Marine nationale : s’entraîner pour anticiper le combat futur

Avant son départ, toute unité navale doit avoir obtenu la qualification opérationnelle du navire et de son équipage, ou leur remise à niveau, pour remplir ses missions, militaires ou civiles, d’aujourd’hui et celles de demain.

Le capitaine de vaisseau Jean-Marc Bordier, commandant la division Entraînement de la Force d’action navale l’a expliqué au cours d’une conférence-débat organisée, le 4 mars 2020 à Paris, par le Centre d’études stratégiques de la marine.

Missions diversifiées. L’amiral commandant la Force d’action navale a autorité sur la Force aéronavale nucléaire, centrée sur le porte-avions Charles-de-Gaulle. En outre, il prépare et soutient un réservoir de forces et de compétences pour les missions de tous les navires militaires de surface. Ainsi, la souveraineté dans les espaces maritimes est assurée par des bâtiments de soutien et d’assistance outre-mer et des frégates de surveillance (FS) qui participent aussi à la lutte contre les narcotrafics. La mission « Jeanne d’Arc », composée d’un porte-hélicoptères amphibie (PHA) et d’une frégate furtive (FLF), constitue l’Ecole d’application des officiers de marine. Les bâtiments hydrographique et océanographique mettent à jour les carte marines. La mission « Corymbe », de prévention de la piraterie et de protection de la navigation dans le golfe de Guinée mobilise un PHA, une FS et un aviso A69. Des bâtiments de soutien et d’assistance métropolitains (BSAM) remplissent la mission « Thon rouge » de police des pêches. Des bâtiments-bases de plongeurs démineurs celle de l’action de l’Etat en mer. Les patrouilleurs de haute mer (PHM) participent à la lutte contre l’immigration clandestine. Une frégate multi-missions (FREMM), une frégate de lutte anti-sous-marine (FASM), un aviso A69, un chasseur de mines tripartite (CMT) et un bâtiment remorqueur de sonars participent, autour de Brest, au soutien des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la Force océanique stratégique. Dans le Grand Nord, une FREMM, une FASM et un BSAM contribuent aux missions de connaissance et d’anticipation, comme une FREMM et une FLF en Méditerranée orientale. Une FREMM, un FASM, un PHM, un CMT et un bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) contribuent à la mission de réassurance OTAN en mer Baltique. FREMM, FASM, FLF et frégates antiaériennes (FAA) et de défense aérienne (FDA) participent à l’opération « Chammal » au Levant. FDA, FAA, FREMM, FLF, FS et BCR sont déployés dans la lutte contre le terrorisme en océan Indien et dans le détroit d’Ormuz. Le Groupe aéronaval se déplace au gré des positionnements et partenariats stratégiques. Une FS remplit des missions de prévention, de connaissance et d’anticipation en mer de Chine et au large de l’Australie. Des CMT participent à des missions de guerre des mines en océan Indien. Une FS et un patrouilleur polaire ravitaillent les Terres australes et antarctiques françaises. Enfin, diverses unités assurent la défense maritime du territoire métropolitain.

Scénarios adaptables. L’entraînement, préalable aux missions, évolue en fonction du contexte international, souligne le capitaine de vaisseau Bordier. Il s’agit de comprendre les menaces émergentes : nouvelles formes de terrorisme ; cyberattaques ; missiles hypersoniques ; brouillage GPS ; déni d’accès aux satellites ; mines électriques et non plus magnétiques. L’entraînement développe les compétences du métier de marin et les spécialités à maintenir à un niveau élevé. Or la Marine emploie des unités ultra-modernes (FREMM) et des bâtiments âgés de plus de 30 ans avec des équipements très différents. La division Entraînement de la Force d’action navale compte 150 marins expérimentés de toutes les spécialités, dont 80 basés à Toulon et 60 à Brest. Sélectionnés pour leur compétence, ils doivent avoir navigué et être crédibles. En conséquence, leur moyenne d’âge atteint 37-38 ans, contre 29 ans pour toute la Marine. Des contrats avec des sociétés civiles permettent de disposer de bateaux cibles ou d’aéronefs, moins onéreux que les moyens militaires. Le plan « Mercator » vise à préparer les combats de demain avec les moyens existants et ceux en développement par les industriels. Il prévoit notamment que, tous les deux ans, un navire doit procéder à des tirs de missiles selon un scénario tactique incluant des incidents à bord. Les simulateurs permettent d’entretenir les savoir-faire de l’équipage à terre : navigation ; manœuvres ; guerre électronique ; cyberdéfense ; situation tactique. Dans 4-5 ans, le simulateur pour avion de patrouille maritime, à Lann-Bihoué, pourra communiquer avec le simulateur pour sous-marin d’attaque, à Toulon, et un poste de commandement tactique.

Entraînements individuel et collectif. Les marins acquièrent en école les 300 savoir-faire indispensables. Toutefois, souligne le capitaine de vaisseau Bordier, l’entraînement répétitif les poussent à leurs limites, car le combat exige de réagir très vite. L’entraînement se répartit entre stages de mise en condition opérationnelle ou remise aux normes opérationnelles, à terre et en mer. Il facilite la mise à jour de la doctrine d’emploi du navire. Ainsi, la préparation opérationnelle d’une frégate se déroule en 80 jours, répartis sur 4 ans. Les commandants entretiennent la qualification individuelle des marins (préparation d’aéronef, chef de quart etc.). La division entraînement de la Force d’action navale suit la qualification opérationnelle de l’unité, évalue son entraînement et la fait progresser. Elle organise des exercices conjoints avec les armées de l’Air (défense aérienne) et de Terre (exercices amphibies). Ensuite, le commandement de la Force aéromaritime de réaction rapide (niveau OTAN) entraîne le Groupe aéronaval ou la Force expéditionnaire amphibie. Le plan « Euterpe » permet d’évaluer les capacités de l’unité en matière de sûreté et de sécurité à quai et en mer.

Loïc Salmon

La Force d’action navale (FAN) compte 97 navires militaires armés par 9.800 marins. Elle comprend : le Groupe aéronaval ; la Force expéditionnaire amphibie ; la composante frégates ; la Force de guerre des mines ; les bâtiments de souveraineté ; les bâtiments de soutien. Son état-major, basé à Toulon, dispose d’implantations à Cherbourg et Brest. La FAN de Cherbourg (165 marins) possède les moyens dédiés aux missions de l’action de l’Etat en mer et de protection des approches maritimes (police des pêches et lutte contre les trafics). La FAN de Brest (2.800 marins) dispose des moyens de projection vers la zone Atlantique et de participation aux missions océaniques et de dissuasion nucléaire de la Marine. A Toulon, la FAN (5.400 marins) concentre les moyens de projection de puissance vers les zones de crises en Méditerranée et en océan Indien. S’y ajoutent : 3 groupes de plongeurs démineurs ; 4 centres d’expertise (renseignement, sécurité, cyberdéfense et météorologie) ; 1 flottille amphibie ; l’état-major de la Force aéromaritime de réaction rapide dans le cadre de l’OTAN, qui prendra l’alerte à Toulon en 2021. La Marine dispose de 6 bases en outre-mer (Guyane, Polynésie française, Martinique, La Réunion, Mayotte et Nouvelle-Calédonie) et de 3 à l’étranger (Sénégal, Djibouti et Emirats arabes unis).

Marine nationale : opération « Agénor » et missions « Foch » et « Jeanne d’Arc »

Marine nationale : l’aéronavale, tournée vers les opérations

Marines : outils politiques et de projection de puissance




Marine nationale : opération « Agénor » et missions « Foch » et « Jeanne d’Arc »

L’opération « Agénor », dans le golfe Arabo-Persique et le détroit d’Ormuz, et les missions « Foch » du groupe aéronaval, en Méditerranée orientale, et « Jeanne d’Arc » de l’Ecole d’application des officiers de marine, dans les océans Indien et Pacifique, ont été présentées à la presse à Paris le 27 février 2020.

L’opération « Agénor ». Volet militaire de l’initiative européenne « European led Maritime Situation Awareness in the Straight of Hormuz » (EMASOH), « Agénor » a atteint sa pleine capacité opérationnelle le 25 février. Nation-cadre, la France s’appuie sur ses forces stationnées dans la base navale d’Abou Dhabi, où se trouve l’état-major tactique constitué de représentants des Etats contributeurs et d’officiers de liaison. Les frégates française Forbin et néerlandaise De-Ruyter sont placées sous le contrôle opérationnel et le commandement tactique de l’opération. EMASOH doit donner une appréciation autonome de situation à ses huit membres, à savoir l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Grèce, de l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal. « Agénor » assure la surveillance de l’activité maritime et la sécurité en mer pour garantir la liberté de navigation, conformément à la convention des Nations unies sur le droit de la mer. En outre, elle contribue à la désescalade des tensions et reste ouverte à d’autres pays désireux d’y participer. En 2019, de nombreux incidents, maritimes ou non, ont été observés dans la région, portant atteinte à la sécurité des navires et des équipages européens et étrangers.

La mission « Foch ». Le groupe aéronaval (GAN) participe à l’opération « Chammal », volet français de l’opération américaine « Inherent Resolve » menée dans le cadre de la coalition internationale contre Daech en Irak et en Syrie. Depuis les premiers vols sur le théâtre le 29 janvier, il contribue à l’appréciation autonome de la situation sur zone. Son groupe aérien s’entraîne avec des partenaires régionaux et alliés. Ainsi, le16 février, les Rafale marine et les Rafale de l’armée de l’Air égyptienne se sont affrontés à environ 200 km du porte-avions Charles-de-Gaulle dans un scénario de deux contre deux, alternant les missions « DCA » (position de défense d’une zone et prise en charge de la menace) et « OCA » (mission offensive de reprise d’une zone). Un avion de guet aérien E2C-Hawkeye égyptien et un Rafale marine ravitailleur ont participé à l’exercice. Le 18 février, des exercices similaires se sont déroulés avec deux Eurofighter Typhoon britanniques. La veille, dix Rafale marine ont mené un entraînement mutuel de défense aérienne en « milieu contraint » avec la République de Chypre. Enfin depuis le 28 janvier, la frégate grecque Psara a pris la suite de la frégate Spetsai, qui a accompagné le GAN depuis son départ, afin d’approfondir leur interopérabilité.

La mission « Jeanne d’Arc ». L’Ecole d’application des officiers de marine a quitté Toulon le 26 février pour la mission « Jeanne d’Arc » (cinq mois). Composée du porte-hélicoptères amphibie Mistral et de la frégate furtive Guépratte, elle embarque 1 groupement tactique, 2 hélicoptères Gazelle de l’armée de Terre et 1 hélicoptère NH90 italien. Près de 550 militaires français et étrangers participent à cette mission, dont 138 officiers-élèves incluant des ressortissants d’Australie, de Belgique, du Brésil, d’Egypte, d’Ethiopie, d’Indonésie et du Maroc. En océan Indien, la mission « Jeanne d’Arc » sera intégrée à la « Force opérationnelle combinée 150 » de lutte contre les trafics illicites contribuant au financement du terrorisme.

Loïc Salmon

Marine nationale : l’aéronavale, tournée vers les opérations

L’océan Indien : enjeux stratégiques et militaires

Marine : GAN et « Mission Jeanne d’Arc » en océan Indien




Marine nationale : l’aéronavale, tournée vers les opérations

Veiller et combattre constituent les missions permanentes des 200 aéronefs et des 5.000 marins du ciel qui, en outre, sauvent 300 vies humaines par an.

Le contre-amiral Guillaume Goutay, commandant la Force de l’aéronautique navale, l’a expliqué au cours d’une conférence organisée, le 29 janvier 2020 à Paris, par le Centre d’études stratégiques de la marine.

Atouts aériens. Profitant de la liberté de la haute mer pour conduire une opération aéromaritime, les forces navales à la mer utilisent la troisième dimension, qui leur donne un préavis sur l’ennemi, souligne l’amiral. Depuis 1912, l’aéronautique navale française a perdu 1.600 personnels, morts au combat ou en vol d’expérimentation. Les Rafale, équipés du missile ASMPA (air-sol moyenne portée), et les avions de guet aérien Hawkeye du groupe aéronaval (GAN) contribuent à la mise en œuvre de la dissuasion nucléaire. L’avion de patrouille maritime ATL2 et les hélicoptères embarqués sur les frégates empêchent toute intrusion au large de la base de la Force océanique stratégique à Brest. Depuis six ans, l’aviation navale intervient dans toutes les opérations extérieures avec les missions « Arromanches 1,2 et 3 » en Libye et au Levant (2014-2016), « Clemenceau » en Méditerranée et océan Indien (2019) et « Foch » au Levant (2020, encadré). En mer, le GAN effectue 60 sorties aériennes/jour en moyenne pour des missions de renseignement ou de combat jusqu’à 1.000 km à l’intérieur des terres. Le Hawkeye détecte tous les éléments mobiles, sur l’eau et dans les airs, sur une zone équivalente à la superficie de la France. Instrument politique et diplomatique majeur dans la durée et en autonomie, il fait peser sur Daech (Levant) une présence militaire par des cycles d’intervention de 3-4 semaines avec 1 semaine de « régénération ». Adapté aux missions aéroterrestres, un ATL2, déployé en permanence dans l’opération « Barkhane » au Sahel, permet la collecte de renseignements, l’appréciation de la situation ou le guidage de frappes. Par ailleurs, la lutte contre les trafics illicites, l’immigration clandestine et le terrorisme par la mer ou sur les côtes s’intensifie depuis 2014. Un avion Falcon 50 de surveillance maritime est déployé en Méditerranée et un autre dans les départements et territoires d’outre-mer. En complément, un dispositif d’hélicoptères est mis en œuvre, notamment pour la surveillance des 6.000 km de côtes métropolitaines, le sauvetage, les évacuations médicales et l’action de l’Etat en mer. En Asie du Sud-est, en mer de Chine méridionale, en Atlantique et dans le grand Nord, le déploiement d’une frégate et de son hélicoptère embarqué permet de recueillir des renseignements, en vue d’anticiper une crise puis de la prévenir. Depuis 2016, les pilotes d’aéronefs constatent la résurgence de la contestation maritime, en surface et sous la mer, de la part de la Chine, de la Russie et d’organisations non-étatiques. L’amiral Goutay pressent un durcissement des conditions d’engagement en mer avec des préavis plus courts, d’ici à une dizaine d’années.

Ressources humaines limitées. Parmi les 200 aéronefs, 50 des 110 avions sont disponibles quotidiennement, indique l’amiral Goutay. Depuis 2001, les missions opérationnelles représentent 60 % de leur activité, contre 40 % pour l’entraînement. Seules les Marines américaine et française disposent de porte-avions à catapultes et brins d’arrêt. Cette technologie, qui nécessite dix ans pour en acquérir le savoir-faire, crée un niveau élevé de confiance réciproque. Ainsi, lors de la mission « Chesapeake » aux Etats-Unis en 2018, 350 marins, dont 27 pilotes, 1 Hawkeye et 13 Rafale se sont notamment entraînés sur le porte-avions George H.Bush. Depuis les années 1990, une école française de chasse embarquée, installée aux Etats-Unis, forme, pendant 18 mois, 10 pilotes par an, qui obtiennent leur qualification porte-avions à l’issue de 12 appontages. Après une formation initiale de 3 ans pour les missions de renseignement et de bombardement, un pilote de chasse la complète par un perfectionnement de 4 ans pour devenir chef de patrouille. Le passage de l’entraînement à la mission opérationnelle s’avère difficile, car la prise de risques et de décision du pilote de chasse diffère de celle du pilote d’un avion commercial ou d’un ATL2. D’abord marins, tous les personnels de l’aéronavale comprennent la nécessité de l’humilité, de la sécurité des vols et du partage du retour d’expérience entre les équipages, y compris avec ceux de l’armée de l’Air. L’aéronavale française, féminisée à 14 %, compte 500 pilotes pour ses Hawkeye, Rafale, ATL2 et hélicoptères. Elle inclut d’autres familles de métiers : la maintenance des moteurs, de l’avionique et de l’armement ; le contrôle aérien et la préparation des opérations aviation. La moyenne d’âge y atteint 32 ans, contre 29 ans pour l’ensemble de la Marine. Cette dernière, comme l’armée de l’Air et les industriels, doit trouver des compétences et assurer formation et mises à niveau. Pour compenser le départ des anciens, partis poursuivre une carrière civile, elle doit stabiliser les flux d’entrée. Or, avec la remontée en puissance des armées engagée depuis 2015, l’aéronavale peine à recruter des jeunes, dont 25 officiers sous contrat par an, face à la concurrence du secteur privé…et de l’armée de l’Air ! Quoique la formation (14 mois) des techniciens soit mutualisée avec l’armée de l’Air, l’aéronavale perd souvent les siens vers l’âge de 25-27 ans, en raison notamment des contraintes liées au service à la mer.

Perspectives. L’aéronavale va recevoir le Rafale standard F3r équipé du missile Météor (air-sol longue portée), qui sera remplacé par le Rafale standard F4 vers 2025, indique l’amiral Goutay. A cette date, les hélicoptères embarqueront des drones. Vers 2030, le drone MALE (moyenne altitude longue endurance) européen complètera la surveillance maritime avec les satellites. Enfin, le SCAF (système de combat aérien futur) franco-allemand devrait entrer en service ainsi vers 2035 ainsi que les drones embarqués sur le porte-avions de la prochaine génération.

Loïc Salmon

Le groupe aéronaval (GAN) a quitté Toulon le 21 janvier 2020 dans le cadre de la mission « Foch » d’une durée de trois mois. Le premier volet, en Méditerranée orientale, concerne l’appui de l’opération « Chammal », composante française de la coalition internationale contre Daech. Le second, en Atlantique et en mer du Nord, porte surtout sur des exercices de coopération avec les alliés de l’OTAN pour maintenir un haut niveau d’interopérabilité. Au départ, le GAN compte : le porte-avions Charles-de-Gaulle avec 18 Rafale marine, 2 avions de guet aérien E-2C Hawkeye, 1 hélicoptère Caïman marine et 2 hélicoptères Dauphin ; la frégate multi-missions (FREMM) Auvergne ; la frégate de défense aérienne (FDA) Chevalier-Paul ; le bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) Var ; la frégate grecque Spetsai ; un sous-marin d’attaque. Sont prévus de participer partiellement à la mission « Foch » : les BCR Somme et Marne ; les FREMM Bretagne et Normandie ; la frégate furtive Surcouf ; la frégate anti-sous-marine La-Motte-Piquet ; un avion de patrouille maritime ATL 2 ; différents bâtiments d’Espagne, du Portugal, de Belgique, des Pays-Bas et d’Allemagne.

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Marine : GAN et « Mission Jeanne d’Arc » en océan Indien

Le groupe aéronaval (GAN) et l’Ecole d’application des officiers de marine (« Mission Jeanne d’Arc ») se déploient en océan Indien entre avril et juin 2019.

Leurs périples respectifs ont été présentés le 21 février 2019 à Paris.

« Mission Clemenceau ». Avant son départ, le GAN a validé sa capacité à conduire des opérations lors de l’exercice « Fanal » en Méditerranée occidentale, pendant deux semaines de février. Le porte-avions Charles-de-Gaulle, escorté de frégates française, espagnole et italienne et d’un destroyer américain, a couvert l’ensemble du combat naval : projection de puissance ; maîtrise des espaces aéromaritimes ; luttes anti-sous-marine, anti-aérienne et antinavires. Son groupe aérien se compose de 20 Rafale et 2 avions de guet aérien Hawkeye, de 2 hélicoptères Dauphin et d’un hélicoptère Caïman Marine. Il a procédé à 250 catapultages et appontages et divers entraînements, du pistage d’un sous-marin au sauvetage d’un pilote éjecté dans une zone de combat. Parti de Toulon début mars, le GAN entame sa « Mission Clemenceau » au Levant et en océan Indien jusqu’en juillet : pré-positionnement stratégique en Méditerranée orientale (mars-avril) ; franchissement du canal de Suez et du détroit de Bab-el-Mandeb pour un pré-positionnement similaire dans les zones Ouest et Est de l’océan Indien (avril, mai et juin). Ce déploiement s’adapte en fonction de situation des missions et des opérations. La « Mission Clemenceau » vise à : renforcer l’appréciation de situation ; développer l’interopérabilité et la coopération militaire ; renforcer des partenariats stratégiques ; réaffirmer la présence de la France dans ses zones d’intérêt ; intervenir en cas de menace sur la sécurité régionale. Le GAN doit se rendre à Singapour, mais pas en mer de Chine. Il pourrait participer à l’opération « Chammal » au Levant, dès l’arrivée de son groupe aérien sur zone. Des exercices bilatéraux sont prévus : dans le golfe du Bengale avec la Marine indienne (mai) puis avec les Marines japonaise, américaine et australienne (juin) ; en mer Rouge avec la Marine égyptienne (juillet). Outre le Charles-de-Gaulle, le GAN compte : 4 frégates, multi-missions Provence et Languedoc, anti-sous-marine Latouche-Tréville et de défense aérienne Forbin avec leurs 5 hélicoptères embarqués ; le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne ; un sous-marin nucléaire d’attaque. Un avion de patrouille maritime ATL2, des frégates danoise, britannique et portugaise et des bâtiments américain et australien apportent leur concours.

« Mission Jeanne d’Arc ». L’Ecole d’application des officiers de marine se compose du porte-hélicoptères amphibie Tonnerre et de la frégate furtive La-Fayette. Elle embarque 130 officiers en formation (15 étrangers) et reçoit les concours de : l’armée de Terre jusqu’à Djibouti, avec 2 hélicoptères Gazelle, 150 passagers et leurs véhicules ; 2 hélicoptères Cougar espagnols ; 1 appareil de transport hybride V22 Osprey du Corps américain des marines (USMC). Entre février et juillet, la « Mission Jeanne d’Arc » effectue d’abord une préparation opérationnelle interarmées et interalliés en Méditerranée orientale, pour la protection des approches maritimes. Des exercices amphibies sont prévus : avec les forces égyptiennes en mars, puis djiboutiennes (mars) en mer Rouge ; au Brésil (mai), puis aux Etats-Unis (juin) dans l’océan Atlantique. La gestion de crise humanitaire sera traitée en avril à Mayotte (océan Indien), puis en juin aux Antilles (océan Atlantique) avec la Marine néerlandaise. L’exercice final se déroule près de Toulon (juillet).

Loïc Salmon

Marine nationale : mission « Arromanches 3 » du GAN en Méditerranée orientale

L’océan Indien : espace sous tension

Marine nationale : « Jeanne d’Arc 2018 », missions opérationnelles et de formation




Sécurité : corruption et évasion fiscale, conséquences lourdes

Elément à part entière des relations économiques locales et internationales, l’argent « sale », issu de la corruption ou de l’évitement de l’impôt, sert à financer le terrorisme et les activités criminelles.

Ce thème a fait l’objet d’une conférence-débat organisée, le 20 mars 2018 à Paris, par l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Y sont intervenus : le magistrat Eric Alt, vice-président de l’association Anticor ; Carole Gomez, chercheuse à l’IRIS et co-auteure du livre « Argent sale. A qui profite le crime ? » ; Eric Vernier, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste du blanchiment de capitaux.

Complexification croissante. La définition de l’argent « sale » varie, car, même gagné de façon légale, il peut être considéré comme « noir » ou « gris » selon les pays et les époques, explique Carole Gomez. Cela permet de dissimuler l’origine des fonds à réinjecter dans les circuits économiques licites (blanchiment). Depuis l’Antiquité, les pouvoirs publics veulent gommer l’origine peu recommandable de certains fonds, afin de les faire rentrer dans les caisses de l’Etat. Ainsi, l’empereur romain Vespasien (9-79 après JC) avait taxé la collecte d’urine, qui servait à fixer la peinture. A son fils, le futur empereur Titus, qui s’en étonnait, il avait répondu : « L’argent n’a pas d’odeur ». Au Moyen-Age et à la Renaissance, les dirigeants politiques ont tenté de lutter contre la corruption, sans grand succès. Au XXème siècle et jusque dans les années 1990, les pots-de-vin versés pour emporter un marché étaient déductibles du chiffre d’affaires de l’entreprise concernée. L’argent sale provient des partis politiques, des groupes criminels, de la contrefaçon ou de trafics divers (drogue, prostitution et racket) pour alimenter des activités illégales. Transparency International, organisation non gouvernementale allemande anti-corruption étatique, établit des classements par pays mais selon des critères peu pertinents, précise Carole Gomez. Ainsi, certains pays comme le Soudan et la Syrie sont toujours mal traités et d’autres très bien, comme les pays scandinaves…dont certaines personnalités politiques ont pourtant placé des fonds dans les paradis fiscaux ! Ces derniers, qui permettent d’échapper à l’impôt, déresponsabilisent les particuliers qui en ignorent les dangers sous-jacents. Les flux d’argent sale se sont accrus avec la mondialisation et le développement de la technologie : la « crypto-monnaie » (argent électronique) a vu le jour en 1997. Les Etats et organisations internationales se sont rendus compte du danger, mais avec retard. Par ailleurs, les média renforcent l’idée de l’augmentation des flux en jeu. Toutefois, la crise économique persistante a rendu la société civile moins tolérante. La connaissance approfondie de ses mécanismes constitue un outil efficace contre l’argent sale. Mais les mesures de prévention et les actions des « lanceurs d’alerte » auront toujours un temps de retard.

Du « sale » au « propre ». Le blanchiment d’argent n’est jamais abordé dans les réunions du G-20 (19 pays et l’Union européenne), souligne Eric Vernier. L’argent du crime est estimé à 2.000 Mds$, soit autant que le produit intérieur brut du continent africain, et dont la moitié passe par les circuits bancaires. Le GAFI (Groupe d’action financière contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme) établit une liste de pays non coopératifs, mais qui se vide au cours des années et n’inquiète guère la Russie, la Chine, Israël, le Liban, Singapour, Hong Kong ou l’Etat américain du Delaware. Selon des organisations non gouvernementales (ONG), seulement 1 % des avoirs des anciens dictateurs est retrouvé. Ainsi, des avocats recherchant ceux du colonel Kadhafi après sa chute (2011) en ont trouvé 800 M$ dans une banque sud-africaine. Les paradis fiscaux ne profitent qu’aux non-résidents, la France en étant un pour les riches Qataris, estime Eric Vernier. Les ONG spécialisées en dénombrent une soixantaine dans le monde. L’Union européenne (UE) a établi une liste de 17 pays, réduite à 7 après la publication des « Panama Papers » en avril 2016. Cette liste exclut une vingtaine d’Etats européens, dont les Pays-Bas, Malte, Chypre, Gibraltar, la Belgique et la Suisse. Les pays en développement qui acceptent des entreprises multinationales chez eux n’y figurent pas. Depuis, des sociétés extraterritoriales et tout à fait légales sont parvenues à des « arrangements ». Ainsi la société suisse de services financiers UBS a payé 2 Mds$ pour éviter une enquête sur le blanchiment d’argent. La Suisse doit donner les noms de 40.000 clients à la France…qui ne les réclame pas. Barons de la drogue d de la Colombie et du Mexique, hommes politiques et chefs d’entreprises de divers pays ont bénéficié des mêmes montages et avantages financiers. La publication des « Paradise Papers » (novembre 2017) a mis au jour un véritable « système de fraude fiscale », souligne Eric Vernier. Par exemple, un sportif français de haut niveau peut acheter légalement un bateau à Malte sans avoir à payer la taxe à la valeur ajoutée en France. Grâce à des montages sophistiqués, une société française, ayant pignon sur rue, aide des petites entreprises de commerçants ou d’artisans à s’installer en Grande-Bretagne pour éviter l’impôt. Dans le même but, l’agence de location de logements AirBnB propose à des particuliers d’ouvrir un « compte parabancaire » (non soumis aux obligations des banques) à Gibraltar, lequel ne sera pas déclaré aux autorités françaises. Les locations à Paris atteignent plusieurs centaines de millions d’euros par an. Selon Eric Vernier, les nouvelles technologies permettent aux marchés financiers supranationaux d’augmenter les fraudes, mais aussi de lutter contre.

Riposte possible. Au sein même de l’UE, certains Etats proposent des « optimisations fiscales » aux ressortissants des autres pays membres, rappelle Eric Alt. Toutefois, la coopération entre société civile et législateur a conduit à une loi sur la vigilance des sociétés mères et de leurs filiales. Des ONG comme Transparency International, Sherpa et Anticor ont obtenu l’agrément de se porter partie civile. Enfin, le parquet financier compte des personnalités qui prennent des décisions courageuses, conclut Eric Alt.

Loïc Salmon

Le service de renseignement « Tracfin » dépend du ministère des Finances. La cellule d’analyse stratégique exploite les informations disponibles, en vue d’identifier les tendances en matière de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme. Le département d’analyse, du renseignement et de l’information suit les déclarations relatives au soupçon et assure les relations internationales. Le département des enquêtes effectue les investigations approfondies sur tous les types de blanchiment. Le pôle juridique et judiciaire remplit des missions d’expertise et de conseil pour caractériser des faits susceptibles de constituer une infraction. Il travaille en liaison avec la Police nationale, la Gendarmerie nationale et l’Office de répression de la grande délinquance financière. La mission des systèmes d’information s’occupe du fonctionnement et de l’évolution des moyens informatiques de Tracfin.

Sécurité : la contrefaçon et ses conséquences économiques, sanitaires et criminelles

Afrique : fraude et corruption des agents publics, des fléaux difficiles à éradiquer




Armée de Terre : pas de victoire sans le soutien de la nation

Affrontement de deux volontés et fondé sur des ressources matérielles et immatérielles, la victoire implique, pour l’armée de Terre, la poursuite de son mandat sur 20-30 ans et l’intégration des innovations d’usage immédiat.

Ce thème a été abordé au cours d’un colloque organisé, le 6 février 2018 à Paris, par le Centre de doctrine et d’enseignement du commandement de l’armée de terre. Un diplomate et deux généraux de haut rang y sont intervenus.

Le dilemme du temps. Le pouvoir politique veut des victoires rapides, car l’opinion publique se lasse des engagements militaires longs après ceux en Afghanistan (13 ans), en Centrafrique (3 ans) et au Sahel (depuis janvier 2013), explique le diplomate. Il voit sa propre communication contestée par le « complexe militaro-industriel » dans les médias…qui racontent la guerre à sa place ! L’incertitude du monde actuel estompe l’idée de « guerre juste » et donc de victoire militaire définitive. L’ennemi soviétique d’hier a été remplacé par le terrorisme islamiste, avec une vision du monde différente de celle des Etats démocratiques. Quoique ce dernier soit identifiable au Levant et au Mali, la difficulté d’une interposition internationale entre factions rivales conduit à un combat sans fin et une victoire impossible. Sans accompagnement économique massif, les effets pervers l’emportent sur la victoire. Ainsi en Libye, la réussite militaire franco-britannique de 2011 s’efface devant l’émergence des centres de transit de migrants clandestins et de trafics d’armes, comme en Irak depuis l’intervention américaine de 2003. Les contraintes budgétaires nécessitent de s’intégrer à une alliance, facteur de dépendance dans la prise de décision. En France, la fin du service militaire obligatoire et la recherche du « zéro mort » dans un conflit ont conduit à l’absence de prise de risques et donc de victoire. Or, souligne le diplomate, le monde doit reconnaître que la France porte un message, reste fidèle à son histoire et maintient son rang, le rôle de sa diplomatie étant de transformer la victoire aux yeux de tous en une paix durable. Les dirigeants politiques actuels n’ont connu ni le second conflit mondial ni les guerres de décolonisation. Mais conscients de l’Histoire ils s’imprègnent de la culture militaire par leurs fréquentes visites sur le terrain. Par ailleurs, aux Etats-Unis, les généraux sont reconnus comme les artisans de la victoire, alors qu’en France, cet honneur revient aux dirigeants politiques, en raison de la mauvaise image des militaires dans la nation après les guerres de décolonisation. Toutefois, les attentats terroristes de 2015 et 2016 ont eu pour conséquence de valoriser les services de renseignement, autrefois mal vus, et les militaires avec l’opération « Sentinelle ».

La constance et la patience. Le chef militaire doit concilier le temps de son action sur le terrain avec celui, très court, du pouvoir politique, et celui, très long, du diplomate et éviter qu’ils divergent, indique l’un des généraux. Cela passe d’abord par une réflexion sur les crises, toujours différentes, et la connaissance de leurs acteurs, pour ne pas appliquer à une crise nouvelle la solution de la précédente. La fascination pour les images de départs de navires et de déploiements d’avions et d’hélicoptères dans la gestion des crises occulte la nécessité de jouer sur tous les leviers et dans le temps long, surtout quand elles durent plus de dix ans (Kosovo, Irak, Afghanistan). Entre 2014 et 2017, la coalition internationale a largué 100.000 bombes contre Daech en Syrie et en Irak, soit cinq fois plus que sur Dresde en 1944. Par ailleurs, tout pays membre d’une coalition internationale doit rester lucide quant à son poids dans la décision opérationnelle. Ainsi, dans celle contre les talibans, la France n’a fourni que 2,5 % des effectifs pour contrôler 3 % du territoire afghan. Une erreur consiste à tenter de résoudre les crises une par une, en partant du principe qu’elles sont disjointes, alors qu’elles surviennent en réseau, comme en Libye, Irak et Syrie. L’action précipitée, sous le coup de l’émotion et de la pression médiatique, peut avoir de graves conséquences, comme le brusque afflux de 5.000 migrants clandestins en Méditerranée après la diffusion mondiale d’une vidéo montrant un enfant mort sur une plage. Enfin, précise le général, l’engagement politico-militaire ne peut reposer sur un consensus lent. Le pouvoir politique doit donner une directive claire et rapide sur les objectifs à atteindre, pour lesquels les militaires présentent des options d’action avec les risques encourus.

L’action durable. Autrefois, gagner la guerre consistait à remporter une grande bataille ou s’emparer d’une capitale pour détruire une idéologie. Aujourd’hui, souligne l’autre général, la liberté d’action s’impose à l’armée de Terre pour défendre les intérêts de la France dans un monde multipolaire, asymétrique et connecté. Elle doit pouvoir agir vite et loin, en toute circonstance, où il faut et autant que nécessaire, par une opération aéroportée ou amphibie. Cela implique maîtrise du renseignement, masse et épaisseur. Cela va de l’interopérabilité avec les armées des Etats baltes, à l’adversaire hybride dans la bande sahélo-saharienne et à la combinaison des forces armées avec celles de la sécurité intérieure (autorités civiles, douane et gendarmerie). En cas de coup dur, la résilience inclut action de communication, acte juridique et application de règles éthiques pour éviter la barbarie. La spécificité militaire (donner et recevoir la mort) nécessite endurance, aguerrissement et volonté du pouvoir politique de détruire l’ennemi. L’initiative sert à mener l’action pour exercer une influence et obtenir un effet final pertinent. Elle implique imposition du tempo à l’adversaire et réversibilité de l’action, car le temps militaire diffère de celui de la reconstruction. L’efficience repose sur une intervention brutale et décisive des forces spéciales et conventionnelles. Pour empêcher l’adversaire de prendre un ascendant tactique par l’emploi inattendu de moyens bon marché, comme un drone commercial armé de façon rudimentaire, l’achat d’une technologie de pointe « sur étagère » satisfait le besoin d’urgence opérationnelle. Par ailleurs, une intervention armée ne se justifie qu’avec le soutien de la population locale. Ainsi l’opération « Serval » au Mali (2013) l’a pris en compte dans le cadre d’une approche globale régionale, avec un appui international et le partage de renseignements sur place et en France.

Loïc Salmon

Le Centre de doctrine et d’enseignement du commandement de l’armée de terre anime la pensée militaire au profit de l’efficacité opérationnelle des forces terrestres. Il assure la formation des futurs décideurs à différents niveaux. L’enseignement militaire supérieur Terre prépare à l’exercice de hautes responsabilités ou de postes de direction exigeant un niveau élevé de qualifications scientifiques et techniques. Il enseigne le travail en état-major et en interarmées, au sein de quatre établissements : Ecole d’état-major pour jeunes capitaines et sous-officiers ainsi que pour les officiers candidats au concours d’entrée à l’Ecole de guerre ; Cours supérieur interarmes ; Enseignement militaire supérieur scientifique et technique ; Ecole supérieure des officiers de réserve spécialistes d’état-major.

Les diplomates, acteurs de la politique étrangère et représentants de la France

Armée de Terre : faire face à toutes menaces, ici et là-bas




Exposition « L’épopée du canal de Suez » à l’Institut du monde arabe à Paris

Projet amorcé dès l’Antiquité, la voie d’eau a été réalisée en 1869 pour relier la Méditerranée à l’Extrême-Orient et ainsi devenir un axe commercial mondial et un objectif militaire.

Un projet récurrent. Vers 1850 avant JC, l’influence de l’Egypte s’étend de Byblos au Sud de la Nubie, mettant en contact le Proche-Orient et l’Afrique, où circulent marchandises de toutes origines. Le pharaon Sésostris III fait creuser un canal à partir du Nil vers la mer Rouge, permettant à une embarcation de 15 m de long de transporter 30 t de fret, soit l’équivalent de la charge de 300 ânes. Le canal s’ensablant régulièrement, il est restauré vers 519 avant JC par le Perse Darius 1er, maître de l’Egypte, puis par le pharaon d’origine grecque Ptolémée II Philadelphe (282-246 avant JC). L’empereur romain Trajan (98-117) modifie le trajet du canal, qui sera à nouveau restauré en 643 par le général arabe Amr ibn al-As, conquérant de l’Egypte. Le canal se traverse alors en cinq jours. Au siècle suivant, il est abandonné aux sables du désert. En 1498, le Portugais Vasco de Gama découvre la route maritime des Indes via le Sud de l’Afrique, qui raccourcit considérablement le trajet par rapport aux voies terrestres et en partie maritimes des caravanes des « routes de la soie ». Celles-ci avaient fait la fortune de la République de Venise, qui monopolisait le commerce entre l’Orient et la Méditerranée. Pour contrer cette concurrence menaçante, la Sérénissime propose, dès 1504, au sultanat mamelouk de percer l’isthme par un canal à creuser à partir du port de Suez sur la mer Rouge, mais sans succès. En 1586, l’Empire ottoman, nouveau maître de l’Egypte, reprend l’idée et la soumet à Venise. Trop compliqué techniquement, le projet est abandonné, prélude au déclin progressif et inéluctable de la cité des doges. En 1798, à la tête d’une expédition militaire et scientifique, Napoléon Bonaparte conquiert l’Egypte, afin de couper la route des Indes à la Grande-Bretagne, en guerre contre la France. Il confie à Jacques-Marie Le Père, directeur des Ponts et Chaussées, l’étude d’un canal dans l’isthme de Suez. Ce dernier conclut que le niveau de la mer Rouge serait supérieur de 9 m à celui la Méditerranée et préconise le recours à la construction d’écluses. L’expédition d’Egypte a eu comme conséquence, en 1805, l’arrivée comme vice-roi d’Egypte de Méhémet Ali, désireux de moderniser le pays. A cet effet, il fait venir des experts français dans les domaines militaire, maritime, médical, éducatif, agricole et archéologique. Parmi eux, des ingénieurs effectuent de nouvelles recherches en 1846 et corrigent l’erreur de calcul du niveau des mers. Adeptes du « saint-simonisme », doctrine sociale, économique et politique, ils sont persuadés que les voies de communication servent à la compréhension universelle. Lorsqu’ils arrivent au Caire, l’ingénieur Linant travaille déjà sur un projet de canal direct, inspiré de celui de Bonaparte. S’appuyant sur ses travaux, l’un d’eux, Barthélémy Prosper Enfantin, fonde alors la « Société d’études du canal de Suez ». Puis il soumet à Méhémet Ali un projet tenant compte des corrections. Ce dernier n’y adhère pas, craignant les ingérences européennes que susciterait cette voie d’eau internationale. En revanche, son fils et successeur Saïd Pacha en sera convaincu par son ami Ferdinand de Lesseps, ancien consul de France à Alexandrie et à qui Linant avait communiqué son étude dès 1833.

Un chantier titanesque. En 1855, Saïd Pacha et Lesseps établissent la « Compagnie universelle pour le percement de l’isthme de Suez et l’exploitation d’un canal entre les deux mers ». La concession devait durer 99 ans à partir du jour de l’ouverture du canal. Puis le gouvernement égyptien, qui devrait recevoir chaque année 15 % des bénéfices nets de l’exploitation du canal, en deviendrait propriétaire. Les travaux, colossaux et compliqués en milieu désertique, débutent en 1859 et vont durer dix ans. Devant l’insuffisance de main-d’œuvre, le vice-roi recourt à la corvée. Chaque mois, 25.000 paysans viennent travailler sur le chantier dans de très mauvaises conditions et avec des outils rudimentaires. Plusieurs dizaines de milliers meurent au cours des premières années. Sous la pression internationale, Napoléon III arbitre en faveur de l’abolition de la corvée, mais exige une compensation financière pour dédommager la compagnie. De grandes dragues à vapeur sont alors mises en œuvre pour excaver, dégager les déblais et terrasser. Parallèlement, trois villes nouvelles sont bâties pour loger les employés de la Compagnie du canal : Port-Saïd au Nord, Ismaïlia et Port-Tawfiq au Sud. L’inauguration a lieu le 17 novembre 1869 (photo), en présence de 2.000 invités, dont l’empereur François-Joseph d’Autriche-Hongrie, de l’émir Abdelkader et surtout de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Celle-ci traverse le canal à bord du yacht impérial Aigle, en référence à Napoléon 1er. Le 24 décembre 1871, le khédive (vice-roi) Ismaïl Pacha fait jouer, au Caire, l’opéra « Aïda » de Verdi, dont le livret a été écrit par Auguste Mariette, fondateur de l’égyptologie avec Champollion. La statue de la Liberté, commandée au sculpteur Bartholdi et prévue à l’entrée du canal, ira finalement à New York.

Un enjeu stratégique. Quoique théoriquement neutre, la position stratégique suscite effectivement des convoitises extérieures. En 1875, la Grande-Bretagne rachète les parts du gouvernement égyptien dans la Compagnie du canal de Suez et en devient le principal actionnaire. En 1882, elle occupe l’Egypte, qui recouvre son indépendance en 1936. Le 26 juillet 1956, le président Gamal Abdel Nasser nationalise la compagnie pour assurer le financement de la construction du barrage d’Assouan, auquel les Etats-Unis ont refusé de participer. En octobre, la « crise de Suez » qui s’ensuit débouche sur une opération militaire conjointe de la Grande-Bretagne, de la France et d’Israël. Le canal sera ensuite l’enjeu des guerres entre l’Egypte et Israël de 1967 et 1973, jusqu’au traité de paix de 1979.

Loïc Salmon

Exposition « Le voyage de l’obélisque » au musée de la Marine

L‘Égypte en révolutions

L’exposition « L’épopée du canal de Suez » (28 mars-5 août 2018), organisée par l’Institut du monde arabe à Paris, présente des gravures, tableaux, documents, photos, modèles réduits des machines utilisées pour le percement et archives audiovisuelles. Un enregistrement vidéo, réalisé à partir de la passerelle d’un porte-conteneurs, donne une idée du paysage le long du canal. De 486 navires en 1870, le trafic annuel est passé à 21.250 en 1966, où le pétrole a représenté 72,6 % du fret. Le canal, fermé pendant la guerre israélo-arabe de 1973, reprend son activité deux ans plus tard avec 5.579 navires et jusqu’à 20.795 navires en 1980. Puis ce chiffre baisse régulièrement jusqu’à 14.142 en 2000, avant de remonter à 21.415 en 2008, année record, et se stabiliser à 17.300 navires/an entre 2009 et 2014. Parallèlement, le tonnage brut des navires est passé de 4.414 t en 1870 à 33.693 t en 1930, 150.000 t en 1980, 210.000 t en 2001 et 240.000 en 2008. A l’issue des travaux d’extension du canal et du creusement d’une nouvelle voie en 2015, le trafic journalier devrait passer de 49 navires en 2014 à 97 en 2023. Les recettes, de 5 Mds€ en 2015, pourraient atteindre 13 Mds€ en 2023.




Marine nationale : « Jeanne d’Arc 2018 », missions opérationnelles et de formation

Outre son volet « entraînement », le voyage annuel du Groupe école d’application des officiers de marine (GEAOM), dit « Mission Jeanne d’Arc », constitue un outil de connaissance et d’anticipation et un ensemble de moyens visibles pour intervenir loin.

Le GEAOM est déployé du 26 février au 20 juillet 2018 dans le Sud de la Méditerranée, la mer Rouge et les océans Indien et Pacifique. Il compte le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Dixmude, la frégate Surcouf et 5 hélicoptères (1 Alouette III Marine, 2 Gazelle de l’armée de Terre et 2 Wildcat de la Marine britannique). Son commandant, le capitaine de vaisseau Jean Porcher, s’est entretenu avec la presse, le 7 juin à Paris, en visioconférence à bord du BPC.

Les opérations. Le déploiement dans des zones d’intérêt stratégique pour la France permet un soutien naval à sa diplomatie, une interopérabilité militaire et une coopération internationale pour conduire une action militaire de haute intensité ou une opération de gestion de crise humanitaire. La préparation opérationnelle a inclus un exercice amphibie en Corse en février, puis des entraînements avec les forces maritimes libanaise, israélienne et égyptienne. En mars, l’exercice amphibie majeur « Wakri 18 » a mobilisé 300 militaires du 3ème Régiment d’infanterie de marine et du 5ème Régiment interarmes d’outre-mer, les moyens interarmées des forces françaises stationnées à Djibouti et 45 « marines » américains. En mai, le GEAOM a participé à l’exercice de soutien humanitaire « Komodo 2018 », qui a nécessité 35 navires et 27 aéronefs de 42 autres pays au large de l’île indonésienne de Lombok. En outre, il s’est entraîné avec les Marines de l’Inde, de Malaisie, de l’Indonésie, de Singapour, du Viêt Nam et de l’Australie, partenaires stratégiques de la France. En effet, environ 1,5 million de ressortissants des départements et territoires d’outre-mer et 200.000 expatriés résident dans la zone Indo-Pacifique. Les escales, équilibrées avec les différents pays de la zone, sont préparées en amont par la Direction des relations internationales et de la stratégie. En tant que membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU, la France contribue au respect de la liberté de navigation en mer de Chine méridionale. La « Mission Jeanne d’Arc » s’y est rendue en mai, avec des observateurs européens (militaires, réservistes et universitaires) pour montrer ce qui s’y passe et comment elle agit. Elle a patrouillé autour des atolls et îlots artificiels, où la Chine construit des ports et des aéroports, et y a recueilli des renseignements par radar, photos, caméras, drones et hélicoptères. Les échanges, courtois, avec les navires chinois, se sont faits selon le code de communication « Q », commun à 11 pays asiatiques, pour éviter toute incompréhension fâcheuse.

La formation « in situ ». Le GEAOM embarque 131 officiers-élèves, 35 cadres, 60 stagiaires (administrateurs des Affaires maritimes, médecins, sous-lieutenants de Saint-Cyr Coëtquidan, ingénieurs de l’armement et élèves de l’EDHEC), 25 marins de la flottille amphibie, 21 fusiliers marins, 7 membres du détachement drone, 9 commissaires « Marine », 10 officiers étrangers et 36 marins britanniques (pilotes d’hélicoptères, techniciens et soutien). Les missions de ces derniers portent sur le renforcement de la capacité « porte-hélicoptères d’assaut » du BPC et le partage de savoir-faire amphibie, pour intensifier l’intégration des forces armées franco-britanniques.

Loïc Salmon

L’océan Indien : espace sous tension

Asie-Pacifique : rivalités et négociations sur les enjeux stratégiques

Asie du Sud-Est : zone sous tension et appropriation territoriale de la mer




Marine et armée de Terre : « Bois Belleau 100 », exercices majeurs en interalliés

Pour la première fois, des exercices franco-américains ont eu lieu dans la zone de crise Méditerranée orientale, mer Rouge et golfe Arabo-Persique, dans le cadre du déploiement opérationnel interarmées « Bois Belleau 100 » du 21 novembre 2017 au 4 mars 2018.

Leurs déroulement et bilan ont été présentés à la presse, le 15 mars 2018 à Paris, par le capitaine de vaisseau Nicolas Vaujour, commandant du groupe amphibie « Bois Belleau 100 », et le « brigadier general » (général de brigade) américain Francis Donovan, commandant la Task force amphibie 51/5 du corps des « Marines ».

Procédures coordonnées. Pour la première fois, « Bois Belleau 100 » a été dirigé par un état-major binational, chargé de planifier des opérations interarmées, cyber et de renseignement. Il a mis en œuvre les moyens nécessaires : près de 700 militaires français et américains ; le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Tonnerre ; la frégate de défense aérienne Chevalier-Paul ; 1 hélicoptère Caïman Marine de la flottille 31 F, 1 Dauphin de la 35 F et 1 Panther de la 36 F ; 2 Caïman Terre et 2 Gazelle du 1er Régiment d’hélicoptères de combat ; 1 équipe médicale américaine ; 1 groupe tactique de « Marines » ; 1 détachement de la flottille amphibie ; 1 frégate américaine (périodiquement) ; 1 avion de patrouille maritime Atlantique 2 ; 1 section de la 9ème Brigade d’infanterie de marine ; le 5ème Régiment de cuirassiers, stationné à Abu Dhabi. La montée en puissance de « Bois Belleau 100 » a porté sur les manœuvres amphibies : évacuation de ressortissants ; projection, commandement et soutien d’une force à terre ; récupération tactique de personnes en zone de crise ; commandement d’opérations combinées ; raids aéroporté et maritime ; soutien médical d’une opération à terre. L’hôpital du Tonnerre a été placé sous commandement américain pendant toute la mission. Un premier grand exercice s’est déroulé dans le golfe d’Aqaba avec une frégate et un BPC égyptien. Un 2ème dénommé « Alligator Dagger » a mobilisé deux bâtiments américains au large de Djibouti. Le commandement du groupe amphibie franco-américain, assuré par la Marine française, est passé sous contrôle opérationnel américain en océan Indien. Le 3ème exercice, « Alligator Thunder », s’est déroulé à proximité du Koweït. Le croiseur américain Monterey a escorté le BPC Tonnerre. La frégate Chevalier-Paul a participé à la protection du porte-avions américain Théodore-Roosevelt.

Interopérabilité renforcée. Le groupe amphibie possède des capacités d’action en mer, pour la sécurisation des espaces et des voies maritimes, et des capacités de réponse aux crises de la mer vers la terre et à terre. Il renforce les moyens militaires français permanents dans la région, dont les forces prépositionnées à Djibouti et aux Emirats arabes unis. « Bois Belleau 100 » a permis d’élargir la capacité d’action amphibie commune à un niveau encore jamais atteint, face aux menaces transrégionales nécessitant des solutions multinationales et multi-domaines, a déclaré le brigadier general Donovan. Selon le capitaine de vaisseau Vaujour, « Bois Belleau 100 » a participé à l’évaluation de la situation dans le golfe d’Aden lors de son intégration aux forces opérationnelles combinées TF 151 et « Atalante » de lutte contre la piraterie et TF 150 contre le terrorisme. Enfin, la collecte et le partage d’informations entre le Tonnerre, le Chevalier-Paul et les armées de l’Air des pays riverains, contribuent à la liberté d’appréciation stratégique de la France.

Loïc Salmon

Marine nationale : mission « Arromanches 3 » du GAN en Méditerranée orientale

Océan Indien : CTF 150, synergie franco-britannique

Marines : outils de sécurité, du Moyen-Orient à l’océan Indien




Forces spéciales : réactivité maximale partout dans le monde avec les ERC

Les « embarcations rapides commandos » (ERC), prépositionnées ou déployées, permettent aux commandos marine d’effectuer opérations spéciales, interventions aéromaritimes de la mer vers la terre et actions de l’Etat en mer.

Elles ont fait l’objet d’une présentation à la presse, le 15 février 2018 à Paris, par un capitaine de frégate de la Force maritime des fusiliers marins et commandos (Forfusco).

Systèmes d’armes modulables. La Forfusco dispose de deux types d’ERC : l’Etraco (Embarcation de transport rapide pour commandos) et l’Ecume (Embarcation commando à usages multiples et embarquable). Toutes deux, capables d’embarquer jusqu’à 12 commandos équipés, sont employables depuis la terre par transport routier sur remorque. Pour les missions lointaines, elles sont déployables par mer sur les frégates multimissions (6.000 t), bâtiments de projection et de commandement ou bâtiments de soutien. En cas d’urgence, elles sont largables d’avions de transport tactique C-130 Hercules ou A400M Atlas. Longue de 8 m, l’Etraco déplace 2,4 t, emporte une mitrailleuse de 7,62 mm et navigue à plus de 50 nœuds (93 km/h). L’Ecume, qui a profité du retour d’expérience de l’Etraco, est modulable selon les missions, endurante et particulièrement manœuvrable même par gros temps. Elle présente une longueur de 9,3 m, un déplacement de 7 t, une vitesse supérieure à 40 nœuds (75 km/h), une capacité d’emport de 3 t et une autonomie en charge de 200 nautiques (370 km). La future frégate de taille intermédiaire (4.250 t) pourra en embarquer un ou deux.

Large spectre de missions. L’action de l’Etat en mer s’exerce sur l’ensemble des zones économiques exclusives de la France. Cela va de la lutte contre les narcotrafics jusqu’à 60 nautiques (111 km) au large des Antilles à celle contre la pêche illicite dans les zones maritimes de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française. S’y ajoutent la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée, le détroit de Malacca et au large de la Somalie et celle contre le crime organisé sur la côte libyenne. Celle contre le terrorisme s’étend de la Méditerranée orientale à la mer Rouge. Les ERC rendent possibles des opérations spéciales contre la terre, comme pénétrer de façon discrète dans un espace hostile, notamment pour recueillir du renseignement. Pour s’y préparer physiquement et mentalement et se maintenir à niveau, les commandos effectuent des raids nautiques de 1.200 km en 4 jours entre Lorient et Saint-Malo. Cet entraînement leur permettra de faire des raids de 100 nautiques (1.852 km), à partir d’un bâtiment porteur ou par aérolargage pour, par exemple, rattraper un navire détourné par des pirates. La capacité à conduire des assauts de vive force contre des adversaires en mer, explique le capitaine de frégate, nécessite de parcourir de longues distances, longtemps, et avec une importante réserve de puissance au moment de les intercepter et d’agir contre eux, sans leur laisser la possibilité de fuir. Une autre action contre la terre consiste à forcer le déni d’accès à une côte, lequel peut s’étendre jusqu’à 50 nautiques (90 km) en mer et sur des longueurs de plus en plus longues. Cela implique la participation des partenaires aériens et navals de la Forfusco, pour le transport jusqu’à la limite de la zone, et la mise à l’eau de senseurs, pour que les commandos puissent passer inaperçus. L’équipe ERC/hélicoptère Caïman permet de les récupérer. L’action à partir de sous-marins relève des nageurs de combat.

Loïc Salmon

Forces spéciales : création du commando Ponchardier de la Marine nationale

Forces spéciales Air : allonge, rapidité et puissance de feu