaux modes d’actions en tant que caisse de résonnance de l’émotion et de la réputation. Cela va du logiciel (israélien) Pegasus, pour espionner les smartphones, à « l’ingénierie sociale » via les réseaux sociaux. Ainsi, une veille assidue sur Instagram (américain) permet de connaître l’adresse personnelle d’un internaute, son lieu de travail, sa famille, ses habitudes, ses activités de loisirs et ses prédilections de voyages. Par ailleurs, la guerre en Ukraine (depuis février 2022), les tensions et conflits chroniques aux Proche et Moyen-Orient ainsi que la compétition économique accrue, avant même la guerre commerciale déclenchée par la nouvelle administration américaine (depuis avril 2025), intensifient d’autres menaces. L’espionnage classique consiste en survols d’endroits sensibles par des drones, vols d’ordinateurs ou de téléphones portables et intrusions. Le regroupement de multiples petites informations donne des renseignements sérieux. Ainsi, la Russie s’intéresse à tout ce qui touche à la formation des Ukrainiens dans les pays occidentaux, aux grands exercices de l’OTAN et aux salons internationaux d’armement. En outre, la subversion vise à briser le lien de confiance entre l’État et son armée, entre l’armée et les citoyens, entre les autorités politiques et militaires, entre le soldat et ses matériels. Les mouvements extrémistes, cités plus haut, s’attaquent à la réputation par des actions symboliques (tags sur les murs ou tracts autocollants). Au niveau étatique, la Russie riposte par des actions d’influence à toute annonce considérée comme hostile dans le cadre du conflit en Ukraine. Elle bloque l’accès au portail internet d’entreprises associées à l’Ukraine ou en dénie les services. Sa société paramilitaire privée Wagner a procédé à des attaques informationnelles contre la France au Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger) durant l’opération « Barkhane » (terminée en 2022). Des actes de sabotage contre des entreprises de défense ont été revendiqués sur les réseaux sociaux.

La BITD ciblée. Le domaine spatial, l’aéronautique et les technologies de rupture représentent plus de 50 % des domaines qui intéressent les pays compétiteurs de la France. Parmi les technologies de rupture figurent la lutte anti-mines et l’étude des grands fonds marins, futurs théâtres possibles d’affrontement. Les industries duales, souvent réalisées dans l’écosystème des startups, suscitent aussi beaucoup d’intérêt à l’étranger et sont donc suivies par la DRSD et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Il en est de même pour les salons internationaux du Bourget, pour l’aéronautique et l’espace, Euronaval et Eurosatory. La volonté d’agents étrangers de capter des informations s’y manifeste par les prises de vues de maquettes ou des questions trop précises sur les caractéristiques des produits et leurs modes de fabrication.

Les armées. Dans tous les pays occidentaux et surtout en Grande-Bretagne et en France, des cadres militaires spécialisés ayant quitté les armées ont été embauchés par la Chine comme instructeurs. En 2022, aucun pays membre de l’OTAN ne disposait d’outils réglementaires ou législatifs pour les en empêcher. En France, à l’issue de travaux de réflexions, l’article 42 de la loi de programmation militaire 2024-2030 empêche la transmission de savoirs stratégiques dans les domaines d’excellence françaises à des puissances étrangères. Il permet au ministre des Armées de s’opposer à ce qu’un militaire ou un expert civil exerce une activité au profit d’une puissance étrangère. Les personnes ayant exercé des fonctions sensibles doivent, après les avoir cessées, faire une déclaration de leurs activités pendant dix ans. Lors des grands déplacements de l’armée de l’Air et de l’Espace (missions « Pégase ») et du groupe aéronaval (missions « Clemenceau »), la DRSD sensibilise les personnels et le commandement à la contre-ingérence et prépare les escales en amont avec l’ambassade de France et les acteurs portuaires pour évaluer les zones sensibles et les vulnérabilités particulières. Enfin, pour protéger les forces armées, la DRSD poursuit ses échanges avec les services des renseignement étrangers, prioritairement européens dont ceux d’Europe de l’Est (Pologne, Estonie et Roumanie), où sont stationnées des forces françaises.

L’action de la DRSD. L’effectif de la DRSD, qui se monte à 1.600 personnes en 2025, doit passer à 1.700 en 2O30 et son budget de 25 M€ à environ 30 M€. Les analystes du renseignement sont recrutés parmi les juristes, les diplômés en sciences politiques ou intelligence économique et les techniciens parmi les développeurs en informatique et autres métiers originaux. Ainsi avant chaque réunion confidentielle de défense, le « dépoussiéreur » vérifie que la salle n’est pas truffée de micros, caméras ou traceurs GPS dans les murs, faux plafonds, ampoules ou prises électriques. Par ailleurs, l’intelligence artificielle et les outils combinatoires croisent des informations pour détecter des signaux faibles et des comportements atypiques, afin d’anticiper une menace future. La meilleure protection nécessite de lever toute barrière entre le physique, le cyber, le droit et l’informationnel. Par exemple, derrière une simple caméra de surveillance (physique), se trouve un logiciel d’exploitation (cyber). En lien avec la DGSI et la Préfecture de police, la DRSD entretient des relations régulières avec les entreprises, afin de sensibiliser les exposants des salons d’armement aux ingérences étrangères. Elle procède à toutes les enquêtes administratives pour les habilitations « secret » et « très secret défense » (500.000 par an) pour l‘accès aux zones protégées ou réservées et sur le besoin d’en connaître, afin de détecter les vulnérabilités éventuelles des personnes concernées. Enfin, sa base de données est régulièrement contrôlée par la Commission nationale de l’informatique et des libertés.

Loïc Salmon

Marine nationale : acquérir la maîtrise des grands fonds marins

Renseignement : anticiper la surprise stratégique

DGSE : le renseignement à l’étranger par des moyens clandestins




Alain le Rebeller, titulaire de la croix de la Valeur militaire

Comme de nombreux médecins de sa génération, Alain Le Rebeller, né en 1932, fut appelé en Algérie. Affecté au 2ème Régiment de chasseurs d’Afrique (2ème RCA), Alain a rejoint en août 1960 le 4ème escadron dans l’Ouest sud-oranais à El Aricha, Sidi Djillali et Mokhfi, près de la frontière algéro-marocaine et de son barrage électrifié. 

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511ème Régiment du train

Le 511ème Régiment du train est l’héritier du Groupe de transport 511 (GT 511) titulaire de la croix de Guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec étoile de d’argent.

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Commando Marine Hubert

Le Commando Hubert est titulaire des croix de Guerre des Théâtres des opérations extérieurs et de la Valeur militaire.

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Bannières-de-Bigorre | Septembre 2024

 

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Régiments et bases du matériel

Histoire et tradition des soldats maintenanciers

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L’armée de l’Air dans la libération de la France (1944-1945)

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357 | Dossier : Diplomatie aérienne

Dossier : « Diplomatie aérienne »

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AAE : participation à la protection de l’espace aérien des pays baltes

Dans le cadre du renforcement de la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN, l’Armée de l’Air et de l’Espace (AAE) contribue à la police du ciel en Lituanie, Estonie et Lettonie dans le respect du droit international et de la liberté de circulation, mais en évitant toute escalade.

De décembre 2024 à fin mars 2025, l’AAE a participé au dispositif « enhanced Air Policing » (eAP) sur la base aérienne de Siauliai (Lituanie), conjointement avec l’Italie, qui en assuré la conduite. Le général de division aérienne Xavier Buisson, commandant en second du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes, a présenté « l’eAP 67 » le 3 avril 2025 à Paris, qu’a complété le témoignage du commandant Mathieu, chef du détachement, par visioconférence assurée depuis Siauliai.

La police du ciel. Depuis 2004, l’OTAN assure les missions « Baltic Air Policing pour garantir l’intégrité de l’espace aérien balte en temps de paix, indique le général Masson. En 2014 après l’annexion de la Crimée par la Russie, l’OTAN met en œuvre les missions « eAP » de sûreté aérienne vis-à-vis des pays baltes. Celle qui s’est terminée le 31 mars 2025, dénommée « eAP 67 » constitue la 11ème participation de la France et le 8ème déploiement en Lituanie. Ce dernier s’est déroulé sous deux demi-mandats : le « Block eAP 67-1 », constitué de 4 Rafale B de la 2ème Escadre de chasse partis de la base 113 de Saint-Dizier ; le « Block eAP 67-2 », constitué de 4 Rafale C de la 30ème Escadre de chasse stationnée à la base 118 de Mont-de-Marsan. Chacun a mobilisé une centaine d’aviateurs, à savoir pilotes, mécaniciens, pompiers de l’air, fusiliers commandos, équipe médicale et spécialistes du renseignement et de la logistique. Le bilan s’établit à : 311 sorties en tout ; 497 heures de vol au-dessus de l’espace aérien balte ; 262 « Tango Scramble » (alerte d’entraînement) ; 18 « Alpha Scramble » (alerte réelle) ; 10 interceptions réelles d’aéronefs russes (voir plus loin) ; vols d’entraînement réguliers avec les nations alliées de l’OTAN pour renforcer l’interopérabilité. Au cours de ces derniers, un déploiement « ACE » pour « Agile Combat Employment » s’est déroulé du 24 au 28 février 2025 sur la base suédoise de Lulea avec 11sorties. Cela consiste à envoyer quelques avions faire escale dans un pays de l’OTAN avant de poursuivre leur mission ne nécessitant donc peu d’empreinte logistique. La Pologne et la Roumanie ont pris la relève « eAP 68 ».

Le vécu de « l’eAP 67 ». La Lituanie occupe une position stratégique entre la Biélorussie, l’enclave russe de Kaliningrad, et la Russie, rappelle le commandant Mathieu. L’opération « eAP 67 » était dirigée depuis une base aérienne en Allemagne, mais l’activité tétait coordonnée en Lituanie par les Pays-Bas, l’Italie et la France. Il a fallu déterminer les semaines « hot » d’astreinte pour le décollage effectif des avions en 15 minutes, et les semaines « cold » d’astreinte pour armer les avions et les avoir en vol en 180 minutes maximum, en vue d’une interception potentielle. La France et l’Italie étaient toujours en « hot » à la base de Siauliai et les Pays-Bas en « cold » à celle d’Amari en Estonie. Les équipages tournaient tous les jours pour maintenir une alerte permanente et s’entraîner. Le comportement douteux d’un aéronef entraîne l’alerte à 15 minutes ou une reprogrammation en vol durant un entraînement avec passage en régime d’alerte réelle. L’interception programmée consiste à aller voir ou identifier un aéronef s’approchant de l’espace aérien des pays baltes ou même le mettant en danger. Un comportement devient douteux s’il n’est pas conforme à son plan de vol ou ne respecte pas les ordres des centres baltes de contrôle aérien. La majorité des interceptions réelles a concerné des avions de transport russes faisant la liaison entre Kaliningrad et Saint-Pétersbourg. Toutefois, l’une a visé un Iliouchine II-20 de reconnaissance et de renseignement d’origine électromagnétique.

Loïc Salmon

DGA et AAE : défense aérienne et anti-missile non intercontinental

Ukraine : les enseignements de trois ans de guerre

AAE : préparation à la guerre de haute intensité au niveau OTAN




Exposition « Un exil combattant, les artistes et la France 1939-1945 » aux Invalides

Pendant la seconde guerre mondiale, des scientifiques, des intellectuels et des artistes français ou étrangers francophones fuient la France occupée et émigrent en Angleterre, Australie, Afrique et Amérique du Sud ou aux États-Unis pour y poursuivre, à leur manière, le combat pour la liberté et la dignité humaines.

La lutte culturelle. Ils veulent mobiliser l’opinion publique de pays neutres ou alliés à la cause de la résistance au nazisme et au régime collaborationniste de Vichy. La résistance culturelle s’exerce aussi dans les territoires français d’Asie, d’Afrique et d’Océanie ralliés à la France libre et où se maintient une permanence de la tradition française de liberté d’action et de création. Dès 1941 à Londres, le Comité national français, embryon d’un gouvernement en exil, crée le service de l’Instruction publique chargé de toutes les questions scolaires et universitaires au bénéfice des Français libres expatriés et au sein des territoires ralliés. Ce service, présent dans divers organismes culturels internationaux dont le Comité des ministres alliés de l’Éducation, organise aussi des expositions, concerts, représentations théâtrales, colloques et conférences. Face à la précarité de son statut et au manque de moyens, la France libre délègue et endosse ces initiatives. Son chef, le général Charles de Gaulle, encourage sa mission militaire à Washington à « faire beaucoup avec peu et en partant de presque rien ». Son rayonnement culturel repose sur des réseaux académiques et artistiques existants ou créés à cet effet. Entre tradition et innovation, les artistes et intellectuels français réussissent à tisser un lien puissant entre patrimoine national et aspirations contemporaines.

La communication. La reconnaissance du général de Gaulle comme « chef des Français libres » par le gouvernement britannique permet la création d’une administration civile et militaire. Jusqu’à la libération du territoire français en 1944, la liaison avec la Résistance intérieure et la France occupée s’organise depuis Londres. Même si l’appel radiophonique du général de Gaulle le 18 juin 1940 a été, de fait, très peu entendu, la « radio de Londres » devient très vite un espoir grâce aux émissions en français de deux services. L’émission « Les Français parlent aux Français », créée dès le 14 juillet, dépend directement des autorités britanniques. A partir du 18 juillet, la France libre reçoit un temps d’antenne pour l’émission « Honneur et Patrie », dont l’animateur doit faire valider ses textes. Il s’ensuit des heurts en fonction des relations, parfois houleuses, entre le général de Gaulle et les dirigeants britanniques. Pour alimenter cette émission et favoriser les relations avec la presse clandestine, la France libre se dote d’un important service de communications et de documentation en lien direct avec ses propres services de renseignement. Les nombreux. Journaux clandestins, dupliqués et parfois transposés sur d’autres supports (dont des foulards), sont présentés à l’étranger en tant que signe de l’existence d’une résistance intérieure et de la diversité des courants d’opinion représentés par la France libre. A la suite des débarquements des Alliés en Normandie (6 juin 1944) et en Provence (15 août), la station radiophonique britannique publie une brochure intitulée « Voici la BBC » pour faire découvrir les coulisses de ses émissions, de son organisation et de son fonctionnement à ses auditeurs. Elle incite ainsi les lecteurs-auditeurs à poursuivre leur écoute après la guerre, grâce à ses émissions quotidiennes à travers l’Europe. Les paroles du « Chant des partisans », véritable hymne de la Résistance composé en mai 1943, sont diffusées sur des tracts largués sur la France occupée par des avions militaires britanniques. En septembre, elles sont publiées dans le premier numéro des Cahiers de la Libération sous le titre « Les partisans (chant de la Libération) ». Après la guerre, le chant conserve une grande popularité et constitue encore un hommage aux résistants et un symbole de lutte et d’espoir. Son manuscrit, présenté à l’exposition, a été classé monument historique en 2006. De nombreuses institutions, associations ou syndicats des pays alliés apportent leur soutien à la France libre et à la Résistance française, dont les résolutions traduites en français sont imprimées sur des tracts destinées à être parachutés. Les brochures de propagande de la France libre visent à la légitimer comme un pays à part entière au même titre que les États-Unis, la Grande-Bretagne et, à partir de 1941, l’URSS. Des artistes et des dessinateurs coopèrent par la réalisation d’affiches (photo, œuvres de Natacha et Jean Carlu). A Londres, le joailler Cartier réalise des bijoux, supports de messages adaptés aux pays où ils sont proposés à la vente. Les produits dérivés, à savoir jeux de cartes, paquets de cigarettes, timbres et objets divers, contribuent à la communication auprès des militaires et des civils, hommes et femmes. Aux États-Unis, le comité « France Forever », constitué en 1940, les crée, les vend et en reverse les bénéfices à la France libre. Son service cinématographique organise un festival permanent du film français à New York. A partir du 3 juin 1942, tous les mouvements de la Résistance intérieure reconnaissent officiellement l’autorité du Comité national français et, le 13 juillet, la « France libre » devient la « France combattante » qui, elle aussi, produit des films de propagande où sont mobilisés des artistes français.

L’exil. Quitter la France nécessite financements, références, contacts, patience, courage, témérité et…chance ! Entre juillet 1940 et juin 1941, des réseaux organisent les transferts de 5.000 personnes vers les États-Unis, via la Martinique, au départ de Marseille et de Casablanca (Maroc). Plus souvent à bord de cargos que de paquebots, le voyage ne garantit guère la destination prévue. Entre 1940 et 1942, environ 9.000 Français émigrent aux États-Unis. Tous ces exilés volontaires ne comptent pas s’installer défectivement aux États-Unis et veulent rentrer en France dès la victoire espérée et attendue. Toutefois, la France libre manque de la reconnaissance officielle des autorités américaines, car certains exilés français restent favorables au gouvernement de Vichy. Grâce à l’appui des intellectuels et des artistes et le soutien des médias et du comité France Forever, la sympathie envers elle s’accroît. En continuant à créer, notamment en Amérique du Sud et du Nord, les artistes exilés maintiennent une culture cosmopolite, contribuant à transformer New York et Los Angeles en nouveaux centres artistiques mondiaux. La présence d’un important lectorat potentiel francophone dans les pays d’accueil favorise la naissance des maisons d’édition et la constitution d’un réseau éditorial. Entre 1940 et 1944, environ 240 livres en français sont publiés aux États-Unis, 182 au Brésil et 66 en Argentine. Entre 1940 et 1942, plus d’une centaine d’universitaires et de biochimistes, physiciens, anthropologues et philosophes parviennent à entrer aux États-Unis. Mais des scientifiques, exclus des programmes américains de défense, poursuivent leurs travaux sur la radioactivité en Grande-Bretagne et au Canada.

L’héritage. Malgré ses difficultés à s’imposer comme un acteur du concert diplomatique à la fin de la guerre, la France accueille à Paris l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture), fondée le 16 novembre 1945. Les Français libres Henri Laugier (physiologiste) et René Cassin (juriste) participent à la commission américaine préparatoire à la création, en 1946, de la Commission permanente des droits de l’homme à l’origine de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par l’ONU en 1948.

Loïc Salmon

L’exposition « Un exil combattant » (26 février–22 juin 2025), organisée par le musée de l’Armée, se tient aux Invalides à Paris. Elle présente des dessins, tableaux, affiches, photographies, bijoux, insignes et documents. Des conférences, visites guidées, et projections de films sont prévus. Renseignements : www.musee-armee.fr.

Un exil combattant, les artistes et la France 1939-1945

Exposition « Churchill-De Gaulle » aux Invalides

Expositions « Comme en 40 » et « 1940 ! Paroles de rebelles » aux Invalides