Afghanistan : laboratoire européen contre IED

Un laboratoire expérimental européen d’analyse scientifique des engins explosifs improvisés (IED), entré en service en août 2011 au camp Warehouse de Kaboul, a été présenté à la presse le 29 septembre 2011 à Paris par l’Etat-major des armées.

L’Agence européenne de défense a investi 1 M€ dans la réalisation de ce laboratoire, dont la France est nation-cadre avec délégation de commandement des autres pays européens engagés. Ce laboratoire est intégré à la Task Force Paladin, spécialisée dans la lutte contre les IED au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). Cinq autres laboratoires, américains, contre IED sont déjà opérationnels en Afghanistan. Leur objectif est de déterminer l’origine et la chaîne de production en amont des IED pour les neutraliser. Les laboratoires travaillent en coopération avec des unités afghanes de lutte contre les IED, issues de la Direction nationale de la sécurité et des ministères de la Défense et de l’Intérieur.

Dans le laboratoire européen, une quinzaine de personnels (français, espagnols, polonais, américains et néerlandais) recueillent les IED saisis et les retours d’expériences des soldats de la coalition. Tous les éléments matériels sont photographiés et analysés pour en déterminer le fonctionnement, la composition et l’origine des ingrédients.

Plusieurs types d’analyses sont pratiquées : chimiques pour les composants souvent à base d’engrais disponibles dans le commerce ; biométriques pour relever les empreintes digitales et les traces d’ADN ; électroniques pour les cartes SIM des téléphones portables récupérés. Les données établies sont enregistrées et comparées avec celles existantes. Il s’agit ensuite d’anticiper les autres modes de mise à feu des IED.

Enfin, tout est archivé en vue de rédiger une documentation destinée aux personnels engagés sur le terrain.

Loïc Salmon




DGA : commandes de LRU, PVP, DRAC, SNA et MALE

La Délégation général de l’armement (DGA) a commandé divers équipements pour les armées au cours des six derniers mois (avril-septembre 2011).

Armée de Terre : le consortium franco-allemand (Thales, Cassidian, Sagem et Krauss Maffei Wegmann) a reçu notification d’un contrat portant sur 13 lance-roquettes unitaires (LRU) livrables en 2014. Le LRU permet d’effectuer, par tous temps, des frappes terrestres de précision métrique jusqu’à 70 km contre des objectifs ponctuels avec le minimum d’effets collatéraux. Il utilisera la roquette à charge explosive unitaire M31, dont 264 exemplaires seront livrés à partir de 2013. En outre, la société Panhard General Defense va livrer 200 petits véhicules protégés (PVP) supplémentaires, matériels déployés au Liban depuis fin 2009 et en Afghanistan depuis début 2010. Le PVP est un véhicule 4×4 aérotransportable blindé pour quatre passagers. Il est équipé d’une mitrailleuse de 7,62 mm, installée sur un tourelleau téléopéré de l’intérieur. Enfin, la société Cassidian va livrer, d’ici à 2013, des  petits « drones de renseignement au contact » (DRAC) supplémentaires (photo). La commande se compose de stations sol et de véhicules aériens. Le DRAC a une envergure de 3,60 m, une longueur de fuselage de 1,40 m et une masse maximale de 7,5 kg. Lancé à la main, il vole 90 minutes sur 10 km, de jour comme de nuit. Déployé en Afghanistan depuis octobre 2010, il transmet en temps réel les images et informations collectées.

Marine : la DGA a commandé, le 28 juin aux entreprises DCNS et Areva-Ta, le troisième sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) du programme Barracuda. Ce dernier compte six bâtiments, livrables entre 2017 et 2028 et qui remplaceront ceux de la classe Rubis actuellement en service. Capables d’embarquer des forces spéciales et leurs équipements, ils seront armés de la future torpille lourde Artemis, du missile antinavire Exocet et du futur missile de croisière naval.

Armée de l’Air : le ministre de la Défense Gérard Longuet a décidé, lors du comité ministériel d’investissements du 20 juillet, l’entrée en négociations avec la société Dassault Aviation en vue de fournir un nouveau système de drones de moyenne altitude et longue endurance (MALE) d’ici à 2014. Il s’agit d’une version francisée et évolutive du drone Heron TP, qui sera construit en coopération avec la société israélienne IAI. D’autres entreprises françaises seront impliquées en vue de structurer une filière industrielle destinée au futur système de drones MALE franco-britannique.

Loïc Salmon