DGA : l’hydrodynamique, de la faisabilité au suivi du navire

Les performances atteignables de tous les navires militaires sont calculées avant leur construction à partir de maquettes. Les essais, une fois validés, sont complétés par ceux, à la mer, du bâtiment de surface ou du sous-marin.

Ce processus a été présenté à la presse le 8 octobre 2021 au Val-de-Reuil par l’ingénieur en chef de l’armement Laurent Le Saint, directeur du Centre d’expertise et d’essais DGA Techniques hydrodynamiques (CDGA TH). Ce centre étudie aussi les évolutions ou refontes des navires tout au long de leur vie.

Les spécificités navales. A l’inverse des programmes aéronautiques et terrestres, il n’existe pas de prototype pour les essais de programmes navals. La grande complexité et la durée de construction d’un navire impliquent que le premier de la série doit être immédiatement utilisable. Il s’agit de calculer la résistance à l’avancement du navire, à savoir les forces qui s’opposent à son déplacement, en vue d’atteindre la vitesse maximale souhaitée. L’étude de sa « manœuvrabilité » porte sur l’efficacité des manœuvres des navires de surface et la sûreté de la navigation des sous-marins. Celle de sa « tenue à la mer » porte sur sa stabilité et l’intégrité de ses structures. L’expertise de CDGA TH inclut : la conception des propulseurs qui détermine les « signatures hydroacoustiques » ; le lancement d’armes (missiles) hors charge explosive ; les corps remorqués (sonars) ; la fabrication des maquettes ; l’informatique scientifique. Hors construction, un navire nécessite 40 % d’études numériques, 15 % d’expertise, 40 % d’essais sur maquette et 5 % d’essais à la mer. Le CDGA TH dispose de 12.000 cœurs de calcul pour : mettre en place des lois d’extrapolation entre essais sur maquettes et performances attendues à l’échelle réelle ; déterminer la meilleure forme de coque, selon la discrétion attendue, la minimisation de la puissance du navire ou celle de son coût de fabrication. Ainsi, la modélisation du comportement d’un sous-marin porte sur les missions, changements de cap, avaries éventuelles des gouvernails et possibilités de manœuvre selon l’état de la mer.

Les moyens techniques. Phénomène bruyant et corrosif, la « cavitation » produit des petites bulles d’air sur les pales d’une hélice tournant dans l’eau à grande vitesse (photo, en haut à droite). Phénomène identique dans le sillage d’un navire, elle peut réduire l’efficacité de son gouvernail. La modification de la forme ou du nombre de pales de l’hélice compense la perte de poussée due à la cavitation ou améliore la discrétion d’un sous-marin. Le grand tunnel hydrodynamique du CDGA TH, semblable à une soufflerie, permet d’effectuer des essais et recherches sur la cavitation et le bruit rayonné par une hélice ou celui d’un écoulement. La cuve à houle sert à maîtriser l’environnement, le plus représentatif de la réalité, auquel va être soumis le navire. Long de 32 m et large de 10 m, elle génère des houles sur des maquettes de 1,5 m à 8 m de long de navires de surface ou à 1/20ème d’un sous-marin à faible immersion (photo, en haut à gauche). Des essais de houles, à différentes profondeurs, obliques, axiales, régulières, irrégulières ou cumulées, pendant 5 à 10 minutes, correspondent à 1 heure à la mer. Ils portent sur la stabilité avant et après une avarie de navire de surface, l’impact des vagues, de l’amarrage et de la tenue au mouillage. Le bassin de traction B 600, le plus grand d’Europe avec 545 m de long, 15 m de large et 7 m de profondeur, mène des essais de résistance, d’autopropulsion et de tenue à la mer en eau calme et sur houle de face ou arrière (photo, en bas).

Loïc Salmon

Marine nationale : SNA Suffren, campagne d’essais à la mer

Marine : la « marétique », transformation numérique du monde maritime

Armement : la DGA, la défense d’aujourd’hui et de demain




Armée de Terre : prête dans un contexte stratégique incertain

Anticiper l’évolution technologique et conserver au soldat son esprit guerrier en développant ses forces morales constituent les fondamentaux de l’armée de Terre. Celle-ci est amenée à intervenir dans tout type de conflit.

Son chef d’état-major, le général d’armée Pierre Schill, l’a expliqué le 7 octobre 2021 lors de sa présentation annuelle au camp de Satory.

Interopérabilités. L’édition 2021 a mis en valeur quatre particularités : l’intégration des robots, dont le projet Vulcain imagine l’emploi de systèmes automatisés en 2040 ; l’importance croissante des drones, qui modifient la manière de combattre et dont le parc atteindra 3.000 unités en 2023 ; la dimension interarmées avec les participations de l’armée de l’Air et de l’espace et des partenaires allemands et belges ; l’accompagnement des blessés avec un stand de la Cabat (Cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre). En 2020, l’armée de Terre a déploré 16 morts et 33 blessés sur des théâtres d’opération. La perspective d’un engagement majeur ne peut s’envisager que dans le cadre d’une alliance ou d’une coalition. Afin d’y tenir le rôle de nation-cadre, la France développe une interopérabilité opérationnelle et capacitaire avec ses Alliés. Ainsi au Sahel, elle joue un rôle moteur au sein de la force « Takuba » composée de forces spéciales de plusieurs pays européens. En outre, un sous-groupement tactique interarmes français participe à l’opération « Lynx » de l’OTAN en Estonie.

Contexte stratégique. Les dépenses militaires mondiales ont totalisé 2.000 Mds$ en 2020, soit le montant le plus élevé depuis la fin de la guerre froide (1991), indique le général Schill. En octobre 2020, l’affrontement entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie s’apparente à un conflit de haute intensité, comparable à celui dans le Donbass entre l’Ukraine et la Russie en 2014. En mai 2021, les hostilités entre l’armée israélienne et les groupes armés de Gaza révèlent la puissance militaire du Hamas, organisation palestinienne non étatique. En août 2021, la dissolution de l’armée afghane et la chute du gouvernement de Kaboul face aux talibans modifient l’équilibre régional et mettent en doute les assurances des alliances de la France. Le déploiement possible de groupes paramilitaires en Afrique (dont la société militaire privée russe Wagner) illustre les modalités de la compétition entre Etats, maintenue au-dessous de l’affrontement. Par l’instrumentalisation des conflits périphériques, certains Etats (dont la Russie et la Chine) cherchent à créer des situations de faits acquis ou des contournements par des procédés d’influence et des offensives effectives, y compris cyber. Les armées, souligne le général Schill, doivent se préparer aux conflits qui se dérouleront dans les zones « grises », face à des stratégies d’opérateurs de plus en plus hybrides.

Moyens. Suite à la revue stratégique de 2017 puis actualisée début 2021, l’armée de Terre remonte en puissance. Elle dispose actuellement de 6.578 blindés, dont 222 chars de combat, 137 véhicules à chenilles et 6.219 blindés à roues. Son artillerie compte 119 canons de 155 mm, 132 mortiers de 120 mm et 13 lance-roquettes unitaires. Ses 283 hélicoptères se répartissent en 86 Gazelle, 67 Tigre, 32 Puma SA 330, 24 Cougar, 8 Caracal, 48 Caïman HH90 et 18 Fennec AS555. Ses 893 drones se répartissent en 30 systèmes SMDR, 579 nano-drones, 278 micro-drones et 6 Drogen (mini-drones pour le génie). L’arsenal est complété par 1.260 systèmes d’armes anti-char, 196 systèmes d’armes sol-air et 23.075 équipements du combattant Félin.

Loïc Salmon

Armée de Terre : de la gestion de crise à la guerre future

Armée de Terre : l’imprévisibilité, facteur de succès sur l’adversaire

Armée de Terre : le chef tactique dans un combat futur de haute intensité




Union européenne : la sécurité et la défense après le « Brexit »

L’Union européenne (UE), réduite à 27 Etats membres, élabore une stratégie portant sur la réponse aux conflits et crises externes, le renforcement de ses capacités militaires et la protection de son territoire et de sa population.

L’équipe « B2 » (cinq auteurs) l’explique dans l’ouvrage intitulé « La boîte à outils de la défense européenne Nouveautés 2020-2021 », publié à Bruxelles aux éditions du Villard en mai 2021.

Les risques et menaces. La Russie multiplie les actes d’intimidation contre l’UE. Ont été attribués à ses services de renseignement : la cyberattaque contre le Bundestag (Parlement fédéral) allemand en 2015 ; l’agression chimique en mars 2018 contre l’ancien agent russe Sergueï Skripal, réfugié en Grande-Bretagne ; des explosions dans des entrepôts en République tchèque en 2014 ; l’accueil hostile, le 3 février 2021 à Moscou, réservé au Haut représentant de l’UE venu plaider la libération de l’opposant Alexeï Navalny. Depuis 2019, la Turquie se confronte aux pays européens. En Méditerranée orientale, elle effectue des forages d’hydrocarbures dans les zones maritimes considérées comme chypriotes ou grecques. Elle a conclu un accord avec la Libye sur une zone économique exclusive empiétant sur celles de l’Italie, de Chypre et de la Grèce. Elle en conclu un second de nature militaire avec l’envoi de soldats et de matériels. Lors de la guerre dans le Haut-Karabagh (27 septembre-10 novembre 2020), elle a soutenu l’Azerbaïdjan par l’envoi d’hommes et de matériels. Elle maintient une présence en Somalie et dans les Balkans. La Chine est perçue par l’UE comme rivale, partenaire et concurrente, qui affiche sa souveraineté très au-delà de son environnement proche. Elle intervient jusqu’en Europe par le développement des « Nouvelles routes de la Soie », l’acquisition de biens économiques souverains ou sa « diplomatie des vaccins ». Outre le terrorisme interne ou externe, les Etats membres de l’UE font l’objet de tentatives de déstabilisation par des groupuscules militarisés ou des mouvements séparatistes, notamment en Espagne (Catalogne et Pays basque). D’anciennes menaces réapparaissent : armes chimiques ou bactériologiques ; espionnage politique ou industriel ; pressions sur les approvisionnements en énergie. Conséquences des technologies émergentes, de nouvelles menaces surgissent, à savoir la désinformation, l’ingérence électorale et les cyberattaques.

L’analyse géopolitique et spatiale. Depuis novembre 2020, la menace est évaluée par le Centre unique d’analyse du renseignement (SIAC, sigle anglais), qui regroupe le centre de renseignement militaire de l’Etat-major de l’UE et le centre de situation et de renseignement du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), placé sous l’autorité du Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Le SIAC reçoit des informations des services de renseignement civils ou militaires des Etats membres. L’UE dispose du Centre satellitaire de Torrejon (Espagne) pour le renseignement géo-spatial destiné aussi aux Etats membres et à des organisations internationales. Ainsi, lors du conflit dans l’ex-Yougoslavie (1991-2002), ce centre a adressé des cartes au Comité international de la Croix-Rouge. Il a fourni certaines analyses sur le Darfour à la Cour pénale internationale et d’autres à la mission de l’ONU en Libye. Il a confirmé l’existence de dépôts de munitions en Syrie, les déplacements de matériels le long de la frontière ukrainienne et les camps de prisonniers ouïgours dans le Xinjiang chinois. Par ailleurs, le centre de Torrejon évalue les risques de collision entre engins spatiaux et lance des alertes d’évitement. Il calcule les trajectoires d’objets artificiels lors de leur rentrée incontrôlée dans l’atmosphère. Il détecte et caractérise les fragmentations d’orbite. Enfin, l’UE dispose, à Bruxelles, du Collège européen de sécurité et de défense, dont le budget est passé de 500.000 € en 2013 à 2,06 M€ en 2021. Ce collège forme les personnels permanents du SEAE et ceux envoyés dans les missions de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ou du SEAE, avec renforcement des formations pour les missions civiles et le domaine du cyber.

Une BITD européenne. L’UE dispose de moyens militaires nombreux, mais disparates et à différents niveaux de modernisation et d’interopérabilité. Ainsi, elle compte : 1.700 avions de combat de 16 types différents ; 380 hélicoptères d’attaque de 5 types ; 4.200 chars de 12 types, contre un seul aux Etats-Unis ; 120 navires de surface de 33 types (4 aux Etats-Unis). Le développement d’une base industrielle et technologique de défense (BITD) commune a nécessité l’instauration d’un fonds européen de défense (FED) pour la mise au point de nouvelles capacités de défense, mais pas leur acquisition…qui reste à la charge des budgets des Etats membres ! Adopté par le Parlement européen le 29 avril 2021, le FED se monte à 8 Mds pour la période 2021-2027, contre 0 € pour l’industrie de défense en 2014. L’enveloppe se répartit entre 2,7 Mds€ pour la recherche et la technologie et 5,3 Mds€ pour la recherche et le développement. La coopération en matière d’armement porte sur six domaines prioritaires : char de combat ; patrouilleurs de haute mer ; équipement individuel des fantassins ; lutte contre les drones et dénis d’accès ; défense spatiale ; mobilités aérienne et maritime ; installations logistiques ; résilience des systèmes informatiques.

Les conséquences du « Brexit ». Depuis l’entrée en vigueur du « Brexit » le 1er février 2020, l’UE a perdu 66 millions d’habitants et un important partenaire économique et financier, doté d’un vaste réseau diplomatique et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Toutefois, pendant des années, la Grande-Bretagne a limité sa contribution aux missions et opérations de la PSDC au strict minimum. Son départ élimine une possibilité de blocage de la PSDC. La politique étrangère, la sécurité extérieure et la coopération en matière de défense ne sont pas couvertes par l’accord avec l’UE. Depuis le 1er janvier 2021, il n’y a plus de cadre formel pour coordonner les « listes noires » individuelles (gel des avoirs0) ou les mesures d’embargo économique contre des pays tiers. La Grande-Bretagne ne peut plus participer aux missions et opérations de la PSDC ni aux structures de commandement de l’UE. Elle ne bénéficie plus des accords internationaux négociés par l’UE, dont ceux sur le transfert de pirates. Elle peut participer aux programmes européens de surveillance de la terre (Copernicus) et de surveillance par satellite (EU satellite surveillance & tracking). Mais elle n’a plus accès au signal crypté réservé à la sphère gouvernementale du système Galileo de positionnement par satellites. Considérée comme un pays tiers, elle ne peut plus participer aux efforts d’intégration de la défense et de développement des capacités. Elle ne participe plus aux réunions des ministres de la Défense ni à l’élaboration de la politique de défense européenne. Elle peut être associée à certains projets, sur décision au cas par cas. Enfin, elle reste étroitement associée à l’Agence européenne de cybersécurité.

Loïc Salmon

Stratégie : éviter le déclassement de l’Europe

Europe : défense future, la dimension militaire

Europe : l’autonomie stratégique, réflexion et construction d’une capacité




Grèce : partenariat stratégique et achat de trois frégates FDI

Le 28 septembre 2021, la Grèce a conclu avec la France un partenariat en matière de défense et de sécurité, incluant l’acquisition de trois frégates de défense et d’intervention (FDI) et une en option.

Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, l’a expliqué à la presse le même jour à Paris.

Le partenariat. Les ministres des Armées et des Affaires étrangères des deux pays ont signé un accord pour l’établissement d’un partenariat stratégique. L’article 2 spécifie : « Les parties se portent mutuellement aide et assistance par tous les moyens appropriés et, si besoin, l’emploi de la force armée, si elles constatent conjointement qu’une agression armée survient contre le territoire de l’une d’entre elles. » Il est conforme à l’article 51 de la charte de l’ONU (1945), au traité de l’OTAN (1949) et à celui de l’Union européenne (1993). Cette clause souligne la profondeur et la densité des relations de la France et de la Grèce en matière de sécurité et de défense. Les deux pays avaient déjà publié une déclaration commune sur la sécurité et la défense en 2008, puis signé un texte en 2015. Dans le cadre de ce partenariat stratégique, le 28 septembre et en présence de la ministre française des Armées, le ministre grec de la Défense et les présidents-directeurs généraux des entreprises françaises Naval Group et MBDA (missiles) ont signé un « Memorandum of Understanding » (protocole d’entente). Celui-ci porte sur l’acquisition, par la Marine grecque, de trois FDI construites en France avec une quatrième en option ainsi que leur maintenance et les armements associés. Cette commande fait suite à celles de 24 avions de chasse polyvalents Rafale pour l’armée de l’Air grecque. Une première commande, d’un montant de 2,5 Mds€ et conclue le 29 janvier 2021, porte sur 18 avions, dont 6 neufs et 12 d’occasion prélevés sur le parc de l’armée française de l’Air et de l’Espace. Celle-ci a alors bénéficié d’une commande de 12 appareils neufs à Dassault Aviation pour une livraison en 2025. Une deuxième commande grecque, annoncée le 12 septembre, porte sur 6 Rafale supplémentaires, dont le contrat est en cours de discussions.

Les frégates. Exportée pour la première fois, la FDI est très résiliente aux cyberattaques. Elle déplace 4.650 t et emporte : 32 missiles Aster 30 d’une portée de 3 à 120 km contre avion et de 30 km contre missile de croisière ou antinavire ; des missiles antinavires Exocet, d’une altitude de croisière de 2 m et d’une portée de 42 à 180 km selon les versions ; des torpilles Mu 90, portée de 12 à 23 km selon la vitesse ; des leurres anti-torpilles ; un radar multifonctions Sea Fire à antenne active. La commande grecque, d’un montant d’environ 3 Mds€, n’inclut pas la fourniture d’hélicoptères ni de drones. Naval Group et MBDA assurent les parties navire et armement ainsi que le maintien en condition opérationnelle sur trois ans. Les FDI seront construites à Lorient, avec six « ensembles » sous-traités en Grèce. Le contrat devrait être signé à la fin de l’année, après une étude détaillée de trois mois entre Naval Group et une centaine d’entreprises grecques. Deux FDI seront livrées en 2025 et la 3ème suivra en 2026. Cette commande s’intercale entre celles de 5 FDI, prévues par la loi de programmation militaire pour la Marine française d’ici à 2029. Le calendrier des livraisons, avec quelques mois de retard pour certaines, s’établit ainsi : FDI N°1 en 2024 ; FDI N°2, 2026 ; FDI N°3, 2027 ; FDI N°4, 2028 ; FDI N°5, 2029. Le format des frégates de premier rang reste fixé à 15 unités en 2030 avec les frégates de type La-Fayette rénovées.

Loïc Salmon

Marine : technologie de pointe pour combattre partout

Aviation militaire : les Rafale F3-R en service opérationnel

MBDA : coopération industrielle européenne pour les missiles




Qui ose vaincra

La victoire repose sur l’audace dans l’action…précédée d’une longue réflexion, comme l’expérimentent les chefs militaires à différents niveaux.

La prise de risque calculée explique le succès de la plupart des vingt opérations présentées. Lors de la bataille de Leuctres (6 juillet 371 avant JC) l’armée de Sparte, réputée invincible, affronte celle de Thèbes en situation défavorable. Pourtant, le chef thébain Epaminondas remporte la victoire en adaptant, de manière imprévisible, le schéma de combat de l’époque. Il attaque directement l’élite des troupes spartiates avec ses meilleurs combattants, créant un effet de surprise qui disloque le dispositif adverse, conditionné par de longues heures d’entraînement et difficile à rétablir rapidement. Alexandre le Grand s’inspire de cette tactique lors de la bataille de Gaugamèles (1er octobre 331 avant JC) contre l’armée perse, hétéroclite mais très supérieure en nombre et qui a imposé et aménagé le terrain d’affrontement. Dès son plan initial, Alexandre prend l’initiative pour atteindre directement le roi perse Darius III, avant que la masse de manœuvre de son armée puisse se mettre en mouvement. La fuite de Darius provoque la défaite de son armée puis la chute de son empire. En Chine, entre le 15 octobre 1934 et le 19 octobre 1935, afin d’échapper à un encerclement par l’armée nationaliste de Tchang Kaï-chek, l’armée du jeune Parti communiste, commandée par Mao Tsé-toung, parcourt 12.000 km à travers 11 provinces et livre 500 combats contre les nationalistes, les « seigneurs de la guerre » et les pillards. Malgré la perte de 80 % de son effectif, l’Armée populaire de libération a réussi sa « longue marche », grâce à sa capacité de résilience qui a même entraîné le ralliement de certaines unités nationalistes et facilité les campagnes de recrutement. Le 10 mai 1940, le succès de l’attaque allemande du fort d’Eben-Emael, réputé imprenable, démoralise la Belgique, dont l’esprit de résistance s’effondre. La forteresse est tombée en quelques heures, surprise par l’audace et l’efficacité tactique d’un assaut aéroporté, mené par des soldats d’élite spécialement entraînés depuis six mois. Transportés par planeurs pour garantir la discrétion en vol et la concentration rapide des moyens à l’atterrissage, ils ont neutralisé la défense du fort par l’emploi de charges creuses à haut pouvoir de pénétration. Dans la nuit du 18 au 19 décembre 1941, un commando italien de six hommes-grenouilles réussit à pénétrer dans le port égyptien d’Alexandrie, l’un des principaux points d’appui de la Marine britannique en Méditerranée. Chaque équipe de deux nageurs enfourche une torpille modifiée, emportant une charge détachable de 230 kg d’explosifs avec un détonateur à minuterie et une ventouse. Malgré des difficultés inouïes, ils parviennent à couler un pétrolier et deux cuirassés britanniques. Le 27 juin 1976, deux membres du Front populaire de libération de la Palestine et deux Allemands de la Fraction armée rouge détournent, vers l’aéroport ougandais d’Entebbe, un avion d’Air France avec 250 passagers, dont une centaine d’Israéliens. Ils exigent la libération de 53 prisonniers pro-palestiniens détenus au Kenya et en Israël, Allemagne de l’Ouest, France et Suisse. Après la libération de 147 otages, l’ultimatum est fixé au 4 juillet. Dans la nuit du 3, après un raid de 3.600 km, un commando israélien évacue les 106 otages restants dont l’équipage, tue les terroristes…mais déplore la mort de son chef.

Loïc Salmon

 « Qui ose vaincra », Gilles Haberey et Hugues Perot. Editions Pierre de Taillac, 154 p, illustrations, 26,90 €.

Conduite de la bataille, planification et initiative

Les 200 meilleures ruses et tactiques de guerre

Lève-toi et tue le premier




Défense : budget 2022, une hausse annuelle de 4,3 %

Le projet de loi de finances (PLF) des Armées, qui sera présenté au Parlement, se monte à 40,9 Mds€ pour 2022, soit 1,7 Md€ de plus en un an.

Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, l’a présenté à la presse le 22 septembre 2021 à Paris.

La hausse cumulée sur cinq ans depuis 2018 se monte à 27 % pour atteindre 9 Mds$. Le LPF de 40,9 Mds€ se répartit en : 23,7 Mds€ pour l’équipement ; 12,6 Mds€ pour les salaires de 273.000 personnels, dont 208.000 militaires (35.500 femmes) et 65.000 civils (25.000 femmes) ; 4,6 Mds€ pour le fonctionnement. La ressource supplémentaire de 1,7 Md€ se répartit en : 800 M€ pour les programmes d’armement et l’entretien des matériels ; 600 M€, autres dépenses d’équipement ; 300 M€, masse salariale.

Les montées en puissance. En vue de garantir l’autonomie stratégique, le PLF 2022 privilégie l’espace avec 646 M€. Le domaine du cyberspace reçoit 231 M€ en 2022 avec l’embauche de 1.900 cybercombattants pour la période 2019-2025. L’enveloppe du renseignement se monte à 399 M€. Celle de la lutte anti-drones, soit 23 M€, permet la livraison des premières bulles de protection permanente, l’expérimentation d’une arme laser sur les navires de la Marine nationale et l’achat de fusils brouilleurs supplémentaires. Enfin, 2,9 M€ sont réservés aux grands fonds marins pour la protection des ressources naturelles et des câbles sous-marins, la récupération des objets sensibles et le lancement en 2022 de la réalisation de capacités exploratoires. Les armées vont recruter l’an prochain 22.000 militaires (90 % de moins de 25 ans) et 4.200 agents civils. Environ 450 postes sont créés pour le renseignement, la cyberdéfense, les unités opérationnelles et le soutien aux exportations.

Les principales livraisons. Voici les livraisons prévues pour l’armée de l’Air et de l’Espace dans le domaine spatial : 1 système de renseignement électromagnétique Céres ; 1 satellite d’observation Musis-CSO ; 1 satellite de communication Syracuse IV. Celles dans le domaine aéronautique comptent : 2 avions de transport A 400 M Atlas ; 3 avions ravitailleurs multi-rôles Phénix ; 1 avion de transport stratégique A 330 ; 13 avions de chasse Mirage 2000D rénovés ; 4 radars SCCOA pour le contrôle aérien et la     préparation et la conduite des opérations aériennes. Voici les livraisons prévues pour l’armée de Terre : 14 drones tactiques ; 12.000 fusils d’assaut HK 416 F ; 10 stations terrestres connectées à Syracuse IV ; 200 missiles de moyenne portée ; 26 postes de missile de moyenne portée ; 8 hélicoptères Caïman Terre ; 245 véhicules blindés (Jaguar, Griffon et Serval) ; 1.200 véhicules légers tactiques polyvalents non protégés ; 120 véhicules blindés légers régénérés ; 2.075 équipements radio. Voici les livraisons prévues pour la Marine nationale : 4 avions de patrouille maritime Atlantique 2 rénovés ; 15 stations navales connectées à Syracuse IV ; 1 module SLAMF de lutte contre les mines ; 1 sous-marin nucléaire d’attaque type Suffren ; 1 frégate multifonctions (6.000 t) à capacité de défense aérienne renforcée ; 1 bâtiment avitailleur de forces ; 1 frégate légère furtive type La-Fayette (3.200 t) rénovée.

Le cadre européen. Le fonds européen de défense prévoit 1,2 Md€ de commandes dès 2022 et 8 Mds€ sur 2021-2027 pour soutenir la compétitivité de l’industrie de défense de l’Union européenne. Les premiers contrats de recherche et développement portent sur l’énergie et la transition environnementale des combats terrestre et aérien et de la défense anti-missile.

Loïc Salmon

Défense : le cyber, de la conflictualité à la guerre froide

Défense : les infrastructures, de la construction à l’expertise

Marine nationale : le « MICA Center », compétence mondiale

 




Japon : multilatéralisme dans un contexte stratégique tendu

Pour le Japon, allié des Etats-Unis et partisan du multilatéralisme en matière de politique étrangère, la sécurité régionale l’emporte parfois sur les enjeux commerciaux.

Valérie Niquet, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, l’explique dans deux notes publiées le 18 novembre 2020 et le 24 mars 2021.

Le contexte stratégique. Le pacte d’alliance entre le Japon et les Etats-Unis, conclu à l’issue de la seconde guerre mondiale, reste au cœur de la sécurité du Japon et de la région Asie-Pacifique. La Corée du Nord demeure la menace la plus immédiate (voir encadré). De mai 2019 à novembre 2020, celle-ci a effectué 35 tirs d’essais de missiles, dont un seul a échoué. Les derniers concernaient des missiles de courte portée à combustible solide, signe d’un progrès technologique considérable. Ces essais, prélude à une éventuelle attaque massive, constituent une menace crédible et immédiate pour le Japon, qui abrite les bases américaines les plus importantes en Asie. Par ailleurs, la Chine a remplacé l’Union soviétique comme adversaire commun du Japon et des Etats-Unis, Son idéologie communiste se trouve masquée par les réformes économiques et la stratégie d’ouverture sur le monde mise en œuvre depuis 1979. Toutefois, la Chine demeure un partenaire économique majeur pour le Japon. Son deuxième partenaire pour les exportations après les Etats-Unis, elle en est devenue le premier pour les échanges commerciaux, passés de 1Md$ par an à la fin des années 1970 à 317 Mds$ en 2019. La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine affecte certaines entreprises japonaises. Ainsi les fabricants de micro-processeurs sont concernés par l’interdiction de vente de technologies américaines à des entreprises chinoises, dont ZTE (réseaux et de communication et fabrication de téléphones mobiles) et Huawei (smartphones). La menace chinoise porte notamment sur l’archipel des Senkaku et d’autres îles de l’espace maritime japonais. Pour Pékin, la contestation des limites en mer de Chine orientale constitue un moyen de de contrôle de la puissance japonaise. Cette posture se traduit par la multiplication des incursions dans les eaux entourant les Senkaku. Entre avril 2019 et août 2020, des navires chinois ont passé 456 jours dans les eaux contigües. Des garde-côtes chinois ont même pénétré à quatre reprises dans les eaux territoriales japonaises en 2019 et sept fois en 2020. Certains sont restés 39 heures et même jusqu’à 59 heures, maintenant en alerte permanente les unités navales et de garde-côtes japonais. Le Livre blanc de la défense du Japon, publié en juillet 2020 mentionne comme menace importante « la tentative constante de modifier unilatéralement le statu quo autour des Senkaku et en mer de Chine méridionale en utilisant la coercition. » Selon un sondage réalisé le même mois, 90 % des personnes interrogées ont déclaré avoir une opinion négative de la Chine. Cette perception de la Chine comme une menace et un facteur d’instabilité croît dans la région. En conséquence, le Japon a adopté une stratégie de sécurité nationale en 2013. Le budget de la défense représente 1,1 % du produit intérieur brut pour l’année fiscale 2020-2021. Mais l’augmentation cumulée entre 2012 et 2019 a atteint 13 % à 48,6 Mds$. Une loi de 2015 autorise le principe « d’auto-défense collective ». Il s’agit de construire une « force de défense multi-domaines », capable de défendre le territoire, y compris les îles éloignées, et de donner aux forces d’auto-défense la capacité de contribuer à la paix, même loin des côtes.

L’action extérieure. La montée en puissance de la Chine transforme en profondeur le cadre de la politique extérieure du Japon. La « doctrine Fukuda » (Premier ministre de 1976 à 1978), énoncée en 1977, a amorcé le retour du Japon comme puissance pacifique sur la scène internationale, en commençant par l’Asie du Sud-Est, important récipiendaire de son aide au développement. Un premier accord de libre-échange, signé avec Singapour en 2002, a été suivi deux ans plus tard d’un autre avec l’ASEAN qui regroupe 11 pays (Brunei, Birmanie, Cambodge, Timor-Leste, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Viêt Nam). En vue d’un rééquilibrage entre les domaines économique et stratégique, le Japon soutient, dès 2016, le « Trans-Pacific Partnership » (Partenariat trans Pacifique), accord commercial entre Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Viêt Nam. Il propose des normes démocratiques, transparentes et libérales, face à l’influence chinoise. En effet, Pékin ne trace pas de frontières entre les théâtres d’actions économiques, militaires, stratégiques, scientifiques et légales, qu’ils soient bilatéraux ou multilatéraux, afin de servir les intérêts définis par le Parti communiste. En intégrant l’Organisation mondiale du commerce avec des conditions spécifiques, elle a tenté de se servir des règles qui l’avantagent, sans respecter celles qui limitent sa marge de manœuvre et en imposant son propre « multilatéralisme », à savoir le projet des « Nouvelles routes de la soie ». En outre, elle contrôle 4 des 15 organisations internationales sous l’égide l’ONU, afin d’exercer une influence indirecte par l’intermédiaire des Etats membres dont elle est proche. En vue d’équilibrer la puissance chinoise dans une vaste zone de libre-échange, le Japon a adhéré, en 2021, au « Regional Comprehensive Economic Partnership (Partenariat économique pour l’ensemble de la région), vaste zone de libre-échange entre Australie, Brunei, Cambodge, Chine, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Nouvelle-Zélande, Philippines, Singapour, Corée du Sud, Thaïlande et Viêt Nam. Par ailleurs, en 2018, le Japon a signé un accord de partenariat économique avec l’Union européenne, doublé d’un partenariat stratégique. Le concept d’une « zone indo-pacifique libre et ouverte », prôné par le Japon en 2016, refuse l’usage de la force, le non-respect des règles internationales et la remise en cause du libre-échange par décision unilatérale ou manipulation des règles existantes.

Loïc Salmon

Le 15 septembre 2021, les deux Corées ont procédé à des tirs de missiles. Le missile sud-coréen a été tiré d’un sous-marin de la classe Ahn Chang-ho, récemment mis en service et équipé de systèmes de lancement verticaux pour missiles de croisière. Quelques heures auparavant, deux missiles à courte portée, lancés depuis le centre de la Corée du Nord vers la mer du Japon, ont parcouru environ 800 km à une altitude maximale de 60 km, selon l’Etat-major interarmées sud-coréen. Le 13 septembre, la Corée du Nord avait annoncé que des « missiles de croisière à longue portée » avaient parcouru 1.500 km pendant deux heures au-dessus de son territoire et de ses eaux territoriales. Selon les analystes, ces missiles pourraient atteindre la Corée du Sud et le Japon. Les sanctions de l’ONU contre la Corée du Nord portent sur l’armement nucléaire et les missiles balistiques, mais pas sur le développement de missiles de croisière. Le 28 septembre, l’agence de presse de la Corée du Nord a annoncé l’essai réussi d’un missile planeur hypersonique Hwasong-8 sur une distance de 200 km et une apogée de 30 km.

Chine : risque de conflit armé dans le détroit de Taïwan

Asie-Pacifique : présence militaire française accrue

Asie du Sud-Est : zone sous tension et appropriation territoriale de la mer




Défense : le cyber, de la conflictualité à la guerre froide

Les attaques dans le cyberespace au-dessous du seuil de l’acte de guerre et la centralisation des flux numériques d’information par certains Etats rappellent la Guerre froide (1947-1991), mais sans mécanismes de désescalade.

Citant la Chine, l’Iran et la Corée du Nord, la ministre des Armées, Florence Parly, a constaté « une asymétrie entre les autocraties déshinibées et les démocraties libérales », lors de son intervention le 8 septembre 2021 au Forum international de la cybersécurité, tenu à Lille du 7 au 9 septembre.

 « Cybercombattants ». Pour la période 2019-2025, le ministère des Armées dispose d’un budget de 1,6 Md€ pour la cyberdéfense et prévoit d’en augmenter le recrutement à 1.900 personnels pour soutenir les missions de renseignement, de protection, de défense et d’action. Recrutés sous statut militaire, civil ou réserviste, les guerriers du cyber occupent des postes d’expert ou de cadre, effectuent leur premier emploi ou diversifient leur parcours professionnel. Leurs activités portent sur : l’ingénierie logicielle (expression du besoin, conception et développement) ; l’administration système et sécurité ; la sécurité des systèmes d’information (assistance, conseil et expertise) ; l’évaluation des systèmes par audit, test d’intrusion, « Red Team » (hackers) et « Blue Team » (défenseurs) ; lutte informatique défensive par l’évaluation de la menace, l’analyse de traces et la supervision dans les « SOC » (systèmes de détection d’intrusion), « forensic » (analyse du système après intrusion pour récupérer les fichiers) et « reverse engineering » (analyse des bogues d’un programme) ; veille sur les réseaux sociaux. Des postes spécifiques seront créés au sein des armées, à la Direction générale de la sécurité extérieure et à la Direction générale de l’armement, qui développe de nouveaux équipements. Les personnels à recruter renforceront le vivier de compétences à la disposition du Commandement de la cyberdéfense (Comcyber), qui devrait disposer de 5.000 cybercombattants d’ici à 2025. Placé sous l’autorité directe du chef d’état-major des armées et implanté à Paris et Rennes, le Comcyber a pour missions : la protection des systèmes d’information de l’Etat-major des armées et du ministère des Armées ; la conception, la planification et la conduite des opérations militaires offensives et défensives dans le cyber ; la contribution à la préparation de l’avenir du domaine de la cyberdéfense.

Unités militaires spécialisées. L’armée de Terre, particulièrement exposée aux cyberattaques, s’est dotée des moyens pour s’en protéger. A Rennes, le Commandement des systèmes d’information et de communication contribue aux missions cyber et à la préparation à l’engagement des forces en opérations. La 807ème Compagnie de transmissions, spécialisée dans la défense des systèmes d’information (SI) projette en permanence des personnels en opérations extérieures. La 785ème Compagnie de guerre électronique (CGE) effectue des audits de sécurité informatique. Le Centre technique de lutte informatique défensive assure la surveillance et la défense des systèmes métiers déployés en métropole. A Paris, la Cellule de coordination de lutte informatique défense assure la veille de l’empreinte numérique (SI et sites internet). Enfin, le Commandement du renseignement des forces terrestres regroupe la 785ème CGE, le 44ème Régiment de transmissions (renseignement d’origine électromagnétique), le 54ème Régiment de transmissions (guerre électronique) et le Centre du renseignement terre (analyse et exploitation).

Loïc Salmon

Défense : détecter les cyberattaques et réagir vite

Cyber : nouvelle doctrine pour la lutte informatique

Cyber : instrument de la puissance russe en Baltique




Journée de rencontre-débats sur les institutions civiles décorées de la croix de Guerre reportée à juin 2022

 

LA MARQUE DU COURAGE

Les Institutions civiles décorées de la Croix de Guerre

JOURNEE DE RENCONTRE-DEBATS

Reportée à une date à déterminer vers la mi-juin 2022

en raison des restrictions sanitaires.

Le programme reste le même.

 

De 9 h à 18 h

A L’ENA

2, avenue de l’Observatoire 75006 PARIS

 PROGRAMME DU MATIN

9H00 > ACCUEIL

Monsieur Frédéric GUTHMANN

Secrétaire général de l’Ecole Nationale d’Administration

Colonel (R) Michel BACHETTE-PEYRADE

Président national de l’ANCGVM

10H00 > 1ère TABLE RONDE

Les 14 grandes écoles civiles décorées de la Croix de Guerre

Présidée par le Colonel (R) Pierre CASTILLON,

Président fondateur de l’Académie des technologies

12H00 > INTERVENTION

Madame Geneviève DARRIEUSSECQ

Ministre déléguée auprès de la Ministre des Armées,

chargée de la Mémoire et des Anciens combattants

12H30 COCKTAIL DEJEUNATOIRE

PROGRAMME DE L’APRES-MIDI

14H00 > 2ème TABLE RONDE

Les administrations et organisations civiles décorées de la Croix de Guerre

Présidée par Madame Frédérique NEAU-DUFOUR,

Professeur agrégé d’histoire, Ecrivain

16H00 > 3ème TABLE RONDE

Les entreprises et organisations professionnelles

décorées de la Croix de Guerre

Présidée par le Lieutenant-colonel (R) Franck GALLAND,

Directeur général d’Environmental Emergency & Security Services, (ES)²

 17H30 > INTERVENTION

Général d’armée Benoît PUGA,

Grand chancelier de la Légion d’honneur

 Débats des trois tables rondes modérés par Monsieur Jean-François DUBOS,

Conseiller scientifique de la journée d’étude,

Chef du département de la bibliothèque du Service Historique de la Défense

Par ailleurs, voici quelques liens utiles concernant la Direction des patrimoines, de la mémoire et des archives du ministère des Armées :

www.defense.gouv.fr/memoire

www.eduscol.education.fr/cid47702/ressources-nationales-pour-l-education-a-la-defense.html

www.cheminsdememoire.gouv.fr

www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

 

 




Défense : le chef de l’EIGS tué et le grand contrat australien rompu

La force Barkhane a neutralisé Adnan Abou Walid al Sahraoui, émir de l’Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS), filiale de Daesh au Sahel. Par ailleurs, l’Australie a rompu le contrat portant sur la construction de 12 sous-marins.

Florence Parly, ministre des Armées s’est exprimée sur ces sujets devant la presse, le 16 septembre 2021 à Paris, en présence du général Thierry Burkhard, chef d’Etat-major des armées, et de Bernard Emié, directeur général de la sécurité extérieure.

EIGS décapité et déstabilisé. Selon la ministre, la lutte contre le terrorisme vise deux objectifs depuis 18 mois : construire la montée en puissance des armées sahéliennes ; désorganiser les groupes affiliés à Daesh, dont l’EIGS, ou à Al Qaïda dont l’AQMI (Al-Qaïda au Magrheb islamique). Il faudra du temps à l’EIGS pour trouver à Abou Walid al un successeur de son étoffe. Bernard Emié rappelle que l’émir a ordonné l’assassinat de 8 humanitaires (6 Français) au Niger (août 2020) et des massacres de populations locales au Burkina Faso (novembre 2020), au Mali (mars 2021) et au Niger (juillet 2021). La chaîne de commandement de Daech se trouve déstabilisée par la neutralisation de sept de ses membres : l’émir de l’EIGS, décédé ; Abdelhakim Sahraoui, N°2 du groupe (décédé) ; Abou Abderrahmane Sahraoui, N°3 et responsable religieux (décédé) ; Issa Sahraoui, chef pour le Mali (décédé) ;  Ikarey, chef militaire (décédé) ; Khattab al Mauritani, expert en explosifs (capturé) ; Abou Dardar, chef de la police islamique (capturé). Al Qaïda, implanté à l’Est du Mali, et Daesh dans le Liptako (zones des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger), tentent d’étendre leur influence vers le golfe de Guinée. La coopération entre services de renseignement français, africains, américains et européens a permis de localiser l’émir de l’EIGS. Sa neutralisation résulte d’une traque lancée le 17 août par un commando de 20 soldats dans la forêt clairsemée de Dangarous (Mali), explique le général Burkhard. Des frappes aériennes, entre le 17 et le 22 août, ont neutralisé une dizaine de véhicules, dont la moto transportant l’émir de l’EIGS. Par ailleurs, Florence Parly a indiqué qu’un éventuel accord entre les autorités maliennes et Wagner, société russe de mercenaires, serait incompatible avec l’intervention française au Sahel.

Contrat australien rompu. Le 15 septembre, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont annoncé un programme de sous-marins à propulsion nucléaire pour l’Australie. Or l’appel d’offres, que la France avait remporté en 2016, portait sur une propulsion diesel-électrique. Florence Parly estime que la dénonciation imprévisible de cet accord d’Etat à Etat constitue un non-respect de la parole donnée, base des relations internationales. En outre, elle remet en cause la souveraineté de l’Australie, qui aurait pu se doter d’une capacité sous-marine autonome grâce à l’acquisition du savoir-faire dérivé du programme de sous-marins nucléaire d’attaque (SNA) Barracuda, dont le Suffren, premier exemplaire, a été livré à la Marine en novembre 2020. Enfin, cette décision met en péril 400 emplois australiens et 650 en France chez Naval Group. Les clauses contractuelles seront étudiées attentivement pour préserver les intérêts français et pour que les conséquences soient le moins pénalisantes pour le constructeur, souligne la ministre. La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit la construction par Naval Group de cinq autres SNA livrables d’ici à 2030 et l’étude du sous-marin nucléaire lanceur d’engins de 3ème génération.

Loïc Salmon

Défense : anti-terrorisme et remontée en puissance

Afrique : l’opération « Barkhane », créer de l’incertitude chez l’adversaire

Stratégie : l’action de la France dans la zone indopacifique