Espace : système GEOTracker®, surveillance optique renforcée

Le ministère des Armées et ArianeGroup ont signé, le 16 décembre 2021 à Paris, un contrat de surveillance renforcée de l’espace sur des orbites de 2.000 km à 36.000 km par GEOTracker®, pour réagir vite et efficacement aux menaces émergentes.

André-Hubert Roussel, président exécutif d’ArianeGroup, le responsable Défense et son adjointe ont présenté ce système à l’Association des journalistes de défense le 15 décembre à Paris.

Système GEOTracker®. Ce contrat constitue une extension, financée par le Commandement de l’espace (CdE), de celui sur le service de données de positionnement, d’orbitographie et d’analyse de 2017. ArianeGroup dispose d’un réseau mondial de capteurs optiques et d’un centre de commande et de contrôle centralisé, qui automatise et traite rapidement les données orbitales. GEOTracker® fournit une couverture permanente à 360 °, qui permet au CdE de détecter, suivre et contribuer à la caractérisation d’objets spatiaux, actifs ou inactifs, afin d’établir la situation spatiale et de protéger les satellites français. En 2021, se déplacent dans l’espace : 1.500 satellites actifs et 2.900 inactifs ; 23.000 objets supérieurs à 10 cm ; 500.000 entre 1 cm et 10 cm ; plusieurs millions de débris inférieurs à 1 cm. Parmi les satellites, 41 % sont américains, 13 % chinois, 12 % européens, 9 % russes, 4 % japonais et 21 % divers. GEOTracker® utilise le laser et l’intelligence artificielle pour détecter le comportement d’un satellite qui, s’il se déplace, effectue une mission particulière. Du 8 au 12 mars 2021, GEOTracker® a participé à l’exercice tactique et opératif d’entraînement aux opérations spatiales militaires « Aster’X », piloté par le CdE sur le site de Toulouse du Centre national d’études spatiales. Un exercice similaire est prévu en 2022. Cela permet de voir les équipements, défensifs et offensifs, des satellites en orbite, d’établir la situation sur une zone géographique et d’envisager des scénarios d’attaque. Vu qu’un satellite parcourt plusieurs dizaines de km en quelques secondes, la surveillance permanente de 100.000 objets nécessite une réflexion, au niveau européen, sur la mise en œuvre et le partage de moyens à améliorer, afin de tenir une situation en temps réel. Déjà, en juin 2021, la Commission européenne a sélectionné ArianeGroup pour les projets de surveillance spatiale « Sauron » et « Integral ». D’ici à 2025, GEOTracker® disposera d’un grand réseau de télescopes répartis sur une vingtaine de stations sol pour réaliser un catalogue de plusieurs milliers d’objets.

Lanceurs et missiles. ArianeGroup, co-entreprise à parité du constructeur aéronautique européen Airbus et du motoriste aéronautique et spatial français Safran, emploie 8.800 personnes (filiales comprises) en France et en Allemagne et a réalisé un chiffre d’affaires de 2,7 Mds€ en 2020. Il assure la maîtrise d’œuvre des lanceurs européens civils Ariane 5 et Ariane 6, des recherche et développement à l’exploitation. Pour la dissuasion nucléaire de la France, il contrôle le cycle de vie, des études amont au démantèlement, des missiles balistiques M51 de la Force océanique stratégique et en effectue l’adaptation permanente au contexte stratégique et aux systèmes de défense des grandes puissances nucléaires. Par ailleurs, ArianeGroup conçoit les futurs « planeurs hypersoniques », destinés aux frappes dans la profondeur et que développent les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Lancés d’un avion, d’un sous-marin ou d’une plateforme mobile, ils parcourront environ 4.000 km à 60-80 km d’altitude dans une atmosphère raréfiée.

Loïc Salmon

Espace : « Keraunos », le laser pour la communication optique

Espace : un commandement dédié pour comprendre et agir

Espace : sécurisation en question et dissuasion nucléaire




14 juillet 2023, un défilé sur l’engagement international

Outre la défense et la résilience nationales, le défilé militaire du 14 juillet 2023 à Paris met à l’honneur l’engagement de la France envers ses partenaires étrangers.

Le général de corps d’armée Christophe Abad, gouverneur militaire de Paris, l’a présenté à la presse le 5 juin 2023.

Partenariats internationaux. Nation invitée à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de son partenariat stratégique avec la France, l’Inde participe au défilé avec des troupes à pied, 2 Rafale C (origine française) et 2 avons de chasse F-16 américains. Le défilé aérien inclut également 2 chasseurs Typhoon britanniques et 1 hélicoptère d’assaut Caïman italien. La Place de la Concorde accueille 80 musiciens venus d’Allemagne, de Belgique, du Canada, du Danemark, d’Espagne, des États-Unis, de France, de Grande-Bretagne, de Grèce, de Hongrie, d’Italie, du Luxembourg, du Portugal, de la République tchèque et de Roumanie.

Opérations. Les 9 Alphajet de la Patrouille de France ouvre le défilé des forces aériennes nationales, suivis de 2 Rafale C et de 2 Mirage 2000 D accompagnés par les 2 Rafale C indiens. La protection de l’espace aérien est représentée par 1 avion E-3F Awacs (système de détection et de commandement aéroporté), 2 Mirage 2000-5, 1 Rafale B et 1 Rafale C. La défense du territoire européen l’est par 1 Rafale B, 1 Rafale C et 1 Mirage 2000-5, accompagnés des 2 Typhoons britanniques et des 2 F-16 indiens. Les forces aériennes stratégiques, chargées de la défense des intérêts vitaux par l’emport de l’arme nucléaire, participent avec 1 avion ravitailleur multi-rôles A-330 Phénix et 3 Rafale B. La projection de force est montrée par 1 avion de transport stratégique A330-200, 1 avion de transport polyvalent A400 M Atlas, 1 avion de transport tactique et d’assaut C-130J Hercules et 2 avions de transport tactique CN-235 Casa. La force d’intervention est représentée par 1 avion ravitailleur C-135 et 4 Mirage 2000 D. Le groupe aérien embarqué du porte-avions Charles-de-Gaulle présente 1 avion de guet aérien E-2C Hawkeye, 8 Rafale Marine et 1 avion DA10. La patrouille maritime est représentée par 1 avion Falcon 50 M, pour la lutte contre les trafics illicites et la recherche et le sauvetage en mer, et par 2 Atlantique 2 utilisés également en opération extérieure. Le renseignement aérien est représenté par 1 drone de combat Reaper et 1 avion léger de surveillance et de reconnaissance.

Anniversaires. L’édition 2023 célèbre quelques anniversaires : pour l’armée de Terre, les 30 ans du Commandement du renseignement, les 80 ans de la 2ème Brigade blindée et les 80 ans du Bataillon parachutiste de choc ; pour la Marine nationale, les 210 ans de la préfecture maritime de Brest ; pour l’armée de l’Air et de l’Espace, les 70 ans de la Patrouille de France ; pour la résilience, les 80 ans de la médaille de la Résistance française.

Parade militaire et civile. L’édition 2023 compte : 6.500 participants, dont 5.100 à pied ; 67 avions dont 1 drone, 28 hélicoptères dont le nouvel hélicoptère interarmées léger H160 Guépard ; 62 motos et 157 véhicules et engins dont le véhicule multi-rôles blindé léger Serval ; 200 chevaux de la Garde républicaine. Outre les écoles des cadres militaires, défilent des unités des trois armées, du Commissariat, du Service de santé des armées, de la Gendarmerie, de la Délégation générale de l’armement et de la Direction de la maintenance aéronautique. Suivent des personnels de ministères de l’Intérieur, de la Justice et de l’Économie. Traditionnellement, la Légion étrangère ferme la marche.

Loïc Salmon

14 juillet 2022, un défilé sur fond de guerre en Ukraine

14 juillet 2021 : engagements de haute intensité, technologies de pointe et anniversaires

14 juillet 2019 : coopération européenne et innovation

 




14 juillet 2025 : montrer la crédibilité opérationnelle

De retour sur les Champs-Élysées, le défilé militaire du 14 juillet 2025 invite l’Indonésie et met à l’honneur la Force binationale franco-finlandaise, la Flottille de lutte contre les mines, la Base aérienne à vocation spatiale, le Régiment du service militaire adapté de Nouvelle-Calédonie et le Service militaire volontaire.

Le général de corps d’armée Loïc Mizon, gouverneur militaire de Paris, l’a présenté à la presse le 10 juin aux Invalides. Le défilé compte 7.005 participants, dont 5.618 à pied, 63 avions, 33 hélicoptères et 200 chevaux de la Garde républicaine.

Commémorations. L’édition 2025 souligne le centenaire du « Bleuet de France », symbole de la mémoire et de la solidarité envers les anciens combattants, victimes, veuves et orphelins de guerre. Il marque aussi les 100 ans de l’association « La Flamme sous l’Arc de Triomphe » et les 80 ans de la Défense aérienne.

Défilé aérien. La Patrouille de France arrive en tête avec 8 Alphajet. La Défense aérienne est représentée par 1 avion de détection et de commandement aéroporté E-3 F de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE), 2 chasseurs Rafale C, 1 Rafale B, 1 chasseur F18 suisse, 1 chasseur Typhoon allemand, 2 Mirage 2000-5, 1 Typhoon espagnol et 1 Typhoon britannique. La Dissuasion nucléaire aéroportée est représentée par 1 ravitailleur KC-135 et 4 Rafale B. La supériorité aérienne est représentée par 1 avion de transport et de ravitaillement A330 Phénix, 2 Mirage 2000 D, 1 Rafale C et 1 Rafale B et l’innovation aérienne militaire par 1 avion de transport tactique A400M Atlas, 1 Mirage 2000 D et 2 Rafale B. La Formation de l’aviation de chasse présente 2 avions d’entraînement militaire avancé Pilatus PC-21, 2 Alphajet, 2 Mirage 2000 B et 2 Rafale B. Le Groupe aérien embarqué est représenté par 5 Rafale Marine, 1 avion de guet aérien E2C Hawkeye et 1 avion biréacteur Falcon 10. La Patrouille de surveillance maritime est représentée par avion triréacteur Falcon 50 et 1 avion de lutte anti-sous-marine ATL2. Le Soutien aux populations comprend : la projection de force représentée par 3 A400M Altas de l’AAE et 1 A400M espagnol ; l’assaut et l’appui outre-mer représentés par 1 triréacteur Falcon 900, 1 avion de transport tactique C-130J Super Hercules et 2 avions tactiques CN-235 Casa. Le Transport aérien est représenté par 1 bimoteur Xingu, 2 monomoteurs TBM 700 et 2 monomoteurs légers SR22 Cirrus. La Reconnaissance et le Renseignement sont représentés par 1 drone de combat Reaper et 2 avions légers de surveillance et de reconnaissance Vador. La lutte contre les incendies est représentée par 1 bombardier d’eau Dash 8 de la Sécurité civile (SC). Le défilé d’hélicoptères présente des appareils de l’AAE, de la Marine nationale (1Caïman italien inclus), de l’armée de Terre, de la Gendarmerie, de la SC et de la Douane.

Troupes à pied. Les 17 écoles militaires défilent en tête, suivies d’unités de la Gendarmerie nationale, de l’armée de Terre (incluant la compagnie belgo-luxembourgeoise), de la Marine nationale, de l’AAE, de la Direction générale de l’armement et des Services de santé, du commissariat des armées, d’Infrastructures de la défense et de l’Énergie opérationnelle. Puis arrivent des unités des ministères civils (Intérieur et Outre-mer, Justice et Économie). La Légion étrangère ferme la marche de son pas lent.

Troupes motorisées. Absentes du défilé en 2024, les unités motorisées reviennent en force. L’armée de Terre déploie les éléments suivants : 7ème Brigade blindée, représentée par six régiments (tirailleurs, infanterie, chasseurs, artillerie d’Afrique et génie) ; 13ème Demi-Brigade de légion étrangère ; 1er Régiment de chasseurs parachutistes ; 1er Régiment de spahis ; Brigade d’appui numérique et du cyber ; Brigade de renseignement et cyber électronique ; Brigade logistique ; Brigade maintenance. Suivent des unités de l’AAE, de la Gendarmerie nationale, de la Police nationale, de la Douane et de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris.

Loïc Salmon

14 juillet 2024, un défilé avenue Foch et sans véhicules modernes

14 juillet 2023, un défilé sur l’engagement international

14 juillet 2022, un défilé sur fond de guerre en Ukraine




DGA : l’hydrodynamique, de la faisabilité au suivi du navire

Les performances atteignables de tous les navires militaires sont calculées avant leur construction à partir de maquettes. Les essais, une fois validés, sont complétés par ceux, à la mer, du bâtiment de surface ou du sous-marin.

Ce processus a été présenté à la presse le 8 octobre 2021 au Val-de-Reuil par l’ingénieur en chef de l’armement Laurent Le Saint, directeur du Centre d’expertise et d’essais DGA Techniques hydrodynamiques (CDGA TH). Ce centre étudie aussi les évolutions ou refontes des navires tout au long de leur vie.

Les spécificités navales. A l’inverse des programmes aéronautiques et terrestres, il n’existe pas de prototype pour les essais de programmes navals. La grande complexité et la durée de construction d’un navire impliquent que le premier de la série doit être immédiatement utilisable. Il s’agit de calculer la résistance à l’avancement du navire, à savoir les forces qui s’opposent à son déplacement, en vue d’atteindre la vitesse maximale souhaitée. L’étude de sa « manœuvrabilité » porte sur l’efficacité des manœuvres des navires de surface et la sûreté de la navigation des sous-marins. Celle de sa « tenue à la mer » porte sur sa stabilité et l’intégrité de ses structures. L’expertise de CDGA TH inclut : la conception des propulseurs qui détermine les « signatures hydroacoustiques » ; le lancement d’armes (missiles) hors charge explosive ; les corps remorqués (sonars) ; la fabrication des maquettes ; l’informatique scientifique. Hors construction, un navire nécessite 40 % d’études numériques, 15 % d’expertise, 40 % d’essais sur maquette et 5 % d’essais à la mer. Le CDGA TH dispose de 12.000 cœurs de calcul pour : mettre en place des lois d’extrapolation entre essais sur maquettes et performances attendues à l’échelle réelle ; déterminer la meilleure forme de coque, selon la discrétion attendue, la minimisation de la puissance du navire ou celle de son coût de fabrication. Ainsi, la modélisation du comportement d’un sous-marin porte sur les missions, changements de cap, avaries éventuelles des gouvernails et possibilités de manœuvre selon l’état de la mer.

Les moyens techniques. Phénomène bruyant et corrosif, la « cavitation » produit des petites bulles d’air sur les pales d’une hélice tournant dans l’eau à grande vitesse (photo, en haut à droite). Phénomène identique dans le sillage d’un navire, elle peut réduire l’efficacité de son gouvernail. La modification de la forme ou du nombre de pales de l’hélice compense la perte de poussée due à la cavitation ou améliore la discrétion d’un sous-marin. Le grand tunnel hydrodynamique du CDGA TH, semblable à une soufflerie, permet d’effectuer des essais et recherches sur la cavitation et le bruit rayonné par une hélice ou celui d’un écoulement. La cuve à houle sert à maîtriser l’environnement, le plus représentatif de la réalité, auquel va être soumis le navire. Long de 32 m et large de 10 m, elle génère des houles sur des maquettes de 1,5 m à 8 m de long de navires de surface ou à 1/20ème d’un sous-marin à faible immersion (photo, en haut à gauche). Des essais de houles, à différentes profondeurs, obliques, axiales, régulières, irrégulières ou cumulées, pendant 5 à 10 minutes, correspondent à 1 heure à la mer. Ils portent sur la stabilité avant et après une avarie de navire de surface, l’impact des vagues, de l’amarrage et de la tenue au mouillage. Le bassin de traction B 600, le plus grand d’Europe avec 545 m de long, 15 m de large et 7 m de profondeur, mène des essais de résistance, d’autopropulsion et de tenue à la mer en eau calme et sur houle de face ou arrière (photo, en bas).

Loïc Salmon

Marine nationale : SNA Suffren, campagne d’essais à la mer

Marine : la « marétique », transformation numérique du monde maritime

Armement : la DGA, la défense d’aujourd’hui et de demain




Réserve militaire : nécessité de fidéliser les « civils »

Actuellement, 25 % des réservistes des armées françaises sont issus du Service national, suspendu fin 2001. Cette ressource va disparaître à terme, mais les armées auront toujours besoin de jeunes réservistes pour renforcer les unités opérationnelles et disposer des expertises qui leur manquent. Le contre-amiral Antoine de Roquefeuille, secrétaire général du Conseil supérieur de la réserve militaire (CSRM) a présenté la situation à la presse le 3 avril 2014, à l’occasion de la « Journée nationale du réserviste » (10 avril) qui avait pour thème : « réserve militaire et citoyenneté ». Les réservistes « opérationnels » sont considérés comme des militaires qui, par un engagement contractuel extra-professionnel, servent la France sans faire du métier des armes leur seule profession. Ils exercent des responsabilités au même titre que les personnels d’active. Les réservistes « citoyens », sensibilisés aux enjeux de sécurité et de défense, donnent bénévolement de leur temps au profit des armées. Tous agissent pour la promotion de l’esprit de défense et le renforcement du lien armée-nation. Le CSRM recrute des « référents défense » au sein du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Il travaille avec le MEDEF pour améliorer le soutien de la réserve au sein des entreprises, par la mise en place de conditions favorables à la disponibilité des salariés réservistes. A ce propos, depuis 2011, un « Prix de la réserve militaire » est attribué chaque année à l’occasion de la Journée nationale du réserviste. Le 10 avril 2014, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a remis un trophée au groupe Thales pour la catégorie de plus de 1.000 salariés et à la Société de banque et d’expansion pour celle de moins de 1.000 salariés. Selon le CSRM, au 31 décembre 2013, les réservistes opérationnels sous contrat totalisaient 56.262 personnels ainsi répartis : Gendarmerie nationale, 28.582 ; armée de Terre, 15.425 ; Marine nationale, 4.827 ; armée de l’Air, 4.356 ; Service de santé des armées, 2.921 ; Délégation générale pour l’armement, 85 ; Service des essences des armées, 66. Parmi eux, (19,18 % de femmes), il y a  37,49 % d’anciens militaires (18,13 % d’officiers, 38,30 % de sous-officiers et 43,57 % de militaires du rang). Il est à noter que 252 réservistes ont servi en opérations extérieures. La réserve citoyenne comptait 3.464 personnels, dont 1.280 gendarmes. Toutefois, ces dernières années, les « engagements à servir dans la réserve » opérationnelle ont été prioritairement accordés aux anciens militaires… au détriment des civils ! L’amiral de Roquefeuil a expliqué que le budget « réserve » s’élevait à 80 M€ en 2008, mais que les restrictions financières des années suivantes ont conduit à rogner sur le temps de formation et donc à privilégier les anciens militaires. Afin d’éviter de décourager les jeunes civils et de réduire ainsi dangereusement la ressource humaine de demain, un retour à la formation a été amorcé en 2012. Les autorités militaires ont été rappelées à l’ordre pour que le ratio remonte à 70% de civils et 30 % de militaires. Cette proportion est atteinte dans la Gendarmerie et le Service de santé, presque dans l’armée de Terre, mais reste encore lointaine dans la Marine nationale et l’armée de l’Air.

Loïc Salmon

Les réservistes à l’honneur

La Réserve : lien entre mondes civil et militaire

Défense et citoyenneté : la journée des jeunes pour en comprendre les enjeux




Service de santé : « Maison des blessés et des familles » à Percy

Désormais, les grands blessés au combat peuvent vivre avec leur famille sur le site de l’hôpital d’instruction des armées (HIA) Percy pendant leur prise en charge déambulatoire (6 mois à 1 an). Cette « Maison des blessés et des familles » (MBF), inaugurée officiellement le 7 avril 2015, a été présentée à la presse, le 2 avril à Paris, par le médecin général inspecteur Christian Plotton, directeur de l’HIA Percy. Dans un petit film vidéo, un blessé (photo) témoigne : « On ne peut se reconstruire seul pendant un an » ! La MBF répond à l’objectif de parcours global de soins : présence des proches du blessé pendant la phase aigüe, au-delà des droits réglementaires, et meilleures conditions d’hébergement lors des réhospitalisations. Seul le praticien ou le chirurgien juge de la pertinence d’une prise en charge déambulatoire. Lors d’un engagement armé, il s’écoule en moyenne 35 heures entre le moment où un soldat est gravement blessé, son rapatriement par avion médicalisé et son arrivée à l’HIA Percy. Après la phase de réanimation et de chirurgie, le blessé entreprend une rééducation de 2 à 6 mois, puis une réadaptation (prise en charge déambulatoire) de 6 mois à 1 an et enfin une réinsertion de 2 ans environ par le travail et le sport. Le besoin d‘une MBF s’est fait sentir en 2011 avec le grand nombre de grands blessés de l’armée de Terre rapatriés d’Afghanistan, la saturation des capacités d’accueil des familles à proximité de l’HIA, la dispersion des origines géographiques des militaires hospitalisés (métropole et départements d’outre-mer) et les longues durées d’hospitalisation. Centre de polytraumatologie et structure d’accueil des grands blessés des théâtres d’opérations, l’HIA Percy a été retenu pour la future MBF en raison de sa capacité de prise en charge globale et permanente, grâce à la présence de l’ensemble des disciplines médico-chirurgicales et de réanimation. Également centre de rééducation et de réhabilitation, il  peut soigner les blessures physiques et psychiques. Disposant d’une réserve foncière de 2.700 m2, il a consacré 1.000 m2 à l’aménagement de 11 logements au standard « handicap », pour le déplacement du blessé en fauteuil roulant, et d’une crèche pour les enfants en bas âge : 6 studios de 23 m2 ; 4 logements de 75 m2 ; 1 appartement de 87 m2. Ces logements, bâtis en rez-de-chaussée, sont contigus pour permettre les échanges entre les familles. Le séjour, est pris en charge par le ministère de la Défense. La MBF a coûté 4 M€, dont 80.000€ payés par des associations. En effet, elle a vu le jour grâce à l’appui de divers services du ministère de la Défense et à la réactivité et l’action déterminante de la communauté associative, estime le médecin général. La réussite de la MBF explique-t-il, est due au personnel hospitalier (soignants, ergothérapeutes et kinésithérapeutes), aux cellules d’aide aux blessés et aux associations Terre Fraternité, Solidarité Défense, ANFEM (Association nationale des femmes de militaires) et Bleuet de France. De son côté, le général de division Bernard Barrera, porte-parole adjoint du ministère de la Défense et ancien commandant de la brigade « Serval » au Mali (2013), rappelle que les blessés au combat connaissent la réactivité du Service de santé sur le terrain et savent que ni eux, ni leur famille, ne seront abandonnés à leur sort après. Enfin, indique le médecin général Plotton, les blessés des récentes opérations extérieures dans la bande sahélo-saharienne le sont moins gravement que pendant l’engagement en Afghanistan.

Loïc Salmon

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Service de santé des armées : garantir aux blessés les meilleures chances de survie

Toutes les catégories de soignants sont projetées au plus près des opérations. L’expertise acquise donne aux forces armées françaises la capacité de s’engager en premier sur un théâtre.

Cette action du Service de santé des armées (SSA) a été présentée à la presse, le 15 juin 2017 à Paris, par les médecins-chefs Chantal Roche et Thibaut Provost-Fleury.

Retour d’expérience. L’équipe médicale, intégrée à l’unité de combat et composée d’un médecin, d’un infirmier, d’auxiliaires sanitaires, est formée au secours d’urgence et vit avec le danger. Le stress devient un gage de la rapidité de la prise en chaerge du blessé grave. Afin de faire venir un hélicoptère, le médecin décrit par radio le bilan qu’il vient d’établir : blessure physique, brûlure et/ou « blast » (effet de souffle). L’aéronef devant rester le moins de temps possible au sol, il sait que quelqu’un va appliquer les mêmes procédures d’urgence que lui pendant le transfert et que, 24-35 heures plus tard, le grand blessé arrivera en métropole à l’hôpital Percy par avion médicalisé. La chaîne de soutien médical s’échelonne sur quatre « rôles » : survie du blessé dans les zones de contact par les soins d’urgence et de réanimation ; traitement au groupement médico-chirurgical du théâtre, pour limiter les séquelles et stabiliser le blessé ; hospitalisation puis, le cas échéant, évacuation sanitaire ; soins dans un hôpital d’instruction des armées. Chaque combattant, formé au sauvetage de combat, dispose d’une trousse individuelle : un garrot tourniquet, des pansements compressifs pour arrêter l’hémorragie, une syrette de morphine, un kit de perfusion et une poche de soluté. Les trois quarts des décès au combat sont dus à une hémorragie non compressible et non garrotable, que seul un chirurgien aurait pu traiter dans la première heure. Le concept français place l’équipe médicale au plus près de la victime, alors que le concept anglo-saxon privilégie la rapidité de l’évacuation médicalisée vers les structures hospitalières. Aujourd’hui, les soldats sont surtout atteints aux membres et moins au thorax et à la tête, mieux protégés que lors des conflits précédents. L’évolution des techniques et matériels médicaux résulte d’une connaissance plus fine des blessures. Dans le cadre de l’opération « Barkhane » en cours, 200 militaires du SSA sont déployés dans la bande sahélo-saharienne, avec une capacité logistique autonome, des services hospitaliers de pointe et une recherche de l’innovation, comme le plasma lyophilisé pour s’affranchir des contraintes du froid. Le SSA prend aussi en compte les retours d’expérience des armées étrangères. Rien que pour l’armée de Terre, il suit 11.500 blessés en opération extérieure, en service commandé, pendant une formation ou par accident.

Parcours de la réinsertion. Ensuite, le Secrétariat général pour l’administration du ministère des Armées met en œuvre un accompagnement social et juridique, des indemnisations et une aide à la reconversion professionnelle. Plus de 2.000 blessés en opérations bénéficient d’une pension militaire d’invalidité. Outre la prise en charge des blessés psychiques post-traumatiques, un « congé du blessé » a été instauré, en vue de son maintien en activité jusqu’à 18 mois au-delà des congés maladie. Puis, des associations et l’Office national de anciens combattants et victimes de guerre interviennent. Enfin, la première « journée nationale des blessés de l’armée de Terre » a eu lieu le 23 juin 2017 aux Invalides.

Loïc Salmon

Sauvetage de combat : l’apprentissage des médecins

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Afrique : l’opération « Barkhane », créer de l’incertitude chez l’adversaire

Quoiqu’affaiblies par les actions conjointes et imprévisibles de la force Barkhane et de ses partenaires, les organisations terroristes du Sahel veulent toujours exporter le djihadisme.

Le général de division Marc Conruyt, commandant la force Barkhane dans la bande sahélo-saharienne, a présenté la situation le 11 février 2021 lors d’une visioconférence avec la presse à Paris.

Deux actions majeures. Une première opération de grande ampleur dénommée « Bourrasque », lancée contre l’organisation « Etat islamique au grand Sahara » (EIGS), s’est déroulée du 28 septembre au 1er novembre 2020 dans le Liptako Gourma, zone frontière entre le Mali et le Niger. Elle a mobilisé 3.000 militaires, dont 1.600 Français de la force Barkhane et 1.400 des forces armées maliennes et nigériennes, avec des moyens aériens français, britanniques, américains et danois. La seconde opération dénommée « Eclipse », qui a visé le « Rassemblement pour la victoire de l’islam et des musulmans » (RVIM), a eu lieu dans la région de Mopti (Mali), près de la frontière avec le Burkina Faso, du 2 au 20 janvier 2021 sur une zone d’environ 300 km sur 450 km. Elle a mobilisé 3.400 militaires, dont 1.500 de la force Barkhane et 1.900 des forces armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Au cours des deux opérations, la précision du renseignement a permis de déjouer les modes opératoires adverses.

Les conséquences. Selon le général Conruyt, « Bourrasque » a cassé la dynamique qu’avait l’EIGS en 2019. Ce dernier, qui a perdu des ressources en combattants et armements, fuit désormais le combat. Toutefois, il conserve une capacité de nuisance contre des cibles civiles au Niger. Lors de l’opération « Eclipse » le RVIM a subi des pertes moindres que l’EIGS et se montre plus agressif. Porteur d’un projet politique, le RVIM recourt à l’intimidation des populations, l’embrigadement des jeunes, l’action indirecte, le renseignement et la manipulation de l’information. La désinformation, qui existe depuis longtemps dans la bande sahélo-saharienne, exerce une influence sur les populations locales avec un écho parmi certains cercles à Bamako, mais n’a guère d’effet important sur le terrain, précise le général Conruyt. La force Barkhane procède aussi à des actions informationnelles, en complément des autres moyens à sa disposition. De son côté, à partir de sa base arrière dans la région, l’organisation « Al-Qaïda au Maghreb islamique » tente d’exporter le djihadisme, notamment vers le Mali et le Bénin et dispose de cellules dormantes en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Les partenariats. La task force européenne Takuba, composée notamment de membres des forces spéciales tchèques et estoniennes, accompagne les unités maliennes qui conservent leur liberté d’action. La compréhension de la menace, indique le général Conruyt, repose sur le partage de renseignement avec les pays partenaires et frontaliers ainsi que sur une coordination avec les forces françaises stationnées en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Gabon. Enfin, les Etats-Unis maintiennent une coopération importante en matière de renseignement, de ravitaillement en vol et de transport stratégique.

L’avenir de « Barkhane ». A l’issue du sommet des 15-16 février à N’Djamena (Tchad) avec les dirigeants du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), le président de la République, Emmanuel Macron, a exclu, dans l’immédiat, toute baisse des effectifs de la force Barkhane (5.100 militaires).

Loïc Salmon

Afrique : quelles perspectives pour l’opération « Barkhane » ?

Bande sahélo-saharienne : opérations aériennes, permanence et réactivité

Afrique : soutiens intégrés à l’opération « Barkhane »




Harcèlement dans les armées : « Thémis » libère la parole

« Thémis », cellule de lutte contre les harcèlements sexuel et moral, la violence et la discrimination au sein du ministère de la Défense, a déjà été saisie 192 fois depuis sa création le 21 juillet 2014. La cellule compte en tout 4 personnes civiles et militaires. Son directeur, le contrôleur général des armées Bernard Ducateau, a présenté la situation à la presse le 11 décembre 2014. Dans la mythologie grecque, Thémis, qui signifie « « la loi divine », est la déesse de la justice, de la loi et de l’équité (photo). En effet, la cellule du même nom recommande aux victimes de déposer une plainte auprès de la Gendarmerie, car seulement 1 viol sur 7 est porté à la connaissance des autorités judiciaires en France. Alors que les affaires de harcèlement sexuel faisaient auparavant l’objet d’une simple enquête de commandement, Thémis a déclenché « une prise de conscience » et reconnaît le statut de la victime, souligne son directeur. Elle s’appuie sur la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les hommes et les femmes et les articles L 4123-10 et 4123-10-1 du code de la défense. Ceux-ci stipulent que les militaires jouissent d’une protection juridique du ministère de la Défense et qu’aucun militaire ne doit subir de harcèlement sexuel. Avant la création de Thémis, les chefs de corps devaient prévenir un tel comportement, aujourd’hui ils doivent y mettre un terme. Alors que les données des autres ministères sont inexistantes, celui de la Défense publie les siennes. Il emploie 77 % de militaires et 23 % de civils. Sur les 192 saisines (militaires et civiles) indiquées, 66 concernent le harcèlement sexuel. Parmi elles, 53 cas sont antérieurs au 15 avril 2014, date de présentation au ministre d’un rapport sur la question, et concernent des affaires connues, mais mal prises en compte ou qui n’avaient pas été portées à la connaissance du commandement. Avec 50 % des saisines, le téléphone, qui garantit l’anonymat, reste le principal moyen de prendre contact avec Thémis, loin devant la messagerie interne du ministère (32 %) et internet (10 %). Le ministère de la Défense compte 80 % d’hommes et 20 % de femmes… qui constituent 88 % des victimes ayant saisi Thémis ! La cellule permet aux victimes de passer outre à la voie hiérarchique et de s’adresser directement au Contrôle général des armées, rattaché au ministre. Thémis propose à l’autorité hiérarchique des mesures conservatoires, conduit des enquêtes administratives, conseille le commandement et contribue à l’élaboration de statistiques sur les harcèlements, violences et discriminations en tous genres. Elle conseille, soutient et accompagne les victimes dans la durée, pour s’assurer du bon déroulement de leur carrière. Elle les réoriente vers le bon interlocuteur, lorsque leur demande ne relève pas de sa compétence. Parfois, les victimes, mutées à leur demande, n’acceptent pas que leur nouveau chef de corps soit informé de leur infortune, mais souhaitent connaître la sanction disciplinaire infligée à leur agresseur. Des chefs de corps ont été impliqués dans des cas de harcèlement sexuel ou moral, a reconnu le contrôleur général des armées Ducateau. Les victimes ou témoins de comportements suspects peuvent : contacter Thémis par courriel (themis@defense.gouv.fr ou themis@intradef.gouv.fr) par téléphone (01 42 19 88 88) ; parler à un psychologue, via Écoute Défense (08 08 800 321, appel gratuit) ; s’adresser à une association agréée, mais extérieure au ministère (www.stop-violences-femmes.gouv.fr ou appeler le 3919).

Loïc Salmon

Femmes dans les armées : promotion par la compétence et soutien contre le harcèlement

Exposition photographique itinérante « Femmes de la défense »




ALAT : essais de « navalisation » de l’hélicoptère d’assaut Caïman

La campagne d’essais de « navalisation » de l’hélicoptère de manœuvre et d’assaut NH 90 Caïman, destiné à l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT), s’est déroulée avec succès en Méditerranée du 12 au 15 novembre 2013, à bord du bâtiment de projection et de commandement (BPC) Tonnerre. En coordination avec le constructeur NH Industries, la Direction générale de l’armement (DGA) et l’équipage du BPC, elle a consisté à vérifier la tenue du train d’atterrissage, les efforts sur la structure, la marge de puissance du moteur, la marge sur les commandes de vol et les qualités de vol d’un Caïman à la masse maximale de 10,6 t. Cet hélicoptère a effectué 4 vols d’essais de 2 heures dans les conditions maximales fixées par la DGA : vent de 55 nœuds (plus de 100 km/h), roulis de 7 ° et tangage de 2 °.  Quand le vent de travers atteint 50 nœuds (92 km/h), aucun hélicoptère ne vole, sauf le Caïman (photo). L’équipe de marque de la Section technique de l’armée de Terre procédera à une expérimentation technico-opérationnelle en mars 2014, puis à une première capacité de projection de 4 Caïman en juillet 2014. Elle s’assurera que les pilotes de l’ALAT sont capables de remplir ces objectifs ainsi que ceux par temps chaud et en montagne. Sur les 68 Caïman commandés pour l’ALAT, 9 ont déjà été livrés. Le 12 décembre, les 3 premiers équipages opérationnels décolleront du Centre de formation interarmées NH90 du Cannet des Maures pour rejoindre le 1er Régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg. D’une façon générale, tous les équipages de l’ALAT (pilote, commandant de bord et mécanicien) doivent être qualifiés à l’appontage de jour et de nuit sur grande plate-forme (BPC). Les plus performants peuvent acquérir les qualifications de jour et de nuit sur petite plate-forme (frégates). Chaque qualification requiert 6 appontages. Par la suite, tous les équipages opérationnels doivent s’entraîner une fois par an avec des bâtiments de la Marine, dans la mesure des disponibilités des uns et des autres.

Loïc Salmon

Marine nationale : mise en service opérationnel des hélicoptères Caïman