Invalides : 350 ans de mémoire de la France combattante

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Témoin des hauts faits du passé et des combats douloureux du présent, l’Hôtel national des Invalides abrite un hôpital, un patrimoine historique, le siège du gouverneur militaire de Paris et celui de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, qui prend aussi en charge celles du terrorisme.

Cette mémoire vivante a été présentée à la presse le 24 février 2020, jour du 350ème anniversaire de la décision de Louis XIV de faire bâtir cet édifice pour les officiers et soldats malades, blessés ou âgés ayant dignement servi la France. Y sont intervenus : Le général de corps d’armée Bruno Le Ray, gouverneur militaire de Paris (au centre sur la photo) ; le général de division Alexandre d’Andoque de Sariège, directeur du musée de l’Armée (à gauche) ; Ariane James-Sarazin, directrice adjointe du musée de l’Armée (à droite). Les temps forts de cet anniversaire incluent : des concerts dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides, église des soldats et salle de concert depuis 1993 ; la célébration du 14 juillet, après le défilé militaire, sur l’esplanade et, pour la première fois, à l’intérieur du site ; des événements exceptionnels pour les journées du patrimoine (21-22 septembre). Outre le tombeau de Napoléon, les Invalides abritent : le musée des Plans-Reliefs, maquettes de places et de ports fortifiés datant du XVIIème au XIXème siècle ; le musée de l’Armée, qui a accueilli 1,2 million de visiteurs en 2019 ; celui de l’Ordre de la Libération, qui explique le rôle joué par les Compagnons de la Libération dans la France Libre et la Résistance (1940-1945). Enfin, 2.000 personnes travaillent aux Invalides.

Hospice et nécropole militaires. Construit entre 1671 et 1675 en pierre calcaire blonde acheminée jusqu’à la plaine de Grenelle via la Seine, l’Hôtel national des Invalides doit aussi célébrer la gloire militaire du roi, représenté à cheval sur la façade Nord avec ses insignes (soleil et grille d’entrée bleue et or avec des fleurs de lys) encadré par la prudence et la justice et surplombant les statues d’Arès-Mars et d’Athéna-Minerve de chaque côté du porche. Les pensionnaires sont logés, bien nourris et…occupés (ateliers de calligraphie, tapisserie et maroquinerie). Des tableaux rappelant les victoires du roi au cours des guerres de Dévolution et de Hollande décorent leurs quatre réfectoires. Les Invalides accueillent 2.000 pensionnaires en 1690 puis 3.000 à 4.000 en 1715. Tout cela contribue au recrutement de nouvelles troupes. Le Dôme de 107 m de haut, voulu par Louis XIV, domine l’église royale face à celle des soldats avec un autel double. Le 14 juillet 1789, le peuple de Paris s’empare des fusils et des canons des Invalides pour prendre la Bastille. L’église du Dôme, dont tous les insignes royaux ont été détruits, devient une nécropole militaire. Napoléon y fait déposer les cendres de Turenne en 1800 et le cœur de Vauban en 1808, puis accorde, vers 1812, le droit d’y inhumer des personnalités de l’histoire militaire qui n’ont pas été gouverneur des Invalides. Ainsi, s’y trouvent notamment les cendres de Rouget de l’Isle, auteur de la Marseillaise, et du maréchal Foch, vainqueur de la première guerre mondiale. Pour le « Retour des Cendres » de Napoléon en 1840, Louis-Philippe fait aménager la crypte de l’église du Dôme pour installer le tombeau en quartzite rouge foncé, couleur impériale, entouré des statues rappelant ses victoires militaires et des bas-reliefs ses réalisations civiles. En 1940, Hitler fait transférer de Vienne aux Invalides les cendres de l’Aiglon, Napoléon II. En 1961, celles du maréchal Lyautey, inhumé au Maroc, sont transférées dans l’église du Dôme.

Loïc Salmon

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