Opex : le soldat au cœur du succès

« La qualité de l’engagement du combattant sur le terrain fait la différence entre les missions réussies et celles qui ne le sont pas », a déclaré le ministre de la Défense Gérard Longuet, à l’issue d’une table ronde sur ce thème tenue le 22 novembre 2011 à Paris.

L’engagement militaire, dit-il, implique une totale disponibilité avec les risques qui l’accompagnent. Au cours de la même table ronde, dix combattants de divers grades ont apporté leurs témoignages sur les principales opérations en cours ou engagées depuis l’automne 2010 en Afghanistan (opération « Pamir »), Libye (Harmattan ») et Côte d’Ivoire (« Licorne »). Le centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) travaille au profit de l’Etat-major des armées, dont le chef (CEMA) présente des options stratégiques à l’autorité politique. Les armées forment des modules adaptés aux missions en volume et capacité (cohérence d’effectifs et de moyens). « Il s’agit de bâtir une structure de commandement pour le CEMA, explique le général de brigade aérienne Jean Borel, adjoint planification au CPCO, cela n’exclut pas une dominante d’armée mais implique aussi les autres. Les armées entretiennent les compétences ».

Afghanistan : une formation opérationnelle spécifique rassemble les différentes spécialités afin de se roder à une procédure commune, déclare le lieutenant-colonel Stéphane Caffaro, officier adjoint du 21ème Régiment d’infanterie de marine et blessé le 18 septembre 2010 (voir revue téléchargeable N°304 juin 2011 p.18). Il s’agit de donner au GTIA (Groupement tactique interarmées des troupes françaises) de la province de Kapisa une grande cohésion et une force morale avant de projeter ses éléments dans un environnement hostile. Un blessé a la certitude que « l’institution mettra tout en œuvre pour l’évacuer, le soigner correctement et qu’il retrouve sa place dans son unité », dans la mesure du possible. La moyenne d’âge des blessés est de 30 ans ! « Il faut une culture de la réactivité pour aller projeter son savoir-faire n’importe où dans le monde en moins de 48 heures », souligne le sergent-chef Yann Baratte, contrôleur aérien avancé du commando parachutiste de l’air 20. Lors d’une attaque simultanée sur trois points contre une unité de la coalition par une trentaine d’insurgés, il s’est trouvé sous leur feu nourri alors qu’il guidait une patrouille d’hélicoptères français et américains pour les éliminer. « Après huit heures de combat et de feu, le silence est la plus belle récompense ». Pendant les trois semaines qui ont suivi, pas un seul coup de feu n’a été tiré dans la vallée. « Quand on est bien entraîné, on n’a pas peur. La peur de mourir, on l’a après, quand tout se calme ».

Libye : le lieutenant-colonel Loïc Rullière, pilote de Rafale et commandant l’escadron de chasse 1/7 « Provence », a dirigé la première patrouille de la première vague, en protection de la deuxième vague de Rafale et de Mirage 2000 qui devait aller loin dans la profondeur du territoire libyen. Son unité, basée à Solenzara (Corse) est en alerte : les équipages et mécaniciens ont travaillé toute la nuit. Tous les senseurs des appareils ont été employés pour résoudre la principale difficulté : faire la discrimination entre les véhicules armés et la population civile. « Notre fierté est d’avoir rempli la mission ». Un jour, dans le sud, un drone américain Predator a surveillé trois zones pendant trois heures avant l’arrivée des avions français… dont les cibles ont été soudainement changées. « Le commandant (de la force aérienne française) a attendu que l’analyse soit complète avant d’envoyer une patrouille », précise le lieutenant-colonel Rullière. De son côté, le personnel d’aviation embarquée habite quasiment sur le théâtre d’opérations. « On monte dans l’avion et on reçoit une photo (numérisée) prise par un Mirage F1-CR déclare le lieutenant de vaisseau Sébastien Colard, pilote de Rafale de la flottille 12 F, sur zone, on fait une reconnaissance des sites et on les engage. 1 H 45 après, on se pose de nuit sur le porte-avions avec six bombes en moins ». Les pilotes français et américains sont les seuls au monde à pouvoir effectuer de telles missions de nuit. A bord, les mécaniciens sentent qu’ils font partie de la chaîne, souligne le lieutenant de vaisseau Colard. De retour de mission en Afrique de l’Ouest, l’équipage du Bâtiment de projection et de commandement Tonnerre a appris un vendredi soir qu’il devait partir pour la Libye. Trois jours plus tard, il a appareillé avec tous les moyens nécessaires (armement, transmissions et modules) et après avoir organisé l’escorte (les yeux et les oreilles de la force). Ce bâtiment interarmées avec un hôpital, des compagnies de combat et des hélicoptères de l’armée de terre a dû mettre en œuvre une opération complexe. « Il a embarqué 400 militaires de plus de 30 unités différentes et les chefs de modules ne connaissaient pas les gens avec qui ils allaient travailler », souligne le capitaine de vaisseau Philippe Ebanga, commandant du Tonnerre pendant les opérations Licorne et Harmattan. Pendant trois mois, ces deux missions ont mobilisé le même équipage, qui a dû également assurer la maintenance du bâtiment. Une opération de frappes par hélicoptères, préparée à la minute près, commence par de longues minutes d’infiltration de nuit avec le risque d’essuyer des tirs d’armes anti-aériennes et de missiles sol/air. « Pour le raid sur Syrte, les photos de renseignement n’étaient pas suffisantes, nous avons été accueillis par des tirs de canons de 33 mm, explique le capitaine Brice Erblanc, pilote de Tigre du 1er Régiment d’hélicoptères de combat, on a recherché toutes les forces de Khadafi sur des pick-ups qui se cachent pour échapper aux avions de chasse. Il fallait tirer sur l’armement qu’on voyait à 200 m, c’est-à-dire à portée de ces armes ». Les renseignements sont fournis en temps réel par des avions de reconnaissance. « On est concentré dans l’action, on n’a plus de temps de ressentir d’émotion ». En outre, une frégate effectue un tir d’artillerie contre la côte pendant le transit des hélicoptères au dessus de la mer. Ainsi, la frégate de défense aérienne Chevalier-Paul détecte tout ce qui vole à 400 km autour d’elle (avions, hélicoptères et drones), indique le premier maître Jean-Philippe Merle de la cellule de coordination aérienne, elle doit éviter les collisions et que les hélicoptères, dont elle a la charge, ne travaillent pour une autre unité. Un avion de patrouille maritime ATL2 guide onze hélicoptères de combat (dont un de recherche et de sauvetage) vers les objectifs désignés, qu’il surveille par détecteur infrarouge. Il en informe l’avion radar de surveillance de théâtre AWACS, afin que la vague d’assaut ne soit pas gênée par d’autres aéronefs sur zone. Pendant l’engagement des hélicoptères, la frégate informe aussi l’AWACS du volume d’obus qu’elle va tirer avec ses deux canons de 76 mm. « Le commandant ordonne le feu sur deux objectifs pendant que les hélicoptères reviennent au BPC », ajoute le premier maître Merle. Ce bâtiment était en sécurité, mais une frégate a essuyé des tirs, indique le capitaine de vaisseau Ebanga.

Côte d’Ivoire : le capitaine Sébastien Laloup, pilote de transport de l’escadron de transport 1/64 « Béarn », a participé au pont aérien mis en œuvre entre Libreville (Gabon) et Abidjan (voir article « Gestion française des expatriés en temps de crise » dans les rubriques « Actualités » ou « Archives » 7-12-2011). Le soutien était prépositionné depuis deux mois quand, le 2 avril dans l’après-midi, est donné l’ordre de décoller pour se poser à Abidjan le lendemain à 3 h du matin. Le pont aérien, exclusivement français au début, évacue des ressortissants de diverses nationalités (Européens, Africains, Américains et Libanais) sur Dakar (Sénégal), Libreville (Gabon) et Lomé (Togo). Les avions reviennent avec des vivres et de l’eau. Les équipages ne comptent pas leurs heures de vol. « Les gens évacués ne cachaient leur joie sur leurs visages, car ils n’avaient plus d’argent ni de vivres. Pour nous, cela valait toutes les récompenses et toutes les médailles » ! A Abidjan, la force française Licorne a tout sécurisé au sol. L’adjudant Vincent Leroy était chef de peloton ERC 90 Sagaie du 12ème Régiment de cuirassiers, en alerte depuis 24 heures. « Depuis six mois et demi, on savait ce qu’on devait faire. Ma mission militaire était simple : tenir un carrefour ». La bataille d’Abidjan, de haute intensité, a duré une dizaine de jours : évacuation de ressortissants jour et nuit, prise de l’aéroport et prise du port autonome. « Les hommes étaient à fond dans leur mission », conclut l’adjudant Leroy.

Loïc Salmon

De gauche à droite : général de brigade aérienne Jean Borel, lieutenant-colonel Stéphane Caffaro, lieutenant de vaisseau Sébastien Colard, sergent-chef Yann Baratte, animateur Didier François, lieutenant-colonel (Air) Loïc Rullière, adjudant Vincent Leroy, capitaine de vaisseau Philippe Ebanga, capitaine Brice Erblanc et premier maître Jean-Philippe Merle.




Opex : de la détermination politique à l’engagement militaire

Fin 2011, la France déploie près de 8.000 militaires dans une vingtaine d’opérations extérieures (Opex), dont plus de 80 % dans un cadre multilatéral ou en soutien pour gérer des crises sécuritaires et humanitaires. Une table ronde, tenue le 22 novembre 2011 à Paris, a examiné le processus politico-militaire des principales en cours ou engagées depuis l’automne 2010 : « Pamir » en Afghanistan, « Harmattan » en Libye et « Licorne » en Côte d’Ivoire.

Y ont participé : Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens Combattants ; Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique du président de la République ; l’amiral Edouard Guillaud, chef d’Etat-major des armées ; l’ambassadeur Philippe Errera, représentant permanent de la France à l’OTAN ; Alain Leroy, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix.

Cette table ronde a montré le fonctionnement interne du pouvoir dans la gestion de crise : volonté politique, travail diplomatique et contribution militaire. Tous les acteurs sont complémentaires. « Il n’y a pas d’engagement opérationnel sans projet politique clair et pas de projet politique clair sans unité de commandement », déclare Gérard Longuet. Selon lui, les pays partenaires reconnaissent le professionnalisme des forces françaises, héritage de traditions, valeur, discipline dans l’action et certitude d’employer le matériel à bon escient. Une fois la décision prise par le président de la République, le ministre de la Défense entretient une relation quotidienne avec les états-majors, explique le choix au Parlement et « fait en sorte que ça fonctionne à l’intérieur ». La France intervient en Afghanistan dans le cadre d’une coalition de 49 pays, qui souhaitent que cet Etat soit « reconnu dans sa souveraineté avec le minimum de dégâts ». L’effort principal porte sur l’émergence d’une force nationale afghane (armée et police), capable aujourd’hui d’assurer l’autorité de l’Etat sur 45 % de la population. Après le retrait des troupes de l’OTAN en 2014, elle devra pouvoir garantir l’état de droit et résister à une intervention extérieure.

« L’Afghanistan d’aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qu’il était en 2001 (attentats terroristes d’Al Qaïda aux Etats-Unis) », estime Jean-David Lévitte. Par ailleurs, il a expliqué que le devoir d’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays a été remplacé par la responsabilité de protéger un peuple menacé par son propre gouvernement. Trois conditions doivent être remplies : confirmation du massacre ; appels de la population et d’une organisation régionale ; mandat clair du Conseil de sécurité de l’ONU. « Sinon c’est la loi de la jungle où chaque pays pourrait intervenir chez son voisin s’il y a des troubles ». En Libye, il fallait « éviter une croisade occidentale en plein printemps arabe ». Le recours à l’OTAN, sous la direction de la France et de la Grande-Bretagne, inclut la participation de pays arabes : Jordanie, Qatar, Emirats arabes unis et Maroc. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, la France, ancienne puissance coloniale, est considérée avec suspicion par un certain nombre de pays dans le monde. Le choix électoral du peuple ivoirien a été validé par l’Union africaine et le Conseil de sécurité de l’ONU. Des contacts ont été pris avec le Nigeria, en charge de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest), pour que l’ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire), incarnant la volonté de la communauté internationale, vienne en première ligne. Le procès d’intention persistant, il a fallu une lettre du secrétaire général de l’ONU demandant à la France d’intervenir. Dans l’ensemble, « cette année (2011) a permis à la France, non seulement d’occuper pleinement son rang, mais aussi de faire progresser une certaine conception très française de l’ordre international, nous avons fait vivre par deux fois, en Libye et en Côte d’Ivoire, le concept de la responsabilité de protéger, depuis son adoption en 2005 par le Conseil des Nations unies. ».  A ce propos, Jean-David Lévitte rappelle qu’il ne peut y avoir d’intervention en Syrie sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.

De son côté, l’amiral Edouard Guillaud estime qu’il n’y a pas de modèle idéal d’opération. « Nous avons eu de la chance, qui se prépare avec de l’entraînement, de bons équipements et des forces morales ». En Libye, dit-il, envoyer des troupes au sol aurait été « catastrophique dans la durée ». Il fallait une légalité internationale et la possibilité de travailler avec la Grande-Bretagne. « Le président de la République a demandé de pouvoir frapper à la demande, en moins de cinq minutes après l’accord final des chefs d’Etat. Les avions étaient déjà en vol ». Les défis militaires à relever étaient divers : dépendance des résultats diplomatiques, autorisations de survol et de stationnement en Grèce et en Italie, déplacements logistiques et coordination ave les pays alliés. « Notre système étant plus réactif que les leurs, nous avons pu frapper les premiers ». La France a déployé un porte-avions, un bâtiment de projection et de commandement, un sous-marin nucléaire d’attaque, des frégates et pétroliers-ravitailleurs, des hélicoptères, des avions F1 CR, Mirage 2000, Rafale et le Transall « Gabriel » de guerre électronique.

Pour sa part, Philippe Errera indique que le recours à l’OTAN en Libye a impliqué : des capacités accrues avec des règles d’engagement spécifiques concernant l’embargo maritime, l’exclusion aérienne et le soutien humanitaire ; la nécessité que son action fédère et n’ait pas d’effet repoussoir ; l’accord des 28 Etats membres pour que l’organisation soit un outil militaire confié au « groupe de contact ». Il a noté que le délai entre la décision politique de recourir à l’OTAN et son intervention effective a considérablement diminué : un an pour le Kosovo en 1999 et moins d’une semaine pour la Libye en 2011. « L’intervention a duré du 31 mars au 31 octobre, mandat fixé par le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Alliance Atlantique, avec zéro perte ! »

Enfin dans le cas de la Côte d’Ivoire, Alain Leroy rappelle que le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé la force française Licorne à soutenir l’ONUCI en cas de besoin (résolution1975 du 30 mars 2011). En effet, « les forces françaises avaient la capacité de frapper les armes lourdes (des troupes de l’ex-président Laurent Gbabo), que l’ONUCI n’avait pas », souligne Alain Leroy. Selon lui, sans Licorne, l’intervention aurait été impossible. Grâce à l’accord de la CDEAO et de l’Union africaine, il n’y a pas eu de critiques sérieuses ni de dommages collatéraux condamnables et surtout « l’ONU a évité une tragédie de type Rwanda ».

Loïc Salmon

 De gauche à droite : Alain Leroy, Jean-David Lévitte, Gérard Longuet, l’amiral Edouard Guillaud et l’ambassadeur Philippe Errera




Libye : bilan final de l’opération Harmattan dans le cadre OTAN

L’OTAN a mis fin le 31 octobre 2011 à l’opération « Unified Protector », engagée le 31 mars contre la Libye. Mais celle dite « Harmattan », déclenchée le 19 mars par les forces aériennes françaises puis britanniques, continue jusqu’au rapatriement total des moyens français sur zone. L’Etat-major français des armées en a dressé le bilan lors d’un point de presse le 3 novembre à Paris.

La zone d’opérations française s’étend de la métropole (bases d’Avord et d’Istres) à l’Italie (Signorella), la Grèce (La Sude) et au large de la Libye. Le groupe aéronaval (porte-avions Charles-De-Gaulle, une vingtaine d’avions et une frégate) étaient sur zone du 19 mars au 12 août. En sept mois, 4.200 militaires ont été engagés avec une quarantaine d’avions et un drone Harfang, une vingtaine d’hélicoptères et une dizaine de bâtiments de soutien et de combat, dont un sous-marin nucléaire d’attaque. La permanence à la mer a été maintenue par 27 navires qui se sont relayés (1.500 jours de mer). Les opérations aériennes (armée de l’Air et aéronautique navale) ont totalisé 5.600 sorties ainsi réparties : 3.100 dites offensives, 1.200 de reconnaissance et de surveillance, 400 de défense aérienne, 340 de contrôle aérien et 580 de ravitaillement. Le Groupe aéromobile (Armée de Terre), embarqué sur un bâtiment de projection et de commandement, a assuré 90% des frappes au sol effectuées par les hélicoptères de manœuvre de l’OTAN et détruit 450 objectifs. En tout, les aéronefs français ont réalisé 25 % des sorties de la coalition, 35 % des missions offensives et 20 % des frappes au sol. L’Etat-major des armées n’a pas donné de bilan chiffré des munitions tirées. La participation des moyens déployés à Signorella, La Sude et en mer a diminué progressivement à partir du 22 octobre. Treize avions de l’armée de l’Air ont été maintenus en alerte en France jusqu’au 31 octobre. Depuis, Harmattan couvre les actions éventuelles de coopération de défense avec la Libye.

Loïc Salmon




Les drones : de l’OPEX au territoire national

L’expérimentation réussie du drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) Harfang sur le théâtre d’opérations afghan devrait permettre son emploi dans l’espace aérien français. Le lieutenant-colonel Sébastien Mazoyer, commandant de l’escadron de drones 01.033 « Belfort », l’a expliqué lors de la  5ème Rencontre aviation civile aviation militaire, tenue le 19 mai 2011 à l’Ecole militaire à Paris.

En deux ans et demi de déploiement en Afghanistan, zone de guerre « asymétrique » où l’adversaire ne dispose pas du même niveau technologique, l’Harfang n’a subi aucun incident. La circulation aérienne y est dense et hétérogène. A elle seule, la base aérienne de Bagram enregistre plus de 400 mouvements par jour : avions militaires et civils, hélicoptères et drones. Les procédures sont les mêmes pour tous les utilisateurs, informés des spécificités locales en termes de vitesse et de taux de montée en altitude faibles. Mais l’espace aérien afghan n’est pas contrôlé.

En revanche, celui de la France est réglementé par l’instruction interministérielle 1550. Son préambule du 1er janvier 2010 rappelle que la cohabitation en vol entre les drones et les autres aéronefs n’est pas encore réalisable selon le principe « voir et éviter ». Ce dernier consiste en la capacité d’un avion non habité à respecter les séparations de trafics et à éviter les collisions. La ségrégation des vols des drones qui n’ont pas de contact radar est donc indispensable vis-à-vis des autres aéronefs. Toutefois et sous certaines conditions, les drones peuvent évoluer en même temps que d’autres appareils militaires à l’intérieur d’un seul espace aérien militaire « ségrégué ». Les drones ayant le contact radar circulent obligatoirement dans des couloirs aériens séparés de ceux des autres aéronefs. Les autorités d’emploi et les prestataires de circulation aérienne militaire connaissent les règles, procédures et contraintes de chacun, permettant ainsi une coordination.

Quant à l’espace aérien civil, les opérateurs de drones doivent demander la création de zones réglementées temporaires, avec un préavis de plusieurs semaines. Pourtant, les capacités, nouvelles et en évolution rapide, des drones conduiront à une adaptation de la réglementation aérienne, estime le lieutenant-colonel Mazoyer. Selon lui, le drone Harfang dispose d’atouts indéniables. Ses équipages et équipes techniques ont des qualifications reconnues. Sa maintenance est sûre et son certificat de navigabilité en cours d’acquisition. Sa fiabilité est accrue par la redondance de ses équipements et sa logique en cas de panne. Cette redondance et des vérifications systématiques lui permettent une navigation précise.

Alors, les drones pourront-ils s’intégrer à l’espace aérien français de façon sûre, fluide et continue ?

Le lieutenant-colonel Sébastien Mazoyer estime que c’est possible sous certaines conditions. Il faut d’abord créer et contrôler un espace de vol aux instruments. Ensuite, il s’agit de prédisposer des couloirs aériens, activables sous faible préavis, et d’accompagner ponctuellement les drones par des aéronefs habités. Enfin, des missions interministérielles pourraient étudier les besoins susceptibles de croître à l’avenir.

Loïc Salmon




Libye : bilan du Groupe aéromobile dans l’opération Harmattan

Depuis le déploiement d’un bâtiment de projection et de commandement (BPC) fin mai au large de la Libye dans le cadre de l’opération « Harmattan », les hélicoptères embarqués du Groupe aéromobile (GAM) ont mis 530 objectifs hors de combat. La situation au 22 septembre 2011 a été exposée à la presse par le contre-amiral Jean-Baptiste Dupuis, commandant de la Task Force (TF) 473, et le colonel Pierre Meyer, commandant le GAM, lors d’une visioconférence entre le BPC Tonnerre et le ministère de la Défense à Paris.

En plus de 300 sorties, le GAM a réalisé 37 opérations le long de la côte : 20 autour de Brega pour fixer les forces pro-Kadhafi très combatives, 10 dans la zone de Misratah pour desserrer l’étau qu’elles faisaient peser sur la population civile, 6 dans celle de Syrte où les combats contre les insurgés étaient les plus acharnés et une seule à l’ouest de Tripoli. Le BPC, précise l’amiral Dupuis, est une « plate-forme interarmées » qui embarque 600 personnes avec l’état-major de la TF 473, un hôpital de campagne, le GAM de l’armée de Terre (14 Tigre et Gazelle de combat et des hélicoptères de reconnaissance) et un détachement (Air) « resco » pour la recherche et la récupération de pilotes d’appareils éventuellement abattus. Outre le BPC, la TF 473 compte un pétrolier ravitailleur, trois frégates et un sous-marin nucléaire d’attaque. Un avion de patrouille maritime ATL 2 assure des missions de reconnaissance et d’appui. Les raids aéromobiles créent un effet tactique par leurs participations à l’attrition des pièces d’artillerie et des chars et au harcèlement des forces des premier et deuxième échelons. Les hélicoptères de l’armée de Terre complètent l’action des avions de combat avec leurs propres moyens de renseignement pour se faire une idée tactique de ce qu’il se passe sur le terrain, explique le colonel Meyer, « nous pouvons faire un effort dans la durée. L’hélicoptère est imprévisible. La brutalité des frappes venant de la mer crée un effet psychologique que nous avons vérifié, même s’il n’y a pas eu beaucoup de missions ». Les renseignements viennent de l’ATL2, de satellites et d’avions de combat. Ensuite, sur le terrain, le pilote d’hélicoptère peut garantir qu’il s’agit d’un lance-roquettes ou d’un char. Le temps d’intervention entre la définition d’un objectif et sa destruction est d’une demi-heure, délai considéré comme suffisant. Un raid n’est entrepris que si la zone est favorable à l’emploi d’hélicoptères, qui vont chercher dans le détail les objectifs désignés, souvent cachés sous les arbres ou à proximité d’habitations. Les hélicoptères volent suffisamment bas pour minimiser leur détection. « En raison de l’effet de surprise, souligne l’amiral Dupuis, l’ennemi n’a que quelques secondes pour réagir ». Selon le colonel Meyer, le GAM a essuyé des tirs d’armes de petits calibres, un ou deux tirs de missiles antiaériens, mais aucun impact n’est à déplorer. Par ailleurs, la différence de concepts d’emploi des hélicoptères français (Tigre et Gazelle) et britanniques (Apache) n’a pas empêché la coopération. Celle-ci se termine, car la Grande-Bretagne a annoncé le rapatriement de ses moyens, faute d’objectifs à traiter. Toutefois, il reste des poches de résistance importantes à Syrte et Baniwalid entrant dans le domaine d’action à partir de la mer, indique l’amiral Dupuis. En outre, dit-il, l’OTAN ayant décidé le 21 septembre de prolonger de trois mois l’opération « Unified Protector » en Libye, « la France maintient son dispositif ». Depuis le 31 mars, les avions de l’OTAN ont effectué 23.550 sorties, dont 8.751 dites de « bombardement ».

Loïc Salmon




Libye : bilan des opérations aériennes OTAN

Depuis le 31 mars, début de l’opération « Unified Protector » en Libye, l’OTAN déploie 230 avions de combat contre les forces pro-Kadhafi, dont il reste encore 15 % d’équipements opérationnels considérés comme « crédibles ». La situation au 15 septembre 2011 a été présentée à la presse, lors d’une visioconférence entre la base de Poggio Renatico (Italie) et le ministère de la Défense Paris, par le général de corps aérien Vincent Tesnière, adjoint au général commandant l’état-major multinational Air.

Au 31 mars, le colonel Kadhafi dispose de centaines de chars et de véhicules blindés, de lance-roquettes multiples, de 100.000 hommes, de forces spéciales et de mercenaires. L’Etat-major OTAN dédié se monte à 300 personnes. Il doit tenir compte de diverses contraintes : zéro mort de la coalition; pas de destruction d’infrastructures importantes réutilisables après le conflit ; pas de troupes au sol ; emploi sélectif des avions et de leurs missions selon les nations (10-15 appareils par pays membre) ; protection des populations sans désigner l’ennemi. Les deux états-majors OTAN de Turquie et d’Italie sont restructurés à Poggio Renatico, afin de faciliter l’échange d’informations, gage d’efficacité de l’arme aérienne. Les moyens sont concentrés au nord-ouest du pays à forte densité de population et de forces prépositionnées. La chaîne d’identification des objectifs (dépôts de munitions et centres logistiques et de commandement), de leur vérification et de la programmation de leur destruction est passée, en 5,5 mois, de plus de 3 jours à 2 à 3 heures. Au sol, les éléments pro-Kadhafi et les insurgés étant mélangés, il fallait en effet plusieurs heures pour savoir ce qu’il se passait avant d’entamer un débat au sein de l’état-major. Ensuite, la boucle renseignement/destruction d’un objectif précis a été réduite d’environ 1 heure à quelques minutes. Faute de collecte de renseignements d’origine humaine en coordination avec les insurgés (contrainte résolution 1973 ONU), précise le général Tesnière, « on a raté des objectifs et détruit deux ou trois fois des forces anti-Kadhafi ». Le ravitaillement en vol permet aux avions de combat d’effectuer des missions de 5 heures. Sur les 30 avions ravitailleurs déployés, 24 sont américains. L’utilisation des aéroports libyens reconquis par les insurgés est réservée à l’action humanitaire et aux vols commerciaux. L’opération « Unified Protector » a couvert l’ensemble du spectre du renseignement stratégique (satellites) à celui à caractère opérationnel et tactique (pods de reconnaissance sur avions de combat et drones). Grâce au pod, le pilote peut identifier dans son cockpit tous les objectifs, afin de réduire les dommages collatéraux. Le nombre de drones (deux au départ) a été accru avec l’arrivée d’unités italiennes et américaines. Le soutien des autres pays membres de l’OTAN à la France s’est aussi manifesté par la fourniture de munitions complémentaires. Enfin, les opérations d’information et psychologiques se sont déroulées parallèlement  (tracts et réseaux sociaux internet). Au 15 septembre, le dispositif français engagé (opération « Harmattan ») compte : un avion de reconnaissance AWACS ; un ravitailleur C-135 ; 5 Rafale ; un drone Harfang ; 12 Mirage 2000 ; 4 Mirage F1CR ; un avion de patrouille maritime Atlantique 2 ; un bâtiment de projection et de commandement avec une vingtaine d’hélicoptères (le Tonnerre a relevé le Mistral) ; un pétrolier ravitailleur, 3 frégates ; un sous-marin nucléaire d’attaque.

Loïc Salmon




Libye : bilan du Groupe aéromobile dans l’opération Harmattan

Depuis le déploiement d’un bâtiment de projection et de commandement (BPC) fin mai au large de la Libye dans le cadre de l’opération « Harmattan », les hélicoptères embarqués du Groupe aéromobile (GAM) ont mis 530 objectifs hors de combat. La situation au 22 septembre 2011 a été exposée à la presse par le contre-amiral Jean-Baptiste Dupuis, commandant de la Task Force (TF) 473, et le colonel Pierre Meyer, commandant le GAM, lors d’une visioconférence entre le BPC Tonnerre et le ministère de la Défense à Paris.

En plus de 300 sorties, le GAM a réalisé 37 opérations le long de la côte : 20 autour de Brega pour fixer les forces pro-Kadhafi très combatives, 10 dans la zone de Misratah pour desserrer l’étau qu’elles faisaient peser sur la population civile, 6 dans celle de Syrte où les combats contre les insurgés étaient les plus acharnés et une seule à l’ouest de Tripoli. Le BPC, précise l’amiral Dupuis, est une « plate-forme interarmées » qui embarque 600 personnes avec l’état-major de la TF 473, un hôpital de campagne, le GAM de l’armée de Terre (14 Tigre et Gazelle de combat et des hélicoptères de reconnaissance) et un détachement (Air) « resco » pour la recherche et la récupération de pilotes d’appareils éventuellement abattus. Outre le BPC, la TF 473 compte un pétrolier ravitailleur, trois frégates et un sous-marin nucléaire d’attaque. Un avion de patrouille maritime ATL 2 assure des missions de reconnaissance et d’appui. Les raids aéromobiles créent un effet tactique par leurs participations à l’attrition des pièces d’artillerie et des chars et au harcèlement des forces des premier et deuxième échelons. Les hélicoptères de l’armée de Terre complètent l’action des avions de combat avec leurs propres moyens de renseignement pour se faire une idée tactique de ce qu’il se passe sur le terrain, explique le colonel Meyer, « nous pouvons faire un effort dans la durée. L’hélicoptère est imprévisible. La brutalité des frappes venant de la mer crée un effet psychologique que nous avons vérifié, même s’il n’y a pas eu beaucoup de missions ». Les renseignements viennent de l’ATL2, de satellites et d’avions de combat. Ensuite, sur le terrain, le pilote d’hélicoptère peut garantir qu’il s’agit d’un lance-roquettes ou d’un char. Le temps d’intervention entre la définition d’un objectif et sa destruction est d’une demi-heure, délai considéré comme suffisant. Un raid n’est entrepris que si la zone est favorable à l’emploi d’hélicoptères, qui vont chercher dans le détail les objectifs désignés, souvent cachés sous les arbres ou à proximité d’habitations. Les hélicoptères volent suffisamment bas pour minimiser leur détection. « En raison de l’effet de surprise, souligne l’amiral Dupuis, l’ennemi n’a que quelques secondes pour réagir ». Selon le colonel Meyer, le GAM a essuyé des tirs d’armes de petits calibres, un ou deux tirs de missiles antiaériens, mais aucun impact n’est à déplorer. Par ailleurs, la différence de concepts d’emploi des hélicoptères français (Tigre et Gazelle) et britanniques (Apache) n’a pas empêché la coopération. Celle-ci se termine, car la Grande-Bretagne a annoncé le rapatriement de ses moyens, faute d’objectifs à traiter. Toutefois, il reste des poches de résistance importantes à Syrte et Baniwalid entrant dans le domaine d’action à partir de la mer, indique l’amiral Dupuis. En outre, dit-il, l’OTAN ayant décidé le 21 septembre de prolonger de trois mois l’opération « Unified Protector » en Libye, « la France maintient son dispositif ». Depuis le 31 mars, les avions de l’OTAN ont effectué 23.550 sorties, dont 8.751 dites de « bombardement ».

Loïc Salmon

Arrivée d’un drone français à la base de l’OTAN de Poggio Renatico (Sicile).




Opérations : Afghanistan, Libye, Côte d’Ivoire et Tchad

Entre le 11 et le 14 août 2011, sept militaires de l’OTAN ont été tués en Afghanistan. Dans le même temps, le porte-avions Charles-De-Gaulle est rentré à Toulon. Par ailleurs, le dispositif français en Côte d’Ivoire et au Tchad sera prochainement réduit.

Afghanistan : le 11 août, un attentat à la bombe a provoqué la mort de cinq soldats américains et un engin explosif improvisé celle du caporal-chef français Facrou Housseini du 19ème Régiment du génie de Besançon. Trois jours plus tard, le lieutenant Camille Levrel du 152ème Régiment d’infanterie de Colmar a été mortellement touché par le tir isolé d’un insurgé. Cela porte à 388 le nombre de soldats de la coalition tués depuis le 1er janvier 2011 (711 pour l’année 2010) et à 74 celui des Français depuis le début de l’engagement en 2001.

Libye : le porte-avions Charles-De-Gaulle, déployé au large de la Libye depuis le 22 mars 2011 est rentré à Toulon le 12 août.  Auparavant, il avait effectué la mission « Agapanthe » en océan Indien d’octobre 2010 à février 2011. Dans le cadre de l’opération « Harmattan », il a totalisé 138 jours de mer, 40.000 milles nautiques parcourus (74.000 km), 120 jours d’activité aéronautique, 2.380 catapultages et appontages et 3.600 heures de vol. Le dispositif Marine français au large de la Libye se compose actuellement d’un bâtiment de projection et de commandement, de deux frégates, d’un pétrolier-ravitailleur et d’un sous-marin nucléaire d’attaque.

Côte d’Ivoire et Tchad : le ministre des Affaires étrangères et européennes Alain Juppé a indiqué, le 5 juillet à la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, que la force française « Licorne » en Côte d’ivoire sera réduite à 300 ou 400 hommes  à la fin de l’année (1.700 au plus fort de l’intervention) et que le format du dispositif « Epervier » au Tchad, de plus de 1.000 militaires aujourd’hui, est en cours de réévaluation.

Loïc Salmon




Afghanistan : 40 soldats de la coalition tués en deux jours

En deux jours, les 6 et 7 août 2011, trente Américains, huit Afghans et deux Français de la coalition ont été tués au combat en Afghanistan dans deux attaques distinctes.

Le 6 août, un hélicoptère américain CH 47 F Chinook (photo prise au salon du Bourget 2011) a été abattu par un tir de roquette RPG d’insurgés talibans. Selon l’OTAN, tous les occupants ont été tués : 25 membres des forces spéciales américaines et les 5 membres de l’équipage, 7 membres des forces spéciales afghanes et un traducteur afghan civil. La plupart des victimes faisaient partie des « Navy Seals », l’unité qui a éliminé Oussama Ben Laden, chef de l’organisation terroriste Al Qaïda, le 2 mai au Pakistan. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de l’attaque, revendiquée par les Talibans comme un « « piège ». A l’origine, des troupes au sol, qui recherchaient un chef local taliban dans la vallée de Tangi, avaient été prises à partie par des insurgés et avaient appelé des renforts. Avant cette attaque, les troupes américaines avaient déjà perdu 149 hommes dans des chutes d’hélicoptères en Afghanistan, dont 38 à la suite de tirs ennemis.

Le 7 août, deux soldats du 2ème Régiment étranger de parachutistes ont été tués et cinq autres blessés dans un accrochage à proximité de la vallée de Tagab, lors d’une opération de reconnaissance et de fouille à la recherche de caches d’armes et d’engins explosifs. Des hélicoptères français et américains sont intervenus pour secourir le détachement et neutraliser les insurgés. Les deux victimes, le caporal Kisan Bahadur Thapa et le soldat de 1ère classe Gerhardus Jansen, étaient entrés dans la Légion étrangère en 2008.  Cela porte à 72 le nombre de pertes françaises depuis le début de l’engagement en Afghanistan en 2001.

Loïc Salmon




Obsèques nationales pour sept tués en Afghanistan

Le 19 juillet 2011, les obsèques nationales des sept militaires français tués en Afghanistan, entre les 11 et 14 juillet, ont eu lieu aux Invalides à Paris, en présence du chef de l’Etat, des membres du gouvernement, de nombreux élus et des détachements de leurs unités.Tous les sept ont été élevés au grade supérieur et faits chevaliers de la Légion d’Honneur à titre posthume. Il s’agit du brigadier-chef Clément Kovac du 1er Régiment de chasseurs de Verdun (accident), du capitaine Thomas Gauvin et de l’adjudant-chef Laurent Marsol du 1er  Régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers, des adjudants-chefs Jean-Marc Gueniat et Emmanuel Techer du 17ème Régiment du génie parachutiste de Montauban, du sergent Sébastien Vermeille du Sirpa Terre Image centre de Lyon (attentat suicide) et du maître Benjamin Bourdet du commando Jaubert, (combat). Dans son allocution, le président de la République Nicolas Sarkozy, également chef des armées, a notamment déclaré : « Vous n’êtes pas morts pour rien. Vous êtes morts pour la grande cause des peuples libres qui ont payé leur liberté avec le sang de leurs soldats. (…) Soldats, vous êtes partis en pleine jeunesse en emportant avec vous les promesses d’une vie heureuse. Mais, nul ne vous a volé votre destin ». Enfin, il a rappelé que « l’armée française n’est pas séparée du reste de la Nation française, car l’armée française fait corps avec la nation française ».

L.S.