Afghanistan, retraits annoncés

Le 23 juin 2011, la présidence de la République a annoncé un retrait progressif des 4.000 militaires français déployés en Afghanistan, peu après l’annonce, par le président américain Barack Obama, du rapatriement aux Etats-Unis de 10.000 soldats en 2011 et de 23.000 autres d’ici à la fin de l’été 2012. Dans un communiqué, elle indique partager l’analyse et les objectifs américains et que le retrait des forces françaises sera « progressif », « de manière proportionnelle » et « dans un calendrier comparable », en raison des « progrès enregistrés ».

De son côté, le Premier ministre François Fillon a déclaré que « la mort de Ben Laden et la désorganisation d’Al Qaïda, qui était un des objectifs de la campagne initiale conduite en Afghanistan, est un élément qui vient renforcer cette perspective ».

Enfin, lors d’un point de presse le même jour, le ministère de la Défense a indiqué que la sécurisation de la province de Surobi sera examinée au début de l’automne en concertation avec l’ONU et l’armée nationale afghane, qui prendra la suite des troupes françaises quand elle se sentira prête. « L’état-major fera des propositions opérationnelles à l’autorité politique », a précisé son porte-parole Laurent Teisseire. Il a aussi indiqué que le « surcoût » des opérations extérieures (Opex) atteint aujourd’hui 100 M€, contre 54 M€ il y a un mois et demi. Le budget des Opex est établi en fonction des opérations en cours et de celles qu’il est rationnellement possible d’anticiper. Les dépenses additionnelles sont couvertes par le budget général de la nation. Enfin, les stocks de munitions, utilisées en Afghanistan et en Libye, sont complétés par anticipation. Aucune comptabilité n’est rendue publique pour ne pas renseigner l’adversaire « d’aujourd’hui et de demain ».

Par ailleurs, entre le 10 mai et le 18 juin, six militaires sont morts en opérations en Afghanistan, portant à 62 le bilan des pertes françaises depuis le début de l’engagement.

Loïc Salmon




Afghanistan : six militaires français décédés en cinq semaines

Six militaires ont été tués en opérations en Afghanistan entre le 10 mai et le 18 juin 2011, portant à 62 le bilan des pertes françaises.

Le 18 juin, le soldat de 1ère classe Florian Morillon du 1er Régiment de chasseurs parachutistes, grièvement blessé lors d’un accrochage pendant une patrouille à pied dans la province de Kapisa, est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital militaire français de Kaboul.

Le 10 juin, à 20 km de la base aérienne de Bagram et dans des conditions météorologiques très difficiles, un hélicoptère Gazelle du 3ème Régiment d’hélicoptères de combat d’Etain s’est écrasé, blessant gravement le pilote et le chef de bord, le  lieutenant Matthieu Gaudin qui décédera à l’hôpital militaire où ils avaient été tous deux évacués. Le même jour, le caporal-chef Lionel Chevalier du 35ème Régiment d’infanterie de Belfort, embarqué à bord d’un véhicule blindé et en retour de mission vers la base de Tagab, s’est mortellement blessé avec son arme.

Le 1er juin, dans la province de Kapisa, une compagnie du Groupement tactique interarmes Kapisa, engagée dans une opération de reconnaissance, a été attaquée par un groupe d’insurgés. Au cours des combats, le caporal-chef Guillaume Nunes-Patego, affecté au 17ème Régiment du génie parachutiste de Montauban, a été mortellement blessé. Trois autres militaires ont également été blessés.

Le 18 mai, dans le sud de la Kapisa, l’explosion accidentelle d’une munition a tué le soldat de 1ère classe Cyril Louaisil du 2ème Régiment d’infanterie de marine du Mans et en a blessé quatre autres, qui se préparaient à embarquer à bord d’un véhicule blindé. Les blessés, dont les jours ne sont pas en danger, ont été évacués vers l’hôpital militaire de Kaboul.

Le 10 mai, le soldat de 1ère classe Loïc Roperth du 13ème Régiment du génie de Valdahon a été tué par l’explosion d’un engin explosif improvisé visant les sapeurs du détachement d’ouverture d’itinéraires piégés, qui effectuaient une mission d’ouverture d’itinéraire en prévision d’une opération dans la vallée de Tagab.

Loïc Salmon