Campagne d’Italie, 1796-1797

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Montenotte, Lodi, Castiglione, Arcole et Rivoli restent les plus connues des batailles d’une « campagne éclair », menée en Italie par un général de 27 ans, sans expérience de la guerre à ce niveau mais qui subjugue ses troupes par ses qualités humaines et techniques.

Entre le 1er avril 1796 et le 18 avril 1797, face à des généraux ennemis aguerris, Napoléon Bonaparte parvient à chasser les Autrichiens de l’Italie du Nord et à imposer la présence française dans toute la péninsule, son indépendance vis-à-vis de son propre gouvernement et la paix à l’empereur d’Autriche ! L’armée d’Italie du début, endurcie par la misère, les privations et les combats, est devenue inactive et peu disciplinée, avec un moral en baisse. Quand il la rejoint à Nice, Napoléon Bonaparte assoit rapidement son autorité de général en chef par l’abandon des familiarités en usage, le rétablissement de la distance avec ses subordonnés, plus chevronnés que lui, et la réorganisation des unités. Il en résulte plus d’exactitude dans l’obéissance, de régularité dans le service et de liaison dans les mouvements. Dans une note adressée au Directoire avant son départ, Bonaparte écrit qu’il appartient au pouvoir politique de définir le but de la guerre, les modalités d’exécution pour l’atteindre étant de la responsabilité du chef militaire. Il indique à l’appui qu’il faut un mois pour avoir une réponse de Paris à une dépêche venant de la ville italienne de Savone et que, pendant ce temps, tout peut changer. Le jeune général a saisi l’importance du secret et de la vitesse dans la manœuvre, pour surprendre les armées ennemies. Il doit compenser son infériorité globale par une économie rigoureuse des forces pour obtenir, à l’instant « T », la supériorité du nombre en vue de livrer bataille à l’endroit choisi par lui, si possible. Dans les faits, les petits combats se multiplient. Mais Bonaparte manifeste toujours une capacité de réaction immédiate, fruit d’une longue méditation antérieure. Sa présence en première ligne et même à l’avant-garde lui donne un ascendant durable sur ses soldats. Ce lien se renforce par ses proclamations et la rédaction de bulletins qui, publiés dans les journaux français, lui acquièrent une popularité en France même…qui inquiète le Directoire. Outre les réclamations incessantes de renforts, il traite les détails d’ordre logistique. Pour ne pas s’aliéner les populations des villages qui accueillent avec enthousiasme les troupes républicaines, il doit interdire, à plusieurs reprises, pillage et vexations, qui reprennent en cas de légères défaites ou même de révoltes sévèrement réprimées. Après les « suspensions d’armes », il impose, aux villes, provinces et princes vaincus, des contributions en vivres, habillements et chevaux, mais aussi en argent et biens culturels…qui prennent le chemin de la France. Mécontent du service d’espionnage, il le réorganise pour obtenir des informations sûres sur les armées ennemies et du renseignement politique à Naples, Rome, Florence, Turin, Venise, Vienne et même Paris ! Cette police secrète surveille personnels militaires et civils, généraux et hommes politiques. En Italie centrale et du Sud, il neutralise certains Etats hostiles par la diplomatie et impose des traités de paix à d’autres. Après la victoire de Lodi, une députation de l’armée lui confère le grade, hautement honorifique, de « caporal », auquel est ajouté « petit » en raison de sa jeunesse. En outre, il se sent capable de devenir un acteur décisif sur la scène politique de la France.

Loïc Salmon

« Campagne d’Italie, 1796-1797 », Michel Molières. Editions Pierre de Taillac, 780 pages, nombreuses illustrations, 29,90 €.

Exposition « Napoléon stratège » aux Invalides

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Exposition « Napoléon et l’Europe » aux Invalides

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