Industrie de défense : 42 Rafale et 2 Scorpène pour l’Indonésie

Les ministres français et indonésien des Armées ont signé, le 10 février 2022 à Djakarta, deux lettres d’intention, l’une pour une commande ferme de 42 avions Rafale F3-R par l’Indonésie et l’autre sur 2 sous-marins Scorpène.

Les commandes. Selon Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, ces commandes font suite à une lettre d’intention sur la coopération en matière d’équipement signée en août 2020, puis un accord de partenariat stratégique conclu le 28 juin 2020 et enfin aux travaux de la Direction générale de l’armement, du ministère de l’Economie et des Finances et des industriels. La commande des Rafale se monte à 8,1 Mds$ et porte sur 30 avions monoplaces et 12 biplaces. La première tranche compte 6 appareils et la seconde 36. La production de la première commencera en 2025, trois ans après l’entrée en vigueur du contrat par le versement du premier acompte par l’Indonésie courant 2022. Pour honorer cette nouvelle commande qui garantit une chaîne de production jusqu’en 2031, le constructeur Dassault Aviation et ses sous-traitants vont augmenter la cadence de construction pour ne pas retarder les commandes de Rafale destinés à l’armée de l’Air et de l’Espace. Le contrat, qui bénéficiera d’un accompagnement de la Banque publique d’investissement, va inclure des retours industriels pour l’Indonésie, qui seront quantifiées par les groupes Dassault Aviation, Thales et Safran. Suivront des contrats de formation et d’entraînement des pilotes indonésiens. Cela porte à 284 le nombre de Rafale vendus à l’exportation, dont 200 depuis 2017, à savoir au Qatar, à l’Egypte, à l’Inde, à la Grèce, à la Croatie, aux Emirats arabes unis et à l’Indonésie. Le Rafale a démontré ses performances au combat lors des opérations extérieures en Libye, en République Centrafricaine et au Sahel. Quant aux deux sous-marins Scorpène à propulsion diesel-électrique, la lettre d’intention porte sur des études de recherche et de développement, notamment leurs performances, en vue d’une commande ferme. Un engagement couplé Rafale-Scorpène avait été précédemment conclu avec l’Inde.

Un partenaire-clé. Avec les commandes indonésiennes, la France renforce sa présence dans la zone Indo-Pacifique, où se trouvent 2 millions de ses ressortissants et une zone économique exclusive de 9 Mkm2. L’Indonésie devient ainsi son deuxième partenaire après l’Inde et le premier en Asie du Sud-Est devant Singapour. L’Indonésie, peuplée de 265 millions d’habitants et que longent les détroits stratégiques de Malacca et de Singapour reliant les océans Indien et Pacifique, réalise le plus important produit intérieur brut (PIB) de l’Asie du Sud-Est. Son budget de Défense a atteint 7,7 Mds$ en 2020, soit 0,8 % de son PIB. Il devrait passer à 1,5 % du PIB en 2024 pour moderniser les forces armées. Sur la période 2011-2020 l’Indonésie a acheté à la France des équipements militaires totalisant 167 M€ avec un pic de 480 M€ en 2013. Il s’agit d’hélicoptères, à savoir 14 H225 Caracal, 12 Puma et 11 Panther, ainsi que des navires et des radars.

Loïc Salmon

DGA : 80 Rafale F4 et 12 Caracal pour les Emirats arabes unis

Aviation militaire : les Rafale F3-R en service opérationnel

Asie-Pacifique : présence militaire française accrue




Marine nationale : « Clemenceau 22 », la TF 473 en Méditerranée

Le déploiement de la Task Force (TF) 473 en Méditerranée (1er février-avril 2022) vise à appuyer l’effort de défense européen et renforcer l’interopérabilité avec les Marines alliées et partenaires.

Le vice-amiral d’escadre Gilles Boidevezi, préfet maritime et commandant de la zone maritime Méditerranée, l’a présenté à la presse le 20 janvier 2022 à Paris.

Outil politique et militaire. La TF (force d’intervention) 473, constituée autour de Groupe aéronaval (GAN), comprend : le porte-avions Charles-de-Gaulle et son groupe aérien embarqué ; les frégates multi-missions Alsace et Normandie ; la frégate de défense aérienne Forbin ; un sous-marin nucléaire d’attaque ; le pétrolier-ravitailleur Marne et son hélicoptère Alouette III (34F). Un avion de patrouille maritime Atlantique 2, basé en Crète ou à Chypre, renforce le dispositif. En outre, plusieurs unités étrangères s’intègrent, totalement ou en partie, au GAN : le destroyer américain Ross ; la frégate espagnole anti-aérienne Juan-de-Borbon ; une frégate et un sous-marin grecs ; un hélicoptère belge de manœuvre et d’assaut NH90. L’état-major du GAN compte aussi trois officiers étrangers (allemand, canadien et italien). Acteur de la crédibilité militaire et stratégique de la France vis-à-vis de ses partenaires et de ses adversaires éventuels, le GAN contribue à sa souveraineté par l’emport, jamais précisé, de la force aéronavale nucléaire. Intégré au dispositif « Chammal », volet français de l’opération américaine « Inherent Resolve » au large de la Syrie, il doit contribuer à la lutte contre Daech en soutien des forces irakiennes au sol. En complément de la participation de l’armée de l’Air et de l’Espace, les missions du GAN portent sur le renseignement, le contrôle aérien, la défense aérienne, l’appui-feu et les frappes contre la terre. La TF 473 doit participer aux opérations européennes « Irini » (respect de l’embargo sur les armes destinées à la Libye) et « Althea » (Adriatique, stabilisation de la Bosnie-Herzégovine) en partenariat avec l’OTAN. Le GAN doit s’entraîner avec les porte-avions américain Harry-Truman et le porte-aéronefs italien Cavour. En outre, ses avions et une frégate française participeront à des exercices communs avec la Marine roumaine en mer Noire, zone de tension entre l’Ukraine et la Russie. Enfin, le Charles-de-Gaulle et l’état-major du GAN répondent aux critères d’interopérabilité avec la Force de réaction rapide de l’OTAN, déployable en cinq jours n’importe où dans le monde pendant trente jours.

Zone sous tensions. Pour l’Union européenne, la Méditerranée constitue un carrefour économique avec 25 % du trafic mondial de fret et 65 % de ses flux énergétiques via, notamment, les gazoducs actifs avec l’Afrique du Nord et en projet avec la Russie et les Proche et Moyen-Orient. Chaque jour, 310 navires franchissent le détroit de Gibraltar et 50 celui du Bosphore. Fréquenté par 60 navires/jour, le canal de Suez assure 12 % du commerce mondial et 30 % du trafic mondial de porte-conteneurs. Outre le conflit israélo-palestinien et les tensions entre l’Algérie et le Maroc, la zone est le théâtre des ambitions des Etats-Unis et de la Russie ainsi que des contentieux entre Etats riverains et puissances régionales, consécutifs aux découvertes gazières en Méditerranée orientale. Une frégate française patrouille près du canal de Suez pour une appréciation autonome de la situation. L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes Frontex surveille les trafics de stupéfiants du Maroc et de migrants vers l’Espagne, l’Italie et la Grèce.

Loïc Salmon

Marine : missions « Clemenceau 2021 » pour le GAN et « Jeanne d’Arc 2021 » pour le GEAOM

Marine nationale : l’aéronavale, tournée vers les opérations

Marine nationale : mission « Arromanches 3 » du GAN en Méditerranée orientale

 




Aviation militaire : le futur hélicoptère interarmées léger

A partir de 2027-2030, les trois armées vont utiliser un seul type d’hélicoptère polyvalent. Dénommé « hélicoptère interarmées léger (HIL) Guépard », ce dernier est dérivé de l’appareil civil H160, prévu en service en 2022.

Le 22 décembre 2021, le ministère des Armées a notifié à Airbus Helicopters la commande de 169 HIL, capables d’effectuer des évacuations sanitaires, des transports de matériels et de fret ainsi que des missions spécifiques. Le Guépard remplacera les Gazelle, Alouette III, Dauphin, Panther et Fennec.

Les caractéristiques. D’une vitesse maximale de 260 km/h, le Guépard dispose d’une autonomie de 4 heures et d’un rayon d’action de 700 km. Outre ses deux pilotes, il embarque cinq soldats équipés ou une civière avec une équipe sanitaire. A terme, il pourra être ravitaillé en vol par un avion de KC-160J. L’armée de Terre va recevoir 80 Guépard utilisés aussi pour la reconnaissance armée, l’appui-feu, l’infiltration de forces spéciales et comme poste de commandement embarqué. La Marine nationale prendra livraison de 49 appareils pour le combat aéromaritime, la protection et le soutien d’une force navale, une action spéciale navale et l’action de l’Etat en mer. L’armée de l’Air et de l’Espace va réceptionner 40 Guépard pour la surveillance et la défense de l’espace aérien national, la recherche et le sauvetage, l’appui-feu et le renseignement. Le HIL embarquera des équipements spécialisés : missile ANL pour le combat aéromaritime ; radar tactique AESA 2 D (radar à balayage électronique à antenne active) pour les missions navales et aériennes de surveillance ; pod mitrailleuse axiale pour la reconnaissance terrestre et l’appui-feu air-sol. Le Guépard sera doté du système électro-optique (EOS), mis au point par Safran et qui regroupe plusieurs capteurs pour l’observation à longue distance, de jour comme de nuit. Ses capacités de ciblage très précis permettent d’identifier navires, groupes armés ou véhicules à plusieurs kilomètres et assurent le suivi automatique d’une cible. Son interconnexion au casque TopOwl permet à l’équipage de disposer, sur la visière du casque, de la projection de l’image recueillie par l’EOS ainsi que du ralliement de la ligne de visée de l’EOS sur un objectif visé au casque par le pilote. Ce dernier dispose d’un assistant de mission. Il s’agit d’un calculateur qui contrôle différents systèmes militaires et réalise la fusion des données pour enrichir la situation tactique.

Les contrats. Prévu par la loi de programmation militaire 2019-2025, la commande des 169 Guépard totalise 10 Mds€ et inclut : le développement ; la fourniture du système de soutien et de formation ; le maintien en condition opérationnelle pendant dix ans. Le concept de « flotte unique » permet de mutualiser les coûts de développement entre les trois armées et d’optimiser le soutien grâce aux effets d’échelle, notamment sur les stocks de pièces de rechange. Les travaux de développement dureront jusqu’en 2029. La production, qui commencera en 2024, va s’échelonner sur dix ans. Les livraisons débuteront en 2027 pour l’armée de Terre, en 2029 pour la Marine nationale et en 2030 pour l’armée de l’Air et de l’Espace. En outre, 10 hélicoptères civils H160, destinés à la Gendarmerie nationale, ont été commandés pour un montant supérieur à 200 M€ dans le cadre du plan de soutien à l’industrie aéronautique. Enfin, le centre d’expertise DGA Essais en vol va recevoir un H160 pour la mise au point et la qualification des équipements et des futurs systèmes d’armes.

Loïc Salmon

Opex : retour d’expérience des hélicoptères de combat

Territoire national : emploi des hélicoptères en interarmées

ALAT : les hélicoptères NG, nouveaux systèmes d’armes




Aviation militaire : MCO, assurer la disponibilité entre flottes, Opex et métropole

Le soutien de sa base industrielle et technologique de défense, qui permet à la France de conserver sa liberté d’action, a notamment nécessité une réforme structurelle du maintien en condition opérationnelle (MCO) des moyens aériens des trois armées.

L’ingénieur général hors classe Monique Legrand-Larroche, à la tête de la Direction de la maintenance aéronautique (DMAé), l’a présentée à la presse, le 6 janvier 2022 à Paris.

En 2017, la disponibilité technique des aéronefs militaires était inférieure à 50 % avec des disparités, à savoir « excellente » en opérations extérieures (Opex) mais « faible » en métropole, au détriment de l’entraînement. La DMAé, résulte de la transformation de l’ancienne SIMMAD (Structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense). La Loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit 5,8 Mds/an pour le MCO, dont 3 Mds€/an pour l’aéronautique.

La réforme. La DMAé, placée directement sous l’autorité du chef d’Etat-major des armées, assure la maîtrise d’ouvrage étatique, comme cliente des industriels qui réalisent les travaux de bout en bout (maîtrise d’œuvre). Elle gère 1.150 aéronefs de 41 types différents tout au long de leur vie, de leur conception à leur retrait du service. Ainsi en 19 mois, 220 aéronefs et 350 moteurs ont été démantelés avec valorisation des matériaux recyclables. A l’été 2022, les flottes d’avions ravitailleurs C-135 et de transport tactique C-160 Transall feront l’objet de contrats de cession ou de démantèlement. Alors que le MCO d’un aéronef impliquait jusqu’à 30 contrats différents en 2017, un seul industriel gère la chaîne de sous-traitants pour la maintenance de chaque flotte avec un guichet unique pour la logistique. La durée du contrat a été portée à 10 ans. La DMAé a élaboré un fonctionnement en « plateau », qui regroupe industriels et utilisateurs opérationnels (pilotes et mécaniciens). L’industriel peut alors planifier, investir, recruter, innover et anticiper les obsolescences techniques. Sa rémunération dépend du nombre d’heures de vol des forces armées. Par ailleurs, le nouveau système « Brasidas » d’information numérique traite la navigabilité de flotte, l’exécution de la maintenance et la gestion du personnel.

Ses effets. Les disponibilités réalisées s’établissent ainsi : avion de chasse Rafale Marine, de 53 % en 2018 à 61 % en 2021 ; avion de patrouille maritime ATL2, de 24 % à 31 % ; Rafale Air, de 53 % à 55 % ; avion de transport stratégique et tactique A400M, de 27 % à 35 % ; hélicoptère d’attaque Tigre, de 29 % à 35 % ; hélicoptère polyvalent Dauphin/Panther, de 40 % à 46 % ; hélicoptère de manœuvre Cougar, de 24 % à 31 % ; hélicoptère de défense aérienne et de recherche et sauvetage Fennec, de 2.500 heures de vol à 5.100 ; pods, de 47 % à 54 %. La directrice de la DMAé a aussi annoncé la notification, le 29 décembre 2021, de deux importants contrats aéronautiques. Ainsi, la société Dassault a obtenu le marché « Balzac » des MCO des Mirage 2000 de l’armée de l’Air et de l’Espace pour garantir leur pérennité jusqu’en 2035. De même, Thalès va assurer, jusqu’en 2031, le soutien du Système de commandement et de contrôle des opérations aérospatiales. Ce dernier effectue la surveillance de l’espace aérien, la coordination de la défense sol-air, la planification, la programmation et la conduite des opérations sur le territoire national et en Opex. Thales va aussi mettre en place des guichets logistiques industriels sur des sites étatiques.

Loïc Salmon

Aviation militaire : les Rafale F3-R en service opérationnel

Aéronautique militaire : perspectives capacitaires

Marine nationale : l’aéronavale, tournée vers les opérations




DGA : 80 Rafale F4 et 12 Caracal pour les Emirats arabes unis

Les Emirats arabes unis (EAU) vont acquérir 80 avions de chasse Rafale au standard F4 (en développement), dans le cadre d’un partenariat stratégique qui inclut l’achat de 12 hélicoptères de sauvetage H225M Caracal. Il n’y aura aucun transfert de technologie.

Les contrats ont été signés le 3 décembre 2021 à Dubaï, lors de la visite du président de la République Emmanuel Macron. Le 9 novembre à Paris, l’ingénieur général Thierry Carlier, directeur du développement international de la Direction générale de l’armement (DGA), a présenté le rôle du ministère des Armées dans ce plus grand contrat aéronautique à l’export.

Partenariat stratégique ancien. Les EAU abritent des forces militaires françaises terrestres, navales et aériennes. Ils ont apporté une aide décisive lors des évacuations de ressortissants français, européens et afghans depuis Kaboul en août 2021, lors de l’arrivée des talibans. Depuis plus de 50 ans, les EAU achètent des avions de chasse français. Leur flotte compte 60 Mirage 2000 et 60 Mirage 2000-9, qui seront remplacés par les 80 Rafale F4 entre 2025 et 2031, indique l’ingénieur général Carlier. Leur contrat, qui fait suite à un accord intergouvernemental de 2009, se monte à près de 17 Mds€ : 14 Mds€ pour les Rafale F4 ; 2 Mds€ pour leur armement ; 700 M€ pour les Caracal. Il inclut la formation des pilotes et des mécaniciens par l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE), qui recevra des F4 en 2024. Le choix du Rafale par les EAU repose sur ses performances sur divers théâtres d’opérations récents et aussi sa rapidité de disponibilité. Le F4, qui bénéficiera des retours d’expérience sur les versions précédentes, allie connectivité (spot laser et cyber) et interopérabilité. Il sera adapté à l’ensemble du spectre du combat aérien à l’horizon 2025-2035. La transaction commerciale a été précédée d’une période de négociations, de novembre 2020 à juin 2021, entre le ministère des Affaires étrangères, celui de l’Economie et des Finances, les industriels et la DGA (expertise). Sa direction internationale compte 200 personnes, dont 80 à Paris spécialisées dans les différents produits, et 20 attachés d’armement dans les ambassades pour faire connaître les produits et prospecter les clients. La chaîne de production du Rafale mobilise 7.000 personnes. La cadence de fabrication, actuellement d’un par mois, devrait connaître des pointes à deux ou trois pour satisfaire les commandes de l’AAE et de six pays clients (Egypte, Inde, Qatar, Grèce, Croatie et EAU).

Rafale F4 et hélicoptère Caracal. Du 26 au 29 avril 2021 à Istres, la DGA a procédé aux premiers essais en vol du Rafale F4 en huit missions complexes de 50 sorties de 2 Rafale Marine et 6 Rafale, 2 Mirage 2000 et 2 Alphajet de l’AAE avec des experts de Dassault Aviation, Thales (équipements électroniques) et MBDA (missiles). Cette campagne de « revue d’aptitude à l’utilisation » a porté sur la capacité du viseur de casque Scorpion pour le combat collaboratif, dont notamment la localisation précise d’autres aéronefs par des moyens passifs au sein d’une patrouille. La prochaine campagne évaluera les capacités du F4 pour les missions air-surface dans le cadre d’opérations interarmées ou interalliées. Le F4 sera doté du missile air-air Mica-NG et emportera la bombe AASM (armement air-sol modulaire) de 1.000 kg. Ravitaillable en vol, l’hélicoptère H225M Caracal dispose d’armements de sabord, d’équipements de vision nocturne et d’une capacité « d’aérocordage », permettant la dépose de commandos dans des lieux très difficiles d’accès.

Loïc Salmon

Aviation militaire : les Rafale F3-R en service opérationnel

Armée de l’Air et de l’Espace : voir plus haut et décider plus vite que l’adversaire

Aéronautique militaire : technologie, stratégie et concurrence accrue




14 juillet 2021 : engagements de haute intensité, technologies de pointe et anniversaires

L’édition 2021 du défilé du 14 juillet à Paris porte sur les combats possibles de haute intensité, une technologie élevée, la résilience et le rappel du passé.

Présentée le 4 juin 2021 par le général de corps d’armée Christophe Abad, gouverneur militaire de Paris, elle reprend son format traditionnel d’avant la pandémie du Covid 19. Le défilé du 14 juillet 2021 met ainsi en œuvre : 5.000 participants, dont 4.300 à pied ; 71 avions et 25 hélicoptères ; 221 véhicules ; 200 chevaux de la Garde républicaine. Dans le cadre de l’opération « Takuba » au Mali, les forces spéciales sont mises à l’honneur avec un détachement de 81 soldats d’Italie, des Pays-Bas, de Belgique, d’Estonie, de République tchèque, de France, du Portugal et de Suède.

L’action dans les airs. Le défilé des avions, ouvert par la Patrouille de France, met en scène les missions de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) et de la Marine nationale. La dissuasion nucléaire est représentée notamment par les Forces aériennes stratégiques avec 1 avion ravitailleur multi-rôles A330 MRTT et 6 chasseurs Rafale B. La maîtrise de l’espace aérien est matérialisée par 1 AWACS E3F (détection et commandement aéroporté), 4 chasseurs Mirage 2000-5 et 2 Mirage 2000 B. L’action dans la profondeur se manifeste avec 1 A330 MRTT, 6 Mirage 2000 D, 4 Rafale C et 2 Rafale B. La Marine nationale déploie le Groupe aérien embarqué avec 1 avion de guet aérien Hawkeye et 8 Rafale Marine. S’y ajoutent 2 ATL2 de la patrouille maritime, pour les opérations extérieures, et 1 Falcon 50 Marine, pour la lutte contre les trafics illicites. Les trois armées montrent aussi leurs hélicoptères. L’armée de Terre présente ses missions : protection du territoire national avec 3 appareils (Puma, Caïman et Cougar) ; opération « Barkhane » dans la bande sahélo-saharienne avec 3 appareils (1 Tigre et 2 Caïman). Celles de l’AAE consistent en interventions extérieures et sur le territoire national, présentées par 2 Caracal, 1 Fennec canon et 1 Fennec TE. La Marine nationale montre 2 Caïman, 2 Panther et 1 Dauphin pour la maîtrise des espaces aéromaritimes et le combat naval.

La sécurité par les airs. L’AAE montre ses moyens d’engagement, de projection et de soutien par trois types d’avions de transport, représentés par 1 A400 M, 1 Transall C160 et 2 Casa CN235. S’y ajoute, pour le renseignement, 1 avion léger de surveillance et de reconnaissance. L’AAE présente 2 Pilatus PC 21 et 2 Xingu destinés à la formation, l’entraînement et la préparation. La Direction générale de l’armement déploie le nouvel avion de soutien d’essais en vol TBM 940. La Sécurité civile montre 1 Beech B200, 1 Canadair et 1 Dash Q400 dédiés à la lutte contre les incendies et 1 hélicoptère d’intervention. La Gendarmerie déploie 3 hélicoptères (1 EC145 et 2 EC135), destinés à l’assistance, le sauvetage, la surveillance, le renseignement et l’intervention.

Les anniversaires. L’année 2021 rappelle les 80 ans du « serment de Koufra » (division Leclerc), les 80 ans des Forces aériennes françaises libres, les 75 ans de la base aéronavale de Lann Bihoué, les 60 ans de la Direction générale de l’armement, les 30 ans de la division « Daguet » et les 10 ans du Service interarmées des munitions.

Les cérémonies. En ouverture, la musique de la Garde républicaine souligne la concorde nationale. La clôture met en exergue une jeunesse engagée, représentée par une chorale de 120 jeunes. Le Chœur de l’armée française entonne la « Marseillaise ».

Loïc Salmon

14 juillet 2019 : coopération européenne et innovation

14 juillet 2018 : l’engagement citoyen et patriote

14 juillet 2017 : « opérationnels ensemble » en interarmées, interministériel et international




Armée de l’Air et de l’Espace : missions « Heifara » et « Wakea » dans le Pacifique

Du 20 juin au 9 juillet 2021, l’armée de l’Air et de l’Espace effectue une mission de projection de puissance, jusqu’en Polynésie française, puis une autre de coopération opérationnelle, à Hawaï, avec son homologue américaine.

Ces deux missions sur longue distance, dénommées respectivement « Heifara » et « Wakea », ont été présentées à la presse le 9 juin 2021 à Paris.

La mission « Heifara » (20-26 juin). Ce mot tahitien signifie « couronne de pandanus », plante très répandue en Polynésie française. Parti de métropole le 20 juin, un détachement aérien y est arrivé le 22 juin, après avoir parcouru 16.850 km avec une escale technique à la base aérienne de Travis (côte Ouest des Etats-Unis). Armé par 170 militaires, il compte : 3 avions de chasse Rafale F3-R d’une vitesse de Mach 1,8 (2.222 km/h) ; 2 avions de ravitaillement en vol et de transport stratégique A330 Phénix, chacun capable d’emporter 110 t de carburant ou le kit médical Morphée (Module de réanimation pour patients à haute élongation d’évacuation) ; 2 avions de transport d’assaut A 400 M Atlas à soute modulaire, chargés de 30 t et 200 m3 de fret et lot technique. « Heifara » démontre la capacité de protection des ressortissants et territoires français dans la zone indopacifique. A l’arrivée en Polynésie, les Rafale conduisent un raid « Scalp », simulant l’entrée dans un espace aérien contesté, puis réalisent des missions de préparation opérationnelle de haute intensité pendant 24 heures.

La mission « Wakea » (27 juin-9 juillet). Le même détachement, mais avec un seul A330 Phénix, vole 4.445 km jusqu’à l’archipel d’Hawaï pour la mission « Wakea », nom de la divinité hawaïenne du ciel. Il s’agit de renforcer l’interopérabilité des Rafale et des chasseurs F22 de l’armée de l’Air américaine par des manœuvres de préparation opérationnelle. Outre les entraînements interalliés de haut niveau et les opérations conjointes au Levant et au Sahel, les deux armées de l’Air utilisent une chaîne de commandement des opérations, interconnectée entre les milieux terre, mer, air et espace, pour défendre les intérêts nationaux et prendre l’avantage face aux menaces hybrides et globalisées (cyber, lutte informationnelle et déni d’accès). Après un vol de 7.780 km et une escale à la base aérienne de Nellis (côte Ouest), le détachement français se pose à Langley (côte Est) le 7 juillet, pour commémorer le 240ème anniversaire de la victoire de Yorktown (28 septembre-17 octobre 1781) des forces franco-américaines sur les troupes britanniques, bataille décisive pour l’indépendance des futurs Etats-Unis. Au retour vers la France, une étape de 6.110 km clôt un périple de 19 jours et de plus de 35.000 km.

Le CAPCO. Les missions « Heifara » et « Wakea » sont suivies par le nouveau Centre air de planification et de conduite des opérations (CAPCO), installé à Lyon-Mont Verdun. Il est placé sous la responsabilité du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes, qui exerce la police du ciel sur le territoire métropolitain et conduit la partie aérienne des opérations extérieures, partout dans le monde. Le CAPCO synchronise les actions aériennes et coordonne aussi interarmées et interalliées sous très court préavis. Il développe la résilience et l’agilité de la chaîne opérationnelle de l’armée de l’Air et de l’Espace. Il devra synchroniser les effets des volets espace, cyber et guerre électronique pour les opérations multi-milieux et multi-champs. Enfin, il prépare l’intégration du SCAF (système de combat aérien futur) dans les chaînes de commandement.

Loïc Salmon

Stratégie : l’action de la France dans la zone indopacifique

Armée de l’Air : CDAOA, permanence et réactivité

Armée de l’Air et de l’Espace : « Skyros 2021 », mission en interalliés en Eurasie

 




Marine nationale : le PA-Ng, programmer sa construction et la formation de l’équipage

Le porte-avions nucléaire de nouvelle génération (PA-Ng), en service de 2038 à 2080, devra opérer dans un contexte stratégique considérablement « durci ».

Son programme a été présenté à la presse, le 8 avril 2021 à Paris, par ses deux principaux responsables, à savoir un capitaine de frégate sur le plan opérationnel et un ingénieur en chef de de l’armement pour la partie technique.

La propulsion nucléaire, annoncée par le président de la République en décembre 2020, garantit l’autonomie stratégique et la pérennité de la filière nucléaire embarquée. Le porte-avions caractérise les puissances maritimes de premier rang. Déjà, la Marine chinoise, qui disposera bientôt de trois porte-avions, dépasse en tonnage celle des Etats-Unis, qui se dote d’un nouveau porte-avions tous les sept ans.

Besoins militaires. La perte de la suprématie occidentale implique de remettre le combat aéromaritime au centre des capacités du groupe aéronaval, afin d’acquérir la liberté d’action nécessaire aux opérations d’entrée en premier, souligne le capitaine de frégate. Outre une partie de la composante aérienne de la dissuasion nucléaire, le PA-Ng garantira une mobilité stratégique de 1.000 km/jour et une agilité tactique avec 60 sorties aériennes/jour dans toutes les conditions. Ses missions incluent la projection de puissance, l’appui aux opérations à terre ou en mer, le recueil et l’analyse de renseignements ainsi que le commandement d’une composante maritime d’une opération de l’OTAN ou d’une coalition ad-hoc. Déjà, à la demande des Etats-Unis, en décembre 2015 et depuis le 31 mars 2021 pendant son transit dans la région du golfe Arabo-Persique, le porte-avions Charles-de-Gaulle a pris le commandement de la force opérationnelle 50 au sein de la coalition internationale « Inherent Resolve » de lutte contre Daech. Le PA-Ng, au tonnage double de celui du Charles-de-Gaulle, embarquera le même effectif, soit 2.000 marins (600 pour le groupe aérien). La constitution de cet équipage de haut niveau demande du temps pour la formation et l’acquisition d’expérience (15 ans en moyenne). Le recrutement de 300 experts a commencé à Indret et se poursuivra à Saint-Nazaire et Toulon d’ici à 2034. Les futurs commandants (capitaines de vaisseau) auront auparavant exercé cette fonction deux fois à la mer.

Caractéristiques techniques. Le PA-Ng aura un tonnage 75.000 t, une vitesse de 27 nœuds (50 km/h), une longueur de 300 m et une largeur de 80 m au niveau du pont d’envol. Ses dimensions seront cohérentes avec les infrastructures du port base ou d’entretien. Selon l’ingénieur en chef, la longueur de son pont d’envol détermine ses principales performances. Son aviation, qui comptera 30 chasseurs de nouvelle génération, 3 avions de guet aérien et de commandement et 5 à 6 hélicoptères, mettra en œuvre le SCAF (système de combat aérien du futur). Comme ses homologues américains, le PA-Ng sera équipé de brins d’arrêt de nouvelle génération et de 2 catapultes électromagnétiques avec la possibilité d’en ajouter une 3ème. Navire tout électrique, il sera équipé de 2 chaufferies nucléaires K22, plus grosses que les K15 du Charles-de-Gaulle et des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Il emportera le futur missile air-sol N4g, porteur de l’arme nucléaire, et assez de munitions pour tenir une semaine en combat de haute intensité. Le développement et la réalisation du PA-Ng coûteront 1 Md€. Les travaux de construction commenceront en 2025 et les essais à la mer en 2036.

Loïc Salmon

Marine nationale : la TF 50 américaine sous commandement français

Marine nationale : l’aéronavale, tournée vers les opérations

Marines : le porte-avions, outil militaire et diplomatique pour agir loin




Marine nationale : la TF 50 américaine sous commandement français

Pendant sa présence dans le golfe Arabo-Persique dans le cadre de la mission « Clemenceau 2021 », le Groupe aéronaval (GAN) assure le commandement de la Force opérationnelle américaine 50 (TF 50) depuis le 31 mars 2021.

Le contre-amiral Marc Aussedat, commandant le GAN, a présenté la situation le 15 avril 2021, au cours d’une visioconférence avec la presse à Paris.

Confiance et interopérabilité. Le golfe Arabo-Persique constitue une vaste zone d’opérations (voir encadré). Les contacts fréquents avec les Marines des pays riverains restent professionnels, même avec les forces navales iraniennes, pour éviter toute escalade, souligne l’amiral Aussedat. Dans le cadre de l’opération « Inherent Resolve », la TF 50 a pour missions d’accompagner les forces de sécurité irakiennes, pour empêcher Daech de se reconstituer, et de maîtriser l’espace aéromaritime de la zone. La TF 50 opère sous les ordres de l’état-major naval américain, basé à Bahreïn. Le centre des opérations aériennes de la coalition (83 pays), sous commandement américain, se trouve au Qatar. Signe de la confiance établie au cours de dizaines d’années entre les Marines américaine et française, le commandement français de la TF 50 met en exergue l’interopérabilité entre les porte-avions Charles-de-Gaulle et Eisenhower, tous deux à propulsion nucléaire et équipés de catapultes et de brins d’arrêt. Ce tandem permet une vision plus large de la situation et augmente l’intensité de l’effort dans les cas d’intervention armée. Ainsi, les deux avions de guet aérien E-2C Hawkeye du Charles-de-Gaulle, véritables postes de commandement volants, assurent le relais radio et l’alerte avancée dans l’environnement tactique. Les avions de chasse Rafale F3-R et les missiles de croisière navals de la frégate multi-missions Provence donnent une capacité de frappe dans la profondeur. Les Rafale effectuent 6 à 8 sorties par jour pour des vols de reconnaissance ou des frappes sur des objectifs identifiés ou pour des engagements d’opportunité au profit des troupes irakiennes au sol.

Composante américaine. L’amiral Aussedat s’entretient tous les deux jours avec le vice-amiral commandant la Vème Flotte américaine, dont dépend la TF 50 chargée aussi d’assurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Le porte-avions Eisenhower présente les caractéristiques suivantes : déplacement, 100.000 t ; longueur, 322, 8 m ; largeur du pont d’envol, 76 m ; vitesse, 30 nœuds (55 km/h). Il peut embarquer 90 aéronefs, dont : 4 « squadrons » (« flottilles » dans la Marine française) d’avions d’attaque et d’assaut F/18 Hornet ; 1 squadron d’avions de guerre électronique EA-6 Prowler ; 1 squadron d’avions de guet aérien E-2 Hawkeye ; 1 squadron d’hélicoptères de lutte anti-sous-marine Seahawk ; 1 flotte de soutien logistique Grumman C-2 Greyhound. La Marine américaine compte 11 porte-avions en service et devrait prendre livraison de 3 autres en 2022, 2027 et 2030.

Loïc Salmon

L’océan Indien est accessible par trois détroits d’importance stratégique, à savoir Bab-el-Mandeb (vers la mer Rouge et le canal de Suez), Ormuz et Malacca (vers l’océan Pacifique). Le détroit d’Ormuz relie la mer d’Arabie au golfe Arabo-Persique. Ce dernier s’étend sur 251.000 km2 avec une longueur de près de 1.000 km, une largeur variant de 200 km à 300 km et une profondeur de 50 m à 90 m. Il est bordé par : l’Iran au Nord-Est ; l’Irak, le Koweït et l’Arabie saoudite à l’Ouest ; Bahreïn, le Qatar et les Emirats arabes unis au Sud et à l’Est ; Oman à l’Est par l’enclave de Moussandan.

Marine : missions « Clemenceau 2021 » pour le GAN et « Jeanne d’Arc 2021 » pour le GEAOM

Aviation militaire : les Rafale F3-R en service opérationnel

Marine nationale : groupe aérien aux Etats-Unis, modernisation du porte-avions




Aviation militaire : les Rafale F3-R en service opérationnel

Depuis le 8 mars 2021, des Rafale au standard F3-R sont déployés en opérations par la Marine nationale et l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE), qui recevra 12 appareils neufs d’ici à 2025. Tous seront équipés de missiles Mica NG, livrables à partir de 2026.

Evolution majeure. La mise en service opérationnel s’applique aux Rafale du groupe aérien du porte-avions Charles-de-Gaulle, actuellement en mission en Méditerranée orientale et océan Indien, et à ceux de l’AAE déployés dans l’opération « Chammal » au Levant, à partir de la base aérienne projetée de Jordanie. Le standard F3-R comporte de nombreuses améliorations de ses différents systèmes, équipements et armements : radar ; interface homme/système ; moyens de communication ; système d’autoprotection Spectra ; pod de reconnaissance de nouvelle génération ; système de navigation inertielle ; missile air-air longue portée Meteor. Couplé au radar à antenne active RBE2 AESA, le Meteor assure la supériorité aérienne au Rafale F3-R pour des frappes en tout temps dans la profondeur, l’appui aux troupes au sol ou encore le traitement d’objectifs d’opportunité. En outre, grâce au pod laser haute résolution Talios spécifique au standard F3-R, le Rafale pourra couvrir toutes les missions de renseignement, d’acquisition, de poursuite et de désignation de cibles. Talios prend des images dans les domaines visible et infrarouge. Il dispose également de capacités de suivi de cibles fixes ou mobiles plus performantes et de détection automatique des cibles mobiles. Pour les attaques au sol, le Rafale F3-R utilise l’armement air-sol modulaire (AASM), avec une conduite de tir améliorée par les gestions du temps de vol des munitions, de l’illumination laser automatique et du réglage des armements en vol. En matière de sécurité, il est équipé d’un système automatique d’évitement de collision avec le sol. Par ailleurs, le Rafale F3-R continue d’emporter le missile air-sol de moyenne portée amélioré, dans le cadre de la dissuasion nucléaire. A partir de 2022, le Rafale passera au standard F4 doté de nouveaux équipements : solutions de connectivité innovantes pour optimiser le combat en réseau ; capteurs radar et optronique « secteur frontal » améliorés ; capacité viseur de casque ; missile d’interception de combat et d’autodéfense de nouvelle génération ; AASM de 1 000 kg. Enfin, par suite de la vente de 12 Rafale d’occasion à la Grèce, l’AAE prendra livraison de 12 appareils au standard F3-R d’ici à 2025. Cette commande, décidée en janvier 2021, complète celle de 28 avions construits à partir de décembre 2022, conformément à la loi de programmation militaire 2019-2025.

Commande massive de Mica NG. De fin 2018 à mars 2021, la Direction générale de l’armement a commandé 567 missiles d’interception de combat et d’autodéfense Mica NG, qui seront livrés entre 2028 et 2031 pour remplacer le missile air-air Mica. L’autodirecteur du Mica NG sera développé en versions infrarouge et électromagnétique. Sa portée sera étendue par le propulseur innovant « bi-pulse », qui lui confère une grande manœuvrabilité en phase terminale. Son soutien sera facilité grâce à une maintenance minimisée et l’intégration de capteurs HUMS (Health Usage and Monitoring System) pour mieux en maîtriser le vieillissement, notamment celui des éléments pyrotechniques. La propulsion et les autodirecteurs innovants du Mica NG permettront une version sol-air, qui pourra être tirée depuis un véhicule terrestre ou un bâtiment à la mer.

Loïc Salmon

Marine : missions « Clemenceau 2021 » pour le GAN et « Jeanne d’Arc 2021 » pour le GEAOM

Armée de l’Air et de l’Espace : « Skyros 2021 », mission en interalliés en Eurasie