Armée de Terre : entraînement et juste équilibre technologique

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La préparation à un probable engagement de haute intensité et dans la durée nécessite un entraînement durci et des équipements performants et soutenables, à l’entraînement et au combat, pour le maintien de la supériorité opérationnelle.

Le général Thierry Burkhard, chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), l’a expliqué lors de la présentation des forces terrestres, le 8 octobre 2020 à Versailles-Satory, devant la presse et les auditeurs de l’Institut des hautes études de défense nationale.

Aguerrissement accru. Le milieu terrestre, hétérogène et dur physiquement et psychologiquement, tue, rappelle le CEMAT. Rien qu’en 2019, l’armée de Terre a déploré 23 tués et 500 blessés en mission. Depuis plus de dix ans, elle s’est battue en Afghanistan, en Centrafrique, en Irak, au Mali et sur d’autres théâtres d’opérations. Forte de 115.000 hommes et femmes, elle recrute 16.000 soldats par an et dispose de 27.000 réservistes. Le combat terrestre se décentralise jusqu’au trinôme ou même au soldat tout seul, qui y détient une part de responsabilité. Au cours des dix dernières années, l’armée de Terre a concentré ses efforts sur le combat contre le terrorisme militarisé, avec de très bons résultats militaires. Intégratrice, puissante et résiliente, elle doit changer d’échelle dans ses enseignements, le volume des forces à déployer sous préavis, le niveau d’engagement et les nouvelles menaces.

Environnement stratégique. Un nouveau cycle de conflictualité se met en place avec le retour d’affrontements très violents, souligne le CEMAT. Profitant de l’affaiblissement du système international, de nombreux pays accroissent leur puissance militaire. Ils n’hésitent pas à tester les défenses, parfois brutalement, et aller jusqu’à l’incident ou l’affrontement. Par suite du nivellement de la supériorité technologique occidentale, de nombreux pays acquièrent du brouillage de drone, et des missiles de longue portée et en font profiter d’autres pays qu’ils activent. Au Sahel, la menace aérienne reste inexistante et celle des feux dans la profondeur très faible. Mais en Libye, les groupes armés disposent de véhicules blindés, d’un environnement électromagnétique complet et des défenses sol/air. Par ailleurs, la force se manifeste de façon plus insidieuse dans le cyber, la désinformation et le harcèlement par des actions difficiles à attribuer. En raison de la prépondérance de l’émotion, certains Etats provoquent, avec quelques tweets, le désordre dans les esprits, dans la rue et peut-être au sein des unités militaires. En effet, la propagande se trouve à la portée de tous via…les smartphones ! Un adversaire, non choisi, va chercher à surprendre et imposer son rythme et sa volonté. Déjà, de nombreux Etats développent des modes d’action hybrides, moins prévisibles et privilégiant l’intimidation et la désinformation. Il s’agit, précise le CEMAT, de faire peser incertitude et surprise chez l’ennemi par la ruse, la désinformation et la « déception », à savoir l’induire en erreur pour l’amener à agir contre ses propres intérêts.

Préparation de l’avenir. Selon le CEMAT, un groupement tactique Scorpion sera déployé sur un théâtre opérationnel en 2021, avec l’objectif d’une brigade Scorpion en 2023. Les brigades blindées recevront les futurs chars franco-allemands vers 2035. Les équipements essentiels seront renouvelés : armes de petits calibres ; jumelles de vision nocturne ; missiles antichars. Il faudra apprendre à manœuvrer avec les cyberattaques, la guerre informationnelle et la guerre électronique offensive.

Loïc Salmon

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