Les gendarmes du ciel

Trois générations ont déjà servi à terre et à bord des neuf types d’aéronefs des forces aériennes de la gendarmerie (FAG), depuis leur création en 1953.

Pendant ce temps et au prix de 25 personnels morts en service commandé, les FAG ont totalisé près de 750.000 heures de vol, au cours de 830.000 missions opérationnelles, portant notamment secours à 300.000 personnes. L’avion léger a été rapidement abandonné au profit exclusif de l’hélicoptère. L’aventure des FAG commence en 1950, quand le chef d’escadron Fouché, créateur des pelotons motocyclistes, découvre l’emploi des hélicoptères par la police de New York. Trois ans plus tard, les États-Unis acceptent de fournir des appareils à la France pour les secours ou évacuations sanitaires pendant la guerre d’Indochine. Au cours des six mois de la bataille de Dien Bien Phu (novembre 1953-mai 1954), les pilotes des armées de Terre et de l’Air et de la Gendarmerie effectuent 1.317 heures de vol en opération, pour 782 missions et 2.478 blessés évacués. Par la suite, les hélicoptères de la Gendarmerie seront peints en bleu pour les différencier de ceux de l’armée de Terre (kaki). Leurs opérations de secours en montagne donneront naissance à « l’hélitreuillage ». La longueur du câble est passée de 25 m sur l’hélicoptère Alouette III à 90 m sur l’EC145, permettant des opérations de treuillage et de dépose/récupération au-dessus de 2.000 m. Rien que dans le massif du Mont-Blanc, les FAG ont totalisé à la fin de 2014 : 4.343 missions de secours ; 4.488 personnes secourues ; 8.620  hélitreuillages ; 28.983 posés en haute montagne (Alouette II et III, Écureuil et EC145).  Aujourd’hui, les FAG disposent de 29 bases opérationnelles : 23 en métropole et 6 en outre-mer. Disponibles à 85 %, les aéronefs des FAG sont dotés d’équipements renforçant leurs capacités opérationnelles : nombreuses liaisons radio directes ;  gestion automatisée du pilotage ; facilité des déplacements grâce à une cartographie embarquée ; descente en rappel ou corde lisse ; treuils. Leurs missions sont multiples : sécurité routière ; appui lors d’un transfèrement judiciaire par voie terrestre, pour éviter  les tentatives d’évasion ; reconnaissance de zones sensibles ; maintien de l’ordre (renseignement en direct de l’autorité) ; surveillance du réseau SNCF ; vols de reconnaissance et de surveillance générale du territoire national. Depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis, les FAG participent à la sécurisation des grands évènements internationaux de types sommets du G8, du G20 et de l’OTAN, 60ème et 70ème anniversaires du débarquement de 1944, avec transport d’éléments d’intervention et d’appui, dont des tireurs embarqués. Elles contribuent aux enquêtes judiciaires : recueil de renseignement et recherches d’indices, de malfaiteurs et de personnes disparues. L’hélicoptère est en effet souvent sollicité pour préparer une mission de police avec le Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale ou le RAID (Police nationale). Sur le plan international, le Commandement des forces aériennes de la gendarmerie nationale a conclu des accords avec ses homologues marocain (formation et entraînement) et allemand (échanges de procédures technico-opérationnelles). Enfin, il développe des liens de coopération avec les unités aériennes de police d’Afrique du Sud, du Botswana et de Namibie.

Loïc Salmon

Gendarmerie : un musée national directement accessible

L’histoire de l’Aviation légère de l’armée de terre 1794-2014

Drones civils : avantages, mais aussi sources de menaces complexes et évolutives

« Les gendarmes du ciel », ouvrage collectif. Éditions Pierre de Taillac, 240 pages, 450 photos, 35 €.




07ème Bataillon de chasseurs alpins

Titulaire des croix de Guerre 1914-1918 et 1939-1945 et de celle de la Valeur militaire, le 7ème Bataillon de chasseurs alpins (BCA) a été décoré de la Médaille britannique de Crimée (1855) et de la Médaille interalliée de la victoire (1945).

Fondé en 1840 par le duc Ferdinand-Philippe d’Orléans, fils aîné de Louis-Philippe, il sera d’abord régiment de chasseurs à pied avant de devenir « alpin » en 1888. Son destin reste lié à la famille d’Orléans. En effet, l’un des descendants directs du duc, le sous-lieutenant François d’Orléans, a été tué au combat en Algérie en 1960. Sa tante, Isabelle, était devenue marraine du 7ème BCA en 1957 et le resta jusqu’à son décès en 1983. Sa nièce, Hélène, lui a alors succédé, avant de passer le flambeau à sa propre nièce, Marie, en 2009. Le bataillon connaît son premier fait d’armes en 1845, lors de la conquête de l’Algérie, où une compagnie de 80 hommes sera presque totalement anéantie à  Sidi-Brahim. Il est ensuite engagé en Italie (1851-1853), en Crimée (1855-1856), au Mexique (1862-1867), à nouveau en Algérie (1853-1855), en Tunisie (1881) et au Maroc (1912-1913). C’est en pensant à lui et au 14ème BCA que le maréchal Lyautey définira ainsi « l’esprit chasseur » : « C’est la rapidité dans l’exécution de gens qui pigent et qui galopent. C’est l’allant, c’est l’allure, c’est le chic ! C’est pour les chefs le sens social dans le commandement, c’est l’accueil aimable. C‘est servir avec le sourire, la discipline qui vient du cœur. C’est le dévouement absolu qui sait aller, lorsqu’il le faut, jusqu’au sacrifice total ». Pendant le premier conflit mondial, le 7ème BCA ne combat pas à Verdun, mais participe aux batailles de la Somme, du Chemin-des-Dames et d’Ypres. En 52 mois de guerre, il perd 43 officiers, 126 sous-officiers et 1.016 caporaux et chasseurs. Il reçoit la fourragère aux couleurs de la croix de Guerre en 1919. Malgré sa dissolution le 1er septembre 1940, certains chasseurs rejoignent le maquis jusqu’à leur intégration dans l’armée du général de Lattre de Tassigny en septembre 1944. Reconstitué en 1948, le 7ème BCA rejoint encore une fois l’Algérie en 1955. Il y encadre notamment des commandos de chasse, forces spéciales de contre-guerilla, dans le cadre du plan Challe en 1959. Un chef de section témoigne : « Concrètement, il s’agit d’équipes de six à dix chasseurs, quelques fois plus, recevant la mission de se rendre discrètement à un point, par exemple, un carrefour obligé de pistes ou une cache récemment « traitée », de s’y camoufler pour être totalement invisibles pendant la journée et éveillés et prêts à agir dès la tombée de la nuit ». Par la suite, le 7ème BCA sera engagé au Liban, dès 1984 et à plusieurs reprises, sous l’égide de l’ONU. Il a participé à l’opération « Baliste » d’évacuation de 2.000 personnes des ports de Beyrouth et Naqoura vers Chypre en 2006. Sous mandat des Nations unies, il a été déployé dans les Balkans (Bosnie-Herzégovine, Krajina et Kosovo) entre1992 et 2005.  Comme toutes les unités françaises, le 7ème BCA sera professionnalisé en 2001. Missions de courte durée ou opérations extérieures se succèdent alors : Tchad (2000, 2003 et 2008) ; Sénégal (2001) ; Afghanistan (2002, 2007-2008, 2009 et 2012) ; Côte d’Ivoire (2002-2012) ; Cameroun (2005-2006) ; République centrafricaine (2009-2014) ; Gabon (2012) ; Mali (2013-2014). Le 7ème BCA participe aussi à la protection du territoire national en outre-mer (Nouvelle-Calédonie) et en métropole, dans le cadre du plan Vigipirate.

Loic Salmon

Les chasseurs alpins du 13ème BCA

« Le 7ème Bataillon de chasseurs alpins », ouvrage collectif. Éditions Pierre de Taillac, 272 pages, plus de 450 documents, 29,90 €.




Unité FÉLIN, assaut final

Après la littérature et le cinéma, la bande dessinée s’invite aux opérations spéciales et à la recherche du renseignement par des moyens clandestins, haute technologie à l’appui !

Ce sixième tome de la série « Unité FÉLIN » raconte une histoire romancée, qui tente de coller au plus près d’une réalité possible. Elle est suivie d’explications techniques avec photos du 2ème Régiment d’infanterie de marine à l’entraînement. Ces soldats, qui se déplacent en VBCI (véhicule blindé du combat d’infanterie), disposent de l’équipement « FÉLIN » (Fantassin à Équipement et Liaisons INtégrés). Le système FÉLIN combine lunettes de tir jour-nuit à longue portée, jumelles infrarouges multifonctions, radio individuelle cryptée et terminal tactique affichant les positions GPS de chaque équipier. Il a fait ses preuves au cours des opérations en Afghanistan (2012), au Mali (2013) et en Centrafrique (2013). Conçu et fabriqué en France, il démultiplie les savoir-faire du combattant en termes de précision du tir, de combat diurne et nocturne, de renseignement et de coordination. Grâce à l’optronique (optique + électronique) et l’informatique, l’observation et le tir ont été optimisés pour le combat en zone urbaine. Ainsi, la visée déportée permet au fantassin d’observer un objectif et de le neutraliser sans s’exposer à la zone de danger et aux tirs adverses. Mais comme « FÉLIN » fait aussi penser aux tigres, léopards, panthères ou guépards, les auteurs de la série ont imaginé la saga d’un groupe expérimental de combat hors normes, « l’Unité FÉLIN ». Au début, celle-ci compte 9 membres (7 hommes et 2 femmes), issus des unités d’élite de l’armée de Terre française et travaillant pour le service « action » de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Ils disposent de moyens dignes de la force spéciale américaine « Navy Seal 6 » qui, en 2011, a  neutralisé Oussama Ben Laden, chef de l’organisation terroriste Al Qaïda. Leurs profils et leurs indicatifs radio, présentés au début de chaque album, donnent une idée de ce qui va suivre. Le chef, le commandant Max Navarone, a pour indicatif radio « Zeus », le roi des dieux grecs… qui lance la foudre ! Après une dizaine d’années au sein du 13ème Régiment de dragons parachutistes et quelques missions derrière le rideau de fer avant la chute de l’URSS, il a intégré la DGSE et a servi au service action. Son adjoint, le capitaine Chango Konan (« Scipion »), est un ancien nageur de combat de la DGSE. Le sergent-chef Attila Khan (« Hun »), d’origine turque, vient du 2ème Régiment étranger de parachutistes. Le sergent Yann Jason (« Hack »), spécialisé dans la guerre électronique, a commencé sa carrière à la Direction du renseignement militaire. Le lieutenant féminin Jana Moon (« Spectre »), championne de voltige aérienne, a fait ses premières armes comme pilote dans l’Aviation légère de l’armée de Terre. Son « officier systèmes d’armes », l’adjudant Boris Rosoff (« Vodka » !) a déserté l’armée russe après les guerres en Tchétchénie. Le sergent Frank Néro (« Cerbère ») est un ancien tireur d’élite longue distance du 1er Régiment de parachutistes d’infanterie de marine. L’adjudant Lino Tonacci (« Vulcain »), expert en explosifs et démolition, a été formé au 2ème Régiment étranger d’infanterie. Nadja El-Jalila (« Viper » !), issue du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale, a intégré le Commandement des opérations spéciales. Toutefois, les trois derniers sont morts au combat au cours des albums précédents.

Loïc Salmon

Espionnage : de la réalité à la fiction par l’écriture

Renseignement et cinéma : des logiques difficilement compatibles

Nom de code Geronimo

« Unité FÉLIN, assaut final », bande dessinée Éditions Dupuis/ Zéphyr BD, 64 pages.




13 ème Régiment de dragons parachutistes, de la cavalerie aux forces spéciales

Ouvrir le feu signifie l’échec de la mission au 13ème Régiment de dragons parachutistes (RDP), où la discrétion est un impératif absolu ! Décoré de la croix de la Valeur militaire avec trois palmes,  il est en effet chargé du renseignement pour les grands chefs militaires et les décideurs politiques.

Ce livre, abondamment illustré et rempli de témoignages d’anciens qui y ont servi, présente les particularités de ce régiment blindé, breveté parachutiste en 1952. Héritier des « dragons de l’Impératrice » (Eugénie), il a, depuis 1959, pour marraine Alix, princesse Napoléon, qui en sera faite « 1ère classe d’honneur »…40 ans plus tard. Compte tenu des expériences des patrouilles américaines de reconnaissance dans la profondeur, du Groupement de commandos mixtes aéroportés pendant la guerre d’Indochine et du 11ème Régiment de parachutistes de choc pendant celle d’Algérie en matière de renseignement sur les arrières de l’adversaire, le 13ème RDP est transformé en « régiment de recherches à participation interarmes » en 1963. A l’époque, l’affrontement total avec l’URSS paraissant inéluctable, il a pour mission d’acquérir le renseignement sur l’avancée des chars soviétiques et tchèques. Malgré la construction du mur de Berlin en 1961, les accords internationaux stipulent que les forces d’occupation françaises, britanniques, américaines et soviétiques ont accès à toute la ville, à l’Ouest comme à l’Est. Les hommes du 13ème RDP profitent alors de l’implantation de la Mission militaire de liaison à Postdam au milieu du Groupe des forces soviétiques en Allemagne. Les escadrons de recherche reçoivent très tôt des postes de radio utilisant des ondes ionosphériques à 500 km de distance. Rattaché à la 1ère Armée, le 13ème RDP relie les fonctions « recueil », « traitement » et « diffusion » du renseignement par les techniques de transmission les plus nouvelles, afin de répondre aux évolutions du contexte d’emploi. Les procédures et dispositifs opérationnels sont mis au point lors d’exercices OTAN. Ainsi, de nombreuses équipes autonomes, composées d’une cellule d’observation (1 officier et 1 observateur) et d’une cellule radio (1 sous-officier-radio et 2 soldats), sont mises en place par héliportage ou parachutage jusqu’à plusieurs centaines de km en territoire adverse. Elles s’enterrent profondément dans des caches et y vivent plusieurs semaines. Leurs messages chiffrés permettent de déduire le volume, la direction et l’identification des unités adverses. La récupération des équipes, dans un laps de temps variable selon les conditions tactiques, se fait par hélicoptère ou même par une « exfiltration » qui peut durer deux à trois semaines. Cela implique un entraînement à la survie dans les conditions les plus extrêmes. Cette expérience sera mise à profit en Afrique et au Moyen-Orient. Dans les années 1980, sont mis en œuvre un système d’aide au traitement des informations, à la gestion et au commandement des équipes de recherche ainsi que l’automatisation de la diffusion du renseignement, du capteur à l’employeur. Après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis, le 13ème RDP est rattaché au Commandement des opérations spéciales et s’entraîne avec le 1er Régiment de parachutistes d’infanterie de marine et le 4ème Régiment d’hélicoptères des forces spéciales. Tous sont déployés en Opex.

Loic Salmon

Renseignement militaire : clé de l’autonomie stratégique et de l’efficacité opérationnelle

Forces spéciales : création du commando Ponchardier de la Marine nationale

« De la cavalerie aux forces spéciales » par Jean-Dominique Merchet. Éditions Pierre de Taillac, 208 pages, 35 €.




Les Animaux et les Armées

Auxiliaires de combat, portefaix, moyens de transport, compagnons de parade ou mascottes, les animaux continuent d’accompagner les troupes, malgré la motorisation engagée depuis un siècle.

L’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD) leur rend hommage en 60 photos, prises dans une vingtaine d’unités. Sur les 14 millions d’animaux enrôlés pendant la première guerre mondiale, 120.000 seront décorés pour faits de guerre. Les animaux consommateurs de rats et d’autres rongeurs sont très appréciés dans les bateaux et les tranchées. Le Service de chiens de guerre, créé en 1915, comptera 15.000 recrues. Certains sont postés comme guetteurs dans les postes d’écoute. Le transport de munitions mobilise 450 chiens de traîneaux. Les chiens-secouristes vont chercher les blessés sur le champ de bataille, sous les tirs croisés des deux camps. En 1939, des chiens peuvent embarquer à bord de sous-marins pour détecter les gaz toxiques. Dès mars-avril 1940, les équipes cynophiles de la 5ème Armée entraînent des chiens pour la garde, le pistage, la détection de mines et la recherche des blessés. En 2010, des binômes soldat/chien partent en opération en Afghanistan. Les détachements d’ouverture d’itinéraires piégés utilisent des chiens pour la reconnaissance et la détection de mines. Le 14 juillet 2014, le 132ème Bataillon cynophile de l’armée de Terre défile sur les Champs-Élysées à Paris, comme la traditionnelle Garde républicaine à cheval (photo). Plus noble conquête de l’Homme, le cheval paie d’un million de morts sa participation au premier conflit mondial, notamment lors des reconnaissances en première ligne. Il continuera à remplir des fonctions logistiques pendant le second. C’est à cheval, avec une cage sur le dos, que se déplacent les équipes du Service colombophile, qui réquisitionne 60.000 pigeons pour servir d’agents de liaison dans les armées. En 1940, des mulets, au pied sûr, sont acheminés par bateau à partir de Brest pour la campagne de Norvège, afin d’assurer la logistique en terrain difficile. Chaque mule de la 5ème Armée peut transporter plus de 150 kg de charge. Les ânes ne sont pas en reste. Utilisés pour le transport de vivres, d’armes et de munitions jusque dans les tranchées pendant la guerre de 1914-1918, plusieurs milliers meurent, fauchés par la mitraille ou noyés dans les trous d’obus remplis d’eau. En 1982, les soldats du Bataillon français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban partent en patrouille avec un âne, qui porte leur barda. Les dromadaires, bien connus des garnisons en Algérie avant la première guerre mondiale, restent les montures idéales en milieu désertique pour le 5ème Régiment interarmes d’outre-mer. Enfin, les mascottes varient selon les unités et les théâtres d’opérations. La chèvre, symbole de courage et d’agilité, plaît aux soldats de la 3ème Armée durant la « drôle de guerre » (1939-1940). Pour le 3ème Régiment de tirailleurs algériens engagé dans les Vosges en 1944, c’est le singe. Des soldats du 19ème Bataillon de chasseurs à pied préfèrent le chien, fidèle compagnon. Les régiments de la Légion adoptent des chats pendant la guerre d’Indochine, puis des béliers, boucs, moutons et chèvres pendant celle d’Algérie, ou une mangouste en Côte d’Ivoire en 2003. L’aigle, pourtant mascotte des hommes du 1er Régiment de chasseurs parachutistes en 1945, a été détrôné par l’épervier (« charognard »)…sur leurs épaulettes !

Loïc Salmon

Les cavaleries de l’Histoire

Défilé 14 juillet 2014

« Les Animaux et les Armées »  ECPAD, agence d’images de la défense, 10 €.

Boutique : <http://www.boutique.ecpad.fr>




100 ans de photographie aux armées

Créé en 1915, l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD) raconte dans un album l’épopée des photographes militaires, ces « soldats de l’image », en noir et blanc puis, progrès oblige, en couleur.

Son centenaire a fait l’objet d’une exposition (10 février-6 avril 2015) au musée de l’Armée, inauguré… en 1905 ! L’ECPAD, qui aura changé plusieurs fois d’appellation en un siècle, dispose d’un fonds de plus de 10 millions d’images sur la vie militaire et les conflits auxquels la France a participé. L’album présente, en français et en anglais, les thèmes abordés dans l’exposition, en vue de témoigner ou de mettre en valeur quelques photographes engagés dans les forces françaises. Ainsi, la période de 1915 à 1917 est rappelée par « Photographier la mort et la blessure pendant la première guerre mondiale » (Pierre Machard), « La Grande Guerre à Paris » et « Un pionnier du cinéma dans la guerre » (Albert Samama-Chikli). Celle de 1944-1945 apparaît avec des images de France, d’Allemagne et d’Italie : « Photographier les libérations » (Louis Viguier) ; « Un regard humaniste sur la guerre » (Germaine Kanova, qui sera décorée de la croix de Guerre pour son courage) ; « Photographe de l’armée d’Afrique » (Jacques Belin). Entre 1951 et 1957, André Branlard montre la reconstruction de l’armée de l’Air et de la Marine nationale, grâce aux États-Unis, et aussi la renaissance d’une industrie militaire autonome. La guerre d’Indochine (1946-1954) est présentée notamment par Pierre Ferrari, avec le 3ème Bataillon de parachutistes vietnamiens contre le Viêt Minh et la diversité des soldats du Corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient (ultramarins, vietnamiens, marocains et métropolitains). La façon de procéder de Ferrari, au plus près de l’action, sera reprise par de nombreux photographes presse lors de la « guerre américaine » du Viêt Nam (1955-1975). Un autre reporter, Paul Corcuff, parachuté avec le 6ème Bataillon de parachutistes coloniaux du commandant Bigeard, en partage les conditions de vie et l’épuisement. Ses photos de la réalité du terrain seront soumises à la censure militaire, en raison du contexte international tendu. Il sera pourtant cité à l’ordre de l’armée pour un reportage « aussi précieux au Haut Commandement qu’à l’information internationale ». Jean Péraud et Daniel Camus, qui couvrent la bataille de Dien Bien Phu, pourront envoyer à temps leurs pellicules au Service Presse Information, avant d’être fait prisonniers. Pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), les photos servent à alimenter les journaux de l’armée, la presse internationale et… les documents de propagande édités par les autorités  françaises. Il s’agit de légitimer la présence française avec les résultats des opérations et l’imbrication du civil et du militaire (instituteur et médecin militaire). Marc Flament, affecté à la 10ème Division parachutiste, prend 30.000 clichés du conflit. Certains, largement exploités et diffusés localement, montrent la dureté des combats. Les photos de Joël Brun, prises après l’attentat de l’immeuble Drakkar à Beyrouth le 23 octobre 1983, constituent un hommage posthume aux 58 parachutistes tués. Suivent les opérations militaires en Irak (1990-1991), dans les Balkans (1993-2003), en Afghanistan (2007-2009) et au Mali (2013), sans oublier les secours après le tremblement de terre à Haïti (2010).

Loïc Salmon

« 100 ans de photographie aux armées »  ECPAD, agence d’images de la défense, 14 €.

Boutique : <http://www.boutique.ecpad.fr>




L’Inde face à son destin

Cliente traditionnelle de l’Union soviétique pour ses avions de combat, l’Inde a finalement choisi de renouveler sa flotte par l’acquisition de 36 Rafale français en 2015. Toutefois, elle a dû renoncer à un transfert de technologie, malgré son essor économique et ses capacités scientifique et industrielle.

L’Inde possède en effet des pôles d’excellence reconnue dans les biotechnologies, l’industrie pharmaceutique, la production de logiciels et l’industrie spatiale. Plus de trois millions de diplômés sortent chaque année des universités et des grandes écoles, dont 300.000 ingénieurs et informaticiens. Beaucoup de jeunes partent se former aux États-Unis et en Grande-Bretagne. La diaspora indienne, estimée à 25 millions de personnes, donne à New Delhi une ouverture sur le monde, surtout au Moyen-Orient, en Europe et aux États-Unis, mais aussi autour de l’océan Indien et dans l’océan Pacifique. Elle est à l’origine de 9 % des investissements directs en Inde et de 3 % du produit national brut par les 26 Md$ envoyés chaque année par les expatriés à leur famille. Un ministère a été spécialement créé pour les Indiens résidant à l’étranger, dont l’importance est désormais reconnue par New Delhi. Une chaîne de télévision, diffusée sur internet, leur est dédiée pour leur permettre de rester connectés avec leur pays d’origine et y attirer leurs investissements. Depuis l’indépendance de la tutelle britannique en 1947, l’Inde a fait passer sa politique étrangère du non alignement entre les deux blocs de la guerre froide (1947-1989) à la puissance nucléaire… et n’a pas encore signé le traité de non-prolifération nucléaire ! En 2014, elle a conclu un accord d’achat d’uranium à l’Australie, qui détient 40 % des réserves mondiales. Les relations avec le Pakistan restent tendues, en raison du partage territorial du Cachemire après l’indépendance et où l’Inde a une frontière commune avec la Chine. Toutefois, depuis 1991, Islamabad et New Delhi se communiquent chaque année la liste de leurs installations nucléaires qu’elles s’engagent à ne pas attaquer et s’informent avant tout essai de missiles balistiques… à l’exception des missiles de croisière ! Un mécanisme de lutte commune contre le terrorisme a été défini. Pour contrer les velléités d’expansion territoriale de la Chine au Cachemire, l’Inde cherche à signer des accords commerciaux, énergétiques et militaires avec d’autres pays d’Asie. Son inquiétude est notamment partagée par le Japon, quoique tous deux entretiennent d’importantes relations commerciales avec elle. Les essais nucléaires de l’Inde avaient eu pour effet l’imposition de sanctions économiques par les États-Unis et le japon, qui furent toutefois allégées par la suite en raison de la puissance militaire croissante de la Chine dans la région. Effritées avec l’effondrement de l’URSS, les relations de l’Inde avec la Russie se sont améliorées depuis 2000. Dans le cadre d’un partenariat stratégique, les deux pays se sont engagés à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et à lutter contre le terrorisme international (Cachemire pour l’Inde et Tchétchénie pour la Russie). Sur l’Afghanistan, ils partagent les mêmes inquiétudes quant au terrorisme, au trafic de drogue et à l’instabilité qui menace l’Asie centrale. Quant à la crise avec l’Ukraine, l’Inde a déclaré, en 2014, que la Russie y a des « intérêts légitimes », allant ainsi beaucoup plus loin que la Chine et l’Iran, qui ont exprimé leur « préoccupation ». Mais pour l’Inde, la Russie a perdu son statut de superpuissance et apparaît comme un pays pauvre.

Loïc Salmon

Inde : industrie spatiale civile, mais de plus en plus militaire

L’océan Indien : espace sous tension

Les Compagnies des Indes

« L’Inde face à son destin » par Olivier d’Auzon. Éditions Lavauzelle156 pages.




L‘Égypte en révolutions

Longtemps dépendante des États-Unis en matière d’armement, l’Égypte a pourtant commandé 24 Rafale à la France en 2015. Cette volonté de diversification n’est pas étrangère au retour au pouvoir d’un militaire, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, après le « printemps arabe » de 2011.

Cet ouvrage explique comment l’organisation des Frères musulmans (FM) n’a pas su profiter durablement de la révolution, qui les avait amenés à diriger l’Égypte. L’un des siens, Mohammed Morsi a été le premier civil élu président de la République au suffrage universel le 17 juin 2012, puis démis de ses fonctions le 3 juillet 2013 par le ministre de la Défense Al-Sissi, général à l’époque. La révolution résulte de cinq dynamiques distinctes : révolutionnaire, libérale, islamiste, syndicale et militaire. Lancée par une minorité d’activistes, elle est récupérée par deux institutions : les FM et les forces armées. Le pouvoir législatif, dominé par les FM et les salafistes (islamistes) après les élections de l’automne 2011, entre en conflit avec les fonctionnaires les plus puissants de l’État : les magistrats et les militaires. La révocation d’un procureur général remet en cause l’inamovibilité des juges et l’indépendance même de la justice. De même, la limitation de 19 à 11 des membres de la Cour constitutionnelle dans le projet de nouvelle constitution est perçue comme une atteinte supplémentaire à l’indépendance de la magistrature. Les juges se sentent attaqués, en tant que profession, par la présidence. Par ailleurs, voyant en l’institution militaire un pilier de la préservation de la continuité de l’État, les FM la ménagent et s’engagent, à plusieurs reprises, à respecter les accords de Camp David (1978), préliminaires au traité de paix avec Israël et conclus sous la médiation des États-Unis. Ceux-ci considèrent les militaires comme leurs vrais partenaires stratégiques et souhaitent une entente minimale entre eux et les FM. Quoique d’accord sur le plan de la sécurité intérieure, les deux parties divergent sur la sécurité nationale concernant le canal de Suez, la bande de Gaza et la frontière soudanaise. Par ailleurs, dès novembre 2012, les FM reprennent en main les mobilisations ouvrières par une criminalisation des manifestations et une tentative de contrôle des organisations syndicales. En juin 2013, l’Organisation  internationale du travail remet l’Égypte sur la liste noire des pays ne respectant pas les libertés syndicales. Parallèlement, l’orientation libérale du régime en matière économique, sa volonté de rassurer les investisseurs et les négociations en cours avec le Fonds monétaire international l’incitent au compromis avec les milieux d’affaires. Ainsi, l’entourage présidentiel compte des jeunes cadres islamistes, souvent formés aux États-Unis et au Canada et disposant de relais dans les cercles d’affaires internationaux. Par ailleurs, des dispositions sont prises pour faire pression sur les médias. Il y a plus de procès pour insulte au président de la République ou atteinte à l’islam que sous le long règne d’Hosni Moubarak, renversé par la révolution. En outre, les FM autorisent le maintien de certains réseaux des services de sécurité de l’ère Moubarak. Enfin, des groupes djihadistes, très hostiles aux accords de Camp David et à l’État répressif, sont apparus dans le Sinaï après la chute de Moubarak et ont accru leur influence.

Loïc Salmon

Gouverner au nom d&rsquo;Allah

Renseignement : pouvoir et ambiguïté des « SR » des pays arabes

Moyen-Orient : chaos interne et répercussions périphériques

« L’Égypte en révolutions », ouvrage collectif sous la direction de Bernard Rougier et Stéphane Lacroix avec le concours du Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales du Caire. Éditions PUF, 324 pages, 27 €.




Opération Serval, notes de guerre, Mali 2013

Véritable immersion dans l’opération « Serval », ce livre lève le voile sur les multiples préoccupations, et les émotions, du général qui doit suivre les événements, être joint à tout moment et prendre les bonnes décisions à temps.

Bernard Barrera l’a rédigé à partir de ses lectures, de son expérience et de ses notes quotidiennes du 12 janvier, quand il reçoit un appel du Centre de planification et de conduite des opérations à Paris, au 7 mai à son retour en France. Il vient de tourner une des pages les plus intenses de sa vie d’officier. Il a dû mener des combats aéroterrestres, en liaison avec les contingents africains, et s’occuper des affaires civilo-militaires. Après les brèves interventions des forces spéciales, il s’agit de reprendre les villes de Tombouctou, Tessalit et Gao aux djihadistes, de les pourchasser et de les neutraliser, en vue d’une normalisation politique du Mali. La manœuvre retenue ressemble aux exercices de l’École de guerre et l’itinéraire à celui de l’expédition française de Bamako à Tombouctou …en 1894 ! Dans une précédente affectation au cabinet militaire du Premier ministre, le colonel Barrera a étudié les données opérationnelles de la région. Devenu général, il fait présenter la situation, par son PC, au ministre de la Défense venu à Gao le 26 avril, avec les moyens de renseignement (écoutes électromagnétiques tactiques, drones et échanges avec la population), le repérage d’un groupe adverse et sa destruction par un tir d’artillerie. Il présente régulièrement aux médias les missions en cours et les possibilités de reportage au sein des unités, en fonction des contraintes opérationnelles et des consignes reçues. La brigade « Serval » doit aussi tenter de libérer les otages français, détenus à l’époque dans la région, et éviter que les journalistes présents sur place ne le soient à leur tour. Depuis le début de l’opération, s’y ajoute la pression des autorités politiques pour accélérer l’opération et aller plus loin et plus vite. Après la reconquête des villes, l’adversaire fuit le combat. Pour garder l’initiative sur lui, l’état-major doit déterminer zones et actions successives. Grâce à la méthode de raisonnement tactique, les options sont identifiées à partir de l’étude des djihadistes, du terrain, du cadre espace-temps et de la mission. Chaque mouvement est pensé selon les moyens logistiques et d’évacuation sanitaire. Dans les situations d’urgence en zone urbaine, il s’agit de bien se coordonner avec les alliés, afin d’éviter les tirs fratricides et les pertes collatérales parmi la population omniprésente. Avec sa conseillère juridique, le général élabore les règles d’ouverture du feu, variables selon les cas de figure, et les conduites à tenir vis-à-vis des prisonniers et des enfants-soldats. La découverte de ces derniers par les militaires français, qui ont des enfants du même âge, provoque chez eux un choc comparable aux pertes, subies et assumées, dans leurs rangs. Outre la chaleur, la gastro-entérite à répétition et l’usure précoce des matériels, ils font face aux attaques « asymétriques » : pistes minées, assassinats et attentats-suicides de djihadistes drogués à la kétamine, qui inhibe la peur et anesthésie la douleur des blessures. Les soldats de la brigade « Serval » ont réussi leurs missions grâce à leur courage et leur professionnalisme, souligne le général Barrera. Jeune lieutenant, il avait d’abord commandé des appelés en Allemagne, face à la menace soviétique.

Loïc Salmon

Armée de Terre : retour d’expérience de l’opération « Serval » au Mali

Armée de Terre : l’arme blindée cavalerie de demain après l’intervention au Mali

Lieutenants en Afghanistan, retour d&rsquo;expérience

« Opération Serval notes de guerre Mali 2013 » par le général Bernard Barrera. Éditions du Seuil, 448 pages, 21,50 €




Churchill De Gaulle

De leur rencontre en 1940 à leurs héritages, de leur « mésentente cordiale » à leur admiration réciproque, le catalogue de l’exposition « Churchill-De Gaulle » retrace le parcours de ces personnages historiques.

Leur heure de gloire sonne le 9 juin 1940, quand Winston Churchill (65 ans), qualifié dans ses mémoires de « romantique » par Charles De Gaulle (49 ans), rencontre celui qu’il appellera plus tard « l’Homme du Destin ». Dans son enfance, Winston souffre du manque d’affection de ses parents. Son père, grand aristocrate, ne pense qu’à sa carrière politique, et sa mère, riche héritière américaine, est accaparée par ses amants. Charles naît dans une famille bourgeoise de Lille. Son père, professeur, lui fait découvrir l’Histoire  et sa mère voue à la patrie une passion égale à sa piété religieuse. Élève exemplaire, Charles se transforme en  intellectuel doté d’une solide formation classique, alors que Winston, « cancre » aux lectures éclectiques et hétéroclites, devient un autodidacte brillant. Nantis d’une mémoire phénoménale, tous deux partagent la même passion pour le métier des armes et l’histoire militaire de leurs pays respectifs et entament une carrière militaire. Pour Churchill, ce ne sera qu’un tremplin pour réussir très jeune en politique, où De Gaulle, soldat par vocation, n’entrera que par défaut et sur le tard. Ce dernier portera des jugements mitigés sur Napoléon, que le premier admirera profondément toute sa vie. Leur formation initiale d’officier les prépare à servir l’État avec passion. La première guerre mondiale est leur première expérience commune. Premier Lord de l’Amirauté dès 1911, Churchill  a modernisé la flotte, amélioré les conditions de vie des marins et créé une aviation navale, mais porte, en 1915, la responsabilité de l’échec de l’expédition des Dardanelles. Il rejoint alors le front en Flandre, de novembre 1915 à mai 1916. Le lieutenant De Gaulle, trois fois blessé et fait prisonnier en 1916, ne sera libéré que le 11 novembre 1918. Une vingtaine d’années plus tard, l’accès aux responsabilités suprêmes les transforme en chefs de guerre, où le pouvoir civil décide en dernier ressort en matière militaire. Tout en reconnaissant en De Gaulle « la France en lutte »,  le gouvernement britannique maintient des contacts avec celui de Vichy en 1940 et 1941. La méfiance entre le général et le Premier ministre s’installe après l’échec du débarquement à Dakar en 1940 et les conquêtes, réalisées uniquement sous commandement britannique, de la Syrie (sous tutelle française) en 1941 et de Madagascar (colonie française) en 1942. Elle sera exacerbée après l’entrée en guerre des États-Unis en 1941, dont le président, Franklin Roosevelt, ignore De Gaulle. Comme pour le débarquement en Afrique du Nord en 1942, Roosevelt refuse de l’associer aux préparatifs de celui du 6 juin 1944 en Normandie. Toutefois, l’accueil enthousiaste des Français réservé au général le 14 juin incite Roosevelt à reconnaître le chef du gouvernement provisoire de la République française en octobre. Le 11 novembre suivant, Churchill et De Gaulle descendent ensemble les Champs-Élysées (photo) et s’inclinent devant la statue de Clemenceau, la tombe du maréchal Foch et le tombeau de Napoléon. A son retour au pouvoir en 1958, De Gaulle exprimera sa reconnaissance à Churchill en lui décernant la croix de la Libération. Ce dernier aurait déclaré un jour que la croix de Lorraine…aurait été « la plus lourde » des croix qu’il ait eu à porter !

Loïc Salmon

Exposition « Churchill-De Gaulle » aux Invalides

Les généraux français de 1940

Maréchaux du Reich

« CHURCHILL DE GAULLE », ouvrage collectif de 35 auteurs. Fondation Charles De Gaulle, Musée de l’Armée et Éditions de La Martinière, 288 pages, 28 €