Marine nationale : Atalante, dispositif français renforcé

Le dispositif français de lutte contre la piraterie maritime en océan Indien a été renforcé dans le cadre de l’opération européenne « Atalante » (voir revue téléchargeable mars 2011, p.9 à 16).

Selon l’Etat-major des armées (EMA), le dispositif français se compose de la frégate Aconit (sur zone depuis le 11 février 2012) d’un avion de surveillance maritime Falcon 50 (11 mars), d’un avion de détection et de contrôle aérien AWACS, basé à Djibouti (26 mars), et du bâtiment de commandement ravitailleur Marne (7 avril). La France assure le commandement d’Atalante pour quatre mois jusqu’en août. En outre, le Bâtiment de projection et de commandement Dixmude avec son groupement tactique embarqué et ses hélicoptères ainsi que la frégate anti-sous-marine Georges-Leygues, qui l’accompagne, ont rejoint le dispositif dès le 25 mars, dans le cadre de la « Mission jeanne d’Arc » (voir « Archives » 29-02-2012). Le Dixmude n’a pas vocation à porter la guerre en Somalie, mais à compléter le mode d’action de lutte contre la piraterie, a précisé l’EMA. Le plan d’opérations, actuellement en cours de mise à jour, prend en compte les retours d’expérience. En accord avec le gouvernement fédéral transitoire de Somalie, la zone d’opérations inclut désormais le littoral et les eaux territoriales du pays. De son côté, l’Union européenne a décidé de prolonger Atalante jusqu’en décembre 2014. En outre, elle a ouvert un centre d’opérations dans la corne de l’Afrique et a déjà formé 3.000 Somaliens à la lutte contre la piraterie.

Loïc Salmon




Coopération franco-libyenne en matière de défense

Une commission de défense mixte franco-libyenne a été mise sur pied pour développer l’organisation militaire et évaluer les besoins capacitaires du pays. Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, s’est rendu à cet effet en Libye, fin février 2012, pour lancer les bases d’une coopération bilatérale durable.

Celle-ci porte sur la surveillance des frontières terrestres (lutte contre les trafics d’armes, d’être humains et de drogue), la surveillance côtière (déminage des ports et formation de personnels) et la coopération aérienne militaire (remise en état des avions Mirage F1 libyens et formation). En fait, la coopération a commencé dès novembre 2011. Pendant quatre mois, un appui technique français a été apporté pour la réouverture des accès aux ports menacés par des mines marines et des munitions non explosées. En effet pendant l’opération Harmattan (mars-octobre 2011), plusieurs navires chargés de munitions avaient été coulés dans les ports libyens. Le dispositif d’assistance français mis en place comprenait le bâtiment de plongeurs démineurs Achéron (28 octobre-3 décembre 2011), puis le chasseur de mines tripartites Céphée (23 janvier-1er mars 2012) avec son engin sous-marin télécommandé et autopropulsé, ainsi qu’une équipe de déminage des accès portuaires et une équipe de neutralisation de munitions et de mines non explosées. Par ailleurs, les équipes françaises sont intervenues pour neutraliser des munitions à terre, pour des besoins ponctuels, à la demande des autorités libyennes. Fin février, une dizaine de ports avaient été contrôlés et reconnus accessibles aux navires de commerce et une épave avait été renflouée.

Loïc Salmon




Drones Harfang : trois ans en Afghanistan

Les images des drones constituent« une plus-value pour les troupes au sol », selon l’Etat-major des armées qui a présenté le bilan des Harfang (déployés trois ans en Afghanistan), au cours d’un point de presse le 23 février 2012 à Paris.

Dans le cadre de la reprogrammation du retrait des troupes et des matériels d’Afghanistan, les deux Harfang ont été rapatriés en février, démontés et placés dans des conteneurs transportés par un Antonov, avion gros porteur russe. En février 2009, l’escadron de drones 01.33 « Belfort » de l’armée de l’Air en avait envoyé trois, réduits ensuite à deux et servis par une quarantaine de militaires français sur la base aérienne internationale de Bagram. Ces drones MALE (moyenne altitude longue endurance) ont effectué environ 5.000 heures de vol en 660 sorties et ont rapporté 3.500 heures de vidéo sur 5.200 objectifs traités. Placés sous le commandement de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan, (FIAS), ils ont réalisé 40 % de leurs missions au profit des forces françaises engagées dans les provinces de Kapisa et de Surobi. Ces missions consistent en la surveillance de zone, la protection des convois, l’appui aux opérations, la lutte contre les engins explosifs improvisés et la reconnaissance en soutien à la planification des opérations. Une dizaine d’objectifs sont pris en compte par vol, effectué entre 5.000 m et 8.000 m d’altitude. L’exploitation des images en temps réel, dans le shelter du segment sol, permet au chef de mission de comprendre ce qui se passe au sol, en coordination avec les troupes sur le terrain. Les visions du ciel et du sol reconstituent la scène. Le drone envoie ses images simultanément aux personnels engagés sur le terrain, aux bases avancées, au commandement régional, à celui de la FIAS et à la base de Bagram. Les données sont transmises par deux liaisons satellitaires à haut débit (SATCOM, 3 MB/s) et par deux liaisons directes (LOS, 5 MB/s) à partir d’antennes d’une portée de 150 km pour la commande et le contrôle du drone. En trois ans, les Harfang n’ont connu que quelques incidents de transmissions de données, compensés par la redondance des observations des satellites géostationnaires.

Les forces françaises sur zone (3.400 militaires fin mars) disposent encore de drones de reconnaissance au contact (lancés par un homme) et de la couverture de la centaine de drones en tous genres de la FIAS.

Loïc Salmon




Sommet franco-britannique : communauté de vues sur la Défense

Le président de la République française Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron ont réaffirmé, le 17 février 2012 à Paris, la coopération bilatérale en matière de défense, notamment pour les opérations et les équipements.

Opérations : les enseignements tirés de l’intervention commune en Libye, un an auparavant, concernent le développement des systèmes d’information, le renseignement, la surveillance, le ciblage, la reconnaissance et les munitions de précision. La force expéditionnaire commune, ainsi testée, devra, en 2016, pouvoir entrer en premier sur un théâtre, faire face à des menaces multiples jusqu’au niveau maximal d’intensité et être disponible pour des interventions bilatérales ou relevant de l’OTAN, de l’ONU, de l’Union européenne ou d’autres instances. Un grand exercice commun interarmées, dénommé « Corsica Lion », est prévu cette année en Méditerranée. Un état-major déployable de forces interarmées sera mis en place d’ici à 2016. Enfin, un groupe aéronaval franco-britannique intégré devrait être opérationnel après 2020.

Equipements : la France s’intéresse au drone de reconnaissance tactique non armé Watchkeeper, construit par Thales UK et déjà commandé par l’armée de Terre britannique. Ensuite, une équipe de programme conjointe Dassault Aviation (France) et BAE Systems (Grande-Bretagne) a été établie en 2011 pour étudier les risques techniques relatifs aux drones armés de reconnaissance MALE (moyenne altitude longue endurance). Enfin, un programme de démonstrateur technologique du futur système de combat aérien sera lancé en 2013, en vue de la mise au point d’un drone de combat armé utilisable dans des opérations de haute intensité. Ce démonstrateur, dont les caractéristiques seront définies ultérieurement, sera réalisé par Dassault Aviation et BAE Systems. Par ailleurs, un groupe bilatéral d’utilisateurs a été formé pour optimiser les coopérations en matière d’entraînement sur l’avion de transport tactique A400 M (techniques et procédures opérationnelles de formation sur simulateur et en vol). Un contrat de soutien intégré de l’A400 M sera négocié avec Airbus Military, pour la mise en service du premier A400 M français en 2013. En matière de technologies sous-marines, un mémoire d’entente bilatéral a été signé en juin 2011 sur l’étude de faisabilité d’un nouveau sonar. Les feuilles de route des deux Marines ont été harmonisées pour mettre au point, à partir de 2013, un démonstrateur/prototype de système autonome, fondé sur les technologies de drone sous-marin. En outre, un canon de 40 mm pour véhicule blindé, qualifié OTAN d’ici à 2013, fera l’objet d’une promotion à l’exportation. Un plan d’action conjoint de lutte contre les engins explosifs improvisés sera élaboré en 2012. Enfin, en matière de futurs missiles, le groupe européen (France, Grande-Bretagne et Italie) MBDA va étudier un missile de croisière, à partir d’une évaluation conjointe des améliorations du Storm Shadow britannique et du Scalp français, et un missile anti-navire dénommé « future anti ship guided weapon/anti-navire léger ».

Loïc Salmon




Marine nationale : mise en service opérationnel des hélicoptères Caïman

La Marine nationale remplace progressivement ses deux types d’hélicoptères Super Frelon (transport) et Lynx (lutte anti-sous-marine) par un seul, le NH90 NFH Caïman, dont le parc totalisera 27 unités en 2021.

Les premiers Caïman sont entrés en service opérationnel en décembre 2011. Ils sont destinés à la lutte contre les bâtiments de surface et les sous-marins, au contre-terrorisme maritime, à la recherche et au secours en mer, à l’assistance aux navires en détresse, à l’évacuation sanitaire et à la logistique navale. Répartis entre la Méditerranée (12 unités dans la flottille 31 F d’Hyères) et l’Atlantique (9 dans la 33 F de Lanvéoc-Poulmic), ils embarqueront sur les frégates de défense aérienne Forbin et Chevalier-Paul et les frégates multimissions (FREMM) à partir du second semestre 2012. Ils seront occasionnellement mis à disposition sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, les transports de chalands de débarquements et les bâtiments de projection et de commandement. Enfin, six unités seront maintenues hors du parc opérationnel pour entretien et formation du personnel.

Le Caïman peut manœuvrer jour et nuit avec un roulis de 10 degrés et un vent de 50 nœuds (90 km/h). D’une vitesse de croisière de 260 km/h et d’une masse maximale au décollage de 11 t, il peut franchir 950 km avec une autonomie de 4 heures. Son fuselage en matériaux composites résiste au crash. Sa carlingue accueille 14 commandos avec leurs équipements ou 12 civières. Son armement se compose de torpilles MU90, de missiles air-mer ANL, d’une mitrailleuse de portière et d’un fusil pour tireur d’élite. Le Caïman existe en version terrestre sous le nom de NH90 TTH (hélicoptère de transport tactique) pour l’Aviation légère de l’armée de terre, qui assure une formation technique initiale commune dans sa base-école du Luc (Provence). Le programme européen NH 90 regroupe l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal. Géré par l’agence NAHEMA de l’OTAN, il est réalisé par le consortium NH-Industries, composé d’Agusta-Westland, d’EADS/Eurocopter et de Fokker-Stork.

Loïc Salmon




Union européenne : un Français à la tête du comité militaire

Le 23 janvier 2012, le Conseil de l’Union européenne a désigné le général d’armée aérienne Patrick de Rousiers à la présidence du comité militaire de l’Union européenne (CMUE) pour trois ans à partir du 6 novembre.

Le CMUE est l’enceinte de consultation et de coopération militaire dans la prévention des conflits et la gestion des crises. Le général de Rousiers, qui succède au général suédois Kakan Syrén, est le deuxième Français à occuper ce poste après le général d’armée Henri Bentégeat, (2006-2009), précédemment chef d’état-major des armées (2002-2006). Le général de Rousiers, entré à l’Ecole de l’air en 1975, est breveté pilote de chasse en 1979. Il totalise 76 missions de guerre en 3.094 heures de vol. Il a notamment participé à la guerre du Golfe (1991) comme commandant du premier détachement de Mirage F1CR, déployé en Arabie Saoudite. En 1999, il prend le commandement de la base aérienne 133 de Nancy, où se trouvent les trois escadrons de Mirage 2000D. En 2006, il prend celui de la défense et des opérations aériennes. Promu général d’armée aérienne le 1er septembre 2010, il devient inspecteur général des armées (photo). Le général de Rousiers est commandeur de la Légion d’Honneur et de l’Ordre national du Mérite et titulaire de la médaille de l’Aéronautique.

L.S.

 




Bold Alligator 2012 : exercice amphibie interalliés à longue distance

Pour la première fois, les Etats-Unis ont invité des partenaires étrangers, dont la France, à participer à « Bold Alligator », exercice majeur de déploiement interarmées à longue distance en milieu hostile et qui se déroule du 24 janvier au 13 février 2012 en Caroline du Nord (côte est-américaine).

Il s’agit de simuler et de réellement effectuer la sécurisation d’un pays (fictif) déstabilisé et l’évacuation de ressortissants étrangers. Bold Alligator 2012 engage des moyens considérables : 20.000 personnes, 7 LHD (bâtiments d’assaut amphibies), des frégates d’escorte, le porte-avions Enterprise et son groupe aérien, des chasseurs de mines et des pétroliers-ravitailleurs  pour les Etats-Unis ; 600 personnes (dont 400 de l’armée de terre), le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Mistral, 70 véhicules et 6 hélicoptères (4 Puma et 2 Gazelle) ; 100 « marines » pour la Grande-Bretagne ; 100 « marines » pour les Pays-Bas ; des observateurs intégrés aux états-majors pour l’Italie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

Bold Alligator 2012 est l’occasion, pour l’Etat-major français des armées, d’atteindre plusieurs objectifs opérationnels : améliorer l’interopérabilité du groupe amphibie français avec la Marine et le corps des « marines » américains dans une opération de haute intensité sous commandement américain ; insérer des officiers français dans un état-major américain pour la conduite et la planification ; entraîner l’état-major de la force aéromaritime de réaction rapide ; maintenir le savoir-faire français en matière amphibie par l’embarquement d’éléments du 3ème Régiment d’artillerie de marine et du 21ème Régiment d’infanterie de marine ainsi que des hélicoptères de l’Aviation légère de l’armée de terre.

L’EDA-R, catamaran de débarquement

Afin de participer à Bold Alligator 2012, le BPC Mistral est absent de Toulon du 9 janvier au 28 février. Il embarque deux chalands de transport de matériel et un engin de débarquement amphibie rapide (EDA-R). D’une longueur de 30 m, d’une largeur de 12 m et d’une capacité d’emport de 80 t, l’EDA-R (photo) peut naviguer à 30 nœuds (55 km/h) à vide et à 18 nœuds (33 km/h) à pleine charge. Rapide en mode transit, il se transforme en navire à fond plat pour aborder une plage ou embarquer des chalands en radier, grâce à une plate-forme élévatrice centrale. L’EDA-R a une capacité cinq fois supérieure à celle du chaland actuellement en service. Conçu pour le débarquement de troupes et de véhicules militaires à partir d’un BPC à 30 milles marins (55 km de la côte), il peut aussi effectuer des opérations humanitaires dans des zones sans infrastructures portuaires. Le concept de l’EDA-R, unique au monde, est breveté par la société Constructions industrielles de la Méditerranée, qui fait construire la coque à Saint-Malo et finaliser les installations à Boulogne-sur-Mer. D’ici à mi-2012, la Marine nationale disposera de quatre EDA-R, dont le premier a été réceptionné par la Direction générale de l’armement le 26 novembre 2011.

Loïc Salmon




Afghanistan : laboratoire européen contre IED

Un laboratoire expérimental européen d’analyse scientifique des engins explosifs improvisés (IED), entré en service en août 2011 au camp Warehouse de Kaboul, a été présenté à la presse le 29 septembre 2011 à Paris par l’Etat-major des armées.

L’Agence européenne de défense a investi 1 M€ dans la réalisation de ce laboratoire, dont la France est nation-cadre avec délégation de commandement des autres pays européens engagés. Ce laboratoire est intégré à la Task Force Paladin, spécialisée dans la lutte contre les IED au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). Cinq autres laboratoires, américains, contre IED sont déjà opérationnels en Afghanistan. Leur objectif est de déterminer l’origine et la chaîne de production en amont des IED pour les neutraliser. Les laboratoires travaillent en coopération avec des unités afghanes de lutte contre les IED, issues de la Direction nationale de la sécurité et des ministères de la Défense et de l’Intérieur.

Dans le laboratoire européen, une quinzaine de personnels (français, espagnols, polonais, américains et néerlandais) recueillent les IED saisis et les retours d’expériences des soldats de la coalition. Tous les éléments matériels sont photographiés et analysés pour en déterminer le fonctionnement, la composition et l’origine des ingrédients.

Plusieurs types d’analyses sont pratiquées : chimiques pour les composants souvent à base d’engrais disponibles dans le commerce ; biométriques pour relever les empreintes digitales et les traces d’ADN ; électroniques pour les cartes SIM des téléphones portables récupérés. Les données établies sont enregistrées et comparées avec celles existantes. Il s’agit ensuite d’anticiper les autres modes de mise à feu des IED.

Enfin, tout est archivé en vue de rédiger une documentation destinée aux personnels engagés sur le terrain.

Loïc Salmon




Renseignement militaire : cinq satellites français de plus

Une fusée russe Soyouz a lancé quatre nouveaux satellites de renseignement d’origine électro-magnétique (ROEM) du programme « Elisa » et un satellite de renseignement optique « Pléiades », à partir de la base de Kourou (Guyane) le 17 décembre 2011 à 03h03 (heure de Paris). Ils complètent, pour l’engagement opérationnel des forces, les deux satellites d’observation optique Helios (4,2 t) 2 A et 2 B lancés respectivement en 2004 et 2009.

Le ROEM, complémentaire de l’imagerie satellitaire (optique et radar) et des capteurs terrestres, maritimes et aéroportés, consiste à intercepter, localiser et caractériser les capacités d’un adversaire en radar, systèmes d’armes et moyens de communication. Il établit notamment une cartographie des émetteurs au sol dont les paramètres seront intégrés à la bibliothèque d’un Rafale, dont le pilote pourra déceler les menaces sol/air qu’il risque de rencontrer au cours de sa mission, les éviter ou s’en protéger par le brouillage. La détection, discrète car sans interférence dans l’espace aérien national ou de l’adversaire potentiel, puis la reconstitution d’un réseau radio déterminent l’organisation d’un état-major ou d’une force de théâtre, dont l’évolution du niveau d’activité permet d’anticiper son action. Elisa comporte : quatre microsatellites (130 kg) en orbite à 700 km d’altitude et capables de couvrir simultanément une zone d’une manière très fine ; un segment sol (expérimentation technique) pour la Direction générale de l’armement (DGA) ; un segment sol pour la Direction du renseignement militaire. Pendant au moins trois ans, Elisa va devoir : démontrer la capacité de cartographier depuis l’espace les émissions radar ; compléter  la démonstration du système Essaim (4 microsatellites de 120 kg lancés en 2004)  dédié à l’interception des signaux de télécommunications ; préparer le futur système opérationnel Ceres (Capacité ROEM Spatiale), qui doit entrer en service en 2019-2020. La DGA a confié à Astrium et Thales Systèmes Aéroportés la réalisation des quatre satellites et du segment sol.

Par ailleurs, le satellite Pléiades 1 (1 t), en orbite à 694 km d’altitude, réalise des images en couleurs, fréquentes et précises de zones urbaines ou de terrain (60 km x 60 km) pour la planification, le ciblage et la caractérisation des objectifs: résolution de 70 cm et images en trois dimensions pour les missiles de croisière. Péiades 1 étant dual (militaire et civil), le commandement interarmées de l’espace de l’Etat-major des armées reçoit en priorité 50 images par jour. Il dispose également des images radar des systèmes allemand SAR Lupe et italien Cosmo Skymed.  Enfin, le Centre national d’études spatiales assure le lancement des satellites, leur mise en orbite définitive et leur maintien en position (correction des dérives et évitement des débris dans l’espace).

Loïc Salmon




Exercice OTAN Citadel Guibert 2011 : la France en première ligne

Pour la première fois, le Quartier général du Corps de réaction rapide-France a conçu, planifié et conduit un exercice OTAN d’entrée en premier sur un théâtre d’opérations difficile. Il constitue une avancée technologique pour roder les procédures de travail en interalliés. Dénommé Citadel Guibert 2011, cet exercice de forces terrestres blindées et aéroportées s’est déroulé du 27 novembre au 9 décembre 2011 dans les camps militaires de Leopoldsburg (Belgique) et Sennelager (Allemagne). Il a mis en œuvre un effectif de 1.700 militaires de 36 unités de 15 pays, correspondant au déploiement initial d’une force théorique multinationale de plus de 50.000 hommes pour une mission de stabilisation dans la Corne de l’Afrique sous mandat ONU, similaire aux engagements dans les Balkans et en Afghanistan. Cette opération complexe a pris globalement en compte les grandes distances à parcourir, le soutien vie de l’effectif déployé, les ethnies et les factions religieuses et culturelles du pays d’accueil et de ses voisins, les zones hostiles, les répercussions médiatiques et les actions des organisations non gouvernementales. Citadel Guibert 2011 a nécessité un poste de commandement de 400 hommes, 190 shelters, 25 km de fibres optiques, 1.100 ordinateurs, 11 niveaux informatiques et téléphoniques différents et cinq niveaux de confidentialité. Il fait suite à l’exercice d’interopérabilité franco-britannique Flandres 2011 de juin (voir rubrique « archives » des brèves 30-6-2011). Sur le plan strictement militaire, ce type de mission interalliée de grande ampleur implique des éléments organiques de corps d’armée, des commandements interarmées des opérations aériennes et maritimes, un commandement des opérations spéciales, une composante des actions d’influence et les forces de sécurité (armée et police) du pays d’accueil.

Loïc Salmon