Les réservistes à l’honneur

Les réservistes, civils et militaires à la fois,  sont indispensables aux forces armées, auxquelles ils apportent un renfort temporaire. Une journée nationale leur est attribuée en reconnaissance (4 avril en cette année 2013), car la plupart remplissent leurs fonctions pendant leurs vacances ou le week end, au-delà des cinq jours que l’employeur est tenu d’accorder. Toutefois, certaines entreprises ont signé une convention avec le ministère de la Défense pour faciliter l’engagement de leurs réservistes. C’est le cas pour les 34 réservistes qui assurent un soutien opérationnel à l’opération « Serval » au Mali, hors forces spéciales. Selon le Conseil supérieur de la réserve militaire, le nombre de réservistes opérationnels (payés à la journée selon leur grade) est passé de 18.162 en 1999 à… 57.187 en 2011, dont 20 % d’officiers, 38 % de sous-officiers et 42 % de militaires du rang. Celui des « réservistes citoyens », bénévoles chargés du rayonnement des armées, a été de 2.660 (16 % de femmes) en 2011, dont 67 % d’officiers supérieurs, 22 % d’officiers subalternes, 10 % de sous-officiers et 1 % de militaires du rang. La Gendarmerie a accueilli son 1.000ème réserviste citoyen le 13 février 2013. Pourtant, en période de restriction budgétaire comme en 2012, la réserve sert de variable d’ajustement. Les armées privilégient en effet les réservistes opérationnels susceptibles de les servir 40-50 jours par an, alors que la moyenne est de 25 j/an. Le moral des laissés-pour-compte s’en ressent. Pour remédier à cet état de fait, le ministère de la Défense a défini cinq priorités pour 2013 : valoriser les collectivités locales et les « correspondants-défense » ; mettre en avant les réservistes opérationnels et citoyens ; susciter l’adhésion des entreprises et des administrations partenaires ; associer le ministère de l’Education nationale et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ; coopérer avec les associations de réservistes.

Loïc Salmon




Armée de Terre : l’effet « Mali » sur le recrutement

L’intervention militaire française au Mali a eu un effet positif sur le recrutement des jeunes de 18-24 ans, a déclaré, le 28 février 2013 à Paris, le général de brigade Benoît Royal, sous-directeur recrutement à la Direction des ressources humaines de l’armée de terre. Celle-ci compte embaucher 10.000 militaires cette année, sur une population cible de 120.000 civils. Avec un budget de 800 €/jeune, elle arrive en quinzième position parmi les principaux employeurs, mais, en termes d’effectifs, à la deuxième derrière Mac Donald qui souhaite embaucher 20.700 jeunes. L’armée de Terre rencontre en effet de nombreuses difficultés structurelles : baisse générale des effectifs de la classe d’âge concernée ; effet répulsif des pertes humaines en Afghanistan ; perte de visibilité des militaires auprès de la population ; désertification militaire de zones sur le territoire national ; attentisme de la jeunesse ; contraintes du métier. Par ailleurs, les familles n’accompagnent plus leurs enfants dans les bureaux du Service d’information et de relations publiques de l’armée de terre. De plus en plus de parents n’ont pas connu le service national. Pour combler son déficit d’image,  elle recourt surtout à la publicité, de plus en plus chère mais indispensable : télévision, internet, réseaux sociaux, affichage et presse. La part d’internet parmi les origines des candidatures croît régulièrement : 31 % en 2010, 39 % en 2011, 43 % en 2012 et 53 % en 2013. Une campagne de spots télévisés entraîne 140.000 clics par semaine sur le site internet de recrutement, contre 40.000 sans spots. La campagne 2013 est la première où des scènes d’opérations sont reconstituées pour rechercher l’authenticité. Selon le général Royal, les jeunes réfléchissent sur l’idée qu’ils se font de l’armée de Terre et recherchent « un métier qui sert à quelque chose, qui ait du sens ». Environ 15 % des recrutés savent dans quelle arme ils veulent servir. Moins de 10 % des jeunes recrutés en 2012 étaient au chômage. La solde d’un engagé, nourri et logé, se monte à 1.200 € net par mois. Enfin, l’armée de Terre poursuit ses efforts de fidélisation du personnel. Le taux de dénonciation de contrat des engagés volontaires est en effet passé de 24,8 % en 2007 à 30 % en 2009 pour retomber à 23 % en 2012.

Loïc Salmon




Mali : l’opération Serval va baisser en puissance à partir d’avril

« La phase ultime » de l’opération Serval, considérée comme la plus difficile, « va durer encore tout le mois de mars et, à partir du mois d’avril, il y aura une diminution du nombre de soldats français au Mali, dès lors que les forces africaines seront en relais, appuyées par les Européens », a déclaré le président de la République, François Hollande, chef des armées, au cours d’une conférence de presse à Varsovie le 6 mars 2013. Le lendemain, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu au Mali pour rencontrer les troupes franco-maliennes engagées dans la vallée de l’Amettetaï, lieu de l’offensive du 27 février au 4 mars, et dans les villes de Tessalit et de Gao. Actuellement, 4.000 militaires français et 6.300 soldats du Niger, du Nigeria, du Burkina Faso et surtout du Tchad (2.000 hommes) sont déployés au Mali. S’y ajoutent des moyens aériens pour : les frappes, 6 Rafale, 6 Mirage 2000D et 2 Mirage F1 CR ; le renseignement, 1 Atl2 et des drones ; l’appui, 1 AWACS pour la détection et le contrôle, 1 C135 pour le ravitaillement en vol et des avions de transport tactique C160, C130 et CN 235. Le bilan des combats entre les 1er et 7 mars s’établit à : 180 sorties aériennes, dont 60 pour les frappes, 60 pour le soutien ravitaillement et santé et 60 pour le transport ; destruction de sites logistiques et de véhicules ; 50 djihadistes tués et 5 prisonniers, dont certains très jeunes ; 2 Français tués (2 et 6 mars) ; découverte de caches, postes de combat, armement, munitions et ateliers de fabrication d’engins explosifs improvisés. Les armes et munitions trouvées proviennent surtout des stocks de l’armée malienne et un peu de Libye. Selon l’Etat-major des armées, les djihadistes, qui avaient pris leurs dispositions pour tenir longtemps (dépôts de munitions et de vivres), cherchent à infliger le maximum de pertes aux unités françaises et tchadiennes. Les forces françaises, qui bénéficient des appuis feux des hélicoptères et avions de chasse, se coordonnent avec les troupes tchadiennes pour acquérir la supériorité et exploiter très vite le renseignement opérationnel, en vue de relancer l’action et garder l’initiative. Les conditions sont particulièrement difficiles : température de 35-40 ° C ; terrain rocailleux avec de fréquents dénivelés de 100 m ; chargement individuel de 25 kg (gilet pare-balles, vivres et munitions). Par ailleurs, 13 avions de transport et 2 hélicoptères sont fournis par : les Etats-Unis, 3 avions C17 ; la Grande-Bretagne, 1 C17 ; le Canada, 1 C17 ; la Belgique, 2 avions C130 et 2 hélicoptères ; l’Allemagne, 2 avions C160 et 1 avion A 3010 ; l’Espagne ,1 C130 ; le Danemark, 1 C130 ; les Pays-Bas, 1 avion DC 10. Enfin, la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali, destinée à former les troupes maliennes, devrait être opérationnelle fin mars. Composée de 500 soldats (200 formateurs) de 20 pays, elle sera protégée par les forces françaises.

Loïc Salmon




Mali : quatrième Français tué au cours de l’opération « Serval »

Un militaire français a été mortellement touché le 6 mars 2013, lors d’un accrochage avec les djihadistes près de Tin Keraten, à 100 km de Gao dans l’Est du Mali. Il s’agit du brigadier-chef Wilfried Pingaud du 68ème Régiment d’artillerie d’Afrique. Cela porte à quatre le nombre de Français tués depuis le déclenchement de l’opération Serval le 11 janvier. Selon l’Etat-major des armées, les djihadistes sont très déterminés et conduisent leur action jusqu’au bout sans chercher à se  désengager, ce qui rend la situation particulièrement dangereuse. Il s’agit de concentrer rapidement les moyens aériens et terrestres pour fixer l’adversaire, une fois localisé, et de le neutraliser. Une patrouille aérienne est maintenue sur zone par des ravitaillements en vol, afin d’intervenir rapidement. Le transport d’essence se fait par la route. Mais en cas d’urgence, un hélicoptère peut recevoir, bord à bord, une partie du carburant du C160, qui conserve de quoi rentrer à sa base. L’hélicoptère permet de surveiller le maximum de terrain et d’aller vite. Actuellement, 4.000 militaires français et 6.000 soldats africains sont déployés au Mali ainsi que des moyens aériens pour : les frappes, 6 Rafale, 6 Mirage 2000D et 2 Mirage F1 CR ; le renseignement, 1 Atl2 et des drones ; l’appui, 1 AWACS pour la détection et le contrôle, 1 C135 pour le ravitaillement en vol et des avions de transport tactique C160, C130 et CN 235. En outre, treize avions de transport sont fournis par les Etats-Unis (3 C17), la Grande-Bretagne (1 C17), le Canada (1 C17), la Belgique (2 C130), l’Allemagne (2 C160 et 1 A 3010), l’Espagne (1 C130), le Danemark (1 C130) et les Pays-Bas (1 DC 10). Enfin, la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali, destinée à former les troupes maliennes, devrait être opérationnelle fin mars. Composée de 500 soldats (200 formateurs) de 20 pays, elle sera protégée par les forces françaises.

Loïc Salmon




Mali : deux Français tués dans l’Adrar, principale zone d’opération

Quelque 1.200 militaires français, 800 soldats tchadiens et un élément malien ont été déployés dans le massif montagneux de l’Adrar (Nord du Mali), refuge des islamistes. Plusieurs accrochages se sont produits à l’issue de l’opération de reconnaissance « Panthère IV » déclenchée le 18 février 2013. Au 3 mars, le dernier bilan connu s’établit à : 90 djihadistes tués par les Tchadiens et 40 par les Français ; 26 Tchadiens tués ; 2 Français tués et 2 légèrement blessés ; plus de 10 sites logistiques, 15 pick up et 1 véhicule blindé BRDM2 détruits ; un atelier de fabrication d’engins explosifs improvisés démantelé. Selon l’Etat-major des armées, les djihadistes sont très déterminés et conduisent leur action jusqu’au bout sans chercher à se désengager, ce qui rend la situation particulièrement dangereuse. Deux canons Caesar de 155 mm ont été envoyés dans la région pour compléter l’appui feu aérien (voir plus loin). Panthère IV, terminée dès la localisation de l’adversaire, avait mobilisé 150 hommes des forces franco-maliennes, pour désorganiser les groupes djihadistes et démanteler leurs sanctuaires. Le 2 mars, le caporal Cédric Charenton (1er Régiment de chasseurs parachutistes) a été tué au cours d’un violent combat. Auparavant, le 19 février, lors d’un accrochage à 50 km au sud de la ville de Tessalit, le sergent-chef Harold Vormezeel (2ème Régiment étranger de parachutistes) est décédé à la suite de ses blessures. Panthère IV avait utilisé des moyens de renseignement (1 avion radar Atl 2 et 1 drone), d’appui aérien (2 chasseurs) et de transport (1 avion C160, 4 hélicoptères dont 1 « médicalisé » et des véhicules blindés). Il s’agit de concentrer rapidement les moyens aériens et terrestres pour fixer l’adversaire, une fois localisé, et de le neutraliser. Une patrouille aérienne est maintenue sur zone par des ravitaillements en vol, afin d’intervenir rapidement. Le transport d’essence se fait par la route. Mais en cas d’urgence, un hélicoptère peut recevoir, bord à bord, une partie du carburant du C160, qui conserve de quoi rentrer à sa base. L’hélicoptère permet de surveiller le maximum de terrain et d’aller vite. Actuellement, 4.000 militaires français et 6.000 soldats africains sont déployés au Mali ainsi que des moyens aériens pour : les frappes, 6 Rafale, 6 Mirage 2000D et 2 Mirage F1 CR ; le renseignement, 1 Atl2 et des drones ; l’appui, 1 AWACS pour la détection et le contrôle, 1 C135 pour le ravitaillement en vol et des avions de transport tactique C160, C130 et CN 235. En outre, treize avions de transport sont fournis par les Etats-Unis (3 C17), la Grande-Bretagne (1 C17), le Canada (1 C17), la Belgique (2 C130), l’Allemagne (2 C160 et 1 A 3010), l’Espagne (1 C130), le Danemark (1 C130) et les Pays-Bas (1 DC 10). Enfin, la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali, destinée à former les troupes maliennes, devrait être opérationnelle fin mars.  Composée de 500 soldats (200 formateurs) de 20 pays, elle sera protégée par les forces françaises.

Loïc Salmon




Mali : le massif de l’Adrar, principale zone d’opération

Quelque 1.200 militaires français, 800 soldats tchadiens et un élément malien ont été déployés dans le massif montagneux de l’Adrar (Nord du Mali), refuge des islamistes. Plusieurs accrochages se sont produits à l’issue de l’opération de reconnaissance « Panthère IV » déclenchée le 18 février 2013. Le 27 février, le bilan s’établit à : 90 djihadistes tués par les Tchadiens et 40 par les Français ; 23 Tchadiens tués ; 1 Français tué et 2 légèrement blessés ; plus de 10 sites logistiques, 15 pick up et 1 véhicule blindé BRDM2 détruits ; un atelier de fabrication d’engins explosifs improvisés démantelé. Selon l’Etat-major des armées, les djihadistes sont très déterminés et conduisent leur action jusqu’au bout sans chercher à se  désengager, ce qui rend la situation particulièrement dangereuse. Deux canons Caesar de 155 mm ont été envoyés dans la région pour compléter l’appui feu aérien (voir plus loin). Panthère IV, terminée dès la localisation de l’adversaire, avait mobilisé 150 hommes des forces franco-maliennes, pour désorganiser les groupes djihadistes et démanteler leurs sanctuaires. Lors d’un accrochage le 19 février à 50 km au sud de la ville de Tessalit, le sergent-chef Harold Vormezeel (section de commandos parachutistes du 2ème Régiment étranger de parachutistes) est décédé à la suite de ses blessures. Un hommage snational lui a été rendu, trois jours plus tard aux Invalides à Paris, en présence du ministre de la Défense jean-Yves Le Drian. Panthère IV avait utilisé des moyens de renseignement (1 avion radar Atl 2 et 1 drone), d’appui aérien (2 chasseurs) et de transport (1 avion C160, 4 hélicoptères dont 1 « médicalisé » et des véhicules blindés). Il s’agit de concentrer rapidement les moyens aériens et terrestres pour fixer l’adversaire, une fois localisé, et de le neutraliser. Une patrouille aérienne est maintenue sur zone par des ravitaillements en vol, afin d’intervenir rapidement. Le transport d’essence se fait par la route. Mais en cas d’urgence, un hélicoptère peut recevoir, bord à bord, une partie du carburant du C160, qui conserve de quoi rentrer à sa base. L’hélicoptère permet de surveiller le maximum de terrain et d’aller vite. Actuellement, 4.000 militaires français et 6.000 soldats africains sont déployés au Mali ainsi que des moyens aériens pour : les frappes, 6 Rafale, 6 Mirage 2000D et 2 Mirage F1 CR ; le renseignement, 1 Atl2 et des drones ; l’appui, 1 AWACS pour la détection et le contrôle, 1 C135 pour le ravitaillement en vol et des avions de transport tactique C160, C130 et CN 235. En outre, treize avions de transport sont fournis par les Etats-Unis (3 C17), la Grande-Bretagne (1 C17), le Canada (1 C17), la Belgique (2 C130), l’Allemagne (2 C160 et 1 A 3010), l’Espagne (1 C130), le Danemark (1 C130) et les Pays-Bas (1 DC 10). Enfin, la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali, destinée à former les troupes maliennes, devrait être opérationnelle fin mars.  Composée de 500 soldats (200 formateurs) de 20 pays, elle sera protégée par les forces françaises.

Loïc Salmon




Mali : début de l’opération « Panthère », un Français tué

L’opération de reconnaissance « Panthère » a été déclenchée, le 18 février 2013 dans le massif montagneux de l’Adrar (Nord), par 150 hommes des forces franco-maliennes, pour désorganiser les groupes djihadistes et démanteler leurs sanctuaires. Lors d’un accrochage le 19 février à 50 km au sud de la ville de Tessalit, le sergent-chef Harold Vormezeel (section de commandos parachutistes du 2ème Régiment étranger de parachutistes) est décédé à la suite de ses blessures. Un hommage national lui a été rendu, trois jours plus tard aux Invalides à Paris, en présence du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Entre le 18 et le 20 février, trente djihadistes ont été tués et des nids de mitrailleuses et des dépôts de munitions détruits. « Panthère » mobilise des moyens de renseignements (1 avion radar Atl 2 et 1 drone), d’appui aérien (2 chasseurs) et de transport (1 avion C160, 4 hélicoptères dont 1 « médicalisé » et des véhicules blindés). Il s’agit de concentrer rapidement les moyens aériens et terrestres pour fixer l’adversaire, une fois localisé, et de le neutraliser. Une patrouille aérienne est maintenue sur zone par des ravitaillements en vol, afin d’intervenir rapidement. Le transport d’essence se fait par la route. Mais en cas d’urgence, un hélicoptère peut recevoir, bord à bord, une partie du carburant du C160, qui conserve de quoi rentrer à sa base. L’hélicoptère permet de surveiller le maximum de terrain et d’aller vite. Actuellement, 4.000 militaires français sont déployés au Mali ainsi que des moyens aériens pour : les frappes, 6 Rafale, 6 Mirage 2000D et 2 Mirage F1 CR ; le renseignement, 1 Atl2 et des drones ; l’appui, 1 AWACS pour la détection et le contrôle, 1 C135 pour le ravitaillement en vol et des avions de transport tactique C160, C130 et CN 235. En outre, treize avions de transport sont fournis par les Etats-Unis (3 C17), la Grande-Bretagne (1 C17), le Canada (1 C17), la Belgique (2 C130), l’Allemagne (2 C160 et 1 A 3010), l’Espagne (1 C130), le Danemark (1 C130) et les Pays-Bas (1 DC 10). Enfin, la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali, destinée à former les troupes maliennes, devrait être opérationnelle fin mars.  Composée de 500 soldats (200 formateurs) de 20 pays, elle sera protégée par les forces françaises.

Loïc Salmon




OTAN : un Français à la tête des Services de santé

Pour la première fois, les 28 pays membres de l’OTAN ont élu un Français à la présidence du Comité des chefs de Services de santé militaires (COMEDS), en l’occurrence le médecin général des armées Gérard Nédellec, en fonction pour trois ans depuis le 1er décembre 2012. Le COMEDS conseille le Comité militaire (chefs d’état-major), subordonné au Conseil de l’Atlantique Nord (chefs d’Etat ou de gouvernement). Il participe au processus de planification de défense et coordonne les politiques, doctrines, concepts, procédures, techniques, programmes et initiatives en matière de santé sur les théâtres d’opération. Ainsi, la construction des hôpitaux est définie entre toutes les nations participantes pour éviter de dupliquer les efforts déjà entrepris. Les mêmes équipes du COMEDS travaillent avec l’Agence européenne de défense. Par ailleurs, la France et l’Italie développent une approche modulaire des hôpitaux médico-chirurgicaux. En Afghanistan, a indiqué le médecin général Nédellec au cours d’une conférence presse à Paris le 6 décembre 2012, les 50 nations partenaires ont mis en œuvre 27 hôpitaux en multinational. Celui de Kaboul disposera de 142 personnels médicaux français jusqu’à la fin de 2014. En outre, le COMEDS détermine notamment les temps de prise en charge des blessés sur les théâtres d’opération. Les normes internationales se rapprochent du principe français, en vigueur depuis trois siècles et consistant à être au plus près des blessés. Actuellement, un blessé doit pouvoir être secouru dans les dix minutes par un autre soldat, assisté dans l’heure qui suit par un médecin et se trouver au bloc opératoire dans les deux heures. Pour une blessure psychique, le « ressenti » de chaque militaire, quoiqu’individuel, dépend aussi des règles d’ouverture du feu, variable selon les pays. En conséquence, la réflexion des psychiatres sur la définition d’un syndrome (association des différents signes) est différente selon la culture de chaque pays belligérant.

Loïc Salmon




Mali : la boucle du Niger contrôlée en 48 h par les forces franco-africaines

Les villes de Tombouctou et Goa ont été sécurisées les 26 et 27 janvier 2013 par une opération combinée avec des moyens terrestres et aériens, a indiqué l’Etat-major des armées (EMA) à la presse le 28 janvier. Cette opération, à laquelle ont participé des troupes françaises, maliennes, tchadiennes et nigériennes, a nécessité 6 avions de chasse Mirage 2000D, 6 Rafale, 2 Mirage F1 CR et 5 avions ravitailleurs C135. Un avion radar Atlantique 2 de la Marine nationale et des drones ont assuré le renseignement, notamment le visuel du déroulement de l’action. Le ciblage des cibles a été indispensable pour désorganiser le système de commandement et fragiliser la logistique des djihadistes. Il a fallu réactualiser le renseignement en permanence pour éviter de manquer les cibles, évaluer les dégâts et frapper éventuellement à nouveau. Les hélicoptères ont joué un rôle déterminant, a souligné l’EMA. Le bilan s’établit à environ 20 sorties aériennes, dont 6 de chasseurs, 20 bombes larguées, 15 bâtiments traités, 3 blindés, 1 pick-up et 1 groupe de djihadistes détruits. Des accrochages se sont produits entre les forces spéciales françaises et les djihadistes. Il n’y a pas de blessé ni de matériel endommagé du côté français. Le contrôle de la boucle du Niger avait pour objectif de stopper la progression des djihadistes vers le sud du Mali. Un avion de reconnaissance AWACS a également été mis en œuvre pour sécuriser l’aéroport de Tombouctou, afin d’interdire une infiltration adverse en provenance du nord. Un largage de parachutistes, sans marquage au sol, a précisé l’EMA, a eu lieu sur 1.800 m, les avions de transport tactiques Transall et Hercules se succédant en moins d’une minute. Le 30 janvier, l’EMA a confirmé le contrôle, par les troupes françaises, de l’aéroport de Kidal, ville située dans le nord du Mali, près de la frontière avec l’Algérie et refuge du groupe islamiste touareg malien Ansar Dine.

Fin   janvier, l’opération Serval a déployé 3.500 militaires français et 1.900 soldats africains. Les moyens aériens français mentionnés ci-dessus ont été renforcés par 5 avions cargos C17 (3 américains, 1 canadien et 1 britannique), 2 Hercules belges, 1 Hercules danois, 2 Transall et 1 avion de transport stratégique A310 allemands. Le bâtiment de projection et de commandement Dixmude a acheminé un PC tactique, un escadron de véhicules blindés de reconnaissance et d’appui feu AMX-10 RC et une compagnie de véhicules blindés de combat d’infanterie. Plus de 350 véhicules, dont plus de 150 blindés, et 13 hélicoptères ont été projetés au Mali. Des éléments des forces françaises pré-positionnées au Tchad et au Sénégal participent au dispositif.

Loïc Salmon




Mali : obsèques nationales pour le premier tué de l’opération Serval

Le 15 janvier 2013 aux Invalides (Paris), le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a présidé la cérémonie d’hommage national au lieutenant Damien Boiteux, mortellement blessé le 11 janvier lors du déclenchement de l’opération « Serval » au Mali. Le lieutenant Boiteux, chef de bord d’un hélicoptère de combat au 4ème Régiment d’hélicoptères des forces spéciales de l’armée de Terre, a été promu au grade supérieur et fait chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume. Le même jour, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a expliqué à la presse le pourquoi et le comment de l’opération Serval, lancée moins de cinq heures après l’ordre du président de la République, François Hollande, à la suite de la résolution 2085 du Conseil de sécurité de l’ONU. « Le Mali, dit-il,  fait face à une « agression caractérisée, organisée et coordonnée » du mouvement islamiste Ansar Eddine et des groupes terroristes Aqmi et Mujao. Selon le ministre, ceux-ci avaient déployé dans le nord du pays environ 200 véhicules et 1.200 combattants pour s’emparer de la capitale Bamako et anéantir l’armée malienne avant l’intervention de la force internationale de soutien au Mali (Misma) et la mission européenne de formation militaire (UTM Mali). La réaction militaire française poursuit trois objectifs : arrêter l’offensive des mouvements terroristes et les empêcher de menacer l’Etat malien ; préserver et retrouver l’intégrité et la souveraineté du Mali ; faciliter la mise en œuvre des décisions internationales et en accélérer le tempo pour les forces africaines et européennes. Pour cela, les forces françaises doivent remplir quatre missions : aider les forces maliennes à arrêter la progression de l’adversaire vers le sud par des frappes aériennes (avions et hélicoptères) et le déploiement d’éléments terrestres ;  frapper dans la profondeur (actions aériennes) les bases arrière adverses pour empêcher toute nouvelle offensive ; envoyer un signal fort de soutien au gouvernement malien de transition et assurer la sécurité des ressortissants français et européens ; préparer les conditions nécessaires à l’organisation et l’intervention de la Misma (commandée par un général nigérian) et de l’UTM Mali. Au 15 janvier, l’opération Serval avait déjà mobilisé 1.700 militaires dont 800 au sol, des avions Atlantique (renseignement et guidage de frappe), 12 avions de chasse (Rafale et Mirage 2000), 5 avions ravitailleurs et 5 avions de transport tactique (C-130 et C-160). Le dispositif au sol, qui compte une cinquantaine de véhicules blindés, devrait monter en puissance, a indiqué le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, présent à la conférence de presse. Enfin, le ministre, qui a reçu des offres d’assistance des pays européens et du Canada (transport et soutien santé) et aussi des Etats-Unis (renseignement et logistique), a souligné « qu’il s’agit d’une mission importante qui se mènera dans la durée aux côtés des forces maliennes et africaines et aux côtés de la mission européenne de formation ».

Loïc Salmon