Liban : l’opération « Amitié », réactivité et efficacité

Manœuvre logistique d’ampleur réalisée en urgence, l’opération « Amitié » de projection d’une force française de soutien dans le port de Beyrouth s’est déroulée du 4 août au 23 septembre 2020, pour aider l’armée libanaise.

Des retours d’expérience (Retex) ont été présentés à la presse le 22 septembre à Paris par l’Etat-major des armées. Y sont intervenus : le colonel Frédéric Barbry, son porte-parole (photo) ; le lieutenant-colonel chef opération du Groupement terre génie « Ventoux » ; le capitaine de corvette commandant le groupe de plongeurs-démineurs de la Méditerranée ; le lieutenant-colonel commandant l’Escadron de ravitaillement en vol de transport stratégique 1/31 « Bretagne » ; le commissaire principal adjoint au chef de bureau Planification de l’état-major opérationnel du Service du commissariat des armées.

Opération interarmées. En réponse aux explosions de 2.750 t de nitrate d’ammonium dans le port de Beyrouth (190 morts et 6.500 blessés), l’opération « Amitié » a été lancée dès le 4 août, a rappelé le colonel Barbry. Elle a nécessité l’acheminement de 750 militaires et 1.200 t de fret humanitaire, en coordination avec les ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur et de la Santé. Les 8 projections aériennes ont mis en œuvre : 4 A400M Atlas, 1 C-130J Super Hercules et 1 C-160 Transall pour le transport tactique ; 1 Airbus A310 pour le transport stratégique ; 1 avion ravitailleur A330 Phénix. La projection maritime a inclus le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre avec des moyens amphibie de débarquement, véhicules incendie, engins de déblaiement et travaux sous-marins et d’investigation, 1 hélicoptère Alouette III (Marine nationale) et 1 hélicoptère Caracal (armée de l’Air) ; le porte-conteneurs Calao, affrété militaire. Avec 1.100 rotations de camions bennes, l’opération « Amitié » a permis de dégager 25 ha de terrain et 17.000 t de gravats.

Retex Terre. L’effectif terrestre a inclus 390 hommes du Groupement génie « Ventoux » (dont des équipes pour les travaux en hauteur), 55 sapeurs-sauveteurs et 13 marins-pompiers de la Sécurité civile. Il a disposé d’un état-major opératif et de 4 PC successifs dans le département du Vaucluse, à Toulon, à bord du Tonnerre et dans le port de Beyrouth. Celui-ci a été « scanné » pour en vérifier les infrastructures. En outre, 37 missions d’information et 11 chantiers ont été lancés en ville, dont le découpage de 3.000 m de charpente métallique, pour la reprise de l’activité.

Retex Marine nationale. Les 15 plongeurs-démineurs, déjà en alerte, et les éléments du génie maritime ont reconfiguré leurs matériels, dont un appareil spécial pour la soudure sous-marine à 3.000 °C, un casque de plongée en surpression pour éviter des entrées d’hydrocarbures et un robot télé-opéré dans les endroits dangereux. Le Service hydrographique et océanographique de la marine a cartographié le fond du port sur 1 km2. 80 plongées d’identification ont eu lieu, facilitées par l’interopérabilité avec les plongeurs libanais formés en France.

Retex armée de l’Air. Les A 400M ont effectué 4 rotations entre la France et Beyrouth pour transporter 75 marins-pompiers, 3 chiens de recherche et 6 t de matériel. Le Phénix a réalisé un aller-retour Istres-Beyrouth, soit 4.000 km en 4 heures de vol, avec un seul « plein » et 2 heures d’escale. Le Caracal a été mis en alerte pour évacuer, éventuellement, un plongeur accidenté sur Chypre.

Retex Commissariat. Un détachement mixte a établi un dispositif financier et monté un réseau Wifi pour les liaisons avec les familles des militaires projetés.

Loïc Salmon

Service de santé : culture du retour d’expérience en opération extérieure

Opex : bilans de « Chammal » et de « Barkhane » en 2019

Logistique opérationnelle : de la maîtrise des flux à la force « Scorpion »

 




Exposition « De Gaulle, une carrière militaire » à Vincennes

Même si le général de Gaulle (1890-1970) estimait sa carrière militaire terminée en 1940, celle-ci s’est poursuivie jusqu’à sa retraite en 1952.

Le chef de la France libre se dit « être sorti de l’échelle des grades et investi d’un pouvoir qui ne se hiérarchise pas ». Il commande des militaires des trois armées de métropole et des territoires ralliés de l’Empire colonial français, des femmes servant sous l’uniforme et la Résistance en zone occupée. Or le colonel Charles de Gaulle, nommé général de brigade à titre temporaire le 1er juin 1940, avait été mis à la retraite d’office le 23 juin suivant par un décret présidentiel. Après son départ du gouvernement provisoire en 1946, il refusera une nomination au grade de général d’armée avec effet rétroactif. De même, le fondateur de l’Ordre de la Libération refusera des promotions dans celui de la Légion d’honneur en 1952. Admis 119ème sur 221 à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1909, de Gaulle doit, conformément au règlement en vigueur, servir un an comme simple soldat puis sous-officier avant de commencer sa formation d’officier. Il sort 13ème de la promotion « Fez » (1910-1912) et choisit l’infanterie, « reine des batailles ». Lieutenant à 23 ans au 33ème Régiment d’infanterie d’Arras, il doit susciter l’obéissance chez les conscrits et les sous-officiers plus âgés. Ses conférences face à ses camarades et ses supérieurs attirent l’attention du chef de corps, le colonel Philippe Pétain. Le lieutenant de Gaulle connaît le baptême du feu lors de l’assaut d’un pont sur la Meuse le 15 août 1914. Blessé au genou parmi les cadavres de ses hommes, il commence à douter de la préparation de l’armée française à cette guerre et de la compétence de la hiérarchie militaire pour coordonner infanterie et artillerie.

Le capitaine de Gaulle participe à la bataille de Verdun, où il est à nouveau blessé, dans un bombardement le 2 mars 1916, et fait prisonnier par les Allemands. Il tente par deux fois de s’évader en 1917 et ne sera libéré qu’à l’armistice de 1918, avec le sentiment d’avoir été inutile pendant la Grande Guerre. L’année suivante, il rejoint la mission militaire française en Pologne comme instructeur parmi les troupes combattant l’Armée rouge en 1920. Pour lui, l’écriture, l’enseignement et l’exercice du commandement forment un tout. Les notations de ses supérieurs reflètent ses propres conceptions du chef, du prestige et du caractère, analysées dans son livre « Le Fil de l’Epée », paru en 1932. Dans le suivant, « La France et son armée » (1938), de Gaulle écrit : « Mais, s’il faut la force pour bâtir un Etat, réciproquement l’effort guerrier ne vaut qu’en vertu d’une politique. » Ce livre, qui aurait dû porter la signature du maréchal Pétain, son protecteur depuis 25 ans, marque la rupture entre les deux hommes. Commandant la 4ème Division cuirassée en mai 1940, le colonel de Gaulle teste ses théories dans les combats de Montcornet, de Crécy-sur-Serre et d’Abbeville contre la Wehrmacht. Nommé secrétaire d’Etat à la Guerre le 6 juin 1940, il négocie à Londres un soutien britannique le 16, pour continuer le combat depuis l’Empire colonial. Sa désobéissance, signifiée par l’appel du 18, lui vaut des condamnations par des juges militaires : quatre ans de prison le 4 juillet ; dégradation et peine de mort le 2 août.

Loïc Salmon

L’exposition « De Gaulle, une carrière militaire 1910-1952 » (7 septembre-23 décembre 2020), organisée par le Service historique de la Défense, se tient au château de Vincennes, Pavillon du Roi. www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr

Churchill De Gaulle

Exposition « Eisenhower-De Gaulle » aux Invalides

Une certaine idée de la France…et du monde

 




Malaisie : développement d’une Base industrielle et technologique de défense

La Malaisie inclut les transferts de technologie dans ses commandes militaires à l’étranger, en vue de constituer sa propre base industrielle et technologique de défense (BITD).

Coralie Trigano, cadre commercial export chez Thales Véhicules et Systèmes tactiques, l’a expliqué au cours d’une visioconférence organisée, le 17 juin 2020 à Paris, par l’Association de l’armement terrestre et l’association 3AED-IHEDN (armement et économie de défense de l’Institut des hautes études de défense nationale).

Environnement stratégique. De la péninsule Malaise au Nord de l’île de Bornéo, la Malaisie s’étend sur 329.850 km2 avec 4.674 km de côtes et 2.670 km de frontières terrestres. Pays musulman, elle ne connaît pas d’ennemi direct et participe aux opérations de maintien de la paix de l’ONU. Toutefois, elle perçoit des menaces sur le plan régional : tensions avec Singapour au sujet des réserves d’eau douce ; contentieux territorial avec les Philippines ; séparatisme islamique au Sud de la Thaïlande ; immigration clandestine et vols de biens culturels à la frontière avec l’Indonésie ; piraterie, contrebande, trafic de stupéfiants et immigration illégale dans le détroit de Malacca et au Nord-Ouest de Bornéo ; terrorisme du mouvement Abou Sayyaf, proche de l’Etat islamique (Daech) et actif aux Philippines. Néanmoins, Singapour reste son premier partenaire économique, la Chine sa première source d’investissements et l’Union européenne son troisième partenaire commercial (accord de partenariat et de coopération en 2016). Le premier Livre blanc sur la défense, publié en janvier 2020, se concentre sur la protection des frontières avec trois lignes directrices : dissuasion concentrique ; défense complète ; partenariats fiables. Le budget de la défense se monte à 3 Mds$ (2018) et son armée professionnelle à 110.000 hommes (1.000 pour l’ONU). Les officiers supérieurs suivent une formation poussée en Grande-Bretagne.

Montée en puissance de la BITD. La Malaisie fabrique sous licence de l’artillerie, des véhicules et des frégates. Selon Coralie Trigano, elle dispose des compétences pour le maintien local en condition opérationnelle, mais pas de l’autonomie complète pour le développement et la production des composants principaux ou de blocs d’équipements prêts à être intégrés. Les investissements portent sur l’emploi des technologies de défense, pour augmenter la compétitivité du secteur civil, via des « niches » comme l’équipement du soldat, les domaines maritime et aérospatial, l’automobile, l’armement léger, les technologies de l’information et de la communication. La Malaisie veut devenir le premier centre d’Asie du Sud-Est pour la maintenance et la réparation. Elle organise des salons internationaux tous les deux ans : LIMA’21 (équipements navals et aéronautiques), 36 pays, 555 entreprises en 2019 ; DSA 2020 (services de défense en Asie), 33 pays, 1.500 entreprises en 2018. Elle a acheté à la France : 2 sous-marins de la classe Scorpène ; 6 corvettes Gowind (protection du littoral) ; 4 avions A400M ; 18 canons LG1 de 105 mm ; missiles anti-char Eryx ; mortiers embarqués 2R2M de 120 mm ; équipements de communication de véhicules ; solutions de défense aérienne. Des prospections sont en cours pour l’avion Rafale, le canon Caesar et trois navires de soutien. Mais la concurrence augmente : Chine, Etats-Unis, Corée du Sud, Russie, Turquie, Italie, Pays-Bas, Inde, Australie et Grande-Bretagne, Israël étant exclu.

Loïc Salmon

Asie du Sud-Est : zone sous tension et appropriation territoriale de la mer

Asie-Pacifique : zone d’intérêt stratégique pour la France

Armement : baisse des exportations françaises en 2019




Marine nationale : les BRF pour durer en mer face aux menaces, nouvelles ou lointaines

Les futurs bâtiments ravitailleurs de forces (BRF) devront rejoindre, sans escorte, un théâtre d’opération, parfois très lointain, pour soutenir des frégates, le groupe aéronaval, le groupe amphibie ou l’interopérabilité en coalition.

Le capitaine de frégate Teisseire, chargé du domaine capacitaire Projection-Mobilité-Soutien, l’a expliqué au cours d’une visioconférence organisée, le 29 juin 2020 à Paris, par le Centre d’études stratégiques de la marine.

Evolution stratégique. Dès 1917, la Marine américaine pré-positionne des pétroliers au Sud du Groenland pour ravitailler, en mer, ses convois en provenance des Etats-Unis, entrés dans la première guerre mondiale. Pendant la seconde, la Marine britannique en utilise en Atlantique pour allonger son rayon d’action dans la lutte contre les sous-marins allemands. La Marine américaine en emploie pour ravitailler sa flotte du Pacifique. Après 1945, la Marine française s’en sert pour ravitailler ses escadres en vivres, pétrole, carburant aviation et munitions. La crise de Suez (1956) aura pour conséquences la pérennité des pétroliers-ravitailleurs (PR), la nécessité des porte-avions et l’accélération du programme nucléaire pour garantir l’indépendance stratégique de la France. Dans les années 1960, la flotte, concentrée à 40 % dans le Pacifique pour protéger le site de Mururoa, a besoin de PR et de navires-ateliers. Lors des opérations extérieures postérieures à 1970, elle se recentre vers l’océan Indien, autour de la base navale de Djibouti et des porte-avions Foch et Clemenceau. Ce dernier et ses navires d’escorte (32 avec les relèves) y restent 14 mois en 1987-1988, pour protéger les navires de commerce français pendant le conflit Irak-Iran. Depuis 2016, le Charles-de-Gaulle, à propulsion nucléaire, dispose d’un groupe aérien « tout Rafale » à l’allonge très supérieure à celle du Super-Etendard modernisé. Une présence navale, forte et durable, dissuade les tentatives du fait accompli, tactique de certains Etats. A l’horizon 2040, les nouvelles frégates de taille intermédiaire et le porte-avions de nouvelle génération seront en service.

Mutation technique. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie et l’Italie développent des BRF. Dans le cadre de son programme « Flotte logistique », la Marine française va remplacer ses PR anciens par quatre BRF, dérivés du Vulcano italien et construits par Naval Group et les Chantiers de l’Atlantique (Saint-Nazaire). Leur entrée en service s’échelonnera entre 2022 et 2029. Armé d’un canon de 40 mm pour contrer les menaces simultanées, de type asymétrique de surface ou aérienne et le missile antinavire, chacun aura une longueur de 194 m, un déplacement de 31.000 t à pleine charge, une autonomie d’environ 15.000 km et un équipage de 130 marins. Conformément aux normes environnementales internationales, il disposera d’une double coque et récupérera les déchets des bâtiments ravitaillés. Il pourra embarquer 60 passagers, le futur système de guerre des mines et de nouveaux armements. Il sera équipé d’un drone et d’un hélicoptère NH90, complémentaires pour les norias avec les autres bâtiments. Son pont d’envol pourra accueillir le V-22 Osprey américain à rotors basculants (photo), dont la grande capacité d’emport permettra de réduire les allers-retours vers la flotte. Equipé d’une imprimante 3 D, un BRF pourra fournir des pièces de rechange aux autres bâtiments, très « numérisés » et automatisés. Les BRF effectueront des norias entre le point d’appui logistique à terre et la force en mer…jusqu’en 2069 !

Loïc Salmon

Marines : outils politiques et de projection de puissance

L’appropriation des mers

Marine Nationale : 40 bâtiments en permanence à la mer




Armement : baisse des exportations françaises en 2019

Les prises de commandes (contrats signés et entrés en vigueur) d’armements français à l’export ont atteint 8,3 Mds€ en 2019, selon le rapport du ministère des Armées remis au Parlement le 2 juin 2020. Elles avaient dépassé 9 Mds€ en 2018.

L’Europe de la défense. En préambule, la ministre des Armées, Florence Parly, souligne le renforcement des partenariats européens pour constituer une base industrielle et technologique de défense (BITD) commune. Ainsi, ces partenariats ont représenté 42 % des prises de commandes. Parmi les cinq principaux contrats entrés en vigueur en 2019, trois concernent des Etats membres de l’Union européenne (UE) : 12 bâtiments de guerre des mines (2.730 t et plateforme pour hélicoptères) pour la Belgique ; 16 hélicoptères H 225 M et 20 hélicoptères H 145 M pour la Hongrie ; 2 satellites de communications pour l’Espagne. Les deux autres grands contrats portent sur 2 corvettes Gowind (2.700 t) pour les Emirats arabes unis (EAU) et la conception de sous-marins pour l’Australie. L’objectif de cette BITD, souligne la ministre, est de favoriser des coopérations, la création d’un marché européen de la défense et l’interopérabilité des armées européennes, en vue d’agir ensemble. Il s’agit de doter le Fonds européen de défense d’un budget conséquent, de développer les financements européens pour les acquisitions d’équipements, de favoriser les projets européens sans dépendance extérieure et de lever les freins à l’exportation pour les capacités développées entre pays européens. Cette recherche de l’autonomie stratégique se concrétise par les travaux, poursuivis en 2019, sur le programme de renseignement MUSIS (système multinational d’imagerie spatiale pour la surveillance, la reconnaissance et l’observation), réalisé en commun par l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, la Grèce et la France.

Le bilan des exportations. Le secteur naval a représenté la moitié des prises de commandes, contre 10 % en moyenne les années précédentes. Plus de 40 % concerne le renouvellement des chasseurs de mines des Marines belge et néerlandaise, dont le contrat est piloté par la Belgique (voir plus haut). Les exportations françaises disposent d’un socle de contrats inférieurs à 200 M€ et qui ont totalisé 3,7 Md€ en 2019. Ce socle, stable et récurrent, correspond à du maintien en condition opérationnelle, de la formation ou de la modernisation d’équipements acquis dans le cadre des grands contrats des dix dernières années. Sur ce marché, de nouveaux concurrents proposent des matériels similaires à bas coût, grâce aux transferts de technologie et de production. L’Inde, les EAU et l’Arabie saoudite développent ainsi leur propre BITD. En 2019, la part des exportations françaises en Afrique et au Moyen-Orient (à l’exception des EAU) n’a été que de 30 %, contre 50 % en 2018. Celle en Asie-Pacifique reste stable à environ 18 %. Outre les Etats-Unis et la Russie, la Chine, Israël et la Turquie accentuent la concurrence internationale.

Les embargos. Selon les engagements internationaux de la France, le Premier ministre peut suspendre, modifier, abroger ou retirer les licences d’exportation déjà délivrées. Au 1er avril 2020, l’ONU et l’UE imposent un embargo sur les armes pour certains Etats : Libye ; Darfour ; République centrafricaine ; République démocratique du Congo ; Somalie ; Soudan du Sud ; Yémen ; Irak ; Iran ; Corée du Nord. L’UE en a ajouté : Soudan ; Zimbabwe ; Syrie ; Biélorussie ; Russie ; Chine ; Birmanie ; Venezuela.

Loïc Salmon

Armement : hausse de 30 % des exportations françaises en 2018

Défense : coopérations et BITD en Europe du Nord

Défense : montée en puissance de l’Initiative européenne d’intervention




Covid-19 : conséquences stratégiques en Asie

La Chine compense sa gestion discutable du Covid-19 par une réaffirmation de sa puissance régionale, face aux régimes démocratiques du Japon, de la Corée du Sud, de Taïwan et de Hong Kong et pour y contrer l’influence des Etats-Unis.

C’est ce qui ressort d’une visioconférence-débat organisée, le 28 mai 2020 à Paris, par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et animée par Bruno Tertrais, directeur adjoint. Y sont intervenus : Valérie Niquet, maître de recherche à la FRS ; Jean-Pierre Cabestan, professeur à l’Université baptiste de Hong Kong ; Antoine Bondaz, chargé de recherche à la FRS.

Chine. Le retard de la Chine dans le traitement de l’épidémie du Covid-19 et l’opacité des chiffres, jugés peu crédibles à l’étranger, sur le nombre des victimes, a suscité localement une inquiétude, accrue par la situation économique, souligne Jean-Pierre Cabestan. Les exportations reprennent lentement, la consommation ne répond pas et le chômage touche les migrants, contraignant le gouvernement à des réformes économiques et sociales. Son discours nationaliste rencontre du succès sur le plan intérieur, surtout après la reprise, en mai, des manifestations pro-démocratie à Hong Kong. Là, la prévention du Covid-19 a été efficace grâce à la fermeture de la frontière avec la Chine, sous la pression du corps médical menaçant de faire grève. Une reprise en main trop brutale par Pékin risque de provoquer un exil de plusieurs banques et entreprises étrangères vers Singapour ou le Japon. Déjà, sa diplomatie agressive contre la démocratie alimente la tension avec les Etats-Unis et nuit à l’image de la Chine parmi les pays en développement. Les pays récipiendaires du projet des « Routes de la Soie » demandent à renégocier leurs dettes. Malgré leur présence navale dans la région, les Etats-Unis n‘ont pu empêcher la Chine de construire des installations militaires sur des îles artificielles et des atolls.

Japon. Dès l’apparition du Covid-19, le Japon a fermé ses frontières, indique Valérie Niquet. Le gouvernement central a su mobiliser les divers ministères et les gouverneurs (élus) des préfectures qui ont montré leur efficacité. Fin mai, seulement 850 décès ont été imputés au Covid-19, sur une population de 126 millions d’habitants. Toutefois, l’état d’urgence ne peut être imposé, pas plus que le confinement de la population, qui se voit seulement « conseillée » en matière de prévention. Les hôpitaux disposent de beaucoup de lits, mais de peu de lits de réanimation. Sur le plan économique, le gouvernement a distribué 1.000 $ par habitant et préparé un plan de relance équivalant à 20 % du produit intérieur brut. Premier partenaire commercial, la Chine constitue les deux tiers des 30 millions de touristes étrangers annuels au Japon et y alimente des chaînes de productions industrielles. En conséquence, certaines entreprises de haute technologie seront relocalisées au Japon et dans d’autres pays asiatiques. Par ailleurs, le Japon a demandé une enquête sur l’influence chinoise au sein de l’Organisation mondiale de la santé et souligne les incidents graves aux îles Senkaku (territoire japonais revendiqué par la Chine) et les intrusions de la Chine dans ses relations avec Taïwan.

Corées du Sud et du Nord. Forte de son expérience de l’épidémie de Sras (2005), la Corée du Sud a appliqué les trois « T » à celle du Covid-19 : tester, tracer et traiter, explique Antoine Bondaz. Elle n’a pas fermé ses frontières, se contentant d’un contrôle sanitaire aux aéroports. La Corée du Nord a fermé les siennes et poursuivi ses programmes militaires (nucléaire et balistique).

Loïc Salmon

Chine : diplomatie « sanitaire » via les « Routes de la Soie »

Défense : opération « Résilience » contre le covid-19

Chine : l’instrumentalisation de l’Afrique et ses conséquences




Economie : les PME de défense, la crise du Covid-19 et après

Malgré les conséquences de la crise du Covid-19, les petites et moyennes entreprises (PME) de défense disposent d’une trésorerie suffisante jusqu’à l’automne. Ensuite, elles devront obtenir des commandes de l’Etat pour survivre.

C’est ce qui ressort d’une visioconférence-débat organisée, le 20 mai 2020 à Paris, par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et animée par Hélène Masson, maître de recherche. Y sont intervenus : Jean Belin, maître de conférence à l’Université de Bordeaux ; Thierry Gaïffe, président du Groupe Elno, spécialisé dans les systèmes audio et technologies électro-acoustiques pour la défense, la sécurité, le transport, l’aéronautique et l’industrie ; Pascal Lagarde, directeur exécutif de BPI France (Banque publique d’investissement pour les entreprises).

Précarité contenue. Une PME réalise un chiffre d’affaires (CA) annuel inférieur à 30 Md€ avec 200-250 personnes, rappelle Jean Belin. Celles liées à la défense se caractérisent par un personnel hautement qualifié et une intense activité en recherche et développement (R&D), bien essentiellement immatériel, facteur de performance à l’export et créateur de richesse, mais qui coûte très cher. Or, les délais de paiement de l’Etat sont très longs et les financements externes plus difficiles à obtenir, en raison de leur faible rentabilité et des risques. La crise due au Covid-19, la plus importante depuis 1945, s’est répercutée sur leur activité et leurs recettes. A partir du 17 mars, indique Thierry Gaïffe les effectifs des PME de défense se sont répartis en un tiers actif sur place, un tiers en télétravail et un tiers absent (chômage partiel, contamination Covid-19 ou garde d’enfants). Depuis le 11 mai, la proportion est passée à un quart d’absents et trois quarts en activité, dont 50 % en télétravail. L’export (moitié du CA) et les achats de fournitures aux pays asiatiques, du Maghreb et d’Europe de l’Est ont subi la fermeture des frontières. Outre les mesures étatiques (chômage partiel, report des échéances et assurance-crédit), quelque 1.500 PME bénéficient de l’assistance de la Direction générale de l’armement, avec l’ouverture d’une ligne directe par téléphone et courriel. De plus, l’Agence de l’innovation de défense (AID) finance 40 projets sur le Covid-19. Suite à l’arrêt de l’économie pendant deux mois, l’Etat a apporté une garantie de prêts bancaires de 300 Mds€, indique Pascal Lagarde. Connecté aux banques, BPI en valide les frais techniques et a mis en place des plateformes régionales pour l’obtention de prêts de petits montants.

Attractivité à relancer. Environ 95 % des PME de défense travaillent avec 7 grands maîtres d’œuvre, indique Thierry Gaïffe. Le plan de relance de la DGA vise à préserver la base industrielle et de technologique de défense. L’ensemble de la gestion de la chaîne logistique devra être renouvelée. Les méthodes de travail se trouvent modifiées par la crise du Covid-19. Par ailleurs, estime Pascal Lagarde, le plan de relance devra porter sur le financement à long terme et le soutien méthodologique pour s’adapter au changement climatique. Faute de création de très petites entreprises, l’industrie et la R&D devront élever leurs niveaux de numérisation. L’AID s’intéresse à toutes les entreprises présentant un intérêt pour les armées, notamment la cybersécurité. L’investissement en R&D doit être maintenu, souligne Jean Belin, car la réactivation d’un projet suspendu prend des années. Il faut aussi des « fonds duaux », car les PME de défense développent des technologies civiles (espace et intelligence artificielle) avec des retombées pour les armées.

Loïc Salmon

Défense : les industriels pendant la crise du Covid-19

DGA : valoriser l’audace et l’innovation de terrain

Défense : l’AID, interlocutrice des porteurs d’innovation




Défense : les industriels pendant la crise du Covid-19

Malgré la précarité des chaînes d’approvisionnements, la solidarité entre les grands groupes et leurs sous-traitants ainsi que le dialogue avec les partenaires sociaux ont permis aux industriels de défense de surmonter la crise due à la pandémie du Covid-19.

C’est ce qui ressort d’une visioconférence-débat organisée, le 18 mai 2020 à Paris, par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et animée par Hélène Masson, maître de recherche. Y sont intervenus : Hervé Guillou, président du Groupement des industries de construction et activités navales et du Comité stratégique de filière des industries de la mer ; Jean-Pierre Devaux, président du cabinet conseil en stratégie Inovstra, spécialisé dans l’aéronautique, l’espace, les missiles et l’architecture de systèmes de défense.

Les enseignements. L’industrie a fait preuve d’une résilience exceptionnelle pour soutenir les besoins de souveraineté en matière de défense, souligne Hervé Guillou. Le trépied Etat-major des armées, Direction générale de l’armement (DGA) et industriels a bien fonctionné. La résilience s’est manifestée aussi dans la recherche en France, Allemagne, Grande-Bretagne et Norvège. La politique industrielle de défense repose sur le long terme, que les opérationnels ont tendance à sacrifier en temps de crise, et la confiance préexistante entre direction, syndicats et personnels. Les petites et moyennes entreprises (PME) ont redémarré plus vite que les grands groupes. La DGA a confectionné des masques et réalisé les certifications en une dizaine de jours. Des accords entre les industries de défense et de la métallurgie ont été obtenus en cinq semaines. Toutefois, leurs capacités de délégation de décision ont permis aux entreprises allemandes et polonaises de s’adapter plus rapidement que les françaises. Les commandes de défense permettent une visibilité à 2-3 ans qui rassure les banques, indique Jean-Pierre Devaux. La reprise du dialogue avec les grands maîtres d’œuvre évitera des difficultés de trésorerie aux PME. L’absence de commandes risque de retarder la mise en ligne des chaînes de production. En outre, l’insuffisance de composants électroniques au sein de leurs réseaux européens les rend très dépendantes des fabricants américains.

La relance. La loi de programmation militaire (2019-2025) devrait permettre de combler les « trous » dans les carnets de commandes qui dépendent à 50 % de l’export, estime Hervé Guillou. Russie, Chine, Allemagne et Pays-Bas n’ont pas arrêté leurs productions. Or il s’agit de maintenir les compétences pour ne pas perdre des parts de marché. Cela passe par la revalorisation de la formation professionnelle et une mutualisation des investissements pour faciliter l’arrivée des flux des jeunes techniciens. En outre, l’offre de matériels doit devenir plus numérique et plus écologique, tournant à ne pas manquer face à la concurrence étrangère, et assurer une souveraineté, industrielle. Chine, Corée du Sud et Russie restructurent leur industrie de défense et sont à l’affût d’entreprises françaises ou européennes en difficultés. Selon Jean-Pierre Devaux, les PME doivent atteindre une taille suffisante (200-250 personnes) et maintenir la flexibilité de leurs bureaux d’études pour rester très compétitives. En lien avec la DGA, elles doivent pouvoir sortir de la sous-traitance pour fournir de l’innovation aux grands groupes, car l’autofinancement devient difficile à réaliser. La Chine, où la dette ne pose pas de problème, investit dans la technologie et le rachat de sociétés innovantes. Les Etats-Unis disposent de moyens financiers plus importants.

Loïc Salmon

DGA : une industrie d’armement forte, pilier de la souveraineté

DGA : la révolution numérique et industrielle de l’impression 3D

Armement : exposition virtuelle de 50 ans d’innovations




Marine nationale : SNA Suffren, campagne d’essais à la mer

Le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Suffren a appareillé de Cherbourg le 28 avril 2020 pour une campagne d’essais en mer de plusieurs mois, en vue d’une mise en service dans l’année.

Premier d’une série de six unités du programme Barracuda, le Suffren a terminé ses essais à terre visant à vérifier le bon fonctionnement de ses systèmes et équipements, dont le démarrage du réacteur nucléaire de propulsion fin 2019 et la mise à flot en janvier 2020 pour une première évaluation de son étanchéité. Des équipes de Naval Group (construction), de TechnicAtome (réacteur nucléaire) et de la Direction générale de l’armement ont conduit ces opérations en nef d’intégration et au bassin à sec puis en eau. Dès le 16 mars, début de la crise du Covid-19, les mesures de sécurité, notamment nucléaire, ont été validées en lien avec la médecine du travail : port du masque obligatoire et respect des règles d’hygiène et de désinfection.

Validation des installations du bord. Les essais à la mer, auxquels participent également des ingénieurs et techniciens du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, se déroulent en Atlantique et en Méditerranée avec un équipage de la Marine nationale. Tous les personnels embarqués, mis en quatorzaine préventive et testés négatifs au Covid-19, appliquent les mêmes règles de sécurité qu’à quai. Le nombre de personnes embarquées pendant les essais a été réduit de 20 %. Ceux-ci portent sur : l’étanchéité en immersion et la manœuvrabilité du SNA ; les performances du système de combat, des armes tactiques et de tous les équipements embarqués ; les capacités opérationnelles. Naval Group assure la totalité du programme Barracuda : de la conception à la réalisation complète du SNA et de ses systèmes d’information ; fabrication des principaux composants des chaufferies nucléaires ; entretien des sous-marins à la base navale de Toulon.

Saut technologique et capacitaire. Instruments de puissance endurants, les SNA remplissent diverses missions : soutien de la Force océanique stratégique (FOST) pour la dissuasion nucléaire ; protection du groupe aéronaval ; recueil de renseignement ; lutte anti-sous-marine ; lutte antinavire. Sa très grande discrétion et ses capacités accrues de détection garantissent au Suffren sa supériorité acoustique. L’emport de missiles de croisière navals (MdcN), fabriqués par la société européenne MBDA, donne, pour la première fois, une capacité de frappe dans la profondeur à partir d’un sous-marin. Le Suffren dispose d’un « sas nageurs » et peut emporter un hangar de pont pour le déploiement des véhicules sous-marins des commandos, en vue de la mise en œuvre discrète de forces spéciales. Voici ses principales caractéristiques techniques : déplacement en surface, 4.700 t ; déplacement en plongée, 5.200 t ; longueur, 99 m ; diamètre, 8,8 m. Son armement compte : des MdcN d’une portée de 1.400 km ; des torpilles filoguidées F21 (portée supérieure à 50 km) ; 1 missile antinavire Exocet SM39 modernisé (portée de 50 km). Sa propulsion hybride est assurée par : 1 réacteur à eau pressurisée, dérivé des chaufferies équipant le porte-avions Charles-de-Gaulle et les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins du type Le-Triomphant de la FOST ; 2 turbines ; 2 turbo-alternateurs ; 2 moteurs électriques. Disponible à la mer plus de 270 jours par an, le Suffren embarque un équipage de 65 personnes et des commandos. Le programme Barracuda prévoit une entrée en service des autres SNA, Duguay-Trouin, Tourville, De-Grasse, Rubis et Casabianca, avant 2030.

Loïc Salmon

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Service de santé : culture du retour d’expérience en opération extérieure

Intégré au commandement d’une force sur un théâtre, le commandement médical maintient les capacités opérationnelles de celle-ci, à savoir hygiène, alimentation, ravitaillement médical et prise en charge des blessés.

Ce soutien a été présenté à la presse, le 27 février 2020 à Paris, par : un médecin-chef de la Direction de la médecine des forces ; un médecin principal témoignant de son expérience de chef de l’antenne chirurgicale de l’opération « Barkhane » (Sahel) ; le colonel commandant la division aviation de transport à l’état-major de l’armée de l’Air pour les évacuations sanitaires.

Organisation. La chaîne médicale, qui inclut une antenne chirurgicale si nécessaire, est mise en œuvre dès l’instant de la blessure depuis la zone d’opération jusqu’à l’admission dans un hôpital militaire en métropole, souligne le médecin-chef. Ainsi, au sein de « Barkhane », le soutien est organisé autour : du directeur médical, responsable de l’organisation de la chaîne santé ; d’un médecin intégré au sein du poste de commandement interarmées du théâtre et chargé de la planification opérationnelle ; d’un médecin, intégré au niveau de la conduite des opérations pour l’organisation des évacuations sanitaires. En tout, 200 personnels du Service de santé des armées sont répartis entre : 1 antenne chirurgicale à Gao (Mali) ; 1 antenne de chirurgie vitale (ACV), déployable sur des missions ponctuelles ; 18 postes médicaux ; 3 équipes d’évacuation médicale par hélicoptère ; 1 équipe tactique pour l’avion Casa « Nurse » CN235 médicalisé.

Antenne chirurgicale. La superficie et les élongations du théâtre ont augmenté le délai d’évacuation des blessés et conduit à l’élaboration du concept de l’ACV, explique le médecin principal. Une ACV compte 12 personnes, dont 2 chirurgiens et 1 anesthésiste, pour prendre en charge 10 blessés dont 3 graves. Acheminée par rotations d’avion C160 Transall ou d’hélicoptère CH47 britannique puis opérationnelle en environ une heure, elle nécessite 3 tonnes de matériel et, au minimum, 15 kWa d’électricité. La chirurgie de sauvetage s’adapte aux nécessités vitales : urgences cardio-thoraciques, viscérales, oto-rhino-laringologistes et orthopédiques ; neurochirurgie ; chirurgie d’hémostase (arrêt des saignements, principale cause de mortalité). La réanimation de sauvetage porte sur la capacité de transfusion sanguine, les produits de santé d’urgence et les appareils de réanimation comme l’échographie cardiaque, le respirateur artificiel ou le concentrateur d’oxygène. Le réapprovisionnement de l’ACV s’avère difficile, en raison des conditions climatiques et des disponibilités des aéronefs. Faute de capacité d’hospitalisation, chaque blessé doit être évacué après stabilisation de son état. Le retour d’expérience a débouché sur le développement de l’antenne de réanimation de chirurgie et de sauvetage, opérationnelle en avril 2020.

Transport aéromédicalisé. Le système Morphée (module de réanimation pour patients à haute élongation d’évacuation) peut être installé sur l’A330 Phénix, indique le colonel. Cet avion multi-rôles de ravitaillement en vol et de transport, modulable, peut en emporter dix à 12.000 km ou 30 blessés avec un dispositif plus léger. Outre ses missions de dissuasion nucléaire aéroporté et de relais de communication et de renseignement, il peut apporter une assistance aux opérations humanitaires. L’armée de l’Air doit disposer de 15 A330 Phénix en 2028.

Loïc Salmon

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