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Marine nationale : le « MICA Center », compétence mondiale

Lien entre la Marine nationale et celle de commerce, le Maritime information Cooperation & Awareness (MICA) Center recueille et diffuse en permanence l’information sur les zones à risques, dans le cadre d’une coopération internationale.

Le capitaine de corvette commandant du MICA Center l’a présenté au cours d’une visioconférence organisée, le 8 juin 2021 à Paris, par le Centre d’études stratégiques de la marine.

Zones à surveiller. La piraterie (attaque armée) en haute mer et le brigandage maritime dans un port (vol de marchandises à bord d’un navire au mouillage), peu apparents aux XIXème et XXème siècles, ont repris dès la fin de la guerre froide (1991) avec la mondialisation. Le transport par mer assure 90 % des échanges mondiaux, 74 % du commerce européen et 78 % des importations françaises. En 2018, il a atteint 3,3 Mds de tonnes de pétrole et de gaz, 5,2 Mds de tonnes de vracs secs, 150 MEVP (unités de mesure des conteneurs). Parmi les 20 principaux ports à conteneurs, 16 se situent en Asie, dont 9 en Chine. En 2020, des vols dans les eaux territoriales se sont produits en Asie du Sud-Est. En outre, des approches (intention établie) ont eu lieu surtout dans la mer des Caraïbes et le golfe du Mexique, des attaques (usage d’armes) dans le golfe de Guinée et la Corne de l’Afrique et des prises de contrôle de navires au large du Yémen et dans le golfe de Guinée. D’une superficie de 3,4 Mkm2, ce dernier compte 18 pays riverains et 5 des plus grands ports africains. Au cours des cinq premiers mois de 2021, il a été le théâtre de 13 brigandages maritimes, 4 approches, 5 attaques et 5 prises de contrôle. Pendant la même période et sur toutes les zones à risques, il y a eu 5 enlèvements d’équipages contre rançon, contre 10 en 2020. En haute mer, les pirates attaquent par groupes de deux « skiffs » (embarcations locales) à moteur, l’un avec 8 à 10 hommes à bord et l’autre chargé de fûts d’essence pour parcourir jusqu’à 300 milles marins (555 km). Il s’agit souvent de pêcheurs. Leurs autorités à terre, renseignées dans les ports, fixent les objectifs et organisent la revente des marchandises volées.

Prévention et anticipation. Le MICA Center suit les navires de commerce grâce à la « coopération navale volontaire », consistant à signaler sa position, signaler tout incident et recommander la route à suivre et le comportement à adopter. Elle est passée de 28 navires de 4 compagnies maritimes en 2002 à plus de 300 navires de 30 compagnies françaises et étrangères en 2021. Composé d’une trentaine de personnes des Marines française, espagnole, belge et portugaise, le MICA Center traite et diffuse alertes et avertissements en temps réel et transmet de la documentation sur demande. Il recueille les informations sur les actes de contrebande et de piraterie, vols et trafics d’êtres humains et de drogue. Il les obtient auprès des médias, compagnies maritimes, navires de commerce, commandements de zone maritimes, d’agences étatiques et d’autres Marines. Ensuite, il compile les données pour établir des statistiques, afin d’évaluer la situation sécuritaire et publier des rapports périodiques. Sa couverture se concentre sur la Méditerranée, l’océan Indien, l’Asie du Sud-Est et le golfe de Guinée. Les centres MICA de Brest et de Portsmouth suivent environ 1.000 navires/jour dans le golfe de Guinée. La sûreté navale dans la Corne de l’Afrique est assurée par l’opération européenne « Atalante » et des navires russes, indiens, pakistanais, chinois, japonais et sud-coréens.

Loïc Salmon

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