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Le Moyen-Age en sept batailles

L’évolution de la tactique, par la manœuvre combinée de l’infanterie, de la cavalerie et des armes de jet, et la révolution technique de l’artillerie modifient profondément l’art de la guerre au Moyen-Age (476-1453).

L’Empire romain d’Orient survit mille ans à celui d’Occident sur le plan militaire, grâce à une cavalerie puissante, une infanterie solide, une Marine efficace, l’art du siège et une réflexion stratégique. Dans le reste de l’Europe où la société militaire se structure sur le lien vassalique, émerge la figure du chevalier, suffisamment aisé pour acheter son cheval et son armure. Au début, la tactique consiste à combiner les effets de l’infanterie, des archers et des arbalétriers, pour fixer l’adversaire, à celui de la cavalerie pour le prendre à revers afin de disloquer son dispositif par le choc. Puis l’usage des arcs à longue portée et à grande précision permet de renforcer l’effet tactique à distance. Enfin, l’artillerie mobile de campagne avec des boulets métalliques modifie le rapport de force sur le champ de bataille. Les fantassins, disciplinés et armés de piques, manœuvrent par unités, et le combat corps à corps laisse la place à l’action à distance. La cavalerie n’emporte plus la décision par le choc mais devient l’arme de la mobilité. Des formations « mixtes » apparaissent, composées de soldats armés de piques, d’épées et d’armes de poing, pour affronter un ennemi à cheval ou à pied. Les chevaliers, qui avaient l’habitude de charger la « piétaille » moins bien armée et formée qu’eux, perdent leur prééminence initiale. Parallèlement à la bataille rangée, la ville, cœur du pouvoir politique et social, prend une dimension opérationnelle majeure avec le perfectionnement des fortifications, pour mieux briser les assauts des fantassins et résister aux jets de traits et de pierres des systèmes d’armes de siège. A Hastings (Angleterre, 1066), l’armée normande de 8.000 hommes remporte la victoire contre l’armée anglo-saxonne (7.500 hommes), grâce sa volonté de vaincre et ses capacités tactiques. La guerre de Cent Ans trouve alors son origine dans les liens vassaliques et dynastiques avec la Couronne de France qui en résultent. A Hattin (Palestine, 1187), l’armée musulmane l’emporte sur celle des Croisés, qui ont négligé le renseignement, la reconnaissance sur les hauteurs et la logistique. Ce désastre précipite la disparition des Etats latins d’Orient. A Las Navas de Tolosa (Espagne, 1212), l’union des princes ibériques et la fougue de leurs unités mettent en fuite les armées musulmanes, très supérieures en ombre et aguerries. Cette victoire relance la reconquête de toute l’Espagne. Au bord de la rivière Kalka (Ukraine, 1223), l’armée mongole vainc les troupes russes et polovtses (peuple nomade turcophone), plus nombreuses mais aux flux logistiques trop longs et amenées sur un terrain défavorable à leur cavalerie lourde. L’Empire mongol peut poursuivre son expansion vers l’Ouest. A Bannockburn (Ecosse, 1314), la petite armée de fantassins écossais, organisée en carrés défensifs, affronte sur un terrain favorable et aménagé, l’impétueuse cavalerie anglaise, dont la défaite assure l’indépendance de l’Ecosse pour plusieurs siècles. La prise de Constantinople (Empire romain d’Orient, 1453) par l’armée ottomane, très nombreuse, résulte d’un blocus total et de l’emploi de l’artillerie. A Castillon (France, 1453), celle-ci accélère la défaite anglaise, qui sonne la fin militaire de la guerre de Cent Ans.

Loïc Salmon

« Le Moyen-Age en sept batailles », Gilles Haberey & Hughes Pérot. Editions Pierre de Taillac, 94 pages, nombreuses illustrations, 24,90 €. 

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